mardi, 21 novembre 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Mahomet, le tout dernier des prophètes

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610

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La « voix » de l’Islam

Orphelin, meneur de clans, fomenteur de razzias, chef religieux et habile politique, mais aussi méditant voire mélancolique, Mahomet, le dernier des prophètes selon l’Ange Gabriel, connaitra un destin hors du commun des mortels, à l’origine de l’une des plus puissantes religions de la planète. Entre vérités historiques et légendes, comment  en sommes-nous arrivés là ?

Pour l’Islam tout a vraiment commencé vers 610 ap. J.-C. Au cœur de l’Arabie (1), dans la grotte du Hedjaz, un homme d’une quarantaine d’années entend une voix qui l’invite à annoncer l’existence d’un Dieu unique. Pas si simple dans une société en proie au polythéisme. Cet homme s’appelle Mahomet. Il est orphelin, commerçant, marié et père de famille et habite La Mecque. En un siècle, les fidèles du Prophète vont répandre sa parole à travers le monde, du Maroc au nord de l’Inde. 1400 ans plus tard, ils représenteront plus d’un milliards de croyants.

Une transmission orale

L’Islam est fondé sur la révélation transmise par le Coran mais aussi sur la vie même de Mahomet, mélant ainsi ses amours, ses croyances, ses désirs, ses colères. Bref tout ce qui a façonné son parcours et sa personnalité, du moins tel que révélé par les écrits (2). Ecrits qui reposent essentiellement sur une transmission orale. Mahomet -puis ses disciples- sera voix de l’Islam ! Selon la Syra, une biographie du prophète écrite 70 ans environ après sa mort, Mahomet est né en 570 à La Mecque. Mahomet fait partie du clan des Hachémites rattaché à la Tribu quraychite dont la vocation est de garder, la Kaaba, le sanctuaire de la ville et d’assurer l’approvisionnement aux pèlerins.

Une enfance difficile mais bénie des Dieux ! 

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La Mecque, vers 570

Dans sa petite enfance, tout laisse à penser que le mauvais sort s’est acharné sur le futur prophète : Il ne connaitra jamais son père qu’il perd dès sa naissance, sa mère mourra lorsqu’il aura 6 ans, son grand-père , Abd al-Mottalib  le recueillera alors et l’emploiera comme berger. A la disparition de son grand-père 2 ans plus tard, c’est son oncle, Abou Talib, qui prendra la relève. Cependant, selon son biographe Ibn Ishaq (808/873), la mère de Mahomet fut dès le début touchée par la grâce : « Quand j’étais enceinte de mon fils, une lumière se dégagea de moi et illumina pour moi le palais de Busra en Syrie. Je n’aurais jamais imaginé une grossesse aussi légère facile que celle-là ! A sa naissance, il mit les mains vers le sol et tourna la tête vers le ciel. » (3) A son adolescence, Mahomet est remarqué par Bahira, un moine Chrétien, qui lui promet un avenir remarquable. Cependant, on sait peu de choses sur les premières années du futur prophète. Est-il illettré, comme certains le prétendent ou au contraire plutôt cultivé comme le pensent les Historiens ? Les avis divergent.

« Ton seigneur ne t’a pas abandonné »

Selon les écrits, Mahomet est un exemple de perfection à la fois morale, psychique et physique, doté de grands yeux noirs éclairant une tête plutôt volumineuse prolongée par une barbe fournie. caravane A 25 ans, après avoir été caravanier, il est embauché comme intendant par Khadija, une riche commerçante de près de 20 ans son aînée. Elle va l’épouser malgré leurs différences de situation, comme le souligne la sourate 43 du Coran : « Ton Seigneur ne t’a pas abandonné (…)/ Il t’a trouvé égaré et il t’a dirigé / Il t’a trouvé miséreux et il t’a enrichi. » Mahomet restera fidèle à son épouse qui lui donnera, après 15 ans de mariage, une dernière fille à 59 ans, du moins selon les écrits. Khadija sera ainsi la toute première musulmane à enfanter. Nous revoici donc dans les années 610. Mahomet a pris l’habitude de méditer plusieurs nuits de suite dans une grotte du mont Hirâ près de La Mecque. C’est alors que Mahomet est confronté à sa toute première vision : « O Mahomet, tu es le messager de Dieu ». Paniqué, il se réfugie chez son épouse avant d’envisager le pire : se jeter du haut d’un rocher. C’est à ce moment que l’Ange Gabriel, -Jibril - (selon les sourates tardives) se présente à Mahomet et lui ordonne : « Récite. » C’est ainsi que sont délivrés les tout premiers versets du Coran (3). Pour les musulmans orthodoxes, Mahomet n’est qu’un « vecteur » neutre du Coran : c’est la parole incréée de Dieu. Il faudra attendre 3 années avant que Mahomet s’autorise à délivrer le message divin auprès du « grand-public ». Un message qui porte sur l’existence d’un dieu unique et tout puissant, sur le jugement dernier -thème très présent chez Mahomet-et sur le paradis -le jardin des délices -réservé aux bons musulmans mais aussi la critique des Quraychites et la protection des plus faibles. Bref, un message qui dérange et qui déplait fortement aux grandes familles locales soucieuses de préserver leur pouvoir religieux.

