vendredi, 18 août 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Miku : la toute première diva virtuelle…et sans caprice !

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Posté par fabrice
 

31 août 2007

 

La 1ère diva « chant pour chant » virtuelle !

Les Divas bien en chair, aux poumons et à l’ego surdéveloppés, ont-elles du souci à se faire face à une nouvelle race de stars, filiformes, au répertoire surdimensionné…et surtout à l’existence aussi virtuelle que collective ?  Hatsune Miku, l’égérie virtuelle japonaise qui remplit les stades, est-elle un prototype de ces nouvelles wiki-célébrités ?

 

Elle s’appelle donc Hatsune Miku. Son nom, en japonais, signifie « premier son du futur ». Elle est née le 31 août 2007. Dès sa naissance, elle mesurait 1.58 mètre, pesait 42 kilos et…était âgée de 16 ans ! !

Surtout à peine née, elle chantait déjà divinement, selon ses admirateurs. En effet, elle disposait d’un spectre vocal et un répertoire supérieur à n’importe quelle cantatrice ! Mais qui est-elle ?

La toute première égérie collective qui ouvre une nouvelle voie…

La toute première vocaloïd ou, si vous préférez, la toute première cantatrice numérique. Une diva du futur qui se produit sur les scènes du monde entier sous forme d’hologramme.

Ses « géniteurs » sont Yamaha et surtout Crypton Future Media. Yamaha a, dès 2003, développé un programme de synthèse vocale appliquée à la musique appelé Vocaloïd. La société Crypton Future Media, quant à elle, a mis au monde ou si vous préférez, mi sur le marché, un logiciel permettant de composer des chansons à partir de la voix de Hatsune Miku. C’était le 31 août 2007.

Mais le véritable coup de génie de Crypton fut d’associer à ce programme vocal une image issue de l’univers des mangas.

Résultat : une chanteuse à la silhouette filiforme, éclairée par d’immenses yeux verts que viennent encadrer deux couettes vertigineuses de cheveux bleu  « mer du sud » et qui s’habille en Louis Vuitton ! Ce qui ne l’empêche pas d’être lookée comme une lycéenne japonaise chic mais sexy avec une jupe plissée ultracourte.

Tout pour plaire à ses fans. Et ils sont nombreux.

La première cantatrice sans caprice ?

En moins de 6 ans, Miku est devenue un phénomène de société d’abord au Japon puis planétaire et collectif. Pour la toute première fois, une star de showbiz, pour ne pas dire une diva, est le résultat d’une création collective partagée.

Car Crypton Future Media a eu l’idée de créer ce personnage en « open source » (sous licence mais en libre accès, à condition de respecter certains codes de couleurs ou d’apparence physique).

Du coup, fans et artistes de tout poil et tout horizon se déchainent pour la faire vivre. Des milliers de fans s’emparent de chansons créées par d’autres pour les remixer ou en créer de nouvelles, les filles adeptes du cosplay (1) se déguisent comme Miku.

A partir de 2008,  le logiciel Miku Miku Dance permet de lui fabriquer à l’envie des clips. Résultat près d’un million de vidéos postées à ce jour et un répertoire de plus de 100 000 morceaux.
« Ce sont ses fans qui lui attribuent sa personnalité et son répertoire » explique Joffrey Collignon, l’animateur du site français vocaloid.fr.

Autrement dit, ce n’est plus la star qui impose ses caprices. Un retournement complet de tendances.

La toute première star internationale virtuelle

Succès et célébrité sont au rendez-vous. En 2010, une compilation de ses chansons les plus populaires la propulse en tête du hit-parade japonais. Et puis, tout s’enchaine : concerts et tournées.

