jeudi, 24 juin 2021

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

C. -10 000 à l’an 0

Les tout premiers documents écrits

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- 3 500 ans

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C’était écrit

Les tout premiers écrits avérés remontent à plus de 5000 ans. Ils se limitent aux chiffres et au lettres, autrement dit, des documents administratifs et commerciaux. Il faudra attendre encore 1000 ans pour qu’apparaissent des textes plus poétiques et romancés.

Les tout premiers textes que nos ancêtres nous aient laissés sont du style « 29086 mesures orge 37 mois Kushim ». Ce qui signifie probablement :  » Un total de 29086 mesures d’orge a été reçu en 37 mois. Signé Kushim » (1).

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Le stockage de l’information sur support pérenne

Malgré leurs contenus peu philosophiques ou poétiques, ces tout premiers écrits de l’humanité vont évidement faire couler beaucoup d’encre. Pour la première fois, l’homme était capable de stocker de l’information sur des supports matériels, solution bien plus fiable et robuste que la simple transmission orale jusqu’ici en vigueur .  

 

Officiellement donc, l’écriture fait son apparition, il y a plus de 5000 ans, en différents endroits du globe, en Mésopotamie, Égypte, un peu plus tard en Chine et Amérique. On s’appuie sur des traces indubitables, reposant sur des matériaux dont la robustesse de conservation a permis de perdurer jusqu’à nous.

Il n’est donc pas impossible que l’apparition de l’écriture, sur des rouleaux d’écorces par exemple, soit nettement plus ancienne, pourquoi pas 20 000 ans ? Hélas, ces supports n’ont pas la même qualité de conservation.

Tablette d'Ourouk, une des premières traces d'écriture. Signes gravés avec la pointe d'un roseau sur des tablettes d'argile. Ces signes sont en forme de clous ou de coins d où le qualificatif de cunéiforme.
Tablette d’Uruk, une des premières traces d’écriture. Signes gravés avec la pointe d’un roseau sur des tablettes d’argile. Ces signes sont en forme de clous ou de coins d’où le qualificatif de cunéiforme.

Les tablettes sumériennes

Revenons donc aux plus anciennes traces scientifiquement reconnues. Elles proviennent d’Uruk, au sud de l’Irak actuel. Elles sont datées aux environs de 3500 ans avant notre ère, tandis que celles d’Egypte remontent à 3300 ans.

Il s’agit de tablettes sumériennes recourant à une écriture pictographique sous forme de dessins très stylisés. Par exemple, une tête de bœuf pour représenter cet animal ou un triangle pubien avec le trait d’une vulve pour désigner une femme.

Comme on l’a vu, l’origine de l’écriture correspond avant tout à un besoin commercial qui permet de conserver une trace des échanges comme les produits laitiers ou céréaliers ou de procéder à l’inventaire de troupeaux.

Premier recueil de lois : le code Hammourabi

Assez rapidement, apparaitra un besoin voisin qui vise à fixer de manière écrite les règles de la vie en société.

Le tout premier recueil de lois, qui nous est parvenu, est rédigé vers 2000 avant J.-C., c’est le code Hammourabi. Il contient déjà 285 lois, d’une clarté remarquable.

Heureusement, l’écriture ne va pas se cantonner aux seules règles, qu’elles soient de calculs ou de droit. Peu à peu on va se permettre de représenter des préceptes religieux et des idées.

L’écriture passe des comptes aux contes

Ainsi, l’écriture va passer des comptes aux contes, car désormais le document « administratif » va côtoyer les écrits poétiques ou littéraires (cf. – 2600 ans).

Cette évolution s’amorcera vers le milieu du IIIème millénaire grâce à la notion de phonogrammes, c’est-à-dire des signes correspondant cette fois à des sons (et non plus à des images), sur le principe d’un signe pour une syllabe.

Pour représenter ces « signes-son », l’écriture va devenir cunéiforme (du latin cuneus= clou, ressemblant à des petits clous). Le premier alphabet de l’humanité sera basé sur cette technique et comportera 32 signes. Il sera phénicien (nord de la Syrie).

Curieusement, dans l’empire des idéogrammes qu’est la Chine, on retrouvera des traces de cette écriture.

L’une des formes les plus abouties seront les Alexandrins, vers de 12 syllabes, qui seront utilisés pour la première fois dans le Roman d’Alexandre, (Alexandre Le Grand [356 - 323 av J.-C.], d’où leur nom), rédigé par Alexandre de Bernay, un auteur normand du XIIème siècle.

Mis à jour le 11 juillet 2017

 Glozel, ou le village gaullois qui prétend avoir inventé l’écriture !

Pour la paternité de l’invention de l’écriture, face aux Phéniciens ou autres chinois, il y a un village gaulois qui fait de la résistance : Glozel, dans l’Allier. Et cela depuis le 1er mars 1924.

