mardi, 17 octobre 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Les tout premiers baisers

(votes : 11)
Loading ... Loading ...
Posté par fabrice
 

- 3800 ans

bisou-poisson-pano

Bons baisers de Lucy !

On le dit inné, vieux comme le monde, multiformes, multiculturel, multi-générationnel, capable de faire battre la chamade au plus endurci, de réaliser un échange de millions de bactéries le temps…d’un baiser. Quand, comment et pourquoi a-t-on embrassé pour la première fois ?

La toute première évocation du baiser est indienne et remonte à 1500 ans avant notre ère. Elle est rapportée dans les textes sanskrits védiques évoquant l’idée de « se renifler avec la bouche » (1), car aucun terme à l’époque ne permet de désigner le baiser.

Mastaba_of_Niankhkhum_and_Khnumhotep

Cependant, les toutes premières représentations de baisers, des couples s’embrassant sur la bouche, figurent sur des fresques égyptiennes remontant à plus de 3800 ans (2).

S’il s’agit là de traces avérées et datées ; à l’évidence la pratique du baiser est bien antérieure et de surcroit n’est pas l’apanage de l’espèce humaine ; elle ne se résume pas non plus au baiser amoureux ou romantique. Il y a le baiser amical, affectueux, social, maternel, rituel, protocolaire, langoureux; bref plein de bisous !

Le baiser : un langage ancestral et presque universel

Dans le monde animal, chez les primates, les oiseaux mais aussi chez certains insectes, on note de nombreuses pratiques de baiser labial ou intrabuccal qui visent à nourrir les petits sous une forme de becquée, avec une pré-mastication des aliments.

Ce comportement, très courant chez les singes, peut prendre une forme affective comme chez les bonobos qui n’hésitent pas à jouer avec leur langue.

Pour certains anthropologues, « les hommes préhistoriques » ont employé les mêmes pratiques de mastication pour nourrir leurs bébés. Ils estiment également que les humains de cette époque se léchaient probablement le visage entre eux pour en absorber le sel ce qui favorisait leur survie.  Etait-ce déjà le cas de la célèbre Lucy, l’Australopithèque âgée de plus de 3 millions d’années ? On le saura vraisemblablement jamais.

Le baiser : le couteau suisse de la communication

Les premiers baisers remplissaient donc plusieurs fonctions, liées à la fois à la sexualité à l’instar d’une parade sexuelle, à une manière de fraterniser mais également à des mesures d’hygiène, issues de rites de toilettage.

tableau-baisers-resize

Des ethnologues, observant des cultures ancestrales notamment de tribus africaines, voient dans la pratique du baiser un dérivé l’inspiration mutuelle de l’haleine symbolisant l’union ou la fusion des âmes (3).

Mais ne nous y trompons pas, jusqu’au XIXème siècle (et même encore aujourd’hui), le baiser dit amoureux n’était pas si répandu que cela à travers la planète. De nombreuses civilisations, en Afrique, en Asie et Australie, en ignoraient tout de ces pratiques au point de les redouter comme cette princesse africaine qui pensait que son amoureux voulait la dévorer en cherchant à l’embrasser (5) (8).

Bref, même s’il est loin d’être adopté par toutes les cultures, le baiser apparait si l’on prend toutes ses formes comme le bisous que l’on fait à son bébé un langage quasi universel pratiqué depuis la nuit des temps (6).

« Le baiser est la plus sûre façon de se taire en disant tout », si l’on reprend la formule de Maupassant (7)

Les bisous et la science

Les études scientifiques démontrent que le baiser sur la bouche, en échangeant haleine et salive, permet aux partenaires de collecter des informations chimiques et biologiques.

Le psychologue évolutionniste Gordon Gallup de l’Université d’Albany (U.S.A) va plus loin. Pour lui, le baiser amoureux nous fournit des informations olfactives sur l’ADN du partenaire et son statut reproductif.

Mieux, les endocrinologues ont constaté que les femmes, via le baiser, testaient inconsciemment le système immunitaire de leur partenaire, ou du moins une partie appelé « complexe majeur d’histocompatibilité » (CMH) et qu’elles étaient attirées par les hommes possédant un CMH différent du leur, gage de vitalité de leur future progéniture !

Ceci explique, en partie, que 59% des hommes et 66% des femmes mettent fin à une relation à cause d’un baiser trop décevant (4).

Un baiser pour la vie

Le baiser est aussi un marqueur universel et impérissable de notre vécu. Des études soulignent que nous souvenons plus précisément de notre tout premier baiser que de n’importe quelle autre première fois de notre vie, même sexuelle ! (1)

Pour les neuroscientifiques comme pour Darwin, pour qui se picorer les lèvres était un acte inné, encodé dans nos gènes, nous sommes programmés dès le plus jeune âge pour associer ces émotions positives avec le contact labial.

Bien que nous ignorerons toujours quand et où se sont produits les tout premiers baisers de l’humanité, cela crève les yeux que la plupart des humains ont une envie irrépressible et instinctive de se lier de cette manière, selon des styles et des manières inhérentes à nos cultures et à nos expériences.

