jeudi, 27 avril 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Première visite terrestre dans un monde extraterrestre

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+ 40 000 ans

Heureux qui comme Voyager a fait un beau voyage

Certains n’en croient pas leurs yeux ou, plus exactement, leurs organes de vue, car rien ne prouve qu’ils soient dotés d’yeux comparables aux nôtres !  Eux : ce sont des astronomes « extraterriens » établis dans la Constellation de la Petite Ours.

Mais l’important n’est pas là.  Un objet volant non identifié vient d’être repéré par plusieurs de ces astronomes médusés.  L’engin  se rapproche de l’étoile rouge AC+79 3888 située à 3 années-lumière environ et qui est une des compososantes de la constellation de la Girafe (1).

Cet objet, c’est la sonde américaine Voyager 1.

Cette annonce est évidemment prématurée puisqu’elle ne pourra se faire que dans 40 000 ans. Elle aussi  probablement fantaisiste car peu de chance de trouver autour de cette étoile des êtres vivants et intelligents capables de scruter le ciel. Mais sait-on jamais.

Alors, qu’ont-ils décelé de si étrange ces astronomes du bout du monde pour qu’ils se frottent leurs organes de vue aussi nerveusement ?

Un bout de métal au bout du monde : Voyager

Ils ont découvert un objet métallique pesant 800 kg  en provenance d’un autre monde, la planète Terre. Voici pour eux et pour leurs congénères la preuve irréfutable que des êtres vivants, de surcroît intelligents et dotés d’une technologie avancée, existent ou ont existé au-delà de leur propre système « solaire ».

Si l’annonce est peu réaliste, en revanche, l’objet de 800 kg voguant dans l’espace est bien réel, tout comme sa probabilité de croiser l’étoile AC+79 3888 dans 40 000 ans environ, sauf accident de parcours.

Voyager 1, lancée en 1977 par la NASA, pourrait être, si tout va bien,le tout premier objet conçu par l’homme à atteindre un autre système solaire ; et cela donc dans 40 millénaires !

Voyager 1 s’échappe du système solaire

Mais inutile d’attendre 40 000 ans pour constater que Voyager 1 a déjà à son actif une performance hors du commun. Depuis début 2012 (peut-être même décembre 2011), Voyager 1 a l’immense honneur d’être le tout premier engin construit par l’homme à sortir du système solaire. Voyager  frôle ainsi les limites de l’espace intersidéral (2)  là où s’équilibre vent solaire et milieu interstellaire.

Depuis août 2012 (3), Voyager 1 a quitté officiellement le système solaire(5). La sonde se lance désormais, à corps perdu, dans l’espace interstellaire.

Il s’agit donc d’un évènement historique, absolument sans précédent.  Pour la toute première fois, un objet fabrique de la main de l’homme s’aventure au-delà  du système solaire !

Voyager 1 sort de la zone d’influence du Soleil; « Terminal Shock » est la zone de mélange du vent solaire et des éléments interstellaires, gaz et particules de matière.

Comment le savons-nous ? Depuis le début de son périple, la sonde mesure les particules qu’elle reçoit du Soleil, particules portées par le vent solaire (3).

Non seulement, Voyager 1 recevait depuis quelques temps, de moins en moins de particules en provenance du Soleil, mais, fait nouveau, elle a commencé à recueillir des particules de sens opposé.

Des particules non plus issues du Soleil mais se dirigeant vers lui : c’est le signe irréfutable qu’elle a quitté ce que les scientifiques nomment l’héliosphère, une sorte de bulle qui rassemble tout ce que contient le système solaire, Soleil, particules du vent solaire, planètes, comètes, poussières, gaz. Tout ce petit monde évoluant dans l’espace à la vitesse de 90 000 km/heure (4).

Le no man’s land intergalactique

Les instruments de Voyager, depuis début 2012, ont indiqué  donc clairement que la sonde voyager  est à la limite  de la zone  d’influence du Soleil sans qu’on sache d’ailleurs vraiment d’où proviennent ces particules qui « remontent le courant ».

Mais en août 2012,  la sonde Voyager 1 a franchi une nouvelle étape(5).  Située à 17 milliards de km de la Terre, elle vient de quitter officiellement les limites du système solaire à la vitesse de 170 km/s.

