mardi, 21 novembre 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

La toute première fraction de seconde

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-13 milliards 820 millions d’années

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Un temps que les moins de 20 ans…

Tout commence par l’amorçage d’un écoulement qui ne restera pas sans lendemain, celui du temps ! Or, le temps n’a pas d’existence intrinsèque, c’est l’enchaînement des évènements qui lui permet de s’extirper d’une éternité sans futur… et sans passé, celle qui prévalait avant le Big Bang.

Au commencement était le temps !

Qu’y avait-il avant ce temps dans lequel nous évoluons comme des poissons dans l’eau ? Un mystère vieux comme le monde qui fait aujourd’hui débat. Mais chaque chose en son temps et revenons à l’instant T de la « création » dont découle toute l’épopée de l’Evolution.

Depuis Einstein, on sait que le temps et l’espace sont voués à faire vie commune : un couple vieux comme le monde, inséparable depuis la nuit des temps. Mais justement, que savons-nous de cette fameuse « nuit des temps » ?

Nous sommes au tout, tout début de notre histoire. Il y a 13 milliards 820 millions d’années. C’est l’instant Zéro, instant où le temps et la matière n’existent pas encore, où nos lois de la physique sont inapplicables, où les scientifiques y perdent leur latin. Une nuit des temps tellement obscure qu’elle défie notre entendement et risque de demeurer mystérieuse à jamais.

L’horloge de l’univers se met en marche jusqu’à la fin des temps.

Et puis, whaaoou, le Big Bang, la toute première fois par excellence, sans elle, aucune autre n’aurait pu évidemment voir le jour. Alors s’ébranle, pour la première fois de « tous les temps », l’engrenage de l’égrenage ! Le temps peut commencer son cours et, avec lui, notre histoire.

A ce moment précis, le grande horloge de l’univers indique 10-43 secondes après cet instant zéro inaccessible. Instant d’une durée infinitésimale qui marque le commencement du temps (et des temps). 0 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000,1 seconde : cette fraction de seconde est appelée Temps de Planck qui correspond à la plus petite portion de temps possible.

Le mécanisme inexorable, presque infernal, va désormais égrener la moindre fraction de seconde, recluse dans le moindre recoin de l’univers… jusqu’à la fin des temps.

PlanckhistoryUniverseresizeDepuis cet instant, rien ni personne n’échappera à la loi inflexible du temps qui passe, ni la ménagère de 50 ans, ni même le proton, dont la durée de vie serait 1031 d’années (soit des milliards de milliards d’années).

Le temps se comporte comme une diva. Il se laisse observer, mesurer, courtiser mais jamais apprivoiser et encore moins dompter.

Surtout, le temps est tellement facétieux qu’il parviendra autant à faire tourner les aiguilles des horloges que la tête des plus illustres – n’est-ce pas monsieur Proust – et peut-être même celle du Grand Horloger.

Le paradoxe des jumeaux de Langevin

Parmi ses facéties : le célèbre paradoxe des jumeaux de Langevin1. Celui-ci réussit la prouesse de « déjumeler » des jumeaux. Il illustre en effet comment des jumeaux, par définition du même âge, peuvent se retrouver aîné et cadet pour avoir vécu des parcours à des vitesses différentes. La morale de l’histoire : le temps est plus indulgent pour celui qui a la bougeotte !

Le temps dispose donc de « pouvoirs » colossaux. Il peut même décider d’interrompre le chrono, comme à l’approche des trous noirs, ces ogres cosmiques qui avalent tout autour d’eux. Face à eux,  même le temps ne résiste pas à leurs pouvoirs.  Un individu pris dans le filet d’un de ces trous noirs aurait le sentiment de vivre l’éternité, si toutefois il pouvait survivre à cette aventure.

Et comme le faisait remarquer Woody Allen, « L’éternité c’est long, surtout sur la fin » ?

