mardi, 17 octobre 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Les mammifères, les tout premiers à partir…

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Posté par fabrice
 

+ 1 milliard d’années

Heureux, les simples d’esprit…

Dans moins d’un milliard d’années, le Soleil atteindra un seuil de luminosité et de chaleurs devenant un handicap pour les organsimes vivants. Les descendants des mammifères et autres animaux complexes feront partie des toutes premières victimes. La vie ne sera pas pour autant totalement éradiquée.

Le Soleil est notre meilleur ami, sans lui, aucun être vivant n’aurait pu se développer sur notre planète. Mais, il faut se méfier de ses amis. Il peut arriver un jour que les circonstances font que tout bascule et que le meilleur ami devienne notre pire ennemi !

Dans moins d’un milliard d’années, ce scénario est, semble-t-il, inéluctable (1), si toutefois l’espèce humaine a survécu jusque-là. Et les mammifères, du moins leur descendants si l’on estime qu’une espèce survit environ 100 millions d’années,  seront parmi les premières victimes de cette tragédie. Pourquoi ?

Mauvais coup de soleil

Le Soleil et les derniers habitants de la TerreA cette période, la luminosité solaire se sera accrue considérablement. Depuis la naissance de notre étoile, le rayonnement solaire augmente inexorablement au rythme de 8% environ par milliard d’années.

Cette situation entrainera des conséquences on ne peut plus fâcheuses pour les habitants de la Terre. Avec cette surchauffe, l’eau sur Terre va s’évaporer, et en particulier celle des océans,

Cette vapeur d’eau dans l’atmosphère participera à l’accroissement de l’effet de serre qui lui-même engendrera une montée de la température; on connaît la suite.

Plus d’eau dans les rouages

Là où cela se complique, c’est que l’assèchement des océans va gripper la tectonique des plaques, autrement dit le processus de dérives continents, car l’eau met de l’huile dans les rouages, si l’on peut dire.

Par un phénomène d’engloutissement des roches, le mouvement des plaques alimente indirectement le volcanisme qui rejette beaucoup de CO2. Donc, sans tectonique beaucoup moins de CO2.

A première vue, cela semble bénéfique pour lutter contre l’effet de serre. Le problème, c’est que les plantes, via la photosynthèse, se nourrissent de ce dioxyde de carbone. S’il vient à manquer, elles deviennent sous alimentées et finissent par dépérir. Et, avec elles, c’est toute la chaîne alimentaire qui est en péril.

Une chaîne du vivant qu bât de l’aile

Et comme si ce n’était pas suffisant, l’oxygène qui est fabriqué en grande quantité par les plantes, elles-mêmes en voie de disparition, va fatalement se raréfier. Ainsi, toute la chaîne du vivant va battre de l’aile.

Les premières victimes de cette situation seront les être les plus complexes et à sang chaud. Inutile de préciser que les mammifères ou leur descendants sont les premiers sur la liste. Les poissons et les amphibiens ne devraient pas non plus survivre longtemps affectés entre autre par le manque d’eau.

Il y a un lézard quelque part

Les reptiles, à priori plus résistants, seront confrontés à un autre problème : des naissances ayant le même sexe car celui-ci est déterminé par la température lors de l’incubation.

D’une manière générale, les organismes pluricellulaires seront les plus exposés. Une fois encore, la chance va sourire aux êtres les plus simples et aux extrêmophiles, les organismes supportant les conditions environnementales extrêmes.

Evidemment, cette survit sur une Terre stérile, pour ne pas dire hostile, et sans océan ne durera qu’un temps car il arrivera un moment où le Soleil engloutira toute la planète. Mais cela est une autre histoire.

La Bible ne l’avait-elle pas prédit ; heureux les simples d’esprit car le royaume des cieux leur appartient !!