Gravé sur disque de cuivre plaqué or, Voyager est porteuse d’un message de la Terre enregistré en 60 langues

Cette fois, c’est le grand plongeon vers l’inconnu. Une plongée  dans l’espace galactique qui devrait ainsi la conduire dans 40 000 ans aux abords de l’étoile AC+79 3888.

Et peut-être devant nos astronomes de la Constellation de la Girafe. Ceux-ci découvriront, ébahis, le message présentant la Terre et ses habitants. Un témoignage de l’activité humaine que la sonde du bout du monde porte à bout d’antennes.

Voyager 1 aura fait vraiment un beau voyage !

 

 

 actualisé  le 13 septembre 2013

Quand Voyager 1 nous envoie des cartes postales !

Voyager 1 a été lancée le 5 septembre 1997. La sonde parcourt actuellement 5 milliards 300 millions de km par an, à la vitesse de plus de 600 000 kms/heure. Elle devrait émettre jusqu’en 2025, date à laquelle son générateur au plutonium sera à bout de souffle. La sonde sera alors à 25 milliards de km de nous. 23 heures seront alors nécessaires pour que le tout dernier signal nous parvienne.

Dès lors, Voyager poursuivra son voyage sans pouvoir  nous adresser « les cartes postales » auxquelles nous nous étions habitués :

  • 25 février 1979 : La fameuse tache rouge de Jupiter dévoile ses secrets : il s’agit d’un gigantesque ouragan aux dimensions astronomiques (3 fois la Terre) avec des vents de 700 km/h ;
  • 9 mars 1979 : Voyager 1 envoie des images du premier volcan extra-terrestre découvert. Il est situé sur Io, une lune de Jupiter et crache une fumée sur plusieurs centaines de km de hauteur ;
  • Novembre 1980 : Voyager 1 dévoile des centaines d’anneaux de Saturne alors que l’on en imaginait une dizaine et survole Titan, un de ses satellites naturels ;
  • 14 février 1990 : Voyager 1 prend la toute première photo de notre système solaire ; pour la première fois, grâce à 64 clichés, l’ensemble des planètes du système solaire se dévoilent à nous, à part Mercure et Mars que l’on devine;
  • 12 septembre 2013 : la sonde Voyager 1 a quitté officiellement le sytème solaire en Août 2012, selon la Nasa.

1 – Constellation sans grand intérêt, placée aux confins de la Voie Lactée, au nord-est de trois constellations plus célèbres : Cassiopée, Céphée et le Cocher (Source Wikipedia)
2 – Déclaration de scientifiques faite le mardi 4 septembre 2012 au cours d’une conférence organisée pour la préparation du 35 ème anniversaire du projet Voyager. Source Blog.leMonde.fr du 5 septembre 2012
3 -La haute atmosphère du Soleil émet des particules chargées, c’est ce qu’on appelle le vent solaire. Celui-ci, mesuré par les instruments de Voyager 1, est tombé de 250 000 km/heure à 0 km/heure, indique même des vitesses négatives depuis avril 2010 comme si elles rebondissaient sur un mur, selon Stamatios Krimigis, astrophysicien de l’université américaine Johns-Hopkins.
4- Science &Vie – N° 1135 – Avril 2012
5- Annonce faite par la Nasa en septembre 2013; la sonde était alors à 21 milliards de kilomètres de la Terre.


A visionner pour mieux comprendre :

>> En février 1990, Voyager 1 prend la toute première photo du système solaire où la Terre apparait comme un point bleu pâle. Pale Blue Dot, nom de cette célébre photo, inspirera le scientifique et écrivain Carl Sagan :


