vendredi, 18 août 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Les toutes premières prostituées androïdes

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2050

Changement « de…main » pour la prostitution

 

Avril 2050. Nous sommes dans le fameux quartier rouge d’Amsterdam, là où les touristes de la génération « baba cool » déambulaient dans les années 2000 pour se rincer l’œil devant les vitrines aguichantes après avoir osé un brin de fumette dans un coffee shop.

Quelques décennies plus tard, on n’imagine pas à quel point les choses ont changé.

En 2050, les prostituées sont devenues des robots

Les coffee shops, après avoir été réservés aux seuls « autochtones », ont été définitivement fermés à partir de l’année 2032.  Mais surtout, les célèbres prostituées d’Amsterdam n’ont plus d’humain que le prénom. Bientôt, elles seront pour la plupart, des androïdes, des robots prostituées, si l’on préfére !

Le tout premier club libertin aux mains des robots.

Et oui, en ce printemps 2050, pour la toute première fois de l’histoire de l’humanité, le plus vieux métiers de monde est assuré non plus par des femmes, ou des hommes en chair et en os mais par des robots faits de vérins hydrauliques et de fibres synthétiques.  Adieu les filles de joie, vive les androïdes sexuels !

Vous n’y croyez pas ? Jetons-un œil pour découvrir cet univers où se marie, si l’on ose dire, le plaisir et la technologie.

Pénétrons dans la maison close baptisée Yab-Yum . Elle vient d’obtenir de la municipalité d’Amsterdam une autorisation d’ouverture après plus de quarante ans d’interruption (1).

Un catalogue nous est proposé par une hôtesse, une humaine jusqu’au bout des ongles, la seule, probablement. Elle vante les valeurs des charmantes créatures qui s’offrent à nous, plus sexy les unes que les autres.

Ce qui frappe au premier abord, c’est l’apparence qui leur donne un côté plus humain qu’humain. Ensuite, c’est l’éclectisme du choix : origine ethnique, âges, typologie des personnes, leur capacité autant à dialoguer en plusieurs langues que de pratiquer différents jeux de langues. Evidemment, l’atout principal réside dans le panel de pratiques sexuelles, dont certaines que la morale réprouve.

Vers des prestations sexuelles aux normes ISO 9001 ?

On nous dit que le modèle qui recueille le plus de succès, se prénomme Irina(2), une russe, blonde élancée aux formes avantageuses, avec un accent à tomber par terre ou plutôt à mettre les pieds au mur ! Bien entendu, si l’on préfère Igor, il n’y a pas de problème.

Quel que soit notre choix, la maison s’engage sur la qualité des prestations qui, dans tous les cas, est totalement garantie d’un point de vue sexuel comme sur le plan de l’hygiène. Et puis, on nous explique que, dans la mesure où il ne s’agit pas d’humain, nous n’avons pas à culpabiliser vis-à-vis de nos proches. Enfin, l’amour l’esprit libre. L’humanité l’avait révé, les robots le réalisent.

Quant aux tarifs, la passe n’est pas à la portée de toutes les bourses, loin s’en faut. On nous annonce au bas mot 7500 euros, voire 10 000 euros (valeur 2012 ?)   pour une entrée dans le club, formule tout compris. L’hôtesse d’accueil ajoute avec mauvais goût : fromage et dessert, avec cerise et abricot sur le gâteau !

Le tourisme sexuel connaîtra une nouvelle passe…

Ce rêve, cauchemars ou fantasmes pour certains, n’est pas encore à portée de main, puisqu’il faudra probablement attendre une quarantaine d’années. Néanmoins, il s’agit d’un projet très sérieux, si l’on en croit leurs deux respectables inventeurs Néo-zélandais (2). Ils sont convaincus que l’avenir de la prostitution et du tourisme sexuel réside dans le recours aux humanoïdes, “éliminant tout risque de maladie sexuellement transmissible dans un monde libéré de l’esclavage sexuel”(3).

