jeudi, 24 juin 2021

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Le tout premier courrier électronique

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Octobre 1971

Quand la technologie s’en mail !


Qwertyuiop :  peu romantique ce premier message électronique préfigure une nouvelle manière de communiquer qui bouleversera autant la sphère privée que professionnelle; pour la toute première fois le courrier s’affranchit du papier et du temps. Plus qu’une invention, c’est une révolution sociétale.  Alors, quel en a été le facteur déclenchant ?!

Une correspondance qui s’affranchit des contraintes 

En ce début d’automne 1971[1], personne n’imagine encore la révolution « épistolaire » qui se fomente quelque part en Angleterre, à Cambridge pour être précis. Ce qui se joue à cet instant, c’est une manière totalement inédite de correspondre par écrit, d’une personne à une autre, sans intermédiaire, sans délai, sans affranchissement, et cela quelle que soit la distance.

Ray Tomlinson, l'inventeur de l'E-Mail
Ray Tomlinson, l’inventeur de l’E-Mail

Comme beaucoup de révolutions, celle-ci débute discrètement. Nous sommes dans les locaux de la société BBN collaborant, pour le compte du gouvernement américain, au projet Arpanet, l’ancêtre d’Internet.

Là, un ingénieur, Ray Tomlinson, a l’idée d’associer deux programmes d’ordinateurs existants (SNDMSG / READMAIL) : l’un permettant de partager des messages entre plusieurs utilisateurs d’un même ordinateur et l’autre conçu pour copier simultanément le même fichier sur les 15 ordinateurs que compte le réseau Arpanet, balbutiant.

L’arobase : la base de la messagerie électronique !

200 lignes de code plus tard, il crée les 2 premières boites de messagerie de l’histoire sur 2 ordinateurs voisins. Dans la foulée, il adopte le fameux arobase [@]  afin d’identifier les adresses de ces boites, en séparant le nom de l’utilisateur de celui de l’ordinateur. Pourquoi l’arobase ? Parce que l’arobase [2] a du caractère, il ne figure dans aucun des noms propres ou figurés et de surcroît se prononce « at » en anglais ce qui signifie « chez ».

Et voici le résultat, avec la toute première adresse électronique : tomlinson@bbn-tenexa et le tout premier message : qwertyuiop, qui correspond aux premières lettres du clavier, version anglo-saxonne.

Ce programme et ses versions plus élaborées (programme MSG conçu par John Vittal en 1975) vont être adoptés d’abord par la petite communauté d’ingénieurs (15 puis 23 ordinateurs reliés entre-eux) avant de se développer bien au-delà de cette communauté.

L’e-mail : un succès annoncé

En 1978, un rapport de l’ARPA (Advenced Research Projects Agency) annonce le raz de marée que l’on connaît : plus de 200 milliards de mails échangés quotidiennement dans le monde dont plus des deux tiers sont des spams.

Et nous y voilà, car la technologie du courrier en réseau, selon l’appellation de l’ARPA, est à des années-lumière de la valeur littéraire des échanges de correspondances qui animait l’intelligentsia européenne à l’époque de Voltaire, de Madame Sévigné ou de Flaubert. Goethe, qui s’inquiétait déjà de la rapidité des échanges par correspondance en Europe, en qualifiant l’époque de « vélocifère », serait abasourdi par « le temps réel ».  Et que dirait-il face à  la médiocrité pour ne pas dire vulgarité de la plupart des contenus ?

arobaze

Avec les spams, nous atteignons le niveau zéro de la correspondance auquel Goethe n’aurait probablement pas survécu ! Pourtant, il n’aura pas fallu longtemps pour que ce type de messages, dit pourriels, apparaissent : 7 ans, après le premier e-mail. C’était le 3 mai 1978.

Un commercial de la société informatique DEC adressait un mail à 393 personnes pour les inviter à découvrir son nouvel ordinateur. Le message indésirable était né, né pour encombrer le réseau et les esprits. Quatre ans plus tard, en 1982, un chercheur américain,  Scott Fahlman) crée une nouvelle forme de langage, les smileys.

Créer  du lien : la vocation du courrier depuis toujours

Créer du lien malgré les distances géographiques et culturelles, c’est la fonction du courrier depuis toujours. Entre 1820 et 1914, 280 millions de lettres seront expédiés par les immigrants allemands, des Etats-Unis vers l’Allemagne ; mais aujourd’hui, grâce à cette mise en relation instantanée, cela dépasse l’entendement : 80 000 milliards de mails par an, 1 milliard 200 millions de destinataires potentiels. Comparativement, les lettres expédiées de manière traditionnelle dans le monde atteignent à peine les 500 milliards annuellement.

Signe Arobase dans une lettre de marchands vénétiens datant de plus de 500 ans
Signe Arobase dans une lettre de marchands vénitiens datant de plus de 500 ans

Lorsque l’empereur romain Auguste, en l’an 22 av J.-C instaure le premier service de courrier régulier (Cursus publicus) destiné à acheminer des messages à travers tout l’Empire, il ne pouvait imaginer que 2000 ans plus tard la transmission de messages deviendrait une des principales occupations du velgum pecus. Il ne pouvait encore moins concevoir que le temps de transmission serait, dans 91 % des cas, bien inférieur à 5 minutes, alors qu’il y a 200 ans seulement une lettre expédiée de Paris mettait plus de 4 jours pour atteindre Marseille.

Sans aucun doute, en ce jour d’automne 1971, en matière de correspondance, l’humanité s’est affranchie de tout ou presque…même de l’affranchissement !

