dimanche, 28 mai 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Nos tout premiers rires

(votes : 6)
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Posté par fabrice
 

- 99 000 ans !

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Rira bien qui rira le premier

Même si le rire n’est pas totalement une exclusivité humaine, certains singes ont des rictus de rire par exemple, il est incontestablement une des marques de fabrique de la lignée humaine.  Son émergence est probablement liée à celle de la conscience, surtout pour ce qui est de l’humour.  Et comme le soulignait Alphonse Allais : « le rire est à l’homme ce que la bière est à la pression » !

 

Ne nous racontons pas d’histoire, celui qui est capable de fournir avec précision la date des tout premiers rires de l’humanité est un imposteur…ou un humoriste.

Et si l’on parlait sérieusement du rire…

Plus sérieusement, il est probable que la pratique sociale du rire émerge en même temps que la conscience de soi, une aptitude qui engendre d’autres formes d’expression comme l’art rupestre ou les sépultures.

Encore faut-il s’entendre sur la notion de rire qui va du rire émotionnel au simple rictus, en passant par le fou rire ou une forme beaucoup évoluée que représente l’humour.

D’un point de vue physiologique, le rire nécessite une certaine maîtrise du langage articulé. Selon certains scientifiques, le rire aurait pu même précéder le langage et donc prétendre à être la première forme de communication orale.

Si l’on va au-delà de la définition de Bergson « le rire : du mécanique appliqué sur du vivant », en prenant une conception plus sophistiquée, il est possible de situer les premières tranches de vraie rigolade entre 200 000 et 40 000 ans.

Le syndrome de la « vache qui rit » !

On dit communément que le rire est le propre de l’homme, pour citer la célèbre formule de Rabelais. Si l’on en croit les éthologues, cette assertion serait fausse. On sait que le rat –lorsqu’on le chatouille ou plutôt le ratouille- ainsi que certains singes sont rieurs.

Récemment, des enregistrements ont été réalisés à l’université de Portsmouth (Royaume-Uni) sur des jeunes singes (orangs-outangs, chimpanzés, bonobos et gorilles)[1]. On leur prodiguait des chatouilles. L’analyse acoustique prouve qu’il s’agit bien de rires : éclats de rire assez brefs mais sonores pour les orangs-outangs, plus longs pour les autres. mort_de_rire

Les bonobos par exemple ont la capacité de rire en expirant pendant plus de dix secondes. Cette faculté de prolonger la phase d’expiration en vocalisant n’est donc pas spécifique à l’homme comme on le croyait jusqu’à présent. Il n’y a donc plus de doute, le rire n’est pas l’apanage de l’homme, même s’il s’agit de rires « mécaniques »,  non intentionnels.

Rassurons-nous « la vache qui rit » reste une exception !

Soyons sérieux ! Pascal Picq, paléoanthropologue, considère que le rire fait partie du bagage ancestral commun aux singes et à l’homme, au même titre que la bipédie, la conscience, l’empathie ou les systèmes sociaux.

En cela il rejoint l’analyse de Darwin en 1872. Pour lui, l’ensemble des émotions s’exprime de manière assez comparable chez l’homme et les grands singes. Ces aptitudes potentielles remontent à notre ancêtre commun, Toumaï, apparu il y a environ 7 millions d’années.

De ce fait, on pourrait presque dire « rira bien qui rira le premier… »

 


Le rire : une histoire qui n’a pas toujours été drôle

Les premiers rires civilisés ont plutôt connu des grincements de dents. Car le rire et son compère plus caustique, l’humour, n’ont été vus avec bienveillance qu’à partir du XIIIème siècle, grâce à un chirurgien, Henri de Mondeville. Il prit le parti du rire en expliquant «que le corps se fortifie par la joie et s’affaiblit par la tristesse ».

Rire dans la société

Jusque-là : bonjour tristesse !

Qu’il s’agisse des philosophes grecs, Aristote, Platon, et même Socrate, le rire n’était pas leur tasse de thé. Il le trouvait laid, dégradant, autrement dit indigne des hommes car les détournant de la vérité. Le père de l’Eglise grecque, St Jean Chrysostome, estimait que le rire conduisait au péché.

Cette théorie fit son petit bonhomme de chemin jusqu’au Moyen Age, où les savants de l’époque vont qualifier le rire de diabolique. La preuve, selon eux : aucun rire de Jésus relaté dans les évangiles.

La réhabilitation du rire au XIIIème siècle durera le temps d’un soupir. Les siècles suivant ne seront en effet pas une partie de rigolade. On ne plaisante pas avec la Bible ! L’Angleterre protestante et la France catholique vont rivaliser pour diaboliser le rire. La reine Victoria ira même jusqu’à l’interdire dans les salons.

De l’autre coté de la Manche, au pays de la guillotine, on ne badine pas non plus avec le rire. Au lendemain de la révolution, il est admis qu’un « républicain ne rit pas ». Autre époque, autre révolution, mais même combat contre l’humour : pour Staline, « un peuple heureux n’a pas besoin d’humour ». Autrement dit, faites la guerre, pas l’humour !

