vendredi, 15 décembre 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Les tout premiers pas de la diplomatie moderne

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Posté par fabrice
 

24 octobre 1648

Foutez-nous la paix !

 

L’art négociation ne date pas de la dernière pluie; il accompagne sans doute les conflits depuis toujours. Pharaons, Romains, barbares, tous avaient recours à des émissaires ou des messagers dont le rôle se limitait à transmettre des messages en vue de négocier une sortie de conflits ou pour nouer des alliances. Mais par esprit de conquête et de volonté de domination, la force avait toujours la primeur. Autrement dit, on combattait avant et on négociait après.

La paix en ligne de mire

 Le 24 octobre 1648 marque un tournant radical dans cette approche. Ce jour-là, les traités de Münster et d’Osnabrück, plus connus sous le terme de traités de Westphalie, mettent un terme à la guerre de trente ans qui est un conflit autant politique que religieux.

A partir de ce jour, la négociation prend les habits neufs de la diplomatie telle qu’on la connaît et tente de se mettre au service de la paix – avec plus ou moins de succès !- et non plus comme point d’aboutissement de la guerre.

Les rêves de domination universelle, qu’ils soient politiques comme pour ceux des Habsbourg ou religieux, comme ceux de la papauté et de la Chrétienté vont se heurter désormais aux Etats-Nations et au principe de souveraineté nationale. On assiste à l’émergence d’une autorité ultime, celle du législateur, qui surpasse pour la première fois, celle de l’ordre religieux et toute autre autorité intérieure ou extérieure. Ces nouvelles règles politiques s’inscrivent dans un courant visant à renforcer le « droit des gens « .

Entre équilibre et Raison d’Etat

Ce 24 octobre 1648 inaugure donc l’ère de l’équilibre entre les puissances -visant à limiter les effets désastreux des guerres incessantes-, grâce à la reconnaissance de la souveraineté des Etats. Ils pourront s’appuyer sur des traités bilatéraux ou multilatéraux qui forment les bases du droit international.

Pour la toute première fois, une diplomatie, destinée à prévenir les conflits et à garantir des intérêts communs émerge en Europe, tandis qu’au sein de cette même  Europe prend corps  la notion d’Etat-Nations.

La paternité de cette nouvelle situation qui « enfantera »  le Corps diplomatique au niveau international revient à des personnages illustres comme Hugo Grotius, Sully, Mazarin, Richelieu, sans oublier Nicolas Machiavel (1469-1527), grand négociateur, diplomate avant l’heure et « concepteur » d’une doctrine s’apparentant à la notion de Raison d’Etat. Concept qui sera appliqué pour la toute première fois par Richelieu, « le premier diplomate digne de ce nom« , comme le soulignera Henry Kissinger .

Si le mot Diplomatie s’impose qu’au XVIII ème siècle, il faudra attendre le XXème siècle pour qu’apparaisse la première véritable instance supranationale : la Société des Nations (SDN), créée en 1919 par le traité de Versailles. Cela,  un siècle après la création de la toute première organisation internationale, la Commission Centrale pour la Navigation du Rhin, constituée dans la foulée du Traité de Vienne de 1815. En 1993, on comptait 250 institutions internationales.

 

Internet « pète » les câbles…diplomatiques !

4 siècles après les traités de Westphalie, un simple soldat de l’armée américaine, Bradley Manning, avec l’appui de Julian Assange, fondateur du site Wikileaks, ébranle le système inauguré par Richelieu. Face au grand déballage des câbles diplomatiques, faut-il voir dans l’affaire Wikileaks une avancée majeure vers la paix au nom de la  transparence, ou au contraire, une « terrible naïveté », comme le défend Christian Makarian chroniqueur à l’Express, et une « formidable possibilité de régression » ?

L’histoire le dira. Elle nous dira aussi, si nous entrons dans une nouvelle ère de l’information, une ère où, puisque que tout se sait, tout se tait.  Mais l’important au final, n’est-il pas, qu’on nous foute la paix !


WikiLeaks : la diplomatie n’a plus de secrets

  • 251287 documents confidentiels de la diplomatie américaine divulgés;
  • dont 16 000 portaient la mention « secret » mais aucun « top secret » ;
  • La période de rédaction de ces « câbles diplomatiques », essentiellement entre 2004et  2010;
  • mais certains datent de 1966 ;
  • Wikileaks a choisi, à travers le monde, 5 organes de presse pour relayer et filtrer la diffusion : « New York Times », « The Gardian », « El Pais », « Der Spiegel » et « Le Monde »;
  • 120 journalistes mobilisés pour vérifier et sélectionner les documents qu’ils publieront;
  • Un masquage des sources citées pouvant être mises en danger;
  • La mise en place, par des internautes, de nombreux serveurs miroirs pour palier tout blocage de Wikileaks;
  • Décembre 2010 : des organismes financiers, PayPal, Visa Europe, MasterCard,  « Bank Of América » décident de suspendre toutes transactions destinées à Wikileaks.