Mahomet consacré « Dernier des prophètes »

Le paradis des Musulmans, les jardins des délces

Le paradis des Musulmans, les jardins des délces

En 620, Mahomet qui vient de perdre son épouse et son oncle, connaît une nouvelle expérience mystique. Mahomet est réveillé par l’Ange Gabriel qui le fait monter sur une Buraq, une créature volante entre la mule et l’âne avec une tête de femme. Après un Conseil qui réunit tous les prophètes de la Bible, Mahomet est consacré Dernier des prophètes. Il subit alors une ascension vers les cieux. Il franchit 7 niveaux de ciel, -le fameux 7ème ciel- avant de parler avec Allah qui lui enjoint de prier 5 fois par jour. Ses fidèles seront dans un premier temps très sceptiques face à ces révélations. Mahomet quittera La Mecque, le 16 juillet 622 pour Yathrib, une oasis située à 350 km. Cette émigration, appelée hijra (Hégire) est un marqueur-clé pour les musulmans, un acte fondateur. A partir de là, les sourates du Coran, jusqu’ici courtes, deviennent de véritables tirades avec une forte connotation juridique. Au cœur de l’oasis de Yathrib, bientôt baptisée Médine (la ville), Mahomet fera construire la toute première mosquée.

Nul n’est prophète en son pays !

Isolés, misérables, Mahomet et ses fidèles vivent alors une période difficile. Le prédicateur, qui se prétend supérieur à Moïse, est plutôt vu d’un mauvais œil par les tribus locales en proie aux rivalités tribales. Pour sortir de cette misère, Mahomet mobilise différents clans en vue d’attaquer les caravanes. Ce sont les premières Razzias au nom d’Allah. C’est ainsi qu’est lancée la notion de « Djihad dans la voie de Dieu », qui n’est pas encore la Guerre sainte qui ne verra le jour qu’au IXème siècle. En 630, fort d’une armée de 10 000 hommes issus d’un agglomérat de tribus, Mahomet enlève La Mecque , presque sans combattre. Pour la toute première fois, Mahomet établit ce qui va régir tous les aspects de la vie du musulman. Cela ira du rôle et de « l’usage » des femmes en passant par l’héritage, le tout selon la loi d’Allah. 2 ans plus tard, le prophète meurt d’une attaque durant sa sieste sans qu’on en connaisse la cause : empoisonnement lent ou mort naturelle. N’ayant laissé aucun testament, sa disparition ouvre la question de la succession de Mahomet et la voie à d’interminables querelles. Le père d’Aïcha, sa troisième épouse -de 40 ans sa cadette- et probablement sa favorite, deviendra le tout premier calife. L’épopée de l’Islam peut désormais commencer et elle sera multiforme comme le décrit Hani Ramadan (frère de Tarik Ramadan), directeur du Centre islamique de Genève (7) : « L’islam est une organisation complète qui englobe tous les aspects de la vie. C’est à la fois un Etat, une nation, un gouvernement et une communauté, une morale et une force, ou encore le pardon et la justice. L’islam est en même temps une culture et une juridiction, une science et une magistrature, une matière et une ressource… ». Pour ce monde à part entière, c’est ainsi que tout a commencé ! Publié le 22 avril 2016


Les dates-clés de l’Islam des origines

  • 570  : naissance de Mahomet à la Mecque
  • 595 : mariage avec Khadija
  • 612 : début de la prédiction
  • 615 : émigration en Abyssinie de ses adeptes
  • 617 : Mahomet est mis au banc de son clan
  • 622 : Hégire, émigration de Mahomet à Yatrhib, future Médine
  • 624 : première victoire contre les Mecquois
  • 630 : Prise de la Mecque par Mahomet
  • 632 : pèlerinage de Mahomet à la Mecque
  • 8 juin 632 : mort de Mahomet
  • Vers 700 : version officielle du Coran
  • 750 : début d’un cycle de rébellions et de répressions après la perte du pouvoir par les Omeyyades au profit des Abassides

Sur la piste de l’Islam des origines

5-piliers-Islam Jacqueline Chabri, professeur honoraire des universités, spécialistes des origines de l’Islam, explique dans son livre « Les trois piliers de l’Islam »(5), qu’il est nécessaire de redonner une dimension humaine à l’Islam des origines. Face aux 5 piliers de l’Islam (6) reconnus par les musulmans, elle se fonde sur une vision plus historique qu’idéologique pour mettre en avant seulement 3 piliers. Ces 3 piliers définissent, selon elle, le rapport, au VIème siècle,  de la société tribale de familles patriarcales en Arabie avec le divin en tenant compte également des conditions de vie spécifiques à l’environnement, c’est à dire le désert. A ses yeux, les 3 piliers sont : – L’alliance, qui assure le lien de solidarité des hommes entre eux et avec les Dieux; – La « bonne guidance », qui est le pilier central car spécifique à cette société et à la rudesse des conditions. Car en dehors de la bonne piste, point de salut, au sens propre, survie dans le désert, comme au sens figuré; – Le don, qui met en avant la notion de partage au sein d’une même tribu, en commençant par entretenir sa famille. Ainsi, Mahomet exhortera les gens à la générosité à Médine. A cette époque, dans cette société, le pragmatisme prévaut; selon J. Chabri, les normes sociales alors l’emportent sur l’idéologie coranique. Le wahhabisme aujourd’hui prétend remonter à un islam premier qui n’a jamais existé tel quel, prétend Jacqueline Chabri.