Nasa : la sonde Voyager 1 a atteint les limites… par Maxisciences


Ce sujet vous intéresse ? Quelques documents pour aller plus loin :
  • COSMOS, de Carl Sagan.Cosmos est le projet d’une vie. Mieux d’un destin. Celui de Carl Sagan, concepteur et promoteur des programmes spatiaux Voyager (le message gravé sur le flanc de la sonde destinée aux extra terrestres) et Viking (les premières sondes sur Mars), inventeur d’une nouvelle discipline scientifique : l’exobiologie ou étude des forme de vies non-terrestres. Cosmos, décliné dans une superbe série télévisée de vulgarisation scientifique Cosmos Boxed Set (Collector’s Edition) [Import USA Zone 1] et sous forme de livre, condense la pensée et les convictions de l’auteur. Les illustrations, point fort de l’ouvrage, ouvrent sur des champs d’imaginaire : les vies possibles dans les strates de méga planètes gazeuses, la plongée au coeur de l’hélice de l’ADN. Une oeuvre invitant à l’émerveillement.
  • Coffret 4 DVD : A la Découverte de l’UniversL’Univers, pour la plupart d’entre nous, confine au mystère. Pourtant, pour les astronomes du monde entier, il est de plus en plus compréhensible, et ses mécanismes expliqués. À l’instar de notre monde, les étoiles naissent et meurent, se font la guerre, se capturent, et se dévorent même entre elles. Du Big-bang, et sa matière d’une densité phénoménale, à l’explosion d’une supernova, ce coffret retrace une saga grandiose. Avec en point d’orgue la recherche scientifique la plus essentielle de tous les temps : une autre vie que la nôtre dans l’Univers. Exaltant.

Les tout derniers jours de la Voie lactée

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+ 6 milliards d’années

La grande collision !

 

Fonçons vers le futur ! Un futur lointain et pas nécessairement heureux, du moins pour notre Voie lactée ! Un futur qui nous transporte dans 6 milliards d’années, c’est-à-dire, une durée supérieure à celle qui nous sépare de la naissance du système solaire.

Si à ce moment nous regardions le ciel, que verrions-nous ? Une voûte céleste qui ne ressemble en rien à celle que nous connaissons.

Le disque laiteux habituel qui caractérise notre vision de la Voie lactée, notre galaxie, a totalement disparu ou presque. Evaporé ou plutôt absorbé, mélangé à un « autre nuage » d’étoiles.

Ce que nous observerions alors, ce sont les toutes dernières traces de la Voie lactée qui achève sa fusion avec une autre galaxie, la galaxie d’Andromède. Bientôt, la Voie lactée sera totalement rayée de la carte céleste et deviendra une légende  !

Le tout début de la fin pour la Voie lactée dans 4 milliards d’années

La danse nuptiale entre la Voie Lactée et la galaxie d’Andromède a en réalité débuté 2 milliards d’années plus tôt. Dans 4 milliards d’années en effet, ces deux galaxies vont entrer en collision.

La Voie lactée (à gauche) et Andromède qui entament leur fusion

La Voie lactée (à gauche) et Andromède qui entament leur fusion; le ciel dans près de 4 milliards d'années - Nasa

 

C’était prévu de longue date et confirmé par les simulations conduites par la NASA à partir des données fournies par le télescope spatial Hubble (1).

Programmé et donc inévitable. Pourtant, en 2012, la galaxie d’Andromède se situe encore à 2.5 millions d’années-lumière (une année-lumière correspond à près de 10 000 milliards de km, 9460 milliards exactement).

Mais voilà, elles foncent l’une vers l’autre à la vitesse de 400 000 km/ heure, soit, à chaque heure, l’équivalent de la distance qui nous sépare de la Lune.

Collision frontale mais sans dégâts frontaux

Pourquoi  se rapprochent-elles alors que l’Univers est globalement en expansion ? Cela dépend de l’échelle considérée. De la même manière que le système solaire tenu par les forces gravitationnelles n’est pas en expansion, alors que l’univers lui l’est, les galaxies restent « confinées » au sein de leur amas de galaxie, tenues de main de fer par la matière noire (voir encarté).

En revanche, à plus grande échelle, les amas de galaxies, sous la domination de l’énergie sombre (voir encarté), poursuivent leur expansion. A quoi devrions nous nous attendre ?

 Selon les scientifiques, cette collision sera relativement violente car frontale. Cependant, il faut relativiser. D’abord les distances entre les étoiles sont telles que les chocs frontaux entre elles sont exclus. Et puis, cette fusion va s’étaler dans le temps. Le processus mettra 2 milliards d’années avant d’être totalement réalisé.

A l’issue, sortira une grosse, seule et unique galaxie, de type elliptique. Très différente donc de la Voie lactée qui est plate, configuration moins courante dans l’espace environnant. Leurs trous noirs respectifs, nichés au cœur de chacune des galaxies, subiront le même sort.