Enfin, arrive le XIXème siècle. Les zygomatiques vont enfin pouvoir s’exprimer, pour le meilleur et…pour le rire !

Quoique, même si la tendance générale est à l’humour et à la dérision, rappelons-nous qu’un certain Staline considérait « qu’un peuple heureux n’a pas besoin d’humour », conception sans doute partagée par les assassins de Charlie-Hebdo.

Alors pour faire baisser la pression, laissons le mot de la fin à Alphonse Allais : « le rire est à l’homme ce que la bière est à la pression » :-) .

actualisé,  le 29 mars 2015

1 – Etude réalisée par Marina Davila Ross de l’Université de Portsmouth, primatologue à partir de 800 enregistrements de jeunes singes subissant des chatouilles sur le cou, sous les bras ou sous les pieds.


Pourquoi je n’ai pas mangé mon père de Jamel Debbouze  :

 


A lire pour aller plus loin :

  • Les bienfaits du rire sur Doctissimo. L’humour aurait un effet bénéfique sur notre corps ! Au point que les blagues constitueraient une véritable drogue dont nous ne pouvons pas nous passer ! Aucune chance de mourir de rire, au contraire !
  • Le Rire, sa vie, son oeuvre : Le plus humain des comportements expliqué par la science. Vous voulez tout savoir du rire ? Lisez ce livre. Robert Provine, le seul neurobiologiste au monde à étudier expérimentalement le rire depuis dix ans, répondra à toutes vos questions.
  • Le rire de Eric Smadja. Alors que l’on vante ses bienfaits – la valeur des thérapies par le rire, par exemple -, les préjugés attachés à cet acte essentiel semblent demeurer intacts. Qu’est-ce que le rire ? Pourquoi rit-on ? Et de quoi ? À travers la psychanalyse, la physiologie, l’éthologie, la littérature, la philosophie, l’anthropologie, cet ouvrage analyse toutes les facettes du rire. Pour rire en connaissance de cause !

 

Les tout premiers commérages

(votes : 3)
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Posté par fabrice
 

- 70 000 ans

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Le roi du bavardage !

Il y a 70 000 ans, l’homo Sapiens, une des 6 espèces hominidés présentes alors sur Terre, se distingue par son commérage qui lui confère une capacité à créer du lien et à prendre du recul face à la réalité objective. A partir de là, Sapiens va prendre ses désirs pour des réalités !

Il n’y avait pas de véritables raisons face à ces concurrents, une demi-douzaine d’espèces, comme l’homme de Néandertal, très costaud, ou l’Homo erectus, à ce que l’Homo-sapiens parviennent à tirer les marrons du feu au point de les supplanter tous et de rester le dernier représentant des Homos.

Et pourtant, bien que cela puisse paraitre une futilité, il y eut un petit rien qui fit toute la différence : l’Homo sapiens avait la langue bien pendue.

Neandertal vs Sapiens

Neandertal vs Sapiens

Fédérer des communautés

Contrairement à ses condisciples, l’Homo sapiens, voici 70 000 ans, commence à parler de tout et de rien, à jacasser, à bavarder. Sans le savoir, pour la première fois, il tisse de liens fondés non pas sur une communication utilitaire comme la pratique d’autres espèces pré-humaines et mêmes certains animaux mais sur communication imaginaire.

Autrement dit, selon la thèse de l’historien Yuval Noah Harari(1), pour la première fois, une espèce vivante à la capacité à créer de la fiction, ce que n’est probablement pas en mesure de faire  Néandertal qui se limite à décrire la réalité.

Si vous rassemblez 10 000 chimpanzé au stade de France, il peut probable qu’il en ressorte autre chose que le chaos ; en revanche, avec le même nombre d’homo sapiens, une organisation va se mettre en place avec un but commun, même s’il s’agit d’hooligans !

L’instinct grégaire !

Et cela fait toute la différence. Car pour fédérer des groupes importants de personnes, au-delà de la centaine d’individus, les faire coopérer, les faire adhérer à un projet, il est nécessaire de partager des mythes communs qui sont le fruit de notre imagination.

L’histoire le démontrera que pour souder une communauté, il faut un idéal à partager et des ennemis communs. C’est l’instinct grégaire.

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Ainsi vont voir le jour les croyances en Dieu, à la Nation, à l’argent, à des valeurs communes et même plus tard aux droits de l’homme…Bref, tout ce qui crée du lien et de l’espoir.

Plus tard, cela prendra la forme de ce qu’Harari nomme « le mythe du consumérisme romantique » qui dépassera les frontières et les religions. C’est le plus puissant mythe, selon l’auteur, que l’homme n’ait jamais créé.

Cette toute nouvelle façon de penser a peut-être vu le jour au coin du feu, une sorte de Caméra-café de la préhistoire. Lors de ces « soirées entre amis », cette nouvelle « race » d’hommes commence à tirer des plans sur la comète. l’Homo sapiens ne se contente plus de la description de la réalité, il veut la façonner selon ses désirs et créer ses propres histoires. Ainsi, naissent les premiers story-telling, qui deviendront la Comédie humaine.

