jeudi, 24 juin 2021

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Les tout premiers seins

(votes : 9)
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Posté par fabrice
 

Vers – 2 millions d’années

Célébrités posant pour le calendrier Pirelli

Les seins, quels pieds !

Il ne faut pas confondre seins et glandes mammaires. Rendons-nous à l’évidence, les seins sont une spécificité du genre humain. En effet, hormis quelques singes comme les bonobos, parmi les mammifères qui sont tous dotés des glandes mammaires, les humains, – et en l’espèce les humaines – sont les seuls à arborer une belle poitrine.

Alors pourquoi ce traitement de faveur ?

Tout d’abord, une petite leçon de choses : les glandes mammaires remplissent une fonctionnalité d’allaitement. Elles sont donc gonflées uniquement durant la période d’allaitement. En dehors de celle-ci, elles apparaissent parfaitement plates. D’ailleurs, chez les primates les glandes mammaires ne se développent jamais avant la première fécondation sauf chez la femme. En revanche, le sein, dont la fonction primaire est identique, est composé de graisse. C’est à cette graisse, englobant la glande mammaire, que l’on doit cette forme ronde qui fait tourner tant de têtes, n’en déplaise à Simone de Beauvoir qui affirme[1] : « les seins, les fesses, la femme peut en faire l’ablation sans inconvénient à n’importe quelle période de sa vie. »

Grâce à cette plastique si particulière et à son positionnement « haut perché », ce sein serait chargé d’une autre mission : stimuler l’appétit sexuel des mâles. C’est ici qu’intervient une autre notion, la bipédie.

Mais quel rapport entre les pieds et les seins ?

Théophile Gautier a écrit : « les seins, deux mappemondes que l’on porte devant soi comme un second fessier ». Et voilà, nous y sommes. Les seins et les fesses seraient donc unis comme frère et sœur pour accrocher le cœur des hommes.

Tout cela ne date pas d’hier. Pour les mammifères lambda qui se déplacent à 4 pattes, leur ligne d’horizon sont les fesses de leur partenaires situées devant eux. Durant la période de fertilité, la vulve de certaines femelles affiche même des signes extérieures pour aguicher le mâle.

Il n’en va pas de même pour ceux qui pratiquent presque exclusivement la bipédie. Les fesses sont situées bien trop bas pour les émoustiller. D’où progressivement la mise en valeur des seins, par la sélection naturelle, plus à même d’accrocher le regard du futur compagnon et d’assurer ainsi la pérennité de l’espèce. De même, pour mieux arborer leurs atours naturels, les femelles deviennent moins poilues, mettant en évidence, seins, bouche (disparition de la barbe) et même les yeux. Le zoologue et éthologue Desmond Morris [2], très décrié par les féministes, observe que les seins de femmes sont bien moins efficaces pour donner la tétée que comme stimulant sexuel[3].

Ainsi, cette transformation, qui va aboutir à une sexualité permanente, ne serait, selon certains spécialistes, que la conséquence d’autres transformations : augmentation de certaines hormones et la fameuse bipédie.

Les seins, le choix de la date !

C’est là que le bas blesse. Actuellement, on ne peut avancer aucune date précise sur l’apparition des seins. On sait cependant que la bipédie est apparue voici probablement 6 millions d’années avec Orrorin, un hominidé découvert en 2000 au Kenya. Elle devient un moyen de locomotion usuel vers 4 millions d’années, comme l’atteste la plus ancienne trace de bipédie : des empreintes d’un adulte accompagné d’un enfant qui marche sur ses pas (3,6 millions d’années, Laetoli/Tanzanie)[2]. Mais, c’est à partir de l’ l’Homo Ergsaster, apparu il y a 1,9 million d’années, que pour la toute première fois la bipédie semble maitrisée.

Si la démarche prend de l’assurance, permettant même, pour la toute première fois, de passer du mode marche au mode course !, rien ne dit que les seins en profitent pour prendre de la consistance…et sauver les apparences.

La déesse (Judée – 750-620 av. JC.) exhibe fièrement ses seins, symbole de fécondité et d’attrait sexuel.

A quels seins se vouer ?