Grâce au baiser, nous embrassons le monde, notre monde !

Publié le 30 Janvier 2016

Le baiser à travers les âges

  • Au commencement était le « Baiser » de la bible : « Alors Yahvé Dieu modela l’homme avec la glaise du sol, il insuffla dans ses narines une haleine de vie et l’homme devint un être vivant »;
  • 1200 avant notre ère : Selon Plutarque, s’embrasser sur la Bouche remonterait à la guerre de Troie et serait une initiative des femmes  pour calmer la colère des hommes après avoir incendiés leurs bateaux ;
  • 1er siècle avant notre ère : les Romains pratiquent allégrement le baiser, en privé comme en public, en couple hétérosexuel mais surtout homosexuel ;
  • Premiers siècles de notre ère : le bisou chrétien est un bisou de paix qui a aussi pour vocation d’être un signe de reconnaissance, c’est l’oscuium pacis qui perdurera au Moyen-Age ;
  • Au Moyen-Age, le baiser se répand sous différentes formes. Il y a l’osculum, un bisou entre seigneurs et vassaux qui permet de sceller le pacte de protection contre soumission par un baiser sur la bouche ; il y a aussi le baiser des chevaliers (2) qui est une preuve d’amitié et d’attachement tout comme le fait de dormir dans le même lit;
  • La Renaissance marque un tournant dans la pratique du baiser. Fini le baiser féodo-vassalique ou celui des chevaliers, terminés aussi les baisers public, à la fois coupables et victimes des épidémies, place aux baisers mondains comme le baisemain ou aux baisers érotiques qui préfigure la montée en puissance du libertinage ;
  • Au XIXème siècle, l’époque est à la chasteté ou du moins à l’intimité ; le bisou ne s’extériorise pas, enfin pas encore; C’est aussi l’époque du baisemain, l’une des rares formes de baiser asymétrique (7)
  • Le XXème siècle, verra peu à peu le baiser se libérer de toute entrave ; d’abord au cinéma avec le baiser hollywoodien puis à partir de 1968, le baiser partout et maintenant avant de perdre son article : baiser partout et maintenant !
  • Au XXI ème siècle, sur 168 culture étudiées, seules 77 % pratiquent le baiser amoureux.

Des expressions à la pelle pour évoquer le baiser !

Baiser protocolaire entre Brejnev et Honecker

Baiser protocolaire entre Brejnev et Honecker

Rouler une pelle, c’est l’allusion au mouvement de la langue mais c’est aussi l’évolution du mot pelle qui est dérivé du mot ploter  (on roulait un pélot ou un palot ou un pelot), qui lui-même  vient de patiner : on disait patiner au lieu de dire peloter (XIX ème siècle) : « caresser avec insistance ».

Quant au French Kiss, l’expression vient de la Libération;  les américains ont découvert à travers les Françaises des mœurs qui étaient plus libres que dans leur pays.

A l’époque Romaine, il y avait 3 expressions pour évoquer le baiser : l’osculum, ce qui correspond à la bise d’aujourd’hui, le basium, un bisou d’affection pratiqué entre époux ou membres de la famille, le savium, qui correspond au bisou amoureux ou romantique d’aujourd’hui, avec insertion de la langue.

Parmi les baisers célèbres, on trouve également le fameux baiser nez à nez de l’esquimau ou  le baiser slave qui revêt plusieurs aspects dont le plus connu est le baiser protocolaire, entre dignitaires par exemple (8).

Terminons par  un  extrait  de la  chanson de Pierre Perret intitulée Les Baisers (1968) :
« Y a dans mon dictionnaire usé / La définition du baiser / […] Braves gens je vais vous dire la mienne / Car un baiser c’est du fuego / […] Et les vieux schnoks de l’Académie / Devaient encore être endormis. »


Quand on aime, on ne compte pas !

Quand on aime, on ne compte pas, il faut malgré tout savoir qu’au cours d’un baiser, d’une dizaine de secondes :

  • On échange en moyenne 40 000 parasites,
  • et 80 millions de bactéries,
  • de 250 types différents,
  • 9 mg d’eau,
  • Et 0,45 mg de sel.
  • On consomme, 4 calories par minutes.
  • Le baiser sollicite 34 muscles du visage

kiss-resize2


1 -  http://www.courrierinternational.com – 14 février 2012 – tout-tout-tout-vous-saurez-tout-sur-le-baiser
2 –
 http://www.atlantico.fr/decryptage/surprenante-histoire-baiser-bouche-travers-ages-et-civilisations-2256738.html
3 – Zorica Tomić, Le baiser en voie de disparition ?, L’Âge d’homme,‎ 214, p. 14, cité dans Wikipédia (https://fr.wikipedia.org/wiki/Baiser);
4 - www.terrafemina.com
5 - Savage Africa, – 1864- de l’explorateur britannique William Winwood Reade, mentionné dans le Courrier International du 14 février 2014
6 -  http://passeurdesciences
7- « Le Baiser Peut-être » – Belinda Cannone – Ed. Alma Pabloïd – rapporté dans Libération 20 septembre 2011
8 – « Les fonctions rituelles et mythologiques du baiser chez les slaves de l’est » – Andrei Toporkov


A visionner , le baiser au cinéma :

Miku : la toute première diva virtuelle…et sans caprice !