D’une vision objective à une vision subjective

Comment sommes-nous passés d’une description objective des faits à une vision subjective qui ouvre la voie à la fiction ? Face cette question, aucune certitude. Il est possible qu’il s’agisse d’une mutation génétique accidentelle qui, en modifiant quelque peu le câblage interne du cerveau, a engendrer de nouveaux modes de pensée conduisant à une forme nouvelle de communication.

Tous les animaux vivent dans une réalité objective, tandis que l’homme, grâce à cette nouvelle capacité cognitive, est capable de vivre dans une double réalité, factuelle et conceptuelle et d’inventer sa propre « réalité ». C’est ce qu’on appelle l’intelligence.


Publié le 16 novembre 2015


Les  étapes clés de l’aventure humaine

  • Selon Yuval Noah Harari(1), 3 grandes révolutions ont marqué l’histoire de notre espèce:
    La révolution cognitive : Il y a 70.000 ans, comme on vient de le voir, Sapiens a commencé à avoir des comportements plus ingénieux qui lui permettent de créer du lien et de faire preuve d’abstraction.
  • La révolution agricole : il y a 11.000 ans. C’est le moment où l’on a commencé à faire de la nature ce qu’on voulait.
  • La révolution scientifique – Il y a 500 ans, Sapiens devient un apprenti sorcier. C’est le moment où il commence  à devenir dangereux pour la planète et pour lui-même.
  • On peut y ajouter une autre révolution :
    celle de la révolution économique qui a débuté il y a 300 ans environ. Sapiens imagine une des formes d’organisations les plus ingénieuses : la société à responsabilité limitée dont les bases sont posées en 1893 en Allemagne.

1 - Sapiens, une brève histoire de l’humanité, Yuval Noah Harari, professeur à l’université hébraïque de Jérusalem, Ed. Albin Michel


A visionner pour aller plus loin :

Les toutes premières exterminations

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Posté par fabrice
 

Vers – 50 000 ans

 

A la conquête du monde…

 

Il y a près de 70 000 ans  l’homme s’apprête à quitter l’Afrique son berceau. Il part à la conquête du monde, pour la toute première fois. Selon les généticiens, cette première migration, hors de l’Afrique passant par la péninsule arabique, débute il y a 70 000 ans.

Migration de l'Homo sapiens depuis l'Afrique

Il atteint l’Australie, il y a 55 000 ans, le Moyen-Orient et l’Extrême Orient, il y a 50 000 ans, l’Europe, dont la France, 5 000 ans plus tard, la Sibérie à la même période. Il va même s’aventurer en Amérique, à la faveur de la dernière glaciation – dite de Wurm - lui offrant l’opportunité de traverser le Détroit de Béring alors en proie aux glaces , il y a près de 20 000 ans. Il atteindra « Ushuaia », 14 600 ans avant notre ère.

Au rythme d’un dizaine de kms par génération ou 40 km par siècle(1), l’homme est devenu un globe-trotter incorrigible. Mais son goût pour les voyages-découvertes ne fait pas que des heureux, loin s’en faut. Il semblerait même que dès que l’homme foule le sol d’un nouveau territoire ou d’un continent, cela n’est pas de bonne augure pour les espèces locales qu’il s’agissent d’espèces animales, végétale ou autres espèces d’homo.

L’homme : un loup pour l’homme et pour les autres espèces !

On ne compte plus les disparitions qui se produisent après son arrivée : les kangourous, autruches et marsupiaux géants d’Australie, les mammouths d’Asie et d’Amérique, les ours européens, les grands paresseux qui pouvaient atteindre 6 tonnes, les grands carnivores comme le Tigre à dents de sabre. 

A cela s’ajoutent les autres espèces d’Homo qu’il côtoie : l’homme de Denisova et de Flores en Asie et, en Europe, le célèbre et malheureux homme de Neandertal qui disparaîtra il y a un peu plus de 30 000 ans.

Faut-il y voir une coïncidence ? Peut-on parler de tout premiers crimes en série ou du moins des toutes premières exterminations ? 

Selon beaucoup de scientifiques, il n’y a pas de doute. L’extinction par exemple des grands marsupiaux coïncident avec l’arrivée de l’homo sapiens. Cette hypothèse est connue sous le label de théorie du Blitzkrieg. Elle vient d’être récemment renforcée.

L’auteur d’une étude récente établit (2), en effet, le scénario : les chasseurs de l’époque utilisent le feu pour rabattre les animaux qu’ils tuent grâce à leur équipement relativement sophistiqué : lances, haches, arcs, boomerangs en Australie…

Résultat la faune est exterminée et les incendies de forêt se multiplient car celle-ci est moins nettoyée par ces animaux. Les sols s’appauvrissent et les territoires deviennent des déserts.

Des disparitions inexpliquées…à moins que…

« Même si c’est politiquement incorrect de le dire, disons-le : quand les hommes sont arrivés, surtout dans les régions où il n’y avait pas eu de peuplement humain auparavant, comme en Australie et en Amérique, ils ont eu un impact énorme sur l’environnement et sur la faune. C’est un fantasme d’intello de la fin du XXème siècle que de vouloir croire que le monde du passé est un monde pacifique et bienfaisant. » estime Jean-Jacques Hublin, directeur du laboratoire de l’Evolution humaine de l’Institut Max Planck d’anthropologie évolutionnaire à Leipzig.