Le 2 juillet 2011, a lieu son tout premier concert hors du Japon. Il est organisé au Nokia Theatre de Los Angeles, immense salle aux plus de 7 100 places. Pas de doute, la virtuelle Miku remplit réellement les stades en Asie et aux Etats-Unis où elle est souvent accompagnée de vrais musiciens. En France, elle fait sa toute première apparition mi-novembre 2013 au Théâtre du Chatelet. Bref, que de « premières » pour un être virtuel mais au succès bien réel.

Cela engendre un business où se mêlent talents, fans et professionnels comme des vidéastes, des graphistes, des coiffeurs, des costumiers. Un business qui se chiffre déjà en centaines de millions de dollars.

La toute première wiki-célébrité

Sans être la première ni la seule vocaloïd, la force de Miku est d’être la propriété de personne et d’avoir un jolis minois et d’être bien entouré…technologiquement parlant.

Miku est déjà entrée dans l’histoire (2). C’est du moins l’avis du professeur Ian Condry, professeur au MIT et spécialiste de la culture populaire japonaise. « Elle est la première Wiki-célébrité de l’histoire, une égérie créée collectivement et qui fonctionne pour la communauté de ses créateurs comme une sorte de média libre. Elle montre ce que le partage et le dialogue, dans un environnement ouvert et libre de mercantilisme, peuvent réaliser ».

Sans nul doute, elle annonce une nouvelle ère dans l’industrie de la musique où les pop-stars deviennent de vraies stars populaires : une créature du peuple et pour le peuple. Pour la toute première fois, les caprices changent de camp !


 « The end » : le premier opéra post-humain

miku opéra The end« The End » est premier opéra vocaloïd. Un spectacle qui utilise 7 projecteurs numériques, 7 ordinateurs et des dizaines d’ingénieurs (2).

Nous ne sommes pas dans le psychédélique mais plutôt dans une méditation métaphysique portée par une musique électronique.   Son auteur, le japonais Keiichiro Shibuya, a été bouleversé par la voix de Miku qu’il compare à celle d’un fantôme.

Cette voix lui fait revivre celle de sa femme, Maria, qui s’est suicidée l’année qui a suivi la « naissance » de Miku.  Ce n’est donc pas étonnant que la mort soit au cœur de cet opéra.

Toutefois, n’y a t-il pas un paradoxe à mettre en scène la mort en s’appuyant sur un être qui ne peut mourir sauf par un bug informatique ?

 

 


1 – Pratique, très courue au Japon, qui consiste à jouer le rôle de ses personnages préférés (héros de mangas, de films, de jeux vidéo…) en adoptant leur style vestimentaire, leur coiffure, leur maquillage…
2- Article Digital Diva – Obsession, Supplément du Nouvel Observateur – 14 novembre 2013 


A visionner pour tout comprendre :

Woodstock : toutes premières notes pour nouvelle ère…

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Posté par fabrice
 

1967

J’ai rêvé d’un autre monde…

anneeshippiesfrise

Dès 1860, Baudelaire avait flairé qu’à défaut de paradis terrestre, on se tournerait de plus en plus vers les paradis artificiels[1]. Rimbaud, Hermann Hesse, Henry Miller, Aldous Huxley et quelques autres ont, sur son chemin, entrouvert les portes d’une nouvelle perception[1] où l’imaginaire se substituerait de plus en plus au réel.

Nouvelles perceptions pour nouvelles aspirations mais surtout nouvelles partitions. A partir des années 60 (le mouvement est même amorcé dès le milieu des années 50 avec les Hispter et les Beatnick) les musicos –et quels musicos !- vont prendre le relais des écrivains et poètes pour promouvoir un nouveau mode de vie. Le mouvement va donc changer de rythme ! Ainsi malgré des ingrédients vieux comme le monde : musique, littérature, philosophie et drogue plus ou moins hallucinogène, un air nouveau se met à souffler sur les champs en fleur de la contre-culture. Ceux-ci sont irrigués par une jeunesse éprise de liberté et d’égalité. Pour la toute première fois ce n’est plus l’appartenance à une classe sociale qui compte mais à une classe d’âge [2]. Les barrières conventionnelles sautent pour un voyage vers l’inconnu.