Toujours selon eux, cette forme moderne de tourisme sexuel ne présente plus de risques de contamination car les androïdes constitués de fibres résistant aux bactéries seraient désinfectés entre deux passes.

En outre, comme tout objet manufacturé, des contrôles réguliers seraient effectués par les services habilités et la municipalité contrôlerait les prix, horaires et services sexuels.

Ainsi, selon leurs auteurs, on solutionnerait les problèmes inhérents à l’industrie du sexe comme le trafic d’êtres humains ou la propagation des MST

Il n’y aurait donc plus aucun mal à se faire du bien !

Publié le 28 mai 2012

1 – Il s’agit d’un des sex-shop les plus populaires d’Amsterdam, fermé en 2008.
2- Précision provenant du détail du projet du futurologue Ian Yeoman et de la sexologue Michelle Mars, deux chercheurs Néo-Zélandais de de l’université Victoria de Wellington dont les travaux ont été publiés dans la revue scientifiques « Futures », dans un article intitulé « Robots, hommes et tourisme sexuel ». 
3- Cité dans le Courrier International (version en ligne) du 7 mai 2012, faisant référence à un article publié dans le site Stuff


A visionner par curiosité :

Illustration de ces robots prostituées :

 

Un prototype de robot humanoïde :


A lire pour aller plus loin :

  • Mondialisation de la prostitution, atteinte globale à la dignité humaine, par ATTAC
    La prostitution revêt aujourd’hui dans son organisation des formes directement empruntées à la mondialisation financière. La logique néolibérale a trouvé dans le système prostitutionnel un « secteur » privilégié où se déployer, qui génère d’énormes profits : trafiquer les êtres humains d’Asie, d’Afrique ou d’Europe et les prostituer procure beaucoup de bénéfices pour peu d’investissements. Cette mondialisation-là, qui n’épargne aucun pays, illustre le processus de la marchandisation généralisée, à laquelle n’est mise aucune limite. C’est dans ce contexte que quelques pays ont choisi de légaliser et de réglementer la prostitution : aux Pays-Bas ou en Allemagne, elle est considérée comme une banale « prestation de service ». Est-ce là une voie à suivre ? C’est oublier la violence qui est faite aux femmes, et au-delà d’elles l’atteinte qui est portée à la dignité humaine. Est-on prêt à renoncer au respect des droits humains ?

A lire si vous êtes prévoyants :

  • Survivre à une invasion robot: Ils arrivent. Soyez prêts.de Daniel H. Wilson- Comment démasquer un robot qui imite un humain ?
    - Comment désactiver un robot ménager qui se rebelle ?
    - Comment fuir un essaim de mouches électroniques ?

    Dans cet indispensable guide de survie, le spécialiste Daniel H. Wilson livre tous les secrets pour réprimer une mutinerie de robots. Remèdes contre les blessures au laser, reconnaissance des faux visages et discours, combat main contre pince… SURVIVRE à une invasion Robot couvre tous les scénarios possibles qui menacent l’homme.

    « Le jour de la révolte des robots, la guerre sera totale. elle verra l’affrontement des deux plus grandes espèces intelligentes de la planète. »
    N’attendez pas qu’il soit trop tard. Découvrez toutes les astuces pour vous défendre contre l’invasion imminente !

    L’auteur : Daniel H. Wilson est docteur en robotique et intelligence artificielle à la Carnegie Mellon University. Il a travaillé dans des laboratoires de recherches prestigieux et vit actuellement avec plusieurs colocataires imprévoyants dans une maison intelligente à Pittsburgh, en Pennsylvanie.

Les tout premiers couples indissolubles

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Posté par fabrice
 

1215

Histoire du couple

Du couple aux lèvres !