Neandertal victime de l’homme  « serial killer »?

Tandis que dans nos contrées gambades aurochs, lions, panthères et autres rhinocéros, Neandertal apparaît voici près de 300 000 ans ; devant lui 270 000 ans de tranquillité avant que Cro-magnon ne pointe le bout de son nez !

Après 5 000 ou 6 000 ans de cohabitions avec Cro-magnon, Neandertal disparaît mystérieusement, Il y a 30 000 ans environ. Pourtant, il est loin d’être aussi primitif que l’image que l’on a bien voulu lui donner.

On a ainsi retrouvé dans le Nord de la France, à Saint Amand (3), un atelier de taille de silex, placé aux côté d’un site de boucherie. Cet atelier produisait des objets de découpe destinés à préparer le gibier de manière optimisée afin de séparer les différents morceaux : viande, peau, os, tendons…

De même, on pense que les premières œuvres pariétales connues (grotte d’El Castillo, Espagne) pourraient attribuées non pas à l’homo sapiens mais à Neandertal. Il aurait été le tout premier artiste de l’Histoire. Bref, Neandertal n’a pas à rougir face à l’Homo sapiens.

Curieusement, Neandertal, malgré ses qualités qu’on lui reconnaît désormais, ne survivra donc pas longtemps après l’arrivée de Cro-magnon. Faut-il y voir la main de l’homme…moderne ?

Homo sapiens, héros ou bourreau ?

Penser que Cro-Magnon ait été responsable de son extermination est allé malgré tout un peu vite en besogne. Il est probable que les confrontations furent limitées du simple fait de la taille réduite des populations concernées, quelques milliers d’individus(4). En effet, sur des centaines de squelettes analysés, seuls 2 montrent des blessures, qui plus est non mortelles.

Laissons le mot de la fin au paléoanthropologue Pascal Picq : « Par delà les controverses, on recense pas moins de quatre espèces d’hommes (5) sur l’Ancien Monde autour de 100 000 ans, une petite planète d’hommes. Aujourd’hui, il n’en reste qu’une seule répartie sur toute la Terre, la nôtre. Alors triomphe ou fin annoncée ? ».


 L’extinction de l’Holocène : premier génocide de l’humanité ?

Elle s’est manifestée entre 12 000 ans et 9 000 ans avant notre ère. Cette extinction va toucher surtout les grands animaux et notamment les grands-mammifères, ce que l’on nomme la mégafaune. 80 % des  animaux de plus d’1 tonne seront éradiqués, comme le mammouth laineux.

L’holocène est la période qui s’étend sur les 10 000 dernières années, elle correspond à un âge interglaciaire qui débute avec la fin de la dernière glaciation, la glaciation de Würm. Elle se poursuit aujourd’hui bien que certains évoquent une novelle période : l’anthropocène, une période modelée par les activités humaines.

Le taux d’extinction actuel des espèces est de 100 à 1 000 fois supérieurs au taux moyen naturel constaté dans l’histoire de l’évolution de la planète. En 2007, l’UICN a évalué qu’une espèce d’oiseaux sur huit, un mammifère sur quatre, un amphibien sur trois et 70 % de toutes les plantes sont en péril(6).

Le plus triste exemple de cette extermination est celle du Dodo, oiseau de l’Ile Maurice peu agile mais qui jusqu’à l’arrivée des européens n’avait aucun prédateur. Le dodo  disparaitra au XVIIIème victime de l’homme pour qui il était un gibier facile mais aussi victime des animaux importés par l’homme qui vont piétiner ses nids construits au sol.

Alors, Neandertal  tout comme le Dodo et probablement d’autres espèces comme Erectus et Floresiensis,  simples gibiers pour l’homme moderne ? C’est la thèse du paléontologue Bienvenido Martinez-Navarro et du biologiste Policarp Hortola qui ouvertement dans la revue scientifique  Quaternary International accusent l’homme de génocide(7).


 Pâques : l’ile de la désolation

Devant nous, l’océan Pacifique à perte de vue. La première terre habitée est à 2 300 km, le premier continent à 3 700 km. L’endroit est volcanique et aride. Là, se dressent plusieurs centaines de statues, au total près de 900, dont plus de la moitié inachevées.

Le premier Européen à y poser le pied est l’amiral hollandais Roggeveen, le dimanche de Pâques 1722. L’île de Pâques, aujourd’hui Rapa Nui, est l’une des terres les plus isolées du monde. Bienvenue sur l’île de la désolation. Elle est sans conteste le triste exemple de la capacité d’extermination et de dévastation de l’homme.

On ignore aujourd’hui encore l’enchaînement réel des événements. La première présence humaine sur l’île, datée entre 400 et 800 après J.-C., a récemment été mise en cause par de nouvelles analyses, fondées sur une datation au carbone 14, qui laissent à penser que l’arrivée des premiers habitants pourrait être beaucoup plus récente, entre l’an 1000 et l’an 1200.