1 – Il existe que peu de données purement historiques, la plupart s’appuie sur la Tradition, c’est-à-dire des informations issues des hadiths, c’est-à-dire les recueils de la parole de Mahomet lui-même, de la biographie officielle, la Sira ou le Coran, lui-même. 2-  Les informations les plus essentielles comme les dates de naissance et de décès de Mahomet ou encore le nombre d’épouses divergent selon les sources. 3 – Le point N° 2208 – 8 janvier 2015- La vraie vie de Mahomet . p. 42 à 54 4- Il existerait au moins 3 ou 4 versions du Coran avant que ne s’impose la version « officielle », la vulgate dite du Calife Othman, officialisée vers 700. 5- Entretien avec Jacqueline Chabri, Sur la Piste du Coran – L’obs N° 2685 du 21 avril 2016, à propos du livre « Les trois piliers de l’Islam, lecture anthropologique du Coran- Ed. du Seuil – 2016 6- les 5 piliers de l’Islam sont : La profession de foi, c’est à dire déclarer avec conviction « Lâ ilâha illa-Llâh, Mohammadou-r-rasoulou-Llâh. », « Il n’y a pas d’autre dieu qu’Allah et Mohammed est Son messager. », la prière, donner la Zakat (donner aux pauvres), le jeûne du Ramadan, le pèlerinage à La Mecque 7 Cité dans « Le suicide français – Eric Zemmour – P482 – Ed. Albin Michel ; 2014


A visionner pour mieux comprendre :

 

Les tout premiers couples indissolubles

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1215

Histoire du couple

Du couple aux lèvres !

 

Selon les points de vue, la vie en couple date de 3000 ans, 12000 ans ou même de 150 millions d’années si l’on s’en réfère aux termites ! Cependant, en dehors des termites et de quelques autres énergumènes, la notion de « couple à vie » est apparue chez les humains au XIIIème siècle. Est-ce pour le meilleur ou pour le pire ?

Il a fallu des millénaires pour que la notion de couple passe de l’âge de raison à l’âge de la passion et de l’amour. Des millénaires, voire beaucoup plus si l’on s’en réfère au mode de vie stricto sensu. De ce point de vue, ce sont les termites, il y a 150 millions d’années (voir encart), qui inaugurent ce type de relation sociale. Le roi et la reine termite, une fois en couple, ne sortiront plus de leur chambre nuptiale et cela jusqu’à leur mort. Une vraie vie de couple inséparable !

Il y a plusieurs millions d’années, un premier pas vers la monogamie

Chez l’homme (ou plus exactement les ancêtres de l’homme), autre animal social, tout comme pour les termites, c’est l’instinct qui va lui dicter dans un premier temps son comportement social et parental. Il y a plus de 5 millions d’années, il est probable que se mette en place un début de monogamie (non exclusive), tout simplement dans le but d’élever sa progéniture. Le petit de l’homme prend son temps pour devenir adulte et a donc besoin de parents relativement stables. La survie de l’espèce est en jeu.

La grande révolution qui va conduire au couple est en marche. Avec l’entrée en scène du langage, les choses se compliquent : on assiste aux toutes premières scènes de ménage (1).

Il y a 12 000 ans, la grande aventure du couple commence

Mais, le véritable acte fondateur du couple remonte à 10 000 ans avant notre ère lorsqu’apparaissent les tout premiers villages. Une organisation sociale de la vie économique conduit à répartir les tâches entre les hommes et les femmes. Même si de nombreuses tribus restent polygames, c’est le coup d’envoi de l’aventure du couple.

mariage romain avec une jeune fille de douze ansIl y a 3000 ans, la société gréco-romaine fête les tout premiers mariages. Pour le citoyen romain, celui-ci est un passage obligé et un devoir. Il s’agit d’assurer la descendance et surtout de fournir beaucoup de soldats. Le mariage est à la fois une affaire économique et familiale dans une recherche d’intérêts réciproques.

Le plus souvent, tout est réglé dès la naissance de la fille. Le mariage est autorisé dès l’âge de 12 ans. Le fils apporte la terre, la fille, la dot. Le mari devient le maître absolu de son épouse. Celle-ci doit rester totalement fidèle, tandis que le mari dispose à son gré de courtisanes, concubines, esclaves et prostituées.

S’il rembourse la dot, le mari peut changer d’épouse comme bon lui semble (2). Ainsi, Mécène (vers 16 avant J.-C.) répudia et réépousa plus de 1000 fois sa femme au grès de leurs disputes.

Pour l’homme, c’est l’âge d’or de la sexualité. Tout lui est permis; le sexe sous toutes ses formes avec tout partenaires et toutes formes d’instruments. Le couple existe donc mais dans une forme libertine, surtout pour l’homme. Car l’épouse, en cas d’adultère, est répudiée sur le champ.