 

Selon les points de vue, la vie en couple date de 3000 ans, 12000 ans ou même de 150 millions d’années si l’on s’en réfère aux termites ! Cependant, en dehors des termites et de quelques autres énergumènes, la notion de « couple à vie » est apparue chez les humains au XIIIème siècle. Est-ce pour le meilleur ou pour le pire ?

Il a fallu des millénaires pour que la notion de couple passe de l’âge de raison à l’âge de la passion et de l’amour. Des millénaires, voire beaucoup plus si l’on s’en réfère au mode de vie stricto sensu. De ce point de vue, ce sont les termites, il y a 150 millions d’années (voir encart), qui inaugurent ce type de relation sociale. Le roi et la reine termite, une fois en couple, ne sortiront plus de leur chambre nuptiale et cela jusqu’à leur mort. Une vraie vie de couple inséparable !

Il y a plusieurs millions d’années, un premier pas vers la monogamie

Chez l’homme (ou plus exactement les ancêtres de l’homme), autre animal social, tout comme pour les termites, c’est l’instinct qui va lui dicter dans un premier temps son comportement social et parental. Il y a plus de 5 millions d’années, il est probable que se mette en place un début de monogamie (non exclusive), tout simplement dans le but d’élever sa progéniture. Le petit de l’homme prend son temps pour devenir adulte et a donc besoin de parents relativement stables. La survie de l’espèce est en jeu.

La grande révolution qui va conduire au couple est en marche. Avec l’entrée en scène du langage, les choses se compliquent : on assiste aux toutes premières scènes de ménage (1).

Il y a 12 000 ans, la grande aventure du couple commence

Mais, le véritable acte fondateur du couple remonte à 10 000 ans avant notre ère lorsqu’apparaissent les tout premiers villages. Une organisation sociale de la vie économique conduit à répartir les tâches entre les hommes et les femmes. Même si de nombreuses tribus restent polygames, c’est le coup d’envoi de l’aventure du couple.

mariage romain avec une jeune fille de douze ansIl y a 3000 ans, la société gréco-romaine fête les tout premiers mariages. Pour le citoyen romain, celui-ci est un passage obligé et un devoir. Il s’agit d’assurer la descendance et surtout de fournir beaucoup de soldats. Le mariage est à la fois une affaire économique et familiale dans une recherche d’intérêts réciproques.

Le plus souvent, tout est réglé dès la naissance de la fille. Le mariage est autorisé dès l’âge de 12 ans. Le fils apporte la terre, la fille, la dot. Le mari devient le maître absolu de son épouse. Celle-ci doit rester totalement fidèle, tandis que le mari dispose à son gré de courtisanes, concubines, esclaves et prostituées.

S’il rembourse la dot, le mari peut changer d’épouse comme bon lui semble (2). Ainsi, Mécène (vers 16 avant J.-C.) répudia et réépousa plus de 1000 fois sa femme au grès de leurs disputes.

Pour l’homme, c’est l’âge d’or de la sexualité. Tout lui est permis; le sexe sous toutes ses formes avec tout partenaires et toutes formes d’instruments. Le couple existe donc mais dans une forme libertine, surtout pour l’homme. Car l’épouse, en cas d’adultère, est répudiée sur le champ.

 L’Eglise consacre l’union à vie pour le meilleur et pour le pire…et sans le plaisir 

L’Eglise va remettre de l’ordre. C’est à partir de 1215, lors du quatrième concile du Latran, que la mariage chrétien s’impose réellement à tous en sortant de la sphère familiale privée et en entrant dans le « domaine public ». Le mariage devient alors un sacrement.

le mariage catholiqueSurtout, l’union repose sur le libre consentement des époux et cela devant témoins, c’est à dire le public, la famille, les voisins, les proches et devant Dieu, via le prêtre. Revers de la médaille, le mariage devient irrépudiable sauf en cas de consanguinité ou d’impuissance masculine avérée. Voilà, les tout premiers couples à vie !