(votes : 6)
Loading ... Loading ...
Posté par fabrice
 

31 août 2007

 

La 1ère diva « chant pour chant » virtuelle !

Les Divas bien en chair, aux poumons et à l’ego surdéveloppés, ont-elles du souci à se faire face à une nouvelle race de stars, filiformes, au répertoire surdimensionné…et surtout à l’existence aussi virtuelle que collective ?  Hatsune Miku, l’égérie virtuelle japonaise qui remplit les stades, est-elle un prototype de ces nouvelles wiki-célébrités ?

 

Elle s’appelle donc Hatsune Miku. Son nom, en japonais, signifie « premier son du futur ». Elle est née le 31 août 2007. Dès sa naissance, elle mesurait 1.58 mètre, pesait 42 kilos et…était âgée de 16 ans ! !

Surtout à peine née, elle chantait déjà divinement, selon ses admirateurs. En effet, elle disposait d’un spectre vocal et un répertoire supérieur à n’importe quelle cantatrice ! Mais qui est-elle ?

La toute première égérie collective qui ouvre une nouvelle voie…

La toute première vocaloïd ou, si vous préférez, la toute première cantatrice numérique. Une diva du futur qui se produit sur les scènes du monde entier sous forme d’hologramme.

Ses « géniteurs » sont Yamaha et surtout Crypton Future Media. Yamaha a, dès 2003, développé un programme de synthèse vocale appliquée à la musique appelé Vocaloïd. La société Crypton Future Media, quant à elle, a mis au monde ou si vous préférez, mi sur le marché, un logiciel permettant de composer des chansons à partir de la voix de Hatsune Miku. C’était le 31 août 2007.

Mais le véritable coup de génie de Crypton fut d’associer à ce programme vocal une image issue de l’univers des mangas.

Résultat : une chanteuse à la silhouette filiforme, éclairée par d’immenses yeux verts que viennent encadrer deux couettes vertigineuses de cheveux bleu  « mer du sud » et qui s’habille en Louis Vuitton ! Ce qui ne l’empêche pas d’être lookée comme une lycéenne japonaise chic mais sexy avec une jupe plissée ultracourte.

Tout pour plaire à ses fans. Et ils sont nombreux.

La première cantatrice sans caprice ?

En moins de 6 ans, Miku est devenue un phénomène de société d’abord au Japon puis planétaire et collectif. Pour la toute première fois, une star de showbiz, pour ne pas dire une diva, est le résultat d’une création collective partagée.

Car Crypton Future Media a eu l’idée de créer ce personnage en « open source » (sous licence mais en libre accès, à condition de respecter certains codes de couleurs ou d’apparence physique).

Du coup, fans et artistes de tout poil et tout horizon se déchainent pour la faire vivre. Des milliers de fans s’emparent de chansons créées par d’autres pour les remixer ou en créer de nouvelles, les filles adeptes du cosplay (1) se déguisent comme Miku.

A partir de 2008,  le logiciel Miku Miku Dance permet de lui fabriquer à l’envie des clips. Résultat près d’un million de vidéos postées à ce jour et un répertoire de plus de 100 000 morceaux.
« Ce sont ses fans qui lui attribuent sa personnalité et son répertoire » explique Joffrey Collignon, l’animateur du site français vocaloid.fr.

Autrement dit, ce n’est plus la star qui impose ses caprices. Un retournement complet de tendances.

La toute première star internationale virtuelle

Succès et célébrité sont au rendez-vous. En 2010, une compilation de ses chansons les plus populaires la propulse en tête du hit-parade japonais. Et puis, tout s’enchaine : concerts et tournées.

Le 2 juillet 2011, a lieu son tout premier concert hors du Japon. Il est organisé au Nokia Theatre de Los Angeles, immense salle aux plus de 7 100 places. Pas de doute, la virtuelle Miku remplit réellement les stades en Asie et aux Etats-Unis où elle est souvent accompagnée de vrais musiciens. En France, elle fait sa toute première apparition mi-novembre 2013 au Théâtre du Chatelet. Bref, que de « premières » pour un être virtuel mais au succès bien réel.

Cela engendre un business où se mêlent talents, fans et professionnels comme des vidéastes, des graphistes, des coiffeurs, des costumiers. Un business qui se chiffre déjà en centaines de millions de dollars.

La toute première wiki-célébrité

Sans être la première ni la seule vocaloïd, la force de Miku est d’être la propriété de personne et d’avoir un jolis minois et d’être bien entouré…technologiquement parlant.

Miku est déjà entrée dans l’histoire (2). C’est du moins l’avis du professeur Ian Condry, professeur au MIT et spécialiste de la culture populaire japonaise. « Elle est la première Wiki-célébrité de l’histoire, une égérie créée collectivement et qui fonctionne pour la communauté de ses créateurs comme une sorte de média libre. Elle montre ce que le partage et le dialogue, dans un environnement ouvert et libre de mercantilisme, peuvent réaliser ».

