mardi, 21 novembre 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Les toutes premières prostituées androïdes

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2050

Changement « de…main » pour la prostitution

 

Avril 2050. Nous sommes dans le fameux quartier rouge d’Amsterdam, là où les touristes de la génération « baba cool » déambulaient dans les années 2000 pour se rincer l’œil devant les vitrines aguichantes après avoir osé un brin de fumette dans un coffee shop.

Quelques décennies plus tard, on n’imagine pas à quel point les choses ont changé.

En 2050, les prostituées sont devenues des robots

Les coffee shops, après avoir été réservés aux seuls « autochtones », ont été définitivement fermés à partir de l’année 2032.  Mais surtout, les célèbres prostituées d’Amsterdam n’ont plus d’humain que le prénom. Bientôt, elles seront pour la plupart, des androïdes, des robots prostituées, si l’on préfére !

Le tout premier club libertin aux mains des robots.

Et oui, en ce printemps 2050, pour la toute première fois de l’histoire de l’humanité, le plus vieux métiers de monde est assuré non plus par des femmes, ou des hommes en chair et en os mais par des robots faits de vérins hydrauliques et de fibres synthétiques.  Adieu les filles de joie, vive les androïdes sexuels !

Vous n’y croyez pas ? Jetons-un œil pour découvrir cet univers où se marie, si l’on ose dire, le plaisir et la technologie.

Pénétrons dans la maison close baptisée Yab-Yum . Elle vient d’obtenir de la municipalité d’Amsterdam une autorisation d’ouverture après plus de quarante ans d’interruption (1).

Un catalogue nous est proposé par une hôtesse, une humaine jusqu’au bout des ongles, la seule, probablement. Elle vante les valeurs des charmantes créatures qui s’offrent à nous, plus sexy les unes que les autres.

Ce qui frappe au premier abord, c’est l’apparence qui leur donne un côté plus humain qu’humain. Ensuite, c’est l’éclectisme du choix : origine ethnique, âges, typologie des personnes, leur capacité autant à dialoguer en plusieurs langues que de pratiquer différents jeux de langues. Evidemment, l’atout principal réside dans le panel de pratiques sexuelles, dont certaines que la morale réprouve.

Vers des prestations sexuelles aux normes ISO 9001 ?

On nous dit que le modèle qui recueille le plus de succès, se prénomme Irina(2), une russe, blonde élancée aux formes avantageuses, avec un accent à tomber par terre ou plutôt à mettre les pieds au mur ! Bien entendu, si l’on préfère Igor, il n’y a pas de problème.

Quel que soit notre choix, la maison s’engage sur la qualité des prestations qui, dans tous les cas, est totalement garantie d’un point de vue sexuel comme sur le plan de l’hygiène. Et puis, on nous explique que, dans la mesure où il ne s’agit pas d’humain, nous n’avons pas à culpabiliser vis-à-vis de nos proches. Enfin, l’amour l’esprit libre. L’humanité l’avait révé, les robots le réalisent.

Quant aux tarifs, la passe n’est pas à la portée de toutes les bourses, loin s’en faut. On nous annonce au bas mot 7500 euros, voire 10 000 euros (valeur 2012 ?)   pour une entrée dans le club, formule tout compris. L’hôtesse d’accueil ajoute avec mauvais goût : fromage et dessert, avec cerise et abricot sur le gâteau !

Le tourisme sexuel connaîtra une nouvelle passe…

Ce rêve, cauchemars ou fantasmes pour certains, n’est pas encore à portée de main, puisqu’il faudra probablement attendre une quarantaine d’années. Néanmoins, il s’agit d’un projet très sérieux, si l’on en croit leurs deux respectables inventeurs Néo-zélandais (2). Ils sont convaincus que l’avenir de la prostitution et du tourisme sexuel réside dans le recours aux humanoïdes, “éliminant tout risque de maladie sexuellement transmissible dans un monde libéré de l’esclavage sexuel”(3).

Toujours selon eux, cette forme moderne de tourisme sexuel ne présente plus de risques de contamination car les androïdes constitués de fibres résistant aux bactéries seraient désinfectés entre deux passes.

En outre, comme tout objet manufacturé, des contrôles réguliers seraient effectués par les services habilités et la municipalité contrôlerait les prix, horaires et services sexuels.

Ainsi, selon leurs auteurs, on solutionnerait les problèmes inhérents à l’industrie du sexe comme le trafic d’êtres humains ou la propagation des MST

Il n’y aurait donc plus aucun mal à se faire du bien !

Publié le 28 mai 2012

1 – Il s’agit d’un des sex-shop les plus populaires d’Amsterdam, fermé en 2008.
2- Précision provenant du détail du projet du futurologue Ian Yeoman et de la sexologue Michelle Mars, deux chercheurs Néo-Zélandais de de l’université Victoria de Wellington dont les travaux ont été publiés dans la revue scientifiques « Futures », dans un article intitulé « Robots, hommes et tourisme sexuel ». 
3- Cité dans le Courrier International (version en ligne) du 7 mai 2012, faisant référence à un article publié dans le site Stuff


A visionner par curiosité :

Illustration de ces robots prostituées :

 

Un prototype de robot humanoïde :


A lire pour aller plus loin :

  • Mondialisation de la prostitution, atteinte globale à la dignité humaine, par ATTAC
    La prostitution revêt aujourd’hui dans son organisation des formes directement empruntées à la mondialisation financière. La logique néolibérale a trouvé dans le système prostitutionnel un « secteur » privilégié où se déployer, qui génère d’énormes profits : trafiquer les êtres humains d’Asie, d’Afrique ou d’Europe et les prostituer procure beaucoup de bénéfices pour peu d’investissements. Cette mondialisation-là, qui n’épargne aucun pays, illustre le processus de la marchandisation généralisée, à laquelle n’est mise aucune limite. C’est dans ce contexte que quelques pays ont choisi de légaliser et de réglementer la prostitution : aux Pays-Bas ou en Allemagne, elle est considérée comme une banale « prestation de service ». Est-ce là une voie à suivre ? C’est oublier la violence qui est faite aux femmes, et au-delà d’elles l’atteinte qui est portée à la dignité humaine. Est-on prêt à renoncer au respect des droits humains ?

