samedi, 19 mai 2012

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Les temps modernes

La toute première « pop star »

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13 avril 1742

Quand la musique est bonne…

 

Le 13 avril 1742, une immense foule se presse devant le Grand Théâtre de Dublin plusieurs heures avant son ouverture. Tous espèrent pouvoir  écouter l’oratorio composé en seulement 24 jours par Haendel : Le Messie.

En quelques heures tous les billets sont vendus tandis que le Maître annonce que les droits seront reversés intégralement aux oeuvres de charité. Cette première représentation du Messie sera acclamée au-delà des espérances.

Ce jour-là, une star est née, la toute première « pop star » de l’histoire comme certains aujourd’hui n’hésitent pas à l’affirmer (1).

Reconnaissons que la vie de Georg Friedrich Haendel (1685-1759) est à la fois extravagante et populaire. Les puissants de l’époque, rois, reines, personnalités des cours européennes sont ses premiers supporters. Très vite, ses succès deviennent populaires et Haendel entraîne dans son sillage des milliers d’adorateurs, des groupies ou des fans, comme on dirait aujourd’hui.

Le personnage est aussi baroque que sa musique. Il porte des perruques extravagantes et on lui attribue de nombreux caprices. Son énergie et son ego sont à la hauteur de ses succès. Cependant, son tempérament méticuleux, impulsif et dominateur, le conduit à des excès comme le fait de vouloir défenestrer une cantatrice qui l’excédait.  Attitude de Diva qui  finira par lui jouer des tours et engendrer  pas mal d’ennemis.

Cependant, l’opinion publique est subjuguée autant par cette personnalité hors norme que par sa musique.  Il sera célébré durant son vivant comme un génie de la musique, tandis que le célèbrissime claveciniste, Scarlatti, évoquera le diable en personne lorsqu’il l’écouta pour la première fois.

Ironie de l’histoire, ce compositeur du XVIIIème siècle aura vécu dans la même rue que Jimi Hendrix. Très Rock-and-roll, n’est-il pas ?


Haendel : le parcours d’une superstar

  • Contemporain de Bach, originaire de Halle, en Saxe, Haendel composera une quarantaine d’Opéras, une vingtaine d’Oratorios et de nombreuses autres oeuvres musicales comme le célèbre Water Music (1717).
  • Il débute comme organiste puis fait un séjour en Italie entre 1706 et 1710. Il quitte alors Venise pour Hanovre.
  • En 1712, il abandonne sans autorisation son poste au service de Georg Ludwig, prince-électeur de Hanovre, pour rejoindre Londres et le futur roi George Ier d’Angleterre qui était aussi, par une malice des alliances, son ancien employeur à Hanovre. Haendel fait découvrir aux Britanniques, l’opéra italien.
  • En 1739, il délaisse l’opéra pour l’oratorio, abandonne les modèles allemands et italiens et crée l’oratorio anglais qui fait la part belle aux choeurs.
  • Peut-être pour remercier Dieu -bien qu’il ne soit pas dévôt- qui lui avait permis de se remettre d’une hémorragie cérébrale ayant paralysé son coté droit 4 ans plus tôt, Haendel compose entre le 22 août 1741 et le 14 septembre, le Messie.
  • Lors d’une des représentations du Messie, le 6 avril 1759, Haendel agé de 74 ans eut un malaise et exprima sa volonté de mourir le jour du vendredi saint. Voeu exaucé : il décéda le 14 avril et désormais, chaque Vendredi Saint à l’Albert Hall de Londres, le Messie est interprété.

1 – Haendel : une vie de Pop star, documentaire de la chaîne Histoire.


A écouter et à visionner :

Le premier envol de l’espérance de vie

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Posté par fabrice
 

1790

Ô Temps suspends ton vol

 

Au moment où la Révolution Française abolissait les privilèges, l’humanité s’octroyait un privilège qui n’a pas de prix : l’accroissement de l’espérance de vie et cela, pour la première fois de manière significative depuis l’aube de l’humanité. Situation probablement, sans équivalent pour la plupart des autres espèces vivantes, sauf pour nos « 100 millions d’amis » comme l’explique l’encart en bas de page.

27 ans pour les hommes et 28 pour les femmes, voici l’espérance de vie en 1750, espérance qui était restée peu ou prou identique depuis des lustres. Yves Coppens rappelle que la célèbre Lucy ayant vécu plus de 2 millions et demi d’années avant l’appartion de l’homo sapiens, est décédée à l’âge de 20 ans. Hélas, à l’époque, fêter ses 20 printemps, c’était être à l’automne de sa vie puisque l’espérance de vie se situait entre 15 et 18 ans. C’est à partir de 1790 que les choses bougent réellement. Pourquoi ce décollage ?

