vendredi, 21 juillet 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Le premier envol de l’espérance de vie

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Posté par fabrice
 

1790

Ô Temps suspends ton vol

 

Au moment où la Révolution Française abolissait les privilèges, l’humanité s’octroyait un privilège qui n’a pas de prix : l’accroissement de l’espérance de vie et cela, pour la première fois de manière significative depuis l’aube de l’humanité. Situation probablement, sans équivalent pour la plupart des autres espèces vivantes, sauf pour nos « 100 millions d’amis » comme l’explique l’encart en bas de page.

27 ans pour les hommes et 28 pour les femmes, voici l’espérance de vie en 1750, espérance qui était restée peu ou prou identique depuis des lustres. Yves Coppens rappelle que la célèbre Lucy ayant vécu plus de 2 millions et demi d’années avant l’appartion de l’homo sapiens, est décédée à l’âge de 20 ans. Hélas, à l’époque, fêter ses 20 printemps, c’était être à l’automne de sa vie puisque l’espérance de vie se situait entre 15 et 18 ans. C’est à partir de 1790 que les choses bougent réellement. Pourquoi ce décollage ?

Décollage immédiat

Meilleure alimentation, meilleure hygiène et surtout découvertes médicales sont à l’origine de cette envolée. La vaccination sera un facteur-clé de progrès et, en tout premier lieu celui de la variole, infection qui fait des ravages notamment chez les enfants. Le 14 mai 1796, Edward Jenner teste sur un enfant, la toute première vaccination, connue sous le nom de Vaccine de Jenner, la variole des vaches. Profitant de ce combat contre les maladies infectieuses, entre 1790 et 1885, l’espérance de vie prend son envol.

Depuis 1841, selon les chercheurs Jim Oeppen et James Vaupel l’espérance de vie a augmenté au rythme de 3 mois par an. En réalité, cet accroissement n’est pas linéaire mais se produit par phase, phases qui correspondent principalement à des découvertes médicales. Ainsi, on constate une nette progression entre 1880 et 1960, ce qui peut être mis au crédit des avancées de Pasteur mais aussi au progrès technique et social et à une généralisation progressive de l’assainissement de l’eau. Puis, à partir des années 60, nouveau coup de pouce spectaculaire qui va encore s’accentuer entre 1995 et 2003. Cette fois, il s’agit de la « révolution cardiovasculaire ».

Film Brazil, de Terry Gilliam; 1985

Le vieillissement généralisé de la population au niveau mondial est évidemment l’autre versant de cet allongement de la vie : D’ici à 2050, les plus de 65 ans devraient triplés. Les séniors représenteront alors 1 milliard et demi de personnes, soit 1/6 de la population mondiale. Mais attention, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne : les champions du monde, reste les japonnais avec 79 ans pour les hommes et 86 pour les femmes, tandis que les moins biens lotis se trouvent au Zimbabwe, 39 ans pour les hommes et 43 pour les femme. Sans parler des SDF dont l’espérance de vie ne dépasse pas la cinquantaine, 48 ans. La révolution démographique pour abolir les privilèges est encore à venir !

Célébration des centenaires avant le tri-centenaire de la révolution.

Rien qu’en France les centenaires seront 200 000, contre 16 000 aujourd’hui et une centaine seulement en 1900. Cela constitue à la fois une chance et un fardeau. Mais contrairement aux idées reçues, actuellement les dépenses de santé du jeune âge en France (moins de 10 ans) sont équivalentes à celles du grand âge (à partir de 85 ans).

Progrès technique, médical et social, hygiène de vie, mais aussi capital génétique sont les facteurs-clés de cette révolution. Sinon comment expliquer l’étonnante longévité de Churchill qui, malgré son obésité, l’absence de pratique sportive, si l’on exclut le sexe, ses 18 cigares quotidiens, accompagnés abondamment de whisky, vécut jusqu’à 90 ans. La thérapie génique sera-t-elle la prochaine fontaine de jouvence ?


Les animaux domestiques aussi vous présentent leurs meilleurs vieux

Selon une étude allemande menée en 2005, l’espérance de vie de nos compagnons à 4 pattes a progressé régulièrement depuis les années 80. Ainsi, l’espérance de vie des chats serait passé de 6,2 ans en 1982 à 11,1 ans en 2005, soit une augmentation spectaculaire de 40% . Cette progression est moins spectaculaire pour les chiens, dont l’espérance de vie serait passée de 9,5 ans à 11,9 sur la même période. Meilleure alimentation, soins prodigués régulièrement à nos compagnons à poils, finalement mêmes causes, mêmes effets que pour l’homme.