 

1 – Scénario probable établi par une équipe britannique et publié dans « International Journal of Astrobiology », rapporté dans le blog « Passeur de sciences » de Pierra Barthélémy, article « Qui seront les derniers habitants de la Terre ? », publié le 11 novembre 2012


A visionner pour mieux comprendre :


Aux frontières de la science – La disparition du… par 1234angelevil


Pour aller plus loin :
 

Les tout derniers jours de la Voie lactée

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Posté par fabrice
 

+ 6 milliards d’années

La grande collision !

 

Fonçons vers le futur ! Un futur lointain et pas nécessairement heureux, du moins pour notre Voie lactée ! Un futur qui nous transporte dans 6 milliards d’années, c’est-à-dire, une durée supérieure à celle qui nous sépare de la naissance du système solaire.

Si à ce moment nous regardions le ciel, que verrions-nous ? Une voûte céleste qui ne ressemble en rien à celle que nous connaissons.

Le disque laiteux habituel qui caractérise notre vision de la Voie lactée, notre galaxie, a totalement disparu ou presque. Evaporé ou plutôt absorbé, mélangé à un « autre nuage » d’étoiles.

Ce que nous observerions alors, ce sont les toutes dernières traces de la Voie lactée qui achève sa fusion avec une autre galaxie, la galaxie d’Andromède. Bientôt, la Voie lactée sera totalement rayée de la carte céleste et deviendra une légende  !

Le tout début de la fin pour la Voie lactée dans 4 milliards d’années

La danse nuptiale entre la Voie Lactée et la galaxie d’Andromède a en réalité débuté 2 milliards d’années plus tôt. Dans 4 milliards d’années en effet, ces deux galaxies vont entrer en collision.

La Voie lactée (à gauche) et Andromède qui entament leur fusion

La Voie lactée (à gauche) et Andromède qui entament leur fusion; le ciel dans près de 4 milliards d'années - Nasa

 

C’était prévu de longue date et confirmé par les simulations conduites par la NASA à partir des données fournies par le télescope spatial Hubble (1).

Programmé et donc inévitable. Pourtant, en 2012, la galaxie d’Andromède se situe encore à 2.5 millions d’années-lumière (une année-lumière correspond à près de 10 000 milliards de km, 9460 milliards exactement).

Mais voilà, elles foncent l’une vers l’autre à la vitesse de 400 000 km/ heure, soit, à chaque heure, l’équivalent de la distance qui nous sépare de la Lune.

Collision frontale mais sans dégâts frontaux

Pourquoi  se rapprochent-elles alors que l’Univers est globalement en expansion ? Cela dépend de l’échelle considérée. De la même manière que le système solaire tenu par les forces gravitationnelles n’est pas en expansion, alors que l’univers lui l’est, les galaxies restent « confinées » au sein de leur amas de galaxie, tenues de main de fer par la matière noire (voir encarté).

En revanche, à plus grande échelle, les amas de galaxies, sous la domination de l’énergie sombre (voir encarté), poursuivent leur expansion. A quoi devrions nous nous attendre ?

 Selon les scientifiques, cette collision sera relativement violente car frontale. Cependant, il faut relativiser. D’abord les distances entre les étoiles sont telles que les chocs frontaux entre elles sont exclus. Et puis, cette fusion va s’étaler dans le temps. Le processus mettra 2 milliards d’années avant d’être totalement réalisé.

A l’issue, sortira une grosse, seule et unique galaxie, de type elliptique. Très différente donc de la Voie lactée qui est plate, configuration moins courante dans l’espace environnant. Leurs trous noirs respectifs, nichés au cœur de chacune des galaxies, subiront le même sort.

Soleil couchant

Quelle conséquence pour nous et notre soleil ? Le soleil devrait être repoussé par ce gigantesque télescopage tandis que son orbite ne serait plus circulaire. Il se pourrait même (10 % de probabilité) qu’il se retrouve in-fine deux fois pus loin du centre de la galaxie qu’actuellement.