Les toutes premières exterminations - Ile de Pâques

Est-ce par croyance et pour dresser leurs célébres statues que les habitants vont procéder à la coupe en règle des arbres de l’île ? Une chose est sûre,  à cette déforestation aveugle s’ajoute une exploitation des ressources naturelles par nécessité due à l’augmentation de la population, jusqu’à près de 15 000 personnes selon certaines sources (8).

Tout cela finit par engloutir tout espoir même de survie  Plus de pirogue pour la pêche, impossibilité de se chauffer, de faire la cuisine ou de construire de nouvelles habitations. On ose imaginer ce qui traversa l’esprit à celui qui abattit le dernier arbre de l’île . Bref, après la fête, la gueule de bois.  

A partir du milieu des années 1600, le bois finit par manquer totalement. La population se rabat alors dans des grottes. Faute de couverture forestière, le sol s’appauvrit entraînant baisse des rendements agricoles et érosion. La descente aux enfers est en marche.

L’île sombre dans la misère, la famine…et dans le cannibalisme. De 7000 personnes,  la population va décliner jusqu’à atteindre 111 personnes en 1877, suite à une épidémie. Une autodestruction pour non assistance à nature en danger.


1 – source : http://www.normalesup.org/~adanchin/histoire/antiquite.html
2- Etude publiée en mars 2012 dans le magazine « Science », Susan Rule – Université de Canberra (Australie)
3-  Le nouvel Observateur : 9 août 2012 – n°2492
4- Bruno Maureille, directeur de recherche au CNRS –
Le point – 19 juillet 2012 N°2079
5- « Neandertal, en Europe, en Asie et dans une partie du Proche-Orient ; Denisoviens (homo Denisoviensis  en Asie ; les hommes de Flores (Homo florensiensis) ; les hommes de Solo à Java (Homo soloensis) et enfin nous, Homo sapiens.  « L’homme est-il un grand singe politique ? » – Pascal Picq- Ed. Odile Jacob – Novembre 20115 -  
6-
Site Ideeneo.fr
7 – Le point – 19 juillet 2012 N°2079
8- « Les guerres du climat, pourquoi on tue au XXI ème siècle » – Harald Welzer – Ed. Gallimard


A visionner pour mieux comprendre :

  • L’homme de Neandertal : une autre espèce humaine :

A voir et à lire pour aller plus loin :

Les toutes premières chaussures

(votes : 4)
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Posté par fabrice
 

- 30 000 ans

Dans les coulisses du pied

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Énoncé du problème : combien de paires de chaussures ont été consommées par l’humanité ? Trop d’inconnues pour résoudre sérieusement ce problème mais on progresse…à petits pas.

On sait qu’environ 80 milliards de personnes ont vécu sur Terre (si l’on arrête le décompte à l’an 2000). On pense désormais que les premières chaussures remontent à 30 000 ans (peut-être même à 40 000 ans).

Cette estimation s’appuie sur l’analyse de l’anatomie des premiers humains et notamment des os des pieds. On a remarqué une réduction de la force du plus petit orteil. Les os des porteurs de chaussures sont plus graciles ! Et cela remonte à plus de 30 000 ans. Depuis, les chaussures ont fait leur chemin.

La plus vieille  chaussure en cuir connue date de 5500 ans. Confectionnée en cuir, lacée et fourrée d’herbe, elle a été retrouvée dans une grotte en Arménie (Science & Vie /Août 2010), bien conservée grâce à des excréments de moutons. Elle chaussait un pied droit d’une pointure correspondant au 37 actuel.  

Quant au problème, il ne reste plus qu’à connaître la consommation moyenne de chaussures selon les différentes époques. Et là, pas besoin de pied…à coulisse.

Actualisé : le 18 septembre 2010

Autres points de vue à découvrir :

  • Histoires de chaussure : 100 photographies pour Handicap International, de Amel et Frédérique Liénart. Cent photographes mettent en scène une histoire de chaussures. Leurs images traduisent la diversité des rapports parfois contrastés que chacun entretient avec ses pompes, une relation amusée, capricieuse ou compulsive, parfois douloureuse…
  • La Chaussure sous toutes ses coutures Découvrir la chaussure sous toutes ses coutures, connaître son histoire, comprendre sa conception et sa fabrication, tout savoir sur le confort, la qualité, son essayage, son entretien, son vocabulaire… « La Chaussure sous toutes ses coutures » est un livre à mettre entre toutes les mains.
  • Catalogue des chaussures de l’antiquité égyptienne. Les collections archéologiques du musée du Louvre recèlent des séries insolites. Pour la première fois, un musée consacre un catalogue scientifique à une collection de chaussures égyptiennes.

Les tout premiers grands-parents

(votes : 9)
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Posté par fabrice
 

- 30 000 ans environ

Papy fait de la résistance !

 

Dans la Famille « Homo-Sapiens », je recherche : les Grands-Parents !!