A lire si vous êtes prévoyants :

  • Survivre à une invasion robot: Ils arrivent. Soyez prêts.de Daniel H. Wilson- Comment démasquer un robot qui imite un humain ?
    - Comment désactiver un robot ménager qui se rebelle ?
    - Comment fuir un essaim de mouches électroniques ?

    Dans cet indispensable guide de survie, le spécialiste Daniel H. Wilson livre tous les secrets pour réprimer une mutinerie de robots. Remèdes contre les blessures au laser, reconnaissance des faux visages et discours, combat main contre pince… SURVIVRE à une invasion Robot couvre tous les scénarios possibles qui menacent l’homme.

    « Le jour de la révolte des robots, la guerre sera totale. elle verra l’affrontement des deux plus grandes espèces intelligentes de la planète. »
    N’attendez pas qu’il soit trop tard. Découvrez toutes les astuces pour vous défendre contre l’invasion imminente !

    L’auteur : Daniel H. Wilson est docteur en robotique et intelligence artificielle à la Carnegie Mellon University. Il a travaillé dans des laboratoires de recherches prestigieux et vit actuellement avec plusieurs colocataires imprévoyants dans une maison intelligente à Pittsburgh, en Pennsylvanie.

Le tout premier « effeuillage » médiatique

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An 28 (environ)

La tête et les jambes !

Salomé a inspiré de nombreux artistes, de Gustave Moreau en passant par Oscar Wilde
Salomé a inspiré de nombreux artistes, de Gustave Moreau en passant par Oscar Wilde

 

La scène se déroule devant Hérode Antipas, tétrarque de Galilée. Pour son anniversaire, auquel il a convié de nombreux dignitaires, officiers et notables, Hérode invite Salomé à danser.

Celle-ci, alors très jeune, accomplit divinement une danse qui, selon la légende , va dévoiler progressivement les parties de son corps les plus intimes. Le tout premier « strip-tease » rapporté dans les livres d’histoire.

Elle lui a fait tourner la tête…

Hérode, subjugué par cet effeuillage aussi voluptueux qu’inédit, s’engage à récompenser Salomé à la hauteur de sa prestation : « Demande moi ce que tu voudras…je te le donnerais, fut-ce la moitié de mon royaume ». Poussée par sa mère, Hérodiade, Salomé réclame alors la tête de Jean-baptiste sur un plateau.

Pourquoi Jean-Baptiste ? Parce qu’il avait dénoncé, au nom de la loi juive, le remariage d’Hérodiade avec Hérode alors que celle-ci était déjà mariée à son frère, Philippe. Que la vie est compliquée !

2000 ans de « pruditudes »…

Ce chaud-froid a-t-il eu raison des ardeurs d’autres amateurs ? Quoi qu’il en soit, on ne reverra pas d’effeuillage, en tout cas médiatisé, avant 1895. Cette fois, ce n’est plus à la cour d’un haut dignitaire que le spectacle se déroule mais dans un café-concert parisien, le divan japonais.

Quant au terme « strip-tease », il serait né au Etats-Unis dans les années 1900, à la suite d’un effeuillage impromptu d’une artiste ayant dégrafé sa robe par mégarde.

Notre Colette sera célébrée autant pour sa tête que pour ses jambes; elle sera, en effet,  l’une des premières danseuses nues de Paris. Le mouvement initié il y a 2000 ans par Salomé allait enfin pouvoir relever la tête… et avec une tête bien faite !

Salomé par paul Baudry - foyer de l Opéra de paris
Salomé par Paul Baudry – foyer de l’Opéra de Paris

A visionner pour le plaisir :


Version contemporaine de l’opéra de Richard Strauss d’après Oscar Wilde, avec Karita Mattila.

 


Version du même opéra, mise en scène par le « SOFIA OPERA AND BALLET »


 A voir ou à revoir :

  • Salomé, la célèbre pièce d’Oscar Wilde, en DVD, avec Myriam Cyr dans le rôle de la sulfureuse Salomé
  • Richard Strauss : Salomé. La version qui rend à l’oeuvre tout son sens : une Salomé sulfureuse, tour à tour innocente, manipulatrice, amoureuse, capricieuse, amère, joueuse, fière, hésitante et surtout vibrante de désir, n’aspirant qu’à se perdre en Iochanaan… Un grand moment et un grand spectacle.

Les Sixties : un festival de premières fois !

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9 mai 1960

Oh, hippies days !! 

Le Groupe Pink Floyd, précurseur du rock psychédélique

Le Groupe Pink Floyd, précurseur du rock psychédélique; illustration ici de leur principaux albums

 

9 mai 1960. Lever de rideau pour une décennie de folies qui restera à jamais gravée dans la mémoire collective sous le « label » des Sixties !

Ce jour-là, la Food and Drug Administration, (Agence américaine de contrôle des aliments et des médicaments) donne son autorisation de mise sur le marché à la toute première pilule contraceptive, l’Enovid

C’est le coup d’envoi pour un festival de « premières fois » uniques dans les annales de l’histoire sur une période aussi courte. Comme le résume l’éditorialiste Claude Weill (1) « C’était le temps des commencements. Un monde finissait, un autre naissait ».

Un monde finissait, un autre naissait !

Et oui, le monde ne sera plus jamais comme avant !  Bien sûr, les années 50 avaient déjà sonné le début de la récréation : l’essor de la télévision aux Etats-Unis, phénomène qui allait se répandre sur la planète, le règne de la « bagnole », les toutes premières villes nouvelles, les premiers pas de la conquête spatiale, du nucléaire civile;  l’envolée de la course aux armements, l’appel d’air du rock, le premier shopping center (1953) émergeant d’un champ de pommes de terre près de New York, les fast-foods…

Bref, comme le souligne le David Halberstam, journaliste américain, prix Pulitzer, l’invention de la société moderne !

Ces événements des fifthies portent le germe d »une révolution socio-culturelle encore à l’oeuvre aujourd’hui. Mais leurs  fondations restent encore largement ancrées dans le domaine de la consommation issue de la révolution industrielle et demeurent très conformistes. Tandis que les Sixties amènent un vent totalement inédit qui va transformer la société en profondeur, et cela en un temps record. C’est probablement sans précédent dans l’histoire.

symboles des sixties

On peut y voir un hymne aux premières fois, tant celles-ci sont nombreuses. Et sur tous les plans : technologique, culturel et surtout au niveau des mœurs et plus particulièrement sur celui de l’émancipation de la femme.