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L’écriture de Glozel

Ce jour-là, un jeune agriculteur en labourant le champ de son père met au grand jour de curieux objets comme des aiguilles taillées dans l’os, des galets gravés de rennes ayant disparu de ces contrées depuis plus de 10 000 ans.

Parmi ces vestiges, des tablettes d’argile frappées d’un alphabet inconnu. Différentes méthodes de datation vont être appliquées jusqu’aux années 80 donnant des résultats très hétéroclites allant jusqu’à dater certaines pièces de 17 000 ans.

Difficulté de datation, doutes de l’authenticité des objets, terrain peu favorable à la conservation, alimentent la polémique, dont certains pensent qu’on a essayé de « fabriquer » une civilisation.

La controverse continue de faire rage entre pro-glozéliens et anti-glozéliens avec, comme enjeu, une Europe qui reprendrait ses « lettres de noblesse » face aux peuples du Proche-Orient pour une invention de l’écriture remontant à plus de 10 000 ans.

Un écrit du cœur !


 L’écriture : à chacun son école

Le système sumérien mêlait 2 types de signes :
- Un type de signe représentait les chiffres. Il y avait des chiffres pour 1, 10, 60, 600, 3600 et 36000.
Les sumériens employaient une base 6. La division des heures, construit sur une base 60, fait partie de leur héritage.
- L’autre type représentait des hommes, des animaux, des marchandises, des territoires, des dates.

L’écriture andine utilisée par l’Empire Inca, beaucoup plus récente, (elle avait cours au XII ème siècle et encore lors de l’invasion des espagnols), était très différente et on peut même se demander s’il s’agit vraiment d’une écriture (1).

système d'écriture des Incas : le Quipu

Elle utilisait des nœuds sur des cordes colorées : les quipus. Chaque quipu consistait en multiples cordes de laine ou de coton et de couleurs différentes.

Sur chaque corde, divers nœuds étaient noués à des places différentes. Un même quipu pouvait compter des centaines de ficelles et des milliers de nœuds.

En combinant divers nœuds de ficelles aux couleurs différentes, on pouvait enregistrer de grosse quantité de données mathématiques concernant par exemple la collecte des impôts. C’était un langage très puissant.

Lors des premières années de conquête, les consquistados espagnols y eurent même recours pour administrer leurs nouveaux territoires.


1- « Sapiens, une brève histoire de l’humanité », p. 151 & p. 154 - Yuval Noah Harari – Ed. Albin Michel, 2015


A visionner pour mieux comprendre :


 

A visiter et à découvrir pour aller plus loin :

 

  • Le musée des écritures du monde de Figeac : c’est dans la maison natale de celui qui a su traduire la pierre de Rosette que le musée est installé. A l’origine axé sur les hiéroglyphes, le musée est maintenant étendu aux 5300 ans qui ont fait l’écriture.
  • Naissance de l’écriture: Cunéiformes et hiéroglyphes : [exposition], Galeries nationales du Grand Palais, 7 mai-9 août 1982 L’écriture, représentation de la pensée et du langage humain, est un moyen durable et privilégié de communication entre les hommes. Les plus anciens témoignages écrits qui nous soient parvenus proviennent du Proche-Orient : deux pays, deux civilisations différentes, la Mésopotamie et l’Egypte, ont inventé l’écriture presque simultanément, voilà plus de 5 000 ans. L’écriture fait revivre ces civilisations disparues. Elle nous informe sur leur vie quotidienne, leurs grandes inquiétudes, leur histoire ainsi que leur science. Leur littérature constitue le plus vieux patrimoine culturel qu’ait hérité la pensée occidentale.
  • Histoire et art de l’écriture Les amoureux des alphabets, pictogrammes, idéogrammes et calligrammes retrouveront le peuple immense des LETTRES dans cette somme qui rassemble le corps et l’esprit des écritures. Quelque quatre cents écritures, vecteurs d’environ six mille
    langues et/ou dialectes, sont resituées dans leurs origines, leur histoire et leur contexte.
  • La naissance des écritures: Du cunéiforme à l’alphabet

Les tout premiers jeux de société

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Posté par fabrice
 

- 3 000 ans (avant notre ère)

Quand la MISE fut venue

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La nature humaine est joueuse, depuis toujours. Le jeu est devenu un phénomène de société depuis plus 5000 ans; avec le succès des jeux vidéos ce n’est pas près de s’arrêter.  L’homo sapiens serait-il avant tout un homo ludens ?

En 1997, un cerveau électronique met un terme à des siècles d’hégémonie de cervelles humaines : Deep blue d’IBM bat, pour la première fois, un champion du monde d’Echecs (dans le cadre d’une partie d’échec avec contrôle du temps traditionnel). Pour l’intelligence humaine, championne de la « phosphoration » toutes catégories, c’est à la fois une terrible humiliation et une formidable victoire.