Si l’on ignore encore à quel moment la poitrine commence vraiment à pointer, une chose est sûre, celle-ci figure dans des représentations picturales, il y a 30 000 au Gravettien. Depuis, les seins n’ont cesse de subjuguer nos esprits. Objet de toutes les convoitises, ils représentent souvent notre tout premier contact avec l’extérieur au moment de notre naissance et notre seul moyen de survie à cette période, du moins jusqu’à récemment. Comme le décrit si justement Elisabeth Badinter [4] : « le sein de la femme a appartenu successivement à l’enfant, à l’homme, à la famille, au politique, au psychanalyste, aux commerçants, au pornographe, au médecin, au chirurgien esthétique, avant que les féministes n’en reprennent le contrôle à la fin du siècle dernier. »


[1] « Le deuxième sexe » – Simone De Beauvoir – Edition Folio
[2] « Le singe nu » – Desmond Morris – Edition Livre de poche (1971) – Edition originale : Johathan Cape (1967)
[3] Thèse aussi défendue par Helen Fisher (The sex contract) qui fait du sein un attribut quasi exclusivement sexuel
[4] Préface d’Elisabeth Badinter : « Le sein, une histoire » – Marilyn Yalom – Edition Galaade – 2010

 


A visionner pour mieux comprendre :
  • « The human sexes » Desmond Morris (en anglais) :

  • Quand les seins envahissent notre quotidien :

A voir et à lire pour aller plus loin :

    • Le Singe nu
      Non, déclare le zoologiste Desmond Morris, nous ne sommes pas une espèce nouvelle née du processus de l’évolution, nous sommes toujours des singes. Et il le démontre. Eliminant les sociétés primitives encore existantes comme étant des « ratés de l’évolution », il observe le singe nu moderne, arboricole, sorti des forêts et devenu carnivore, sous l’angle de la sexualité, de l’éducation, de la combativité et de la recherche du confort (où il assimile hardiment la quête des poux chez les primates aux menus propos mondains dans un effet scientifico-comique irrésistible).Pour élaborer cette thèse originale, il lui a suffi d’étudier le comportement humain dans la même optique que celui des animaux, et en utilisant le même vocabulaire. Le résultat est extraordinaire de précision scientifique, de logique… et d’humour.Quand on se regarde dans une glace, après avoir lu ce livre, on ne se voit plus de la même façon.

 

    • La femme nue
      Le corps de la femme, source de fascination mais aussi d’angoisse, a depuis longtemps été soumis à toutes les transformations imaginables destinées à le rendre plus beau, c’est-à-dire plus conforme aux canons esthétiques du moment. Desmond Morris, explique comment chaque partie de l’anatomie féminine – des cheveux aux pieds, en passant par les joues, les épaules ou encore les hanches – est avant tout le résultat d’une longue évolution, remplissant une fonction biologique mais servant aussi, le plus souvent, de marqueur de l’identité sexuelle. Fort de sa grande expérience en tant qu’observateur de l’animal humain, Desmond Morris mêle les analyses scientifiques aux observations anthropologiques pour mieux déchiffrer le langage mystérieux du corps féminin.

 

  • Le sein, une histoire
    « Quoi de plus immuable que le sein féminin ? N’a-t-il pas toujours eu pour fonction de contenter l’homme et le bébé ? L’histoire qu’en trace Marilyn Yalom est infiniment plus complexe. Du sein divin du Moyen Âge au sein érotique d’Agnès Sorel, du sein domestique du XVIIe siècle au sein politique de Marianne, du sein commercialisé par l’industrie du soutien-gorge au sein rongé par le cancer ou torturé par le piercing du XXe siècle, le sein de la femme a appartenu successivement à l’enfant, à l’homme, au politique, au psychanalyste, au pornographe, au chirurgien esthétique, avant que les féministes n’en reprennent le contrôle à la fin du siècle dernier. Quelle femme aujourd’hui peut se jouer tout à la fois de la mode, de la séduction et de sa santé ? Histoire à suivre pour mieux comprendre le monde dans lequel on vit… « 

La toute première perte de sens : l’odorat

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Posté par fabrice
 

- 3 millions d’années

 En-quête de sens ! 

Si l’odorat est l’un des tout premiers sens à apparaitre chez les vertébrés, utile notamment pour échapper aux prédateurs, il est en perte de vitesse dans la lignée qui conduira à l’homme, sans doute au profit de la vision. Une perte de sens qui se poursuit. Pour autant, l’odorat revient en odeurs de sainteté auprès des scientifiques pour expliquer, entre autres, nos comportements sociaux.

Il y a au moins de 3 millions d’années(1), l’homme –enfin les pré-humains puisque l’homme moderne a moins de 200 000 ans-, commence à perdre ses capacités olfactives. C’est la toute première fois qu’un de nos sens est en régression.