Alors, oui, tout a commencé ce 9 mai 1960 car, même si la pilule contraceptive a été inventée en 1957 (cf. article sur la pilule contraceptive), elle arrive sur le marché en ce début des sixties, comme le porte-drapeau de cette décennie qui va changer le monde.

Rappelons-nous !

Le premier homme dans l’espace et le premier pas sur la Lune, la première greffe du cœur, les premiers essais du Concorde et le lancement du paquebot France, le premier 100 mètres en 10 secondes, les premiers jalons de ce qui deviendra Internet avec Arpanet, les débuts de Beatles et de la vague Yé-yé et des anti yé-yés comme Polnareff (2). Pour la première fois les chanteurs sont plus jeunes que leurs fans !

Un nouveau souffle pour le cinéma grâce à Truffaut, Rhomer, Godard et quelques autres initiateurs de « la nouvelle vague », une nouvelle star, Brigitte Bardot qui en casse tous les codes, le Nouveau Roman et le structuralisme porté notamment par Lacan engageant la jonction entre la psychanalyse et la linguistique ;

La révolution vestimentaire et plus globalement culturelle qui voit le tutoiement s’imposer, les fleurs envahir des cheveux qui poussent, et la drogue rendre ses fleurs multicolores, la naissance du Pop art, le discours de Martin Luther King en août 1963 et évidemment, mai 68 qui dresse le peuple du monde occidental sur les barricades et d’une certaine manière qui dresse aussi le chapiteau de Woodstock en août 69. Un point d’orgue comme pour conclure avec panache cette décennie où tout devient ENFIN possible. Pour la première fois !

Sous les pavés, la plage ??

Cependant, tout n’est pas rose, loin s’en faut. Les essais nucléaires se multiplient dans une guerre froide qui aurait pu déboucher sur un embrasement mondial et irrémédiable lors de l’affaire des missiles de Cuba à l’automne 1962 ; l’Amérique s’engage au Vietnam, Israël gagne une guerre éclair, tandis que la France est engluée en Algérie et que Berlin dresse son mur.

Il faut à un ouvrier français ½ mois de salaire pour s’offrir un transistor, tandis qu’il ne dispose que très rarement de salle de bains et que moins de 4% de ces enfants accèdent à des études supérieures.

Pour la première fois, l’humanité a conscience de vivre, en temps réel –c’est-à-dire à échelle humaine – un accouchement sociétal où pour la toute première fois l’individu s’émancipe de sa famille et des règles sociales séculaires. Celui-ci s’effectue dans la douleur mais avec une joie et une espérance inégalées.

Nous sommes au milieu des trente glorieuses, au printemps de tous les possibles.

Publié le 2 mai 2012

La beat generation

« Faites l’amour pas la guerre ». Parmi les slogans de mai 68, celui-ci est peut-être le plus révélateur de la mutation qui est en gestation depuis le début des années 60.

Cela se traduit par une libération des corps et des esprits qui se manifeste par l’émergence de la contre-culture et par la transgression. Autrement dit : une Culture jeune qui apparait pour la première fois comme l’a souligné le sociologue Edgar Morin (3).

Même si toutes les couches et tous les domaines de la société sont touchés par cette mutation socioculturelle spectaculaire, les jeunes -un français sur trois- en sont le fer de lance.

La beat génération

Tandis que les cheveux s’allongent les jupes se raccourcissent avec les minijupes et les filles se dénudent n’hésitant pas à se montrer en monokinis, les seins nus. Le tout dans une ambiance « peace and love », matinée de sexe, de drogue rythmé par le rock’n roll (4).

Mais surtout, c’est le rapport au sexe qui commence vraiment à changer. Songeons qu’à cette période, il est impensable d’avoir des relations sexuelles avant le mariage. Les filles qui tombent enceintes hors mariage sont renvoyés par leur employeur et répudiés par leur famille. Jusqu’en 1972, date à laquelle la loi Neuwirth autorisant la pilule contraceptive rentrera effectivement en vigueur, il faut l’accord parental pour obtenir la Pilule jusqu’à l’age de 21 ans (âge de la majorité à l’époque).

Les jeunes aspirent donc avant tout à une chose : disposer de leur corps et revendiquer le droit à la jouissance. Et pour les femmes, cela est totalement nouveau. Depuis la nuit des temps, elles n’ont jamais connu cette possibilité de jouir sans entrave, l’esprit et le corps libre.

Pour la toute première fois, les femmes peuvent oser dire « Un enfant,  si je veux et quand je veux ! »


Un feu d’artifice de premières fois et d’évènements :