Soleil couchant

Quelle conséquence pour nous et notre soleil ? Le soleil devrait être repoussé par ce gigantesque télescopage tandis que son orbite ne serait plus circulaire. Il se pourrait même (10 % de probabilité) qu’il se retrouve in-fine deux fois pus loin du centre de la galaxie qu’actuellement.

Là où les vraies collisions se produiront, entre les nuages interstellaires, on assistera à une éclosion d’étoiles nouvelles, riches en oxygène. Ce phénomène pourrait être, bien plus tard, favorable à l’émergence de la vie.

Quant à la Terre, elle aura subi des tracas déjà bien avant cet événement et notamment les assauts du soleil. Celui-ci en effet va commencer à chauffer dans un milliard d’années avant de finir par englober la Terre à la fin de sa vie, plusieurs  milliards d’années plus tard.

Et pour nous, ou plutôt pour nos lointains descendants, comme l’avaient prédit les Gaulois, le ciel finira bien par leur tomber sur la tête !


Ciel, on a égaré 95 % de l’univers !

Cela peut paraître invraisemblable mais nous ne connaissons qu’une infime partie de ce qui constitue l’Univers.

La Voie lactée avec plus de 200 milliards d’étoiles et son cortège de planètes qui se compte probablement par milliards, les autres galaxies, au bas mot 100 milliards, les nuages de gaz, les trous noirs, tout cela représente moins de 5% du contenu de l’univers, selon le modèle standard.

Le reste, soit plus de 95 %, demeure invisible et mystérieux. Si on ne le voit pas, on détecte sa présence indirectement, par le mouvement des galaxies ou l’expansion de l’univers, entre autre. Mais diable,  qui se cache derrière cette montagne de mystère ?

Deux types d’éléments : d’une part, ce qu’on appelle la matière noire, pour 23 % et d’autre part, l’énergie noire ou sombre pour le reste, c’est à dire 73 %. L’énergie noire, dont on ignore tout, se présente comme une force répulsive qui contrebalance l’effet gravitationnel de la matière. Elle est responsable de l’expansion de l’univers dont on sait maintenant qu’elle s’accélère. Pas de Big Crunch à l’horizon, donc !

Quant à la matière, c’est-à-dire les atomes, près de 85 % d’entre elle nous est donc inconnue (le solde correspond aux fameux 4 ou 5 % évoqués au début). C’est ce que les scientifiques nomment la matière noire. Elle explique la cohésion des grandes structures de l’Univers et notamment le comportement des étoiles excentrées de la Voie lactée. 

Plusieurs candidats revendiquent le poste : les WIMPs pour « Weakly Interacting Massive Particles », une sorte de gaz à particules massives mais à interaction faible qui baignerait tout l’univers, les neutralinos des particules issues de la théorie de la Supersymétrie et très récemment, une nouvelle espèce de neutrino, le neutrino dit « stérile » (2).

Il s’agirait d’une particule très spéciale qui ne réagirait avec aucune des trois forces (3) mais uniquement avec la force gravitationnelle. Une particule invisible capable de traverser n’importe quelle matière sans laisser de trace mais dotée d’une masse importante. Sa quantité serait considérable. Chaque mètre cube de l’univers en contiendrait des centaines de milliers. Elle expliquerait la masse manquante et, si elle est confirmée, révolutionnerait la physique.

Néanmoins, la matière noire, dont l’hyptothèse remonte aux années 30, pourrait révéler encore bien des surprises. Certains mettent en doute jusqu’à son existence ou l’imaginent répartie de manière non homogène (4).  

Pourtant, la collision de la Voie lactée et de la galaxie d’Andromède est la résultante directe de l’action de la matière et de l’énergie noires. Un colin-maillard galactique qui se poursuit ! Noir, c’est noir !


1 – Selon les prévisions de la NASA publiées fin mai 2012.
2 – Théorie développée par une équipe de l’Université de Lausanne, conduite par Mikhail Shaposhnikov; Cité dans Science & vie N° 1137 – juin 2012
3 – Les forces fondamentales sont au nombre de 4 : la force gravitationnelle qui a un rôle d’attirance de la matière,  sa portée est infinie;  la force électromagnétique, aussi de portée infinie,  soude notamment les atomes entre eux; la force nucléaire faible,  de faible intensité et de courte portée, elle est, entre autre, responsable de la désintégration de certains noyaux, donc de la radioactivté, enfin, la force nucléaire forte, bien que de courte portée, c’est la force la plus puissante de l’univers. Elle cimente les protons et neutrons au sein du noyau des atomes.
4 – Une étude européenne à paraitre en juin 2012 dans la revue « The Astrophysical Journal » sème le trouble : aucune trace indirecte de matière noire au sein du système solaire, ce qui pourrait signifier qu’elle n’existe pas en tant que telle ou que son existence varie selon les régions de l’univers. Pourtant, ses effets sont constatés au sein même de la Voie lactée.


