mercredi, 20 septembre 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Le tout premier Serial Killer médiatique

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27 septembre 1888

Feuille de choux et choux gras

Le 27 septembre 1888, l’agence de presse London Central News Agency reçoit une lettre signée « Jack The Ripper ». Le surnom de Jack l’éventreur est né et avec lui, pour la toute première fois, la sur-médiatisation des faits divers.

Le mythe de Jack l’éventreur est donc en train de surgir, porté par une presse en expansion, avide de sensationnel et de scoop. A n’importe quel prix, d’ailleurs car il est probable que cette lettre -et celles qui suivront- soit le fruit d’un journaliste du journal Star, né cette même année, nommé Bert et non pas du meurtrier lui-même. D’autres lettres suivront signées à l’encre rouge « votre humble serviteur, Jack l’Eventreur ».

Pour la première fois, la notion de « Serial Killer » pénètre, presque par effraction, dans l’imaginaire des gens avec en arrière plan tous les ingrédients du genre qui fera les choux gras des feuilles de choux et plus tard d’Hollywood. Crime odieux, personnes de petites vertus, atmosphère malsaine d’un quartier misérable de Londres sur fonds de révolution industrielle. Le tout mis en scène par une presse assoiffée de manchettes à sensation. Il faut dire que la presse, qui existe depuis le XVII ème siècle,  est en train de touner une page et son économie connaît un bouleversement.  Grâce à Emile Girardin, la publicité a fait irruption depuis 1836,  an 1 de l’ère médiatique selon certains observateurs ; en Angleterre, la suppression des « taxes sur le savoir » remonte aux années 1850. Résultat : les prix des journaux baissent, leur nombre et leur audience s’accroissent.

Et pour cette nouvelle presse à sensation, tout a vraiment commencé, la nuit du 31 août 1888. Nous sommes dans l’un des quartiers les plus pauvres de Londres, Whitechapel (East End). La police londonienne découvre le cadavre d’une prostituée dont le corps a été atrocement mutilé, égorgé et éventré mais non éviscérée comme le seront les autres victimes.

Sur un mode opératoire similaire mais cette fois vidés de leurs viscères (intestins, utérus, reins), quatre autres cadavres, toutes prostituées, seront découverts les semaines suivantes. La dernière victime, la plus jeune, 25 ans, contre un quarantaine d’années pour les autres, subira le traitement le plus atroce : ses viscères furent éparpillées aux quatre coins de son appartement à l’exception de son cœur qui ne fut pas retrouvé.

Cette série de meurtres, au moins 5 au total, s’achève le 9 novembre 1888, soit 3 mois presque jour pour jour après la découverte de la première victime. Le meurtrier ne sera jamais arrêté ni même identifié bien que la Metropolitan Police –Scotland Yard- envisagea plusieurs suspects mais aucun n’apparaîtra comme crédible.

A défaut de coupable authentifié, reste la question « à qui profite le crime ? ». Il y a au moins une réponse : à la presse à sensation.


Les victimes reconnues de Jack l’Eventreur

  • Mary Ann Nichols, la nuit du 31 Aout 1888
  • Annie Chapman, 7 Septembre
  • Elizabeth Stride, 29 Septembre
  • Catharine Eddowes, le 29 également
  • Mary Jane Kelly, le 9 Novembre.

Les suspects

  • Prince Albert Victor, le Prince de Galles, héritier de la Couronne de l’Angleterre. Thèse du complot qui expliquerait aux yeux de certains l’échec de la Police.
  • Sir William Gull , un chirurgien qui permet d’expliquer les actes chirurgicaux du meurtrier vis-à-vis de ses victimes.
  • Montague John Druitt, le seul dont la mort concorde avec la fin des crimes.
  • Dr Roslyn Dontsan, médecin sataniste
  • Aaron Kosminski, identifié par un témoin mais sans témoignage.
  • James Maybrick, selon le journal intime de Jack l’éventreur qui hélas a les attributs d’un faux
  • Walter Sickert, peintre accusé par la romancière Patricia Cornell en octobre 2002

 


A regarder pour mieux comprendre :


A voir et à lire pour aller plus loin :