Rassurons-nous, il n’est pas le seul « animal » à qui c’est arrivé. Mais chez l’homme, cette détérioration se produit en accéléré, à une vitesse quatre fois plus élevée que chez les autres primates. Alors, sait-on pourquoi l’Homme a perdu l’odorat dans de telles proportions ?

Chez l’homme comme chez les autres mammifères, on dénombre environ 1000 gènes qui jouent un rôle dans la fonction olfactive. Mais tous ne sont pas actifs. Et justement, l’homme a un pourcentage de gènes inopérants plus élevés que chez d’autres espèces. 58 % de gènes inactifs  chez l’homme, contre 28 à 36 % en moyenne et 30 % chez les grands-singes. Et comme la finesse de l’odorat dépend du nombre de gènes actifs, l’homme n’a pas le nez fin.

Cependant, l’Homo-sapiens aurait malgré tout eu plus de nez que son cousin Neandertal (2). Cela pourrait être un des facteurs, parmi d’autres, lui ayant procuré un avantage évolutif.

Pourquoi cette perte de l’acuité olfactive ?

Si l’odorat est avec le goût le tout premier des sens à apparaître chez les vertébrés au cours de l’évolution, il sera par la suite supplanté par la vision. Sans doute, plus performant pour la survie de l’espèce. En effet, sauf pour éviter les intoxications alimentaires ou pour la reproduction, l’odorat ne semble être, de moins en moins d’une utilité vitale, du moins en apparence.

Du coup, l’odorat va être sacrifié sur l’hôtel de l’efficacité. Ce processus a commencé voici 3 millions d’années (peut-être 5 millions) et se poursuit. Il est vraisemblablement la résultante de la période d’évolution qui a conduit au cerveau humain.

olfactionC’est durant cette période que d’autres sens vont, eux, bénéficier de performances accrues. Ce sera le cas pour la vision ou la capacité à distinguer les couleurs(3). Conséquence, l’identification d’autres membres de la communauté passe de moins en moins par l’odeur mais davantage par la reconnaissance visuelle.

Aujourd’hui, l’homme peut distinguer 400 000 odeurs différentes. Cela peut paraître impressionnant, mais, en réalité, c’est 40 fois moins que le chien. Ce dernier dispose de 200 millions de cellules sensorielles tandis que l’homme, le pauvre, n’en n’aligne moins de 10 millions.

Et quand on sait qu’une tasse de café chaud contient 800 composés chimiques volatiles qui vont venir « flater » nos millions de cellules olfactives, on imagine le boulot !

Avoir du nez, à quoi cela sert-il ?

Les odeurs permettent de localiser la nourriture, de détecter des prédateurs, de s’orienter dans l’espace. C’est même essentiel pour communiquer. On sait désormais que les phéromones, dont la toute première a été détectée en 1959, jouent un rôle clé dans les comportements sociaux et la sexualité. On a ainsi remarqué que les psychopathes étaient souvent dotés d’un odorat déficient !

Cela dit, la tendance ne joue pas en faveur de l’odorat. Dans un million d’années, nos descendants auront un odorat moins sensible et développé que le nôtre. Et ça, ce n’est pas très flair-play !!

Publié le 22 juin 2013

 L’odorat est-il du goût de tout le monde ?

De l’amibe à l’homme tous les êtres vivants ont une sensibilité chimique. Cela passe par des stimulations de cellules sensorielles aux composés chimiques. En gros, on constate deux processus différenciés pour véhiculer cette sensibilité chimique : l’odorat et le goût.

Bien que complémentaires, ils utilisent des modes de fonctionnement différents. Le goût implique un contact physique avec la source chimique tandis que l’odorat fonctionne à distance de la source d’émission, en ayant recours à un vecteur comme l’air ou l’eau.

Ainsi, les insectes sentent les odeurs grâce aux milliers de sensilles qui tapissent leurs antennes (4), alors qu’ils perçoivent les goûts via les poils ou sensilles recouvrant leurs organes buccaux et, dans certains, cas leurs pattes.

Pour les poissons, c’est grâce à des organes situés autour de la bouche et à leurs narines qu’ils peuvent détecter sur très grandes distances l’odeur alléchante d’une proie ou inquiétante d’un prédateur.