« Nous sommes les primitifs d’une culture inconnue »

Tout a vraiment commencé le 14 janvier 1967 en Californie. Ce jour-là, les adeptes de cette contre-culture, du psychédélisme et de la musique rock, se donnent rendez-vous dans le Golden Gate Park de San Francisco, l’épicentre du mouvement hippie et de la jeunesse contestataire. Ils sont 30 000 et vont participer à ce que certains appelleront le tout premier Be-In de l’humanité.

Tous les ingrédients des futurs grands concerts sont déjà là : improvisions musicales, sandwichs cette fois distribués gratuitement, circulation de drogue, en l’occurrence de LSD (encore légal), enfants perdus dans la foule, service d’ordre assuré par les Hell’s Angels, levée de fonds contre la guerre du Vietnam et déclamation de la caution poétique de la manifestation : Gary Snyder. Celui-ci ouvre l’événement en affirmant : « nous sommes les primitifs d’une culture inconnue ». Le ton est donné et, qu’on le veuille ou non, cela va changer de note.

Summer of love ou l’été de tous les possibles

Mais il ne s’agit que d’une répétition. Le tout premier véritable festival de rock se tient en effet mi-juin de la même année, à 150 km de San Francisco, au Monterey County Fairground. Au programme plus de 30 artistes, dont les Who, Jimi Hendrix, The Jefferson Airplane, The Gratefuk Dead, Simon & Garfunkel. La fine fleur du mouvement hippie est là ; bon enfant, dès lors qu’on lui donne de l’amour et de l’herbe.

ashbury

San Francisco et son quartier phare d’une jeunesse gorgée d’espoir et d’utopie, Haight-Ashbury (parfois désigné Hashbury) devient ainsi dès le printemps 67 le centre d’un nouveau monde en marche. En marche, oui…mais en sandalettes. Attirés par ces manifestations dont la presse en fait peu ou prou la publicité selon ses affinités, 100 000 jeunes du monde entier affluent. Haight-Ashbury et les environs deviennent les premiers lieux underground de l’histoire. Tout y est libre et presque gratuit : la nourriture, la drogue, l’amour…et même la santé. Et il faut en avoir, car la liberté n’est pas de tout repos et les accidents d’overdoses ne sont pas rares.

Étudiants, fugueurs, aficionados du rock, dealers, hippies de la première fleur, activiste politiques, tous veulent vivre cette aventure sociale sans précédent. Pourtant, la renommée provient essentiellement du bouche à oreille. Là aussi, il s’agit d’une première : le tout premier buzz, en quelque sorte.

Cet happening durera le temps d’un été et deviendra célèbre sous le label : Summer of love.

Quand la musique modifie les mœurs

La musique sert de vecteur à cette clameur provenant d’une jeunesse aspirant à une nouvelle ère portée par de nouveaux airs. La chanson San Francisco et celle des Beatles « All you Need Is love » en seront les symboles.

N’étant plus à une contradiction près, la musique vise à se libérer de toutes entraves culturelles tout en s’appuyant sur un héritage musical cosmopolites –blues et rythm and blues issues le plus souvent des minorités. Finis les vieux rock’n roll bien sages avec 3 accords de guitare, place au rock psychédélique et autre acid-rock. L’heure est à l’improvisation et aux variations électro-acoustique qui irriguent encore aujourd’hui notre univers musical.

Voulant réécrire les règles du monde, finalement le mouvement hippie va surtout réécrire de nouvelles partitions qui connaîtront leur heure de gloire avec le festival de Woodstock.

woodstock_concert

Woodstock : Three days of peace and music

Pour ces trois jours de paix et de musique, slogan de Woodstock, ils sont tous là ou presque : Jimi Hendrix, les Who, Santana, Jefferson Airplane, Crosby, Stills and Nash, Joe Cooker, Janis Joplin, Richie Havens, John Baez, Grateful Dead et bien d’autres.