Sans nul doute, elle annonce une nouvelle ère dans l’industrie de la musique où les pop-stars deviennent de vraies stars populaires : une créature du peuple et pour le peuple. Pour la toute première fois, les caprices changent de camp !


 « The end » : le premier opéra post-humain

miku opéra The end« The End » est premier opéra vocaloïd. Un spectacle qui utilise 7 projecteurs numériques, 7 ordinateurs et des dizaines d’ingénieurs (2).

Nous ne sommes pas dans le psychédélique mais plutôt dans une méditation métaphysique portée par une musique électronique.   Son auteur, le japonais Keiichiro Shibuya, a été bouleversé par la voix de Miku qu’il compare à celle d’un fantôme.

Cette voix lui fait revivre celle de sa femme, Maria, qui s’est suicidée l’année qui a suivi la « naissance » de Miku.  Ce n’est donc pas étonnant que la mort soit au cœur de cet opéra.

Toutefois, n’y a t-il pas un paradoxe à mettre en scène la mort en s’appuyant sur un être qui ne peut mourir sauf par un bug informatique ?

 

 


1 – Pratique, très courue au Japon, qui consiste à jouer le rôle de ses personnages préférés (héros de mangas, de films, de jeux vidéo…) en adoptant leur style vestimentaire, leur coiffure, leur maquillage…
2- Article Digital Diva – Obsession, Supplément du Nouvel Observateur – 14 novembre 2013 


A visionner pour tout comprendre :

Les tout premiers commérages

(votes : 3)
Loading ... Loading ...
Posté par fabrice
 

- 70 000 ans

pano bavardage-saturation2

Le roi du bavardage !

Il y a 70 000 ans, l’homo Sapiens, une des 6 espèces hominidés présentes alors sur Terre, se distingue par son commérage qui lui confère une capacité à créer du lien et à prendre du recul face à la réalité objective. A partir de là, Sapiens va prendre ses désirs pour des réalités !

Il n’y avait pas de véritables raisons face à ces concurrents, une demi-douzaine d’espèces, comme l’homme de Néandertal, très costaud, ou l’Homo erectus, à ce que l’Homo-sapiens parviennent à tirer les marrons du feu au point de les supplanter tous et de rester le dernier représentant des Homos.

Et pourtant, bien que cela puisse paraitre une futilité, il y eut un petit rien qui fit toute la différence : l’Homo sapiens avait la langue bien pendue.

Neandertal vs Sapiens

Neandertal vs Sapiens

Fédérer des communautés

Contrairement à ses condisciples, l’Homo sapiens, voici 70 000 ans, commence à parler de tout et de rien, à jacasser, à bavarder. Sans le savoir, pour la première fois, il tisse de liens fondés non pas sur une communication utilitaire comme la pratique d’autres espèces pré-humaines et mêmes certains animaux mais sur communication imaginaire.

Autrement dit, selon la thèse de l’historien Yuval Noah Harari(1), pour la première fois, une espèce vivante à la capacité à créer de la fiction, ce que n’est probablement pas en mesure de faire  Néandertal qui se limite à décrire la réalité.

Si vous rassemblez 10 000 chimpanzé au stade de France, il peut probable qu’il en ressorte autre chose que le chaos ; en revanche, avec le même nombre d’homo sapiens, une organisation va se mettre en place avec un but commun, même s’il s’agit d’hooligans !

L’instinct grégaire !

Et cela fait toute la différence. Car pour fédérer des groupes importants de personnes, au-delà de la centaine d’individus, les faire coopérer, les faire adhérer à un projet, il est nécessaire de partager des mythes communs qui sont le fruit de notre imagination.

L’histoire le démontrera que pour souder une communauté, il faut un idéal à partager et des ennemis communs. C’est l’instinct grégaire.

gregaire_resize

Ainsi vont voir le jour les croyances en Dieu, à la Nation, à l’argent, à des valeurs communes et même plus tard aux droits de l’homme…Bref, tout ce qui crée du lien et de l’espoir.

Plus tard, cela prendra la forme de ce qu’Harari nomme « le mythe du consumérisme romantique » qui dépassera les frontières et les religions. C’est le plus puissant mythe, selon l’auteur, que l’homme n’ait jamais créé.

Cette toute nouvelle façon de penser a peut-être vu le jour au coin du feu, une sorte de Caméra-café de la préhistoire. Lors de ces « soirées entre amis », cette nouvelle « race » d’hommes commence à tirer des plans sur la comète. l’Homo sapiens ne se contente plus de la description de la réalité, il veut la façonner selon ses désirs et créer ses propres histoires. Ainsi, naissent les premiers story-telling, qui deviendront la Comédie humaine.

D’une vision objective à une vision subjective

Comment sommes-nous passés d’une description objective des faits à une vision subjective qui ouvre la voie à la fiction ? Face cette question, aucune certitude. Il est possible qu’il s’agisse d’une mutation génétique accidentelle qui, en modifiant quelque peu le câblage interne du cerveau, a engendrer de nouveaux modes de pensée conduisant à une forme nouvelle de communication.

