jeudi, 23 mars 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Les tout premiers baisers

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Posté par fabrice
 

- 3800 ans

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Bons baisers de Lucy !

On le dit inné, vieux comme le monde, multiformes, multiculturel, multi-générationnel, capable de faire battre la chamade au plus endurci, de réaliser un échange de millions de bactéries le temps…d’un baiser. Quand, comment et pourquoi a-t-on embrassé pour la première fois ?

La toute première évocation du baiser est indienne et remonte à 1500 ans avant notre ère. Elle est rapportée dans les textes sanskrits védiques évoquant l’idée de « se renifler avec la bouche » (1), car aucun terme à l’époque ne permet de désigner le baiser.

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Cependant, les toutes premières représentations de baisers, des couples s’embrassant sur la bouche, figurent sur des fresques égyptiennes remontant à plus de 3800 ans (2).

S’il s’agit là de traces avérées et datées ; à l’évidence la pratique du baiser est bien antérieure et de surcroit n’est pas l’apanage de l’espèce humaine ; elle ne se résume pas non plus au baiser amoureux ou romantique. Il y a le baiser amical, affectueux, social, maternel, rituel, protocolaire, langoureux; bref plein de bisous !

Le baiser : un langage ancestral et presque universel

Dans le monde animal, chez les primates, les oiseaux mais aussi chez certains insectes, on note de nombreuses pratiques de baiser labial ou intrabuccal qui visent à nourrir les petits sous une forme de becquée, avec une pré-mastication des aliments.

Ce comportement, très courant chez les singes, peut prendre une forme affective comme chez les bonobos qui n’hésitent pas à jouer avec leur langue.

Pour certains anthropologues, « les hommes préhistoriques » ont employé les mêmes pratiques de mastication pour nourrir leurs bébés. Ils estiment également que les humains de cette époque se léchaient probablement le visage entre eux pour en absorber le sel ce qui favorisait leur survie.  Etait-ce déjà le cas de la célèbre Lucy, l’Australopithèque âgée de plus de 3 millions d’années ? On le saura vraisemblablement jamais.

Le baiser : le couteau suisse de la communication

Les premiers baisers remplissaient donc plusieurs fonctions, liées à la fois à la sexualité à l’instar d’une parade sexuelle, à une manière de fraterniser mais également à des mesures d’hygiène, issues de rites de toilettage.

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Des ethnologues, observant des cultures ancestrales notamment de tribus africaines, voient dans la pratique du baiser un dérivé l’inspiration mutuelle de l’haleine symbolisant l’union ou la fusion des âmes (3).

Mais ne nous y trompons pas, jusqu’au XIXème siècle (et même encore aujourd’hui), le baiser dit amoureux n’était pas si répandu que cela à travers la planète. De nombreuses civilisations, en Afrique, en Asie et Australie, en ignoraient tout de ces pratiques au point de les redouter comme cette princesse africaine qui pensait que son amoureux voulait la dévorer en cherchant à l’embrasser (5) (8).

Bref, même s’il est loin d’être adopté par toutes les cultures, le baiser apparait si l’on prend toutes ses formes comme le bisous que l’on fait à son bébé un langage quasi universel pratiqué depuis la nuit des temps (6).

« Le baiser est la plus sûre façon de se taire en disant tout », si l’on reprend la formule de Maupassant (7)

Les bisous et la science

Les études scientifiques démontrent que le baiser sur la bouche, en échangeant haleine et salive, permet aux partenaires de collecter des informations chimiques et biologiques.

Le psychologue évolutionniste Gordon Gallup de l’Université d’Albany (U.S.A) va plus loin. Pour lui, le baiser amoureux nous fournit des informations olfactives sur l’ADN du partenaire et son statut reproductif.

Mieux, les endocrinologues ont constaté que les femmes, via le baiser, testaient inconsciemment le système immunitaire de leur partenaire, ou du moins une partie appelé « complexe majeur d’histocompatibilité » (CMH) et qu’elles étaient attirées par les hommes possédant un CMH différent du leur, gage de vitalité de leur future progéniture !

Ceci explique, en partie, que 59% des hommes et 66% des femmes mettent fin à une relation à cause d’un baiser trop décevant (4).

Un baiser pour la vie

Le baiser est aussi un marqueur universel et impérissable de notre vécu. Des études soulignent que nous souvenons plus précisément de notre tout premier baiser que de n’importe quelle autre première fois de notre vie, même sexuelle ! (1)

Pour les neuroscientifiques comme pour Darwin, pour qui se picorer les lèvres était un acte inné, encodé dans nos gènes, nous sommes programmés dès le plus jeune âge pour associer ces émotions positives avec le contact labial.

Bien que nous ignorerons toujours quand et où se sont produits les tout premiers baisers de l’humanité, cela crève les yeux que la plupart des humains ont une envie irrépressible et instinctive de se lier de cette manière, selon des styles et des manières inhérentes à nos cultures et à nos expériences.

Grâce au baiser, nous embrassons le monde, notre monde !

Publié le 30 Janvier 2016

Le baiser à travers les âges

  • Au commencement était le « Baiser » de la bible : « Alors Yahvé Dieu modela l’homme avec la glaise du sol, il insuffla dans ses narines une haleine de vie et l’homme devint un être vivant »;
  • 1200 avant notre ère : Selon Plutarque, s’embrasser sur la Bouche remonterait à la guerre de Troie et serait une initiative des femmes  pour calmer la colère des hommes après avoir incendiés leurs bateaux ;
  • 1er siècle avant notre ère : les Romains pratiquent allégrement le baiser, en privé comme en public, en couple hétérosexuel mais surtout homosexuel ;
  • Premiers siècles de notre ère : le bisou chrétien est un bisou de paix qui a aussi pour vocation d’être un signe de reconnaissance, c’est l’oscuium pacis qui perdurera au Moyen-Age ;
  • Au Moyen-Age, le baiser se répand sous différentes formes. Il y a l’osculum, un bisou entre seigneurs et vassaux qui permet de sceller le pacte de protection contre soumission par un baiser sur la bouche ; il y a aussi le baiser des chevaliers (2) qui est une preuve d’amitié et d’attachement tout comme le fait de dormir dans le même lit;
  • La Renaissance marque un tournant dans la pratique du baiser. Fini le baiser féodo-vassalique ou celui des chevaliers, terminés aussi les baisers public, à la fois coupables et victimes des épidémies, place aux baisers mondains comme le baisemain ou aux baisers érotiques qui préfigure la montée en puissance du libertinage ;
  • Au XIXème siècle, l’époque est à la chasteté ou du moins à l’intimité ; le bisou ne s’extériorise pas, enfin pas encore; C’est aussi l’époque du baisemain, l’une des rares formes de baiser asymétrique (7)
  • Le XXème siècle, verra peu à peu le baiser se libérer de toute entrave ; d’abord au cinéma avec le baiser hollywoodien puis à partir de 1968, le baiser partout et maintenant avant de perdre son article : baiser partout et maintenant !
  • Au XXI ème siècle, sur 168 culture étudiées, seules 77 % pratiquent le baiser amoureux.

Des expressions à la pelle pour évoquer le baiser !

Baiser protocolaire entre Brejnev et Honecker

Baiser protocolaire entre Brejnev et Honecker

Rouler une pelle, c’est l’allusion au mouvement de la langue mais c’est aussi l’évolution du mot pelle qui est dérivé du mot ploter  (on roulait un pélot ou un palot ou un pelot), qui lui-même  vient de patiner : on disait patiner au lieu de dire peloter (XIX ème siècle) : « caresser avec insistance ».

Quant au French Kiss, l’expression vient de la Libération;  les américains ont découvert à travers les Françaises des mœurs qui étaient plus libres que dans leur pays.

A l’époque Romaine, il y avait 3 expressions pour évoquer le baiser : l’osculum, ce qui correspond à la bise d’aujourd’hui, le basium, un bisou d’affection pratiqué entre époux ou membres de la famille, le savium, qui correspond au bisou amoureux ou romantique d’aujourd’hui, avec insertion de la langue.

Parmi les baisers célèbres, on trouve également le fameux baiser nez à nez de l’esquimau ou  le baiser slave qui revêt plusieurs aspects dont le plus connu est le baiser protocolaire, entre dignitaires par exemple (8).

