mardi, 17 octobre 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Les tout premiers commérages

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Posté par fabrice
 

- 70 000 ans

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Le roi du bavardage !

Il y a 70 000 ans, l’homo Sapiens, une des 6 espèces hominidés présentes alors sur Terre, se distingue par son commérage qui lui confère une capacité à créer du lien et à prendre du recul face à la réalité objective. A partir de là, Sapiens va prendre ses désirs pour des réalités !

Il n’y avait pas de véritables raisons face à ces concurrents, une demi-douzaine d’espèces, comme l’homme de Néandertal, très costaud, ou l’Homo erectus, à ce que l’Homo-sapiens parviennent à tirer les marrons du feu au point de les supplanter tous et de rester le dernier représentant des Homos.

Et pourtant, bien que cela puisse paraitre une futilité, il y eut un petit rien qui fit toute la différence : l’Homo sapiens avait la langue bien pendue.

Neandertal vs Sapiens

Neandertal vs Sapiens

Fédérer des communautés

Contrairement à ses condisciples, l’Homo sapiens, voici 70 000 ans, commence à parler de tout et de rien, à jacasser, à bavarder. Sans le savoir, pour la première fois, il tisse de liens fondés non pas sur une communication utilitaire comme la pratique d’autres espèces pré-humaines et mêmes certains animaux mais sur communication imaginaire.

Autrement dit, selon la thèse de l’historien Yuval Noah Harari(1), pour la première fois, une espèce vivante à la capacité à créer de la fiction, ce que n’est probablement pas en mesure de faire  Néandertal qui se limite à décrire la réalité.

Si vous rassemblez 10 000 chimpanzé au stade de France, il peut probable qu’il en ressorte autre chose que le chaos ; en revanche, avec le même nombre d’homo sapiens, une organisation va se mettre en place avec un but commun, même s’il s’agit d’hooligans !

L’instinct grégaire !

Et cela fait toute la différence. Car pour fédérer des groupes importants de personnes, au-delà de la centaine d’individus, les faire coopérer, les faire adhérer à un projet, il est nécessaire de partager des mythes communs qui sont le fruit de notre imagination.

L’histoire le démontrera que pour souder une communauté, il faut un idéal à partager et des ennemis communs. C’est l’instinct grégaire.

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Ainsi vont voir le jour les croyances en Dieu, à la Nation, à l’argent, à des valeurs communes et même plus tard aux droits de l’homme…Bref, tout ce qui crée du lien et de l’espoir.

Plus tard, cela prendra la forme de ce qu’Harari nomme « le mythe du consumérisme romantique » qui dépassera les frontières et les religions. C’est le plus puissant mythe, selon l’auteur, que l’homme n’ait jamais créé.

Cette toute nouvelle façon de penser a peut-être vu le jour au coin du feu, une sorte de Caméra-café de la préhistoire. Lors de ces « soirées entre amis », cette nouvelle « race » d’hommes commence à tirer des plans sur la comète. l’Homo sapiens ne se contente plus de la description de la réalité, il veut la façonner selon ses désirs et créer ses propres histoires. Ainsi, naissent les premiers story-telling, qui deviendront la Comédie humaine.

D’une vision objective à une vision subjective

Comment sommes-nous passés d’une description objective des faits à une vision subjective qui ouvre la voie à la fiction ? Face cette question, aucune certitude. Il est possible qu’il s’agisse d’une mutation génétique accidentelle qui, en modifiant quelque peu le câblage interne du cerveau, a engendrer de nouveaux modes de pensée conduisant à une forme nouvelle de communication.

Tous les animaux vivent dans une réalité objective, tandis que l’homme, grâce à cette nouvelle capacité cognitive, est capable de vivre dans une double réalité, factuelle et conceptuelle et d’inventer sa propre « réalité ». C’est ce qu’on appelle l’intelligence.


Publié le 16 novembre 2015


Les  étapes clés de l’aventure humaine

  • Selon Yuval Noah Harari(1), 3 grandes révolutions ont marqué l’histoire de notre espèce:
    La révolution cognitive : Il y a 70.000 ans, comme on vient de le voir, Sapiens a commencé à avoir des comportements plus ingénieux qui lui permettent de créer du lien et de faire preuve d’abstraction.
  • La révolution agricole : il y a 11.000 ans. C’est le moment où l’on a commencé à faire de la nature ce qu’on voulait.
  • La révolution scientifique – Il y a 500 ans, Sapiens devient un apprenti sorcier. C’est le moment où il commence  à devenir dangereux pour la planète et pour lui-même.
  • On peut y ajouter une autre révolution :
    celle de la révolution économique qui a débuté il y a 300 ans environ. Sapiens imagine une des formes d’organisations les plus ingénieuses : la société à responsabilité limitée dont les bases sont posées en 1893 en Allemagne.