Tous les animaux vivent dans une réalité objective, tandis que l’homme, grâce à cette nouvelle capacité cognitive, est capable de vivre dans une double réalité, factuelle et conceptuelle et d’inventer sa propre « réalité ». C’est ce qu’on appelle l’intelligence.


Publié le 16 novembre 2015


Les  étapes clés de l’aventure humaine

  • Selon Yuval Noah Harari(1), 3 grandes révolutions ont marqué l’histoire de notre espèce:
    La révolution cognitive : Il y a 70.000 ans, comme on vient de le voir, Sapiens a commencé à avoir des comportements plus ingénieux qui lui permettent de créer du lien et de faire preuve d’abstraction.
  • La révolution agricole : il y a 11.000 ans. C’est le moment où l’on a commencé à faire de la nature ce qu’on voulait.
  • La révolution scientifique – Il y a 500 ans, Sapiens devient un apprenti sorcier. C’est le moment où il commence  à devenir dangereux pour la planète et pour lui-même.
  • On peut y ajouter une autre révolution :
    celle de la révolution économique qui a débuté il y a 300 ans environ. Sapiens imagine une des formes d’organisations les plus ingénieuses : la société à responsabilité limitée dont les bases sont posées en 1893 en Allemagne.

1 - Sapiens, une brève histoire de l’humanité, Yuval Noah Harari, professeur à l’université hébraïque de Jérusalem, Ed. Albin Michel


A visionner pour aller plus loin :

Le tout premier million d’humains

(votes : 4)
Loading ... Loading ...
Posté par fabrice
 

- 40 000 ans

La-démographie-Pano

Le million, le million !

Il y a 40 000 ans, le cap du million d’humains vient d’être franchi. la partie était loin d’être gagnée et le risque d’une extinction naturelle de l’espèce humaine était réel. Voyons comment quelques milliers d’individus seulement vont donner naissance à plusieurs milliards aujourd’hui !

Enfin, on peut respirer. L’espèce humaine vient de franchir pour la première fois le seuil du million d’habitants. C’était, il y a 40 000 ans.

10 000 reproducteurs…et moi, et moi, et moi !

La partie n’était pas gagnée. A ses débuts, l’espèce humaine ne se comptait que par dizaines de milliers d’individus ; tout au plus quelques centaines de milliers, vraisemblablement moins.

Certains estiment à 30 000 le nombre de représentants de notre famille lors de la période la plus critique, dont 10 000 reproducteurs. Moins de 10 000, cette population n’aurait pas été viable et leurs descendants n’auraient pas fait parler d’eux. Dommage, leurs descendants, c’est nous.

migration-homo-sapiens

A partir de -40 000 ans, le progrès technique va devenir un facteur de croissance démographique, notamment en Europe.

Ce phénomène va être amplifié par la glaciation qui, en abaissant le niveau des mers, favorise les mouvements migratoires et donc le peuplement de nouvelles contrées, comme les Canaries, l’Egypte et même l’Arabie.

Bref, en quelques milliers d’années, entre –10 000 et – 8000 ans, la population va probablement décuplée, en atteignant, par exemple au Proche-Orient, 5 millions d’habitants et en Europe, près de 400 000 habitants.

A cela s’ajoutent bien sûr les autres populations (Chine, Inde, Mexique…).

250 millions de Terriens, au début de notre ère

Du coup, à l’époque de Jésus-Christ on dénombre 250 millions d’hommes ; 250 millions d’âmes à sauver, si l’on se place du point de vue du Fils de Dieu !

Cet effectif restera quasiment stable (avec une légère baisse vers 500 ans) jusqu’au premier millénaire. Puis au début des années 1800, le nombre d’âmes aura quadruplé : le premier milliard d’êtres humains vivant simultanément sur la Terre est atteint. C’est à cette époque que Malthus publie (en 1798) son essai prédisant une pénurie probable de ressources pour faire face à cet afflux de population.

demographie

Répartition de la population en 2050

On connaît la suite : 2 milliards d’êtres humains en 1925, 3 milliards en 1959, 4 milliards en 1975 et vraisemblablement 9 milliards en 2050. On est toutefois loin des prévisions des années 60 annonçant une population mondiale pouvant atteindre les 50 milliards d’habitants.

Il a fallu 10 000 générations pour atteindre les 2 milliards d’habitants, une seule suffit désormais pour ajouter 2 milliards supplémentaires.

En répartissant de manière uniforme l’ensemble de la population sur la Terre, la distance moyenne entre deux « voisins » est ainsi passée de 52 mètres en l’an 500 à 23 mètres en 1950.

Plus que jamais les rapports de voisinage sont à préserver !

Publié le 23 août 2015


Haut et bas de la croissance démographique

L’augmentation rapide de la population mondiale débute vraiment en 1800, à partir du moment où les conditions de vie commencent à s’amlériorer dans les pays « riches » ou en phase d’industrialisation.

CALVI_n159

Une seconde phase apparait à partir des années 50, cette fois dans les pays en voie de développement.

Depuis, on observe une diminution du rythme de la croissance démographique. Cependant, ce phénomène ne suffit pas enrayer l’accroissement démographique global.