Cette situation est pour l’homme difficile à avaler. Parfois, celui-ci ne voit pas d’autres solutions pour quitter sa femme que de la tuer. Le concile de Trente (1545 – 1563) ainsi que la Contre-Réforme catholique vont ensuite renforcer sérieusement « les liens du mariage ». Le mariage se place pour la toute première fois sous le triple contrôle de contrôle de la famille, de l’Eglise et de l’Etat.

Sous contrôle également, la manière de pratiquer la sexualité. L’Eglise va faire du plaisir un péché. Tout rapports inféconds sont interdits On va jusqu’à brûler les clitoris au fer rouge. Jusqu’au milieu du XXème siècle, le plaisir pour la femme restera un continent ignoré. Encore en 1880, s’embrasser sur la bouche dans la rue est interdit car considéré comme un attentat à la pudeur.

L’Eglise perd la main mais rien ne bouge

Si le code Napoléon, à la fin du XIXème siècle, laïcise le mariage, rien ne change réellement sur le fond. Le divorce reste quasiment impossible et le chef de famille a tout pouvoir.

Il faudra attendre le début XXème siècle pour que l’horizon s’éclaircisse pour les couples. Pour la toute première fois, un homme et une femme auront la liberté de se choisir. Un vent de liberté et de volupté commence à souffler. Une légère brise simplement, car dans les années 40, l’homme garde l’autorité sur la famille, notion qui est venue supplanter alors celle de couple.

Le couple enfin libéré

Ce vent de contestation soufflera en tempête, partout dans le monde, en 1968 (2). Pour la toute première fois, le couple dessine son idéal : 2 individus qui veulent être heureux ensemble et s’épanouirent sexuellement. Tout simplement. On connait la suite : mon corps m’appartient; jouir sans entraves.

A partir de 1970 : Un couple, c’est un homme et une femme, à égalité. Et pour la toute première fois dans l’histoire le viol conjugal est reconnu. Désormais, le couple est une œuvre d’art à construire ensemble.

Si aujourd’hui « le couple est la norme dans la plupart des sociétés » comme l’explique le biologiste Franck Cézilly(3) « c’est avant tout pour des raisons culturelles ».  

Dans nos sociétés, Il s’instaure une sorte de compromis entre les avantages du couple et la tentation de voir ailleurs. L’homme serait-il en train de devenir un « monogame en série » ?   

Publié le 5 août 2013

Un monde sans sexe.

On le sait chez les bactéries, le sexe est tout simplement banni. les pauvres !

monde sans sexeMais chez les êtres normalement constitués, c’est à dire tous les animaux, dont nous faisons partie, on pensait jusqu’ici que pour avoir une descendance, la sexualité, et donc l’accouplement, était un passage obligé. Obligé et souvent suscité et apprécié!

Autrement dit, un mâle et une femelle, avec différentes variantes, mais au final toujours un accouplement. C’était la règle!

He bien, que ni, ni ! On a désormais la preuve que certaines espèces ne connaissent pas la sexualité et s’en sortent très bien.

En effet, les rotifères bdelloïdes, petits invertébrés incroyablement résistants, résistent à tout, ou presque, comme les radiations…et même au sexe.  Pis, les ancêtres pratiquaient le sexe, puis ont abandonné cette pratique voici des dizaines de millions d’années au profit d’une reproduction uniquement asexuée(6).  Les rotifères bdelloïdes, qui comptent plusieurs centaines d’espèces, n’alignent que des femelles !

Pourtant, on avait dit que le brassage génétique que procure la sexualité représente un tel avantage évolutif que tout autre mode de reproduction, pour les êtres un tant soit peu évolués, conduit inévitablement à un échec. La raison tient au fait que les clones comptent uniquement sur les mutations aléatoires pour se diversifier et s’adapter à l’environnement et ces mutations sont souvent délétères.