Décollage immédiat

Meilleure alimentation, meilleure hygiène et surtout découvertes médicales sont à l’origine de cette envolée. La vaccination sera un facteur-clé de progrès et, en tout premier lieu celui de la variole, infection qui fait des ravages notamment chez les enfants. Le 14 mai 1796, Edward Jenner teste sur un enfant, la toute première vaccination, connue sous le nom de Vaccine de Jenner, la variole des vaches. Profitant de ce combat contre les maladies infectieuses, entre 1790 et 1885, l’espérance de vie prend son envol.

Depuis 1841, selon les chercheurs Jim Oeppen et James Vaupel l’espérance de vie a augmenté au rythme de 3 mois par an. En réalité, cet accroissement n’est pas linéaire mais se produit par phase, phases qui correspondent principalement à des découvertes médicales. Ainsi, on constate une nette progression entre 1880 et 1960, ce qui peut être mis au crédit des avancées de Pasteur mais aussi au progrès technique et social et à une généralisation progressive de l’assainissement de l’eau. Puis, à partir des années 60, nouveau coup de pouce spectaculaire qui va encore s’accentuer entre 1995 et 2003. Cette fois, il s’agit de la « révolution cardiovasculaire ».

Film Brazil, de Terry Gilliam; 1985

Le vieillissement généralisé de la population au niveau mondial est évidemment l’autre versant de cet allongement de la vie : D’ici à 2050, les plus de 65 ans devraient triplés. Les séniors représenteront alors 1 milliard et demi de personnes, soit 1/6 de la population mondiale. Mais attention, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne : les champions du monde, reste les japonnais avec 79 ans pour les hommes et 86 pour les femmes, tandis que les moins biens lotis se trouvent au Zimbabwe, 39 ans pour les hommes et 43 pour les femme. Sans parler des SDF dont l’espérance de vie ne dépasse pas la cinquantaine, 48 ans. La révolution démographique pour abolir les privilèges est encore à venir !

Célébration des centenaires avant le tri-centenaire de la révolution.

Rien qu’en France les centenaires seront 200 000, contre 16 000 aujourd’hui et une centaine seulement en 1900. Cela constitue à la fois une chance et un fardeau. Mais contrairement aux idées reçues, actuellement les dépenses de santé du jeune âge en France (moins de 10 ans) sont équivalentes à celles du grand âge (à partir de 85 ans).

Progrès technique, médical et social, hygiène de vie, mais aussi capital génétique sont les facteurs-clés de cette révolution. Sinon comment expliquer l’étonnante longévité de Churchill qui, malgré son obésité, l’absence de pratique sportive, si l’on exclut le sexe, ses 18 cigares quotidiens, accompagnés abondamment de whisky, vécut jusqu’à 90 ans. La thérapie génique sera-t-elle la prochaine fontaine de jouvence ?


Les animaux domestiques aussi vous présentent leurs meilleurs vieux

Selon une étude allemande menée en 2005, l’espérance de vie de nos compagnons à 4 pattes a progressé régulièrement depuis les années 80. Ainsi, l’espérance de vie des chats serait passé de 6,2 ans en 1982 à 11,1 ans en 2005, soit une augmentation spectaculaire de 40% . Cette progression est moins spectaculaire pour les chiens, dont l’espérance de vie serait passée de 9,5 ans à 11,9 sur la même période. Meilleure alimentation, soins prodigués régulièrement à nos compagnons à poils, finalement mêmes causes, mêmes effets que pour l’homme.

Publié le 4 janvier 2011


A visionner pour ceux qui espèrent vivre plus longtemps :


Comment augmenter son espérance de vie – part 1
envoyé par pedro69006. – Regardez plus de vidéos de science.


A voir et à lire pour aller plus loin :