Là où les vraies collisions se produiront, entre les nuages interstellaires, on assistera à une éclosion d’étoiles nouvelles, riches en oxygène. Ce phénomène pourrait être, bien plus tard, favorable à l’émergence de la vie.

Quant à la Terre, elle aura subi des tracas déjà bien avant cet événement et notamment les assauts du soleil. Celui-ci en effet va commencer à chauffer dans un milliard d’années avant de finir par englober la Terre à la fin de sa vie, plusieurs  milliards d’années plus tard.

Et pour nous, ou plutôt pour nos lointains descendants, comme l’avaient prédit les Gaulois, le ciel finira bien par leur tomber sur la tête !


Ciel, on a égaré 95 % de l’univers !

Cela peut paraître invraisemblable mais nous ne connaissons qu’une infime partie de ce qui constitue l’Univers.

La Voie lactée avec plus de 200 milliards d’étoiles et son cortège de planètes qui se compte probablement par milliards, les autres galaxies, au bas mot 100 milliards, les nuages de gaz, les trous noirs, tout cela représente moins de 5% du contenu de l’univers, selon le modèle standard.

Le reste, soit plus de 95 %, demeure invisible et mystérieux. Si on ne le voit pas, on détecte sa présence indirectement, par le mouvement des galaxies ou l’expansion de l’univers, entre autre. Mais diable,  qui se cache derrière cette montagne de mystère ?

Deux types d’éléments : d’une part, ce qu’on appelle la matière noire, pour 23 % et d’autre part, l’énergie noire ou sombre pour le reste, c’est à dire 73 %. L’énergie noire, dont on ignore tout, se présente comme une force répulsive qui contrebalance l’effet gravitationnel de la matière. Elle est responsable de l’expansion de l’univers dont on sait maintenant qu’elle s’accélère. Pas de Big Crunch à l’horizon, donc !

Quant à la matière, c’est-à-dire les atomes, près de 85 % d’entre elle nous est donc inconnue (le solde correspond aux fameux 4 ou 5 % évoqués au début). C’est ce que les scientifiques nomment la matière noire. Elle explique la cohésion des grandes structures de l’Univers et notamment le comportement des étoiles excentrées de la Voie lactée. 

Plusieurs candidats revendiquent le poste : les WIMPs pour « Weakly Interacting Massive Particles », une sorte de gaz à particules massives mais à interaction faible qui baignerait tout l’univers, les neutralinos des particules issues de la théorie de la Supersymétrie et très récemment, une nouvelle espèce de neutrino, le neutrino dit « stérile » (2).

Il s’agirait d’une particule très spéciale qui ne réagirait avec aucune des trois forces (3) mais uniquement avec la force gravitationnelle. Une particule invisible capable de traverser n’importe quelle matière sans laisser de trace mais dotée d’une masse importante. Sa quantité serait considérable. Chaque mètre cube de l’univers en contiendrait des centaines de milliers. Elle expliquerait la masse manquante et, si elle est confirmée, révolutionnerait la physique.

Néanmoins, la matière noire, dont l’hyptothèse remonte aux années 30, pourrait révéler encore bien des surprises. Certains mettent en doute jusqu’à son existence ou l’imaginent répartie de manière non homogène (4).  

Pourtant, la collision de la Voie lactée et de la galaxie d’Andromède est la résultante directe de l’action de la matière et de l’énergie noires. Un colin-maillard galactique qui se poursuit ! Noir, c’est noir !