Dans cette histoire, reconnaissons-le, l’homme a été beau joueur. Consacrer toute son intelligence pour transmettre le goût du jeu à des « cerveaux cybernétiques » dans l’unique but de se faire battre par l’une de ses propres inventions, c’est fair play !

D’autant plus fair play que l’homme s’est initié tout seul. Et cela lui a pris du temps. Entre les balbutiements de la civilisation et les premiers jeux de société, il va en effet se dérouler 5000 ans. Cependant, si l’on s’en tient à l’activité ludique stricto sensu, celle-ci  accompagne l’homme depuis  ses premiers pas, à l’instar des primates dont le jeu, avec ou sans objet, est une activité sociale. On a d’ailleurs retrouvé des objets miniatures qui remontent à 10 000 ans av-J.-C. dont on peut penser qu’il s’agit des premiers jouets.

Quand la société se prend au jeu

Mais revenons à la case Départ !  Nous sommes en Égypte, plus de 3000 ans avant notre ère. Pour la toute première fois, la société se prend au jeu en concevant le tout premier véritable jeu de société connu. Il consistait à déplacer des pions sur 3 rangées de 6 cases.

Bien plus tard, vers le Ve siècle (après J.-C), les Perses en complexifient le principe : Ils introduisent un principe de hiérarchisation des pièces. D’une certaine manière, les bases du jeu d’échec[1] étaient posées. Il prend le nom de Chatrang.

Cependant, l’origine du jeu d’échec est encore controversé et les seules traces tangibles datent des années 600. Il s’agit de textes transcrits qui mentionnent l’existence de joueurs d’échecs. C’est d’ailleurs de cette période que remonte le véritable ancêtre officiel : le jeu indien Chaturanga.  Rançon du succès, les échecs multiplient les légendes à leur égard.

A partir de l’invasion de la Perse par les arabes (en 637) , les échecs vont connaître un essor considérable. Au cours des IXè et Xème siècle, on évoque les premiers traités sur le sujet et les premiers champions. Puis vers l’an mille, le jeu est introduit en Europe via l’Espagne alors musulmane.

Quand les égyptiens étaient beaux joueurs

Décidément, les Égyptiens ont l’esprit joueur. Presque simultanément au premier jeu de société de l’histoire , ils imaginent un autre jeu : le Mehen ou jeu du serpent. Un serpent enroulé sur lui même est représenté sur une tablette. Les joueurs doivent progresser sur ce parcours, en utilisant des figurines, 3 lionnes et 3 lions et 36 billes. Un jeu de l’ Oie en quelque sorte.

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Le jeu de Senet, une forme de damier de 30 cases réparties en 3 rangées.

Un peu plus tard, ces mêmes Égyptiens conçoivent le jeu de Senet (jeu de passage se jouant à deux), considéré comme l’ancêtre du Backgammon. Les premières représentations, datées– 2650 ans avant J.-C., apparaissent en peinture sur les tombes de pharaons.

Les égyptologues exhumeront une quarantaine de jeux dans un état de conservation exceptionnelle. Apparu au moment de l’âge d’or de la civilisation égyptienne (Ancien Empire), ce jeu est sans doute devenu le plus populaire de l’Egypte lors du Nouvel Empire (-1500 à -1000 ans).

Quand le jeu n’en valait pas encore la chandelle

Cette volonté d’animer les longues nuits d’hiver ne datent probablement pas d’hier. L’historien néerlandais Johan Huizinga[2] considère que les sociétés humaines sont profondément façonnées par le « suspecie ludi », l’élément ludique. Guerre et paix, art, justice, langue philosophie, tout ne serait que jeu.

Bien que nos aïeux d’il y a 30 000 ans  nous aient laissé aucune trace de jouets, leurs enfants s’amusaient vraisemblablement avec des objets dénichés ici ou là, comme le font encore aujourd’hui certains tribus primitives.

A partir du moment où le nomade devient paysan (il y a plus de 10 000 ans), on découvre des objets miniaturisés d’outils, d’armes, des statuettes et des figurines représentant notamment des animaux. Peut-on parler de jouet ? On l’ignore bien évidemment.

Quand « Alea jacta est »

A l’époque romaine, les dés sont lancés !  Apparus chez les Égyptiens mais aussi en Inde, vers 3000 ans avant notre ère, les dès faisaient largement partis du paysage ludiques dans les couches populaires romaines comme dans les hautes sphères. On rapporte que l’empereur Néron n’hésitait pas à jouer sur un coup de dés la somme de 400 000 sesterces, soit l’équivalent de la solde de 400 soldats.

Plus généralement, Grecs et Romains prisaient particulièrement les jeux de sociétés stratégiques, comme le « jeu de poilis » (jeu de la ville) ou le jeu romain à caractère militaire « Latroncules ».