En effet, le nombre de Terriens augmente encore très rapidement car la population est grande, de sorte que même si le taux de natalité est bas, le nombre de naissances annuelles reste élevé.

De plus, la pyramide des âges dans les pays du Sud est caractérisée par une large fraction de jeunes hommes et de jeunes femmes qui auront bientôt des enfants, contribuant ainsi à une forte augmentation de la population à l’avenir.

.

 


A voir pour mieux comprendre :

A lire pour aller plus loin :

  • Origine et évolution des populations humaines, de Bernard Vandermeersch, Olivier Dutour et Jean-Jacques Hublin. Cet ouvrage présente l’évolution de l’humanité depuis les premiers primates hominoïdes de l’Oligocène jusqu’aux temps historiques.
  • La population du monde : 6,5 milliards, et demain ? de Catherine Rollet. En moins de deux siècles, la population mondiale est passée de 1 à 6,5 milliards. S’agit-il d’un phénomène transitoire ou doit-on craindre une explosion démographique ? Et si tel était le cas, quelles en seraient les conséquences sur l’équilibre mondial ?

Premières violences en bandes organisées

(votes : 4)
Loading ... Loading ...
Posté par fabrice
 

- 13 500 années

Hands in blood

« Pourquoi tant de haine ? »

Si les premiers signes de cannibalisme remontent à 800 000 ans, l’un des tout premiers homicides avérés à près de 400 000 ans, les premiers actes de violence en groupe sont beaucoup plus récents et correspondent au moment où disparaissaient les chasseurs-cueilleurs au profit des premiers sédentaires. En progression jusqu’au Moyen Age, la violence dans la société, malgré les apparences, connait depuis une décrue constante même si elle a tendance à se radicaliser.

La première trace de violence collective est datée entre 13 140 et 14 340 ans (1) avant notre ère. Elle s’est produite au nord du Soudan dans une région enclavée dans la vallée fertile du Nil mais cernée par un milieu naturel hostile.

violence-prehistoire

Les motifs de cet accès de violence restent évidemment mystérieux. Toutefois, il est possible que le site ait suscité la convoitise du voisinage à moins qu’il s’agisse de luttes internes provoquées par une diminution des ressources. Bref, pas suffisamment d’indices pour tirer cela au clair.

Les traces de violence interpersonnelle au paléolithique demeurent rares, en dehors des actes de cannibalisme dont les premiers remontent à 800 000 ans et pour lesquels seuls 2 cas attestent d’une agression avant le « festin » .

L’homme un « bon sauvage » ou « un loup pour l’homme » ?

On a coutume de dire que la violence chez l’espèce humaine a pris son essor à partir du moment où l’homme à commencer à s’approprier biens et territoires et a vu sa démographie augmenter.

Une chose est certaine :  si la violence contre autrui remonte à au moins 430 000 ans, les premiers actes de guerre sont beaucoup plus récents, il y a 12 000 ans environ.

Alors comment choisir entre la vision Rousseauiste du « Bon sauvage » et celle de Hobbes pour qui « l’homme est un loup pour l’homme » ?

L’homme : une des espèces les plus violentes

Une étude de septembre 2016 (4) apporte un nouvel éclairage sur cette controverse. Elle démontre que le taux de décès des humains causés par d’autres humains est de 2 %, ce qui place l’homme parmi les espèces les plus violentes. Cependant, ce niveau de violence élevé n’est pas l’apanage de l’espèce humaine.

L’étude révèle que la violence est un trait partagé par les mammifères en général. Les suricates, [petit carnivore vivant dans le désert ouest-africain] apparaissent comme les mammifères les plus violents mais on peut citer aussi les lions et les loups et, plus surprenants, les marmottes et mêmes les chevaux.

Il apparait qu’une espèce qui se trouve placée dans la chaîne évolutive à proximité d’autres espèces violentes présente elle-même un comportement violent. L’inverse se vérifie également.
Les explications à ce phénomène sont nombreuses et dépendent des espèces. Les infanticides, par exemple, peuvent être vus comme un moyen d’adaptation tout comme la compétition entres mâles pour une femelle.

La violence en baisse depuis le Moyen-Âge

Si le niveau de violence s’est accru après l’époque des chasseurs-cueilleurs, elle est en déclin depuis la fin du Moyen Âge selon les travaux du sociologue allemand Norbert Elias (2). Cette tendance vers une société moins violente serait la conséquence conjointe d’un renforcement de l’Etat et de l’autocontrainte débouchant sur l’émergence de la notion de civilité.

Au vu des différents indices comme celui du taux d’homicide qui se réduit de moitié entre le XIIIè et le XVIème siècle (3), il est incontestable que le XVI et XVII ème siècle marque un tournant dans la violence.
Autre tournant dont nous avons peu conscience, depuis 1945, l’écrasante majorité des Européens n’a ni blessé, ni tué au cours d’un conflit, ce qui est une première dans notre histoire.

Aristote aurait finalement raison lorsqu’il affirme que l’homme est fait pour vivre en société et naturellement fait pour la communication et donc pour pacifier.