Du vendredi 15 au lundi 18 août 1969, dans la petite ville de Béthel, à quelques 100 km au nord de New York, Woodstock construit sa légende. Quatre jours qui deviendront le plus grand moment de l’histoire de la musique populaire. Un baptême collectif où convergent plus de 400 000 adeptes du pacifisme de la sexualité libérée, et du mysticisme oriental ; le tout inondé à la fois de musique rock and folk, de boue et de pluie.

L’ampleur du succès engendrera des difficultés d’accès à la fois pour les participants (plus du double que prévu avec de gigantesque embouteillages) comme pour les artistes qui furent, pour certains, acheminés par hélicoptère. En revanche, contre toute attente, pas de drame à déplorer en dehors d’un décès par overdose et d’une personne écrasée par un tracteur.

En dépit du fiasco économique, impossible de faire payer comme prévu les « festivaliers » (John Roberts, l’un des 4 initiateurs du projet perdit dans l’affaire plus de 2 millions de dollars) et logistique (vivres, sanitaires, sono tout était sous dimensionné), Woodstock restera dans les esprits comme le tout premier événement musical communautaire et planétaire.

De la contre-culture à la culture du profit

Ironie de l’histoire, à partir de cet instant anti-conventionnel s’il en est, la musique va rentrer dans le droit chemin de l’industrialisation et du business, notamment celui tout nouveau des produits dérivés. Pour Pierre Delannoy[2],  » Woodstock c’est le début de la fin : la récupération et la marchandisation de l’idéologie hippie ».  Jusqu’ici libre et spontanée, la production musicale va interesser les maisons de disques dont les Majors seront présentes sur le festival. Dès lors, l’innovation marquera le pas au profit du business, avec comme objectifs maximiser hits et disques de platine.

La plupart des festivals héritiers de Woodstock poursuivront donc cette logique commerciale tandis que le mouvement hippie va connaître un atterrissage en douceur.

Néanmoins le Peace and love est entré irrémédiablement dans les mœurs avec le concours d’une musique sensée les adoucir…quoi que !

woodstock_teeshirt
Le T-shirt devient à partir des années 60, l’objet fétiche des fans, ouvrant la voie aux tout premiers produits dérivés.

Principales dates à retenir :

  • 1959, création de l’émission Salut les Copains;
  • 1963 : premier grand concert en France (place de la Nation) avec les vedettes de l’époque, rassemblant 100 000 personnes;
  • 1963 : Festival de Newport;
  • 1967 : festival de Monterey et le Summer Of love de San Francisco;
  • 6 octobre 1967 : fin du Summer of love, symbolisé par des funérailles;
  • 1969 : Festival de Woodstock…et premiers seins nus sur les plages de Saint Tropez ;
  • 1970 : Festival de l’Ile de Wight;
  • 1970 : sortie du documentaire « Woodstock » de Michael Wadleigh et morts liées à la drogue de Jimi Hendrix et de Janis Joplin;
  • 1971 : mort de Jim Morisson d’une overdose;
  • 1975 : sortie « Tommy » de Ken Russel, d’après l’œuvre des Who;
  • 1980 : assassinat de John Lennon;
  • 1982 : sortie de « Pink Floyd The Wall » d’Alan Parker;
  • 1991 : Au cinéma, sortie de « The Doors », d’Oliver Stone, retraçant l’histoire du groupe;
  • 1994 : nouveau festival Woodstock;
  • 1996 : début de la vague post-rock;
  • 1999 : Woodstock fête les 30 ans de Woodstock;

1 -Charles Baudelaire publie « les Paradis artificiels » en 1860, ouvrage dans le lequel il étudie l’influence des drogues hallucinogènes sur l’inspiration poétique; Aldous Huxley publie en 1954 « Les portes de la perception », influencé par le modern jazz, musique en rupture avec l’univers musical de l’époque et déjà largement marquée par la drogue.