 L’Eglise consacre l’union à vie pour le meilleur et pour le pire…et sans le plaisir 

L’Eglise va remettre de l’ordre. C’est à partir de 1215, lors du quatrième concile du Latran, que la mariage chrétien s’impose réellement à tous en sortant de la sphère familiale privée et en entrant dans le « domaine public ». Le mariage devient alors un sacrement.

le mariage catholiqueSurtout, l’union repose sur le libre consentement des époux et cela devant témoins, c’est à dire le public, la famille, les voisins, les proches et devant Dieu, via le prêtre. Revers de la médaille, le mariage devient irrépudiable sauf en cas de consanguinité ou d’impuissance masculine avérée. Voilà, les tout premiers couples à vie !

Cette situation est pour l’homme difficile à avaler. Parfois, celui-ci ne voit pas d’autres solutions pour quitter sa femme que de la tuer. Le concile de Trente (1545 – 1563) ainsi que la Contre-Réforme catholique vont ensuite renforcer sérieusement « les liens du mariage ». Le mariage se place pour la toute première fois sous le triple contrôle de contrôle de la famille, de l’Eglise et de l’Etat.

Sous contrôle également, la manière de pratiquer la sexualité. L’Eglise va faire du plaisir un péché. Tout rapports inféconds sont interdits On va jusqu’à brûler les clitoris au fer rouge. Jusqu’au milieu du XXème siècle, le plaisir pour la femme restera un continent ignoré. Encore en 1880, s’embrasser sur la bouche dans la rue est interdit car considéré comme un attentat à la pudeur.

L’Eglise perd la main mais rien ne bouge

Si le code Napoléon, à la fin du XIXème siècle, laïcise le mariage, rien ne change réellement sur le fond. Le divorce reste quasiment impossible et le chef de famille a tout pouvoir.

Il faudra attendre le début XXème siècle pour que l’horizon s’éclaircisse pour les couples. Pour la toute première fois, un homme et une femme auront la liberté de se choisir. Un vent de liberté et de volupté commence à souffler. Une légère brise simplement, car dans les années 40, l’homme garde l’autorité sur la famille, notion qui est venue supplanter alors celle de couple.

Le couple enfin libéré

Ce vent de contestation soufflera en tempête, partout dans le monde, en 1968 (2). Pour la toute première fois, le couple dessine son idéal : 2 individus qui veulent être heureux ensemble et s’épanouirent sexuellement. Tout simplement. On connait la suite : mon corps m’appartient; jouir sans entraves.

A partir de 1970 : Un couple, c’est un homme et une femme, à égalité. Et pour la toute première fois dans l’histoire le viol conjugal est reconnu. Désormais, le couple est une œuvre d’art à construire ensemble.

Si aujourd’hui « le couple est la norme dans la plupart des sociétés » comme l’explique le biologiste Franck Cézilly(3) « c’est avant tout pour des raisons culturelles ».  

Dans nos sociétés, Il s’instaure une sorte de compromis entre les avantages du couple et la tentation de voir ailleurs. L’homme serait-il en train de devenir un « monogame en série » ?   

Publié le 5 août 2013

Un monde sans sexe.

On le sait chez les bactéries, le sexe est tout simplement banni. les pauvres !

monde sans sexeMais chez les êtres normalement constitués, c’est à dire tous les animaux, dont nous faisons partie, on pensait jusqu’ici que pour avoir une descendance, la sexualité, et donc l’accouplement, était un passage obligé. Obligé et souvent suscité et apprécié!

Autrement dit, un mâle et une femelle, avec différentes variantes, mais au final toujours un accouplement. C’était la règle!

He bien, que ni, ni ! On a désormais la preuve que certaines espèces ne connaissent pas la sexualité et s’en sortent très bien.

En effet, les rotifères bdelloïdes, petits invertébrés incroyablement résistants, résistent à tout, ou presque, comme les radiations…et même au sexe.  Pis, les ancêtres pratiquaient le sexe, puis ont abandonné cette pratique voici des dizaines de millions d’années au profit d’une reproduction uniquement asexuée(6).  Les rotifères bdelloïdes, qui comptent plusieurs centaines d’espèces, n’alignent que des femelles !

Pourtant, on avait dit que le brassage génétique que procure la sexualité représente un tel avantage évolutif que tout autre mode de reproduction, pour les êtres un tant soit peu évolués, conduit inévitablement à un échec. La raison tient au fait que les clones comptent uniquement sur les mutations aléatoires pour se diversifier et s’adapter à l’environnement et ces mutations sont souvent délétères.

On connaissait déjà, des modèles de reproduction asexuée, appelé parthénogenèse, qu’utilisent certains lézards ou poissons, mais celle-ci se pratique en parallèle d’une reproduction sexuée. Un plus, en quelque sorte.

Alors comment se débrouillent les rotifères bdelloïdes ? Elles utilisent deux stratagèmes : d’abord, elles intègrent dans leurs chromosomes de nombreux fragments d’ADN d’autres espèces. Et puis, elles utilisent un mécanisme appelé « conversion génétique » qui permet d’éviter les mutations nuisibles.

Selon les scientifiques, il se pourrait bien que d’autres espèces, à découvrir, se passent aussi de sexe.