 

 

Mise à jour le 21 juillet 2012 

Un petit Click pour un grand clap : première photo cliquable du web

Les Horribles Cernettes

Nous sommes en 1992, au laboratoire du CERN près de Genève.  Tim Berners-Lee, peaufine le concept du web (World Wide Web) basé sur les liens hypertextes qu’il vient d’inventer. Il décide ce jour-là de tester le principe de l’image cliquable.

Pour cela, il demande à des jeunes filles du CERN de Berne (Suisse) une photo. Cette photo, prise avec un Canon EOS 650, deviendra historique  existe en deux versions : l’une, originale, sans retouche et la seconde retouchée qui sera publiée (3).

Ce cliché est une mise en scène pour un groupe de musique amateur « Les horribles cernettes ».  Il s’agit là de la toute première photo publiée sur le web. Et elle porte un titre en français !


Les jalons du web

  • 1971 : premier mail envoyé par l’ingénieur par Ray Tomlinson ;
  • 1987 : création du GIF (Graphics Interchange Format), se format sera supporté par les navigateurs à partir de 1993 et le premier Gif publié sont des flammes ;
  • 1992 : le réseau internet se nomme en France RENATER, réseau créé par le CEA, EDF, CNRS, le CNES, l’INRIA et le ministère de l’Enseignement supérieur ;
  • 30 avril 1993 : naissance du tout premier site web de l’histoire; un mois plus tars  on compte déjà 100 sites, 600 à la fin de l’année 1993 ;
  • 1994 : premier moteur de recherche internet en full texte : webcrawler ;
  • 23 avril 2005 : première vidéo publiée sur Youtube, « Me at the zoo » (4) ;
  • 21 mars 2006 : premier tweet, posté par  Jack Dorsey, un des fondateurs de Twitter qui à sa naissance se nommait  « twttr ».

L’histoire des lettres, en quelques chiffres :

  • 500 ans, avant J.-C., le roi perse Cyrus installe les premiers relais sur les routes de son vaste empire;
  • 22 avant J.-C., l’empereur romain Auguste créée le premier réseau de courrier;
  • 745, premier véritable service postal, en Chine;
  • 1477, créations des premiers relais de poste par Louis XI, uniquement destiné à la correspondance du roi, relais espacé de 7 lieues, soit 28 Km, d’où l’expression des bottes de 7 lieues, bottes très lourdes dont étaient dotés les postillons;
  • 1630, Descartes expédie un dessin non protégé par une enveloppe, et d’une certaine manière inaugure la carte postale;
  • 1653, première boite à lettre, à Paris;
  • 1760, Les tout premiers facteurs, dans un premier temps de ville;
  • 1796, la célèbre attaque du Courrier de Lyon;
  • 1830, les facteurs arrivent dans les campagnes;
  • 1840, premier timbre, en Angleterre;
  • 1849, premier timbre français;
  • 1870, première véritable carte postale (cartes postales illustrées en 1889).

1 –   Certaines sources mentionnent la date de mars 1972
2-  L’origine du signe correspondrait à une fusion de deux caractères consécutifs (une ligature), le a et le d, qu’auraient utilisés des moines copistes au VIème siècle.  L’@ ressurgit chez les marchands florentins du XIIème siècle, comme unité de mesure et son usage devient assez répandu aux Etats-Unis, au XIXème, sous la forme : « 2 objets@$ 10 » qui signifie : deux objets à 10 dollars pièce.
3- C’était en 1992, première image cliquable du web
4- Le Huffington Post : les premières fois du web


A voir pour mieux comprendre :

  • Le terme Spam viendrait d’un sketch des Monty Python, où le mot spam, marque d’un jambon en boîte, est sans cesse répété.

  • Une histoire de l’internet (en anglais)

A lire, à voir ou à visiter :

  • Internet pour les Nuls – Vous n’avez pas de diplôme d’informatique et vous rêvez de surfer sur la toile comme un pro ? Sans jargon informatique inutile mais avec des explications claires et simples agrémentées d’une bonne dose d’humour, ce livre a été spécialement conçu pour guider vos premiers pas dans le monde merveilleux d’Internet jusqu’à une maîtrise totale, sans stress, avec le sourire !
  • Les dix plaies d’Internet : Les dangers d’un outil fabuleux. Avez-vous déjà réfléchi aux questions suivantes : Lorsque vous consultez un moteur de recherche, savez-vous comment se  » calculent  » les résultats ? Peut-on faire confiance à Wikipedia ? Nos enfants collégiens ou lycéens recourent-ils massivement au copier-coller ? Est-ce ainsi que nous leur apprendrons à penser par eux-mêmes ? Avez-vous vraiment envie d’une société où tout le monde peut s’exprimer tout le temps sur tous les sujets ? À vous de réfléchir…
  • Traque sur internet – DVD avec Sandra Bullock. Angela BENNETT brillante informaticienne passe son temps branchée sur son ordinateur, sa spécialité traquer les virus. Comme souvent, un de ses correspondants lui envoie un programme à étudier, Angela découvre que cette disquette contient des données top secret. Elle va rapidement comprendre que, pour sa sécurité, elle n’aurait jamais dû y avoir accès.
  • Le Musée de la Poste – Le Musée de La Poste de Paris retrace l’histoire du transport du message écrit, de la tablette d’argile à l’aéropostale en passant par les boules de Moulins, la malle-poste et les ballons montés, les timbres-poste sans oublier les personnages emblématiques tels le postillon ou le facteur.