Quand on abat une nouvelle carte

Dans cette panoplie des jeux traditionnels, il reste une carte à jouer. Le jeu de cartes fera son apparition pour la toute première fois en 1370. Les jeux de cartes inondent l’Europe grâce à l’essor de l’imprimerie. A la fin du XIXe siècle, les cartes adopteront des décors spécifiques, plus proches du réel. La voie est ouverte pour de nouveaux types de jeux, comme le Monopoly dont le premier lancé de dés date de 1930.

En 1971, l’univers ludique connaît une nouvelle aventure avec les tout premiers jeux de rôle, signe avant-coureurs d’une société en pleine transformation tendant à allier performance individuelle et plaisirs partagés. Gary Gigax et son ami Dave Arneson conçoivent un jeu d’un genre nouveau : « Chainmail ». Bien qu’il s’agisse d’un jeu de guerre, des créatures fantastiques y sont incluses, ainsi que de la magie, et surtout la possibilité de jouer à « un contre un ».

Un jeu à somme très positive !

Aujourd’hui, 700 nouveaux jeux sont mis sur le marché chaque année et compte tenu de la progression des ventes (+ 35% en 2005), le jeu en vaut apparemment la chandelle.

En 5000 ans, le jeu a beaucoup rebattu les cartes au point de devenir un véritable empire au service ou au détriment de la société, à vous de juger. Il devient un enjeu de société tant du point de vue éducatif : 5 millions d’enfants américains seraient devenus addicts- qu’en terme écologique : les trois principales consoles (Wii, Xbox 360 et Playstation) consomment 16 milliards de kwh par an, rien qu’aux USA, selon le Natural Resources Defense Council (NRDC).

Face à une avidité de virtualité, les maîtres du jeu deviendront-ils les maîtres du monde ? Du moins, deviendront-ils les maîtres d’un monde qui, comme le pense le sociologue Michel Maffesoli, est en train de changer de paradigme : aujourd’hui et encore plus demain, place au présent et au carpe diem.

Tout l’univers des jeux en somme.

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Le jeu en quelques dates :

  • Vers 3000 ans av-J.-C : premières toupies & premiers jeux de sociétés
  • 2300 ans av-J.-C : premiers jeux d’argent enregistrés, en Chine
  • 700 ans av-J.-C : premières poupées avec membres articulées ;
  • 500 ans av-J.-C : jeu de la Marelle;
  • 600 ans ap J.-C : premiers joueurs d’échecs
  • 813 : le Concile de Mayence décide de sanctionner les chrétiens qui s’adonnent aux jeux de hasard;
  • Du temps des croisades : précurseur du poker, variante du jeu iranien Asnas ;
  • 1638 : un des premiers casinos, à Venise
  • 1887 : les premiers paris sportifs apparaissent en France (en 1930, aux Usa et en Angleterre)
  • 1890 : le Bridge, issu du Whist mais avec la possibilité de choisir son atout ;
  • 1891 : Le Pari Mutuel apparait en France;
  • 1900 (vers) : Invention de jeu de Belotte par F. Belot.
  • 1930 : Premier Monopoly ;
  • 1950 : Apparition du Scrabble ;
  • 1952 : Oxo, 1er jeu vidéo, basé sur le principe d’alignement ;
  • 1954 : jeu des 1000 bornes ;
  • 1957 : précurseur des wargames et des jeux de simulation ;
  • 1958 : Tennis for two, jeu vidéo sur ordinateur relié à un oscilloscope ;
  • 1971 : précurseur des jeux de rôle, le jeu de guerre Chainmail qui introduit des créatures fantastiques ;
  • 1974 : premiers jeu de rôles : Donjons et Dragons ;
  • 1976 : naissance du Loto national;  le Loto sportif en 1985 ;
  • 1984 : premiers jeux de connaissance « prêts à jouer, sans apprentissages de règles, comme le Trivial Poursuit ;
  • 2003 : premiers avatars sur Second Life (SL), un monde virtuel en 3 D ;
  • 2010 : A l’occasion  de la Coupe du Monde de Football, les paris sportifs en ligne sont libéralisés en France ;

Notre civilisation est la plus joueuse !

Pour Jean-Marie Lhôte, auteur de «HISTOIRE DES JEUX DE SOCIETES», notre époque connaît pour la toute première fois  une déconnexion du réel par rapport au travail, ainsi que la perte du sacré. Selon lui, cela se traduit par 4 points que l’on retrouve dans les jeux d’aujourd’hui :

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« L’invention de l’électricité au XIXe abolit le jour et la nuit. Il n’y a donc plus de limites entre le sacré, qui est solaire, et la folie, le jeu, lunaire. Le défi aux lois de la pesanteur ;

Ensuite : depuis un siècle, on fait ce qu’on veut dans tous les sens avec le fer, le béton, alors qu’avant on posait rationnellement une pierre sur une autre.

Puis la relation à l’argent, qui s’est totalement déconnectée du travail: avant, il y avait capitalistes et ouvriers, c’était de l’exploitation et je ne défends pas cela. Mais l’argent était directement lié au travail, alors qu’aujourd’hui, avec la bourse, les banques, il est totalement abstrait.