  • Histoire des centenaires et de la longévité : Vivre cent ans, voire même davantage : voilà qui constitue depuis des temps immémoriaux un des rêves les plus tenaces de l’être humain. Pour parvenir à cette longévité tant désirée, il aura tout essayé ou presque depuis les moyens les plus absurdes jusqu’aux plus sophistiqués. Quels sont ceux qui ont réellement réussi ? Parmi les cas de centenaires ou de  » longévites  » rapportés dans les ouvrages et les documents anciens, quels sont ceux auxquels on doit accorder crédit ?
    La perception de l’âge et de la longévité n’a-t-elle pas varié avec le temps ? Quelles ont été les étapes de l’allongement de la durée de vie auquel on assiste de nos jours ? De Mathusalem à Jeanne Calment en passant par Luigi Cornaro ou Jean Jacob, cet ouvrage évoque quelques longs-vivants célèbres ou moins connus. Il retrace également le long parcours de tous ceux, scientifiques, écrivains ou anonymes qui à travers les siècles ont consacré tout ou partie de leurs réflexions et de leurs travaux à mieux connaître le processus du vieillissement afin de trouver les clés de la longévité.
  • Guide du bien vieillir : Plus question d’aborder la cinquantaine comme nos grands-parents l’ont fait ! L’augmentation de l’espérance de vie, les progrès de la médecine font que l’on vivra plus longtemps et mieux qu’on ne le pensait. Encore faut-il s’y préparer activement, le plus tôt étant bien sûr le mieux. C’est l’objectif de cet ouvrage, très complet, qui aborde le vieillissement sous tous ses angles : physique, santé, bien-être, intellect, relation avec les autres (conjoint, petits-enfants), préparation de sa retraite…
  • Arrêtons de vieillir : Peut-on repousser les limites de la vie ? Pierre Boutron, polytechnicien, chercheur au CNRS, répond sans détour : oui. Puisqu’il existe dans la nature des espèces vivantes qui échappent au vieillissement, rien n’interdit que nous puissions infléchir ce processus et dépasser notre limite de longévité. Une fois présentés les principaux mécanismes du vieillissement, l’auteur explique comment en modifier le cours.

La toute première fois où l’on dépasse les bornes des limites

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1883

On n’en a pas fini avec les infinis

Si l’infini peut paraître long, surtout sur la fin, pour paraphraser Woody Allen évoquant l’éternité, c’est, avant tout, sa compréhension qui fut longue à germer dans les esprits.

Georg Cantor

Georg Cantor

En réalité, cette notion d’infini a trouvé difficilement sa place, du moins d’un point de vue mathématique, restant le terrain de jeu de bons nombres d’adeptes des paradoxes. Il faudra en effet attendre Georg Cantor, dans les années 1880, pour disposer d’une réponse mathématique opérationnelle à un concept qui, jusqu’alors, relevait du divin ou de la philosophie.

Un infini, hors de portée

Évidemment, à la question « qu’y a-t-il au-delà des limites (ou après) », on relevait une infinité de réponses, chacune correspondant à une vision sans véritable fondement mais dotée d’un point commun : elles considéraient l’infini comme quelque chose d’inatteignable voire d’inimaginable. Même si mathématiquement parlant on admettait l’existence de grandeurs en perpétuel accroissement, sans véritable limite. Un infini potentiel mais hors de portée rationnelle.

Quantifier l’inquantifiable

Cantor, lui va quantifier « l’inquantifiable » grâce à ses nombres transfinis. Ces nombres vont lui permettre de quantifier l’infini et de réaliser des calculs dessus comme la comparaison entre différents ensembles d’infinis. Pour la toute première fois l’infini endosse l’habit du monde réel et délaisse celui du sacré. Désormais, il devient à la portée de l’esprit humain car calculable.

Aujourd’hui, cela semble aller de soi mais la révélation d’un infini accessible aux règles rationnelles des mathématiques représente un saut conceptuel presque aussi important que la découverte du zéro. Cette comparaison avec le zéro n’est pas anodine car tous deux ont été longtemps niés, considérés comme inappropriés au mode réel ; tous deux sont également liés car en divisant le fini par zéro, on obtient l’infini. Tout est bien qui finit bien !

Sans aucun doute, l’infini recèle une part de mystères qui dérange bons nombres d’esprits surtout les plus cartésiens. Au point que Descartes ne pouvait admettre que l’esprit humain fût capable de concevoir autre chose que des choses finies.

L’éviction de l’infini…

Bien avant lui, les grecs de l’Antiquité avaient contourné le problème de l’infini par un concept négatif baptisé l’éviction : le non fini, dans le sens incomplet ou inachevé. D’ailleurs, Aristote évoque un infini potentiel au sens utopique et inaccessible au commun des mortels. Auparavant, Zénon d’Elée soumet les premiers paradoxes de l’infini dont la célèbre flèche qui n’atteint jamais sa cible car la distance totale est fractionnée de manière infinie (la moitié, puis le quart, le 8ème…).

Dans l’infini, il y a du grand et du petit !

Le concept positif arrivera sur le tard, au Moyen Age. Il repose sur une logique métaphysique où l’accès à l’infini est une prérogative de Dieu et de lui seul. Dans le même esprit, Blaise Pascal (1623-1662) écrira, à propos de l’infiniment grand et de l’infiniment petit : « …ces extrémités se touchent et se réunissent à force de s’être éloignées et retrouvent en Dieu et en Dieu seulement ». La messe est dite.

