vendredi, 21 juillet 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Les mammifères, les tout premiers à partir…

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Posté par fabrice
 

+ 1 milliard d’années

Heureux, les simples d’esprit…

Dans moins d’un milliard d’années, le Soleil atteindra un seuil de luminosité et de chaleurs devenant un handicap pour les organsimes vivants. Les descendants des mammifères et autres animaux complexes feront partie des toutes premières victimes. La vie ne sera pas pour autant totalement éradiquée.

Le Soleil est notre meilleur ami, sans lui, aucun être vivant n’aurait pu se développer sur notre planète. Mais, il faut se méfier de ses amis. Il peut arriver un jour que les circonstances font que tout bascule et que le meilleur ami devienne notre pire ennemi !

Dans moins d’un milliard d’années, ce scénario est, semble-t-il, inéluctable (1), si toutefois l’espèce humaine a survécu jusque-là. Et les mammifères, du moins leur descendants si l’on estime qu’une espèce survit environ 100 millions d’années,  seront parmi les premières victimes de cette tragédie. Pourquoi ?

Mauvais coup de soleil

Le Soleil et les derniers habitants de la TerreA cette période, la luminosité solaire se sera accrue considérablement. Depuis la naissance de notre étoile, le rayonnement solaire augmente inexorablement au rythme de 8% environ par milliard d’années.

Cette situation entrainera des conséquences on ne peut plus fâcheuses pour les habitants de la Terre. Avec cette surchauffe, l’eau sur Terre va s’évaporer, et en particulier celle des océans,

Cette vapeur d’eau dans l’atmosphère participera à l’accroissement de l’effet de serre qui lui-même engendrera une montée de la température; on connaît la suite.

Plus d’eau dans les rouages

Là où cela se complique, c’est que l’assèchement des océans va gripper la tectonique des plaques, autrement dit le processus de dérives continents, car l’eau met de l’huile dans les rouages, si l’on peut dire.

Par un phénomène d’engloutissement des roches, le mouvement des plaques alimente indirectement le volcanisme qui rejette beaucoup de CO2. Donc, sans tectonique beaucoup moins de CO2.

A première vue, cela semble bénéfique pour lutter contre l’effet de serre. Le problème, c’est que les plantes, via la photosynthèse, se nourrissent de ce dioxyde de carbone. S’il vient à manquer, elles deviennent sous alimentées et finissent par dépérir. Et, avec elles, c’est toute la chaîne alimentaire qui est en péril.

Une chaîne du vivant qu bât de l’aile

Et comme si ce n’était pas suffisant, l’oxygène qui est fabriqué en grande quantité par les plantes, elles-mêmes en voie de disparition, va fatalement se raréfier. Ainsi, toute la chaîne du vivant va battre de l’aile.

Les premières victimes de cette situation seront les être les plus complexes et à sang chaud. Inutile de préciser que les mammifères ou leur descendants sont les premiers sur la liste. Les poissons et les amphibiens ne devraient pas non plus survivre longtemps affectés entre autre par le manque d’eau.

Il y a un lézard quelque part

Les reptiles, à priori plus résistants, seront confrontés à un autre problème : des naissances ayant le même sexe car celui-ci est déterminé par la température lors de l’incubation.

D’une manière générale, les organismes pluricellulaires seront les plus exposés. Une fois encore, la chance va sourire aux êtres les plus simples et aux extrêmophiles, les organismes supportant les conditions environnementales extrêmes.

Evidemment, cette survit sur une Terre stérile, pour ne pas dire hostile, et sans océan ne durera qu’un temps car il arrivera un moment où le Soleil engloutira toute la planète. Mais cela est une autre histoire.

La Bible ne l’avait-elle pas prédit ; heureux les simples d’esprit car le royaume des cieux leur appartient !!