1 - Sapiens, une brève histoire de l’humanité, Yuval Noah Harari, professeur à l’université hébraïque de Jérusalem, Ed. Albin Michel


A visionner pour aller plus loin :

Les toutes premières exterminations

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Posté par fabrice
 

Vers – 50 000 ans

 

A la conquête du monde…

 

Il y a près de 70 000 ans  l’homme s’apprête à quitter l’Afrique son berceau. Il part à la conquête du monde, pour la toute première fois. Selon les généticiens, cette première migration, hors de l’Afrique passant par la péninsule arabique, débute il y a 70 000 ans.

Migration de l'Homo sapiens depuis l'Afrique

Il atteint l’Australie, il y a 55 000 ans, le Moyen-Orient et l’Extrême Orient, il y a 50 000 ans, l’Europe, dont la France, 5 000 ans plus tard, la Sibérie à la même période. Il va même s’aventurer en Amérique, à la faveur de la dernière glaciation – dite de Wurm - lui offrant l’opportunité de traverser le Détroit de Béring alors en proie aux glaces , il y a près de 20 000 ans. Il atteindra « Ushuaia », 14 600 ans avant notre ère.

Au rythme d’un dizaine de kms par génération ou 40 km par siècle(1), l’homme est devenu un globe-trotter incorrigible. Mais son goût pour les voyages-découvertes ne fait pas que des heureux, loin s’en faut. Il semblerait même que dès que l’homme foule le sol d’un nouveau territoire ou d’un continent, cela n’est pas de bonne augure pour les espèces locales qu’il s’agissent d’espèces animales, végétale ou autres espèces d’homo.

L’homme : un loup pour l’homme et pour les autres espèces !

On ne compte plus les disparitions qui se produisent après son arrivée : les kangourous, autruches et marsupiaux géants d’Australie, les mammouths d’Asie et d’Amérique, les ours européens, les grands paresseux qui pouvaient atteindre 6 tonnes, les grands carnivores comme le Tigre à dents de sabre. 

A cela s’ajoutent les autres espèces d’Homo qu’il côtoie : l’homme de Denisova et de Flores en Asie et, en Europe, le célèbre et malheureux homme de Neandertal qui disparaîtra il y a un peu plus de 30 000 ans.

Faut-il y voir une coïncidence ? Peut-on parler de tout premiers crimes en série ou du moins des toutes premières exterminations ? 

Selon beaucoup de scientifiques, il n’y a pas de doute. L’extinction par exemple des grands marsupiaux coïncident avec l’arrivée de l’homo sapiens. Cette hypothèse est connue sous le label de théorie du Blitzkrieg. Elle vient d’être récemment renforcée.

L’auteur d’une étude récente établit (2), en effet, le scénario : les chasseurs de l’époque utilisent le feu pour rabattre les animaux qu’ils tuent grâce à leur équipement relativement sophistiqué : lances, haches, arcs, boomerangs en Australie…

Résultat la faune est exterminée et les incendies de forêt se multiplient car celle-ci est moins nettoyée par ces animaux. Les sols s’appauvrissent et les territoires deviennent des déserts.

Des disparitions inexpliquées…à moins que…

« Même si c’est politiquement incorrect de le dire, disons-le : quand les hommes sont arrivés, surtout dans les régions où il n’y avait pas eu de peuplement humain auparavant, comme en Australie et en Amérique, ils ont eu un impact énorme sur l’environnement et sur la faune. C’est un fantasme d’intello de la fin du XXème siècle que de vouloir croire que le monde du passé est un monde pacifique et bienfaisant. » estime Jean-Jacques Hublin, directeur du laboratoire de l’Evolution humaine de l’Institut Max Planck d’anthropologie évolutionnaire à Leipzig.

Neandertal victime de l’homme  « serial killer »?