Actualisé le 8 mai 2014 


La flèche du temps

fleches-du-temps

Le temps file, se défile parfois comme avec ces trous noirs mais ne se rembobine jamais, du moins à notre échelle. Il nous conduit toujours du début vers la fin. C’est la flèche du temps.

Cette notion n’est pas le fruit de l’imagination hollywoodienne en vue de happy-ends populaires mais une conséquence de la thermodynamique (principe entropique), concept nettement moins populaire.

Selon ce principe, on a infiniment plus de chances en faisant tomber un jeu de cartes bien classé de le retrouver à terre désordonné que d’obtenir le contraire (un jeu bien classé à partir d’un jeu désordonné). Comme on le pressentait, le désordre est une voie « naturelle », et, in fine, en augmentation dans l’univers.

La flèche du temps est une conséquence de cette dégradation. C’est inéluctable et irréversible, sauf dans le scénario d’un Big Crunch qui, dans un avenir fort lointain et improbable, pourrait inverser la fameuse flèche du temps et nous ramènerait au point de départ. Sinon, le temps suivra son cours…


L’année cosmique : l’histoire de l’univers ramené à une année

  • 1er janvier : big bang (expansion de l’univers)
  • 2 septembre : formation du soleil et de la terre
  • 7 octobre : apparition de 1ère forme de vie sur terre
  • 31 décembre à 22h00 : l’homme se met à marcher
  • 31 décembre à 23h59m56s : naissance de J.-C.
  • 31 décembre à 00h00 : aujourd’hui

1 – Illustration de la théorie de relativité restreinte d’Einstein publiée en 1911 par Paul Langevin. La différence de vieillissement entre le jumeau resté sur Terre et celui voyageant pendant 10 ans dans un vaisseau spatial à la vitesse de 60% de celle de la lumière est de 2 ans. Autrement dit, celui qui reste sur Terre aura vieilli de 10 ans, tandis que son frère embarqué dans son vaisseau spatial seulement de 8 ans.


A voir pour mieux comprendre :




A voir et à lire pour aller plus loin :

  • Au plus près du big-bang. Planck, le télescope européen qui sera lancé mi-avril 2009, devrait permettre de retrouver l’enfance de l’Univers par l’analyse du rayonnement fossile émis trois cent mille ans après le big-bang.(Libération – 03/03/2009)
  • Big Bang, des origines de l’Univers aux origines de la vie : un dossier SagaScience du CNRS
  • L’incroyable défi : recréer le « Big-Bang » ! C’est l’objectif du « grand collisionneur d’hadrons » (LHC).
  • La plus belle histoire du monde : les secrets de nos origines, par Hubert Reeves, Yves Coppens, Joël de Rosnay et Dominique Simmonet.
  • Avant le big bang : un livre de Igor et Grichka Bogdanov qui raconte une histoire, pose une question et esquisse une réponse. L’histoire ? C’est, tout simplement, celle de l’origine du monde. Qu’y avait-il  » Avant le Big-bang  » ? La seconde partie du livre pose une question : est-il possible de  » remonter au-delà ? C’est alors que les Bogdanov proposent dans la troisième partie de leur ouvrage, une hypothèse dont la complexité interdit l’exposé succinct.

Les tout premiers éléments de matière

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10-35 seconde

Le bond en avant

Nous sommes encore à des « années-lumière » de la première seconde que, déjà, un nouvel événement majeur va remettre notre destin en jeu. Il s’agit d’une seconde naissance de l’univers, une sorte de seconde première fois.

L’univers s’est refroidi d’un facteur 1000. Grâce à ce refroidissement, la force électronucléaire se scinde en deux. Désormais, règnent trois forces distinctes.

La surprise va venir de l’énergie du vide quantique évoqué plus haut. Subitement celle-ci va se libérer en produisant une expansion inimaginable.

Cette inflation (on parle de période d’inflation pour désigner ce moment)  va durer 10-35 seconde, autant dire une durée infinitésimale. En revanche, en terme d’espace gagné, c’est colossal.  Pour s’en faire une idée, l’univers va beaucoup plus grossir pendant cette période d’inflation qu’entre ce moment et sa taille actuelle.