  • The Lodger d’Hitchcock pour la première fois à l’écran – Troisième film d’Alfred Hitchcock, tourné en Grande Bretagne, « The lodger, a story of London fog » (1926) n’avait jamais été projeté dans les salles en France. Les fans du maître se précipiteront pour voir cette variation muette et irrésistible de Jack l’éventreur !
  • Jack l’Eventreur démasqué – Cent vingt ans après, l’enquête menée par Sophie Herfort est sans appel : Jack l’Eventreur a désormais un nom. Sophie Herfort est professeur de français à l’Alliance française, licenciée de philosophie et formée à la psychopédagogie et à la neuropsychiatrie. Elle a travaillé pendant vingt ans à la résolution de l’énigme Jack l’Eventreur, épluchant les rapports de police de l’époque, les articles de journaux et les lettres écrites par l’assassin présumé.
  • Le livre rouge de Jack l’éventreur – Un livre de fond sur la vie de cet ancêtre de nos serial killers, sur lequel tant de légendes et de mythes erronés se sont greffés. Stéphane Bourgoin reprend l’enquête à zéro. Il reconstitue l’atmosphère misérable et sombre de l’East End londonien de 1888. Il nous fait revivre chacun de ces meurtres effroyables, comme celui de Annie Chapman et de Mary Jane Kelly… Il examine les différentes théories, plus ou moins classiques, qui font successivement de Jack l’Eventreur un étrangleur, un magicien, un étranger, un membre de la famille royale : déjà un mythe ! Stéphane Bourgoin nous livre les archives secrètes de Scotland Yard. Il a eu également accès aux dossiers de la FBI National Academy. Ce texte est donc un panorama complet, scientifique et fascinant, du destin de l’Eventreur. Le récit est suivi d’un certain nombre de documents décisifs autour du personnage : des nouvelles anglaises inédites, une bibliographie et une filmographie exhaustives.
  • From Hell en DVD – En 1888, à Londres, dans les rues mal famées du quartier de Whitechapel, un tueur en série, surnommé Jack l’Eventreur, rôde. La nuit tombée, ce mystérieux personnage éventre des prostituées. L’inspecteur Frederick Abberline, de Scotland Yard, est engagé pour enquêter. Il comprend rapidement que ces crimes procèdent d’une mise en scène élaborée et suppose un sang-froid à toute épreuve et de solides connaissances en anatomie. Le policier, intuitif et visionnaire, dresse patiemment le profil de ce meurtrier hors normes. Un film de 2002 avec Johnny Depp, Heather Graham, Ian Holm …

Tout premier homicide commis par un robot

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25 janvier 1979

Partie de bras de fer…

 

La scène se déroule dans le Michigan (USA), au sein de l’usine Ford de Flat Rock. Nous sommes le 25 janvier 1979. Robert Williams est un des employés de l’usine, usine qui emploie également des robots.

L’un d’entre eux, pesant une tonne, dont l’histoire ne fournit ni le nom, ni le matricule, est chargé de collecter des pièces dans un des entrepôts. Est-ce par lassitude, par paresse ou plus vraisemblablement en raison d’un dysfonctionnement technique, le robot, ce jour-là, est particulièrement lent. Du moins, c’est la perception qu’en a Robert. Agacé par cette nonchalance, Robert, tournant le dos à son « collègue » robot, se saisit d’une pièce afin d’accélérer la cadence. Erreur fatale.

 

Le bras métallique du robot percute violemment Robert entre le cou et sa tête au niveau de l’occiput. Le robot, avait-il repris de la vigueur se sentant atteint dans son amour-propre ? Quoi qu’il en soit le choc va tuer sur le champ le pauvre ouvrier dévoué. Celui-ci s’effondrera sur le sol et son corps inanimé sera découvert par ses collègues une demi-heure plus tard. Le robot sera mis immédiatement hors d’état de nuire, c’est-à-dire débranché !

Pour la toute première fois, un humain est victime d’un robot (1) dans un homicide que l’on peut qualifier d’involontaire bien qu’aucun témoin ne puisse confirmer ou infirmer cette thèse !!

Responsables de l’usine et le fabricant du robot furent condamné à payer 10 millions de dollars à la famille, considérant qu’aucun mécanisme n’avait été prévu pour éviter ce genre de drame.