Quoi qu’il en soit, si on a la perception qu’une rose sent bon, c’est à la fois pour des raisons biologiques mais également culturelles, et là l’amibe est battue !


Le chant des phéromones

Depuis 1959, grâce au biochimiste allemand Peter Karlson et à l’entomologiste suisse Martin Lüscher, on a compris que les animaux, dont nous sommes, communiquent aussi par les odeurs, via les phéromones. Phéromone qui signifie « hormone qui se transmet ».

Le ver à soie, émetteur du Bombycol

Ces phéromones, propres en général à une espèce, modifient les comportements. Prenons le cas du Bombycol, le tout premier phéromone découvert, secrété par le ver à soie qui est la larve du bombix du mûrier. Lorsque le papillon mâle perçoit le Bombycol, il se focalise uniquement sur l’action de retrouver la femelle.

Bactéries, animaux, poissons, crustacés, insectes, mammifères, tous ont recours aux phéromones. Par exemple, la phéromone sexuelle de l’éléphante d’Asie est une petite molécule aussi utilisée par 140 espèces de papillons. Même certains arbres peuvent émettre des signaux chimiques. Ils vont ainsi signaler aux arbres environnants qu’ils sont « la proie » de prédateurs, afin que ceux-ci déclenchent des molécules désagréables pour les assaillants.

Chez l’homme, l’étude la plus ancienne connue sur l’influence des phéromones a été menée chez les religieuses. Celles-ci, cloîtrées, présentaient assez vite des cycles ovariens qui se synchronisaient. Comme si une phéromone présente dans leur transpiration agissait. Etaient-elles tout simplement en odeur de sainteté, car chez l’homme, actuellement, aucune étude (5) ne prouve réellement que nous soyons soumis aux phéromones même si nous ne sommes pas insensibles aux odeurs.


1 -Entre 3 et 5 millions d’années
2 – http://www.hominides.com/html/actualites/neandertal-sapiens-sens-olfactif-odorat-0537.php
3  Source : Weizmann Institute of science – Avril 2003
4- Basic to basic- la Recherche - 01 février 2006 -  Anne Lefèvre-Balleydier, Patrick MacLeod, André Holley
5- Les humains émettent-ils des phéromones ? – Le Figaro  - 4 février 2009 ; visionner aussi la vidéo, ci-dessous


A visionner pour en savoir plus :

 

    • L’odorat est-il en sens du Futur ?

Les toutes premières marques de tendresse

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- 1,7 million d’années

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Et la tendresse, bordel !

Elle répond au doux nom de KNM-ER 1808, c’est une femelle adulte qui a vécu il y a 1 million 700 000 ans, dans une contrée qui correspond au Kenya d’aujourd’hui, sur les bords du lac Turkana. Elle est identifiée comme appartenant à la lignée des Homo erectus, (Homo ergaster, pour certains, correspondant aux plus anciens des Homo erectus).

En quoi mérite-elle notre attention ?

Les fractions de son squelette  témoignent qu’elle a vécu durant plusieurs semaines, voire plusieurs mois avec une maladie très handicapante : L’hypervitaminose A. Cette maladie provoque d’importantes excroissances osseuses. Elle provient d’ un régime alimentaire surdosé en vitamines A. Les spécialistes pensent qu’elle se nourrissait régulièrement de foie de carnivores. Le foie ne décomposant pas la vitamine A, il présente la particularité de stocker, à la manière d’un entrepôt, cette vitamine. Et comme pour l’alcool, la vitamine A est à consommer avec modération, conseil qu’ hélas ignorait notre protégée  !

Reconstitution de l’Adolescent du Turkana -1,54 million d’années – ElisabethDaybes Musée de la Préhistoire des Eyzies de Tavac

On sait que cette maladie provoque des douleurs horribles et une mort atroce : étourdissements, perte d’équilibre et perte de cheveux, nausées, crampes d’estomac, des nausées et des problèmes d’équilibre, problème de peaux et d’articulation.

Une âme compatissante

Dans ces conditions pour que notre KNM-ER 1808 ait pu survivre durant plusieurs semaines, il ne fait aucun doute que quelqu’un s’est occupé d’elle. Pour la nourrir, lui donner à boire, l’aider à se transporter et la protéger. Sans ce secours, avec les prédateurs, hyènes, lions, chacals et la souffrance, elle n’aurait pas survécu plus de 2 jours. Il s’agit là, du tout premier témoignage de compassion et de tendresse qu’ait connu l’humanité [1].