Malgré cela à l’issue de cette phase et en raison de sa taille minuscule des origines,  il n’est probablement pas plus gros qu’une orange… Toutefois, sans cette phase « inflationnaire », il est probable que notre univers n’eut pas dépassé la taille d’une particule élémentaire. Adieu, veaux, vaches, cochons, couvées !

A cours d’énergie pour l’alimenter, l’inflation va s’interrompre alors pour laisser la place à l’expansion qui se poursuit encore aujourd’hui.

De ce creuset, vont émerger les toutes premières briques élémentaires de   la matière : les quarks (l’élément le plus fondamental de la matière qui est au cœur du noyau atomique). Non sans difficulté car auparavant, il y aura eu un combat à mort entre la matière et l’antimatière. Quarks et antiquarks qui sont de charge opposée s’annihilent mutuellement. Un infime rapport de force en faveur des quarks (1 de plus par milliard) donnera l’avantage à ces derniers.

Puis, lorsque l’univers atteint la taille de la Terre au Soleil, soit 300 millions de km, la quatrième force se découple. Les 4 forces fondamentales de l’univers correspondent désormais à celles que nous connaissons. Simultanément, une  famille de particules élémentaires « légères » émergent, les leptons (dont l’électron est issu).

Le chrono affiche maintenant 10-12seconde.  La production de particules  se complexifie avec des particules composites, les hadrons (constitués de quarks, d’antiquarks et de gluons qui font office de colle entre les quarks).

Au passage du millième de seconde au compteur  (10-4seconde), la production de particules arrive à son terme. De son combat contre l’anti-matière, la matière sort victorieuse. L’antimatière est donc définitivement hors jeu.

Quelques fractions de seconde plus tard, les vainqueurs, hadrons et leptons  se prélassent  dans un plasma brûlant dont la densité dépasse de plusieurs  milliards de fois celle de l’eau. Le premier spa pour particules élémentaires !

A l’approche de la première seconde, tous les acteurs sont en place : les 4 forces fondamentales ainsi que toutes les particules élémentaires.

Le spectacle peut commencer !


A voir et à lire pour aller plus loin :

  • Le Quark et le Jaguar : Voyage au coeur du simple et du complexe, de Murray Gell-Mann. C’est d’un vers énigmatique (« Le monde du quark est comme la ronde du jaguar dans la nuit ») que l’auteur part pour proposer un passionnant et très accessible voyage dans le monde de la complexité – celle des phénomènes vivants – et de la simplicité – celle qui prévaut dans le monde des particules élémentaires.
  • Aux frontières de l’univers : Du Big Bang au Quark, de Marceau Felden. Ce n’est pas un livre de plus décrivant l’univers et inventoriant son contenu, mais une réflexion critique sur la méthode scientifique et ses conséquences. Ainsi, pour des raisons qui sont exposées, l’hypothèse du big bang est, et restera une question non entièrement rationalisable, comme celle de l’origine du temps.

La toute première lueur de l’univers

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380 000 ans après le Big-Bang

lueur d’espoir

 

Nous sommes 380 000 ans après le Big Bang, il y 13 milliards 819 millions d’années. La lumière parvient enfin à se libérer de la soupe primordiale des particules. Elle peut inonder de son rayonnement l’univers jusqu’alors opaque et nous fournir le tout premier portrait de son enfance.

En dehors de 1515, s’il fallait retenir une seule date historique, c’est celle-ci :  + 380 000  ans. Avant cette date, aucune lumière. Rien ne filtre du cosmos en gestation. Nada ! Après, comme si le rideau se levait sur une scène où nous-mêmes allons y jouer un tout petit rôle, la lumière jaillit.  La toute première lumière du monde, de notre monde !  

Que s’est-il passé 380 000 ans après la naissance de l’univers ?