Terminons par  un  extrait  de la  chanson de Pierre Perret intitulée Les Baisers (1968) :
« Y a dans mon dictionnaire usé / La définition du baiser / […] Braves gens je vais vous dire la mienne / Car un baiser c’est du fuego / […] Et les vieux schnoks de l’Académie / Devaient encore être endormis. »


Quand on aime, on ne compte pas !

Quand on aime, on ne compte pas, il faut malgré tout savoir qu’au cours d’un baiser, d’une dizaine de secondes :

  • On échange en moyenne 40 000 parasites,
  • et 80 millions de bactéries,
  • de 250 types différents,
  • 9 mg d’eau,
  • Et 0,45 mg de sel.
  • On consomme, 4 calories par minutes.
  • Le baiser sollicite 34 muscles du visage

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1 -  http://www.courrierinternational.com – 14 février 2012 – tout-tout-tout-vous-saurez-tout-sur-le-baiser
2 –
 http://www.atlantico.fr/decryptage/surprenante-histoire-baiser-bouche-travers-ages-et-civilisations-2256738.html
3 – Zorica Tomić, Le baiser en voie de disparition ?, L’Âge d’homme,‎ 214, p. 14, cité dans Wikipédia (https://fr.wikipedia.org/wiki/Baiser);
4 - www.terrafemina.com
5 - Savage Africa, – 1864- de l’explorateur britannique William Winwood Reade, mentionné dans le Courrier International du 14 février 2014
6 -  http://passeurdesciences
7- « Le Baiser Peut-être » – Belinda Cannone – Ed. Alma Pabloïd – rapporté dans Libération 20 septembre 2011
8 – « Les fonctions rituelles et mythologiques du baiser chez les slaves de l’est » – Andrei Toporkov


A visionner , le baiser au cinéma :

Les tout premiers couples indissolubles

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1215

Histoire du couple

Du couple aux lèvres !

 

Selon les points de vue, la vie en couple date de 3000 ans, 12000 ans ou même de 150 millions d’années si l’on s’en réfère aux termites ! Cependant, en dehors des termites et de quelques autres énergumènes, la notion de « couple à vie » est apparue chez les humains au XIIIème siècle. Est-ce pour le meilleur ou pour le pire ?

Il a fallu des millénaires pour que la notion de couple passe de l’âge de raison à l’âge de la passion et de l’amour. Des millénaires, voire beaucoup plus si l’on s’en réfère au mode de vie stricto sensu. De ce point de vue, ce sont les termites, il y a 150 millions d’années (voir encart), qui inaugurent ce type de relation sociale. Le roi et la reine termite, une fois en couple, ne sortiront plus de leur chambre nuptiale et cela jusqu’à leur mort. Une vraie vie de couple inséparable !

Il y a plusieurs millions d’années, un premier pas vers la monogamie

Chez l’homme (ou plus exactement les ancêtres de l’homme), autre animal social, tout comme pour les termites, c’est l’instinct qui va lui dicter dans un premier temps son comportement social et parental. Il y a plus de 5 millions d’années, il est probable que se mette en place un début de monogamie (non exclusive), tout simplement dans le but d’élever sa progéniture. Le petit de l’homme prend son temps pour devenir adulte et a donc besoin de parents relativement stables. La survie de l’espèce est en jeu.

La grande révolution qui va conduire au couple est en marche. Avec l’entrée en scène du langage, les choses se compliquent : on assiste aux toutes premières scènes de ménage (1).

Il y a 12 000 ans, la grande aventure du couple commence

Mais, le véritable acte fondateur du couple remonte à 10 000 ans avant notre ère lorsqu’apparaissent les tout premiers villages. Une organisation sociale de la vie économique conduit à répartir les tâches entre les hommes et les femmes. Même si de nombreuses tribus restent polygames, c’est le coup d’envoi de l’aventure du couple.

mariage romain avec une jeune fille de douze ansIl y a 3000 ans, la société gréco-romaine fête les tout premiers mariages. Pour le citoyen romain, celui-ci est un passage obligé et un devoir. Il s’agit d’assurer la descendance et surtout de fournir beaucoup de soldats. Le mariage est à la fois une affaire économique et familiale dans une recherche d’intérêts réciproques.

Le plus souvent, tout est réglé dès la naissance de la fille. Le mariage est autorisé dès l’âge de 12 ans. Le fils apporte la terre, la fille, la dot. Le mari devient le maître absolu de son épouse. Celle-ci doit rester totalement fidèle, tandis que le mari dispose à son gré de courtisanes, concubines, esclaves et prostituées.

S’il rembourse la dot, le mari peut changer d’épouse comme bon lui semble (2). Ainsi, Mécène (vers 16 avant J.-C.) répudia et réépousa plus de 1000 fois sa femme au grès de leurs disputes.

Pour l’homme, c’est l’âge d’or de la sexualité. Tout lui est permis; le sexe sous toutes ses formes avec tout partenaires et toutes formes d’instruments. Le couple existe donc mais dans une forme libertine, surtout pour l’homme. Car l’épouse, en cas d’adultère, est répudiée sur le champ.

 L’Eglise consacre l’union à vie pour le meilleur et pour le pire…et sans le plaisir 

L’Eglise va remettre de l’ordre. C’est à partir de 1215, lors du quatrième concile du Latran, que la mariage chrétien s’impose réellement à tous en sortant de la sphère familiale privée et en entrant dans le « domaine public ». Le mariage devient alors un sacrement.

le mariage catholiqueSurtout, l’union repose sur le libre consentement des époux et cela devant témoins, c’est à dire le public, la famille, les voisins, les proches et devant Dieu, via le prêtre. Revers de la médaille, le mariage devient irrépudiable sauf en cas de consanguinité ou d’impuissance masculine avérée. Voilà, les tout premiers couples à vie !

Cette situation est pour l’homme difficile à avaler. Parfois, celui-ci ne voit pas d’autres solutions pour quitter sa femme que de la tuer. Le concile de Trente (1545 – 1563) ainsi que la Contre-Réforme catholique vont ensuite renforcer sérieusement « les liens du mariage ». Le mariage se place pour la toute première fois sous le triple contrôle de contrôle de la famille, de l’Eglise et de l’Etat.

Sous contrôle également, la manière de pratiquer la sexualité. L’Eglise va faire du plaisir un péché. Tout rapports inféconds sont interdits On va jusqu’à brûler les clitoris au fer rouge. Jusqu’au milieu du XXème siècle, le plaisir pour la femme restera un continent ignoré. Encore en 1880, s’embrasser sur la bouche dans la rue est interdit car considéré comme un attentat à la pudeur.

L’Eglise perd la main mais rien ne bouge

Si le code Napoléon, à la fin du XIXème siècle, laïcise le mariage, rien ne change réellement sur le fond. Le divorce reste quasiment impossible et le chef de famille a tout pouvoir.

Il faudra attendre le début XXème siècle pour que l’horizon s’éclaircisse pour les couples. Pour la toute première fois, un homme et une femme auront la liberté de se choisir. Un vent de liberté et de volupté commence à souffler. Une légère brise simplement, car dans les années 40, l’homme garde l’autorité sur la famille, notion qui est venue supplanter alors celle de couple.

Le couple enfin libéré

Ce vent de contestation soufflera en tempête, partout dans le monde, en 1968 (2). Pour la toute première fois, le couple dessine son idéal : 2 individus qui veulent être heureux ensemble et s’épanouirent sexuellement. Tout simplement. On connait la suite : mon corps m’appartient; jouir sans entraves.

A partir de 1970 : Un couple, c’est un homme et une femme, à égalité. Et pour la toute première fois dans l’histoire le viol conjugal est reconnu. Désormais, le couple est une œuvre d’art à construire ensemble.

Si aujourd’hui « le couple est la norme dans la plupart des sociétés » comme l’explique le biologiste Franck Cézilly(3) « c’est avant tout pour des raisons culturelles ».  

Dans nos sociétés, Il s’instaure une sorte de compromis entre les avantages du couple et la tentation de voir ailleurs. L’homme serait-il en train de devenir un « monogame en série » ?   

Publié le 5 août 2013

Un monde sans sexe.

On le sait chez les bactéries, le sexe est tout simplement banni. les pauvres !

monde sans sexeMais chez les êtres normalement constitués, c’est à dire tous les animaux, dont nous faisons partie, on pensait jusqu’ici que pour avoir une descendance, la sexualité, et donc l’accouplement, était un passage obligé. Obligé et souvent suscité et apprécié!