On connaissait déjà, des modèles de reproduction asexuée, appelé parthénogenèse, qu’utilisent certains lézards ou poissons, mais celle-ci se pratique en parallèle d’une reproduction sexuée. Un plus, en quelque sorte.

Alors comment se débrouillent les rotifères bdelloïdes ? Elles utilisent deux stratagèmes : d’abord, elles intègrent dans leurs chromosomes de nombreux fragments d’ADN d’autres espèces. Et puis, elles utilisent un mécanisme appelé « conversion génétique » qui permet d’éviter les mutations nuisibles.

Selon les scientifiques, il se pourrait bien que d’autres espèces, à découvrir, se passent aussi de sexe.

Il n’y a donc pas que le sexe dans la vie !


Les termites : tout premiers couples de l’histoire.

Il y a 150 millions d’années apparaissaient les termites et avec elles, les toutes premières relations sociales fondées sur le couple (4), pour ne pas dire le mariage.

Une fois leur flamme réciproque déclarée et consommée dans leur chambre nuptiale creusée pour l’occasion, les deux amants, monsieur et madame termite, le roi et la reine, ne se quittent plus. Pis, ne sortiront plus de cette chambre qui sera aussi leur tombeau. Rappelons que le roi et la reine d’une colonie sont les seuls individus sexués de la colonie. La sexualisation des larves est inhibée par des phéromones secrétées par le couple royal sauf au moment de la formation des nymphes.

Comme signe de fidélité réciproque et absolu, le couple se coupent les ailes et les antennes. Fini le vagabondage. Le temps passant, comme beaucoup de couples humains, ils « baiseront » de moins en moins souvent et deviendront grassouillet, pour ne pas dire plus, ils tripleront de volume.

Main dans la main ou plutôt pattes dans les pattes, ils attendront ensemble la mort après avoir eu beaucoup de rejetons.


La fidélité : un mariage de raison ?

9 % des mammifères ont choisi la monogamie (5). Pour expliquer ce taux relativement élevé , trois hypothèses : la théorie de la dispersion des femelles, celle de la prévention des infanticides, et celle des soins parentaux.

Entre les trois, le cœur des scientifiques balance encore. La première théorie intègrerait les deux autres, de facto. Mais selon des modèles mathématiques, la volonté de protéger avant tout sa descendance serait plus fort que tout.

Quoi qu’il en soit, il semble bien que la monogamie offre un avantage évolutif indéniable. Chez les humains, lorsque la polygamie est permise, seuls 20 % la pratiquent, souvent pour des raisons économiques (4).

Pourtant, ne dit-on pas : le Rossignol est fidèle tant qu’il reste enfermé dans sa cage !

 


1 – Documentaire « La grande histoire du Couple » ARTE – Arnaud Levert , Sophie Lepault, Julien Hamelin
2 – Ca m’intéresse – Histoire – Juillet-août 2013 – N°19
3 - Source : Le Figaro – 6 Août 2013 – Sciences p.8
4- « Tous nos fantasmes sont dans la nature » – Tobie Nathan – Ed. Mille & une nuits
5 – Science – Août 2013 – Etude de Lukas et Clutton-Brock – université de Cambridge
6- Pierre-Henry Gouyon, chercheur au Muséum national d’histoire naturelle, cité dans le Figaro du 6 août 2013


A visionner pour aller plus loin :


Evolution de la famille :

La toute première sexualité « augmentée » ou cybersexualité

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2007

Cybersexualité ou la sexualité augmentée

« Vous avez un nouveau vibro-message ! »

En 2007 s’est produit un basculement majeur dans nos relations amoureuses et sexuelles ; et cela presque à notre insu. L’interconnexion entre le monde réel et le monde virtuel a pris une nouvelle dimension : une interrelation entre avatar et personne physique en quête de plaisirs artificiels mais bien réels. Tout comme les voitures, les relations amoureuses et sexuelles deviennent hybrides. Est-ce pour le meilleur ?