 

1 – Scénario probable établi par une équipe britannique et publié dans « International Journal of Astrobiology », rapporté dans le blog « Passeur de sciences » de Pierra Barthélémy, article « Qui seront les derniers habitants de la Terre ? », publié le 11 novembre 2012


A visionner pour mieux comprendre :


Aux frontières de la science – La disparition du… par 1234angelevil


Pour aller plus loin :
 

Les tout premiers mammifères

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Posté par fabrice
 

- 230 millions d’années

Les mamelles du monde


Plongeons-nous dans la pénombre d’une nuit naissante, il y a plus de 200 millions d’années.  Une douzaine de frêles bestioles se faufilent hors de leur refuge. Elles laissent derrière elles de timides empreintes sur l’humus encore tiède.  Elles ressemblent à de petites musaraignes. Sans le savoir, elles tracent le début d’un long chemin qui conduira jusqu’à nous.

Ces « bestioles », qui ne paient pas de mine, sont pourtant les premiers représentants des mammifères.

Crusafontia, un des ancêtres des mammifères

Crusafontia, un des ancêtres des mammifères

Les mammifères ne font pas encore la loi

La vie n’est pas facile pour ces petits animaux, car le monde ne leur appartient pas, du moins pas encore. Les maîtres de ce monde -et cela durant 150 millions d’années- seront issus d’autres familles comme les euraptors (Eoraptor), les tout premiers dinosaures. 

Imaginez-les, juchés sur leurs pattes arrières, dotés de doigts griffus, d’un museau effilé garni de dents pointues leur permettant d’être carnivores. Mesurant un mètre,  ils évoluent en meute, poursuivant des petits reptiles..ou encore les premiers mammifères. Ces mammifères devront faire le dos rond en attendant des jours meilleurs. Ils vivront dans l’ombre des reptiles mammaliens et des dinosaures qui entament à la même époque un règne sans partage.

Vers 167 millions, d’années, un peu avant l’apparition des premiers oiseaux, un nouveau mammifère pointe le bout son nez : l’Opossum. De la taille, d’une souris, il serait l’ancêtre des marsupiaux et des mammifères placentaires (dont la mère porte le petit dans l’utérus), et donc un parent éloigné.

Eomaia
Eomaia, notre aïeul…

Eomaia :  notre lointain aïeul

Un peu plus tard, il y a 125 millions d’années, un petit mammifère insectivore de la taille d’une souris, probablement arboricole, fait ses premiers pas.  Son nom: Eomaia.

C’est le tout premier euthérien connu. Présence de liquide placentaire et développement embryonnaire entièrement dans l’utérus,  cette fois, le lien de parenté se rapproche.

Cependant, au Crétacé supérieur, entre 95 et 65 millions d’années, les mammifères sont encore peu nombreux. Malgré tout, ils entament une diversification. Certains sont insectivores ou encore carnivores. Ils commencent à diversifier leur nourriture pour s’affranchir de la concurrence alimentaire des dinosaures (1). 

Mais les plus nombreux et surtout les plus ressemblants aux mammifères modernes sont les multituberculés, appelés « rongeurs du Mésozoïque ». Modernes seulement dans leur apparence car, en fait, ils diffèrent beaucoup des mammifères actuels, notamment par une mastication peu agile, facteur pourtant essentiel comme évoqué plus loin.  Ils évolueront durant 120 millions d’années pour s’éteindre voici 35 millions d’années, échappant à la fameuse extermination des dinosaures.

Il y a 65 millions d’années, la chance tourne en faveur des mammifères

C’ette extermination, il y a 65 million d’années, est une chance inespérée pour nous, les mammifères; Un véritable tournant sans lequel nous ne serions probablement pas là à l’évoquer. C’est notre combat par météorite interposée de David contre Goliath avant l’heure !

La catastrophe provoquée par la chute de cette célèbre météorite conduira à la disparition de tous les animaux de grande taille. Les mammifères qui ont su cohabiter tant bien que mal avec les dinosaures durant des millions d’années, vont bientôt pouvoir passer de l’ombre à la lumière .