Il n’y a donc pas que le sexe dans la vie !


Les termites : tout premiers couples de l’histoire.

Il y a 150 millions d’années apparaissaient les termites et avec elles, les toutes premières relations sociales fondées sur le couple (4), pour ne pas dire le mariage.

Une fois leur flamme réciproque déclarée et consommée dans leur chambre nuptiale creusée pour l’occasion, les deux amants, monsieur et madame termite, le roi et la reine, ne se quittent plus. Pis, ne sortiront plus de cette chambre qui sera aussi leur tombeau. Rappelons que le roi et la reine d’une colonie sont les seuls individus sexués de la colonie. La sexualisation des larves est inhibée par des phéromones secrétées par le couple royal sauf au moment de la formation des nymphes.

Comme signe de fidélité réciproque et absolu, le couple se coupent les ailes et les antennes. Fini le vagabondage. Le temps passant, comme beaucoup de couples humains, ils « baiseront » de moins en moins souvent et deviendront grassouillet, pour ne pas dire plus, ils tripleront de volume.

Main dans la main ou plutôt pattes dans les pattes, ils attendront ensemble la mort après avoir eu beaucoup de rejetons.


La fidélité : un mariage de raison ?

9 % des mammifères ont choisi la monogamie (5). Pour expliquer ce taux relativement élevé , trois hypothèses : la théorie de la dispersion des femelles, celle de la prévention des infanticides, et celle des soins parentaux.

Entre les trois, le cœur des scientifiques balance encore. La première théorie intègrerait les deux autres, de facto. Mais selon des modèles mathématiques, la volonté de protéger avant tout sa descendance serait plus fort que tout.

Quoi qu’il en soit, il semble bien que la monogamie offre un avantage évolutif indéniable. Chez les humains, lorsque la polygamie est permise, seuls 20 % la pratiquent, souvent pour des raisons économiques (4).

Pourtant, ne dit-on pas : le Rossignol est fidèle tant qu’il reste enfermé dans sa cage !

 


1 – Documentaire « La grande histoire du Couple » ARTE – Arnaud Levert , Sophie Lepault, Julien Hamelin
2 – Ca m’intéresse – Histoire – Juillet-août 2013 – N°19
3 - Source : Le Figaro – 6 Août 2013 – Sciences p.8
4- « Tous nos fantasmes sont dans la nature » – Tobie Nathan – Ed. Mille & une nuits
5 – Science – Août 2013 – Etude de Lukas et Clutton-Brock – université de Cambridge
6- Pierre-Henry Gouyon, chercheur au Muséum national d’histoire naturelle, cité dans le Figaro du 6 août 2013


A visionner pour aller plus loin :


Evolution de la famille :

Le paradis, ici & maintenant, pour la toute 1ère fois

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XVIIIème siècle

le paradis

Nous irons tous au paradis !

 

Si l’idée de paradis affiche plus de 2500 ans au compteur, elle a connu des hauts et des bas : du jardin d’Eden, le paradis terrestre, au paradis céleste en passant par une phase intermédiaire, le purgatoire. Depuis les Lumières, le paradis est redescendu sur Terre. Certains pensent qu’il n’y aurait plus qu’à le cueillir.

« Le paradis est où je suis », écrit Voltaire (1694-1778) en 1736 dans le Mondain.

Avec ce poème, Voltaire vante le progrès et la recherche du bonheur terrestre qui, selon lui, doit l’emporter sur l’attente du Salut Eternel. Autrement dit, Voltaire envisage pour l’homme un épanouissement ici-bas. C’est totalement subversif pour l’époque et en contradiction avec les religions du Livre (le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam).

Le paradis ici et maintenant

Pour la toute première fois, la notion de paradis se laïcise donc. Cette approche révolutionnaire annonce, tout simplement, le monde moderne. Celui-ci est né, comme l’explique l’historien et sociologue des religions, Frédéric Lenoir « d’une laïcisation de l’idée de paradis, transformée en une idée de progrès menant à un paradis terrestre… »(1). C’est la consécration d’une quête, pour la première fois,  d’un bonheur individuel ici-bas.

En effet, grâce aux progrès techniques et aux perspectives nouvelles qu’offre la science dont l’amorce se situe à la Renaissance, la recherche du bonheur ici-bas commence à devenir légitime. Un bonheur individuel et universel, ici et maintenant (2).

Il faut dire que la philosophie des Lumières est passée par là. Galilée, Newton, Darwin, Buffon, Diderot, Locke, Voltaire, Spinoza, le suédois Swedenborg, et bien d’autres (3) vont démontrer, par leurs théories et analyses en matière d’astronomie et d’évolution, que le monde n’a plus ni de haut ni de bas et qu’il ne s’est pas construit en 7 jours. Que devient alors le Paradis et où le situer ?

Le Jardin d'Eden par Michel Ange - Chapelle Sixtine.

Le Jardin d’Eden par Michel Ange – Chapelle Sixtine.

Le paradis : des racines et des ailes

Pour la première fois, la Genèse a donc du plomb dans l’aile et le Jardin d’Eden commence sérieusement à se faner !

