vendredi, 18 août 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Nos tout premiers rires

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Posté par fabrice
 

- 99 000 ans !

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Rira bien qui rira le premier

Même si le rire n’est pas totalement une exclusivité humaine, certains singes ont des rictus de rire par exemple, il est incontestablement une des marques de fabrique de la lignée humaine.  Son émergence est probablement liée à celle de la conscience, surtout pour ce qui est de l’humour.  Et comme le soulignait Alphonse Allais : « le rire est à l’homme ce que la bière est à la pression » !

 

Ne nous racontons pas d’histoire, celui qui est capable de fournir avec précision la date des tout premiers rires de l’humanité est un imposteur…ou un humoriste.

Et si l’on parlait sérieusement du rire…

Plus sérieusement, il est probable que la pratique sociale du rire émerge en même temps que la conscience de soi, une aptitude qui engendre d’autres formes d’expression comme l’art rupestre ou les sépultures.

Encore faut-il s’entendre sur la notion de rire qui va du rire émotionnel au simple rictus, en passant par le fou rire ou une forme beaucoup évoluée que représente l’humour.

D’un point de vue physiologique, le rire nécessite une certaine maîtrise du langage articulé. Selon certains scientifiques, le rire aurait pu même précéder le langage et donc prétendre à être la première forme de communication orale.

Si l’on va au-delà de la définition de Bergson « le rire : du mécanique appliqué sur du vivant », en prenant une conception plus sophistiquée, il est possible de situer les premières tranches de vraie rigolade entre 200 000 et 40 000 ans.

Le syndrome de la « vache qui rit » !

On dit communément que le rire est le propre de l’homme, pour citer la célèbre formule de Rabelais. Si l’on en croit les éthologues, cette assertion serait fausse. On sait que le rat –lorsqu’on le chatouille ou plutôt le ratouille- ainsi que certains singes sont rieurs.

Récemment, des enregistrements ont été réalisés à l’université de Portsmouth (Royaume-Uni) sur des jeunes singes (orangs-outangs, chimpanzés, bonobos et gorilles)[1]. On leur prodiguait des chatouilles. L’analyse acoustique prouve qu’il s’agit bien de rires : éclats de rire assez brefs mais sonores pour les orangs-outangs, plus longs pour les autres. mort_de_rire

Les bonobos par exemple ont la capacité de rire en expirant pendant plus de dix secondes. Cette faculté de prolonger la phase d’expiration en vocalisant n’est donc pas spécifique à l’homme comme on le croyait jusqu’à présent. Il n’y a donc plus de doute, le rire n’est pas l’apanage de l’homme, même s’il s’agit de rires « mécaniques »,  non intentionnels.

Rassurons-nous « la vache qui rit » reste une exception !

Soyons sérieux ! Pascal Picq, paléoanthropologue, considère que le rire fait partie du bagage ancestral commun aux singes et à l’homme, au même titre que la bipédie, la conscience, l’empathie ou les systèmes sociaux.

En cela il rejoint l’analyse de Darwin en 1872. Pour lui, l’ensemble des émotions s’exprime de manière assez comparable chez l’homme et les grands singes. Ces aptitudes potentielles remontent à notre ancêtre commun, Toumaï, apparu il y a environ 7 millions d’années.

De ce fait, on pourrait presque dire « rira bien qui rira le premier… »

 


Le rire : une histoire qui n’a pas toujours été drôle

Les premiers rires civilisés ont plutôt connu des grincements de dents. Car le rire et son compère plus caustique, l’humour, n’ont été vus avec bienveillance qu’à partir du XIIIème siècle, grâce à un chirurgien, Henri de Mondeville. Il prit le parti du rire en expliquant «que le corps se fortifie par la joie et s’affaiblit par la tristesse ».

Rire dans la société

Jusque-là : bonjour tristesse !

Qu’il s’agisse des philosophes grecs, Aristote, Platon, et même Socrate, le rire n’était pas leur tasse de thé. Il le trouvait laid, dégradant, autrement dit indigne des hommes car les détournant de la vérité. Le père de l’Eglise grecque, St Jean Chrysostome, estimait que le rire conduisait au péché.

Cette théorie fit son petit bonhomme de chemin jusqu’au Moyen Age, où les savants de l’époque vont qualifier le rire de diabolique. La preuve, selon eux : aucun rire de Jésus relaté dans les évangiles.

La réhabilitation du rire au XIIIème siècle durera le temps d’un soupir. Les siècles suivant ne seront en effet pas une partie de rigolade. On ne plaisante pas avec la Bible ! L’Angleterre protestante et la France catholique vont rivaliser pour diaboliser le rire. La reine Victoria ira même jusqu’à l’interdire dans les salons.