Et enfin, la pilule, invention formidable, il n’y a pas à revenir là-dessus, mais qui sépare totalement l’acte sexuel de la réalité de la procréation.
La déconnexion, c’est la première caractéristique du jeu. A l’inverse de la mémoire, du sacré, du réel et du travail (continuité), la deuxième caractéristique du jeu, c’est la discontinuité: à moins d’avoir basculé dans la folie, un vrai joueur n’aime pas jouer longtemps. Typique de la démocratie qui joue sur la discontinuité: on vote tout le temps, le plus souvent possible.

On zappe en politique comme à la télé. »

Publié le 19 septembre 2015


1 – Peu d’inventions n’auront fait l’objet d’autant de mystères et de légendes que la naissance du jeu d’échec. Parmi elles, citons celle du roi Belkib (- 3000 ans ) qui cherche à tromper son ennui. Il promet une forte récompense à celui qui y parviendra. Sissa, un sage du royaume, lui présente le jeu d’échec. Il lui demande en échange, un cadeau qui parait anodin : lui verser 1 grain de blé sur la première case, puis 2 sur la seconde, 4 sur la troisième, 8 sur la quatrième et ainsi de suite. Bien conseillé, le roi Belkib refusa le marché qui aurait mené le royaume à la catastrophe. Toutes les récoltes de l’année n’auraient pas suffi. Sur la 64ème et dernière case du jeu, le roi aurait dû déposer 18 446 744 073 709 551 615 grains de blé. Loin d’être une paille !
2 – Interview conduite par Emmanuelle Perret – Libération 28 décembre 1994


A visionner pour mieux comprendre :


A voir et à lire pour aller plus loin :

  • La saga des jeux vidéo : De Pong à Lara Croft ; Daniel Ichbiah –Ed. Vuibert. La saga des jeux vidéo raconte comment une poignée de créateurs a donné naissance à un langage universel. Fourmillant d’anecdotes et de témoignages, cet ouvrage relate la métamorphose de l’industrie du jeu vidéo durant trois décennies.
  • Homo ludens – Si le nom d’Homo sapiens ne convient pas très bien à notre espèce parce que nous ne sommes pas tellement raisonnables, si celui d’Homo faber nous définit encore moins bien, car faber peut qualifier maint animal, ne pourrait-on pas ajouter à ces termes celui d’Homo ludens,  » homme qui joue ?  » C’est ce que propose Johan Huizinga dans cet essai, où il montre que le jeu est facteur fondamental de tout ce qui se produit au monde.
  • Visitez Homo Ludens le site internet du Groupe de recherche sur la socialisation et la communication dans les jeux vidéo. Jouer est une fonction vitale pour le développement de l’humain. L’homme est un Homo Ludens!
  • LE jeu le plus dur au monde ! Le but est très très simple. Il suffit de déplacer un carré rouge d’une zone à une autre sans toucher les boules bleues et en attrapant les boules jaunes. Tout cela sans chrono donc vous avez tout votre temps !!!

 

Le tout premier récit érotique

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Environ 2000 ans avant notre ère

Les préliminaires de la littérature

 

«Le voici, femme! / Défais ta boucle / Dévoile tes charmes / Ne recule pas, excite sa convoitise!». 

L’épopée de Gilgamesh, dont sont issus les quelques vers ci-dessus,  fait figure d’ouvrage fondateur de la littérature. Certains de ces vers annoncent les  prémisses de la littérature érotique. On y évoque la mort, l’amitié mais aussi le désir charnel et l’amour physique.

La littérature érotique, bien que remontant à la nuit des temps comme en témoigne l’Epopée de Gilgamesh (voir encadré ci-dessous), récit considéré aussi et surtout comme la toute première œuvre de l’humanité, reste le parent pauvre de l’Histoire de la littérature. Et pourtant cette littérature jalonne notre histoire.

Le récit érotique : une floraison précoce

Gilgamesh : illustration de Serge Creuz (c)

Elle débute avec cette Epopée de Gilgamesh, il y a  4000 ans. Mais qu’il s’agisse d’Aristophane au Vème siècle av.J.-C   avec Lysistrata (1),  de Lucien de Samosate  avec les « Dialogues des courtisanes » (-150 – 180), publié en France seulement en 1582, des Genji japonais voici 1000 ans, ou plus récemment les Ragionamenti, propos d’une prostituée,  de Pierre l’Arétin (né en 1492), sans parler évidemment de Sade ou de Bataille, force est de constater que la littérature érotique fleurit à toutes les  époques.

Au fil de cette littérature érotique,  si le désir y est abordé comme un des moteurs de l’Histoire, en Inde, les Upanishads  dont les premiers écrits remontent  au VI ème siècle av. J.-C.,  à contrario, pourfendent le désir dans une logique de refus.