1 – Selon les prévisions de la NASA publiées fin mai 2012.
2 – Théorie développée par une équipe de l’Université de Lausanne, conduite par Mikhail Shaposhnikov; Cité dans Science & vie N° 1137 – juin 2012
3 – Les forces fondamentales sont au nombre de 4 : la force gravitationnelle qui a un rôle d’attirance de la matière,  sa portée est infinie;  la force électromagnétique, aussi de portée infinie,  soude notamment les atomes entre eux; la force nucléaire faible,  de faible intensité et de courte portée, elle est, entre autre, responsable de la désintégration de certains noyaux, donc de la radioactivté, enfin, la force nucléaire forte, bien que de courte portée, c’est la force la plus puissante de l’univers. Elle cimente les protons et neutrons au sein du noyau des atomes.
4 – Une étude européenne à paraitre en juin 2012 dans la revue « The Astrophysical Journal » sème le trouble : aucune trace indirecte de matière noire au sein du système solaire, ce qui pourrait signifier qu’elle n’existe pas en tant que telle ou que son existence varie selon les régions de l’univers. Pourtant, ses effets sont constatés au sein même de la Voie lactée.


A visionner pour mieux comprendre :

  • La NASA annonce la fin du monde dans 4 milliards d’années, par BFMTV
  • Tout savoir et tout comprendre sur la matière noire et l’énergie sombre :
     

Quelques lectures pour aller plus près des étoiles :
  • Guide du ciel : Les secrets de la Voie lactéeSaviez-vous que la Lune est née d’une collision entre la Terre et une autre planète ? que la lumière d’une étoile met parfois plus de cinq mille ans pour parvenir jusqu’à nous ? Celle que vous contemplez a peut-être disparu depuis longtemps… Avez-vous entendu parler de ces horloges qui retardent après un voyage dans l’espace ? Entrez dans l’Univers. Découvrez comment naissent, vivent et meurent les astres, comment l’infiniment grand influence nos vies. Au fil des pages, partez à la découverte de plus de trente notions essentielles actualisées. Grâce à des illustrations et des définitions claires, mettez les étoiles à votre portée et décrochez la lune !
  • Le ciel et l’univers : Cosmologie, conquête spatiale et astronomie« Le Ciel et L’Univers » explique quels sont les forces et les principes qui régissent le cosmos, raconte la naissance de l’Univers, définit les concepts de temps et d’espace et expose toutes les hypothèses quant au devenir de l’Univers. Notre longue et passionnante dérive spatiale va nous conduire, après avoir dépassé les planètes telluriques et les géantes gazeuses du Système solaire, vers l’immensité proche de notre galaxie, la Voie lactée. C’est ainsi que vous pourrez assister à la naissance d’étoiles ou à l’effondrement de soleils en fin de vie. Puis, en poursuivant plus loin, vers les limites extrêmes de l’Univers, vous découvrirez à l’infini de nouvelles galaxies où se répercute encore l’écho du big bang. « Le Ciel et L’Univers » renferme, outre une recension complète des constellations, un atlas du ciel qui propose, mois par mois et pour toutes les latitudes, des cartes très claires qui permettent de localiser et d’identifier tous les objets célestes (étoiles, planètes, etc.) que l’on peut observer depuis la Terre. Claire, superbe, incomparable, « Le Ciel et L’Univers » est l’encyclopédie de référence sur la majesté et la beauté de l’Univers.

Les tout premiers bronzages

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1925

bronzage-pano

L’exposition universelle

L’idée de se protéger du soleil serait venue sur la mer un jour de grand soleil : mais dit donc « Coco » tu es toute rouge !  A partir de là, le must deviendra une peau hâlée sans rougeur pour faire pâlir la grande bleue !

On raconte que tout a commencé sur le yacht du duc de Westminster par une journée ensoleillée.  spay_1024_resizemoittransparent Nous sommes à Cannes, en 1925. Ce jour-là, Coco Chanel découvre, pour la toute première fois, dit-on, les effets du soleil sur sa peau ! Dès lors, la mode du bronzage est dans l’air et un demi siècle plus tard, les bronzés feront du ski !

Mais comme bronzage et protection vont de paires, le véritable coup d’envoi de ce phénomène pigmentaire et planétaire aura lieu en 1927, grâce à Jean Patou et son huile de Chaldée : “la première huile solaire qui protège l’épiderme et atténue les coups de soleil”.