De l’autre coté de la Manche, au pays de la guillotine, on ne badine pas non plus avec le rire. Au lendemain de la révolution, il est admis qu’un « républicain ne rit pas ». Autre époque, autre révolution, mais même combat contre l’humour : pour Staline, « un peuple heureux n’a pas besoin d’humour ». Autrement dit, faites la guerre, pas l’humour !

Enfin, arrive le XIXème siècle. Les zygomatiques vont enfin pouvoir s’exprimer, pour le meilleur et…pour le rire !

Quoique, même si la tendance générale est à l’humour et à la dérision, rappelons-nous qu’un certain Staline considérait « qu’un peuple heureux n’a pas besoin d’humour », conception sans doute partagée par les assassins de Charlie-Hebdo.

Alors pour faire baisser la pression, laissons le mot de la fin à Alphonse Allais : « le rire est à l’homme ce que la bière est à la pression » :-) .

actualisé,  le 29 mars 2015

1 – Etude réalisée par Marina Davila Ross de l’Université de Portsmouth, primatologue à partir de 800 enregistrements de jeunes singes subissant des chatouilles sur le cou, sous les bras ou sous les pieds.


Pourquoi je n’ai pas mangé mon père de Jamel Debbouze  :

 


A lire pour aller plus loin :

  • Les bienfaits du rire sur Doctissimo. L’humour aurait un effet bénéfique sur notre corps ! Au point que les blagues constitueraient une véritable drogue dont nous ne pouvons pas nous passer ! Aucune chance de mourir de rire, au contraire !
  • Le Rire, sa vie, son oeuvre : Le plus humain des comportements expliqué par la science. Vous voulez tout savoir du rire ? Lisez ce livre. Robert Provine, le seul neurobiologiste au monde à étudier expérimentalement le rire depuis dix ans, répondra à toutes vos questions.
  • Le rire de Eric Smadja. Alors que l’on vante ses bienfaits – la valeur des thérapies par le rire, par exemple -, les préjugés attachés à cet acte essentiel semblent demeurer intacts. Qu’est-ce que le rire ? Pourquoi rit-on ? Et de quoi ? À travers la psychanalyse, la physiologie, l’éthologie, la littérature, la philosophie, l’anthropologie, cet ouvrage analyse toutes les facettes du rire. Pour rire en connaissance de cause !

 

Le tout premier million d’humains

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Posté par fabrice
 

- 40 000 ans

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Le million, le million !

Il y a 40 000 ans, le cap du million d’humains vient d’être franchi. la partie était loin d’être gagnée et le risque d’une extinction naturelle de l’espèce humaine était réel. Voyons comment quelques milliers d’individus seulement vont donner naissance à plusieurs milliards aujourd’hui !

Enfin, on peut respirer. L’espèce humaine vient de franchir pour la première fois le seuil du million d’habitants. C’était, il y a 40 000 ans.

10 000 reproducteurs…et moi, et moi, et moi !

La partie n’était pas gagnée. A ses débuts, l’espèce humaine ne se comptait que par dizaines de milliers d’individus ; tout au plus quelques centaines de milliers, vraisemblablement moins.

Certains estiment à 30 000 le nombre de représentants de notre famille lors de la période la plus critique, dont 10 000 reproducteurs. Moins de 10 000, cette population n’aurait pas été viable et leurs descendants n’auraient pas fait parler d’eux. Dommage, leurs descendants, c’est nous.

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A partir de -40 000 ans, le progrès technique va devenir un facteur de croissance démographique, notamment en Europe.

Ce phénomène va être amplifié par la glaciation qui, en abaissant le niveau des mers, favorise les mouvements migratoires et donc le peuplement de nouvelles contrées, comme les Canaries, l’Egypte et même l’Arabie.

Bref, en quelques milliers d’années, entre –10 000 et – 8000 ans, la population va probablement décuplée, en atteignant, par exemple au Proche-Orient, 5 millions d’habitants et en Europe, près de 400 000 habitants.

A cela s’ajoutent bien sûr les autres populations (Chine, Inde, Mexique…).

250 millions de Terriens, au début de notre ère

Du coup, à l’époque de Jésus-Christ on dénombre 250 millions d’hommes ; 250 millions d’âmes à sauver, si l’on se place du point de vue du Fils de Dieu !