 

Le facteur « malchance » sonne toujours deux fois

Hélas ce drame ne restera pas isolé. Deux ans et demi plus tard, un second meurtre se produit, cette fois au Japon. La victime, Kenji Urada, est un ingénieur de 37 ans travaillant dans une usine Kawasaki. Constatant une panne sur un des robots de l’usine Kenji, chargé de la maintenance de ces ouvriers somme toute capricieux, accoure à son chevet pour établir un diagnostic et tenter de le rétablir.

Las ! Sans doute, sans mauvaise intention aucune, le bras hydraulique se remet en marche spontanément. Le pauvre Kenji est alors poussé vers une broyeuse qui va en faire de la charpie. De mémoire de robots, il s’agit là du second meurtre répertorié.

Si les robots ne sont pas foncièrement méchants, ils n’en sont pas moins dangereux !

 Publié le 4 février 2012

De la machine aux robots : une longue histoire

  •  - 3500 avant notre ère : premières machines-outils ; des tours de potiers transforment des boulent d’argile en vase ;
  • Egypte ancienne (-1085 -950) : Anubis, tête de chien avec une mâchoire articulée ;
  • -380, Archytas de Tarente, ami de Platon, construit un pigeon mécanique en bois ;
  • - 270 , premiers automates hydrauliques et pneumatiques à Alexandrie ;
  • en 809, Charlemagne aurait reçu du grand calife Haroun al-Rachid une pendule animée , qui serait le premier automate mécanique reposant sur une horlogerie interne ;
  • 1 er siècle après J.-C, premier traité des automates de Héron d’Alexandrie
  • XIIème siècle : Roger Bacon met au point une tête parlante ;
  • XIVème siècle : Les horloges animées des cathédrales mettent en mouvement des personnages ;
  •  XVIème siècle : Léonard de Vinci perfectionne les tours à bois, conçoit des oiseaux volants et un lion articulé doté d’engrenages ;
  • 1642, Pascal ( 1623-1662 ) élabore le premier automate logique, comportant un principe de programmation : c’est la Pascaline, considéré comme l’ancêtre de l’ordinateur ;
  • 1760 environ : la machine à aléser permet de calibrer les canons ;
  • vers 1775 : la machine-outil commence à utiliser la vapeur comme force motrice ;
  • 1803 : première chaîne de montage comprenant 45 machines est installée à Portsmouth pour le compte de la Marine anglaise ;
  • A partir de 1830 : les machines-outils deviennent de véritables machines industrielles ;
  • 1942 : le romancier Isaac Asimov introduit pour la première fois le terme robotique dans son livre Runaround ;
  • 1961 : le premier robot industriel, Unimate, conçu par la société Unimation intègre les chaînes de montage de General Motors ;
  • Années 1970 : les machines-outils à commandes numériques font leur apparition ;
  • 1997 : Deep Blue, un ordinateur d’IBM, bat aux échecs le champion du monde Garry Kasparov ;
  • 2008 : Kevin Warwick, chercheur britannique, est devenu le premier cyborg en procédant à des greffes électroniques sur son propre corps ;

Le jour où les machines s’éveilleront !

Raymond Kurzweil, informaticien américain, futurologue, inventeur dans le domaine de l’intelligence artificielle, reprend à son compte la théorie de la « singularité technologique », notion introduite par John Von Neumann, dans les années 1950. Celle-ci postule qu’au-delà d’un certain niveau de développement technologique, le progrès serait l’œuvre uniquement de l’intelligence artificielle.

Sur ce principe, Raymond Kurzweil, en observant l’accroissement de la puissance de calculs des ordinateurs qui est exponentielle, prévoit deux phases qui marqueront un tournant majeur pour l’humanité. 2029 : année où un ordinateur réussira le test de Turing et 2045, lorsque, selon lui, la quantité d’intelligence artificielle présente sur l’ensemble de la planète sera un milliard de fois supérieure à la totalité de l’intelligence humaine, c’est-à-dire de l’ensemble des cerveaux de la planète.

Raymond Kurzweill ajoute « Nous entrerons alors dans l’ère de la Singularité, stade où il ne sera plus possible d’effectuer raisonnablement des prévisions. Ce sera l’explosion de l’intelligence artificielle qui, obéissant plus que jamais aux lois exponentielles, dépassera l’intelligence biologique et sera en mesure de procéder elle-même à ses propres améliorations. » (2)


Le test de Turing

Il consiste à mettre en concurrence interlocuteurs humains et ordinateur dans un test portant sur la capacité à dialoguer de manière intelligente et humaine.