Au-delà de cette histoire qui peut sembler à l’eau de rose, il apparaît qu’Homo erectus, pour la première fois est capable d’humanité. Et pour cause, il est le précurseur de l’homme moderne, il se situe sur la ligne de démarcation entre les singes et les hommes. Pour certains [2], tout ce qui vient avant lui ressemblait aux singes, tout ce qui vient après, à l’homme.

Le premier de la classe

Homo erectus sera ainsi le premier de la classe dans beaucoup de domaine. Le premier à chasser, à tailler des outils complexes, les célèbres bifaces taillés en forme d’amande qui implique, pour la première fois, une inspiration à réaliser des forme prédéterminées,ce qu’on appelle l’industrie Acheuléenne. Le premier à maitriser le feu, à disposer d’une bipédie contrôlée, à établir des campements, à veiller sur ses proches comme on vient de le voir.

Son apparence devient plus humaine : les mâles mesurent jusqu’à 1,8 m et pèsent 65 kg, tandis que les femelles dépassent les 1,50 mètre ; surtout, leur volume crânien s’accroit de manière importante, passant de 800 cm3 pour les plus anciens à 1100 cm3 pour les derniers représentants.

Ce cerveau est doté pour la première fois d’une aire de Broca, lobe frontal associé au langage. Ce gros cerveau présente des avantages au niveau conceptuel mais, en contre-partie, est très énergivore. Le cerveau d’un homme actuel consomme 20 % de l’énergie nécessaire au fonctionnement du corps humain.

Les premiers Homo erectus apparaissent vers 1,9 million d’années en Afrique de l’est et vont disparaître il y a 100 000 ans. Durant ce long règne, ils vont coloniser différentes régions du globe, à raison d’une quarantaine de km par an. Franchissant pour la toute première fois, montagnes, fleuves, marécages déserts, ils seront les tout premiers globe-trotters de l’histoire et devront s’acclimater à toutes sortes d’environnements. L’Europe, l’Asie et peut-être même le continent australien leurs tendent les bras, tandis qu’eux-mêmes tendent leurs bras vers leurs proches. La tendresse…comme ligne d’horizon.


Les Homos, une grande lignée :

  • Homo habilis : à partir de 2,5 millions d’années, apte à la bipédie, il utilise les premiers ouitls
  • Homo ergaster : ancêtre des homo erectus (parfois les deux étant associés), entre sur scène voici 1,9 million d’années
  • Homo erectus : A partir de 1,8 millions d’années environ, les premiers à envahir le monde, sauf l’Amérique et peut-être l’Australie
  • Homo neanderthalis : issus de l’évolution des homo erectus européens, il apparaît selon les sources entre – 200 000 et 100 000 ans et vont disparaître vers – 33 000 ans.
  • Homo sapiens : apparaît en Afrique, il y a moins de 200 000 ans (150 000 ans selon les sources récentes) et arrive en Europe, voici 40 000 ans, sous la forme de l’homme de Cro-Magnon.
  • Sans compter, les Homo rudolfensis (rattaché désormais aux Kenyanthropes), homo heidelbergensis, homo antecessor

[1] auteurs de «L’homme de Java, Homo erectus », cité dans Une histoire de Tout ou presque – Bill Bryson – Petite bibliothèque Payot
[2] Walker, Alan et Pat Shipman, 1996. La sagesse de l’os, (New York : Alfred Knopf)


A visionner pour mieux comprendre :

 

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A voir et à lire pour aller plus loin :

  • Une histoire de tout, ou presque…Posez une question, Bryson y répond dans ce livre clair, synthétique, vivant, qui conjugue avec bonheur science et sourire. Vous y apprendrez sans efforts par quels hasards, traits de génie, intuitions, déductions, expérimentations, débats, les hommes en sont arrivés à connaître le monde tel qu’ils le connaissent aujourd’hui. Tout y est (ou presque) de l’histoire des sciences, de notre planète et de l’univers. Un merveilleux compagnon, dont la lecture devrait être recommandée à tous les collégiens… et à leurs parents ! Ce livre a reçu aux États-Unis, en 2004, le prestigieux prix Aventis du meilleur livre de vulgarisation scientifique et, en 2005, le prix Descartes pour la communication scientifique, qui lui a été décerné par l’Union européenne.