Publié le 4 janvier 2011


A visionner pour ceux qui espèrent vivre plus longtemps :


Comment augmenter son espérance de vie – part 1
envoyé par pedro69006. – Regardez plus de vidéos de science.


A voir et à lire pour aller plus loin :

  • Histoire des centenaires et de la longévité : Vivre cent ans, voire même davantage : voilà qui constitue depuis des temps immémoriaux un des rêves les plus tenaces de l’être humain. Pour parvenir à cette longévité tant désirée, il aura tout essayé ou presque depuis les moyens les plus absurdes jusqu’aux plus sophistiqués. Quels sont ceux qui ont réellement réussi ? Parmi les cas de centenaires ou de  » longévites  » rapportés dans les ouvrages et les documents anciens, quels sont ceux auxquels on doit accorder crédit ?
    La perception de l’âge et de la longévité n’a-t-elle pas varié avec le temps ? Quelles ont été les étapes de l’allongement de la durée de vie auquel on assiste de nos jours ? De Mathusalem à Jeanne Calment en passant par Luigi Cornaro ou Jean Jacob, cet ouvrage évoque quelques longs-vivants célèbres ou moins connus. Il retrace également le long parcours de tous ceux, scientifiques, écrivains ou anonymes qui à travers les siècles ont consacré tout ou partie de leurs réflexions et de leurs travaux à mieux connaître le processus du vieillissement afin de trouver les clés de la longévité.
  • Guide du bien vieillir : Plus question d’aborder la cinquantaine comme nos grands-parents l’ont fait ! L’augmentation de l’espérance de vie, les progrès de la médecine font que l’on vivra plus longtemps et mieux qu’on ne le pensait. Encore faut-il s’y préparer activement, le plus tôt étant bien sûr le mieux. C’est l’objectif de cet ouvrage, très complet, qui aborde le vieillissement sous tous ses angles : physique, santé, bien-être, intellect, relation avec les autres (conjoint, petits-enfants), préparation de sa retraite…
  • Arrêtons de vieillir : Peut-on repousser les limites de la vie ? Pierre Boutron, polytechnicien, chercheur au CNRS, répond sans détour : oui. Puisqu’il existe dans la nature des espèces vivantes qui échappent au vieillissement, rien n’interdit que nous puissions infléchir ce processus et dépasser notre limite de longévité. Une fois présentés les principaux mécanismes du vieillissement, l’auteur explique comment en modifier le cours.

Voir l’intérieur du corps sans l’ouvrir, pour la première fois

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Posté par fabrice
 

 

 

22 décembre 1895

Temps X

Le 22 décembre 1895 au soir,  Berta Röntgen, l’épouse du physicien Wilhem du même nom, tend sa main à l’histoire. Cette main tendue –durant près de 20 minutes, durée de l’exposition aux rayons X – marque un tournant inouïe dans l’histoire de l’humanité : pour la première fois, il est possible d’observer ce que contient l’intérieur du corps, en l’occurrence la main de Berta, sans pratiquer une ouverture ou une incision. Le Père Noël, en cette fin d’année 1895, a dans sa hotte un bien beau cadeau pour l’humanité : la radiographie.

La toute première radiographie : la main de Berta Röntgen

Cette découverte est presque le fruit du hasard. Wilhem Röntgen (1845-1923), scientifique allemand mais également féru de photographie, effectue des recherches sur les tubes cathodiques. Un jour, il s’apperçoit que des plaques photographiques protégées et enfermées dans un tiroir sont voilées.  Il réalise que celles-ci étaient situées à proximité d’un tube cathodique émettant des rayonnements. C’est ainsi qu »il découvre un type de rayonnement jusque alors inconnu. Un rayonnement qui traverse différents matériaux comme le verre, le papier et donc la peau mais en revanche, qui est stoppé par d’autres comme le plomb. Ce rayonnement, Röntgen le baptisera, rayonx X, en référence au symbole de l’inconnu en mathématique.

Rarement découverte aura une application aussi rapide. Dès le début de l’année suivante, en 1896, les tout premiers services d’imagerie médicale voient le jour. Quant à Röntgen, il reçut le tout premier prix Nobel de physique en 1901 et ne souhaita pas, pour des raisons humanitaires, déposer de brevet.