Les grandes étapes du nouvel ordre international :

  • 1648, traités de Westphalie;
  • 1815, Traité de Vienne, considéré comme la première manifestation du mulitlaréralisme;
  • 1816, Commission centrale pour la navigation du Rhin, plus ancienne organisation internationale;
  • 1863, création du CICR, Comité international de la Croix Rouge;
  • 1865, Union internationale du télégraphe;
  • 1874, Union générale des postes;
  • 1899, Cour permanente d’arbitrage, créée par la première conférence Internationale de la Paix;
  • 1916, Création de la Société des Nations (SDN);
  • 1919, le Bureau International du travail (BIT) voit le jour;
  • 1945, Organisation des Nations Unies (ONU) et Fonds Monétaire International (FMI)
    Mis à jour le 18 décembre 2010


A visionner pour mieux comprendre [interview de Julien Assange, fondateur du site Wikileaks, sous-titrage en Français] :

 

 

A voir et à lire pour aller plus loin :

  • Atlas militaire et stratégique : Menaces, conflits et forces armées dans le monde : Les menaces se diversifient, les acteurs se multiplient, les technologies progressent et les conflits « asymétriques », face à des groupes non étatiques, se font désormais de plus en plus nombreux. La guerre d’aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec celle d’hier. Pour faire face aux nouveaux défis sécuritaires, les politiques de défense et les stratégies, notamment occidentales, doivent donc s’adapter. Pour la première fois, un atlas présente une expertise technique et géopolitique de ces questions, dressant l’état des lieux des forces, décodant les conflits en cours et augurant ceux à venir, tout en fournissant quelques notions essentielles de stratégie. Il aide ainsi à décrypter un monde sous tensions et à mieux lire l’actualité.
  • Diplomatie, par Henry Kissinger. La fin de la guerre froide semblait déboucher sur un monde simplifié: au centre, une Amérique victorieuse et sans rivale, seule superpuissance capable de dicter son ordre mondial et de diffuser partout son mode de vie et ses valeurs. La magistrale leçon d’histoire et de diplomatie d’Henry Kissinger détruit cette illusion: l’Amérique, prévient celui qui a inspiré pendant près de dix ans sa politique étrangère, va devoir réformer profondément sa vision du monde et ses méthodes d’action, sous peine de se réfugier à nouveau dans un isolationnisme aussi dangereux qu’illusoire. Il lui faudra évoluer dans un système complexe d’équilibre des forces, une notion avec laquelle elle est justement en « délicatesse ».
  • Diplomacy : Le jeu des intrigues internationales.
    Testez vos capacités de négociations dans un grand jeu d’intrigues et de stratégie. Dans le contexte du début du XXe siècle, jouez l’une des 7 grandes puissances européennes et plongez dans le réseau d’intrigues et de négociations qui vous amènera au sommet de la puissance … mais gardez toujours un œil sur vos alliés si vous voulez y rester.

Le tout premier cyber-conflit

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Posté par fabrice
 

Juin 2010

Le ver de la guerre

Lorsque le 29 novembre 2010, lors d’une conférence de Presse, le Président iranien Mahmoud Ahmadinejad reconnaît que certaines « centrifugeuses » [utilisée pour enrichir de l'uranium dans le cadre de son programme nucléaire] ont connu « des problèmes » provoqués par des « logiciels installés sur des équipements électroniques », il fait entrer officiellement, et pour la toute première fois, le monde dans l’ère du cyber-conflit entre les Etats. Et cela risque de changer la face du monde et la manière de gérer la guerre.

« Gouverner, c’est détruire, détruire les parasites, détruire ses propres troupes, détruire l’ennemi », apprend-on dans l’Art de la Guerre, par Sun Tzu, le tout premier traité de stratégie militaire rédigé voici 2500 ans en Chine. A l’évidence, la stratégie n’a pas pris une ride, seuls les moyens changent.

Aujourd’hui, l’ennemi ne s’introduit plus en rampant comme un ver, comme cela s’est pratiqué depuis des millénaires, l’ennemi, c’est un ver. Un ver informatique. Un ver programmé pour s’insinuer dans nos équipements pas uniquement informatique, et c’est là la grande nouveauté, mais aussi électrique et donc mécanique et les détruire ou en prendre le contrôle. Pas virtuellement mais, bel et bien, physiquement.

C’est ce qui s’est passé, pour la toute première fois en grandeur réelle et avec succès, dans cette affaire iranienne.