Le tout premier lien du nouveau monde virtuel

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21 novembre 1969

Carte des connexions de 10 millions d'amis de Facebook

Un tout petit lien mais un grand « dé…clic » pour l’humanité !

4 mois, jour pour jour après le premier pas historique sur la Lune, premier lien physique entre l’humanité et un monde extérieur, un autre lien, cette fois virtuel, engage une nouvelle ère qui va bouleverser les relations entre les humains comme jamais dans l’Histoire.

Ce tout premier lien permanent est établi le 21 novembre 1969, entre l’Université de Californie à Los Angeles (Ucla) et le Stanford Research Institute à Santa Barbara (au nord de la Californie).

Première liaison Arpanet entre Ucla Stanford Institute et Université de l'Utah

L’ARPA, une réponse au défi spatial Soviétique

Tout a commencé en octobre 1957 (1). En apprenant que les Soviétiques viennent de lancer avec succès le tout premier satellite dans l’espace, l’Amérique du président Eisenhower prend peur. Comment se protéger d’une attaque de missiles des Russes et comment rattraper le retard par rapport aux Soviétiques ?

La réponse viendra l’année suivante, avec la création de l’Advenced Research Project Agency, autrement dit l’ARPA. Dotée d’un budget de plusieurs millions de dollars, l’Agence a vocation à explorer toutes pistes, notamment spatiales, permettant de mettre les Etats-Unis à l’abri d’une hypothétique attaque nucléaire.

Mais c’est un jour de 1961, lorsque l’ARPA s’équipe, à la demande de l’US Air Force, d’un super-ordinateur d’IBM, le Q-32, une bête de calculs pour l’époque, que les choses sérieuses commencent vraiment.

L’année suivante, Joseph Carl Robnett (J.C.R.) Licklider, un docteur en psycho-acoustique de l’université de Rochester, ainsi que Fred Frick, un petit génie de l’informatique, qui a travaillé au Lincoln Lab, tout comme Licklider, sont recrutés par l’ARPA.

Mutualisation des ressources : une idée qui va faire son chemin

Leur idée repose sur le concept nouveau du « time-sharing », inventé par des chercheurs du MIT (2]. Ce dispositif vise le partage des ressources d’un même ordinateur via de simples terminaux qu’utiliseraient plusieurs utilisateurs.

Si l’idée est séduisante, elle a toutefois ses limites : les capacités d’utilisation sont très restreintes en nombre d’utilisateurs et en ressources disponibles.

Qu’à cela ne tienne, il convient donc de repousser ces limites ! C’est le job auquel vont s’atteler nos deux comparses. En août 1962, J.C.R. Licklider baptise son projet, en toute modestie mais surtout avec beaucoup d’humour : « Le réseau informatique intergalactique » !

Contrairement aux idées recçues, le projet ne présente pas, à ce stade, de spécificités militaires puisque qu’il agit avant tout dans l’esprit de Licklider d’améliorer les échanges entre chercheurs et d’éviter les « doublons ».

Un terminal capable de communiquer avec n’importe quel ordinateur : le rêve !

Premier ordinateur fonctionnant en temps réel

Premier ordinateur fonctionnant en temps réel – History of computer

En 1964, Licklider à la tête du « Bureau des techniques de traitement de l’information (IPTO, en anglais) », va s’adjoindre deux experts en informatique. Fort de ces nouvelles recrues, Ivan Sutherland et Robert Taylor, incontestablement, le projet prend un nouveau virage.

Le problème auquel est confronté Robert Taylor est simple : dans ses locaux de l’ARPA à Washington, Bob dispose de 3 terminaux reliés respectivement à l’ordinateur central d’un des 3 centres de recherches concernés. Pour communiquer avec chacun des centres, Bob devait donc changer de terminal.

Un terminal unique capable de communiquer avec n’importe quel ordinateur central, quel que soit l’endroit et le constructeur, un rêve qui va devenir réalité. C’est le projet ARPANET.

Un troisième larron, Larry Roberts, qui lui aussi vient du Lincoln Lab, va apporter main forte et décisive à la conception de ce fameux réseau informatique. Nous sommes en 1966.

Un réseau à l’image du Pentagone

2 ans plus tard, en 1968, Roberts élabore enfin le réseau informatique dont sera issu quelques années plus tard le Web. Ce réseau présente une topographie en étoiles ressemblant à celle du Pentagone (ministère de la Défense américain), dont Larry est familier.  Des centaines de points représentant des ordinateurs reliés entre eux, tout comme les chemins les plus courts reliant les bureaux et salles de réunion du Pentagone.

D’un point de vue technique, nous trouvons déjà les principes de base de l’internet d’aujourd’hui : à savoir, le recours au réseau téléphonique pour les échanges de données qui elles-mêmes sont gérées non pas par un seul ordinateur central mais par des petits ordinateurs intermédiaires (1).

En juillet 1968, l’ARPA veut expérimenter ce dispositif de réseau. Son objectif : relier plusieurs centres de recherche entre eux : l »université  de Los Angeles (Ucla),  celles de Santa Barbara et de l’Utah et le centre de recherche de Stanford. ; Elle lance à cet effet une consultation auprès de tous les grands acteurs de l’informatique de l’époque.

Tous, dont IBM, sauf deux déclineront l’offre. Au final, c’est une firme méconnue de consultants informatiques, Bolt Beranek and Newman, qui remportera le marché.

Entrée en scène d’ARPANET, réseau précurseur d’internet

Le temps d’une gestation humaine, l’équipe de cette petite firme du Massachusetts, qui se compte sur les doigts de deux mains, accouchera de manière opérationnelle de ce concept de Réseau.