Incongrue, lors de l’apparition des premiers humains, il y a environ 200 000 ans, cette annonce devient envisageable à l’époque de l’homme de Cro-Magnon, voici 30 000 ans. Avec l’apparition des Grand-parents, qui est la conséquence de l’allongement de la durée de vie, la civilisation est en marche.

Pourquoi cette situation a-elle évolué et en quoi ce changement va-t-il être un élément-clé de l’évolution ?

Dans les populations anciennes, la proportion d’adultes qui vivaient assez vieux pour devenir grands-parents, c’est-à-dire des parents d’adultes en âge de procréer est extrêmement réduite. Par exemple, sur le site d’Atapuerca, en Espagne datant de 600 000 ans, tous les individus mouraient avant l’âge de 35 ans et très peu atteignaient cet âge.

Or chez les hommes préhistoriques, l’âge de procréation est estimé à 15 ans, on devient donc au mieux grands-parents à partir de 30 ans. Mais, comme on vient de le voir, la chance d’atteindre cet âge est restée très faible parmi les populations archaïques (1).

Le ratio vieux/jeunes, dénommé OY ratio (old-young ratio) par les paléo-démographes n’a guère évolué entre 3 millions d’années et 35 000 ans. Les jeunes représentant une écrasante majorité par rapport aux « adultes âgés », c’est-à-dire les individus dépassant les 30 ans;

Les vieux : un vrai coup de jeune pour l’évolution !

Miracle ! Subitement, au moment de l’apparition des premiers Européens modernes, il y a un peu plus de 30 000 ans (paléolithique supérieur), ce ratio vieux-jeunes connaît un véritable bouleversement. Il est multiplié par 5 ! Mieux, 65 % des adultes sont grands-parents. Il devient donc courant qu’un jeune soit accompagné par 2 adultes assez âgés pour être ses grands-parents, situation qui jusqu’alors tenait de l’exception.

On assiste donc pour la toute première fois dans l’histoire de l’humanité à l’avènement des grands-parents. Et c’est un véritable événement !

Cette longévité qui est restée quasiment stable et faible durant des centaines de milliers d’années, si l’on remonte à l’époque de Australopithèques (3 millions d’années), s’est donc accélérée soudainement.

Quelle en est la raison ? Cela résulte-t-il d’une évolution génétique, anatomique ou bien d’une évolution culturelle ? Selon Rachel Caspari, professeur d’anthropologie à l’Université de Central Michigan (Mount Pleasant, USA) Le phénomène semble avant tout culturel.

Les avantages de la multigénération

Quelles que soient les époques, les familles multi-générationnelles favorisent la transmission à leurs descendants de règles, de savoir-faire et génèrent de l’entraide. Par exemple, les grands-parents « préhistoriques » étaient probablement en mesure d’identifier les cousins éloignés ou de dire qui appartenait à la famille. Tout cela était bénéfique pour la lignée, la survie et donc l’allongement de la vie. Au final, cet allongement de la vie conduira à renforcer la cohabitation de différentes générations et à la densité des populations.

Avoir un papy ou une mamy pour s’occuper des enfants permettait aux parents de se libérer des tâches parentales. Lorsqu’on est pêcheur/cueilleur, ce n’est pas négligeable. Comme le souligne Mme Caspari « chez les premiers humains, les groupes qui avaient une forte proportion de grands-parents avaient un avantage du point de vue de l’évolution ».  Autrement dit, les grands-parents ont été un facteur positif pour l’évolution et notamment pour les hommes anatomiquement modernes.

L’hypothèse de la « grand-mère »

Cette théorie connue sous l’expression « L’hypothèse de la grand-mère » défend donc l’idée qu’avec l’accroissement sensible de la proportion des grands-parents dans la cellule familiale, les sociétés humaines vont devenir plus productives tout en renforçant le lien social. Autrement dit, on assiste à l’émergence des sociétés tribales et bientôt de la civilisation. Il s’agit donc d’un cercle vertueux qui va agir à la fois sur la démographie, la complexité culturelle et, plus tard, le développement commercial.

En effet, les aînés transmettent oralement des informations dans de nombreux domaines, culturels, techniques, familial. Grâce à cela les liens de parenté vont se développer ainsi que les principes d’entraide particulièrement nécessaires lors des coups durs qui ne manquent pas dans ces temps reculés !

Désormais, pour le plus grand bonheur des petits et des grands, papy va faire de la résistance !


Les grands-parents, pivots de la société.

Les grands-parents jouent un rôle clé dans la famille et représentent un point d’ancrage dans les familles recomposées. Ils sont plus de 80 % à garder plus ou moins régulièrement leurs petits-enfants (2). Cet îlot d’équilibre apparaît pour certains si important, qu’une association (3) propose de « prêter » des grands-parents à des enfants qui en sont « dépourvus ». Ainsi, en décembre 1998, Annick et Guy Righès ont été les premiers « grands-parents » d’adoption. Sans lien légal, ils sont devenus papy et mamy de Maxime et Matthieu, âgé respectivement de 4 et 5 ans à l’époque.

Papy et mamy « gâteau » ont été gâtés !