A visionner pour mieux comprendre :

  • La NASA annonce la fin du monde dans 4 milliards d’années, par BFMTV
  • Tout savoir et tout comprendre sur la matière noire et l’énergie sombre :
     

Quelques lectures pour aller plus près des étoiles :
  • Guide du ciel : Les secrets de la Voie lactéeSaviez-vous que la Lune est née d’une collision entre la Terre et une autre planète ? que la lumière d’une étoile met parfois plus de cinq mille ans pour parvenir jusqu’à nous ? Celle que vous contemplez a peut-être disparu depuis longtemps… Avez-vous entendu parler de ces horloges qui retardent après un voyage dans l’espace ? Entrez dans l’Univers. Découvrez comment naissent, vivent et meurent les astres, comment l’infiniment grand influence nos vies. Au fil des pages, partez à la découverte de plus de trente notions essentielles actualisées. Grâce à des illustrations et des définitions claires, mettez les étoiles à votre portée et décrochez la lune !
  • Le ciel et l’univers : Cosmologie, conquête spatiale et astronomie« Le Ciel et L’Univers » explique quels sont les forces et les principes qui régissent le cosmos, raconte la naissance de l’Univers, définit les concepts de temps et d’espace et expose toutes les hypothèses quant au devenir de l’Univers. Notre longue et passionnante dérive spatiale va nous conduire, après avoir dépassé les planètes telluriques et les géantes gazeuses du Système solaire, vers l’immensité proche de notre galaxie, la Voie lactée. C’est ainsi que vous pourrez assister à la naissance d’étoiles ou à l’effondrement de soleils en fin de vie. Puis, en poursuivant plus loin, vers les limites extrêmes de l’Univers, vous découvrirez à l’infini de nouvelles galaxies où se répercute encore l’écho du big bang. « Le Ciel et L’Univers » renferme, outre une recension complète des constellations, un atlas du ciel qui propose, mois par mois et pour toutes les latitudes, des cartes très claires qui permettent de localiser et d’identifier tous les objets célestes (étoiles, planètes, etc.) que l’on peut observer depuis la Terre. Claire, superbe, incomparable, « Le Ciel et L’Univers » est l’encyclopédie de référence sur la majesté et la beauté de l’Univers.

Les tout derniers rayons de Soleil

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+ 7.6 milliards d’années

le chant du cygne

Dans sa phase finale, le Soleil grossira au point d'atteindre l'orbite de Mars, engloutissant au passage la Terre.
Dans sa phase finale, le Soleil grossira au point de presque atteindre l’orbite de Mars, engloutissant au passage la Terre.

Après plus de 12 milliards de bons et loyaux service, le Soleil s’apprête à tirer sa révérence.  A cours d’hydrogène, le cœur de notre étoile va maintenant se contracter brutalement. Paradoxalement, cela entraîne, par réaction, un gonflement du diamètre du Soleil. En quelques dizaines de millions d’années, la surface du Soleil va côtoyer Mercure ou Vénus, les planètes les plus proches.

La Terre finira absorbée par son étoile

100 millions d’années plus tard, après les avoir englouti sans vergogne, une autre planète se trouve dans son collimateur : la Terre. Un observateur situé sur Terre aurait pour seul horizon, un énorme disque rougeoyant occupant toute la voûte céleste. Tandis qu’il dériverait, dans son embarcation ignifugée, porté par des vents brûlants, il tirerait des bords sur un lac de lave infini recouvrant toute la surface terrestre et dont la température dépasserait les 1500°C. Les 1500ème rugissants !

Europe : l’avenir de la Terre ?