L’univers est encore un nourrisson; sa taille représente 0.1% de sa dimensions actuelle. Il est rempli de protons, d’électrons et de photons, avec un net avantage pour les photons, 1 milliard pour 1 proton. Ces grains de lumière errent dans un magma bouillonnant constitué donc de particules microscopiques. Nous sommes bien loin de l’image de l’univers dans lequel nous évoluons.

Les photons sont constamment absorbés par ces particules. Cette agitation incessante empêche toute lueur de s’échapper de ce brouillard incandescent et opaque.

A la faveur de la dilatation de l’Univers, la température va tomber à un niveau presque supportable : en dessous des 3000° C.  Supportable, du moins pour permettre aux électrons et protons de s’accoquiner. Les photons, ayant perdu de leur énergie avec la baisse de température, deviennent moins agités et rentrent moins en conflit avec les autres particules.

Et la lumière jaillit

D’un côté , électrons et protons sont donc très occupés à consolider leur vie commune. et à donner naissance aux tout premiers atomes, d’hydrogène et d’hélium. Cela laisse le champ libre aux photons qui ont envie de faire leur petit bonhomme de chemin.  Ils vont enfin pouvoir se propager librement dans l’espace. Pour la toute première fois, la lumière jaillit ! L’espace peut briller de ses premières lueurs, l’univers devient pour la première fois visible et le restera. C’est la phase de découplage entre la matière et le rayonnement.

Image du rayonnement fossile par Cobe et Planck

Evolution de la définition de l’image du rayonnement fossile à 20 ans d’intervalle

Aujourd’hui, cette toute première image de l’univers nous parvient encore. On l’appelle « le fond diffus cosmologique » ou « rayonnement fossile ». Il a perdu beaucoup de sa vigueur, rien d’étonnant après un voyage de plus de 13 milliards d’années-lumière. Sa température est de 2,73° K, soit à peine 3 degrés au-dessus du zéro absolu.

 

Le bonheur d’avoir des grumeaux

Cette image est pourtant riche d’enseignement. Elle révèle quelques infimes différences de température (de l’ordre de 0,00001%) dont les conséquences sont en revanche incommensurables.

Ces variations témoignent en effet de la présence de « grumeaux » au sein de la matière primitive. Ce sont ces grumeaux qui sont à l’origine de la formation des premières étoiles, des galaxies… in fine de la vie !

Alors, peut commencer une bien belle histoire…notre histoire.


 Quand l’univers se laisse tirer le portrait

Après Cobe en 1992, WMAP en 2003, puis Planck en 2013 (image révélée le 21 mars 2013), l’Univers, grâce au regard « pointu »  porté par ces satellites, nous dévoile, à travers ses 3 portraits, son enfance.

Rien que pour le portrait le plus récent, c’est le résultat de 500 milliards de données combinées ! L’univers n’a alors que 380 000 ans, pour 13 milliards 800 millions d’années reconnus aujourd’hui. Aucune chance de disposer de portrait plus récent, car avant tout demeure opaque, comme expliqué ci-dessus.

Les dernières révélations du satellite Planck précisent le visage du bébé univers et de son évolution.

  • Sa date de naissance : 13 milliards 819 millions d’années, soit 80 millions d’années de plus que les estimations précédentes
  • Sa température au moment du « portrait » : 2700 °C
  • Son expansion : les galaxies s’éloignent les unes de autres à la vitesse de 67,9 km / seconde (1) ; cette expansion s’est accélérée voici 5 milliards d’années.
  • La période d’inflation qui a précédé cette lueur est confirmée : l’univers est passé de la taille d’une tête d’épingle à sa dimension presque actuelle et cela avec une durée infinitésimale
  • Ses imperfections : la confirmation de petites imperfections, les fameux grumeaux de matière d’où naîtront poussières, étoiles et galaxies.
  • Sa composition :  l’univers présente une constitution légèrement différente de celle estimée auparavant : 69,4% d’énergie noire (contre 72,8% auparavant), 25,8% de matière noire (contre 23%) et 4,8% de matière classique (contre 4,3%).
  • Et sa platitude :  l’univers est probablement plat.