La violence « enragée »

Ce n’est pas d’hier que les bandes de jeunes existent et inquiètent leurs ainés. Rien qu’au XX ème siécle, on les a appelés successivement (5) :

emeute-banlieue

  • les « Apaches ». Groupes de jeunes de milieux ouvriers, durant « la Belle époque » en rupture avec le mode de vie en usine. Ils sévissent sur les « fortifs » de Paris
  • Au début des années 60, les « blousons noirs » également issus de milieux ouvriers, en révolte contre le monde adulte et bourgeois et véhiculant leur propre code culturel : rock, blouson, coupe de cheveux.
  • A partir des années 80, les « zoulous » incarnent l’archétype des jeunes dangereux et incontrôlables, issus des cités et le plus souvent de l’immigration maghrébine et africaine avec une volonté de repli identitaire.

Depuis les années 2000, on vit un nouveau cycle de violence juvénile qui cette fois devient moins crapuleuse mais plus gratuite avec un accroissement du nombre des mineurs impliqués. (En 2011, on passe de 24 500 à plus de 36 000 cas).


Peace and love

Malgré les actualités, la non-violence serait-elle en passe de devenir tendance ?

carte-homicide-mondePrenons l’année qui a suivi les attentats du 11 septembre. Eh bien, on risquait moins d’être victime d’un homicide ou d’une balle d’un soldat que de mourir de sa propre main (6). En effet, en 2002, sur 57 millions de morts dans le monde, 172 000 « seulement » sont morts de la guerre et 569 000  de crimes violents, soit un total de 741 000 victimes de violence humaines pour 873 000 suicides.

Durant l’Europe médiévale, entre 20 et 40 habitants sur 100 000 habitants étaient assassinés chaque année. Aujourd’hui ce nombre est tombé à 9. Encore faut-il prendre en compte des pays particulièrement violent comme la Somalie, la Colombie ou le Honduras (90 homicides volontaires pour 100 000). Soyons rassurés, dans l’Union européenne, la moyenne est d’1 meurtre pour 100 000 habitants. En France, entre 1995 et 2011, le nombre d’homicides a été divisé par deux, pour atteindre 800 par an !

En fait, on vit la période la plus calme depuis l’Emprire Romain. Même la Seconde guerre mondiale, avec ses 55 millions de morts n’a décimé « que » 2% de la population contre 10 % lors des Invasions Mongoles de Gensis Khan au XIII ème siècle.

Aujourd’hui, malgré les idées reçues, on risque bien moins sa peau dans les rue de Chicago ou de Rio de Janeiro que les inidigènes Waorani ou l’Arawete  au fin fond de la forêt amazonienne. Des études (7) ont montré que près de la moitié d’entre eux ne survivront pas à des conflits violents, à cause des femme, du prestige ou de la propriété.

 

 publié le 14 octobre 2016

1 – Dénommé « Site 117 » cité dans « Préhistoire de la violence et de la Guerre » Marylène PATOU-MATHIS – Ed. Odile Jacob
2- « Une histoire du processus de civilisation » publiée en 1939 et rééditée en 1973 et 1975, sous le titre « La civilisation des mœurs ».
3- En Angleterre, par exemple, le taux passe de 20 homicides pour 100 000 habitants au XIII ème siècle pour descendre à 10 pour 100 000 4 siècles plus tard. – Histoire Pour tous – Aurèlie Perret – Février 2015
4 – Etude « The phylogenetic roots of human lethal violence » dirigée par José Maria Gomez Reyes de l’Université de Grenade, Espagne publiée par Nature le 28 septembre 2016
5- https://www.cairn.info/revue-pensee-plurielle-2007-1-page-111.htm
6- « Sapiens, une brève histoire de l’humanité » – Yuval Noah Harari – Albin Michel – Ed. 2015
7- « Body Counts in Lowland South American Violence » Walker et Bailey


A visionner pour mieux comprendre :

Le tout premier terroriste de l’Histoire

(votes : 4)
Loading ... Loading ...
Posté par fabrice
 

– 356 avant notre ère

pano-sang

« Peur sur la ville »

 

Erostrate est entré dans l’Histoire, à double titre : par son acte « criminel » reconnu par les historiens et comme tout premier terroriste de l’Histoire. Une notoriété pour laquelle, il était prêt à en payer le prix, comme plus tard d’autres terroristes au nom d’une cause qui les transcende !

Son nom : Erostrate. Son acte : avoir incendié le temple d’Artémis à Ephèse (près d’Izmir en Turquie). Son mobile : la notoriété. La sentence : condamnation à mort et disparition de son nom de tous les documents officiels.

temple-Artémis

Frustré de ne pas être connu, Erostrate, dont l’Histoire finira par retenir son nom, décide, le jour même de la naissance d’Alexandre le Grand, d’incendier le temple d’Artémis, l’une des 7 merveilles du monde.

Erostrate se laisse arrêter assez facilement et explique que son geste ne visait que la reconnaissance et le respect de tous ceux qui l’ignoraient jusqu’ici.