Autrement dit, un mâle et une femelle, avec différentes variantes, mais au final toujours un accouplement. C’était la règle!

He bien, que ni, ni ! On a désormais la preuve que certaines espèces ne connaissent pas la sexualité et s’en sortent très bien.

En effet, les rotifères bdelloïdes, petits invertébrés incroyablement résistants, résistent à tout, ou presque, comme les radiations…et même au sexe.  Pis, les ancêtres pratiquaient le sexe, puis ont abandonné cette pratique voici des dizaines de millions d’années au profit d’une reproduction uniquement asexuée(6).  Les rotifères bdelloïdes, qui comptent plusieurs centaines d’espèces, n’alignent que des femelles !

Pourtant, on avait dit que le brassage génétique que procure la sexualité représente un tel avantage évolutif que tout autre mode de reproduction, pour les êtres un tant soit peu évolués, conduit inévitablement à un échec. La raison tient au fait que les clones comptent uniquement sur les mutations aléatoires pour se diversifier et s’adapter à l’environnement et ces mutations sont souvent délétères.

On connaissait déjà, des modèles de reproduction asexuée, appelé parthénogenèse, qu’utilisent certains lézards ou poissons, mais celle-ci se pratique en parallèle d’une reproduction sexuée. Un plus, en quelque sorte.

Alors comment se débrouillent les rotifères bdelloïdes ? Elles utilisent deux stratagèmes : d’abord, elles intègrent dans leurs chromosomes de nombreux fragments d’ADN d’autres espèces. Et puis, elles utilisent un mécanisme appelé « conversion génétique » qui permet d’éviter les mutations nuisibles.

Selon les scientifiques, il se pourrait bien que d’autres espèces, à découvrir, se passent aussi de sexe.

Il n’y a donc pas que le sexe dans la vie !


Les termites : tout premiers couples de l’histoire.

Il y a 150 millions d’années apparaissaient les termites et avec elles, les toutes premières relations sociales fondées sur le couple (4), pour ne pas dire le mariage.

Une fois leur flamme réciproque déclarée et consommée dans leur chambre nuptiale creusée pour l’occasion, les deux amants, monsieur et madame termite, le roi et la reine, ne se quittent plus. Pis, ne sortiront plus de cette chambre qui sera aussi leur tombeau. Rappelons que le roi et la reine d’une colonie sont les seuls individus sexués de la colonie. La sexualisation des larves est inhibée par des phéromones secrétées par le couple royal sauf au moment de la formation des nymphes.

Comme signe de fidélité réciproque et absolu, le couple se coupent les ailes et les antennes. Fini le vagabondage. Le temps passant, comme beaucoup de couples humains, ils « baiseront » de moins en moins souvent et deviendront grassouillet, pour ne pas dire plus, ils tripleront de volume.

Main dans la main ou plutôt pattes dans les pattes, ils attendront ensemble la mort après avoir eu beaucoup de rejetons.


La fidélité : un mariage de raison ?

9 % des mammifères ont choisi la monogamie (5). Pour expliquer ce taux relativement élevé , trois hypothèses : la théorie de la dispersion des femelles, celle de la prévention des infanticides, et celle des soins parentaux.

Entre les trois, le cœur des scientifiques balance encore. La première théorie intègrerait les deux autres, de facto. Mais selon des modèles mathématiques, la volonté de protéger avant tout sa descendance serait plus fort que tout.

Quoi qu’il en soit, il semble bien que la monogamie offre un avantage évolutif indéniable. Chez les humains, lorsque la polygamie est permise, seuls 20 % la pratiquent, souvent pour des raisons économiques (4).

Pourtant, ne dit-on pas : le Rossignol est fidèle tant qu’il reste enfermé dans sa cage !

 


1 – Documentaire « La grande histoire du Couple » ARTE – Arnaud Levert , Sophie Lepault, Julien Hamelin
2 – Ca m’intéresse – Histoire – Juillet-août 2013 – N°19
3 - Source : Le Figaro – 6 Août 2013 – Sciences p.8
4- « Tous nos fantasmes sont dans la nature » – Tobie Nathan – Ed. Mille & une nuits
5 – Science – Août 2013 – Etude de Lukas et Clutton-Brock – université de Cambridge
6- Pierre-Henry Gouyon, chercheur au Muséum national d’histoire naturelle, cité dans le Figaro du 6 août 2013


A visionner pour aller plus loin :


Evolution de la famille :

Les tout premiers adolescents

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Vers 1890

La fureur de vivre !

 

Nos ados vivent aujourd’hui un âge d’or qui non seulement n’avait pas cours il y a seulement un siècle mais dont l’idée même était inconcevable à nos grands aïeux. N’en déplaise aux « Tanguy » en herbe, depuis que l’homo sapiens arpente notre bonne vieille terre et jusqu’à la proximité du XXème siècle, le rejeton de l’homme passait directement de l’enfance à l’adulte, sans passer par la case « ado ».

Il faudra attendre la fin du XIXème siècle pour que le concept d’adolescence pointe, pour la toute première fois, le bout de son nez. A partir de 1880/1890 et durant les trois premières décennies du XXème siècle, à l’instar de l’adolescent qu’il caractérise, ce concept cherchera sa place !

Cette période charnière de la vie a donc longtemps été ignorée parce que l’enfant, une fois acquis sa maturité sexuelle, devait accéder aux responsabilités et ne plus être une charge pour les parents.

Au Moyen-Âge, les enfants sont presque considérés adultes dès l’age de 7 ans mais restent toutefois sous l’autorité du père jusqu’à 12 ans. Pour les filles la majorité est fixée à 15 ans. Dans les sociétés primitives, l’adolescence n’existe pas. A travers des rites initiatiques, souvent à caractère sexuel, il est question de « tuer » l’enfant pour donner naissance à l’adulte. L’adolescence est carrément escamotée !

 L’adolescence : fille de la bourgeoisie et de l’industrialisation

La naissance de l’adolescence est le fruit d’une double mutation : celle de la scolarisation qui touche, dans un premier temps, les enfants de bourgeois et l’industrialisation qui modifie les traditions familiales. La transmission de père en fils d’un savoir-faire ancestral et souvent accompagnée de celle des terres des ancêtres ne devient plus systématique. Le jeune, attiré par les sirènes des usines, au sens propre comme au sens figuré, commence à remettre en cause cette trajectoire quasi automatique.

Développer se personnalité, son propre parcours commence sérieusement à démanger le jeune ado. Bref, « se créer une identité personnelle. C’était une idée entièrement nouvelle », comme l’indique Jeremy Rikkin(1). Il ajoute : « ce phénomène […] a eu sur les filles comme sur les garçons un impact de portée historique, et des effets qui allaient changer la conscience. »

Crise d’identité

Ce refus du statu quo révèle une crise d’identité dont l’expression ne sera pourtant inventée que dans les années 40 par Erik Erikson. Cette volonté d’exister autrement et de manière indépendante conduira autant à cette crise d’identité qu’à la construction même d’une identité.

Ainsi, pour la toute première fois, au cours de cette fin de XIXème siècle, apparaît la notion de crise adolescence. Médecins, enseignants, religieux, militaires, tous redoutent cette « altérité critique »(2). Ils y voient un âge bâtard, ingrat, potentiellement dangereux pour l’individu comme pour la société, comme le souligne l’historienne Michelle Perrot. Autrement dit, l’adolescent est raisonneur, il n’est pas raisonnable !(3).

Cela suscite des inquiétudes. Certains dénoncent une « criminalité adolescente effrayante », dont l’origine, pour des psychologues étiquetés « sociaux » comme Gabriel Tarde, provient d’un environnement défavorable où la jeunesse est livrée à elle-même. Cette situation anxiogène relayée par la presse conduit à la création, en 1906, d’une pénalisation spécifique pour les jeunes de 13 à 18 ans. Pour les jeunes de 18 ans de l’époque, la peine de mort est loin d’être une exception comme en témoigne les registres des condamnés à mort de l’année 1901, 11 mineurs sur 18 !