Si la Terre est devenu un enfer [1], ailleurs, l’herbe pourrait être plus verte ! Car, ce Soleil qui prend de l’embonpoint va réchauffer les contrées plus lointaines, jusqu’ici peu favorisées. Dans ce contexte, Europe, l’un des satellites de Jupiter et qui contient vraisemblablement un océan souterrain, pourrait devenir un petit paradis.

De là, à penser que les terriens deviendraient alors des Européens convaincus…


1 – Ce scénario, bien que probable, reste controversé. Certains scientifiques estiment que la Terre pourrait être épargnée bénéficiant de deux facteurs favorables : une diminution de la force d’attraction du Soleil, conséquence de la réduction de sa masse et de puissants vents solaires qui la porterait vers des contrées moins hostiles.


A voir pour mieux comprendre :

 

La mort du soleil – Ma-Tvideo France3
Reportage scientifique expliquant toutes les étapes de la naissance à la mort de notre soleil


  • Sunshine: Et si le soleil mourrait… En cette année 2057, le soleil se meurt, entraînant dans son déclin l’extinction de l’espèce humaine. Un équipage de 7 hommes et femmes est le dernier espoir de l’humanité. Leur mission: faire exploser un engin nucléaire à la surface du soleil pour relancer l’activité solaire. (DVD – fiction)

Les tout premiers rayons de soleil

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-4 milliards 600 millions d’années

Lever de rideau

L’histoire de notre système solaire a commencé dans un nuage. Un nuage sans pluie mais rempli à 99% de gaz (hydrogène et, en quantité moindre, hélium), parsemé de grains de poussières. C’est ce qu’on appelle un nuage interstellaire. Celui-ci  contient en puissance un véritable trésor : notre système solaire, avec son étoile, le Soleil et plus tard ses planètes. Ce nuage qui à l’allure d’une nébuleuse multicolore est en rotation,  comme engagé dans un ballet cosmique majestueux et éternel, ou presque.

Un beau jour, hélas pas encore ensoleillé puisque le Soleil n’est pas encore né, le nuage s’effondre sous sa propre masse. En s’effondrant, une partie importante de la matière se condense, au point d’accroître sa température jusqu’à déclencher une réaction nucléaire en son centre. Résultat : un rayonnement qui sera visible sur des dizaines de millions de km à la ronde.

Au bout de quelques millions d’années, une étoile est née ! Notre soleil.  Et depuis, c’est le jour…et la nuit.

Pour profiter de ces premiers rayons de soleil, qui sont plus lumineux mais moins chauds qu’aujourd’hui, inutile de chercher un bon emplacement sur une planète voisine. Aucune n’a encore vu le jour. Notre étoile règne sur un empire immense mais quasiment vide.

Rassurons-nous, cette sensation de désolation n’est que provisoire…


A voir et à lire pour aller plus loin :

Première nuit, premier jour : les tout débuts de la Terre

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-4 milliards 567 millions d’années

Le jour et la nuit

« […] Dieu sépara la lumière et les ténèbres. Dieu appela la lumière « jour » et les ténèbres « nuit ». Il y eut un soir et il y eut un matin : premier jour ». Selon la Genèse (premier livre de l’ancien testament), en jouant de l’alternance Jour et nuit, Dieu crée le premier jour.

D’un point de vue scientifique, il est clair que le début du système solaire ne connaît ni nuit, ni jour mais une immense fournaise dont va émerger notre Soleil, puis l’ensemble du système solaire avec son cortège de planètes.

Entourant ce chaudron, évoluent un amas de particules diverses, désigné sous le terme de disque protoplanétaire. Constitué de gaz et de poussières qui ne seront autres que les restes du festin du Roi Soleil, il s’étend sur plusieurs milliards de km autour de sa majesté.

Heureusement pour nous, la Nature est passée maître dans l’art d’accommoder les restes. Bien que la gourmandise du Soleil le pousse à « absorber» 99,87% du gâteau, il restera toujours suffisamment de miettes pour fabriquer les planètes.

Donc, dans ces temps-là, poussières et gaz s’agglutinent pour former des blocs de matière, se cognant les uns aux autres. Les blocs se font de l’ombre mutuellement mais toujours pas d’alternance de jour et de nuit.

Au bout de quelques dizaines de milliers d’années d’agrégation et de collisions, leur taille va atteindre, pour certains, le kilomètre. Ils pourront alors revendiquer le titre de planétésimaux, bébés planètes, en quelque sorte.