Les juges le condamneront à mort et décideront d’effacer son nom y compris de l’Etat civil afin d’éviter toute publicité et tout précédent.

Ce jugement « politique » sera contesté par certains historiens de l’époque, comme Théopompe argumentant que la vérité historique ne peut être l’objet de manipulation même au nom de la Raison d’ Etat.

Théopompe mentionnera donc cet événement tragique dans ses Hélleniques et Erostrate passera ainsi à la postérité. Ironie de l’Histoire, comme le fit remarquer Jean-Paul Sartre (2), on se souvient du nom du type qui a brûlé le Temple d’Ephèse alors que l’on ignore le nom de son architecte !

Une guerre psychologique

Si la notoriété a été l’un des tout premiers « moteurs » du terrorisme, évidemment, il n’est pas le seul. Le Terrorisme est avant tout un acte commis à des fins politiques, idéologiques ou religieuses.

Mais surtout comme le définit Raymond Aron, face à une guerre classique le terrorisme compte sur le spectaculaire et l’émotion : « On peut qualifier de terrorisme une action dont les effets psychologiques dépassent les effets physiques ».

D’un point de vue académique, le concept de terrorisme prend vraiment naissance sous la Révolution Française. C’est en effet en 1798 que le terme « terrorisme » apparaît pour la première fois dans le supplément du dictionnaire de l’Académie française. Il désigne alors un mode de gouvernement faisant référence à la période de la Terreur (1793-1794) et aux adeptes de la « doctrine des partisans de la Terreur ». C’est ce qu’on appellera le terrorisme d’Etat.

Le terrorisme moderne

Les historiens semblent s’accorder sur le fait que le premier véritable acte terroriste au sens actuel, remonte au 24 décembre 1800 avec l’attentat de la rue Saint-Nicaise. Une « charrette piégée » explose sur le passage du Premier consul Napoléon Bonaparte ; attentat fomenté par les activistes chouans.

Attentat de Sarayevo

Attentat de Sarajevo en juin 1914

Cette forme de terrorisme se répand ensuite au Moyen-Orient à partir de 1896 avec l’assassinat du shah Nasir al-Dîn. Cette fois, le coup d’envoi du terrorisme à l’échelle de la planète est vraiment donné (4).

Le plus célèbre et le plus lourd de conséquences des actes terroristes restera celui commis en juin 1914 à Sarejevo contre l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche. Il précipitera l’Europe dans la Première Guerre mondiale.

Evidemment, en termes de symbole ceux du 11 septembre 2001à New York, 11 janvier et 13 novembre 2015 à Paris, resteront jusqu’à présent les plus marquants, puisqu’ils s’attaquent cette fois aux fondements de la civilisation occidentale, son porte drapeau, New York, la liberté de pensée et la culture.

Publié le 5 décembre 2015

Aux origines du DJIHAD

Le 26 mai 1998, Al-Qaida sort de l’ombre (3) : Ben Laden lance sa croisade contre l’Amérique, l’Occident et les juifs. Il vient de mettre le Jihad sur les rails.

644836_3_762e_video-d-oussama-ben-laden-le-26-decembre-2001

Mais le moment fondateur pour Al-Quaida et le Djihad remonte probablement à 1979. C’est la prise d’otage à la Mecque de centaines de pèlerins pendant 14 jours par 300 islamistes accusant la famille royale saoudienne d’être à la solde des américains. Oussama Ben Laden, alors âgé de 22 ans suit les événements avec intérêt. Missionné par les saoudiens, Ben Landen se rend alors au Pakistan pour aider les moudjahidines à lutter contre l’envahisseur.

Il sera aidé financièrement par les américains qui veulent bouter hors d’Afghanistan l’armée soviétique. Ben Laden créé en 1988 Al-Qaida.

10 ans plus tard, il déclarera, les armes à la main, sur une chaîne d’info « Les Américains ont commis une stupidité sans précédent en attaquant l’Islam […] nous prévoyons u jour noir à l’Amérique. Elle devra ramasser les corps de ses enfants jusque sur son sol ».

Deux attaques simultanées d’ambassades américaines, le 7 août 1998, en Tanzanie et au Kenya, donnent le coup d’envoi à la terreur. On connait la suite.

Ben Laden ne verra pas la constitution d’un Etat Islamique [comme se réclame Daech] pourtant voulu de ses propres vœux, avec un véritable Etat, doté d’une administration, d’une véritable armée. Ses héritiers vont faire monter d’un cran encore la barbarie et la terreur.

Une ère nouvelle s’ouvre.


1 – Jean-marc Daniel, économiste et Directeur de la revue Sociétal – Good  Morning Business – 14 janvier 2015 – BFM Business.
2 – Nouvelle « Érostrate », publiée dans le recueil de nouvelles nouvelle « Érostrate », publiée dans le recueil de nouvelles Le Mur (1939).
3 – TéléObs – L’hebdo des médias – « Autopsie de la Terreur » – Novembre 2015
4 – Pour connaître les grandes dates du terrorisme : http://www.thucydide.com/realisations/comprendre/terrorisme/terrorisme-chrono.htm


A visionner pour mieux comprendre :