 

L’école du désir

Alors, Faut-il ou non succomber au désir ? Deux écoles ou deux visions du monde s’affrontent déjà tandis que la civilisation entame ses premiers pas sur le long chemin des récits d’amours.

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Et puisqu’on parle d’écoles, « L’école des filles » publiée en 1655 par un auteur inconnu est considéré comme l’un des tout premiers ouvrages libertins voire pornographiques en langue française. Il sera suivi quelques années plus tard de « l’ Académie des dames ». 

Rédigeant ces récits à leurs risques et périls, les auteurs de l’époque font surtout œuvre de pédagogie. On peut les aborder à la manière de manuels d’éducation sexuelle présentant les étapes successives des plaisirs, de la masturbation à la défloration en passant par la sodomie, un incontournable de l’époque.

Comme l’explique Suzanne, l’héroïne mariée et émancipée de « l’Ecole des filles », faisant l’éducation de sa cousine Fanchon « L’amour excuse tout : il n’y pas de paroles sales à dire entre deux amants qui se baisent et ont à se chevaucher l’un l’autre », et fait l’éloge, auprès de sa prude cousine, « des petites coyonneries qui plaisent toujours et ne laissent pas de chatouiller ».

Ces livres qu’on lit que d’une main !

En fait, l’idée d’éditer des livres érotiques « chatouille » quelques auteurs depuis le XVIème siécle comme celui qui fit scandale en Italie, en 1524, » I Modi » illustrant 16 positions et pratiques sexuelles. Le siècle suivant laissera encore davantage vagabonder la littérature érotique en Europe dont la plupart des ouvrages sortira des presses d’Amsterdam.

A ces livres qu’on ne lit que d’une main, pour reprendre la formule de Rousseau, succèderont une littérature romantique renouant davantage avec les sentiments.  Mais, plus tard, la presse pornographique dont on connaît le succès va reprendre la main.

L’inexorable dérive des sentiments !


L’Epopée de Gilgamesh : un récit fondateur

Si l’on considère que l’Epopée de  Gilgamesh est le premier phénomène littéraire de l’histoire, comportant comme on l’a vu des épisodes érotiques, il s’agit avant tout d’un récit fondateur qui aura inspiré de nombreux passages de l’Ancien Testament (Thora) comme le Déluge.  

Issue d’une tradition orale qui se perd dans la nuit des temps, L’épopée de Gilgamesh est la toute première œuvre littéraire que nous connaissons. Y est utilisée l’écriture cunéiforme, le tout premier système d’écriture de l’humanité inventé par les Sumériens, voici près de 6000 ans.

Son histoire est elle-même une épopée puisque la constitution de cette oeuvre va s’échelonner sur près de 2 millénaires. Une première version date de 2300 ans avant J.-C. tandis que celle que nous connaissons, dite version standard, plus complète et unifiée provient de la bibliothèque du roi Assyrien Assurbanipal et date de 1200 avant J.-C.

Fragments des tablettes d’argiles relatant l’Epopée de Gilgamesh

Elle se présente sous forme de 11 tablettes d’argiles gravées en Akkadien, auxquelles s’est ajoutée une 12 ème tablette ultérieurement.
Composé de près de 3000 vers, ces tablettes relatent les hauts faits du roi de la ville d’Uruk en Mésopotamie.

Souverain d’Uruk, Gilgamesh (qui aurait régné  en 2650 av. J.-C.) est né de parents illustres qui le rendent « aux deux-tiers divin ». Au début, Gilgamesh abuse de sa force et de son pouvoir ; il est tyrannique avec les hommes et les femmes de son peuple,  pour répondre aux plaintes des habitants d’Uruk, les Dieux  décident de créer un adversaire à sa taille pour le modérer :  Enkidu.

Celui-ci vit en dehors de la civilisation parmi les bêtes, comme un sauvage. Enkidu va être initié à l’amour et progressivement conduit vers la ville et la civilisation. C’est de son combat contre Gilgamesh, sans vainqueur ni vaincu, que va naître leur alliance. Cependant, Enkidu  encourageant finalement la démesure de Gilgamesh plutôt que de le modérer, va être châtié par les Dieux et meurt.

Cette tragédie bouleverse Gilgamesh l’amenant à quitter son royaume et le poussant vers une quête du savoir. Après maintes péripéties, il cherche, grâce à l’un des survivants du Déluge, l’origine de l’univers et l’immortalité (en vain). Finalement, Gilgamesh rentre dans son royaume enfin assagi et ayant pris conscience de ses limites.

A travers ces épreuves, Gilgamesh a  appris le renoncement, la sérénité et la volonté d’être un monarque au service de son pays et de ses dieux. Le tout premier happy end de l’histoire ! 


Mommy porn : Maître pour maîtresse de maison

Depuis l’Epopée de Gilgamesh qui ouvre la voie au récit littéraire tout y introduisant une pointe d’érotisme, voici qu’une nouvelle étape dans l’épopée de la littérature érotique déjà florissante vient d’être franchie. « Le mommy porn », autrement dit le porno pour mamans, envahit les chaumières américaines.