  • 1er janvier 1960, le nouveau franc fait une entrée fracassante ;
  • Entre janvier et septembre 1960, tous les pays des anciennes colonies françaises d’AOF (Afrique-occidentales Française) accèdent à l’indépendance ;
  • 21 avril 1960, inauguration de Brasilia, sortie de terre en 1000 jours, dit-on, devient le symbole de l’architecture moderne;
  • 9 mai 1960, autorisation aux Etats-Unis de la Pilule contraceptive ;
  • 11 mai 1960, inauguration du paquebot France ;
  • Septembre 1960, Cavanna et le professeur Choron lance « Hara Kiri », apportant une forme d’humour inédite ;
  • Août 1960, portée par 4 copains, l’appellation « Beatles » entre dans l’histoire ;
  • 20 septembre 1960, Johny Halliday fait ses débuts tandis que la même année, Jean Luc Godard sort « A bout de souffle » ;
  • 12 avril 1961, Gagarine est le premier homme dans l’espace ;
  • 13 août 1961, la RDA érige le « mur de la honte » ;
  • 30 octobre 1961, les soviétiques font exploser la bombe atomique la plus puissante jamais construite : 4000 fois celle d’Hiroshima ;
  • 1962, le taux croissance de l’économie atteint pour la première et la dernière fois, 6,8 % ; M. McLuhan publie la Galaxie Gutenberg évoquant le village mondial ;
  • 8 avril 1962, référendum sur l’indépendance de l’Algérie ;
  • Juillet 1962, Konrad Adenauer et le général de Gaulle scellent la réconciliation franco-allemande.
  • Octobre 1962, la crise des missiles de Cuba ;
  • 11 octobre 1962, ouverture du Concile Vatican II qui va transformer la liturgie de l’Eglise catholique ;
  • Novembre 1962, Alexandre Soljenitsyne publie son premier roman « Une journée d’Ivan Denissovitch » ;
  • 28 août 1963, devant plus de 250 000 personnes réunis devant la Maison Blanche, Martin Luther King lance « I have a dream »
  • 22 novembre 1963, assassinat de John F. Kennedy à Dallas ;
  • 12 juin 1964, Nelson Mandela, leader de l’ANC est condamné à la prison à perpétuité d’où il ressortira en février 1990 ;
  • 27 juin 1964, à Saint-Tropez, le monokini fait son apparition ;
  • 5 juin 1965, sortie du tube des Rolling Stones, « Satisfaction » ;
  • 25 juillet 1965, Bob Dylan au festival de Newport avec sa guitare électrique, se fait huer ;
  • Automne 65, Syd Barett, Nick Mason, Roger Waters, Richard Wright inventent avec le Pink Floyd le rock psychédélique ;
  • Janvier 1966, première communauté hippie en Californie ;
  • Avril 1966, le président Mao Tsé-toung lance sa « révolution culturelle prolétarienne », provoquant entre 400 000 et 1 million de morts ;
  • 1966, le Mini-K7 de Philips révolutionne, grâce à la possibilité d’enregistrer, le rapport à la musique ;
  • 1967, Brigitte Bardot chante en duo avec Serge Gainsbourg « Je t’aime, moi non plus » ; Au Golden Gate Park de San Fransisco, 40 000 hippies couvrent de fleurs des policiers;
  • 7 février 1967, début des bombardements américains sur le Vietnam ;
  • 5 juin 1967, guerre des six jours menée par Israël ;
  • 9 octobre 1967, Ernesto Guevara, alias le Che, est exécuté par l’armée bolivienne ;
  • 3 décembre 1967, première transplantation cardiaque réalisée par le chirurgien sud-africain Christian Barnard ;
  • 28 décembre 1967, l’Assemblée Nationale adopte la loi Neuwirth autorisant la pilule ;
  • 15 avril 1968, Yasser Arafat sort de la clandestinité ;
  • 29 avril 1968, les Shadoks commençaient à pomper ;
  • Mai 1968, sous les pavés, la plage !
  • 23 juillet 1968, premier détournement d’avion, entre Rome et Tel-Aviv ;
  • 20 août 1968, les troupes soviétiques envahissent la Tchécoslovaquie ;
  • 21 juillet 1969, pour la toute première fois, un homme marche sur la Lune ;
  • 12 août 1969, embrasement de l’Irlande du Nord ;
  • 15 août 1969, ouverture du festival de Woodstock qui rassemble un demi million de spectateurs contre 50 000 attendus;
  • 1969, « Easy Rider » de Dennis Hopper, une « road movie » qui exalte l’envie de liberté et l’épanouissement personnel, tout l’esprit des sixties.

1 – Nouvel Observateur – Spécial années 60 – « Dix ans qui ont changé le monde » – N° 2459/2460 – Décembre 2011
2- Le Figaro.fr – « Les enfants terribles de sixties » – 20 avril 2006
3- « L’esprit du Temps » – Edgar Morin – 1962, rééd.  Armand Colin, 2008
4- « Mai 68 et la Libération des moeurs » – Sciences Humaines – Mai 2008 


A visionner pour mieux comprendre :

La Folies des années 60, un documentaire de France 3 :

Brigitte Bardot – L’égérie des années 60 :

Saint-Tropez lance la mode du monokini :


Propositions de lectures pour retrouver l’ambiance des Sixties :