Parallèlement à ces mesures punitives, les initiatives, tant laïques que religieuses, ne manquent pas. La République instaure la gratuité pour la scolarité (1881), des programmes pour les apprentis et les jeunes ouvriers, des cours du soir, créée des maisons de l’adolescence qui deviendront plus tard les fameuses MJC. Tandis que les institutions religieuses développent le patronage, le scoutisme…

Age tendre et tête de bois !

Les perceptions de la notion d’adolescence, négatives dans un premier temps, vont évoluer jusqu’à celles beaucoup plus nuancées d’aujourd’hui.

Bienheureux ces grands enfants qui, après des millénaires de régime sec vont enfin pouvoir manger leur pain blanc en restant sous l’aile protectrice des parents avant de se « friter » à la dure réalité de la vie. Comme le souligne Jeremy Rifkin « « la prolongation de ce statut de protégé a rendu les jeunes plus dépendants et les a même infantilisés. De l’autre, ils sont devenus plus introspectifs, et même de bon connaisseurs de la vie ».

La jeunesse acquiert progressivement ses lettres de noblesses et devient une catégorie sociale à part entière qui commence à l’adolescence et se prolonge désormais jusqu’à ce qu’on appelle l’adulescence. Son image sera à jamais associée à celle de James Dean qui, grâce à la « Fureur de Vivre », est devenu le symbole et l’idole d’une jeunesse en mal d’identité qui veut vivre à 100 à l’heure.

Elle donne lieu à des chocs de culture qui irradient la société sur deux strates : celle des couches populaires dont sortira le phénomène des « blousons noirs » puis des crises de banlieues et celle des classes moyennes qui connaitra son apogée lors de Mai 68 et de la contre-culture..

En un petit siècle d’existence -face à près de 200 000 ans pour l’espèce humaine, excusez du peu ! -, l’adolescence est parvenue à bouleverser l’ensemble de la société. Culture et langages spécifiques, remise en cause de la société, de l’autorité, désir de libéralisation des mœurs, recherche de nouvelles valeurs, de nouvelles frayeurs, accrocs aux signes d’identification propres, addiction à la technologie et aux substances illicites, l’adolescence est devenue un tout nouveau terrain de jeu, une sorte de cocon soumis à d’immenses tensions internes d’où sortiront les nouveaux maîtres du monde : Bill Gates (cofondateur de Microsoft), Steve Jobs (Apple), Mark Zuckerberg (Facebook)…

L’adolescent tient désormais dans la société une place de choix que l’on pourrait résumer à cette formule de Pagnol (4) : « il est grand ce petit » !


Via mobile et blogs, les ados se mettent à nu !

Les ados d’aujourd’hui n’ont plus grand-chose en commun avec ceux qui ouvert la voie à cette période intermédiaire d’une vie qu’est l’adolescence, il y a plus de 100 ans. Il n’en demeure pas moins qu’aujourd’hui comme hier, les adolescents ont comme deuxième nature le fait de douter de soi et de rechercher la transgression.

Les pratiques récentes connues sous le vocable de « dedipix » et de « sexting », favorisées par la connexion entre les nouveaux moyens de communication des réseaux sociaux, des sites de partage vidéos (Youtube / Dailymotion) et des mobiles, qui consistent à exhiber une partie de son corps ou à se mettre en scène dans des situations plus qu’intimes pour ne pas dire scabreuses répondent à ce besoin.

Pour le psychanalyste et spécialiste des mondes virtuels, Yann Leroux(*) : « mettre en ligne des images partielles de son corps via le “dedipix” permet aux adolescentes de voir ce qui peut susciter de l’intérêt chez le sexe opposé, sans trop se dévoiler non plus puisqu’elles cachent souvent leur visage ».

En effet, le « Dedipix » consiste, pour une adolescente à écrire une dédicace sur une partie plus ou moins intime de son corps et de diffuser cette photo sur leur site personnel. Cela est souvent assorti d’un dispositif de points (dénommés « coms ») variables selon l’endroit du corps où se situe cette dédicace.

Le « teen Sexting » va encore plus loin dans l’exhibition puisqu’il s’agit cette fois de se montrer, via mobile et web, dans des situations érotiques pour ne pas dire pornographiques. Selon un sondage de la Sofres publié en octobre 2009, 14 % des 12-17 ans français auraient déjà reçu des messages à caractère sexuel de la part de leurs copains ou petite amie. Il arrive que des « minettes » de 13 ans diffusent leur toute première relation intime via leur mobile, parfois même sous la forme d’une série : leur première fellation, leur première relation sexuelle, leur première sodomie…

Relativisons cependant le succès de ce phénomène. Une étude américaine portant d’août 2010 à janvier 2011 révèle que seul 1% des jeunes de 10 à 17 ans ont envoyé des photos d’eux-même ou de leurs camarades nues sur internet ou sur leur mobile.

Néanmoins, c’est la rançon d’une société hyper-sexualisée ou tout doit être tenté. Pour paraphraser le publicitaire Seguela, si à 18 ans tu n’as pas tout connu du sexe, ton adolescence est ratée !

Quelques soient les époques, et au grand désarroi des parents, l’adolescence c’est les premiers pas vers la sexualité. Premiers émois, premiers amours, premières expériences sexuelles… et maintenant, premières « exhib » !

* Pour en savoir plus : http://www.psychologies.com/Famille/Ados/Sexualite-des-ados


« Pouponnière » d’entreprises

Evita Nuh du haut de ses 12 ans vient de créer –fin 2011- sa marque de vêtements, Little Nuh.
Evita est loin d’être une exception.

Leanna Archer, Haïtienne d’à peine 16 ans, PDG de Leanna’s inc, société qui commercialise des produits capillaires, affiche 100 000 dollars de chiffre d’affaires. Amber Atherton, top model britannique de 19 ans, repérée à l’âge de 12 ans, fait un tabac auprès des célébrités avec sa boutique en ligne, myflashtrash.com. Autre exemple, Tavi Gevinson une blogueuse de mode influente de 16 ans.

Et les garçons ne sont pas en reste : Greg Grossman, 15 ans seulement mais déjà chef cuisinier chez un traiteur. Plus fort, Blessing Maregere, 18 ans, a déjà à son palmarès la création et la revente de 5 entreprises ! Plus fort encore, Farrah Gray, le business dans la peau, est devenu millionnaire à 14 ans. A donf… ces ados !
Face à ces « bébés » entrepreneurs, tête de pont de la génération Z, la génération précédente, Y, semble déjà has been. Ce phénomène devient un vrai business aux Etats-Unis. Les entreprises spécialisées dans le conseil à ces très, très jeunes entrepreneurs se multiplient ainsi que les sites qui leur sont dédiés, comme teenentrepreneurblog.com.

En France, si le phénomène est moins répandu, depuis le 1er janvier 2011, il est néanmoins possible pour un ado de créer son entreprise, dès lors qu’il a atteint 16 ans.

Ces ados hypers-précoces, presque hors-d’âge, ambitieux, très sûr d’eux se sentent invincibles. Ils n’attendent pas grand-chose des autres ni de leurs aînés. « Comme la transmission générationnelle s’est affaiblie, ils ont l’illusion qu’ils n’ont pas besoin de l’expérience de leurs aînés pour s’accomplir », explique la psychologie Béatrice Copper-Royer dans son livre « Vos enfants ne sont pas des grandes personnes » (éd. Albin Michel).
Il n’y a pas à dire la valeur n’attend pas ou n’attend plus le nombre des années !