Concrètement, 5 interlocuteurs, 4 humains et une machine, dialoguent par écrit pendant une durée de 3 heures. Si au terme de ces 3 heures, la personne chargée de l’expérience est incapable de déterminer lequel des interlocuteurs n’est pas humain, le test est réussi.


1 – Le Point.fr – Pour la toute première fois, un être humain est tué par un robot – Publié le 25 janvier 2012
2- Cité dans Paris Match, N° 3271, 26 janvier 2012, par Roman Clergeat.
A télécharger : Histoire de la Robotique de A à Z par Agnès Guillot (Futura-sciences)


A visionner pour mieux comprendre :




A lire par curiosité :

  • Le Grand Livre des robots, tome 1 : Prélude à Trantor de Isaac Asimov.
  • Le Grand Livre des robots, tome 2 : La gloire de Trantor de Isaac Asimov.
  • L’oeuvre d’Isaac Asimov sur les robots regroupe de très nombreuses nouvelles et plusieurs romans. L’ensemble forme une seule grande histoire, le cycle des Robots, qui s’étale sur plusieurs millénaires. Toutes les nouvelles de robotique publiées par l’auteur ont été regroupées dans ces deux grands recueils.
    Asimov renouvelle complètement ce thème en inventant des « robots positroniques » gouvernés par trois lois protégeant les êtres humains et, a priori, parfaites et inviolables. Le jeu d’Asimov consiste à imaginer des situations révélant des failles de ces lois (exemple : un robot peut-il, restant passif, laisser un humain fumer une cigarette ?) et des bizarreries de comportement de robots qui semblent les enfreindre, puis à faire découvrir au lecteur comment cela est possible, à la manière d’une enquête policière.

  • Survivre à une invasion robot: Ils arrivent, soyez prêts, de Daniel H. Wilson.
    (à paraître le 22 février 2012)

    Ils arrivent… Soyez prêts ! Comment démasquer un robot qui imite un humain ? Comment désactiver un robot ménager qui se rebelle ? Comment fuir un essaim de mouches électroniques en maraude ? Dans cet indispensable guide de survie, le spécialiste Daniel H. Wilson livre tous les secrets pour réprimer une mutinerie de robots. Remèdes contre les blessures au laser, reconnaissance des faux visages et discours, combat main contre pince… SURVIVRE à une invasion Robot couvre tous les scénarios possibles qui menacent l’espèce la plus en voie de disparition aujourd’hui : l’homme. Fondé sur des interviews pointues avec d’éminents scientifiques, et incluant de nombreuses images de prototypes actuels, SURVIVRE à une invasion Robot est aussi une introduction parfaite à la robotique contemporaine. N’attendez pas qu’il soit trop tard ! Découvrez toutes les astuces pour vous défendre contre l’invasion imminente !
    L’auteur, Daniel H. Wilson, est docteur en robotique de l’université Carnegie Mellon

Première tragédie familiale

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- 4 600 ans (avant notre ère)

Petits meurtres en famille


Un père, une mère et leurs deux fils âgés d’environ 5 et 9 ans sont les victimes d’un des tous premiers massacres familiaux de notre histoire. Une tragédie meurtrière au sein d’une même famille comme le démontrent les analyses ADN confirmant les liens de parentés. C’est du moins la thèse des scientifiques[1] qui ont étudiés les cadavres, 13 au total, répartis dans 4 tombes.

Que faisiez-vous le soir de la seconde lune de l’année -4600 ?

Il y a similitude entre la position des corps et leur proximité génétique (Image : courtesy of The National Academies).
Il y a similitude entre la position des corps et leur proximité génétique (Image : courtesy of The National Academies).

Retournons sur la scène du crime. Celle-ci se situe dans la fertile vallée de la Saale (située dans l’ancienne Allemagne de l’est), sur le bord de la rivière du même nom.  Les traces de blessures témoignent de la violence de l’agression. L’une des victimes a été « poignardée » dans le dos par une flèche en silex plantée dans une vertèbre, tandis que d’autres ont le crâne enfoncé. Malgré la proximité de la rivière, la vie de l’époque ne ressemble apparemment pas  à un long fleuve tranquille, mais qui en doutait !