Pourtant, Dieu sait si nous revenons de loin. Pour le paradis, tout a commencé véritablement à l’époque mésopotamienne. C’est la grande époque où se construisent les mythes de l’Arbre de vie ou du Déluge. Cela remonte au IVème millénaire avant notre ère pour l’Arbre de vie et au second millénaire pour l’évocation du Déluge, dans l’Epopée de Gilgamesh, écrit au XIII ème siècle av. J-.-C.

Si les jardins luxuriants mésopotamiens ont pu inspirer le Jardin d’Eden, le concept de Paradis, avec sa dimension de l’au-delà et d’une vie heureuse que l’on a méritée ici-bas, est, semble-t-il, étranger à la culture mésopotamienne (4).

Le Jardin d’Eden de la Bible précède ainsi l’évocation du Paradis : « Le seigneur Dieu planta un jardin d’Eden, et il plaça l’homme qu’il avait formé » (Gen 2.8), est-il mentionné dans le texte hébreu de la Genèse.

Il faut attendre le IIème siècle av. J-.C. pour voir apparaître cette notion de Paradis et de récompenses des âmes méritantes. Cette idée est évoquée pour la toute première fois dans le Livre de Daniel(5), rédigé en 164 avant notre ère, qui mentionne la Résurrection.

La vie éternelle

D’un côté, le Paradis terrestre, qui se résume au jardin d’Eden, splendide havre de paix, situé quelque part sur Terre mais nul ne sait où. Paradis  qui est interdit aux hommes depuis qu’Eve a croqué la pomme et de l’autre, le paradis Céleste, propriété de Dieu, ultime lieu pour les heureux élus.

L’assurance d’une vie éternelle pour ces heureux élus s’impose définitivement à partir de la destruction du second temple de Jérusalem en 135 ap. J.-C.(6). Quant à l’idée de la réincarnation des âmes, elle attendra le passage du cap de l’an mille et celle du purgatoire sera inventée au XIIème siècle par l’Eglise, avec de multiples réajustements, le dernier en date remontant à 1992 (6).

Issue de la nuit des temps, l’idée de paradis, permettant à nos disparus de « revivre » ici-bas ou dans un autre monde, a traversé l’esprit de quasiment toutes les sociétés humaines. Bien entendu, elle a nourri la culture occidentale. D’abord dans une version spirituelle portée par la montée en puissance du christianisme ; puis, dans sa version matérielle et laïque, fruit du siècle des Lumières et, d’une certaine manière du socialisme.

Cela suit la même trajectoire que celle de la morale chrétienne qui, comme le souligne Luc Ferry(7), va permettre paradoxalement l’émergence des morales laïques et républicaines.

Notre petit coin de paradis

Si l’on voulait simplifier, on pourrait dire que le Paradis a connu 3 périodes : celle du paradis terrestre, inaccessible aux hommes depuis la faute originelle, celle du paradis céleste difficilement accessible et, enfin celle du paradis social que le progrès technique a rendu accessible…

Un petit coin de paradis, ici, pour tous et pour tout de suite, voilà le nouveau paradigme du paradis.

Mais, en matière de paradis, comme pour d’autres choses, reste à vérifier que l’enfer n’est pas pavé de bonnes intentions !

 Publié le 26 octobre 2013

Les clés du paradis

Le terme paradis provient de l’avestique, une langue ancienne de Perse. Il signifie « jardin clos », pairi daeza. Il sera traduit en persan par pardez puis en grec ancien par paradeisos. Il figure dans la Bible qu’à partir de l’époque hellénistique, c’est-à-dire entre le IVème et le Ier siècle avant notre ère.

La première fois qu’un jardin paradisiaque est évoqué, c’est dans des tablettes cunéiformes de l’antique Sumer. Ce lieu enchanteur, réservé aux Dieux, excepté à Ziusudra, le Noé sumérien, est baptisé Dilmun que certains situent sur l’ile de Bahreïn.

Même si l’archéologue américain Juris Zarins  situa, dans les années 80, l’hypothétique Jardin d’Eden sur les rives du Golfe Persique, il est probable que ce Jardin ne corresponde pas vraiment à un lieu.

Il s’agirait plutôt d’un « concept » évoquant un espace luxuriant comme la littérature mésopotamienne le mentionnait souvent en référence aux magnifiques jardins des souverains.

D’ailleurs, les souverains assyriens et babyloniens, fervents adeptes de splendides jardins sont appelés «  jardiniers des dieux ».

 


Les péchés capitaux : capital à connaître pour rentrer au paradis

En 1215, le concile de Latran établit la liste officielle des péchés capitaux. A chacun sont associés les châtiments qui vont varier selon les époques  :

  • Luxure : les deux amants sont attachés l’un à l’autre par le cou ou sexe et poitrine dévorés par des serpents ;
  • Gourmandise : pendu par les pieds ;
  • Orgueil : supplice de la roue ;
  • Colère : le coléreux se fait dévorer le cerveau ;
  • Avarice : plongé dans le métal en fusion et embroché par Mammon, le prince des enfers ;
  • Paresse : allongé sous le poids de Satan qui le maintient dans les flammes ;
  • Envie : alternance d’une plongée dans un océan de feu et dans un fleuve glacé.