  • Beat GenerationPour Jack Kerouac, le terme « beat » signifie « être, d’une façon non dramatique, au pied de son propre mur ». En 1957, Sur la route devenait le livre-symbole de la liberté, de la contestation des valeurs bourgeoises et de la révolte face à la cupidité du monde. Née à New York de l’amitié entre quatre hommes, Kerouac, Ginsberg, Cassady et Burroughs, la Beat Generation revendiquait des engagements politiques forts et refusait la course à l’argent. De leur vivant, les artistes Beat vivaient l’art comme une continuité, une œuvre commune. Pour la première fois, leurs textes sont ici réunis selon leur vraie vocation et forment un tout cohérent.
  • Swinging sixties : Londres-ParisCe livre se propose de revisiter les sixties à travers le prisme de la culture rock. A l’origine américaine, cette musique se déploie sur le monde en provenance de Grande-Bretagne. The British Blues Boom ! Les Beatles, les Rolling Stones, les Who… modélisent une jeunesse tournée vers la modernité et l’émancipation. Londres irradie jusqu’en 1967, et continue de donner le la jusqu’en 1972 tandis que, déjà, le fameux Swinging London se pare d’atours « glam ». Retour sur une décennie qui façonna les moeurs dites modernes dont nous sommes tous les héritiers. Retour sur cinq groupes essentiels – les Beatles, les Stones, les Kinks, les Who et les Pink Floyd. La mode de Carnaby Street, le Pop Art, le psychédélisme, la mini-jupe, Twiggy, la Triumph, Chapeau melon et bottes de cuir, mais aussi chez nous, le magazine Salut les Copains et le Pop Club de José Artur, Sylvie Vartan ou Françoise Hardy et ses robes Paco Rabanne, Antoine, Jacques Dutronc, Michel Polnareff et autres chanteurs anti-yéyés, Campus de Michel Lancelot et le président Rosko… Une génération, une façon de vivre, d’appréhender le monde et la musique en Angleterre et en France. Une histoire détaillée, sociale et artistique. Une somme iconographique – plus de 600 documents rares ou inédits. Une saga accessible, au doux parfum de nostalgie, qui évoquera bien des souvenirs à ceux qui ont connu l’époque et fera rêver les plus jeunes !
  • Les égéries sixtiesDébut des années 1960. Des filles se rencontrent à Paris dans l’agence de mannequins de Catherine Harlé : Nico, Anita Pallenberg, Amanda Lear, Anna Karina… Libres, extravagantes, gonflées, elles font les beaux jours et les belles nuits de la Rive gauche et croisent d’autres beautés : Zouzou, Caroline de Bendern, Tina Aumont, Marie France, Valérie Lagrange, Deborah Dixon… Plus qu’une bande, ces femmes incarnent un état d’esprit, une allure, et vont influencer profondément leurs amants, des figures du rock : Brian Jones, Keith Richards, David Bowie, parmi d’autres. Peindre l’existence de ces véritables stars, c’est remonter le fil qui relie la mode de Carnaby Street à celle du boulevard saint-Germain. C’est s’inviter à des parties hallucinantes, des deux côtés du Channel. C’est entrevoir, à travers ces égéries touche-à-tout, ce qui rapproche le monde des Rolling Stones de l’univers de Philippe Garrel. C’est ressusciter les figures légendaires de Donald Cammell, dont l’appartement de Montparnasse fut le haut lieu de l’axe Paris-Londres, et de Talitha Getty, dont le palais de Marrakech fut le théâtre d’orgies mémorables. Suivre la destinée de ces femmes exceptionnelles, c’est dessiner une certaine idée des années 1960 avec tempêtes sexuelles, rafales de Stratocasters et déferlements de poudre. Mais confesser aujourd’hui les acteurs essentiels d’une époque dingue, c’est aussi, pour l’auteur, trouver la confirmation qu’on écrit pour conjurer ses propres fantômes.
  • Oeuvres de Françoise SaganCinquante ans après, la petite musique de Bonjour Tristesse, que l’on retrouvera dans les autres romans de Sagan, chante toujours aussi délicieusement à nos oreilles. Un retour dans les années 1950 et 1960 toujours à la mode.
  • Sixties : Cinéroman, de Robert Belleret.Dans ces mémoires d’un jeune homme dérangé, Robert Belleret livre un itinéraire d’adolescent glandouilleur, fauché, timide mais exalté, tout au long des années soixante. De l’entrée au lycée à l’embauche dans un journal, en passant par la case caserne et les boulots de gratte-papier indocile, Sixties se lit comme un roman de formation. Le music-hall, le Livre de poche et le septième art ayant constitué les universités de l’auteur, Aznavour, Hemingway, Godard, Bébel et B.B., les Beatles et les Stones, Léaud et Léo et tant d’autres « maîtres » figurent au générique de ce cinéroman constamment irrigué par le cinoche – celui qu’on regarde avec les yeux et celui qu’on se fait dans sa tête. Sans jamais se donner le beau rôle dans ses tribulations d’acteur anonyme – virées entre copains, amitiés fondatrices, élans amoureux chaotiques, premiers baisers, errances banlieusardes et voyages au bout du monde -, Belleret est aussi le témoin attentif de l’ère des ruptures où de Gaulle et les deux K (Khrouchtchev et Kennedy) dominent le paysage. Il brosse ainsi la chronique, juste, drôle et trépidante d’une époque – du yé-yé triomphant à la grande chanson française, du dernier flot des westerns à la Nouvelle vague, du rock à la pop, des scoubidous aux minijupes, de la sale guerre d’Algérie au joli mois de mai – dont l’image n’est pas près de se ternir.

La toute première sexualité « augmentée » ou cybersexualité

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2007

Cybersexualité ou la sexualité augmentée

« Vous avez un nouveau vibro-message ! »

En 2007 s’est produit un basculement majeur dans nos relations amoureuses et sexuelles ; et cela presque à notre insu. L’interconnexion entre le monde réel et le monde virtuel a pris une nouvelle dimension : une interrelation entre avatar et personne physique en quête de plaisirs artificiels mais bien réels. Tout comme les voitures, les relations amoureuses et sexuelles deviennent hybrides. Est-ce pour le meilleur ?

 

Cette année-là, pour toute la première fois de mémoire d’hommes et de femmes, un personnage virtuel, dénommé avatar, situé dans un univers non moins virtuel, celui de Second-Life (1), offre, à distance, une interaction physique, bien réelle, avec une personne en chair et en os pour lui procurer du plaisir.

Bien-sûr, derrière ce phénomène il y a de la technologie : un vibromasseur baptisé Xcite Touch connecté à un ordinateur via une clé USB et qui est piloté par un avatar de Second-life, l’univers virtuel et réseau social accessible sur internet.

Second-life-cibersex

Cette toute nouvelle façon de « faire l’amour » marque les premiers pas, encore maladroits, vers une sexualité augmentée comme on dit aujourd’hui. C’est-à-dire une sexualité bien réelle à laquelle la technologie apporte un plus en permettant des interactions à distance, en temps réel et en réseau.

« c’est un moment emblématique : on a alors permis au grand public d’avoir un retour physique – un feed-back – vers le corps », explique, Yann Minh, artiste multimédia et auteur de science-fiction (2).

Même si cette expérience apparait encore peu aboutie, elle préfigure ce qui nous attend dans un futur relativement proche. Les objets connectés dits « haptiques » commencent à débarquer dans les chaumières. Leurs missions : stimuler nos sensations tactiles et thermiques.

L’empire des sens

Depuis 2012, une société taïwanaise commercialise un « couple » de sex-toy (3), l’un réservé à monsieur, l’autre à madame, les deux vibromasseurs étant connectés à un smartphone. Ainsi, monsieur et/ou madame peuvent déclencher le plaisir chez leur partenaire à distance. Vous avez un nouveau massage, en quelque sorte !

Comme l’a écrit le célèbre sociologue Mc Luhan, l’utilisation d’un outil nous transforme, et transforme notre relation au monde. La pratique de la cybersexualité va inévitablement dans ce sens et pourrait provoquer ce que Mc Luhan appelle la « narcose narcissique ». Il s’agit d’un état de conscience modifié où l’individu investissant son être dans un prolongement technologique perd conscience de lui-même(4).

Cybersexualité

Toutefois, relativisons, car les prouesses de l’imagination humaine et l’inventivité technologique en matière d’aide à l’orgasmes ne datent pas d’hier. Loin s’en faut.