Les tout premiers navigateurs

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- 130 000 ans

Odyssée d’une espèce en voie d’apparition

 

 

Bravant les mers sur des embarcations de fortune constituées probablement de bois ou de végétaux, des hommes débarquent dans une baie balayée par les vents sur la côte sud de la Crète. Endroit qui deviendra, 130 000 ans plus tard, la station balnéaire de Plakias.  

Le début de la conquête des mers

Ces hommes téméraires sont considérés actuellement comme les tout premiers navigateurs de l’histoire et aussi les premiers colonisateurs insulaires. Plus de 100 000 ans plus tôt que les dates évoquées jusqu’à présent par les historiens.

Les outils des premiers navigateurs

Cette nouvelle, qui bouleverse autant « l’histoire de la marine » que celle du peuplement des îles de la Méditerranée, est le fruit de campagnes de fouilles conduites en 2008 et 2009 par une équipe américano-grecque[1]sur la côte sud de la Crête. Elle va conduire à la découverte d’outils, – bifaces, hâches, racloirs, burins… – dont la datation indirecte, grâce aux couches sédimentaires où reposaient ces outils, fait remonter leur origine à 130 000 ans, voire plus, et même, peut-être beaucoup plus.

Entre mers et terre

Qui sont ces tout premiers navigateurs ? Des Hommes de Neandertal, des Homo sapiens ? En tout cas des hominidés, mais ensuite le mystère demeure. D’autant que, s’il s’agissait de Sapiens, cela nécessiterait de revoir les théories actuelles qui voient l’Homo Sapiens quitter le berceau Africain, où il est né il y a un peu moins de 200 000 ans, il y a seulement 60 000 ans pour migrer vers l’Europe et l’Asie. Cela remet également en question, le peuplement de l’Europe qui aurait peut-être emprunté une voie maritime alors qu’on l’imaginait exclusivement terrestre.

S’il s’avérait, comme certains le supposent, que ces objets soient encore plus anciens en remontant à plusieurs centaines de milliers d’années, dans ce cas, il faudrait se tourner vers des ancêtres plus lointains comme l’Homo erectus. Cela signifierait que ces ancêtres éloignés avaient déjà le pied marin ! En effet, comme la Crète s’est séparée du continent voici plus de 5 millions d’années et qu’aucune baisse suffisante du niveau des mers [2] depuis n’ait permis de rejoindre cette île les pieds secs, seuls des navigateurs capables de voguer sur des dizaines de km en haute mer - et même sur 200 km s’ils étaient partis des côtes Libyennes, scénario improbable - pourraient expliquer cette situation.

Les premiers loups de mer

Jusqu’ici, le titre de Premiers navigateurs avérés était attribué à des Sapiens qui ont accosté l’Australie, voici 60 000 ans, au moment même de l’émergence du langage. Car, en effet, au-delà de la prouesse technique, ces traversées témoignent d’un niveau d’organisation sociale et de communication déjà élaborée, sans parler de la capacité de se projeter vers l’inconnu.

Pour Jean-Marie Hombert du laboratoire dynamique du langage, au CNRS-Université de Lyon, les premières traversées maritimes figurent comme un marqueur du niveau de sophistication de la langue [3]. Cependant, avec ces navigateurs très précoces, il y a « un loup » tant dans le raisonnement  que dans la chronologie et, ce n’est  pas uniquement un vieux loup de mer !

Quoi qu’il en soit, entre ces conquérants des mers qui ont parcouru leurs premiers kilomètres en haute mer et ceux de Groupama 3 qui en ont avalé plus de 45 000 km en réalisant le tout premier tour du monde en moins de 50 jours [4], il y a  un point commun malgré les milliers d’années qui les séparent : le même goût de l’aventure et de l’appel irrépréssible du large.


(1) Equipe menée par Thomas Straser du Providence College du Rhode Island des Etats-Unis et Eleni Panagopoulou, directrice de la paléoanthropologie et de la spéléologie de la Grèce du sud.
(2) Il y a 21 000 ans, le dernier maximum glaciaire n’a engendré qu’une baisse de 100 mètres du niveau de la mer.
(3) Cité dans Le Monde du 22 janvier 2011, article de Pierre Le Hir.
(4) Trophée Jules Verne remporté par Franck Cammas et ses 9 co-équipiers sur Groupama 3, le 20 mars 2010 après 48 jours, 7 heures 44 minutes, 52 secondes de mers à la vitesse moyenne de près de 19 nœuds.


 
A visionner pour mieux comprendre :

  


A voir et à lire pour aller plus loin :