 


1 – Interview de Frédéric Lenoir publiée dans « Paradis et enfers » – Les cahiers Science& vie – N° 139 – Août 2013
2 – La notion de bonheur terrestre existait déjà chez les Grecs mais ce bonheur individuel était toujours assorti d’un bonheur collectif ; aujourd’hui, pour la toute première fois, l’individu a davantage d’importances que la communauté.
3 – Considéré par l’historien des religions Bernhard Lang de l’Université de Paderborn comme le père de la conception moderne du Paradis
4 – Selon Brigitte Lion, professeur d’histoire à l’Université de Tours – Paradis et enfers – Les cahiers Science& vie, p.26, N° 139 – Août 2013
5 – Le livre de Daniel est le plus récent de l’Ancien Testament. Daniel figure parmi les quatre « grands prophètes ». Le livre décrit des événements se déroulant de la captivité du peuple juif à Babylone sous Nabuchodonosor II, le roi de Babylone entre 605 et 562 av. J.-C., jusqu’à l’époque séleucide sous Antiochos IV. (Source Wikipedia). Le livre de Daniel est considéré comme un livre « apocalyptique » terme qui signifie littéralement « lever le voile ».
6 – Paradis et enfers – Les cahiers Science& vie – N° 139 – Août 2013- Du jardin d’Eden au jugement dernier – Marie Barral ; p. 30 et Edito d’Isabelle Bourdial
7 – « Le Cardinal et le philosophe » – Luc Ferry et Gianfranco Ravasi – éd. Plon – 2013


 

A visionner pour en savoir plus :


Les jardins de Babel par LPDE

Les toutes premières divinités

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- 15 000 ans

La Divine comédie

A la faveur d’un réchauffement qui met fin à près de 100 000 ans de frimas (le dernier âge glaciaire), la nature devient plus généreuse. Douceur et humidité favorisent une certaine abondance de nourriture sauvage. L’homme va enfin pouvoir commencer à s’affranchir du carcan de son environnement.

Plus disponible pour laisser libre court à son imagination, il invente, sans relâche, outils et méthodes pour faire face aux aléas. Il se hisse ainsi au-dessus du panier de ses congénères, cousins plus ou moins éloignés, tout en ayant le souci d’améliorer ledit panier de la ménagère de l’époque. Autrement dit, il s’extrait de la pure contingence.

Cet homme plus libre commence à prendre conscience que, bien que fruit de la nature, il peut envisager de la dominer. Mais, si lui peut la dominer, c’est que probablement, il existe au-dessus quelque chose de plus fort, de plus grand qui peut aussi le dominer. Dominus vobiscum…

Jusqu’à présent, et depuis plus de 20 000 ans, l’homme avait probablement une relation « sacrée » avec des esprits issus de la nature : le vent, les animaux, les montagnes…comme en témoignent les innombrables peintures des grottes. Cette relation était d’ordre « win/win » je te donne cela et tu m’accordes çà. Bien loin donc de la notion de transcendante.

Cette fois, l’homme, réalisant sa supériorité face à son entourage – comme les singes -, ne s’accommode plus d’une relation avec des esprits sans esprit. Il vise plus haut, au minimum des entités qui lui ressemblent, avec un ego, des désirs, des colères. Autrement dit, une intelligence mais en plus fort, une intelligence supérieure. Le divin est né.

Déesse enfantant soutenue par des félins (publié dans le site  www.dinosoria.com)
Déesse enfantant soutenue par des félins (publié dans le site www.dinosoria.com)

Cette divinité commence sous le signe de la féminité. Les nombreux vestiges retrouvés au Moyen-Orient, il y a plus de 12000 ans représentent en effet des déesses affirmant fortement leur féminité. Porteuses de vie et veillant sur la fécondité des hommes comme celle des champs, les déesses sont un recours précieux pour des hommes qui entrevoient les premiers résultats de leur labeur.

Comme on le dira plus tard, Dieu a fait l’homme à son image. Cette image va se viriliser au fur et à mesure que la société se hiérarchise et que le commerce se développe. Après plusieurs milliers d’années de bons et loyaux services, les déesses devront donc laisser la place à des dieux viriles et protecteurs, capables de protéger récoltes et habitats.

Pour les dieux mâles, le pouvoir, pour les déesses, le devoir. Enfin, tout rentre dans l’ordre, et cela bien avant qu’on rentre dans les ordres !


A voir et à lire pour aller plus loin :
  • Petit traité d’histoire des religions. Des premiers rituels funéraires des hommes préhistoriques aux grandes religions actuelles, Frédéric Lenoir explore de manière limpide l’univers foisonnant du sacré. Une question parcourt ce livre : à quoi servent les religions et pourquoi accompagnent-elles l’aventure humaine depuis l’aube des temps ?

Première tragédie familiale

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- 4 600 ans (avant notre ère)

Petits meurtres en famille


Un père, une mère et leurs deux fils âgés d’environ 5 et 9 ans sont les victimes d’un des tous premiers massacres familiaux de notre histoire. Une tragédie meurtrière au sein d’une même famille comme le démontrent les analyses ADN confirmant les liens de parentés. C’est du moins la thèse des scientifiques[1] qui ont étudiés les cadavres, 13 au total, répartis dans 4 tombes.