Mommy porn ? C’est le surnom donné par le New York Times (3) à ce nouveau genre littéraire visant à stimuler la maîtresse de maison, au sens propre comme au sens sadien du terme !

A l’origine de ce phénomène qui, aux Etats-Unis, fait vibrer autant la ménagère de moins de 50 ans que celle de plus de 50 ans, un roman à tendance sado-maso « Fifty Shades of Grey » écrit pas une femme E.L. James, Erika Leonard de son vrai nom.

Il s’agit d’une relation entre un milliardaire séduisant et une jeune pucelle, étudiante timide qui accepte par contrat de se laisser totalement dominer avec toute la panoplie des rapports SM (soumission, châtiment…)

En cela rien de très nouveau. On connait déjà la mode des « Milf », « Mothers I’d Like to Fuck » qui, depuis Amercian Pie, fait fantasmer les mecs. Cette fois, ce ne sont plus « les mecs » mais « les meufs » qui « kiffent » ! Des femmes et des mères au foyer, bien sous tous rapports parfois puritaines, qui y voient un moyen de doper leur vie sexuelle.

L’autre fait remarquable tient au mode de diffusion. Publié d’abord sur internet, en livre électronique, le succès tient en grande partie aux blogs, le bouche-à-oreille de la toile. Résultat : plus de 10 millions d’exemplaires en six semaines (4) et 30 millions mi 2012 (disponible en France le 17 octobre 2012) : c’est le tout premier best-seller de l’ère du livre électronique.

Et après ? Eh bien, émoustillées par la lecture bien que parfois répugnées par certaines évocations « salaces », certaines lectrices se précipitent dans les sex shops ou s’invitent avec leur mari dans des séminaires de « fagotage » ou comment ficeler sa compagne ! C’est le deuxième effet kiss cool du Mommy porn, enfin pas toujours si cool que ça !

Alors, entre le  momie porn version soft de l’Epopée de Gilgamesh et le mommy porn, tendance SM,  votre coeur balance ?  


(1)  Œuvres de chair, figures  du discours érotiques  – Gaetan Brulotte –éd. Les presses de l’Université de Laval  (Canada)
(2) L’épopée de Gilgamesh, texte établi à partir des fragment Babyloniens, assyriens, hittites, et hourites; version traduite de l’arabe et adapté par ABED AZRIÉ  (en téléchargement)
(3) « Allô maman porno – David  Caviglioli -Le Nouvel Observateur – 26 juillet 2012 – N° 2490 
(4) « Connaissez-vous le Mommy porn ? » – Hélène Vissière – Le Point – 5 juillet 2012 – N° 2077


A visionner pour mieux comprendre :

 

    • Fitfty Shades Of Grey : teaser

 

A voir et à lire pour aller plus loin :

  • L’épopée de Gilgamesh, la plus ancienne épopée de l’humanité, aux Editions du Cerf, une immense œuvre poétique qui s’inspire de plusieurs récits sumériens composés vers la fin du IIIe millénaire avant J.-C.
  • Voici le chef d’oeuvre du libertinage : L’Ecole des filles, volume 1. Publié à Paris à l’époque où la guerre de la liberté d’expression faisait rage en France, il fut saisi avant d’être mis dans le commerce. Republié en Hollande un peu plus tard, il est resté très rare pendant longtemps.
  • Premières fois : dix histoires érotiques illustrées et racontées par un femme. Premières fois est un pari réussi. Celui de parler sexe à la première personne, au féminin, et aux premières personnes venues, au pluriel.

Le tout premier terroriste de l’Histoire

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Posté par fabrice
 

– 356 avant notre ère

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« Peur sur la ville »

 

Erostrate est entré dans l’Histoire, à double titre : par son acte « criminel » reconnu par les historiens et comme tout premier terroriste de l’Histoire. Une notoriété pour laquelle, il était prêt à en payer le prix, comme plus tard d’autres terroristes au nom d’une cause qui les transcende !

Son nom : Erostrate. Son acte : avoir incendié le temple d’Artémis à Ephèse (près d’Izmir en Turquie). Son mobile : la notoriété. La sentence : condamnation à mort et disparition de son nom de tous les documents officiels.

temple-Artémis

Frustré de ne pas être connu, Erostrate, dont l’Histoire finira par retenir son nom, décide, le jour même de la naissance d’Alexandre le Grand, d’incendier le temple d’Artémis, l’une des 7 merveilles du monde.

Erostrate se laisse arrêter assez facilement et explique que son geste ne visait que la reconnaissance et le respect de tous ceux qui l’ignoraient jusqu’ici.

Les juges le condamneront à mort et décideront d’effacer son nom y compris de l’Etat civil afin d’éviter toute publicité et tout précédent.

