jeudi, 24 juin 2021

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Le tout premier terroriste de l’Histoire

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Posté par fabrice
 

– 356 avant notre ère

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« Peur sur la ville »

 

Erostrate est entré dans l’Histoire, à double titre : par son acte « criminel » reconnu par les historiens et comme tout premier terroriste de l’Histoire. Une notoriété pour laquelle, il était prêt à en payer le prix, comme plus tard d’autres terroristes au nom d’une cause qui les transcende !

Son nom : Erostrate. Son acte : avoir incendié le temple d’Artémis à Ephèse (près d’Izmir en Turquie). Son mobile : la notoriété. La sentence : condamnation à mort et disparition de son nom de tous les documents officiels.

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Frustré de ne pas être connu, Erostrate, dont l’Histoire finira par retenir son nom, décide, le jour même de la naissance d’Alexandre le Grand, d’incendier le temple d’Artémis, l’une des 7 merveilles du monde.

Erostrate se laisse arrêter assez facilement et explique que son geste ne visait que la reconnaissance et le respect de tous ceux qui l’ignoraient jusqu’ici.

Les juges le condamneront à mort et décideront d’effacer son nom y compris de l’Etat civil afin d’éviter toute publicité et tout précédent.

Ce jugement « politique » sera contesté par certains historiens de l’époque, comme Théopompe argumentant que la vérité historique ne peut être l’objet de manipulation même au nom de la Raison d’ Etat.

Théopompe mentionnera donc cet événement tragique dans ses Hélleniques et Erostrate passera ainsi à la postérité. Ironie de l’Histoire, comme le fit remarquer Jean-Paul Sartre (2), on se souvient du nom du type qui a brûlé le Temple d’Ephèse alors que l’on ignore le nom de son architecte !

Une guerre psychologique

Si la notoriété a été l’un des tout premiers « moteurs » du terrorisme, évidemment, il n’est pas le seul. Le Terrorisme est avant tout un acte commis à des fins politiques, idéologiques ou religieuses.

Mais surtout comme le définit Raymond Aron, face à une guerre classique le terrorisme compte sur le spectaculaire et l’émotion : « On peut qualifier de terrorisme une action dont les effets psychologiques dépassent les effets physiques ».

D’un point de vue académique, le concept de terrorisme prend vraiment naissance sous la Révolution Française. C’est en effet en 1798 que le terme « terrorisme » apparaît pour la première fois dans le supplément du dictionnaire de l’Académie française. Il désigne alors un mode de gouvernement faisant référence à la période de la Terreur (1793-1794) et aux adeptes de la « doctrine des partisans de la Terreur ». C’est ce qu’on appellera le terrorisme d’Etat.

Le terrorisme moderne

Les historiens semblent s’accorder sur le fait que le premier véritable acte terroriste au sens actuel, remonte au 24 décembre 1800 avec l’attentat de la rue Saint-Nicaise. Une « charrette piégée » explose sur le passage du Premier consul Napoléon Bonaparte ; attentat fomenté par les activistes chouans.

Attentat de Sarayevo

Attentat de Sarajevo en juin 1914

Cette forme de terrorisme se répand ensuite au Moyen-Orient à partir de 1896 avec l’assassinat du shah Nasir al-Dîn. Cette fois, le coup d’envoi du terrorisme à l’échelle de la planète est vraiment donné (4).

Le plus célèbre et le plus lourd de conséquences des actes terroristes restera celui commis en juin 1914 à Sarejevo contre l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche. Il précipitera l’Europe dans la Première Guerre mondiale.

Evidemment, en termes de symbole ceux du 11 septembre 2001à New York, 11 janvier et 13 novembre 2015 à Paris, resteront jusqu’à présent les plus marquants, puisqu’ils s’attaquent cette fois aux fondements de la civilisation occidentale, son porte drapeau, New York, la liberté de pensée et la culture.

Publié le 5 décembre 2015

Aux origines du DJIHAD

Le 26 mai 1998, Al-Qaida sort de l’ombre (3) : Ben Laden lance sa croisade contre l’Amérique, l’Occident et les juifs. Il vient de mettre le Jihad sur les rails.

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Mais le moment fondateur pour Al-Quaida et le Djihad remonte probablement à 1979. C’est la prise d’otage à la Mecque de centaines de pèlerins pendant 14 jours par 300 islamistes accusant la famille royale saoudienne d’être à la solde des américains. Oussama Ben Laden, alors âgé de 22 ans suit les événements avec intérêt. Missionné par les saoudiens, Ben Landen se rend alors au Pakistan pour aider les moudjahidines à lutter contre l’envahisseur.

Il sera aidé financièrement par les américains qui veulent bouter hors d’Afghanistan l’armée soviétique. Ben Laden créé en 1988 Al-Qaida.

10 ans plus tard, il déclarera, les armes à la main, sur une chaîne d’info « Les Américains ont commis une stupidité sans précédent en attaquant l’Islam […] nous prévoyons u jour noir à l’Amérique. Elle devra ramasser les corps de ses enfants jusque sur son sol ».