C’est ainsi qu’une espèce de lémuriens, très mobiles, munis de mains préhensiles, se réfugieront sous les rochers grâce à leur agilité et à leur petite taill,  laissant ainsi passer le cataclysme. De leur survie dépend notre lignée.


Arbre des mammifères placentaires

Les mammifères une grande famille…recomposée

Les mammifères comptent 3 grandes familles : les monotrèmes qui pondent des œufs comme l’ornithorynque, les marsupiaux dont le petit vit très peu de temps in utero, le kangourou et les placentaires dont nous faisons partie. Parmi les placentaires, figurent 4 grandes lignées.

Aujourd’hui, les mammifères sont largement dominés par les placentaires qui comptent 4000 espèces, rassemblés dans 114 familles. Tandis que les marsupiaux représentent 270 espèces au sein de 16 familles et les monotrèmes (l’origine la plus ancienne), 2 familles comportant seulement 3 espèces au total.

Avant l’extinction des dinosaures de la fin du Crétacé (il y a 65 millions d’années), la famille des mammifères présentait une toute autre physionomie. Seules 27 familles de mammifères ont été alors recensées -d’une répartition presque homogène entre les 3 grandes familles [un léger avantage aux marsupiaux et aux placentaires] -, enregistrant pas plus de 300 espèces au total.

Le grand succès des mammifères,  on le doit, bien entendu, à la disparition des dinosaures mais aussi à des évolutions majeures portant principalement sur la dentition et la mâchoire.

Pour faire face à l’impitoyable loi de la jungle, rien ne vaut, en effet, une mâchoire bien adaptée !  

 


Les premiers comportements sociaux des mammifères

Nous avons maintenant la preuve que les mammifères rescapés de la catastrophe qui a décimé les dinosaures, voici 65 millions d’années, jouissaient d’un comportement social et vivaient en groupe.

Les restes fossilisés de deux des "marsupiaux"

Cette preuve provient de la découverte, en Bolivie (site de Tiupampa, situé dans les Andes), de squelettes fossilisés d’une population de marsupiaux de petite taille (Pucadelphys andinus).

35 animaux qui ont vécu ensemble sur les rives d’un fleuve et qui ont sans doute été surpris par une forte crûe, ce qui explique l’excellent état de conservation des fossiles.

Ceci témoigne du fait que les premiers mammifères vivaient en groupe et présentaient probablement des mœurs grégaires. Cela paraît d’autant plus surprenant que la plupart des marsupiaux d’aujourd’hui sont solitaires. D’une certaine manière, nous observons là, les toutes premières « tribus ».

Actualisé le 31 mai 2012

1 – Selon des biologistes américains, australiens et finlandais, les mammifères ont diversifié leur alimentation bien plus tôt que prévu, il y a au moins 85 millions d’années. Source : Science & vie – N° 1137 – Juin 2012


A visionner pour mieux comprendre l’histoire des mammifères et de l’évolution :

  • Histoire de l’évolution des mammifères :

  • Histoire de l’évolution depuis près de 500 millions d’années :

Planète Terre – Mystères de l’Évolution – 07/18
  • Eoraptors, les ancêtres des dinosaures apparus voici 230 millions d’années :



A voir et à lire pour aller plus loin :

  • Une brève histoire des mammifères : bréviaire de mammalogiede Jean-Louis Hartenberger – Editions BELIN Pour la science.Dans les 4,5 milliards d’années de la Terre, I’aventure des mammifères, apparus à la même époque que les dinosaures, n’occupe que les derniers 200 millions d’années. Leur destin bascula plusieurs fois. Pour reconstituer leur histoire, I’auteur fait revivre les fossiles témoins, retrace les polémiques soulevées par leur découverte et évoque les grands auteurs ayant, depuis deux siècles, forgé cette identité mammalienne qui est aussi la nôtre. À travers ce voyage dans notre passé profond, il montre combien la démarche des paléontologues s’apparente à une enquête policière.