Si sa topographie est plate, l’encéphalogramme de ce bébé univers est, sans équivoque, loin de l’être !


Petite histoire du rayonnement fossile

cobe-fluctuations

Prédit par la théorie, le rayonnement fossile fut confirmé, presque par hasard, en mai 1965 par Arno Penzias et Robert Wilson. 

En 1992, le satellite COBE fournit la toute première carte rayonnement fossile en précisant sa température : 2, 725 degrés au dessus du zéro absolu. Il montre également, pour la première fois, des irrégularités, les fameux grumeaux de matière expliquant la structure actuelle de l’univers.

En 2001, c’est au tour du satellite WMAP d’envoyer des images qui sont encore plus précises.   

En 2009, est lancé le satellite européen Planck. Il fournit l’année suivante une première image bien plus précise que celle des deux premiers satellites.

En 2013, Planck détaille encore davantage les fluctuations du rayonnement fossile, la clé de l’histoire de l’univers. Pour atteindre la sensibilité de la dernière image délivrée par Planck, il aurait fallu 1000 ans d’observations du satellite WMAP (1). Astronomique !

 


Les secrets du satellite Planck !

satellite PlanckLe 21 mars 2013 le monde découvre la fameuse image fournie par le satellite Planck, lancé près de 4 ans plus tôt, sur la première lueur de l’univers.

Mais derrière cette lueur, Planck a débusqué quelques phénomènes étranges qui sont à l’heure actuelle énigmatiques. Ce que les scientifiques appellent les anomalies :

Un hémisphère nord de l’univers naissant légèrement plus froid que l’hémisphère sud,

Une tache froide située dans cet hémisphère sud.

Cela n’a l’air de rien, surtout lorsqu’on sait que les différences de températures enregistrées par Planck sont de l’ordre du millionième de degrés (2) mais c’est suffisant pour ouvrir une brèche sérieuse et peut-être remettre en cause les modèles cosmologiques et physiques actuels.

Les scientifiques sont à ce point perplexes face à ces résultats qu’ils sont prêts pour certains à envisager, pour la toute première fois(3) du moins officiellement, un avant Big Bang, sujet totalement tabou jusqu’à peu.

Cette moisson considérable rassemblée par Planck continue à être examinée. L’univers va-t-il nous dévoiler les secrets de sa naissance ou même de ces heureux parents, ou plus exactement, de ce qui aurait précédé sa naissance ? Nous attendons la suite avec impatiente. !

 


(1)  en réalité, chaque seconde, un cube d’univers de 1 mégaparsac, ce qui correspond à 3.26 millions d’années-lumière, se dilate de 66 km. Cette expansion relevée par le satellite européen Planck en 2013 est légèrement moins élevée que les estimations précédentes.  Source : Ciel & Espace -N° 515 – Avril 2013
(2) Le mystère du satellite Planck – Igor et Grichka Bogdanov – Ed. Eyrolles – 2013;
(3) Dès 1993, le futur prix Nobel George Smoot avait osé poser la question d’un avant Big-Bang, dans livre les « Rides du temps ». Plus récemment, le célèbre physicien Brian Greene, évoque une réalité cachée avec ses modèles de multi-univers (« La réalité cachée » – Brian Greene – Ed. Robert Laffont – 2012)

 


A visionner pour mieux comprendre :


 


A voir et à lire pour aller plus loin :

  • Un dossier SagaScience du CNRS : Big Bang, des origines de l’Univers aux origines de la vie.
  • L’incroyable défi : recréer le « Big-Bang » ! C’est l’objectif du « grand collisionneur d’hadrons » (LHC).
  • La plus belle histoire du monde : les secrets de nos origines, par Hubert Reeves, Yves Coppens, Joël de Rosnay et Dominique Simmonet.
  • Avant le big bang : un livre de Igor et Grichka Bogdanov qui raconte une histoire, pose une question et esquisse une réponse. L’histoire ? C’est, tout simplement, celle de l’origine du monde. Qu’y avait-il  » Avant le Big-bang  » ? La seconde partie du livre pose une question : est-il possible de  » remonter au-delà ? C’est alors que les Bogdanov proposent dans la troisième partie de leur ouvrage, une hypothèse dont la complexité interdit l’exposé succinct.