* Pour en savoir plus : Article « Les petits ambitieux » – Nouvel Observateur N° 2467 – 16 février 2012


(1) Une nouvelle conscience pour un monde en crise – Jeremy Rifkin – Ed. LLL (Les liens qui libèrent)
(2) Sciences Humaines – Martine Fournier . N°110 – Novembre 2011
(3) Histoire de l’adolescence, 1850-1914 ; Agnès Thiercé – Ed. Belin
(4) Réplique de Raimu dans la Trilogie de Pagnol


A visionner pour mieux comprendre :


Phénomène Dedi Pix blog par CyberPeople

 

 


A lire pour aller plus loin :

  • L’adolescence n’existe pas. Une histoire de la jeunesse, de Patrice Huerre, Martien Pagan Reymond et Jean-Michel Reymond.Pourquoi les jeunes prennent-ils leur indépendance de plus en plus tard ? Cette adolescence prolongée n’est-elle pas source de souffrance ? Comment expliquer l’augmentation des violences, des passages à l’acte, des dérives auto-initiatiques ? L’adolescence n’est qu’une création récente de notre société, un artifice pour signifier, autour de la puberté, le passage de l’enfance à l’âge adulte, qui, lui, a toujours existé. Autrefois, ce passage était célébré, délimité, à travers des rituels. Aujourd’hui, cette transition se dilue dans le temps. Pis, ce sont les adultes qui, par refus de vieillir et par souci de supprimer tous les risques, excluent les jeunes du monde des grands. Attention, l’adolescence est bien un artifice, un mythe qui nous empêche d’aider nos enfants à devenir adultes.
  • Histoire de l’adolescence, 1850-1914, de Agnès Thiercé.Le concept d’adolescence s’est forgé, puis inscrit dans la société, durant la seconde moitié du XIXe siècle. Ne prenant d’abord en compte qu’une minorité – les garçons pubères de la bourgeoisie, seuls à bénéficier, au sein des collèges et des lycées, d’un espace-temps de vie propre à leur âge -, la notion a peu à peu englobé celles et ceux qui d’abord en étaient exclus ; les classes populaires et les jeunes filles.
    Ce livre montre comment les nouvelles politiques d’encadrement mises en place par la Troisième République et les Églises dans les années 1880-1890 ont permis ce tournant. On voit naître une nouvelle science, la psychologie de l’adolescence.
    De la «crise de l’adolescence» à «l’âge de tous les possibles», notre perception contrastée de l’adolescence est très largement héritée des discours du XIXe siècle.

Toute première « touche » de la révolution sexuelle

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1956

Une pilule qui change la vie !

Gregory Pincus (1903-1967), biologiste américain, le père de la pilule contraceptive.
Gregory Pincus (1903-1967), biologiste américain, le père de la pilule contraceptive.

 

 

1956 marque un tournant absolument majeur dans l’histoire de l’humanité. Ce que l’on désignera  comme la toute première révolution sexuelle. 

Une pilule d’un genre nouveau qui ne cherche pas à soulager la vie mais à la contrôler est testée par son inventeur américain, le Dr Gregory Pincus (qui codirige la Fondation  Workcenter de Boston pour la biologie expérimentale) sur 250 jeunes femmes d’une banlieue de Porto-Rico.  

Désormais l’humanité va jouir d’un droit de regard sur les naissances couplé à un droit au plaisir. Les tout premiers de la gente animale à disposer d’un tel  pouvoir ! Désormais, il n’y aura plus de mal à se faire du bien.

 Contrôler les naissances : un rêve qui devient réalité

Faut dire que l’attente remonte à la nuit des temps. Jusqu’ici les rapports amoureux restaient une activité à haut risque.  Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir accompli moult acrobaties pour les réduire : introduction de miel dans le vagin, pommade à base d’excréments de crocodile égyptiens, huiles de racines de mandragore mélangées à la pulpe de grenade, douche vaginale d’eau froide pour tuer le sperme vivant, tampons occlusif en laine. On retrouvera même une sorte de stérilet dans une momie égyptienne !

A cela s’ajoute les efforts côté sexe fort avec l’introduction en 1870 du tout premier préservatif en latex. Bref, toute une panoplie de méthodes dont la plus célèbre reste  la fameuse méthode Ogino, mise au point en 1924 par un médecin japonais, Kiasuku Ogino. Las, des milliers de bébé naîtront de la suite des échecs (40%) de cette méthode.

La progestérone : le pouvoir de dire non !

Depuis, la science à progressé : ici la première pilule supprimant totalement le cycle mensuel.
Depuis, la science à progressé : ici la première pilule supprimant totalement le cycle mensuel.

 Cette fois, Gregory Pincus tient le bon bout ou plutôt la bonne formule. Il est aidé en cela  par la volonté inébranlable de 2 femmes : Margaret Sanger qui est infirmière et leader féministe et Katharine McCormik, biologiste qui propose, dès 1950, de financer ses recherches grâce à son  immense fortune. 

Pincus est persuadé que la solution consiste à stopper l’ovulation durant la grossesse en mettant la femme sous progestérone.  Le principe ainsi défini, il faudra 6 années pour en ajuster l’élaboration qui passera par un composé de progestérone et d’estradiol (l’Enovid) puis  qui se tournera vers un allégement de la concentration hormonale.  
Après en avoir réglé les effets secondaires, la pilule contraceptive(1) arrive sur le marché des Etats-Unis en 1959 où elle rencontre un vif succès mais aussi beaucoup d’hostilités.

Dès 1965, plus de 25% des américaines de moins de 45 ans lui fera confiance.  Elle sera adoptée rapidement en Chine pour les raisons que l’on imagine. Il faudra attendre la loi Neuwirth fin 1967, pour qu’elle fasse son apparition en France, et seulement pour les couples mariés, jusqu’ici sous le joug de la loi de 1920 prohibant la contraception. 
69 n’est plus qu’à une encablure. 

L’aventure humaine part déjà sur un nouveau pied qui annonce une révolution des mœurs sans précédent. « Prendre son pied » et garder  l’esprit libre, pour la toute première fois, le rêve devient réalité.


 Petite histoire des premiers pas de la seconde révolution sexuelle !

Nous sommes en 1983 à Las Vegas où se tient un congrès d’urologie. Un chercheur britannique Giles Brindley doit y présenter ce qui est considéré comme le tout premier traitement vraiment efficace contre le dysfonctionnement érectile (DE), autrement dit, l’impuissance. Personne à l’époque ne parle de Viagra car celui-ci ne fera son apparition qu’une quinzaine d’années plus tard. Ce traitement, que Brindley va annoncer, fait donc figure de découverte historique pour la prise en charge de l’impuissance.

Lors de son exposé dans l’auditorium de l’hôtel, Giles Brindley aborde, bien entendu, ses travaux de recherche dont le principe consiste à une injection dans le pénis de substances améliorant la circulation sanguine. Il explique qu’en l’absence de modèle animal adéquat, il a auto-expérimenté son traitement, avec preuve à l’appui sous forme d’une série de photographies  plus évocatrices les unes que les autres.

Conscient que ces photos qui auraient pû être prises dans un contexte de simulation érotique autre que médicamenteuse ne constituaient pas vraiment une preuve aux yeux de l’assemblée réunie ce jour-là dans la salle, il décida d’appuyer sa démonstration autrement.

A la stupeur du public, il baissa son pantalon et son caleçon, en expliquant qu’il s’était préalablement injecté dans sa chambre d’hôtel le fameux produit. Son pénis était manifestement en érection. Mais Brindley ne s’arrêta pas là. Pour convaincre définitivement son assemblée, il descendit de l’estrade, ses attributs aux vents, et alla à la rencontre du public en tenue de soirée.  « J’aimerais donner à certains membres de l’assistance l’occasion de confirmer le degré de tumescence, » dit-il le plus sérieusement du monde.

Inutile de préciser les réactions de l’assistance, surtout pour sa partie féminine, qui hésita entre stupeur et tremblement ! Au final, les résultats furent publiés fin 1983. L’un des membres de l’assistance à qui l’on doit ce récit, félicita en 2005 dans un article (2) le professeur Brindley pour « l’énorme contribution » aux troubles de l’érection.  Sic !

 


(1) Le terme usuel de « Pilule » aurait comme auteur Aldous Huxley qui emploi le mot « the pill » dans « le Meilleur des mondes » en 1958.
(2) L’urologue Laurence Klotz dans le British journal of Urology International.

 


A visionner pour mieux comprendre :


A voir et à lire pour aller plus loin :

Les Sixties : un festival de premières fois !

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9 mai 1960

Oh, hippies days !! 

Le Groupe Pink Floyd, précurseur du rock psychédélique

Le Groupe Pink Floyd, précurseur du rock psychédélique; illustration ici de leur principaux albums

 

9 mai 1960. Lever de rideau pour une décennie de folies qui restera à jamais gravée dans la mémoire collective sous le « label » des Sixties !

Ce jour-là, la Food and Drug Administration, (Agence américaine de contrôle des aliments et des médicaments) donne son autorisation de mise sur le marché à la toute première pilule contraceptive, l’Enovid

C’est le coup d’envoi pour un festival de « premières fois » uniques dans les annales de l’histoire sur une période aussi courte. Comme le résume l’éditorialiste Claude Weill (1) « C’était le temps des commencements. Un monde finissait, un autre naissait ».