Parmi les victimes, aucun adolescents ni jeunes adultes. L’absence de ces derniers semble prouver qu’ils ont échappé, d’une manière ou d’un autre, à l’attaque.  Seuls survivants du massacre,  il est probable que ces jeunes adultes se chargeront d’enterrer leurs proches en respectant les liens de parentés et sociaux.

Une famille traditionnelle à l’âge de pierre

Cette famille massacrée du Néolithique prouve que la famille dite nucléaire existait déjà à cette époque reculée. Au jour d’aujourd’hui, cette scène tragique est aussi la plus ancienne preuve de l’existence de la structure familiale même si rien ne prouve qu’il s’agit là d’un modèle répandu.  Pour l’auteur de l’étude, Wolfgang Haak,  de l’université d’Adelaïde (Australie), au-delà de la preuve par l’ADN, l’union dans la mort de ce couple suggère l’union dans la vie.

Un peu de douceur dans ce monde de brutes

Face aux aléas de la vie, la famille jouait probablement un rôle protecteur et dispensateur d’amour.

La façon dont les morts furent enterrés semble confirmer cette relation d’amour. Contrairement aux habitudes de l’époque qui voulaient que les cadavres soient ensevelis systématiquement face vers le sud, ici les morts se retrouvent face à face avec souvent bras et mains entrelacés.

Poussant plus loin leur investigation, les chercheurs ont découvert que femmes et hommes de cette communauté étaient issues de régions différentes avant de se « marier » et de procréer ensemble. Il s’agissait probablement  d’éviter des alliances consanguines et peut être aussi d’assurer des alliances entre communautés.

Un drame familial qui en rappelle un autre

Jusqu’à présent le premier drame familial recensé dans les annales juridiques de l’Histoire était à la fois mythique et allégorique. Fils aîné du premier couple de l’humanité, Adam et d’Eve, Caïn tua son frère cadet Abel, par jalousie.

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Cain tuant son frère Abel. Toile du Titien, basilique Santa Maria della Salute

Évidemment, il n’y a aucune relation entre la famille décimée de la vallée de la Saal et le plus célèbre fratricide de la Bible, en dehors d’une coïncidence de calendrier évoquée ici pour l’anecdote.

Le mythe de Caïn et d’Abel découle de la vision allégorique de l’apparition de l’homme sur Terre, le 6ème jour de la Création de Dieu.

Selon les Créationnistes, cette toute première famille de l’humanité serait apparue sur Terre 4000 ans environ avant Jésus Christ.

Certains, comme John Lightfoot (1735-1788) de l’université de Cambridge, calculèrent même avec une précision d’horloger la date de ce 6ème jour de la Création : 23 octobre 4004 à 9 heures, avant J.-C. Quant à Kepler, après de savants calculs, il s’arrêta sur la date du 27 avril 4977.

Considérant que la datation des scientifiques correspond à une approximation, il est amusant, messieurs les jurés !, de relever entre ces tragédies familiales une coïncidence de calendrier, pour ne pas dire d’agenda.

Quoi qu’il en soit, drame familial du néolithique ou biblique,  il y a, de toute façon,  prescription !


1 – Travaux publiés dans les annales de l’Académie nationale américaine des sciences (PNAS), en novembre 2008 , suite aux découvertes d’archéologues en 2005, sur le site d’Eulau, en Saxe-Anhalt (Allemagne).


A consulter par curiosité :
Une vision très biblique du premier meurtre de l’humanité.


A voir et à lire pour aller plus loin :

  • La Bible-L’Ancien Testament, Tome 1 : La Genèse. Cette adaptation fidèle et œcuménique des 31 premiers chapitres de la Genèse retranscrit successivement la création du monde, Adam et Eve, Abel et Caïn, le Déluge, la tour de Babel, la destruction de Sodome, le sacrifice d’Abraham et le rêve de Jacob.
  • Petits meurtres en famille – Edition 2 DVD. Un mystère digne des plus grands romans d’Agatha Christie, où le mystère s’épaissit au fur et à mesure que les crimes se succèdent.
  • Meurtres en famille. Secrets enfouis, jalousies, vieilles rancunes et vengeances sanglantes : la famille n’est pas toujours un havre de paix… mais parfois le plus insoupçonnable des ennemis. Douze nouvelles de suspense inédites, par les plus grands maîtres du genre, réunis autour de Mary Higgins Clark.