Tout a commencé en juin 2010, lorsqu’une équipe Biélorusse découvre un cheval de Troie, le fameux ver informatique, qui sera baptisé Stuxnet. Le maliciel (logiciel malveillant) Stuxnet est très sophistiqué, 10 à 20 fois plus gros que les traditionnels virus informatiques. Plus gros, plus complexes et très gourmand en matière grise : il aurait mobilisé une équipe de développement d’une dizaine de personnes durant, peut-être, une année et son coût de « fabrication » est estimé à des dizaines de millions de dollars.

Plus fort encore, bien qu’une première version remonterait à 2009, il serait resté tapi dans l’ombre, c’est à dire discret, jusqu’au début de l’opération, ce qui est inhabituel. Bref, rien que du lourd.

Son mode opératoire et son objectif semblent très différents des virus habituels qui visent surtout à pirater des informations ou des comptes bancaires. Introduit via une clé USB, le ver est conçu pour prendre le contrôle de système d’automation électrique ultra ciblé en profitant d’une vulnérabilité de Windows.

En l’espèce, des moteurs électriques de la marque Siemens fonctionnant entre 807 et 1210 hertz; des moteurs présents notamment dans les centrifugeuses de l’usine iranienne Natanz. Une fois le contrôle pris, les moteurs deviennent fous et finissent par exploser. Au total, plusieurs milliers de machines auraient été « mise à pied », c’est à dire arrêtées, soit un cinquième des centrifugeuses iraniennes. Du jamais vu !

Depuis, Stuxnet aurait été identifié sur d’autres dispositifs Siemens situées ailleurs en Iran, comme dans la toute nouvelle centrale nucléaire de Busher,  mais aussi en Inde, au Pakistan et en Indonésie. Le maliciel pourrait ainsi pertuber le fonctionnement des automates industriels contrôlant le fonctionnement des oléoducs et d’autres installations sensibles pilotés par le même type d’équipement. 

A la question « Qui est derrière Stuxnet ? », probablement un état mais lequel ? Les Etats-Unis, Israël, la Russie… ? Dernièrement, le 16 janvier 2011, le New York Times a révélé que l’opération Stuxnet a été fomentée par les services de renseignement israéliens en collaboration avec les services américains. Suite aux déclarations d’experts militaires et des servives secrets,  le quotidien américain ajoute que le complexe nuclaire de Dimona, basé dans le désert du Néguev, région du sud d’Israël, a servi de site de tests avant le déploiement du virus sur le théatre des opérations iraniens.  

Stuxnet nous fait définitivement entrer dans l’ère du cyber-sabotage. Comme à chaque nouveau système d’armes majeur introduit depuis le lance-pierre, Stuxnet offre aux Etats de nouvelles perspectives et de nouvelles vulnérabilités.

A quand un « Pearl Harbor » numérique ?

Mis à jour le 23 janvier 2011

A visionner pour mieux comprendre (le 20 heures de France 2) :


A voir et à lire pour aller plus loin :

  • La cyberguerre : La guerre numérique a commencé – Rédigé par un spécialiste des questions d’influence, cet ouvrage rend accessibles au plus grand nombre les tenants et les aboutissants de ces cyberguerres qui se déroulent sous les yeux de l’opinion publique mondiale. À lire, pour ne plus rien ignorer de la réalité de ce nouveau visage de la guerre économique, politique et militaire.

Le tout premier terroriste de l’Histoire

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Posté par fabrice
 

– 356 avant notre ère

pano-sang

« Peur sur la ville »

 

Erostrate est entré dans l’Histoire, à double titre : par son acte « criminel » reconnu par les historiens et comme tout premier terroriste de l’Histoire. Une notoriété pour laquelle, il était prêt à en payer le prix, comme plus tard d’autres terroristes au nom d’une cause qui les transcende !

Son nom : Erostrate. Son acte : avoir incendié le temple d’Artémis à Ephèse (près d’Izmir en Turquie). Son mobile : la notoriété. La sentence : condamnation à mort et disparition de son nom de tous les documents officiels.

temple-Artémis

Frustré de ne pas être connu, Erostrate, dont l’Histoire finira par retenir son nom, décide, le jour même de la naissance d’Alexandre le Grand, d’incendier le temple d’Artémis, l’une des 7 merveilles du monde.

Erostrate se laisse arrêter assez facilement et explique que son geste ne visait que la reconnaissance et le respect de tous ceux qui l’ignoraient jusqu’ici.

Les juges le condamneront à mort et décideront d’effacer son nom y compris de l’Etat civil afin d’éviter toute publicité et tout précédent.

Ce jugement « politique » sera contesté par certains historiens de l’époque, comme Théopompe argumentant que la vérité historique ne peut être l’objet de manipulation même au nom de la Raison d’ Etat.