Un monde finissait, un autre naissait !

Et oui, le monde ne sera plus jamais comme avant !  Bien sûr, les années 50 avaient déjà sonné le début de la récréation : l’essor de la télévision aux Etats-Unis, phénomène qui allait se répandre sur la planète, le règne de la « bagnole », les toutes premières villes nouvelles, les premiers pas de la conquête spatiale, du nucléaire civile;  l’envolée de la course aux armements, l’appel d’air du rock, le premier shopping center (1953) émergeant d’un champ de pommes de terre près de New York, les fast-foods…

Bref, comme le souligne le David Halberstam, journaliste américain, prix Pulitzer, l’invention de la société moderne !

Ces événements des fifthies portent le germe d »une révolution socio-culturelle encore à l’oeuvre aujourd’hui. Mais leurs  fondations restent encore largement ancrées dans le domaine de la consommation issue de la révolution industrielle et demeurent très conformistes. Tandis que les Sixties amènent un vent totalement inédit qui va transformer la société en profondeur, et cela en un temps record. C’est probablement sans précédent dans l’histoire.

symboles des sixties

On peut y voir un hymne aux premières fois, tant celles-ci sont nombreuses. Et sur tous les plans : technologique, culturel et surtout au niveau des mœurs et plus particulièrement sur celui de l’émancipation de la femme.

Alors, oui, tout a commencé ce 9 mai 1960 car, même si la pilule contraceptive a été inventée en 1957 (cf. article sur la pilule contraceptive), elle arrive sur le marché en ce début des sixties, comme le porte-drapeau de cette décennie qui va changer le monde.

Rappelons-nous !

Le premier homme dans l’espace et le premier pas sur la Lune, la première greffe du cœur, les premiers essais du Concorde et le lancement du paquebot France, le premier 100 mètres en 10 secondes, les premiers jalons de ce qui deviendra Internet avec Arpanet, les débuts de Beatles et de la vague Yé-yé et des anti yé-yés comme Polnareff (2). Pour la première fois les chanteurs sont plus jeunes que leurs fans !

Un nouveau souffle pour le cinéma grâce à Truffaut, Rhomer, Godard et quelques autres initiateurs de « la nouvelle vague », une nouvelle star, Brigitte Bardot qui en casse tous les codes, le Nouveau Roman et le structuralisme porté notamment par Lacan engageant la jonction entre la psychanalyse et la linguistique ;

La révolution vestimentaire et plus globalement culturelle qui voit le tutoiement s’imposer, les fleurs envahir des cheveux qui poussent, et la drogue rendre ses fleurs multicolores, la naissance du Pop art, le discours de Martin Luther King en août 1963 et évidemment, mai 68 qui dresse le peuple du monde occidental sur les barricades et d’une certaine manière qui dresse aussi le chapiteau de Woodstock en août 69. Un point d’orgue comme pour conclure avec panache cette décennie où tout devient ENFIN possible. Pour la première fois !

Sous les pavés, la plage ??

Cependant, tout n’est pas rose, loin s’en faut. Les essais nucléaires se multiplient dans une guerre froide qui aurait pu déboucher sur un embrasement mondial et irrémédiable lors de l’affaire des missiles de Cuba à l’automne 1962 ; l’Amérique s’engage au Vietnam, Israël gagne une guerre éclair, tandis que la France est engluée en Algérie et que Berlin dresse son mur.

Il faut à un ouvrier français ½ mois de salaire pour s’offrir un transistor, tandis qu’il ne dispose que très rarement de salle de bains et que moins de 4% de ces enfants accèdent à des études supérieures.

Pour la première fois, l’humanité a conscience de vivre, en temps réel –c’est-à-dire à échelle humaine – un accouchement sociétal où pour la toute première fois l’individu s’émancipe de sa famille et des règles sociales séculaires. Celui-ci s’effectue dans la douleur mais avec une joie et une espérance inégalées.

Nous sommes au milieu des trente glorieuses, au printemps de tous les possibles.

Publié le 2 mai 2012

La beat generation

« Faites l’amour pas la guerre ». Parmi les slogans de mai 68, celui-ci est peut-être le plus révélateur de la mutation qui est en gestation depuis le début des années 60.

Cela se traduit par une libération des corps et des esprits qui se manifeste par l’émergence de la contre-culture et par la transgression. Autrement dit : une Culture jeune qui apparait pour la première fois comme l’a souligné le sociologue Edgar Morin (3).

Même si toutes les couches et tous les domaines de la société sont touchés par cette mutation socioculturelle spectaculaire, les jeunes -un français sur trois- en sont le fer de lance.

La beat génération

Tandis que les cheveux s’allongent les jupes se raccourcissent avec les minijupes et les filles se dénudent n’hésitant pas à se montrer en monokinis, les seins nus. Le tout dans une ambiance « peace and love », matinée de sexe, de drogue rythmé par le rock’n roll (4).

Mais surtout, c’est le rapport au sexe qui commence vraiment à changer. Songeons qu’à cette période, il est impensable d’avoir des relations sexuelles avant le mariage. Les filles qui tombent enceintes hors mariage sont renvoyés par leur employeur et répudiés par leur famille. Jusqu’en 1972, date à laquelle la loi Neuwirth autorisant la pilule contraceptive rentrera effectivement en vigueur, il faut l’accord parental pour obtenir la Pilule jusqu’à l’age de 21 ans (âge de la majorité à l’époque).

Les jeunes aspirent donc avant tout à une chose : disposer de leur corps et revendiquer le droit à la jouissance. Et pour les femmes, cela est totalement nouveau. Depuis la nuit des temps, elles n’ont jamais connu cette possibilité de jouir sans entrave, l’esprit et le corps libre.

Pour la toute première fois, les femmes peuvent oser dire « Un enfant,  si je veux et quand je veux ! »


Un feu d’artifice de premières fois et d’évènements :

  • 1er janvier 1960, le nouveau franc fait une entrée fracassante ;
  • Entre janvier et septembre 1960, tous les pays des anciennes colonies françaises d’AOF (Afrique-occidentales Française) accèdent à l’indépendance ;
  • 21 avril 1960, inauguration de Brasilia, sortie de terre en 1000 jours, dit-on, devient le symbole de l’architecture moderne;
  • 9 mai 1960, autorisation aux Etats-Unis de la Pilule contraceptive ;
  • 11 mai 1960, inauguration du paquebot France ;
  • Septembre 1960, Cavanna et le professeur Choron lance « Hara Kiri », apportant une forme d’humour inédite ;
  • Août 1960, portée par 4 copains, l’appellation « Beatles » entre dans l’histoire ;
  • 20 septembre 1960, Johny Halliday fait ses débuts tandis que la même année, Jean Luc Godard sort « A bout de souffle » ;
  • 12 avril 1961, Gagarine est le premier homme dans l’espace ;
  • 13 août 1961, la RDA érige le « mur de la honte » ;
  • 30 octobre 1961, les soviétiques font exploser la bombe atomique la plus puissante jamais construite : 4000 fois celle d’Hiroshima ;
  • 1962, le taux croissance de l’économie atteint pour la première et la dernière fois, 6,8 % ; M. McLuhan publie la Galaxie Gutenberg évoquant le village mondial ;
  • 8 avril 1962, référendum sur l’indépendance de l’Algérie ;
  • Juillet 1962, Konrad Adenauer et le général de Gaulle scellent la réconciliation franco-allemande.
  • Octobre 1962, la crise des missiles de Cuba ;
  • 11 octobre 1962, ouverture du Concile Vatican II qui va transformer la liturgie de l’Eglise catholique ;
  • Novembre 1962, Alexandre Soljenitsyne publie son premier roman « Une journée d’Ivan Denissovitch » ;
  • 28 août 1963, devant plus de 250 000 personnes réunis devant la Maison Blanche, Martin Luther King lance « I have a dream »
  • 22 novembre 1963, assassinat de John F. Kennedy à Dallas ;
  • 12 juin 1964, Nelson Mandela, leader de l’ANC est condamné à la prison à perpétuité d’où il ressortira en février 1990 ;
  • 27 juin 1964, à Saint-Tropez, le monokini fait son apparition ;
  • 5 juin 1965, sortie du tube des Rolling Stones, « Satisfaction » ;
  • 25 juillet 1965, Bob Dylan au festival de Newport avec sa guitare électrique, se fait huer ;
  • Automne 65, Syd Barett, Nick Mason, Roger Waters, Richard Wright inventent avec le Pink Floyd le rock psychédélique ;
  • Janvier 1966, première communauté hippie en Californie ;
  • Avril 1966, le président Mao Tsé-toung lance sa « révolution culturelle prolétarienne », provoquant entre 400 000 et 1 million de morts ;
  • 1966, le Mini-K7 de Philips révolutionne, grâce à la possibilité d’enregistrer, le rapport à la musique ;
  • 1967, Brigitte Bardot chante en duo avec Serge Gainsbourg « Je t’aime, moi non plus » ; Au Golden Gate Park de San Fransisco, 40 000 hippies couvrent de fleurs des policiers;
  • 7 février 1967, début des bombardements américains sur le Vietnam ;
  • 5 juin 1967, guerre des six jours menée par Israël ;
  • 9 octobre 1967, Ernesto Guevara, alias le Che, est exécuté par l’armée bolivienne ;
  • 3 décembre 1967, première transplantation cardiaque réalisée par le chirurgien sud-africain Christian Barnard ;
  • 28 décembre 1967, l’Assemblée Nationale adopte la loi Neuwirth autorisant la pilule ;
  • 15 avril 1968, Yasser Arafat sort de la clandestinité ;
  • 29 avril 1968, les Shadoks commençaient à pomper ;
  • Mai 1968, sous les pavés, la plage !
  • 23 juillet 1968, premier détournement d’avion, entre Rome et Tel-Aviv ;
  • 20 août 1968, les troupes soviétiques envahissent la Tchécoslovaquie ;
  • 21 juillet 1969, pour la toute première fois, un homme marche sur la Lune ;
  • 12 août 1969, embrasement de l’Irlande du Nord ;
  • 15 août 1969, ouverture du festival de Woodstock qui rassemble un demi million de spectateurs contre 50 000 attendus;
  • 1969, « Easy Rider » de Dennis Hopper, une « road movie » qui exalte l’envie de liberté et l’épanouissement personnel, tout l’esprit des sixties.