(1) Source : Pour la Science N° 410 – décembre 2011 – « Les grands-parents : un moteur de l’Evolution ».
(2) Enquête réalisée de 1992 à 1996, par Claudine Attias-Donfut, directrice de recherche à la Caisse Nationale d’assurance Vieillesse.
(3) Association créée en 1998 par Rémi et Michelle Joyaux.


A visionner pour mieux comprendre :


L’aventure des premiers hommes – Ep01 – L’afrique par alxka

 


A  lire par curiosité :

    • Pourquoi j’ai mangé mon père: Roy Lewis  – Pocket

      Utilisant avec réussite le principe ancien qui consiste à transposer dans une époque (la préhistoire), la pensée d’une autre (la nôtre), Roy Lewis nous conte les efforts de nos ancêtres les demi-singes dans leur lutte acharnée pour la survie et la prospérité de l’espèce. Voilà que nos ancêtres sont à la croisée des chemins, face à une nature hostile et à une foule de prédateur. Un tournant de l’évolution qu’il est crucial de négocier en douceur, sous peine d’extinction. Or, voilà qu’Edouard, hominien à l’esprit éclairé, découvre le feu. Une trouvaille qui sauve la famille certes, mais déplaît fort à son frère Vania, qui prédit la fin du monde, milite pour la viande crue et le retour dans les arbres… Roy Lewis fait ici de l’anachronisme sa seule loi et revisite avec brio les grands thèmes de société : l’éducation, le rôle de la femme ou l’éternel combat entre progressistes et réactionnaires. Il aborde également l’écologie, la famille et pose la question cruciale de la maîtrise du progrès technique par le biais de cette fresque grandiose, hilarante et moderne.

 

  • Histoire des grands-parentsde Vincent Gourdon, diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, agrégé et docteur en histoire, chargé de recherche au CNRS et rédacteur en chef adjoint des Annales de démographie historique.Les grands-parents sont aujourd’hui des personnages essentiels dans la famille française. Nombreux, actifs, prêts à aider leurs enfants et petits-enfants, telle est l’image des « nouveaux grands-parents ». Mais jusqu’où peut-on parler de nouveauté ? Les générations passées ne profitaient-elles pas de la présence des aïeuls ? Etaient-ils des vieillards dépendants ou de solennels et distants patriarches ? A l’aide de nombreuses archives inédites – registres paroissiaux, recensement, autobiographies, codes de savoir-vivre – Vincent Gourdon remet en cause ces simplifications et retrace pour la première fois la longue histoire des grands-parents en France.

Premières violences en bandes organisées

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Posté par fabrice
 

- 13 500 années

Hands in blood

« Pourquoi tant de haine ? »

Si les premiers signes de cannibalisme remontent à 800 000 ans, l’un des tout premiers homicides avérés à près de 400 000 ans, les premiers actes de violence en groupe sont beaucoup plus récents et correspondent au moment où disparaissaient les chasseurs-cueilleurs au profit des premiers sédentaires. En progression jusqu’au Moyen Age, la violence dans la société, malgré les apparences, connait depuis une décrue constante même si elle a tendance à se radicaliser.

La première trace de violence collective est datée entre 13 140 et 14 340 ans (1) avant notre ère. Elle s’est produite au nord du Soudan dans une région enclavée dans la vallée fertile du Nil mais cernée par un milieu naturel hostile.

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Les motifs de cet accès de violence restent évidemment mystérieux. Toutefois, il est possible que le site ait suscité la convoitise du voisinage à moins qu’il s’agisse de luttes internes provoquées par une diminution des ressources. Bref, pas suffisamment d’indices pour tirer cela au clair.

Les traces de violence interpersonnelle au paléolithique demeurent rares, en dehors des actes de cannibalisme dont les premiers remontent à 800 000 ans et pour lesquels seuls 2 cas attestent d’une agression avant le « festin » .

L’homme un « bon sauvage » ou « un loup pour l’homme » ?

On a coutume de dire que la violence chez l’espèce humaine a pris son essor à partir du moment où l’homme à commencer à s’approprier biens et territoires et a vu sa démographie augmenter.

Une chose est certaine :  si la violence contre autrui remonte à au moins 430 000 ans, les premiers actes de guerre sont beaucoup plus récents, il y a 12 000 ans environ.

Alors comment choisir entre la vision Rousseauiste du « Bon sauvage » et celle de Hobbes pour qui « l’homme est un loup pour l’homme » ?

L’homme : une des espèces les plus violentes

Une étude de septembre 2016 (4) apporte un nouvel éclairage sur cette controverse. Elle démontre que le taux de décès des humains causés par d’autres humains est de 2 %, ce qui place l’homme parmi les espèces les plus violentes. Cependant, ce niveau de violence élevé n’est pas l’apanage de l’espèce humaine.

L’étude révèle que la violence est un trait partagé par les mammifères en général. Les suricates, [petit carnivore vivant dans le désert ouest-africain] apparaissent comme les mammifères les plus violents mais on peut citer aussi les lions et les loups et, plus surprenants, les marmottes et mêmes les chevaux.