Tout est là, ou presque : le dispositif de routeurs, dénommés à l’époque IMP pour « interface message processors », chargés d’assurer la liaison entre les ordinateurs (clients et ceux qui délivrent les données) et la communication par paquets. Seule la vitesse de transmission n’est pas encore au rendez-vous : 50 kilobits par seconde.

L’Automne 1969 voit ainsi bourgeonner pour la toute première fois ARPANET, le réseau qui deviendra par la suite  Internet. Le 2 septembre 1969 (certains évoquent le 20 octobre) l’équipe de Leonard Kleinrock de l’Ucla parviennent à mettre en relation un ordinateur, ou plutôt un énorme calculateur électronique avec un routeur.

Le lien qui va changer la vie

Pour la première fois de l’histoire, des données par paquets sont échangées au travers d’un simple cable cuivré (3). Le 20 octobre la même équipe établit une connexion entre un ordinateur d’Ucla et un ordinateur de Stanford.

Puis, ce fut le tout premier lien du tout nouveau monde virtuel, le 21 novembre 1969, comme on vient de le voir.

Tim Berners Lee, le fondateur du Web

En 1980, Arpanet se divisera en deux branches distinctes : le Milnet, un réseau exclusivement militaire et le NFSnet, le réseau universitaire. En 1982, le terme Internet qui signifie Internetting est officialisé.  

Internet tisse sa toile

Le 1er janvier 1983, Arpanet bascule totalement sur le protocole TCP-IP, le principe de base des échanges sur la toile, développé par Vinton Cerf de l’université de Stanford et Robert Khan. A partir de ce jour, Arpanet adopte pour le terme d’arpa-internet. Pour la toute première fois, le vocable internet s’affiche au grand jour.  30 ans plus tard, Internet véhiculera quotidiennement l’équivalent de 170 millions de DVD ! 

En 1985, le réseau compte déjà –ou seulement – mille ordinateurs reliés. Il faudra attendre 1992 pour voir apparaitre les tout premiers sites et  disposer de la toute première photo cliquable ! et 1993 pour pouvoir utiliser le tout premier navigateur : Mosaic.

Entre temps, Tim Berners Lee du CERN, futur fondateur du W3C (6),  sera passé par là: . En 1980, il invente la navigation hypertexte, puis le protocole HTTP (Hyper Text Transfer Protocol). Cette fois, le World Wide Web (www)  est vraiment né. Le web peut étendre sa toile et bientôt relier pour la toute première fois un tiers de l’humanité.

500 ans après la découverte d’un nouveau monde physique, un nouveau monde virtuel est donc à portée de clics pour un monde qui est aujourd’hui totalement interconnecté (4) :

  • 2 milliards 100 millions d’internautes dans le monde (décebre 2011), dont 485 millions de chinois ;
  • 555 millions de sites web dans le monde (*), dont 70 millions de blogs WordPress
  • plus de 3 milliards de comptes de messageries et près de 300 milliards de mails par jour (chiffre 2010), dont 89 % de spams***;
  • plus de 900 millions d’utilisateurs actifs de Facebook , dont 526 millions d’utilisateurs quotidiens **;
  • 225 millions de comptes Twitter (octobre 2011) , dont 27 millions de followers pour Lady Gaga, en tête du « box office » de Twitter (7);
  • 1 000 milliards de vidéos visionnées sur Youtube ;
  • 100 milliards de photos publiées sur Facebook (mi 2011)
  • 667 millions de milliards d’adresses internet, c’est ce que permet le nouveau dispositif d’adressage internet ipv6, le précédent ipv4 ayant fourni la dernière adresse disponible le 3 février 2011

Big Data ou comment tirer profit des liens internet !

Selon Eric Schmidt, patron de Google (5), nous produisons aujourd’hui autant d’informations en 2 jours qu’en a produit l’humanité entre ses début et 2003, soit 5 pétaoctets !

Nous sommes donc entrés dans l’ère du Big data, autrement dit, les données massives. Un véritable déluge d’informations qui envahit notre quotidien. Il y a 60 ans l’ordinateur a rendu l’information lisible, il y a 30 ans, l’internet l’a rendu accessible maintenant, les outils de recherche la rendent compréhensible.

Big Data : un déluge d'informations

En effet, face à ce déluge d’informations hétéroclites, seuls les moteurs de recherche et les outils de traitement statistiques sont en mesure de découvrir des corrélations inattendues. Puis d’en faire émerger des découvertes exploitables qui, sans ces outils et sans internet, seraient restés masqués probablement pour longtemps, peut-être même pour l’éternité.

Qui, en dehors des logiciels de recherche comme Google, est en mesure de traiter efficacement l’équivalent de 20 fois les données stockées par la Bibliothèque Nationale de France (20 pétaoctects), en quelque centième de seconde ? Il faut se rendre à l’évidence, pour la première fois dans notre histoire, l’intelligence humaine est dépassée, du moins pour ce type de traitement.

Désormais, la recherche s’appuie sur des robots chercheurs algotithmiques qui balaient obstinément, à la façon de Google, les serveurs du monde entier. Ils partent à la recherche de la corrélation entre données en mettant en exergue les liens pertinents. Ces fameux liens inventés il y a plus de 40 ans et qui sont maintenant à l’origine d’une révolution sans précédent de la science.

Et parfois, à grand renfort de mots-clés (foie, cancer, alcool…), ils permettent des découvertes étonnantes. Ce fut le cas récemment avec la découverte de 4 gènes associés au cancer du foie ou encore l’origine probable de la migraine jusqu’ici passée inaperçue.