1 – Nouvel Observateur – Spécial années 60 – « Dix ans qui ont changé le monde » – N° 2459/2460 – Décembre 2011
2- Le Figaro.fr – « Les enfants terribles de sixties » – 20 avril 2006
3- « L’esprit du Temps » – Edgar Morin – 1962, rééd.  Armand Colin, 2008
4- « Mai 68 et la Libération des moeurs » – Sciences Humaines – Mai 2008 


A visionner pour mieux comprendre :

La Folies des années 60, un documentaire de France 3 :

Brigitte Bardot – L’égérie des années 60 :

Saint-Tropez lance la mode du monokini :


Propositions de lectures pour retrouver l’ambiance des Sixties :

  • Beat GenerationPour Jack Kerouac, le terme « beat » signifie « être, d’une façon non dramatique, au pied de son propre mur ». En 1957, Sur la route devenait le livre-symbole de la liberté, de la contestation des valeurs bourgeoises et de la révolte face à la cupidité du monde. Née à New York de l’amitié entre quatre hommes, Kerouac, Ginsberg, Cassady et Burroughs, la Beat Generation revendiquait des engagements politiques forts et refusait la course à l’argent. De leur vivant, les artistes Beat vivaient l’art comme une continuité, une œuvre commune. Pour la première fois, leurs textes sont ici réunis selon leur vraie vocation et forment un tout cohérent.
  • Swinging sixties : Londres-ParisCe livre se propose de revisiter les sixties à travers le prisme de la culture rock. A l’origine américaine, cette musique se déploie sur le monde en provenance de Grande-Bretagne. The British Blues Boom ! Les Beatles, les Rolling Stones, les Who… modélisent une jeunesse tournée vers la modernité et l’émancipation. Londres irradie jusqu’en 1967, et continue de donner le la jusqu’en 1972 tandis que, déjà, le fameux Swinging London se pare d’atours « glam ». Retour sur une décennie qui façonna les moeurs dites modernes dont nous sommes tous les héritiers. Retour sur cinq groupes essentiels – les Beatles, les Stones, les Kinks, les Who et les Pink Floyd. La mode de Carnaby Street, le Pop Art, le psychédélisme, la mini-jupe, Twiggy, la Triumph, Chapeau melon et bottes de cuir, mais aussi chez nous, le magazine Salut les Copains et le Pop Club de José Artur, Sylvie Vartan ou Françoise Hardy et ses robes Paco Rabanne, Antoine, Jacques Dutronc, Michel Polnareff et autres chanteurs anti-yéyés, Campus de Michel Lancelot et le président Rosko… Une génération, une façon de vivre, d’appréhender le monde et la musique en Angleterre et en France. Une histoire détaillée, sociale et artistique. Une somme iconographique – plus de 600 documents rares ou inédits. Une saga accessible, au doux parfum de nostalgie, qui évoquera bien des souvenirs à ceux qui ont connu l’époque et fera rêver les plus jeunes !
  • Les égéries sixtiesDébut des années 1960. Des filles se rencontrent à Paris dans l’agence de mannequins de Catherine Harlé : Nico, Anita Pallenberg, Amanda Lear, Anna Karina… Libres, extravagantes, gonflées, elles font les beaux jours et les belles nuits de la Rive gauche et croisent d’autres beautés : Zouzou, Caroline de Bendern, Tina Aumont, Marie France, Valérie Lagrange, Deborah Dixon… Plus qu’une bande, ces femmes incarnent un état d’esprit, une allure, et vont influencer profondément leurs amants, des figures du rock : Brian Jones, Keith Richards, David Bowie, parmi d’autres. Peindre l’existence de ces véritables stars, c’est remonter le fil qui relie la mode de Carnaby Street à celle du boulevard saint-Germain. C’est s’inviter à des parties hallucinantes, des deux côtés du Channel. C’est entrevoir, à travers ces égéries touche-à-tout, ce qui rapproche le monde des Rolling Stones de l’univers de Philippe Garrel. C’est ressusciter les figures légendaires de Donald Cammell, dont l’appartement de Montparnasse fut le haut lieu de l’axe Paris-Londres, et de Talitha Getty, dont le palais de Marrakech fut le théâtre d’orgies mémorables. Suivre la destinée de ces femmes exceptionnelles, c’est dessiner une certaine idée des années 1960 avec tempêtes sexuelles, rafales de Stratocasters et déferlements de poudre. Mais confesser aujourd’hui les acteurs essentiels d’une époque dingue, c’est aussi, pour l’auteur, trouver la confirmation qu’on écrit pour conjurer ses propres fantômes.
  • Oeuvres de Françoise SaganCinquante ans après, la petite musique de Bonjour Tristesse, que l’on retrouvera dans les autres romans de Sagan, chante toujours aussi délicieusement à nos oreilles. Un retour dans les années 1950 et 1960 toujours à la mode.
  • Sixties : Cinéroman, de Robert Belleret.Dans ces mémoires d’un jeune homme dérangé, Robert Belleret livre un itinéraire d’adolescent glandouilleur, fauché, timide mais exalté, tout au long des années soixante. De l’entrée au lycée à l’embauche dans un journal, en passant par la case caserne et les boulots de gratte-papier indocile, Sixties se lit comme un roman de formation. Le music-hall, le Livre de poche et le septième art ayant constitué les universités de l’auteur, Aznavour, Hemingway, Godard, Bébel et B.B., les Beatles et les Stones, Léaud et Léo et tant d’autres « maîtres » figurent au générique de ce cinéroman constamment irrigué par le cinoche – celui qu’on regarde avec les yeux et celui qu’on se fait dans sa tête. Sans jamais se donner le beau rôle dans ses tribulations d’acteur anonyme – virées entre copains, amitiés fondatrices, élans amoureux chaotiques, premiers baisers, errances banlieusardes et voyages au bout du monde -, Belleret est aussi le témoin attentif de l’ère des ruptures où de Gaulle et les deux K (Khrouchtchev et Kennedy) dominent le paysage. Il brosse ainsi la chronique, juste, drôle et trépidante d’une époque – du yé-yé triomphant à la grande chanson française, du dernier flot des westerns à la Nouvelle vague, du rock à la pop, des scoubidous aux minijupes, de la sale guerre d’Algérie au joli mois de mai – dont l’image n’est pas près de se ternir.