Les toutes premières étoiles

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Première centaine de millions d’années après le Big-Bang

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Star is born

Les toutes premières étoiles sont apparues peu de temps après le Big Bang. Plus massives que la majorité des étoiles des générations suivantes, elles auront aussi une durée de vie sensiblement plus courte. Ont-elles cotoyé des planètes déjà habitables comme le suggère une théorie audacieuse publiée début 2014 ?

Sans elles où Arthur Rimbaud aurait-il trouvé refuge à ses visions hallucinatoires, comment le Petit Prince aurait-il pu faire rire son ami ?

Elles, se sont les étoiles. Les étoiles, quand elles apparaissent, l’univers est encore tout jeune, un peu plus d’une centaine de millions d’années, peut être moins comme l’indiquent les dernières observations.

Des premières étoiles massives et éphémères

A cette époque, l’univers est alors composé essentiellement d’un gaz dense d’hydrogène et d’hélium.

Image d’artiste / Nasa

On suppose que les étoiles émergent  à partir de ce gaz primordial qui se condense sous l’effet de la gravitation et allume, çà et là, les toutes premières étoiles de l’univers.

On suppose en effet, car les scientifiques hésitent quant au scénario : les étoiles ont-elles précédé les galaxies ou bien ont-elles été enfantées par celles-ci ? Poule ou l’œuf, qui précède qui, l’éternelle question.

Autre interrogation :  ces toutes premières étoiles sont-elles frappées de surcharge pondérale ?

Selon les récentes théories, la première génération d’étoiles a produit des astres très massifs :  plus de 100 fois plus massifs que notre Soleil.

Compte tenu de leur composition et de cette masse importante leur durée de vie est, en revanche, courte, très courte. 3 ou 4 millions d’années, guère plus, contre près de 10 milliards d’années pour le Soleil !

Bientôt une nouvelle génération d’étoiles

Quoi qu’il en soit, elles brillent, ces premières étoiles et elles vont bientôt engendrer une nouvelle génération d’étoiles, dite de type 2, plus riche en éléments lourds et en métaux. Avec à la clé, potentiellement des planètes telluriques (2) semblables à la Terre (voir encart ci-dessous).

Mais cela est une autre histoire !

Mis à jour le 28 février 2014


Elles vont nous faire tourner la tête…

Une étude publiée en mai 2011 vient de démontrer que les premières étoiles tournaient vite, très vite; 250 fois plus vite que notre soleil. Cette vitesse de rotation élevée a favorisé la « fabrication » d’éléments lourds comme le strontium et l’ yttrium.

Autre découverte, issue cette fois du nouveau télescope spatial Herschel :  les étoiles en gestation nichent au sein de filaments de matière qui se forment dans les nuages interstellaires. Curieusement, ces filaments présentent tous la même largeur : 0,3 année-lumière. Cette régularité provient de la vitesse des turbulences qui animent ces filaments, vitesse qui correspond à la vitesse du son (700 km/h) dans ces nuages.

Autrement dit, au sein de nuages interstellaires, des turbulences se créent qui s’organisent en filaments qui, eux-mêmes, vont engendrer les étoiles. Ainsi, pour la première fois, grâce au télescope Herschel, les pouponnières d’étoiles commencent à se laisser observer et à livrer leurs secrets.


Des planètes habitables avant même les premières étoiles ?

Et si quelques millions d’années seulement après le Big Bang l’Univers était déjà peuplé de planètes habitables, voire habitées  ?

C’est à dire, 10 milliards d’années plus tôt que les premiers pas de la vie sur Terre ! Comment est-ce possible ?