2- « Woodstock marque le début de la récupération de l’idéologie hippie » – Pierre Delannoy, auteur de l’Aventure hippie (Poche 10/18) – Le Monde; interview conduite par Mael Inizan- 14 août 2009


A visionner avec plaisir : Le film complet de Woodstock en plusieurs parties, avec ici la première partie :

Bande annonce du film Taking Woodstock, ou comment se faire du blé avec de l’herbe et du son…

Actualisé le 16 août 2009


A voir et à lire pour aller plus loin :

  • Woodstock 1969-2009 : les quarante ans du mythique festival de Woodstock qui fut, du 15 au 18 août 1969, le symbole de la mouvance hippie et de la contre-culture amériacaine. Le dossier anniversaire du Nouvel Observateur !
  • Woodstock : 3 jours de musique et de paix – coffret 4 DVD Ils vinrent des quatre coins du monde. Ils étaient presque un demi million rassemblé sur un champs du comté de Sullivan, dans l’état de New York. Pendant 3 jours, ils vécurent, mangèrent, dormirent côté à côte. Mais surtout ils écoutèrent de la musique et quelle musique ! Michael Wadleigh et son équipe de 12 cameramen ont capturé les meilleurs moments du plus grand concert jamais organisé.
  • Woodstock vu par 10 artistes 40 ans après, 10 artistes évoquent Woodstock en vidéo. Les Beastie Boys, Esser, Little Boots, Chris Garneau… Ils ont tous en commun de ne pas avoir assisté au festival de Woodstock du 15 au 17 août 1969, pour cause ils étaient trop jeunes. Ils ont tous en commun d’avoir eu quelque chose à dire sur cet événement. Pour fêter les 40 ans de Woodstock, 10 artistes qui ont marqué l’année 2009 évoquent devant les caméras de Fluctuat.net le festival en souvenirs, images et titres et s’improvisent programmateurs d’un jour… pour un potentiel et rêvé Woodstock en 2009.
  • En route vers Woodstock : De Kerouac à Dylan, la longue marche des babyboomers Tandis que cinq cent mille jeunes Américains sont perdus dans le bourbier de la guerre du Vietnam, cinq cent mille autres se rassemblent à Woodstock pour trois jours de paix, de musique et d’amour, à la mi-août 1969. A travers l’histoire du festival, Jean-Marc Bel dresse le portrait de la génération des babyboomers.

Premier événement culturel extra-terrestre !

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Posté par fabrice
 

28 août 2012

Ca bouge grave dans l’espace !!

 

Le mardi 28 août 2012 est une vraie grande première « culturelle ». Pour la toute première fois dans l’histoire de la musique…et de l’humanité, une promo d’un disque est lancée d’une autre planète que la Terre. Moins d’un an plus tard, on assiste au tout premier clip vidéo à jamais enregistré hors de notre planète.

Le chanteur Will.I.Am

C’est la planète rouge, Mars, qui a l’immense honneur d’inaugurer cette promo d’un nouveau genre. Et c’est le chanteur Will.i.am du groupe Black Eyed Peas, féru de science, qui immortalise ce tout premier lancement interplanétaire.

« Reach for the stars »

Mais tout le mérite en revient au robot Curiosity et surtout aux ingénieurs de la Nasa, qui, pour un instant, sont devenus ingénieurs du son.

Un baladeur numérique à 2,6 milliards de dollars comme le souligne le journaliste Fabrice Pliskin (1) qui va pulvériser le record de performance des effets des boites de nuit en acheminant la musique à travers un voyage aller-retour de 114 millions de km, entre le Jet Propulsion Laboratory de la Nasa à Pasadena (Californie) et la planète rouge.

WILL_I__AM-REACH-FOR-THE-STARS

Pour la circonstance, le chanteur Will. I. am a mis les grands moyens : 40 musiciens pour un single « Reach for the stars » qui, de l’avis des « musicos », ne devraient pas cependant rester dans les annales de la musique.