A partir des années 70, le principe des rayons X connaît un nouveau « rayonnement » grâce aux scanners. Depuis une vingtaine d’années, les outils de diagnostic médical deviennent de plus en plus puissants et précis. Aujourd’hui, on s’oriente vers la possibilité de découvrir le mal avant même qu’il se déclare. Ce n’est plus de la vision, cela devient presque de la voyance !

Les outils de l’imagerie médicale :

IRM : Imagerie par résonance magnétique excelle dans les images anatomiques
TEP : tomographie par émission de positrons (précurseur scintigraphie) montre l’activité des organes
PET-SCAN : combine la TEP et les scanner à rayons X
Fluorescence : permet de débusquer les cellules malignes grâce à leur « gourmandise » pour le glucose…


A regarder pour mieux comprendre :


A voir et à lire pour aller plus loin :

  • La 3D révolutionne la médecine – La 3D n’est pas l’apanage du cinéma ou de la télévision. En médecine, elle permet aujourd’hui d’améliorer très concrètement le geste du chirurgien. A l’avenir, notre dossier médical pourrait ressembler à un fichier numérique, comprenant le clone en 3D de notre corps et de nos organes… Un reportage et des vidéos publiés sur Nouvo.ch
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  • OsiriX – Des Genevois dessinent la médecine du futur. C’est aux Hôpitaux Universitaires de Genève que l’équipe du Pr. Osman Ratib affine le plus fin outil d’imagerie médicale, conçu en open source. Des chirurgiens du monde entier l’utilisent déjà pour repousser les frontières du possible. Le programme se décline même sur iPhone… Un article publié par le quotidien suisse « Le Matin »
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  • Le corps et son image : du diagnostic à l’esthétisme de l’imagerie médicale – L’évolution formidable des techniques d’imagerie médicale ces dernières années a changé fondamentalement la pratique de la médecine moderne. Des scanners de plus en plus performants permettent d’explorer le corps humain dans tous ses détails. Les performances des nouvelles techniques d’imagerie sont renforcées par de nouveaux outils informatiques de visualisation et de navigation en trois dimensions. A partir des images obtenues des scanners (CT, ultrasonographie, IRM ou PET), il est ainsi possible aujourd’hui, grâce à ces nouvelles techniques d’imagerie 3D, de reconstituer les organes et les structures internes du corps, en couleur et avec des degrés de transparence pour chaque différent niveau de tissus, avec un résultat d’un réalisme jamais atteint auparavant. Un livre passionnant et richement illustré que nous devons également au Pr. Osman Ratib. (à paraître le 4 novembre 2010)
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  • Voyage à l’intérieur du corps humain – Une équipe de recherche de l’Ecole polytechnique féférale de Lausanne a réalisé un calculateur extrêmement performant par interconnexion de simples PC. L’application la plus spectaculaire de ce système est sans doute l’ « homme de verre », qui permet de faire un voyage sur Internet à la découverte du corps humain.

 

Le tout premier « Bébé-médicament »

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Posté par fabrice
 

29 août 2000

Bébé médicament

« Un sauveur est né… »

Si selon la Bible, Adam revendique le titre de tout premier homme, Adam Nash peut revendiquer celui de tout premier humain conçu pour soigner. Cette innovation absolument unique dans le monde du vivant peut-être considéré, soit comme une instrumentalisation de l’être humain, d’où le nom de Bébé-médicament ou de Bébé-instrument, ou comme une avancée sans équivalent pour le bien-être de l’humanité : une toute, toute première fois…de tout premier ordre !

Né pour sauver sa soeur

Tout a commencé aux Etats-Unis, à l’aube du troisième millénaire. Molly, la future sœur aînée d’Adam Nash, âgée de 6 ans, est atteinte d’une maladie « l’anémie de Fanconi, une affection sanguine héréditaire très grave. Seul remède possible : la greffe de cellules souches hématopoïétiques. La solution proposée par Yuri Verlinsky, du département de génétique et de procréation de l’Université de Chicago, fut de sélectionner à partir d’un panel d’embryons conçus par les parents, dans une fécondation in vitro classique, ceux qui ne portaient pas le gêne défectueux. Procédé complété par une recherche de compatibilité immunologique, de type HLA (Human leucocyte antigens ) entre les futurs frères et sœurs.