15 millions d’années après le Big Bang  – qui, rappelons-le remonte à 13 milliards 820 millions d’années – la température ambiante du jeune univers était de 30° C. Une douceur digne de nos paradis tropicaux.

Il faut dire que l’on revient de loin. Au moment du Big Bang, la température ambiante était, selon les calculs, de 100 000 milliards de milliards de milliards de degrés (3). Une température qui défie l’imagination.

Il donc sensé de dire que l’univers s’est refroidi assez rapidement et qu’à une période de ce refroidissement, la température ambiante était somme tout agréable.

Aujourd’hui, cette température, issue du rayonnement cosmologique originelle, n’est plus que de – 270 ° C (3°k), ce qui n’est pas la même chose !

6a00d8341bf7f753ef01901b6113b1970b-500wiDonc, durant la toute première jeunesse de l’Univers, selon la théorie défendue par Abraham Loeb, cosmologue à Harvard (1), l’Univers aurait connu une période habitable durant au moins quelques millions d’années.

« Des planètes rocheuses plongées dans ce bain pouvaient posséder de l’eau liquide où qu’elles se trouvent dans l’Univers, même loin de toute étoile » explique Loeb.

Et qui dit eau liquide + température douce, permet d’entrevoir une chimie de la vie à l’oeuvre .

Abraham Loeb va plus loin. Il estime qu’une forme de vie complexe aurait pu voir le jour au cours du tout premier milliard d’années d’existence de l’Univers (2).

Cette vie se serait développée au sein de planètes telluriques semblables à la Terre. Ces planètes auraient été nourries de matériaux lourds, riches en métaux issus de l’explosion des toutes premières étoiles dont la vie était très brève (3 millions d’années en moyenne).

Bref, une hypothèse totalement révolutionnaire et iconoclaste de nature à bouleverser l’histoire de l’Univers et celle de la Vie !


1 – Abraham (Avi) Loeb, professeur au département d’astronomie de Harward et membre de l’Académie des arts et des sciences américaine.
2 – Publication proposée à la revue Astropbiology en décembre 2013
3 – Le mystère du satellite Planck – Igor et Grichka Bogdanov – Ed. Eyrolles – juin 2013 


A découvrir pour mieux comprendre :

Réalisation : Jean-Christophe Monferran
Montage : Michel Castre
Crédit images : Institut d’Astrophysique de Paris (CNRS)
© CSI


A voir et à lire pour aller plus loin :

  • Un dossier SagaScience du CNRS : Big Bang, des origines de l’Univers aux origines de la vie.
  • L’incroyable défi : recréer le « Big-Bang » ! C’est l’objectif du « grand collisionneur d’hadrons » (LHC).
  • Vie et mort des étoiles Entrez, avec ce livre, dans un monde fascinant où l’on apprend, entre autres, que la matière dont nous sommes faits est directement liée au destin des étoiles !
  • La plus belle histoire du monde : les secrets de nos origines, par Hubert Reeves, Yves Coppens, Joël de Rosnay et Dominique Simmonet.
  • Simulation de la création des étoiles et des galaxies, (La science enquête, Cité des Sciences et de l’Industrie). Comment l’Univers a-t-il évolué depuis le Big Bang ? Où nous trouvons-nous dans cette immensité spatiale ? Quelques éléments de réponse…
  • Poussières d’étoiles Grand maître dans l’art d’expliquer simplement des choses difficiles, Hubert Reeves a donné de nombreux livres de vulgarisation. Celui-là est sans doute le plus accessible, ne serait-ce que parce qu’il est très illustré. On y voit bien sûr des étoiles et des galaxies, mais aussi des foetus humains, des fleurs et des insectes. La vision universelle de Reeves, en effet, ne se limite pas aux équations de la physique. Elle donne toute sa signification à la grande idée qui émerge de la cosmologie contemporaine : l’unicité de la matière fait que le moindre de nos atomes a, un jour, été créé au sein d’une étoile, et qu’il y retournera un jour.