En proposant cette innovation à Gabrielle Chanel, Jean Patou n’imagine vraisemblablement pas à quel point cela révolutionner notre rapport au Soleil et libérer notre corps…de son carcan solaire! C’est un véritable coup d’arrêt à l’hégémonie de la pâleur qui règne sans partage –en occident mais également dans de nombreuses cultures- depuis au moins deux milles ans.

Ceci est mon corps

On pourrait penser que ce coup fatal porté au teint de porcelaine n’aurait d’influence que sur la mélanine et les coups de soleil. Peau de balle ! En contrôlant la couleur de la peau, c’est de la toute première prise de possession de notre corps dont il s’agit. C’est à la fois une révolution culturelle et un signe d’émancipation sans précédent, estime Pascal Ory, professeur d’histoire contemporaine à la Sorbonne [1].

Imaginez : pour la toute toute première fois dans l’histoire, il devient possible de s’exposer au soleil, sans limite ou presque ou du moins sous contrôle, non pas par obligation mais par choix. Donc pour son plaisir. L’idée de bronzage –qui va accompagner la notion de plaisir – va donc se répandre dans la société comme une crème…solaire sur l’épiderme. La libération des esprits et des corps est en marche…jusqu’à la dictature des corps bronzés des années 70-80.

Qu’il est long le chemin du « hâlage » !

Si Grecs et Romains cultivaient déjà leur corps et leur passion pour les bains, on est encore loin de parler de bains de soleil (les premiers thermes sont construits par Agrippa en 18 av J.-C.). D’autant qu’à cette époque  le teint clair est déjà de rigueur. Pour le blanchir, on utilise alors de la Céruse (pigment toxique à base de plomb, appelé aussi carbonate de plomp) ou de la craie tandis que les Egyptiens ont recours à des pommades à base d’albâtre et de lait d’ânesses .

Avec l’avènement de l’ère chrétienne, on assiste à un véritable culte de la blancheur, calquée sur l’image de l’Immaculée conception. Le corps féminin sera le porte-drapeau de cette image diaphane de la Vierge, et les références seront la fleur de lys et l’albâtre. Il n’empêche qu’à cette époque certains mouvements gnostiques pratiquent les premières formes de naturisme. C’est un autre sujet même si l’on peut associer ce mouvement à la pratique du bronzage et considérer qu’il en est le précurseur.

En résumé : par le passé la règle était d’éviter de s’exposer à tout prix. Y dérogeaient, ceux qui y étaient contraints : les paysans, les forçats, les soldats. De fait, la blancheur du visage était symbole de distinction. A la Renaissance, de nombreuses préparations permettaient de blanchir le teint. L’historienne Catherine Lanoé[2] dénombre pas moins de 15 manuels de cosmétiques entre 1541 et 1782. Hâle, taches de rousseurs, rougeurs, tout devait être dissimulé sous une couche qui deviendra du fard (à base de carbonate de plomp servant de piment blanc) à l’époque de Catherine de Médicis[2].

Pour l’aristocrate du XVIIIème siècle, vêtement et visage doivent être blanc ; on le distingue ainsi de loin et ce qui importe. Cela pousse les élites à se distinguer encore davantage et à amorcer un mouvement vers les vertus du naturel. Le maquillage devient plus discret. La révolution solaire est en marche.

Signes extérieurs de bien être

Signe avant coureur du phénomène de bronzage, des bains de lumière commencent à être recommandés à partir des années 1850. Ils visent à lutter contre la mélancolie ou la tuberculose. Les premiers hygiénistes militent pour une circulation de l’air et de la lumière. Par analogie entre l’état des villes, le plus souvent insalubres et les corps malades, ils vantent les bienfaits de l’héliothérapie et des cures d’altitudes.