Deux attaques simultanées d’ambassades américaines, le 7 août 1998, en Tanzanie et au Kenya, donnent le coup d’envoi à la terreur. On connait la suite.

Ben Laden ne verra pas la constitution d’un Etat Islamique [comme se réclame Daech] pourtant voulu de ses propres vœux, avec un véritable Etat, doté d’une administration, d’une véritable armée. Ses héritiers vont faire monter d’un cran encore la barbarie et la terreur.

Une ère nouvelle s’ouvre.


1 – Jean-marc Daniel, économiste et Directeur de la revue Sociétal – Good  Morning Business – 14 janvier 2015 – BFM Business.
2 – Nouvelle « Érostrate », publiée dans le recueil de nouvelles nouvelle « Érostrate », publiée dans le recueil de nouvelles Le Mur (1939).
3 – TéléObs – L’hebdo des médias – « Autopsie de la Terreur » – Novembre 2015
4 – Pour connaître les grandes dates du terrorisme : http://www.thucydide.com/realisations/comprendre/terrorisme/terrorisme-chrono.htm


A visionner pour mieux comprendre :

La toute première scène de crime

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Posté par fabrice
 

- 430 000 ans

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Petit meurtre entre amis !

Au paléolithique (1), les occasions et les motifs de conflits semblent plutôt rares. C’est pourquoi, il est probable que l’affrontement entre 2 individus, il y a 430 000 ans, ayant entrainé la mort de l’un deux, représente l’un des tout premiers meurtres commis sur Terre. Retour sur la scène de crime !

Que sait-on de ce meurtre et de la toute première scène de crime de l’Histoire ?

Un affrontement mortel

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On sait qu’il a eu lieu dans le nord de l’Espagne à Atapuerca, il y a plus de 400 000 ans (2). On sait aussi que la victime est un jeune adulte de l’espèce Homo heidelbergensis, espèce qui, selon toutes vraisemblances, a précédé l’homme de Néandertal.

On sait encore que le crâne de la victime présente des traces de fractures au-dessus de l’œil gauche témoignant de coups violents et répétés.

L’arme du crime devait être un objet contendant comme un biface ou une pointe de lance en pierre. Enfin, dans la mesure où les blessures ne se sont pas cicatrisées, on peut en déduire que les coups assénés ont dû être mortels.

En revanche, même si l’acte semble intentionnel, on ignore les circonstances réelles de cet affrontement entre ces 2 individus. C’est donc aller un peu vite en besogne que de parler de meurtre prémédité.

Encore peu de motifs de rivalités

D’autant que de tels comportements agressifs étaient très rares à cette époque. Sur une période de 2.5 millions d’années, on constate parmi les chasseurs-cueilleurs, qu’une demi-douzaine de marques de violence (3).

Faut dire que l’époque n’incitait pas à faire usage de la violence : pas de biens justifiant une quelconque convoitise, peu de proximité entre les groupes d’individus et une nourriture plutôt abondante.

Une époque encore peu propice aux conflits; autrement dit, le bon vieux temps.

Publié le 21 mai 2016

Les tout premiers guerriers

L’un des tout premiers conflits avérés de l’humanité a eu lieu il y a 13 000 ans sur le bord du Nil, au pied d’un massif montagneux (4).

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Auparavant, on recense bien d’autres actes de violence comme l’atteste l’un des tout premiers meurtres évoqués plus haut ou encore avec le cannibalisme dont les premières traces remontent à 800 000 ans, en Espagne (5) et un peu plus tard en France, à Tautavel vers 450 000 ans.

Les motifs de se quereller ont toujours existé même s’ils n’étaient pas si nombreux et variés qu’aujourd’hui : convoitises de femmes, de ressources, de biens ou simple volonté de se faire respecter, l’être humain a sans doute toujours été bagarreur.

Mais c’est à partir du néolithique, c’est-à-dire 10 000 avant notre ère, que les choses se gâtent ! Avec la montée en puissance de l’agriculture, la démographie et les richesses explosent. On cherche à préserver ses biens ou à accaparer ceux de son voisin. Cela engendre des conflits jusqu’ici inconnus, en fréquence comme en importance.

Par exemple, il y a 7 000 ans, des traces importantes de massacres ont été relevés en Allemagne et en Autriche.

Bientôt va apparaitre la notion de pouvoir avec des leaders qui recherchent à la fois le prestige, la reconnaissance et la richesse. Ils vont assoir leur autorité sur une nouvelle classe d’individus : les guerriers et une nouvelle catégorie de « sur-hommes »: les héros.

Le sentier de la guerre est ouvert.


1 – Le paléolithique s’étend de -3 millions d’années à – 20 000 ans
2 – Analyse publiée le 27 mai 2015, par Plos One
3 – Marylène Patou-Mathis, préhistorienne au Muséum national d’histoire naturelle – Hors-série Science et avenir – Septembre/octobre 2015
4 – Selon Jean Guilaine, professeur émérite au Collège de France, sur ce lieu ont été exhumés les dépouilles de 59 individus.
5 – Vincent Vanderberg, historien à l’Université libre de Bruxelles


A visionner pour mieux comprendre :