Toutes les disciplines et tous les domaines d’activités s’en voient bouleversés. Le marketing, bien sûr, la génétique, l’astronomie, la chimie, les neurosciences, la climatologie, sans parler des renseignements qui bientôt seront capable de traiter simultanément l’équivalent de 1000 milliards de disques durs ! Certains évoquent même une quatrième révolution industrielle.

Aujourd’hui, on est convaincu que les découvertes les plus accessibles sont déjà réalisées. Reste, celles qui se situent en haut de l’arbre de la connaissance. Mais, sont-elles encore à portée de mains -ou d’esprits-  humaines ?

Le traitement des liens entre données, via internet, est peut-être en train de casser le lien entre la notion de génie et celle d’humain. Dit autrement : cela sonne-t-il le glas du génie humain ?


 Le tout premier smiley aurait-il plus de 100 ans ?

Officiellement, l’émoticône, ou si vous préférez le smiley, a tout juste 30 ans, puisque le premier est daté de 1982. Mais, il se pourrait que le tout, tout premier smiley soit beaucoup plus ancien : 1862 !

le premier smiley d'Abraham Lincoln !

L’internet et le mail n’existaient évidement pas; alors comment est-ce possible ? Le New york Times (voir article) a découvert dans une retranscription d’un discours prononcé par Abraham Lincoln le 7 août 1862 un clin d’oeil «  ;)  » qui ressemble furieusement à nos smileys ;).

Ce signe devenu célébre un siècle plus tard apparait en effet dans un extrait du discours « imprimé » de l’époque. Il figure à la suite d’un passage où le président américain prévoit une réaction positive de son auditoire. Le fameux signe vient ponctuer deux mots (applause and laughter «  ;)  » .

Evidemment, ce qui vient à l’esprit, c’est qu’il s’agit d’une faute de frappe. Problème, les machines à écrire n’existent pas encore. Le texte a donc été imprimé à l’aide de caractère, un par un. Une erreur d’imprimeur, alors ? Pourquoi pas mais bizarrement, dans l’ensemble du texte ce type d’indication est signalée par des crochets et non pas par des parenthèses.

Alors, le 16 ème président américain aurait-il fait un crochet à ses habitudes en inventant le smiley ? Même pas en rêve…américain ou réalité ?


1- Récit inspiré de l’article de Tristant Gaston-Breton – Publié dans Les Echos – Vendredi 3 et samedi 4 août 2012
2 - Kleinrok du MIT est l’auteur du tout premier document traitant de la théorie de la transmission de données par paquets (information Flow in Large Communication Nets) ;
3- Reportage du National Geographic de 2009 « Internet’s 40 th « birthday » marked », raporté dans Le Figaro.fr, article « Il y a 40 ans naissait (presque) Internet » – 3 septembre 2009
4- Sources : * données 2011, publiées sur le site anglophone pingdom; **données du 1er trimestre 2012 publiées par Facebook (source « Etreintes dégitales, blog du Figaro); *** Le Mode informatique 14 janvier 2011;
5- Google : le nouvel Einstein – Science & vie N°1138 – Juillet 2012;
6 – Consortium chargé d’assurer la normalisation et la compatibilité des technologies du web ; le W3c est présidé depuis 1994 par Tim Berners Lee;
7- Le Figaro Economie – 21 août 2012


A visionner pour mieux comprendre :

  • Comment fonctionne internet et d’où vient-il ?  Une épopée qui débute dans les années 50 :


A voir et à lire pour aller plus loin :

Le tout premier million d’humains

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- 40 000 ans

La-démographie-Pano

Le million, le million !

Il y a 40 000 ans, le cap du million d’humains vient d’être franchi. la partie était loin d’être gagnée et le risque d’une extinction naturelle de l’espèce humaine était réel. Voyons comment quelques milliers d’individus seulement vont donner naissance à plusieurs milliards aujourd’hui !

Enfin, on peut respirer. L’espèce humaine vient de franchir pour la première fois le seuil du million d’habitants. C’était, il y a 40 000 ans.

10 000 reproducteurs…et moi, et moi, et moi !

La partie n’était pas gagnée. A ses débuts, l’espèce humaine ne se comptait que par dizaines de milliers d’individus ; tout au plus quelques centaines de milliers, vraisemblablement moins.

Certains estiment à 30 000 le nombre de représentants de notre famille lors de la période la plus critique, dont 10 000 reproducteurs. Moins de 10 000, cette population n’aurait pas été viable et leurs descendants n’auraient pas fait parler d’eux. Dommage, leurs descendants, c’est nous.

migration-homo-sapiens

A partir de -40 000 ans, le progrès technique va devenir un facteur de croissance démographique, notamment en Europe.

Ce phénomène va être amplifié par la glaciation qui, en abaissant le niveau des mers, favorise les mouvements migratoires et donc le peuplement de nouvelles contrées, comme les Canaries, l’Egypte et même l’Arabie.

Bref, en quelques milliers d’années, entre –10 000 et – 8000 ans, la population va probablement décuplée, en atteignant, par exemple au Proche-Orient, 5 millions d’habitants et en Europe, près de 400 000 habitants.

A cela s’ajoutent bien sûr les autres populations (Chine, Inde, Mexique…).

250 millions de Terriens, au début de notre ère

Du coup, à l’époque de Jésus-Christ on dénombre 250 millions d’hommes ; 250 millions d’âmes à sauver, si l’on se place du point de vue du Fils de Dieu !