Ainsi, l’embryon exempt de la maladie affectant Molly et qui était immuno-compatible a été réimplanté dans l’utérus de la mère et donna naissance le 29 août 2000, à Denver dans le Colorado, à Adam Nash, le tout premier bébé à visée thérapeutique de l’histoire. Un bébé comme les autres, si ce n’est que l’objectif initial du projet parental était de disposer de cellules souches histocompatibles en vue de soigner un autre être humain, en l’occurrence de régénérer la moelle osseuse de sa sœur, Molly. , cette première médicale pose de nombreuses questions d’ordre moral, religieux et éthique. Car, pour la toute première fois, la procréation humaine n’est pas uniquement orientée vers la naissance mais chargée « d’une mission », thérapeutique qui finalement n’a rien de naturelle. Depuis, ce procédé est repris à travers le monde, avec évidemment une charge émotionnelle et d’espérance immense.

« Notre espoir », le bébé du double espoir français

L’équipe de l’hopital Antoine-Béclère de Clamart ayant contribué à la naissance d’Umut-Talha, « notre espoir » en turc, avec les professeurs René Frydman et Arnold Munnich. Photo AFP

Le 26 janvier 2011, le petit Umut-Talha ouvre la voie française des bébés-médicament, baptisés plus élégamment, « bébés-docteur » ou « bébés du double espoir » pour reprendre la formule des spécialistes. Comme pour Molly, Umut-Talha est né par fécondation in-vitro après un double diagnostic pré-implantatoire (DPI). Comme pour Molly, celui-ci visait à garantir que le futur nouveau-né serait indemne de la maladie génétique très invalidante (bêta-thalassémie, causant des anémies) dont souffraient les autres enfants de la famille et compatible en tant que donneur.

Cependant, les parents d’Umut-Talha ont laissé la nature effectuer l’ultime choix. En effet, comme l’explique le Professeur René Frydman (voir la seonde vidéo, en fin d’article), parmi les 2 embryons sains sélectionnés, l’un était compatible et l’autre pas pour jouer le rôle de « bébé-médicament ». Les parents de l’enfant s’en sont remis au hasard ou au doigt de Dieu, comme on voudra. Celui-ci a opté pour l’embryon compatible  Ainsi, le cordon ombilical de ce bébé sauveur, prélevé à sa naissance, pourra servir ultérieurement pour une greffe de sang salvatrice.

Nul ne doute que ces enfants d’un genre nouveau sont conçus avec d’autant plus d’amour que l’on attend beaucoup d’eux. Cela dit, le généticien Axel Khan rappelle [1] que cette approche n’est pas si nouvelle que cela car, auparavant, les parents ayant été affligés par des enfants handicapés ou gravement malade recourraient souvent à faire d’autres enfants « en espérant que le hasard leur serait favorable ».

Avec ces embryons « sur mesure », dans certaine famille on pourra dire : « un sauveur nous est né… » Est-ce un bien pour un mal ou le contraire ? Seule l’Histoire nous le dira.


Né sous « temps X » ou, bientôt, la première « culture » de bébés !

Aujourd’hui, dans certaines situations, des bébés prématurés peuvent déjà bénéficier d’un utérus artificiel qui fournit au fœtus l’essentiel pour sa survie : oxygène, nourriture, hydratation, une chaleur et une humidité optimale…

 

 

Ce dispositif demeure toutefois transitoire car le bébé est ensuite replacé dans le ventre de sa mère porteuse.

Bientôt, l’évolution du fœtus pourra s’effectuer dans un environnement totalement extérieur au corps humain, c’est-à-dire sans passer par l’intermédiaire de la mère-porteuse.

Une grande première pour la science, mais un vrai cas de conscience pour l’humanité.

Pour y parvenir, les scientifiques devront disposer d’une maitrise totale des méthodes de surveillance, grâce notamment à des outils informatiques et faire en sorte que l’utérus artificiel et le placenta se rapprochent  au plus près de l’original.

C’est la piste sur laquelle travaillent actuellement les chercheurs.  Chercheurs ou plutôt apprentis sorciers ??

Pour en savoir plus,  lire l’article : « Il sera bientôt possible de cultiver un bébé entièrement en dehors du corps humain »

 Mis à jour le 4 mai 2013

1 – Interview du professeur Axel Kahn sur Europe 1, 7 février 2011


A visionner pour mieux comprendre :


Le 1er bébé-médicament français est né par BFMTV