La toute première sexualité « augmentée » ou cybersexualité

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2007

Cybersexualité ou la sexualité augmentée

« Vous avez un nouveau vibro-message ! »

En 2007 s’est produit un basculement majeur dans nos relations amoureuses et sexuelles ; et cela presque à notre insu. L’interconnexion entre le monde réel et le monde virtuel a pris une nouvelle dimension : une interrelation entre avatar et personne physique en quête de plaisirs artificiels mais bien réels. Tout comme les voitures, les relations amoureuses et sexuelles deviennent hybrides. Est-ce pour le meilleur ?

 

Cette année-là, pour toute la première fois de mémoire d’hommes et de femmes, un personnage virtuel, dénommé avatar, situé dans un univers non moins virtuel, celui de Second-Life (1), offre, à distance, une interaction physique, bien réelle, avec une personne en chair et en os pour lui procurer du plaisir.

Bien-sûr, derrière ce phénomène il y a de la technologie : un vibromasseur baptisé Xcite Touch connecté à un ordinateur via une clé USB et qui est piloté par un avatar de Second-life, l’univers virtuel et réseau social accessible sur internet.

Second-life-cibersex

Cette toute nouvelle façon de « faire l’amour » marque les premiers pas, encore maladroits, vers une sexualité augmentée comme on dit aujourd’hui. C’est-à-dire une sexualité bien réelle à laquelle la technologie apporte un plus en permettant des interactions à distance, en temps réel et en réseau.

« c’est un moment emblématique : on a alors permis au grand public d’avoir un retour physique – un feed-back – vers le corps », explique, Yann Minh, artiste multimédia et auteur de science-fiction (2).

Même si cette expérience apparait encore peu aboutie, elle préfigure ce qui nous attend dans un futur relativement proche. Les objets connectés dits « haptiques » commencent à débarquer dans les chaumières. Leurs missions : stimuler nos sensations tactiles et thermiques.

L’empire des sens

Depuis 2012, une société taïwanaise commercialise un « couple » de sex-toy (3), l’un réservé à monsieur, l’autre à madame, les deux vibromasseurs étant connectés à un smartphone. Ainsi, monsieur et/ou madame peuvent déclencher le plaisir chez leur partenaire à distance. Vous avez un nouveau massage, en quelque sorte !

Comme l’a écrit le célèbre sociologue Mc Luhan, l’utilisation d’un outil nous transforme, et transforme notre relation au monde. La pratique de la cybersexualité va inévitablement dans ce sens et pourrait provoquer ce que Mc Luhan appelle la « narcose narcissique ». Il s’agit d’un état de conscience modifié où l’individu investissant son être dans un prolongement technologique perd conscience de lui-même(4).

Cybersexualité

Toutefois, relativisons, car les prouesses de l’imagination humaine et l’inventivité technologique en matière d’aide à l’orgasmes ne datent pas d’hier. Loin s’en faut.

Les paradis artificiels

Il y a 30 000 ans (28 000 ans av.J.-C.), on utilisait déjà les godemichés. On a retrouvé, un objet en pierre polie long de 20 cm et de 3 cm de diamètre. Il représente, selon les spécialistes, le tout premier outil sexuel connu (4). Bien plus tard, la pièce grecque d’Aristophane, Lysistrata (écrite en 411 av J.-C.), met en scène le thème « faites l’amour, pas la guerre ». Elle l’illustre en arborant, sans complexe, des godemichés dans la lignée du culte du phallus en vogue à l’époque..

Traitement de femme hystérique à la fin du XIXème siècle par masturbation, ici à l’aide de puissants jets de douche.

Pour que la fabrication se professionnalise, il fallut attendre en occident le XVII ème siècle : les phallus artificiels sont confectionnés sur mesure, en pierre, bois, cuir, os, ivoire ou céramique. Si les élites en raffolent, l’impératrice Catherine II de Russie en est folle ! Elle a la réputation, à tort ou à raison (voir encoart), de les avoir collectionnés et utilisés plus que de raisons.

C’est en 1907, qu’est - enfin ! - inventé le tout premier vibromasseur portatif. Il est hydraulique et n’a rien de romantique. Tout comme son prédécesseur, le premier vibromasseur électromagnétique, sorti en 1883, il ressemble à un instrument de torture.

Un peu de patiente, on prédit que vers 2050 (6), il nous sera proposé des prostituées androïdes à la beauté bouleversante et aux possibilités extravagantes.

Comme l’entrevoit le philosophe Milad Doueihi(2), l’espace numérique est en train d’happer progressivement nos vies, nos amours et notre corps tout entier.


Un amour de Catherine

L’impératrice Catherine II de Russie (1729 – 1796)  n’appréciait pas uniquement les belles lettres, elle aimait aussi beaucoup le sexe. Elle collectionna, d’ailleurs, une vingtaine d’amants.

Au-delà des hommes, il est probable qu’elle collectionnait aussi les godemichés de toute nature.

L’histoire raconte que dans son palais de Tsarskoïe, aux environs de Saint Pétersbourg,  un mur entier d’un cabinet, que l’on qualifia d’érotique, alignait les phallus artificiels de tous poils.

La grande Catherine aurait disposé aussi, selon des témoignages, d’une collection étonnante de meubles érotiques aux motifs explicites : fellation, phallus, cunnilingus…

Cependant, ll faut avouer que l’existence même de ce cabinet de débauche qui aurait été à la main de la Grande Catherine  divise encore les historiens, malgré ses appétits sexuels reconnus .

 


Joindre l’outil à l’agréable : une longue histoire

  • 28 000 ans av. J.-C. :  le tout premier objet de plaisir découvert ;
  •  Vème siècle av. J.-C. : le théâtre s’empare des godes,
  • XVIIème siècle : les premiers gadgets sexuels commercialisés ;
  • 1883 : le tout premier vibromasseur inventé par le Dr Joseph Mortimer Granville ; il est baptisé « percuteur mécanique à ressort » ;
  •  1907 : premier vibromasseur portatif ;
  • Années 1970, premières tentatives de communication en réseau à vocation sexuelle, en piratant le réseau téléphonique français ;
  • 1984 : les débuts du Minitel Rose ;
  • 1987 : premier personnage numérique interactif à vocation sexuelle et première jouissance virtuelle, via le jeu MacPlaymate sur Macintosh. Le but du jeu consistait à faire jouir une playmate virtuelle en manipulant les touches du clavier ;
  • 2007 : premier feed-back entre personnage réel et personnage virtuel ;
  • 2008 : première observation d’un orgasme féminin par IRM
  • 2010 : Roxxxy, le premier robot sexuel à être commercialisé ;
  • 2010 : La manette de la Wii de Nintendo devient, via extensions, un vibromasseur
  • 2012 : Connectés à un smartphone, les vibromasseurs de la société LovePalz permettent de procurer du plaisir à distance ;
  • 2013 : Première immersion 3D pornographique -marque japonaise Tenga- avec lunettes 3D et contrôleur de jeu issu de simulateurs de vol permettant des mouvements de haut en bas… ;
  • Vers 2050 : les premières prostituées androïdes

 


1 – Second Life, créée en 2003, est un méta-univers en 3D sur Internet. Il permet aux internautes d’incarner des personnages virtuels, appelés « avatar » et de faire évoluer ces avatars dans ce monde en perpétuel changement. Second life n’est pas un jeu, il permet à des utilisateurs de vivre une seconde vie où ils peuvent construire, échanger, communiquer, commercer et même faire presque réellement l’amour par instrument connecté.
 2-  Usbek & Rica, N° 5 – Mars/Avril 2013 : « demain le cybersexe pour tous ? »
3-  Zeus et Héra, sex-toys duo commercialisés par la société LovePalz. Microsoft de son côté prépare une solution pour procurer des câlins à distance
4 –  « L’homme est un animal cybernétique »

5-  Objet retrouvé en Allemagne dans la grotte de Hohle Fels et servait aussi selon les archéologues à la sculpture du silex.


A visionner pour mieux comprendre (attention, la seconde vidéo sur Second Life est réservée à un public averti):

    • La Suisse à l’heure du cybersexe :

    • Second Life, c’est hot !

    • Second Life : un monde à part :

    • :Sextoys 2013 : une nouvelle ère de la cybersexualité