Vers dix millions d’années, les planètes non telluriques (géantes gazeuses ou glacées) sont formées, tandis que dans le système solaire interne (où nous nous situons), le stade de la gestation planétaire n’est pas dépassé. On décompte alors une douzaine d’embryons de planètes. Notre planète en fait partie.

De forme encore très irrégulière, notre futur globe va commencer à tourner sur lui-même pour présenter alternativement une face puis l’autre.

A partir de cet instant, quiconque sur cette planète pourra assister quotidiennement au lever et au coucher de sa bonne étoile. Bon prince, le Soleil ne cherchera pas à préserver son intimité et certains iront jusqu’à contempler en une seule journée quarante quatre couchers de soleil . Mais là, c’est une autre histoire.


A voir pour mieux comprendre :


Et à lire aussi :

La toute première « gorgée » d’eau !

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- 4 milliards 400 millions d’années

L’eau de l’au-delà…

 

A la naissance de la Terre, il y a 4 milliards 560 millions d’années environ, l’eau fait figure de grande absente. Il lui faudra pourtant moins de 200 millions d’années pour permettre à notre planète de prendre son tout premier bain. Comment est-elle parvenue à devenir au fil de l’eau  l’élément clé de notre planète, recouvrant 70 % du globe et constituant 60 % de notre corps ?

Quand l’eau nous donne des vapeurs

A l’époque mouvementée de la création du système solaire, la Terre essaie, tant bien que mal, de se faire une place au soleil au milieu d’un nuage brûlant constitué de gaz et de poussières. Si eau il y a, elle n’existe que sous forme de vapeur. L’eau de ces premiers instants, compte tenu de la chaleur ambiante, s’évapore comme la plupart des éléments volatils, rendant son agrégation aux roches impossibles.

 

La Comète Hartley 2 présente comporte de l’eau ayant une signature chimique presque similaire à celle de nos océans

 

L’eau, alimentant aujourd’hui nos cours d’eau et autres océans,  fait son entrée en scène sur Terre pour la toute première fois, moins de 200 millions d’années après la naissance de notre planète.

C’est l’époque où la Terre subit un intense bombardement de comètes et d’astéroïdes. Véhiculée par ces petits corps célestes, au maximum de quelques kilomètres, le précieux liquide est ainsi « déversé » sur Terre sous forme de glace.

L’eau qui fournira sa couleur à notre bonne vieille planète, qui recouvrira sa surface aux deux tiers et qui sera à l’origine de son surnom de planète bleue (2), vient donc d’ailleurs… de l’espace.

Comètes et astéroïdes primitifs dont certaines proviennent du fin fond du système solaire (la fameuse ceinture de Kuiper) auraient ainsi hydraté la Terre. La preuve résulte de l’analyse isotopique de cette eau : l’eau terrestre présente une proportion d’un atome de deuterium (hydrogène lourd) pour 6400 atomes d’hydrogène, proportion presque identique à celle constatée récemment sur une comète (1).

 La mer qu’on voit danser

Une bonne centaine de millions d’années plus tard, il y a 4 milliards 300 millions d’années environ, l’eau va de nouveau faire parler d’elle. Cette fois, ce ne sont plus les comètes qui vont la propulser mais les volcans terrestres. Ceux-ci recrachent des quantités astronomiques de matière, de cendres et surtout de vapeur d’eau enfouies dans les entrailles de la Terre lors des fameuses collisions avec les comètes et autres astéroïdes.

Comme la température a baissé, la vapeur d’eau commence désormais à se condenser. Le ciel se met à pleurer à chaudes larmes : une eau extrêmement acide ruisselle sur la Terre. Elle va remplir les fosses qui deviennent ainsi les premiers planchers océaniques.

En moins de 50 millions d’années, le tout premier océan se met à danser. La planète est à fleur d’eau !

 

 


Un petit grain de « sable », témoin de notre amie l’eau 

Jusqu’en 2001, les scientifiques estimaient que l’eau n’était apparue sur Terre qu’il y a 3 milliards 900 millions d’années.

Depuis, la découverte d’un grain de zircon (3), minéral du groupe des silicates, dans le nord-ouest de l’ Australie a permis d’avancer cette estimation à 4 milliards 404 millions d’années, soit peu de temps après la formation de la Terre.