Tandis que dans nos contrées gambades aurochs, lions, panthères et autres rhinocéros, Neandertal apparaît voici près de 300 000 ans ; devant lui 270 000 ans de tranquillité avant que Cro-magnon ne pointe le bout de son nez !

Après 5 000 ou 6 000 ans de cohabitions avec Cro-magnon, Neandertal disparaît mystérieusement, Il y a 30 000 ans environ. Pourtant, il est loin d’être aussi primitif que l’image que l’on a bien voulu lui donner.

On a ainsi retrouvé dans le Nord de la France, à Saint Amand (3), un atelier de taille de silex, placé aux côté d’un site de boucherie. Cet atelier produisait des objets de découpe destinés à préparer le gibier de manière optimisée afin de séparer les différents morceaux : viande, peau, os, tendons…

De même, on pense que les premières œuvres pariétales connues (grotte d’El Castillo, Espagne) pourraient attribuées non pas à l’homo sapiens mais à Neandertal. Il aurait été le tout premier artiste de l’Histoire. Bref, Neandertal n’a pas à rougir face à l’Homo sapiens.

Curieusement, Neandertal, malgré ses qualités qu’on lui reconnaît désormais, ne survivra donc pas longtemps après l’arrivée de Cro-magnon. Faut-il y voir la main de l’homme…moderne ?

Homo sapiens, héros ou bourreau ?

Penser que Cro-Magnon ait été responsable de son extermination est allé malgré tout un peu vite en besogne. Il est probable que les confrontations furent limitées du simple fait de la taille réduite des populations concernées, quelques milliers d’individus(4). En effet, sur des centaines de squelettes analysés, seuls 2 montrent des blessures, qui plus est non mortelles.

Laissons le mot de la fin au paléoanthropologue Pascal Picq : « Par delà les controverses, on recense pas moins de quatre espèces d’hommes (5) sur l’Ancien Monde autour de 100 000 ans, une petite planète d’hommes. Aujourd’hui, il n’en reste qu’une seule répartie sur toute la Terre, la nôtre. Alors triomphe ou fin annoncée ? ».


 L’extinction de l’Holocène : premier génocide de l’humanité ?

Elle s’est manifestée entre 12 000 ans et 9 000 ans avant notre ère. Cette extinction va toucher surtout les grands animaux et notamment les grands-mammifères, ce que l’on nomme la mégafaune. 80 % des  animaux de plus d’1 tonne seront éradiqués, comme le mammouth laineux.

L’holocène est la période qui s’étend sur les 10 000 dernières années, elle correspond à un âge interglaciaire qui débute avec la fin de la dernière glaciation, la glaciation de Würm. Elle se poursuit aujourd’hui bien que certains évoquent une novelle période : l’anthropocène, une période modelée par les activités humaines.

Le taux d’extinction actuel des espèces est de 100 à 1 000 fois supérieurs au taux moyen naturel constaté dans l’histoire de l’évolution de la planète. En 2007, l’UICN a évalué qu’une espèce d’oiseaux sur huit, un mammifère sur quatre, un amphibien sur trois et 70 % de toutes les plantes sont en péril(6).

Le plus triste exemple de cette extermination est celle du Dodo, oiseau de l’Ile Maurice peu agile mais qui jusqu’à l’arrivée des européens n’avait aucun prédateur. Le dodo  disparaitra au XVIIIème victime de l’homme pour qui il était un gibier facile mais aussi victime des animaux importés par l’homme qui vont piétiner ses nids construits au sol.

Alors, Neandertal  tout comme le Dodo et probablement d’autres espèces comme Erectus et Floresiensis,  simples gibiers pour l’homme moderne ? C’est la thèse du paléontologue Bienvenido Martinez-Navarro et du biologiste Policarp Hortola qui ouvertement dans la revue scientifique  Quaternary International accusent l’homme de génocide(7).


 Pâques : l’ile de la désolation

Devant nous, l’océan Pacifique à perte de vue. La première terre habitée est à 2 300 km, le premier continent à 3 700 km. L’endroit est volcanique et aride. Là, se dressent plusieurs centaines de statues, au total près de 900, dont plus de la moitié inachevées.

Le premier Européen à y poser le pied est l’amiral hollandais Roggeveen, le dimanche de Pâques 1722. L’île de Pâques, aujourd’hui Rapa Nui, est l’une des terres les plus isolées du monde. Bienvenue sur l’île de la désolation. Elle est sans conteste le triste exemple de la capacité d’extermination et de dévastation de l’homme.