Cependant, le soleil thérapeutique n’est qu’une transition vers le soleil plaisir. Gabrielle Chanel [2], comme on l’a vu, sera la toute première personne à prendre conscience des effets du bronzage et du plaisir qu’il peut procurer à condition de savoir le maîtriser. Notons qu’à l’époque le terme bronzage ne se rapportait qu’au moulage. Il signifiait recouvrir de bronze et n’était utilisé que dans sa forme transitive. Le Larousse le mentionnera dans sa nouvelle acception qu’en 1928.

Brunir de plaisir

En moins d’une dizaine d’années, on passe du bannissement de la peau hâlée à sa glorification. Le basculement n’est pas que pigmentaire. Il témoigne en réalité d’un profond changement structurel de la société.

La femme est au cœur de cette mutation sans précédent par son ampleur et par sa rapidité. Ses cheveux raccourcissent comme ses vêtements qui montrent ses jambes ; le corset est abandonné. En 1930, à l’occasion des premiers bains de soleil, le ventre se dévoile timidement.

huile-de-chaldee
la première huile solaire qui protège l’épiderme et atténue les coups de soleil”

A travers la peau, c’est une toute nouvelle société qui pointe le bout de son nez. Une société dont les fondements seront les loisirs, le plaisir et la réalisation de soi. Les élites adoptent le sport, les voyages et prennent soin de leur santé. Cela se traduit pas une bonne mine. Celle-ci devient peu à peu le graal de ceux qui sont encore dans la mine et qui en sortent épisodiquement pendant les tout nouveaux congés payés.

Ce phénomène n’est pas uniquement occidental, car on le retrouve aussi chez les japonais par exemple. En revanche, les peuples à la peau mate se sentent, et pour cause, moins concernés.

Un mouvement va bénéficier à fond de la pratique du bronzage : le naturisme. Il faut distinguer nudisme, plutôt balnéaire et naturisme qui reste une doctrine plus globale. D’ailleurs en France, c’est en 1904 qu’apparaît, près d’Etampes, le premier camp de naturisme, bien avant donc l’éloge du bronzage.


Une peau sous contrôle

« Ce qu’il y a du plus profond dans l’homme, c’est la peau » écrivait Paul Valéry.

Si dans les années 70, le bronzage devient un dû, ce qui l’est encore aujourd’hui (68% des français considère le bronzage comme la priorité de vacances, sondage Axa Santé 2008) on s’aperçoit assez vite que le soleil n’a pas que des bienfaits.

D’ailleurs, à compter des années 90, le ton change et certaines publicités prônent les teints blafards comme Calvin Klein avec Kate Moss, dans le prolongement des tendances punk ou gothique.

L’enjeu aujourd’hui est de contrôler la couleur de sa peau, sans danger et sans contrainte saisonnière. Dès 2009 un implant à base d’une protéine appelée Melatonan permettrait d’obtenir un teint hâlé en permanence et sans risque.

En revanche, le contraire n’est pas encore à portée de main comme en témoignent les efforts désespérés de « blanchissement » de Mickael Jackson.

Si la distinction sociale fondée sur le bronzage n’est plus d’actualité, la couleur de la peau restera encore longtemps un facteur de discrimination. Black, blanc beurre…de cacao , une formule qui protège davantage les couches de l’épiderme que celles de la société.