 

Cette année-là, pour toute la première fois de mémoire d’hommes et de femmes, un personnage virtuel, dénommé avatar, situé dans un univers non moins virtuel, celui de Second-Life (1), offre, à distance, une interaction physique, bien réelle, avec une personne en chair et en os pour lui procurer du plaisir.

Bien-sûr, derrière ce phénomène il y a de la technologie : un vibromasseur baptisé Xcite Touch connecté à un ordinateur via une clé USB et qui est piloté par un avatar de Second-life, l’univers virtuel et réseau social accessible sur internet.

Second-life-cibersex

Cette toute nouvelle façon de « faire l’amour » marque les premiers pas, encore maladroits, vers une sexualité augmentée comme on dit aujourd’hui. C’est-à-dire une sexualité bien réelle à laquelle la technologie apporte un plus en permettant des interactions à distance, en temps réel et en réseau.

« c’est un moment emblématique : on a alors permis au grand public d’avoir un retour physique – un feed-back – vers le corps », explique, Yann Minh, artiste multimédia et auteur de science-fiction (2).

Même si cette expérience apparait encore peu aboutie, elle préfigure ce qui nous attend dans un futur relativement proche. Les objets connectés dits « haptiques » commencent à débarquer dans les chaumières. Leurs missions : stimuler nos sensations tactiles et thermiques.

L’empire des sens

Depuis 2012, une société taïwanaise commercialise un « couple » de sex-toy (3), l’un réservé à monsieur, l’autre à madame, les deux vibromasseurs étant connectés à un smartphone. Ainsi, monsieur et/ou madame peuvent déclencher le plaisir chez leur partenaire à distance. Vous avez un nouveau massage, en quelque sorte !

Comme l’a écrit le célèbre sociologue Mc Luhan, l’utilisation d’un outil nous transforme, et transforme notre relation au monde. La pratique de la cybersexualité va inévitablement dans ce sens et pourrait provoquer ce que Mc Luhan appelle la « narcose narcissique ». Il s’agit d’un état de conscience modifié où l’individu investissant son être dans un prolongement technologique perd conscience de lui-même(4).

Cybersexualité

Toutefois, relativisons, car les prouesses de l’imagination humaine et l’inventivité technologique en matière d’aide à l’orgasmes ne datent pas d’hier. Loin s’en faut.

Les paradis artificiels

Il y a 30 000 ans (28 000 ans av.J.-C.), on utilisait déjà les godemichés. On a retrouvé, un objet en pierre polie long de 20 cm et de 3 cm de diamètre. Il représente, selon les spécialistes, le tout premier outil sexuel connu (4). Bien plus tard, la pièce grecque d’Aristophane, Lysistrata (écrite en 411 av J.-C.), met en scène le thème « faites l’amour, pas la guerre ». Elle l’illustre en arborant, sans complexe, des godemichés dans la lignée du culte du phallus en vogue à l’époque..

Traitement de femme hystérique à la fin du XIXème siècle par masturbation, ici à l’aide de puissants jets de douche.

Pour que la fabrication se professionnalise, il fallut attendre en occident le XVII ème siècle : les phallus artificiels sont confectionnés sur mesure, en pierre, bois, cuir, os, ivoire ou céramique. Si les élites en raffolent, l’impératrice Catherine II de Russie en est folle ! Elle a la réputation, à tort ou à raison (voir encoart), de les avoir collectionnés et utilisés plus que de raisons.

C’est en 1907, qu’est - enfin ! - inventé le tout premier vibromasseur portatif. Il est hydraulique et n’a rien de romantique. Tout comme son prédécesseur, le premier vibromasseur électromagnétique, sorti en 1883, il ressemble à un instrument de torture.

Un peu de patiente, on prédit que vers 2050 (6), il nous sera proposé des prostituées androïdes à la beauté bouleversante et aux possibilités extravagantes.