On ignore aujourd’hui encore l’enchaînement réel des événements. La première présence humaine sur l’île, datée entre 400 et 800 après J.-C., a récemment été mise en cause par de nouvelles analyses, fondées sur une datation au carbone 14, qui laissent à penser que l’arrivée des premiers habitants pourrait être beaucoup plus récente, entre l’an 1000 et l’an 1200.

Les toutes premières exterminations - Ile de Pâques

Est-ce par croyance et pour dresser leurs célébres statues que les habitants vont procéder à la coupe en règle des arbres de l’île ? Une chose est sûre,  à cette déforestation aveugle s’ajoute une exploitation des ressources naturelles par nécessité due à l’augmentation de la population, jusqu’à près de 15 000 personnes selon certaines sources (8).

Tout cela finit par engloutir tout espoir même de survie  Plus de pirogue pour la pêche, impossibilité de se chauffer, de faire la cuisine ou de construire de nouvelles habitations. On ose imaginer ce qui traversa l’esprit à celui qui abattit le dernier arbre de l’île . Bref, après la fête, la gueule de bois.  

A partir du milieu des années 1600, le bois finit par manquer totalement. La population se rabat alors dans des grottes. Faute de couverture forestière, le sol s’appauvrit entraînant baisse des rendements agricoles et érosion. La descente aux enfers est en marche.

L’île sombre dans la misère, la famine…et dans le cannibalisme. De 7000 personnes,  la population va décliner jusqu’à atteindre 111 personnes en 1877, suite à une épidémie. Une autodestruction pour non assistance à nature en danger.


1 – source : http://www.normalesup.org/~adanchin/histoire/antiquite.html
2- Etude publiée en mars 2012 dans le magazine « Science », Susan Rule – Université de Canberra (Australie)
3-  Le nouvel Observateur : 9 août 2012 – n°2492
4- Bruno Maureille, directeur de recherche au CNRS –
Le point – 19 juillet 2012 N°2079
5- « Neandertal, en Europe, en Asie et dans une partie du Proche-Orient ; Denisoviens (homo Denisoviensis  en Asie ; les hommes de Flores (Homo florensiensis) ; les hommes de Solo à Java (Homo soloensis) et enfin nous, Homo sapiens.  « L’homme est-il un grand singe politique ? » – Pascal Picq- Ed. Odile Jacob – Novembre 20115 -  
6-
Site Ideeneo.fr
7 – Le point – 19 juillet 2012 N°2079
8- « Les guerres du climat, pourquoi on tue au XXI ème siècle » – Harald Welzer – Ed. Gallimard


A visionner pour mieux comprendre :

  • L’homme de Neandertal : une autre espèce humaine :

A voir et à lire pour aller plus loin :

Les toutes premières scènes underground

(votes : 7)
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Posté par fabrice
 

- 176 500 ans

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Men in black !

Victimes de préjugés et d’une réputation de brute épaisse qu’il ne mérite pas, Neandertal, contre toute attente, a fait preuve de maitrises que l’on pensait être l’apanage des vrais hommes, l’homo sapiens ! Parmi ces maitrises, Neandertal s’est montré capable de s’aventurer dans le fin fond des grottes obscures 140 000 ans avant notre espèce. Essayons d’y voir plus clair !

Les spécialistes en restent coi ! Et il y a de quoi : jamais, ils auraient imaginé l’homme de Neandertal (-300 000 à – 28 000 ans) capable d’autant d’audaces et de maitrises.

Grotte-Bruniquel-resizeNeandertal : déjà une grande maîtrise

Maitrise de soi pour commencer, car s’aventurer dans les profondeurs d’une grotte, loin de la lumière naturelle est déjà une prouesse en soi pour l’époque. A cela, il faut ajouter la capacité de revenir sur ses pas pour retourner à l’air libre, ce qui implique la création d’une image mentale de la topographie des lieux.

Maitrise du flambeau ensuite, car pour partir à la découverte des galeries souterraines, il fallait que ces individus fassent reculer l’obscurité et qu’ils utilisent des torches dont il fallait gérer la flamme.