Pour autant l’événement marquera d’une croix blanche l’agenda culturel encore assez dégagé de la planète rouge !

Au-delà de cette polémique sur la qualité de cette première oeuvre musicale interplanétaire, il y a déjà des esprits critiques qui y décèlent  un hymne dissimulé à la militarisation de l’espace.


 Ca tourne grave dans l’espace !

Space Oddity de David Bowie(1969) restera comme étant la première chanson enregistrée en apesanteur et à plus de 300 kms au-dessus de nos têtes.

Tout premier clip de l'espaceCette grande première « culturelle », on la doit au commandant de la Station Spatiale Internationale (ISS), le Canadien Chris Hadfield. Sans doute, le plus médiatique des astronautes et le plus connu des internautes, Chris a ainsi voulu fêter à sa manière la fin de sa mission -qui a duré 146 jours-, c’est à dire comme une star au milieu des « stars » de l’espace, autrement dit, les étoiles.

Accompagné d’une guitare, l’astronaute, artiste/interprète a entonné la chanson en se filmant dans différents endroits de la Station spatiale.

Résultat : un clip vidéo d’un peu plus 5 minutes (voir vidéo ci-dessous) dont le montage, l’ajout du piano et le mixage ont été réalisés sur Terre. Et, en quelques heures, la vidéo a déjà été visionné par plus d’un demi-million d’internautes.

Heureusement pour Chris,rentré sur Terre le 13 mai 2013, via une capsule Soyouz, il ne subira pas le triste sort (malgré la date 13 /5 /2013, qui ferait frémir plus d’un superstitieux) du Major Tom. En effet, l’héros de la chanson de Bowie, après un décollage réussi, connait des problèmes techniques et se résout à errer dans l’espace…

Il n’y a pas à dire, l »espace nous réserve bien des surprises; après les cordes cosmiques connues des scientifiques, voici donc les cordes vocales !


 Le chant des étoiles

  • En 1972, pour le dernier matin de son séjour lunaire, l’équipage d’Apollo est réveillé au son de la musique d’ »Ainsi parla Zarathoustra » de Richard Strauss, rendue célèbre par le film « l’Odyssée de l’Espace ». Pour la toute première fois, une musique est écoutée hors de la planète Terre !
  • En 1977, les sondes voyager 1 & 2 emportent dans « leurs bagages » 27 morceaux de musique, comme témoignage de la culture humaine destinés à d’hypothétiques extra-terrestres ;
  • En 1995, l’astronaute canadien Chris Hadfield, utilisant une guitare pliable embarquée sur la station Mir, est le premier « musicos » de l’espace ;
  • En 2004, la sonde Huygens envoyée vers Titan, un des satellites de Jupiter, par l’Agence spatiale européenne, contient un CD comportant 4 titres de musiques instrumentales composés par Julien Civange et Louis Haéri ;
  • En 2005, le cosmonaute russe Valeri Tokarev et l’astronaute américain Bill McArthur sont réveillés par Paul McCartney qui joue à leur intention, en concert depuis la Californie, « Good Day Sunshine » ;
  • En 2008, pour fêter son cinquantième anniversaire, la Nasa diffuse vers l’étoile Polaire, située à 431 années-lumière un titre des Beatles : « Across the Universe » ;
  • En 2012, le robot Curiosity sur Mars diffuse chaque jour un tube différent dont le premier sera « Fly me to the moon » et lancera, le 28 août 2012, une grande première, le nouveau single de Will.i.am, « reach for the stars ».
  • Mai 2013, le tout premier clip de l’espace, un « remix » d’une chanson de David Bowie datant de 1969
actualisé le 15 mai 2013

1 – « Fiesta sur mars », article de Fabrice Pliskin – Nouvel Observateur N° 2496 – du 6 septembre 2012


A visionner pour le plaisir :