Les paradis artificiels

Il y a 30 000 ans (28 000 ans av.J.-C.), on utilisait déjà les godemichés. On a retrouvé, un objet en pierre polie long de 20 cm et de 3 cm de diamètre. Il représente, selon les spécialistes, le tout premier outil sexuel connu (4). Bien plus tard, la pièce grecque d’Aristophane, Lysistrata (écrite en 411 av J.-C.), met en scène le thème « faites l’amour, pas la guerre ». Elle l’illustre en arborant, sans complexe, des godemichés dans la lignée du culte du phallus en vogue à l’époque..

Traitement de femme hystérique à la fin du XIXème siècle par masturbation, ici à l’aide de puissants jets de douche.

Pour que la fabrication se professionnalise, il fallut attendre en occident le XVII ème siècle : les phallus artificiels sont confectionnés sur mesure, en pierre, bois, cuir, os, ivoire ou céramique. Si les élites en raffolent, l’impératrice Catherine II de Russie en est folle ! Elle a la réputation, à tort ou à raison (voir encoart), de les avoir collectionnés et utilisés plus que de raisons.

C’est en 1907, qu’est - enfin ! - inventé le tout premier vibromasseur portatif. Il est hydraulique et n’a rien de romantique. Tout comme son prédécesseur, le premier vibromasseur électromagnétique, sorti en 1883, il ressemble à un instrument de torture.

Un peu de patiente, on prédit que vers 2050 (6), il nous sera proposé des prostituées androïdes à la beauté bouleversante et aux possibilités extravagantes.

Comme l’entrevoit le philosophe Milad Doueihi(2), l’espace numérique est en train d’happer progressivement nos vies, nos amours et notre corps tout entier.


Un amour de Catherine

L’impératrice Catherine II de Russie (1729 – 1796)  n’appréciait pas uniquement les belles lettres, elle aimait aussi beaucoup le sexe. Elle collectionna, d’ailleurs, une vingtaine d’amants.

Au-delà des hommes, il est probable qu’elle collectionnait aussi les godemichés de toute nature.

L’histoire raconte que dans son palais de Tsarskoïe, aux environs de Saint Pétersbourg,  un mur entier d’un cabinet, que l’on qualifia d’érotique, alignait les phallus artificiels de tous poils.

La grande Catherine aurait disposé aussi, selon des témoignages, d’une collection étonnante de meubles érotiques aux motifs explicites : fellation, phallus, cunnilingus…

Cependant, ll faut avouer que l’existence même de ce cabinet de débauche qui aurait été à la main de la Grande Catherine  divise encore les historiens, malgré ses appétits sexuels reconnus .

 


Joindre l’outil à l’agréable : une longue histoire

  • 28 000 ans av. J.-C. :  le tout premier objet de plaisir découvert ;
  •  Vème siècle av. J.-C. : le théâtre s’empare des godes,
  • XVIIème siècle : les premiers gadgets sexuels commercialisés ;
  • 1883 : le tout premier vibromasseur inventé par le Dr Joseph Mortimer Granville ; il est baptisé « percuteur mécanique à ressort » ;
  •  1907 : premier vibromasseur portatif ;
  • Années 1970, premières tentatives de communication en réseau à vocation sexuelle, en piratant le réseau téléphonique français ;
  • 1984 : les débuts du Minitel Rose ;
  • 1987 : premier personnage numérique interactif à vocation sexuelle et première jouissance virtuelle, via le jeu MacPlaymate sur Macintosh. Le but du jeu consistait à faire jouir une playmate virtuelle en manipulant les touches du clavier ;
  • 2007 : premier feed-back entre personnage réel et personnage virtuel ;
  • 2008 : première observation d’un orgasme féminin par IRM
  • 2010 : Roxxxy, le premier robot sexuel à être commercialisé ;
  • 2010 : La manette de la Wii de Nintendo devient, via extensions, un vibromasseur
  • 2012 : Connectés à un smartphone, les vibromasseurs de la société LovePalz permettent de procurer du plaisir à distance ;
  • 2013 : Première immersion 3D pornographique -marque japonaise Tenga- avec lunettes 3D et contrôleur de jeu issu de simulateurs de vol permettant des mouvements de haut en bas… ;
  • Vers 2050 : les premières prostituées androïdes

 


1 – Second Life, créée en 2003, est un méta-univers en 3D sur Internet. Il permet aux internautes d’incarner des personnages virtuels, appelés « avatar » et de faire évoluer ces avatars dans ce monde en perpétuel changement. Second life n’est pas un jeu, il permet à des utilisateurs de vivre une seconde vie où ils peuvent construire, échanger, communiquer, commercer et même faire presque réellement l’amour par instrument connecté.
 2-  Usbek & Rica, N° 5 – Mars/Avril 2013 : « demain le cybersexe pour tous ? »
3-  Zeus et Héra, sex-toys duo commercialisés par la société LovePalz. Microsoft de son côté prépare une solution pour procurer des câlins à distance
4 –  « L’homme est un animal cybernétique »

5-  Objet retrouvé en Allemagne dans la grotte de Hohle Fels et servait aussi selon les archéologues à la sculpture du silex.


A visionner pour mieux comprendre (attention, la seconde vidéo sur Second Life est réservée à un public averti):

    • La Suisse à l’heure du cybersexe :

    • Second Life, c’est hot !

    • Second Life : un monde à part :

    • :Sextoys 2013 : une nouvelle ère de la cybersexualité

La toute première intrusion du sexe dans la grande conso

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Posté par fabrice
 

1972

Sex and fun et vice versa

illustration

Le 13 avril 2009 disparaissait, à l’age de 56 ans, Marilyn Chambers. Mais qui est cette Marilyn Chambers ?

Elle est la toute première « célébrité » à laisser son « empreinte pornographique » à la postérité. Argentique tout autant que pornographique, puisqu’il s’agit du tout premier film porno commercial, cette empreinte fera d’elle une icône du cinéma pornographique et va marquer un tournant dans la représentation du sexe qui sort de la clandestinité.

Marilyn Chamber
Marilyn posant pour une boite de lessive d’une marque de Procter & Gamble

Tout a commencé au début des années 70 tandis que Marilyn Chambers assurait la promotion d’un savon réputé pur à 99,44%. On lui propose alors le premier rôle dans le premier film pornographique commercial : Derrière la porte verte (Behind the green door). En acceptant, Marilyn prend le risque de ternir son image jusqu’alors immaculée qui habille les emballages de la savonnette. En contre partie, elle va rentrer dans les annales du cinéma, à l’instar d’une autre Marilyn, dans un genre évidemment très différent pour ne pas dire un drôle de genre.