En effet, la composition en oxygène de ce grain de zircon témoigne de la présence d’eau.


1 – La comète de Hartley 2 présente une proportion de 1 pour 6200. Découverte réalisée, via le satellite Herschel, par l’équipe de Paul Hartog de l’Institut allemand Max Planck.
2 - La Terre gardera une couleur orangée durant près de 2 milliards d’années. Elle deviendra bleue que lorsque le taux d’oxygène dans l’atmospère sera devenu significatif, c’est à dire, il y a 2,8 milliards d’années environ.
3 – « Temps de la Terre, temps de l’homme » – Patrick De Wever – Ed. Albin Michel – 2012  


A visionner pour mieux comprendre :


Astronomie: Aux Origines de l’Eau s5e3p1 par GlobZOsiris


A voir et à lire aussi :

    • Un Monde sans Eau [DVD]
      Trois exemples emblématiques de la relation qui unit l’homme et l’eau, au Bangladesh, au Kazakstan et au Kenya. Le réalisateur autrichien Udo Maurer nous fait prendre conscience, à travers les trois parties qui composent ce film, des divers problèmes liés à l’eau. Des inondations, au problème de l’assèchement de la mer d’Aral ou encore à la bataille journalière pour la recherche d’eau potable, le film montre les problèmes que doit surmonter l’homme pour s’adapter à son environnement.

 

    • E=M6 : L’eau dans tous ses états [DVD]
      L’eau, indispensable à la vie est présente partout sur la planète et sous une infinité de formes. Comment se forme la glace ? Qu’est-ce que l’eau minérale ? À quoi sert l’eau dans un barrage ? Pourquoi les fleuves connaissent-ils des crues Avec E=m6, tout coule de source !

 

    • Atlas mondial de l’eau : De l’eau pour tous ? par David Blanchon, géographe et maître de conférences à l’université de Paris-X (Nanterre) et Aurélie Boissière, cartographe géographe indépendante qui travaille régulièrement pour Courrier international.
      La problématique de l’eau dans le monde se pose en des termes simples : plus d’un milliard d’hommes n’ont pas accès à l’eau potable; 40 % de la production agricole dépend de l’agriculture irriguée ; les écosystèmes aquatiques qui jouent un rôle indispensable dans les processus naturels sont parmi les plus fragiles. C’est donc un triple défi économique, social et environnemental qui devra être relevé dans les prochaines décennies. Afin d’exposer tous les paramètres des enjeux de l’eau, en particulier la question de la ressource et de son utilisation et les défis auxquels sont confrontées nos sociétés, cet atlas met en avant trois idées-force. Tout d’abord, les difficultés ne sont pas tant liées à la quantité globale de la ressource mais à son inégale répartition dans le monde et à la dégradation de sa qualité. Ensuite, même s’il existe aujourd’hui des techniques qui permettraient de pallier les pénuries locales, les obstacles proviennent davantage du manque de moyens financiers ou de choix de gestion inadaptés, l’eau apparaissant bien plus comme un révélateur de tensions sociales que comme la cause de ces dernières. Enfin, si des « guerres de l’eau » entre États ne se sont pas manifestées, on assiste actuellement à une multiplication de conflits sociaux et politiques portant sur les modes de gestion de l’eau, dans les zones irriguées comme dans les villes. Cet atlas, illustré par une centaine de cartes et de graphiques, décrypte de façon approfondie le sujet de l’eau dans le monde.

 

  • L’eau, un trésor en partage
    C’est l’enjeu majeur du XXIe siècle. L’eau va-t-elle manquer partout dans le monde ? Cette ressource, dont les privilégiés que nous sommes pensions jusqu’ici qu’elle était inépuisable, est-elle devenue un trésor convoité ? Comment nourrir neuf milliards d’humains à l’horizon 2050 ? Quelles répercussions le réchauffement climatique aura-t-il sur les pluies ? Connaîtrons-nous bientôt des  » guerres de l’eau  » ?
    Ghislain de Marsily, spécialiste internationalement reconnu, brosse un large tour d’horizon des problèmes liés à l’eau qui se posent aujourd’hui à l’humanité tout entière. Faute d’une coordination mondiale et d’un changement radical de nos modes de vie, la situation pourrait très vite devenir critique…