Maitrise « d’ingénierie » enfin, si l’on se réfère aux structures circulaires de stalagmites construites par ces hommes. Pour y parvenir, il aura fallu qu’ils s’aventurent profondément et découvrent une salle « ornées » de ces stalagmites, qu’ils les brisent par centaine et qu’ils les assemblent pour former des petits enclos circulaires.

Tout cela s’est passé, il y a plus de 176 000 ans dans la grotte de Bruniquel dans le Tarn & Garonne, à plus de 300 mètres de l’entrée de la grotte. Il s’agit de la plus ancienne pour ne pas dire la toute première construction découverte loin de lumière du jour et l’une des toutes premières explorations primitives.

Est-il étonnant que ce grand gaillard de Neandertal qui affrontait les bêtes et inhumait ses morts et taillait déjà ses outils, n’ait pas peur du noir ?

Oui et non, car comme le souligne Jacques Jaubert(1) « encore aujourd’hui, tous les peuples ne vont pas dans les mondes souterrains ; ils sont parfois tabous, ignorés ou effraient »

Publié le 17 juin 2016

Les hommes de cavernes préféraient le grand-air !

Lorsqu’on se référe aux hommes préhistoriques, on a coutume de parler d’hommes des cavernes.

neandertal-grotte_0Eh bien, c’est une idée reçue qui est fausse. Les hommes du paléolithique, vaste période qui couvre de – 3 millions d’années à – 12 000 ans, ne vivaient pas dans les cavernes et les grottes, du moins pas régulièrement.

S’ils s’installaient parfois à l’entrée des grottes pour pouvoir bénéficier de la lumière du jour, ils n’élisaient pas domicile au fin fond des cavernes pour de simples raisons de salubrité. Humidité, obscurité, mauvaise aération, difficile d’accès, autant de raisons qui n’incitaient pas les hommes préhistoriques à s’y installer sauf de manière ponctuelle pour y déployer leurs talents d’artistes ou pour se protéger.

Les hommes des cavernes préféraient les surplombs rocheux ou construire des campements en plein air, en dehors donc des cavernes !

Sur la fin des cette période, l’homme de Cro-Magnon étaient capables d’édifier des huttes comportant des toitures faites de peaux de bêtes soutenus par des piquets comme en témoigne le site de la Vigne-Brun [Loire] (2) vieux de 23 000 ans.

 


Nous avons tous un peu de Neandertal en nous !

Neandertal jusqu’à récemment n’avait pas une bonne image. Tandis que Cro-magnon, c’est à dire nous, était vu comme l’homme idéal, son cousin, Neandertal était considéré comme une brute épaisse.

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Mais ça c’était avant ! Depuis une bonne décennie, Neandertal est devenu plus fréquentable. Neandertal a arpenté la planète durant 200 000 ans (entre 300 000 ans et 28 000 ans environ) et a côtoyé l’Homo Sapiens, l’homme moderne, durant 8000 ans avant de disparaître, victime probablement de ce dernier.

Vision très développée, alimentation diversifiée contrairement aux idées reçues, capable d’innovations et sans doute déjà artiste dans l’âme, Neandertal se montre finalement très proche de nous.

Mais il avait des points faibles qui lui ont été fatal : moins à l’aise en matière de relations sociales et des capacités cognitives moins performantes et surtout un taux de fécondité inférieur à celui de l’Homo Sapiens.

Neandertal ayant fricoté avec l’homme moderne, il a laissé son empreinte génétique avant de disparaître.

Neandertal a « distribué » plus de 20 % de son génome à l’Homo Sapiens, répartis certes de manière inégale. On estime ainsi que les Eurasiens intègrent entre 1 et 3 % de gènes néandertaliens dans leur propre ADN. Parmi la vingtaine de gènes actifs de ce génome, on trouve ceux qui codent la production de kératine (4), -protéine des cheveux ou de la peau- ou d’autres qui jouent un rôle dans le système immunitaire entraînant aussi certaines réactions allergiques.


1 – Professeur de Préhistoire – Université de Bordeaux
2- Science & Avenir N° Hors série – Septembre-octobre 2015 – La Grande Histoire de l’humanité- P. 61
3- Science, 29 janvier 2014
4- Céline Bon, chercheuse au Muséum d’Histoire Naturelle, citée dans Science & Avenir N° Hors série – Septembre-octobre 2015 – La Grande Histoire de l’humanité- P. 59


A voir et à lire pour aller plus loin :