Lorsque le film sort aux Etats-Unis, nous sommes en 1972 en pleine révolution des mœurs. Tous les ingrédients sont réunis pour que le cinéma porno « grand public » fasse son trou au sein de l’industrie cinématographique florissante. Pour la toute première fois la représentation de l’acte sexuel non simulé et animé va envahir de plus largement notre espace culturel et alimenter nos fantasmes.

Cette fois, un zeste d’impureté est bien introduit dans une production cinématographique jusqu’ici aseptisée. Comme une bulle de savon que l’on fait grossir, Marilyn aura amorcé le développement de cette bulle pornographique qui depuis ne cesse de croître.

De l’industrie cinématographique à l’industrie pornographique.

Avec ce premier film hard qui ose tout montrer de l’acte sexuel, les frères Mitchell, producteurs jusqu’à présent de petits films érotiques, ont gagné le jackpot. Tourné un 1 jour pour un budget inférieur à 60 000 dollars, ils récupéreront près de 1000 fois leur mise, dont près la moitié de cette somme en seulement 3 ans d’exploitation (20 millions de dollars). Marilyn, ayant négocié un interessement aux recettes, aura sa part du gâteau. Elle sera la première femme à vivre des revenus de films x.

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Qu’y a t-il donc derrière « Behind the green door » ?

Les recettes de ce success story ? Excellentes critiques dépassant le cadre d’un public spécialisé (le film fût projeté au festival du film de Deauville en 1975), un scénario de qualité mis en valeur par une actrice sensuelle, une longue scène mythique, proche du happening et un scandale. Car, pour la toute première fois dans l’histoire du cinéma, on assiste à des scènes d’amour interracial entre une actrice blanche et un acteur noir. Insupportable pour des mouvements d’extrême-droite qui menacèrent d’incendier les lieux de diffusion du film.

Dans la foulée, un autre film connut un succès retentissant. Gorge profonde (Deep Throat) qui sortit sur les écrans la même année. Cette fois l’actrice se nomme Linda Lovelace, le tournage dure 6 jours, le budget moins de 25 000 dollars…et le bénéfice est estimé à 600 millions de dollars. Avec de tels revenus, le film se place parmi les grandes réussites du cinéma américain.

Il n’y plus de doute : le porno devient vraiment un produit de grande consommation au même titre que les cornflakes …ou le savon.

De la pornographie  médicale au porno…vénal !

A ses débuts, la notion de pornographie est associée à l’étude de la prostitution comme en témoignent les écrits du célèbre écrivain réformateur et anti-conformiste Restif de La Bretonne (XVIIème siècle). Sur un plan plus médical, au XIXème siècle, des objets comme le godemichet, aujourd’hui fortement connotés, servaient, en tout bien tout honneur, de massage pelvien ou parfois dans le traitement de l’hystérie.

Aujourd’hui l’usage du terme pornographie est radicalement différent. Il ne fait plus référence stricto sensu à la prostitution ni à la médecine mais désigne une représentation réelle de l’acte sexuel dans le but unique de titiller le désir sexuel et de booster la libido. Cependant, cette réalité est en partie illusoire car elle repose sur une vision parcellaire et totalement irréaliste des situations : succession de gros plan, prises de vues acrobatique, performance phénoménale… Tout cela grâce aux concours de la médecine et de la technologie et notamment des moyens vidéo légers. On le voit, la pornographie de masse est donc le rejeton d’un besoin ancestral de jouissance, d’une libération des esprits et d’une technologie adaptée.

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Les temples de Khajuraho en Inde : célèbres pour leur sculptures érotiques explicites datant de l’an 1000 environ.

Faut-il le rappeler : les représentations d’actes sexuels ne datent pas d’hier. Depuis la préhistoire en passant par l’époque romaine, le Moyen âge ou la Renaissance, les références à la sexualité font partie de la vie quotidienne,  les tabous actuels en moins. Rabelais est d’ailleurs considéré par certains comme le précurseur de la pornographie même si le terme n’existait pas encore.

Comme on l’a vu, c’est le cinéma qui va lui donner « ses lettres de noblesse » car pour le pornographe, le cinématographe qui maîtrise le mouvement et l’acte sexuel semblent faits pour s’assembler. Très rapidement, quelques riches amateurs vont percevoir cette alliance naturelle. Les premiers tournages amateurs (de courte durée et muet) vont voir le jour au tout du début du siècle dernier.  Certains films deviendront des œuvres de collection et s’échangeront entre connaisseurs comme l’acteur Michel Simon ou le Shah de Perse.

Mais qu’il s’agisse de véritable pornographie ou plus « softement » d’érotisme dont l’objet est davantage de suggérer et de raconter des situations fictives ou simulées, le sexe n’était pas encore la pompe à fric qu’il est devenu.

Quand le marché devient juteux

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Que l’on considère ou non la pornographie -au même titre que la prostitution- comme une exploitation de la misère sexuelle engendrée par la monogamie (pas de prostitution, semble-t-il, dans les communautés primitives où la polygamie est la règle), nous conviendrons tous, que c’est surtout un moyen efficace de lutter contre la misère économique de ses producteurs !

Affaires d’autant plus juteuses, que l’imbrication, pour ne pas dire l’intrication,entre les filières pornographiques et celles de la prostitution restent la règle. Ce qu’on pourrait appeler un peu facilement une intégration horizontale.

Si l’on compare les chiffres d’affaires estimés de la prostitution (chiffres de 2002) de ceux de la pornographie, on constate des montants mirobolants et presque équivalents : 60 milliards d’euros pour la prostitution et 52 milliards pour la pornographie, dont 19 milliards relevant de la vidéo porno.

Plus surprenant encore, l’industrie de la pornographie représenterait la troisième industrie du Danemark et approchait en 2000, 10 % des ventes totales sur internet.

Plus inquiétant, la pornographie enfantine et pseudo-enfantine représenterait près de 50 % des téléchargements commerciaux pour adulte [1].