La toute première scène de crime

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- 430 000 ans

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Petit meurtre entre amis !

Au paléolithique (1), les occasions et les motifs de conflits semblent plutôt rares. C’est pourquoi, il est probable que l’affrontement entre 2 individus, il y a 430 000 ans, ayant entrainé la mort de l’un deux, représente l’un des tout premiers meurtres commis sur Terre. Retour sur la scène de crime !

Que sait-on de ce meurtre et de la toute première scène de crime de l’Histoire ?

Un affrontement mortel

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On sait qu’il a eu lieu dans le nord de l’Espagne à Atapuerca, il y a plus de 400 000 ans (2). On sait aussi que la victime est un jeune adulte de l’espèce Homo heidelbergensis, espèce qui, selon toutes vraisemblances, a précédé l’homme de Néandertal.

On sait encore que le crâne de la victime présente des traces de fractures au-dessus de l’œil gauche témoignant de coups violents et répétés.

L’arme du crime devait être un objet contendant comme un biface ou une pointe de lance en pierre. Enfin, dans la mesure où les blessures ne se sont pas cicatrisées, on peut en déduire que les coups assénés ont dû être mortels.

En revanche, même si l’acte semble intentionnel, on ignore les circonstances réelles de cet affrontement entre ces 2 individus. C’est donc aller un peu vite en besogne que de parler de meurtre prémédité.

Encore peu de motifs de rivalités

D’autant que de tels comportements agressifs étaient très rares à cette époque. Sur une période de 2.5 millions d’années, on constate parmi les chasseurs-cueilleurs, qu’une demi-douzaine de marques de violence (3).

Faut dire que l’époque n’incitait pas à faire usage de la violence : pas de biens justifiant une quelconque convoitise, peu de proximité entre les groupes d’individus et une nourriture plutôt abondante.

Une époque encore peu propice aux conflits; autrement dit, le bon vieux temps.

Publié le 21 mai 2016

Les tout premiers guerriers

L’un des tout premiers conflits avérés de l’humanité a eu lieu il y a 13 000 ans sur le bord du Nil, au pied d’un massif montagneux (4).

biface-violence

Auparavant, on recense bien d’autres actes de violence comme l’atteste l’un des tout premiers meurtres évoqués plus haut ou encore avec le cannibalisme dont les premières traces remontent à 800 000 ans, en Espagne (5) et un peu plus tard en France, à Tautavel vers 450 000 ans.

Les motifs de se quereller ont toujours existé même s’ils n’étaient pas si nombreux et variés qu’aujourd’hui : convoitises de femmes, de ressources, de biens ou simple volonté de se faire respecter, l’être humain a sans doute toujours été bagarreur.

Mais c’est à partir du néolithique, c’est-à-dire 10 000 avant notre ère, que les choses se gâtent ! Avec la montée en puissance de l’agriculture, la démographie et les richesses explosent. On cherche à préserver ses biens ou à accaparer ceux de son voisin. Cela engendre des conflits jusqu’ici inconnus, en fréquence comme en importance.

Par exemple, il y a 7 000 ans, des traces importantes de massacres ont été relevés en Allemagne et en Autriche.

Bientôt va apparaitre la notion de pouvoir avec des leaders qui recherchent à la fois le prestige, la reconnaissance et la richesse. Ils vont assoir leur autorité sur une nouvelle classe d’individus : les guerriers et une nouvelle catégorie de « sur-hommes »: les héros.

Le sentier de la guerre est ouvert.


1 – Le paléolithique s’étend de -3 millions d’années à – 20 000 ans
2 – Analyse publiée le 27 mai 2015, par Plos One
3 – Marylène Patou-Mathis, préhistorienne au Muséum national d’histoire naturelle – Hors-série Science et avenir – Septembre/octobre 2015
4 – Selon Jean Guilaine, professeur émérite au Collège de France, sur ce lieu ont été exhumés les dépouilles de 59 individus.
5 – Vincent Vanderberg, historien à l’Université libre de Bruxelles


A visionner pour mieux comprendre :