Cet effectif restera quasiment stable (avec une légère baisse vers 500 ans) jusqu’au premier millénaire. Puis au début des années 1800, le nombre d’âmes aura quadruplé : le premier milliard d’êtres humains vivant simultanément sur la Terre est atteint. C’est à cette époque que Malthus publie (en 1798) son essai prédisant une pénurie probable de ressources pour faire face à cet afflux de population.

demographie

Répartition de la population en 2050

On connaît la suite : 2 milliards d’êtres humains en 1925, 3 milliards en 1959, 4 milliards en 1975 et vraisemblablement 9 milliards en 2050. On est toutefois loin des prévisions des années 60 annonçant une population mondiale pouvant atteindre les 50 milliards d’habitants.

Il a fallu 10 000 générations pour atteindre les 2 milliards d’habitants, une seule suffit désormais pour ajouter 2 milliards supplémentaires.

En répartissant de manière uniforme l’ensemble de la population sur la Terre, la distance moyenne entre deux « voisins » est ainsi passée de 52 mètres en l’an 500 à 23 mètres en 1950.

Plus que jamais les rapports de voisinage sont à préserver !

Publié le 23 août 2015


Haut et bas de la croissance démographique

L’augmentation rapide de la population mondiale débute vraiment en 1800, à partir du moment où les conditions de vie commencent à s’amlériorer dans les pays « riches » ou en phase d’industrialisation.

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Une seconde phase apparait à partir des années 50, cette fois dans les pays en voie de développement.

Depuis, on observe une diminution du rythme de la croissance démographique. Cependant, ce phénomène ne suffit pas enrayer l’accroissement démographique global.

En effet, le nombre de Terriens augmente encore très rapidement car la population est grande, de sorte que même si le taux de natalité est bas, le nombre de naissances annuelles reste élevé.

De plus, la pyramide des âges dans les pays du Sud est caractérisée par une large fraction de jeunes hommes et de jeunes femmes qui auront bientôt des enfants, contribuant ainsi à une forte augmentation de la population à l’avenir.

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A voir pour mieux comprendre :

A lire pour aller plus loin :

  • Origine et évolution des populations humaines, de Bernard Vandermeersch, Olivier Dutour et Jean-Jacques Hublin. Cet ouvrage présente l’évolution de l’humanité depuis les premiers primates hominoïdes de l’Oligocène jusqu’aux temps historiques.
  • La population du monde : 6,5 milliards, et demain ? de Catherine Rollet. En moins de deux siècles, la population mondiale est passée de 1 à 6,5 milliards. S’agit-il d’un phénomène transitoire ou doit-on craindre une explosion démographique ? Et si tel était le cas, quelles en seraient les conséquences sur l’équilibre mondial ?

Les toutes premières lueurs d’intelligence

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Posté par fabrice
 

- 3, 3 millions d’années

evolution-cerveau-pano« Fallait y penser ! »

Et si les premières manifestations d’intelligence que sont les premiers outils n’étaient pas le fait de l’espèce humaine mais d’une autre espèce aujourd’hui disparue ?  Et si cela c’était produit plus de 500 000 ans plus tôt que prévu ! Bref, pas si facile d’y voir clair pour détecter les premières lueurs d’intelligence…

Un petit groupe d’individus assez petits, moins d’un mètre cinquante, au visage proche de celui des chimpanzés mais à la mâchoire plus fine et dotés de mains plus délicates avec un pouce plus long et détaché, s’active sur les bords d’une rivière entourée de buissons et de petits arbres, ce que l’on appelle une forêt-galerie.

cerveau-lueurNous sommes quelque part à proximité du lac Turkana au nord du Kenya actuel, dans une région qui est aujourd’hui semi-désertique.

Certains d’entre eux frappent des cailloux les uns contre les autres. Ils semblent maitriser une technique bien à eux : une pierre est posée sur une autre tandis qu’une troisième tenue dans la main vient la frapper. C’est ce que les spécialistes appelleront bien plus tard la percussion bipolaire.

Le genre « homo » coiffé sur le poteau !

Ces individus ne font pas partie du genre Homo, c’est-à-dire de l’espèce humaine. C’est trop tôt car nous sommes il y a 3 millions 300 000 ans.

Les premiers spécimens du genre Homo, c’est à dire directement apparentés à l’espèce humaine,  n’apparaissent au mieux que vers 2.8 millions d’années. Surtout, jusqu’ici les tout premiers outils connus remontaient à 2,6 millions d’années, soit un écart de 700 000 ans (1). C’est donc une véritable révolution !

Ce sont donc des hominidés mais d’une autre espèce, des australopithèques (australopithecus afarensis, comme Lucy) probablement voire peut-être une espèce nouvelle qui divise actuellement les scientifiques (1), Kenyenthropus Platyops, proche toutefois de Lucy !

Une habileté pas si évidente à maîtriser

S’ils ne relèvent pas de notre lignée, ils manient pourtant les tout premiers « outils » de l’Histoire. Avec leurs percuteurs et enclumes, ce sont les inventeurs de la technologie ; mieux, sans doute les tout premiers à être dotés de l’intelligence et à s’en servir…pour probablement débiter la viande !

Cela peut nous sembler anodin voire trivial, à l’heure du maniement de la souris et du clavier, mais leur manipulation est loin d’être aussi simple qu’elle n’y parait.

Pour réaliser ces éclats, « il fallait une connaissance des angles, un maîtrise de sa propre force. Les roches ont été sélectionnées, il y a eu apprentissage, une transmission de la fabrication, » comme l’explique Sonia Harmand, chercheuse au CNRS, à l’origine de la découverte du site (2). « Enfin, nos ancêtres ont fabriqué des éclats tranchants en grande quantité, il y avait un contrôle de la production ».