Théopompe mentionnera donc cet événement tragique dans ses Hélleniques et Erostrate passera ainsi à la postérité. Ironie de l’Histoire, comme le fit remarquer Jean-Paul Sartre (2), on se souvient du nom du type qui a brûlé le Temple d’Ephèse alors que l’on ignore le nom de son architecte !

Une guerre psychologique

Si la notoriété a été l’un des tout premiers « moteurs » du terrorisme, évidemment, il n’est pas le seul. Le Terrorisme est avant tout un acte commis à des fins politiques, idéologiques ou religieuses.

Mais surtout comme le définit Raymond Aron, face à une guerre classique le terrorisme compte sur le spectaculaire et l’émotion : « On peut qualifier de terrorisme une action dont les effets psychologiques dépassent les effets physiques ».

D’un point de vue académique, le concept de terrorisme prend vraiment naissance sous la Révolution Française. C’est en effet en 1798 que le terme « terrorisme » apparaît pour la première fois dans le supplément du dictionnaire de l’Académie française. Il désigne alors un mode de gouvernement faisant référence à la période de la Terreur (1793-1794) et aux adeptes de la « doctrine des partisans de la Terreur ». C’est ce qu’on appellera le terrorisme d’Etat.

Le terrorisme moderne

Les historiens semblent s’accorder sur le fait que le premier véritable acte terroriste au sens actuel, remonte au 24 décembre 1800 avec l’attentat de la rue Saint-Nicaise. Une « charrette piégée » explose sur le passage du Premier consul Napoléon Bonaparte ; attentat fomenté par les activistes chouans.

Attentat de Sarayevo

Attentat de Sarajevo en juin 1914

Cette forme de terrorisme se répand ensuite au Moyen-Orient à partir de 1896 avec l’assassinat du shah Nasir al-Dîn. Cette fois, le coup d’envoi du terrorisme à l’échelle de la planète est vraiment donné (4).

Le plus célèbre et le plus lourd de conséquences des actes terroristes restera celui commis en juin 1914 à Sarejevo contre l’archiduc François-Ferdinand d’Autriche. Il précipitera l’Europe dans la Première Guerre mondiale.

Evidemment, en termes de symbole ceux du 11 septembre 2001à New York, 11 janvier et 13 novembre 2015 à Paris, resteront jusqu’à présent les plus marquants, puisqu’ils s’attaquent cette fois aux fondements de la civilisation occidentale, son porte drapeau, New York, la liberté de pensée et la culture.

Publié le 5 décembre 2015

Aux origines du DJIHAD

Le 26 mai 1998, Al-Qaida sort de l’ombre (3) : Ben Laden lance sa croisade contre l’Amérique, l’Occident et les juifs. Il vient de mettre le Jihad sur les rails.

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Mais le moment fondateur pour Al-Quaida et le Djihad remonte probablement à 1979. C’est la prise d’otage à la Mecque de centaines de pèlerins pendant 14 jours par 300 islamistes accusant la famille royale saoudienne d’être à la solde des américains. Oussama Ben Laden, alors âgé de 22 ans suit les événements avec intérêt. Missionné par les saoudiens, Ben Landen se rend alors au Pakistan pour aider les moudjahidines à lutter contre l’envahisseur.

Il sera aidé financièrement par les américains qui veulent bouter hors d’Afghanistan l’armée soviétique. Ben Laden créé en 1988 Al-Qaida.

10 ans plus tard, il déclarera, les armes à la main, sur une chaîne d’info « Les Américains ont commis une stupidité sans précédent en attaquant l’Islam […] nous prévoyons u jour noir à l’Amérique. Elle devra ramasser les corps de ses enfants jusque sur son sol ».

Deux attaques simultanées d’ambassades américaines, le 7 août 1998, en Tanzanie et au Kenya, donnent le coup d’envoi à la terreur. On connait la suite.

Ben Laden ne verra pas la constitution d’un Etat Islamique [comme se réclame Daech] pourtant voulu de ses propres vœux, avec un véritable Etat, doté d’une administration, d’une véritable armée. Ses héritiers vont faire monter d’un cran encore la barbarie et la terreur.

Une ère nouvelle s’ouvre.


1 – Jean-marc Daniel, économiste et Directeur de la revue Sociétal – Good  Morning Business – 14 janvier 2015 – BFM Business.
2 – Nouvelle « Érostrate », publiée dans le recueil de nouvelles nouvelle « Érostrate », publiée dans le recueil de nouvelles Le Mur (1939).
3 – TéléObs – L’hebdo des médias – « Autopsie de la Terreur » – Novembre 2015
4 – Pour connaître les grandes dates du terrorisme : http://www.thucydide.com/realisations/comprendre/terrorisme/terrorisme-chrono.htm


A visionner pour mieux comprendre :