Que faisiez-vous le soir de la seconde lune de l’année -4600 ?

Il y a similitude entre la position des corps et leur proximité génétique (Image : courtesy of The National Academies).
Il y a similitude entre la position des corps et leur proximité génétique (Image : courtesy of The National Academies).

Retournons sur la scène du crime. Celle-ci se situe dans la fertile vallée de la Saale (située dans l’ancienne Allemagne de l’est), sur le bord de la rivière du même nom.  Les traces de blessures témoignent de la violence de l’agression. L’une des victimes a été « poignardée » dans le dos par une flèche en silex plantée dans une vertèbre, tandis que d’autres ont le crâne enfoncé. Malgré la proximité de la rivière, la vie de l’époque ne ressemble apparemment pas  à un long fleuve tranquille, mais qui en doutait !

Parmi les victimes, aucun adolescents ni jeunes adultes. L’absence de ces derniers semble prouver qu’ils ont échappé, d’une manière ou d’un autre, à l’attaque.  Seuls survivants du massacre,  il est probable que ces jeunes adultes se chargeront d’enterrer leurs proches en respectant les liens de parentés et sociaux.

Une famille traditionnelle à l’âge de pierre

Cette famille massacrée du Néolithique prouve que la famille dite nucléaire existait déjà à cette époque reculée. Au jour d’aujourd’hui, cette scène tragique est aussi la plus ancienne preuve de l’existence de la structure familiale même si rien ne prouve qu’il s’agit là d’un modèle répandu.  Pour l’auteur de l’étude, Wolfgang Haak,  de l’université d’Adelaïde (Australie), au-delà de la preuve par l’ADN, l’union dans la mort de ce couple suggère l’union dans la vie.

Un peu de douceur dans ce monde de brutes

Face aux aléas de la vie, la famille jouait probablement un rôle protecteur et dispensateur d’amour.

La façon dont les morts furent enterrés semble confirmer cette relation d’amour. Contrairement aux habitudes de l’époque qui voulaient que les cadavres soient ensevelis systématiquement face vers le sud, ici les morts se retrouvent face à face avec souvent bras et mains entrelacés.

Poussant plus loin leur investigation, les chercheurs ont découvert que femmes et hommes de cette communauté étaient issues de régions différentes avant de se « marier » et de procréer ensemble. Il s’agissait probablement  d’éviter des alliances consanguines et peut être aussi d’assurer des alliances entre communautés.

Un drame familial qui en rappelle un autre

Jusqu’à présent le premier drame familial recensé dans les annales juridiques de l’Histoire était à la fois mythique et allégorique. Fils aîné du premier couple de l’humanité, Adam et d’Eve, Caïn tua son frère cadet Abel, par jalousie.

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Cain tuant son frère Abel. Toile du Titien, basilique Santa Maria della Salute

Évidemment, il n’y a aucune relation entre la famille décimée de la vallée de la Saal et le plus célèbre fratricide de la Bible, en dehors d’une coïncidence de calendrier évoquée ici pour l’anecdote.

Le mythe de Caïn et d’Abel découle de la vision allégorique de l’apparition de l’homme sur Terre, le 6ème jour de la Création de Dieu.

Selon les Créationnistes, cette toute première famille de l’humanité serait apparue sur Terre 4000 ans environ avant Jésus Christ.

Certains, comme John Lightfoot (1735-1788) de l’université de Cambridge, calculèrent même avec une précision d’horloger la date de ce 6ème jour de la Création : 23 octobre 4004 à 9 heures, avant J.-C. Quant à Kepler, après de savants calculs, il s’arrêta sur la date du 27 avril 4977.

Considérant que la datation des scientifiques correspond à une approximation, il est amusant, messieurs les jurés !, de relever entre ces tragédies familiales une coïncidence de calendrier, pour ne pas dire d’agenda.

Quoi qu’il en soit, drame familial du néolithique ou biblique,  il y a, de toute façon,  prescription !


1 – Travaux publiés dans les annales de l’Académie nationale américaine des sciences (PNAS), en novembre 2008 , suite aux découvertes d’archéologues en 2005, sur le site d’Eulau, en Saxe-Anhalt (Allemagne).


A consulter par curiosité :
Une vision très biblique du premier meurtre de l’humanité.


A voir et à lire pour aller plus loin :

  • La Bible-L’Ancien Testament, Tome 1 : La Genèse. Cette adaptation fidèle et œcuménique des 31 premiers chapitres de la Genèse retranscrit successivement la création du monde, Adam et Eve, Abel et Caïn, le Déluge, la tour de Babel, la destruction de Sodome, le sacrifice d’Abraham et le rêve de Jacob.
  • Petits meurtres en famille – Edition 2 DVD. Un mystère digne des plus grands romans d’Agatha Christie, où le mystère s’épaissit au fur et à mesure que les crimes se succèdent.
  • Meurtres en famille. Secrets enfouis, jalousies, vieilles rancunes et vengeances sanglantes : la famille n’est pas toujours un havre de paix… mais parfois le plus insoupçonnable des ennemis. Douze nouvelles de suspense inédites, par les plus grands maîtres du genre, réunis autour de Mary Higgins Clark.