Il apparait qu’une espèce qui se trouve placée dans la chaîne évolutive à proximité d’autres espèces violentes présente elle-même un comportement violent. L’inverse se vérifie également.
Les explications à ce phénomène sont nombreuses et dépendent des espèces. Les infanticides, par exemple, peuvent être vus comme un moyen d’adaptation tout comme la compétition entres mâles pour une femelle.

La violence en baisse depuis le Moyen-Âge

Si le niveau de violence s’est accru après l’époque des chasseurs-cueilleurs, elle est en déclin depuis la fin du Moyen Âge selon les travaux du sociologue allemand Norbert Elias (2). Cette tendance vers une société moins violente serait la conséquence conjointe d’un renforcement de l’Etat et de l’autocontrainte débouchant sur l’émergence de la notion de civilité.

Au vu des différents indices comme celui du taux d’homicide qui se réduit de moitié entre le XIIIè et le XVIème siècle (3), il est incontestable que le XVI et XVII ème siècle marque un tournant dans la violence.
Autre tournant dont nous avons peu conscience, depuis 1945, l’écrasante majorité des Européens n’a ni blessé, ni tué au cours d’un conflit, ce qui est une première dans notre histoire.

Aristote aurait finalement raison lorsqu’il affirme que l’homme est fait pour vivre en société et naturellement fait pour la communication et donc pour pacifier.


La violence « enragée »

Ce n’est pas d’hier que les bandes de jeunes existent et inquiètent leurs ainés. Rien qu’au XX ème siécle, on les a appelés successivement (5) :

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  • les « Apaches ». Groupes de jeunes de milieux ouvriers, durant « la Belle époque » en rupture avec le mode de vie en usine. Ils sévissent sur les « fortifs » de Paris
  • Au début des années 60, les « blousons noirs » également issus de milieux ouvriers, en révolte contre le monde adulte et bourgeois et véhiculant leur propre code culturel : rock, blouson, coupe de cheveux.
  • A partir des années 80, les « zoulous » incarnent l’archétype des jeunes dangereux et incontrôlables, issus des cités et le plus souvent de l’immigration maghrébine et africaine avec une volonté de repli identitaire.

Depuis les années 2000, on vit un nouveau cycle de violence juvénile qui cette fois devient moins crapuleuse mais plus gratuite avec un accroissement du nombre des mineurs impliqués. (En 2011, on passe de 24 500 à plus de 36 000 cas).


Peace and love

Malgré les actualités, la non-violence serait-elle en passe de devenir tendance ?

carte-homicide-mondePrenons l’année qui a suivi les attentats du 11 septembre. Eh bien, on risquait moins d’être victime d’un homicide ou d’une balle d’un soldat que de mourir de sa propre main (6). En effet, en 2002, sur 57 millions de morts dans le monde, 172 000 « seulement » sont morts de la guerre et 569 000  de crimes violents, soit un total de 741 000 victimes de violence humaines pour 873 000 suicides.

Durant l’Europe médiévale, entre 20 et 40 habitants sur 100 000 habitants étaient assassinés chaque année. Aujourd’hui ce nombre est tombé à 9. Encore faut-il prendre en compte des pays particulièrement violent comme la Somalie, la Colombie ou le Honduras (90 homicides volontaires pour 100 000). Soyons rassurés, dans l’Union européenne, la moyenne est d’1 meurtre pour 100 000 habitants. En France, entre 1995 et 2011, le nombre d’homicides a été divisé par deux, pour atteindre 800 par an !

En fait, on vit la période la plus calme depuis l’Emprire Romain. Même la Seconde guerre mondiale, avec ses 55 millions de morts n’a décimé « que » 2% de la population contre 10 % lors des Invasions Mongoles de Gensis Khan au XIII ème siècle.

Aujourd’hui, malgré les idées reçues, on risque bien moins sa peau dans les rue de Chicago ou de Rio de Janeiro que les inidigènes Waorani ou l’Arawete  au fin fond de la forêt amazonienne. Des études (7) ont montré que près de la moitié d’entre eux ne survivront pas à des conflits violents, à cause des femme, du prestige ou de la propriété.

 

 publié le 14 octobre 2016

1 – Dénommé « Site 117 » cité dans « Préhistoire de la violence et de la Guerre » Marylène PATOU-MATHIS – Ed. Odile Jacob
2- « Une histoire du processus de civilisation » publiée en 1939 et rééditée en 1973 et 1975, sous le titre « La civilisation des mœurs ».
3- En Angleterre, par exemple, le taux passe de 20 homicides pour 100 000 habitants au XIII ème siècle pour descendre à 10 pour 100 000 4 siècles plus tard. – Histoire Pour tous – Aurèlie Perret – Février 2015
4 – Etude « The phylogenetic roots of human lethal violence » dirigée par José Maria Gomez Reyes de l’Université de Grenade, Espagne publiée par Nature le 28 septembre 2016
5- https://www.cairn.info/revue-pensee-plurielle-2007-1-page-111.htm
6- « Sapiens, une brève histoire de l’humanité » – Yuval Noah Harari – Albin Michel – Ed. 2015
7- « Body Counts in Lowland South American Violence » Walker et Bailey


A visionner pour mieux comprendre :