 Les étapes du chemin de hâlage…

  • 1855, premières cures de lumière, à Veldes en Slovaquie ;
  • 1893, invention par un allemand de la culture du nu, Nacktkultur;
  • 1904, invention de la première lampe à ultraviolet, par l’allemand Küch;
  • 1909, premier concept d’institut de beauté avec cabine de soins, à Londres ;
  • 1927, première huile solaire proposée par Patou protégeant l’épiderme ;
  • 1928, Vogue lance le débat : Etre ou ne pas être hâlée;
  • 1935, l’ambre solaire conçue par Schueller, fondateur de l’Oreal, permet de bronzer sans brûler comme l’indique son slogan;
  • 1937, Sortie des premières lunettes de soleil Ray-ban;
  • 1939, Marie-Claire explique « comment brûnir vite » ;
  • 1944, première crème à bronzer, à base de beurre de cacoa et de jasmin ;
  • 1946, premières formules cosmétiques sans parfum, issus des laboratoires Roc;
  • 5 juillet 1946, présentation à la piscine Molitor du premier bikini qui sera vendu dans une boite d’allumettes;
  • 1960, premiers produits auto-bronzants;
  • 1962, apparition des facteurs de protection solaire grâce à la marque Piz Buin ;
  • 1976, généralisation des indices de protection;
  • 2003, bronzage par brumisation;
  • 2009, commercialisation en cours du premier implant de bronzage garantissant 6 mois de bronzage permanent.
Publié le 19 août 2009, mise à jour le 11 juillet 2017

[1] L’invention du bronzage – Pascal Ory – Edition Complexe
[2] Du teint hâlé honni au bronzage de rigueur – Bernard Andrieu-


A voir et à lire pour aller plus loin :    

  • L’invention du bronzage : Essai d’une histoire culturelle – Pascal Ory – Edition Complexe. L’une des principales révolutions culturelles du XXe siècle n’a, jusqu’à présent, guère suscité l’intérêt des historiens : celle qui a conduit le canon de la beauté pigmentaire de l’ordre du marbre à celui du bronze. Dans un essai historique vif, original et stimulant, Pascal Ory revient sur la délimitation historique du phénomène.
  • Bronzage : Une petite histoire du Soleil et de la peau – Bernard Andrieu – CNRS Editions. De la blancheur ivoirine des anciens canons de beauté au brun tanné vanté par la réclame, des baignades de jadis aux cabines d’UV d’aujourd’hui, du bronzage sexualisé de la bimbo à l’aura trop mate du  » métèque « , Bernard Andrieu livre ici un panorama illustré de l’histoire de la peau et du hâle.
  • Les Bronzés (Édition simple) DVD – « Y a du soleil et des nanas, ladirladirla », Popeye le GO bourreau des cœurs, Jean-Claude Dusse-de-Paris, Gigi, Les Bronzés possède tous les attributs du film culte : multimillionnaire de la statistique médiamétrique des chaînes TV, répliques connues par cœur, etc. Et pourtant, en 1978, rien ne prédisposait cette charge contre les clubs de vacances au triomphe.

A visionner  pour  mieux comprendre :

Les tout premiers rayons de soleil

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Posté par fabrice
 

-4 milliards 600 millions d’années

Lever de rideau

L’histoire de notre système solaire a commencé dans un nuage. Un nuage sans pluie mais rempli à 99% de gaz (hydrogène et, en quantité moindre, hélium), parsemé de grains de poussières. C’est ce qu’on appelle un nuage interstellaire. Celui-ci  contient en puissance un véritable trésor : notre système solaire, avec son étoile, le Soleil et plus tard ses planètes. Ce nuage qui à l’allure d’une nébuleuse multicolore est en rotation,  comme engagé dans un ballet cosmique majestueux et éternel, ou presque.

Un beau jour, hélas pas encore ensoleillé puisque le Soleil n’est pas encore né, le nuage s’effondre sous sa propre masse. En s’effondrant, une partie importante de la matière se condense, au point d’accroître sa température jusqu’à déclencher une réaction nucléaire en son centre. Résultat : un rayonnement qui sera visible sur des dizaines de millions de km à la ronde.

Au bout de quelques millions d’années, une étoile est née ! Notre soleil.  Et depuis, c’est le jour…et la nuit.

Pour profiter de ces premiers rayons de soleil, qui sont plus lumineux mais moins chauds qu’aujourd’hui, inutile de chercher un bon emplacement sur une planète voisine. Aucune n’a encore vu le jour. Notre étoile règne sur un empire immense mais quasiment vide.

Rassurons-nous, cette sensation de désolation n’est que provisoire…


A voir et à lire pour aller plus loin :