Difficile de trouver des traces d’outils plus anciennes

Il est possible que l’on puisse trouver des traces d’utilisation d’outils encore plus anciennes mais l’exercice va devenir difficile, pour 2 raisons :
- la première, c’est que les toutes premières pierres à être taillées sont peut-être plus petites ou les éclats moins évidents à distinguer d’une pierre lambda sujette à l’érosion naturelle,
- la seconde, c’est qu’on se rapproche peu à peu de la manière dont les grands singes cassent des fruits avec des pierres.

Il faut se faire une raison, et c’est le scoop, les tout premiers signes d’intelligence ne seraient pas à attribuer à l’espèce humaine mais à une espèce voisine. Avouons-le, c’est tout de même rageant, si près du but ! Enfin, un demi-million d’années au bas mot d’écart, tout de même !

Publié le 20 février 2016

 Les 5 filiations connues

1 – Austrlopithecus garhi (nord-est de l’Ethiopie), doté d’un gros crâne mais d’un petit cerveau ;
2 – Paranthropus boisei (Afrique de l’est), denture et musculature imposante mais petit cerveau ;
3- Paranthropus robustus (Afrique du sud), identique aux précédents sans probablement de liens, et toujours un petit cerveau ;
4 – Australopithecus africanus (Afrique du sud), plus gracile, marcheur et grimpeur mais encore un petit cerveau ;
5 – Genre homo (Afrique de l’est), plus petit, marcheur et coureur mais ne grimpant plus et cerveau plus développé et mieux irrigué


Les pré-humains

hominidés

Entre 4 et 3 millions d’années, dans différentes régions d’Afriques, se rencontrent différentes espèces de pré-humains dits intermédiaires. Ils sont plus grands que leurs congénères plus anciens, le volume de leur cerveau reste modeste. Ils pratiquent la double locomotion même si certains comme Lucy ont inventé la bipédie exclusive (3).

 

Ils ouvrent la voie à l’espèce humaine qui fait son apparition, peu après 3 millions d’années à la faveur d’un nouveau changement climatique, plus sec.

  • Abel, Australopithecus bahrelghazali (Tchad), 3.5 millions d’années
  • Australopithecus anamensis (Kenya et Ethiopie), 4 millions d’années
  • Australopithecus afarensis (Lucy et Selam), 3,2 et 3,4 millions d’années
  • Kenyanthropus platyops (Kenya), 3.5 millions d’années
  • Australopithecus prometheus (Afrique du sud), 3,7 millions d’années.

1 – Découverte majeure d’une équipe franco-américano-kenyane – Le Monde 21 mai 2015
2 –
« Au Kenya, l’énigme des premiers outils » – Le Monde Science et techno – 5 janvier 2016
2 -  « Devenir humains » – Yves Coppens et collectif – Ed. Musée de l’homme / Autrement – Collection Manifeste


A visionner pour mieux comprendre :

Nota : vidéo réalisée avant la découverte des premiers outils du Turkana

Les inventeurs font leurs tout premiers pas

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Posté par fabrice
 

- 2,4 millions d’années

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L’invention des inventions

La capacité à inventer est apparue très tôt dans l’histoire de l’humanité, bien avant le langage. Ce désir inné de progrès permet de croire à un monde meilleur, façonnable selon nos rêves. Ces rêves ne risquent-t-ils pas de se transformer un jour en cauchemar ?

L’homme est un animal doué d’inventions ! Si l’histoire de l’homme remonte a environ 3 millions d’années (et l’Homo Sapiens 200 000 ans environ), dire avec précision à quel moment « l’homme » a eu l’idée d’inventer et d’innover est impossible. Tout juste sait-on que notre don pour l’invention n’est pas corrélé à celui que nous avons pour le langage. Il suppose juste une vision du futur.,

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L’invention revient de loin

Les plus anciens outils, retrouvés en Afrique de l’est, remontent à 2,3 ou 2.4 millions d’années, c’est-à-dire au tout début de l’épopée humaine. Une chose est sûre, déjà à cette époque l’homme avait l’idée de modifier ce qui est, pour en améliorer l’usage. Il était donc chasseur, cueilleur…et inventeur !

Evidemment, nous ne sommes pas encore à la pointe de la technologie ! Parmi les toutes premières « inventions », on trouve probablement des pierres dont on a détaché un éclat en la frappant, pour en faire un objet tranchant.

A l’époque, plusieurs espèces d’homininés coexistent sur la planète et on ignore laquelle d’entre elles a eue l’idée de génie…

Il faut se faire une raison, l’usage de ce type d’outils, comme des galets utilisés comme enclume ou percuteurs, n’est pas réservé aux hommes. Quelques espèces de singes et même les loutres marines y ont recours !

Mais les hommes sont allés plus loin. Ils ont d’abord appris à sélectionner les meilleures pierres, puis ont appris à travailler les matières d’origine animale comme les os, ivoire de mammouth ou bois des cervidés ainsi que celles d’originales végétales.

Puis, ils ont mis au point de nouveaux procédés, utilisés de nouveaux matériaux. Surtout, ils ont su développé une idée mentale de ce qu’ils voulaient.

Les inventions ne se limitent évidemment pas aux outils. L’homme va inventer des stratégies de conquêtes de territoires, des moyens de protection contre les dangers, puis de domestication des animaux et du feu, et bien d’autres choses.