Comme l’entrevoit le philosophe Milad Doueihi(2), l’espace numérique est en train d’happer progressivement nos vies, nos amours et notre corps tout entier.


Un amour de Catherine

L’impératrice Catherine II de Russie (1729 – 1796)  n’appréciait pas uniquement les belles lettres, elle aimait aussi beaucoup le sexe. Elle collectionna, d’ailleurs, une vingtaine d’amants.

Au-delà des hommes, il est probable qu’elle collectionnait aussi les godemichés de toute nature.

L’histoire raconte que dans son palais de Tsarskoïe, aux environs de Saint Pétersbourg,  un mur entier d’un cabinet, que l’on qualifia d’érotique, alignait les phallus artificiels de tous poils.

La grande Catherine aurait disposé aussi, selon des témoignages, d’une collection étonnante de meubles érotiques aux motifs explicites : fellation, phallus, cunnilingus…

Cependant, ll faut avouer que l’existence même de ce cabinet de débauche qui aurait été à la main de la Grande Catherine  divise encore les historiens, malgré ses appétits sexuels reconnus .

 


Joindre l’outil à l’agréable : une longue histoire

  • 28 000 ans av. J.-C. :  le tout premier objet de plaisir découvert ;
  •  Vème siècle av. J.-C. : le théâtre s’empare des godes,
  • XVIIème siècle : les premiers gadgets sexuels commercialisés ;
  • 1883 : le tout premier vibromasseur inventé par le Dr Joseph Mortimer Granville ; il est baptisé « percuteur mécanique à ressort » ;
  •  1907 : premier vibromasseur portatif ;
  • Années 1970, premières tentatives de communication en réseau à vocation sexuelle, en piratant le réseau téléphonique français ;
  • 1984 : les débuts du Minitel Rose ;
  • 1987 : premier personnage numérique interactif à vocation sexuelle et première jouissance virtuelle, via le jeu MacPlaymate sur Macintosh. Le but du jeu consistait à faire jouir une playmate virtuelle en manipulant les touches du clavier ;
  • 2007 : premier feed-back entre personnage réel et personnage virtuel ;
  • 2008 : première observation d’un orgasme féminin par IRM
  • 2010 : Roxxxy, le premier robot sexuel à être commercialisé ;
  • 2010 : La manette de la Wii de Nintendo devient, via extensions, un vibromasseur
  • 2012 : Connectés à un smartphone, les vibromasseurs de la société LovePalz permettent de procurer du plaisir à distance ;
  • 2013 : Première immersion 3D pornographique -marque japonaise Tenga- avec lunettes 3D et contrôleur de jeu issu de simulateurs de vol permettant des mouvements de haut en bas… ;
  • Vers 2050 : les premières prostituées androïdes

 


1 – Second Life, créée en 2003, est un méta-univers en 3D sur Internet. Il permet aux internautes d’incarner des personnages virtuels, appelés « avatar » et de faire évoluer ces avatars dans ce monde en perpétuel changement. Second life n’est pas un jeu, il permet à des utilisateurs de vivre une seconde vie où ils peuvent construire, échanger, communiquer, commercer et même faire presque réellement l’amour par instrument connecté.
 2-  Usbek & Rica, N° 5 – Mars/Avril 2013 : « demain le cybersexe pour tous ? »
3-  Zeus et Héra, sex-toys duo commercialisés par la société LovePalz. Microsoft de son côté prépare une solution pour procurer des câlins à distance
4 –  « L’homme est un animal cybernétique »

5-  Objet retrouvé en Allemagne dans la grotte de Hohle Fels et servait aussi selon les archéologues à la sculpture du silex.


A visionner pour mieux comprendre (attention, la seconde vidéo sur Second Life est réservée à un public averti):

    • La Suisse à l’heure du cybersexe :

    • Second Life, c’est hot !

    • Second Life : un monde à part :

    • :Sextoys 2013 : une nouvelle ère de la cybersexualité