Cet effectif restera quasiment stable (avec une légère baisse vers 500 ans) jusqu’au premier millénaire. Puis au début des années 1800, le nombre d’âmes aura quadruplé : le premier milliard d’êtres humains vivant simultanément sur la Terre est atteint. C’est à cette époque que Malthus publie (en 1798) son essai prédisant une pénurie probable de ressources pour faire face à cet afflux de population.

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Répartition de la population en 2050

On connaît la suite : 2 milliards d’êtres humains en 1925, 3 milliards en 1959, 4 milliards en 1975 et vraisemblablement 9 milliards en 2050. On est toutefois loin des prévisions des années 60 annonçant une population mondiale pouvant atteindre les 50 milliards d’habitants.

Il a fallu 10 000 générations pour atteindre les 2 milliards d’habitants, une seule suffit désormais pour ajouter 2 milliards supplémentaires.

En répartissant de manière uniforme l’ensemble de la population sur la Terre, la distance moyenne entre deux « voisins » est ainsi passée de 52 mètres en l’an 500 à 23 mètres en 1950.

Plus que jamais les rapports de voisinage sont à préserver !

Publié le 23 août 2015


Haut et bas de la croissance démographique

L’augmentation rapide de la population mondiale débute vraiment en 1800, à partir du moment où les conditions de vie commencent à s’amlériorer dans les pays « riches » ou en phase d’industrialisation.

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Une seconde phase apparait à partir des années 50, cette fois dans les pays en voie de développement.

Depuis, on observe une diminution du rythme de la croissance démographique. Cependant, ce phénomène ne suffit pas enrayer l’accroissement démographique global.

En effet, le nombre de Terriens augmente encore très rapidement car la population est grande, de sorte que même si le taux de natalité est bas, le nombre de naissances annuelles reste élevé.

De plus, la pyramide des âges dans les pays du Sud est caractérisée par une large fraction de jeunes hommes et de jeunes femmes qui auront bientôt des enfants, contribuant ainsi à une forte augmentation de la population à l’avenir.

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A voir pour mieux comprendre :

A lire pour aller plus loin :

  • Origine et évolution des populations humaines, de Bernard Vandermeersch, Olivier Dutour et Jean-Jacques Hublin. Cet ouvrage présente l’évolution de l’humanité depuis les premiers primates hominoïdes de l’Oligocène jusqu’aux temps historiques.
  • La population du monde : 6,5 milliards, et demain ? de Catherine Rollet. En moins de deux siècles, la population mondiale est passée de 1 à 6,5 milliards. S’agit-il d’un phénomène transitoire ou doit-on craindre une explosion démographique ? Et si tel était le cas, quelles en seraient les conséquences sur l’équilibre mondial ?

Le tout premier visage de l’humanité

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Posté par fabrice
 

- 7 millions d’années

« Espoir de vie »

Que le temps passe vite ! Que de premières fois visitées !

Les premiers soubresauts de l’univers, les premières étoiles, les premiers rayons de soleil, les premiers organismes vivants, mais cette fois, cette première fois nous touche plus que les autres. Cette fois, c’est de notre propre famille qu’il s’agit, de notre plus ancien ancêtre connu !

Reconstitution de Toumaï, premier visage de l'humanité - Image : MPFT

Reconstitution de Toumaï, premier visage de notre lignée.

Il s’appelle Toumaï [1], qui signifie en langue goran, « Espoir de vie ». Il ne nous ressemble pas beaucoup, mais anatomiquement, il préfigure notre lignée, au moment où (il y a 8 millions d’années) une espèce a évolué pour se diviser en 2 branches, d’un coté les singes, de l’autre, les hominidés.

Avec son grand âge (entre 6,9 et 7,2 millions d’années), Toumaï peut donc se prévaloir d’être le plus ancien pré-humain connu, le doyen de l’humanité. Pourtant, ce titre ne tient pas tant à son volume crânien, équivalent à celui d’un chimpanzé (de l’ordre de 360 cm3), qu’à une anatomie qui le différencie des singes (denture, position du trou occipital, face raccourcie) et surtout une aptitude à la bipédie…

Un jour viendra où la paléoanthropologie laissera la place à la généalogie. Là, il ne sera plus question de traquer l’usure apicale des canines pour vérifier le lien de parenté, le registre paroissial fera foi.

A l’aube de l’humanité, Toumaï ne peut imaginer qu’il est l’arbre qui cache la (future) forêt des êtres humains. Car la conscience n’apparaîtra qu’entre 2,5 millions et 3 millions, voire 3 millions et demi d’années.


1 – Découvert au Tchad, en 2001, par le paléontologue français, Michel Brunet, son nom lui a été attribué par le président de la république du Tchad.


A voir et à lire pour aller plus loin :