Ce jugement « politique » sera contesté par certains historiens de l’époque, comme Théopompe argumentant que la vérité historique ne peut être l’objet de manipulation même au nom de la Raison d’ Etat.

Théopompe mentionnera donc cet événement tragique dans ses Hélleniques et Erostrate passera ainsi à la postérité. Ironie de l’Histoire, comme le fit remarquer Jean-Paul Sartre (2), on se souvient du nom du type qui a brûlé le Temple d’Ephèse alors que l’on ignore le nom de son architecte !

Une guerre psychologique

Si la notoriété a été l’un des tout premiers « moteurs » du terrorisme, évidemment, il n’est pas le seul. Le Terrorisme est avant tout un acte commis à des fins politiques, idéologiques ou religieuses.

Mais surtout comme le définit Raymond Aron, face à une guerre classique le terrorisme compte sur le spectaculaire et l’émotion : « On peut qualifier de terrorisme une action dont les effets psychologiques dépassent les effets physiques ».

D’un point de vue académique, le concept de terrorisme prend vraiment naissance sous la Révolution Française. C’est en effet en 1798 que le terme « terrorisme » apparaît pour la première fois dans le supplément du dictionnaire de l’Académie française. Il désigne alors un mode de gouvernement faisant référence à la période de la Terreur (1793-1794) et aux adeptes de la « doctrine des partisans de la Terreur ». C’est ce qu’on appellera le terrorisme d’Etat.

Le terrorisme moderne

Les historiens semblent s’accorder sur le fait que le premier véritable acte terroriste au sens actuel, remonte au 24 décembre 1800 avec l’attentat de la rue Saint-Nicaise. Une « charrette piégée » explose sur le passage du Premier consul Napoléon Bonaparte ; attentat fomenté par les activistes chouans.

Attentat de Sarayevo

Attentat de Sarajevo en juin 1914

Cette forme de terrorisme se répand ensuite au Moyen-Orient à partir de 1896 avec l’assassinat du shah Nasir al-Dîn. Cette fois, le coup d’envoi du terrorisme à l’échelle de la planète est vraiment donné (4).

Le plus célèbre et le plus lourd de conséquences des actes terroristes restera celui commis en juin 1914 à Sarejevo contre l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche. Il précipitera l’Europe dans la Première Guerre mondiale.

Evidemment, en termes de symbole ceux du 11 septembre 2001à New York, 11 janvier et 13 novembre 2015 à Paris, resteront jusqu’à présent les plus marquants, puisqu’ils s’attaquent cette fois aux fondements de la civilisation occidentale, son porte drapeau, New York, la liberté de pensée et la culture.

Publié le 5 décembre 2015

Aux origines du DJIHAD

Le 26 mai 1998, Al-Qaida sort de l’ombre (3) : Ben Laden lance sa croisade contre l’Amérique, l’Occident et les juifs. Il vient de mettre le Jihad sur les rails.

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Mais le moment fondateur pour Al-Quaida et le Djihad remonte probablement à 1979. C’est la prise d’otage à la Mecque de centaines de pèlerins pendant 14 jours par 300 islamistes accusant la famille royale saoudienne d’être à la solde des américains. Oussama Ben Laden, alors âgé de 22 ans suit les événements avec intérêt. Missionné par les saoudiens, Ben Landen se rend alors au Pakistan pour aider les moudjahidines à lutter contre l’envahisseur.

Il sera aidé financièrement par les américains qui veulent bouter hors d’Afghanistan l’armée soviétique. Ben Laden créé en 1988 Al-Qaida.

10 ans plus tard, il déclarera, les armes à la main, sur une chaîne d’info « Les Américains ont commis une stupidité sans précédent en attaquant l’Islam […] nous prévoyons u jour noir à l’Amérique. Elle devra ramasser les corps de ses enfants jusque sur son sol ».

Deux attaques simultanées d’ambassades américaines, le 7 août 1998, en Tanzanie et au Kenya, donnent le coup d’envoi à la terreur. On connait la suite.

Ben Laden ne verra pas la constitution d’un Etat Islamique [comme se réclame Daech] pourtant voulu de ses propres vœux, avec un véritable Etat, doté d’une administration, d’une véritable armée. Ses héritiers vont faire monter d’un cran encore la barbarie et la terreur.

Une ère nouvelle s’ouvre.


1 – Jean-marc Daniel, économiste et Directeur de la revue Sociétal – Good  Morning Business – 14 janvier 2015 – BFM Business.
2 – Nouvelle « Érostrate », publiée dans le recueil de nouvelles nouvelle « Érostrate », publiée dans le recueil de nouvelles Le Mur (1939).
3 – TéléObs – L’hebdo des médias – « Autopsie de la Terreur » – Novembre 2015
4 – Pour connaître les grandes dates du terrorisme : http://www.thucydide.com/realisations/comprendre/terrorisme/terrorisme-chrono.htm


A visionner pour mieux comprendre :