Et enfin, plus terrifiant, la vague des « snuff movies », films clandestins qui montrent des actes de tortures, de viols et de meurtres principalement de femmes. Une version édulcorée sortit même sur les écrans en 1976, Slaughter,(Massacre) dont l’affiche du film soulignait qu’il s’agissait d’images dont on disait qu’elles ne seraient jamais montrées.

Baise moi de Virigine Despentes
« Baise-moi » de Virginie Despentes

Désormais, tout s’entremêle, l’argent, le porn-shooting, le porno chic, le porno crad, les stars et même le morbide. Qu’il parait loin le temps du porno clean où pouvait prendre son pied en même temps que sa douche rien qu’en admirant l’emballage de la savonnette.

De l’emballage au grand déballage, les passagers prêts au décollage vers le 7ème ciel sont chaque jour de plus en plus nombreux…

Le porno en quelques dates :

  • Il y a 106 000 ans, premier godemichet (Irlande) taillé dans un os de baleine;
  • 1904 : premier tournage  en 35 mm à Buenos Aires mettant en scène des prostituées;
  • 1908 : premier film français, « l’Ecu d’or« , aujourd’hui disparu;
  • 1915 : court métrage de 10 minutes, « A free ride » , considéré par certains comme le premier véritable film pornographique;
  • Milieu des années 60 : projection de films sur des visionneuses (appelées Loops) dans les premiers sex shop;
  • 1969 : projection à San Fransisco de « History of the blue movie » montage de bande muettes de Loops;
  • 1969 : exposition Sex 69 à Copenhague;
  • 1972 : premiers films pornographiques commerciaux (Derrière la porte verte et Gorge profonde)
  • 1974 : sortie d’Emmanuelle
  • 1975 : premier film français pornographique à sortir en salle : Exhibition
  • 31 octobre 1975 : décret réglementant le cinéma pornoen France et notamment financièrement
  • 31 août 1985 : première diffusion d’un film pornographique à la télévision française, sur Canal +
  • 1989 :  premier épisode du concept de vidéo porno amateur, Buttman; naissance d’un genre nouveau, le gonzo ou le caméraman prend part lui même aux scènes ;
  • 2000 : le porno prend le virage internet;
  • fin 2009 : sortie du premier film porno en 3 D « 3D Sex & Zen » , d’un budget de 4 millions de dollars.
  • et…20 000 ans avant notre ère, « premier film porno de l’histoire », pour le clin d’œil (ci-dessous)…

A visionner pour le plaisir :

Plaisir des yeux : c’est cro-mignon !!

 


1 – Source Planète sexe


A consulter :

1965 : le cinéma porno, pas encore dénommé film X, envahit les salles obscures (Archives de l’INA):


A voir et à lire pour aller plus loin :

  • Dictionnaire de la pornographie Ce premier Dictionnaire de la pornographie a pour unique ambition de mieux connaître, à partir de points de vue souvent opposés, une pratique culturelle qui reste privée et marginale mais qui, aujourd’hui, n’a jamais atteint un tel degré d’industrialisation et de médiatisation.
  • Planète sexe : Tourismes sexuels, marchandisation et déshumanisation des corps Entre le corps-capital de certaines prostituées  » de luxe  » des pays du Nord et le corps-marchandise des prostituées  » de la misère  » des pays du Sud et de l’Est, le risque de voir se développer un peu partout sur la planète un tourisme sexuel de masse n’a jamais été aussi grand.
  • Penser la pornographie Pourquoi est-il si difficile de définir la pornographie ? S’agit-il d’une  » invention  » moderne ? Est-elle une forme insidieuse de discrimination sexuelle ? Porte-t-elle atteinte à la  » dignité humaine  » ? Nuit-elle gravement à la jeunesse ? Qu’est-ce qui dérange, finalement, dans la pornographie ?
  • Le Souci des plaisirs : Construction d’une érotique solaire de Michel Onfray. Le Souci des plaisirs raconte l’obscurcissement chrétien de la chair, et propose une philosophie des Lumières sensuelles.

Les toutes premières prostituées

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Vers – 3 500 ans avant notre ère

L’amour à tout prix

En amour, plus que pour toute autre chose, c’est souvent le premier pas qui coûte.

De ce point de vue, les premiers pas d’amour tarifé, ou autrement dit les premières formes de prostitution commerciale avérées voient le jour au VIème siècle avant notre ère, en Grèce.

Courtisane et son client -   430 av. J.-C., Musée national archéologique d'Athènes
Courtisane et son client – 430 av. J.-C., Musée national archéologique d’Athènes

Face aux succès rencontrés, un deuxième pas sera franchi vers les années 600 avant J.-C avec l’ouverture des premières maisons closes ! Il s’agit de maisons d’Etat (les dictérions), qui emploient différentes classes de prostituées pour répondre à la structuration hiérarchiques de la société. De même, les homosexuels disposeront de leurs propres établissements.

Chacun y trouve donc son plaisir, même l’Etat qui se fait des « c…les » en or.

Mais, avant le culte de la femme facile, il y eut celui de la femme fertile. En effet, comme l’atteste l’historien grec Hérodote, les premières formes de prostitution « non commerciales » sont liées au sacré et aux cultes de la fécondité. Afin de rendre les terres fertiles, prêtresses et prêtres devaient alors s’accoupler.

Chez les Babyloniens, pour honorer la déesse de la fertilité, on faisait appel à des femmes stériles qui devenaient en quelque sorte l’épouse de tous pour servir la déesse.

Loin d’être née de la dernière pluie, la prostitution titillait déjà les groupes primitifs. Pendant la préhistoire, elle était pratiquée soit comme monnaie d’échanges (produit de la chasse contre quelques faveurs sexuelles), soit comme gage d’hospitalité.

Aujourd’hui, la prostitution s’est introduite dans notre quotidien, presque à notre insu. Le terme « marque » a pour origine une ancienne pratique des prostituées. Celles-ci « imprimaient » leurs initiales sur leurs talons de chaussures. Ensuite, grâce à une poudre déposée sur les talons, elles laissaient leur empreinte sur la chaussée, permettant ainsi à leurs habitués de les retrouver facilement dans leur périmètre. Elles appelaient ces initiales inscrites sur leur talon, leur marque. Quel talon !

On le voit, l’amour du métier, surtout au service du plus vieux métier du monde, recèle des trésors…d’imagination.