Il va aller au-delà en développant sa capacité à se projeter et à conceptualiser dans des domaines qui ne représentent pas une utilité immédiate. Ce sera le cas des sépultures ou de l’art. Il est capable de joindre l’outil à l’agréable !

L’invention est loin d’être linéaire

Prenons l’exemple du Biface. Celui-ci a été inventé une première fois, en Afrique, il y a 1, 7 million d’année environ, puis une seconde fois en Chine, 700 000 ans plus tard et à nouveau en Europe, il y a seulement 700 000 ans. Eloignement géographique et temporels font qu’à chaque fois, c’est une nouvelle invention.

Plus les gestes techniques et plus l’outil sont simples, expliquent Sophie Archambault de Beaune (1), professeure et chercheuse, plus la probabilité d’avoir les mêmes idées à des moments et à des lieux très éloignés est forte. Jusqu’à l’antiquité les inventions sont relativement peu nombreuses mais se révèlent déterminantes pour la vie quotidienne des gens. C’est le cas, de la maîtrise du feu, de l’agriculture, de la roue, de l’écriture, de la métallurgie…

L'hélicoptère de Léonard De Vinci

L’hélicoptère de Léonard De Vinci

Avec Galilée (1564-1642) , on assiste un basculement entre inventions techniques et inventions technologiques (1).

Pour la toute première fois, on réalise que les lois de la nature peuvent s’écrire sous forme d’équations mathématiques. C’est une véritable rupture. De là, vont découler toutes les inventions qui vont bouleverser le monde, notre monde, comme les machines à vapeur, l’électricité, puis l’électronique. A partir d’une maîtrise technique nouvelle, on va créer d’innombrables applications.

A partir du XXème siècle, la technologie va donc prendre le pas sur la technique.

L’invention une œuvre collective ou individuelle ?

L’invention est plutôt le fait d’un individu comme le pense le physicien Etienne Klein (1). En tout cas, les grandes inventions ou innovations, comme les théories de la relativité d’Einstein, ou encore les vaccins de Pasteur, sont le fruit d’un contexte et d’hommes exceptionnels, de vrais génies.

Mais avant d’être formulée, une invention est souvent l’aboutissement d’un rêve d’un individu ou parfois commun aux hommes comme le rêve de voler.

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C’est donc l’imaginaire qui est le moteur de l’invention ainsi que la capacité de « rebattre les cartes » ou de porter un regard différent sur les choses.

Aujourd’hui, la complexité est telle que les innovations sont de moins individuelles mais le résultat d’un travail collectif comme en témoigne les prix Nobel qui sont souvent attribués à une équipe ou à plusieurs personnalités.

Que reste-t-il à inventer ?

Même si les grandes innovations matérielles sont derrière nous, aujourd’hui, on invente tous azimuts. Nous sommes entrés, tout récemment, dans l’ère des innovations et inventions à l’échelle de l’infiniment petit ou immatérielles avec l’IA (Intelligence Artificielles), les biotechnologies, la génétique ou encore les nanotechnologies.

Certains, comme Ray Kurzweil, futurologue de Google, estime que ces innovations seront encore bien plus bouleversantes que la révolution industrielle ne l’a été.

Peut-être sommes-nous à l’aube de « l’obsolescence de l’homme » pour reprendre une expression du philosophe Günther Anders, un monde où la capacité à inventer ne sera plus la seule prérogative de l’homme mais, pour la toute première fois, celle d’une intelligence non biologique.

Cette fois, l’homme aura peut-être fait l’invention de trop !

Publié le 6 septembre 2015


 L’immortalité : l’ultime invention !

On les appelle les transhumanistes. Ils font partie d’un mouvement culturel et intellectuel qui comptent notamment sur les biotechnologies pour améliorer la condition humaine considérant le handicap et les maladies comme une « anomalie », que le progrès pourra éradiquer à terme.

Pour les transhumanistes, dont fait partie Ray Kurzweil, le « monsieur futur » de Google qui jusqu’à présent ne s’est jamais trompé, l’immortalité, ou du moins une vie de millénaire, est à portée de main.

C’est un tsunami technologique auquel il faut se préparer : selon Dmitri Itskov, une jeune milliardaire russe qui consacre sa fortune à chercher à « tuer la mort », en 2045, l’homme pourra atteindre immortalité ou quelque chose d’approchant. Mieux, dès 2035, il estime qu’on pourra télécharger sa propre conscience, ce qu’il appelle le Mind uploading (3)

L-homme-va-t-il-devenir-immortel

Dès maintenant, grâce aux greffes de neurones, aux tissus imprimés en 3D ou aux cellules régénérées, nous empruntons déjà sans le savoir la route de l’immortalité.

C’est aussi vers la moitié de ce siècle que, selon Kurzweill(2), on disposera d’une intelligence artificielle (IA) un milliard de fois plus puissantes que les 9 milliards de cerveaux réunis.

Si ces prévisions se réalisent, tout ce que l’Humanité a conçu depuis des millénaires, le travail, la façon de procréer, d’envisager l’avenir, la position sociale, tout sera à reconstruire.

Si l’on en croît, de nombreux experts de la Silicon Valley,  la personne qui vivra 1000 ans est déjà née (4) !

L’immortalité finira peut-être par tuer l’homme, en tout cas l’homo sapiens que nous sommes.


1 -  « L’histoire des inventions » – Hors série Le Monde / La Vie 2015
2 - 
Atlantico – 12 août 2015 « Et maintenant, Google annonce l’immortalité pour la fin de ce siècle »
3 – L’obs N°2642 – 25 juin 2015.


A Visionner  pour mieux comprendre :