Hérité d’un symbole romain désignant 1000, le symbole de l’infini sera introduit pour la première fois par John Wallis en 1665. Cantor, lui, utilisera un autre symbole qui se lit « aleph » et qu’il va décliner selon des catégories (infini des nombres entiers, infini des points…). Autrement dit pour Cantor, il existe plusieurs infinis (pouvant être comparé entre eux grâce aux nombres transfinis). Cette diversité de l’infini ne plaira pas car elle remet en question l’infini unique et divin.

L’infini : une histoire à dormir debout

Alors, en définitive, l’infini est–il une notion à dormir debout ? Je vous laisse juge avec ce paradoxe de l’hôtel infini que proposa un certain David Hilbert, au début du siècle dernier :
Observons un hôtel qui comprend une infinité de chambres. Toutes les chambres sont occupées. Arrive une infinité de nouveaux clients. Comment faire pour tous les loger puisque l’hôtel est déjà complet ?
Simple : il suffit de déplacer les anciens occupants en leur donnant que les chambres paires. Ainsi le client de la chambre 1 passe dans la chambre 2, celui de la chambre 2 passe dans la chambre 4, celui de la chambre 3 dans la chambre 6 et ainsi de suite (souvenons-nous que le nombre de chambre est illimité).
Quant aux nouveaux clients, on leur attribue les chambres impaires qui sont en nombre illimitées et qui viennent d’être libérées.

Reste une question en suspens, quel fut le numéro de la chambre de Georg Cantor lorsqu’il sombra dans la folie ?


A voir et à lire pour aller plus loin :

  • Une Brève Histoire de l’Infini de John Barrow. Vivante et passionnante, voici la première histoire de l infini à travers les âges et à travers les divers domaines de la pensée et de la science.
  • et une illustration du concept d’infini, attribuée à Albert Einstein : « Deux choses sont infinies : l’Univers et la bêtise humaine. Mais en ce qui concerne l’Univers, je n’en ai pas encore acquis la certitude absolue. »

Le tout premier Serial Killer médiatique

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27 septembre 1888

Feuille de choux et choux gras

Le 27 septembre 1888, l’agence de presse London Central News Agency reçoit une lettre signée « Jack The Ripper ». Le surnom de Jack l’éventreur est né et avec lui, pour la toute première fois, la sur-médiatisation des faits divers.

Le mythe de Jack l’éventreur est donc en train de surgir, porté par une presse en expansion, avide de sensationnel et de scoop. A n’importe quel prix, d’ailleurs car il est probable que cette lettre -et celles qui suivront- soit le fruit d’un journaliste du journal Star, né cette même année, nommé Bert et non pas du meurtrier lui-même. D’autres lettres suivront signées à l’encre rouge « votre humble serviteur, Jack l’Eventreur ».

Pour la première fois, la notion de « Serial Killer » pénètre, presque par effraction, dans l’imaginaire des gens avec en arrière plan tous les ingrédients du genre qui fera les choux gras des feuilles de choux et plus tard d’Hollywood. Crime odieux, personnes de petites vertus, atmosphère malsaine d’un quartier misérable de Londres sur fonds de révolution industrielle. Le tout mis en scène par une presse assoiffée de manchettes à sensation. Il faut dire que la presse, qui existe depuis le XVII ème siècle,  est en train de touner une page et son économie connaît un bouleversement.  Grâce à Emile Girardin, la publicité a fait irruption depuis 1836,  an 1 de l’ère médiatique selon certains observateurs ; en Angleterre, la suppression des « taxes sur le savoir » remonte aux années 1850. Résultat : les prix des journaux baissent, leur nombre et leur audience s’accroissent.

Et pour cette nouvelle presse à sensation, tout a vraiment commencé, la nuit du 31 août 1888. Nous sommes dans l’un des quartiers les plus pauvres de Londres, Whitechapel (East End). La police londonienne découvre le cadavre d’une prostituée dont le corps a été atrocement mutilé, égorgé et éventré mais non éviscérée comme le seront les autres victimes.

Sur un mode opératoire similaire mais cette fois vidés de leurs viscères (intestins, utérus, reins), quatre autres cadavres, toutes prostituées, seront découverts les semaines suivantes. La dernière victime, la plus jeune, 25 ans, contre un quarantaine d’années pour les autres, subira le traitement le plus atroce : ses viscères furent éparpillées aux quatre coins de son appartement à l’exception de son cœur qui ne fut pas retrouvé.

Cette série de meurtres, au moins 5 au total, s’achève le 9 novembre 1888, soit 3 mois presque jour pour jour après la découverte de la première victime. Le meurtrier ne sera jamais arrêté ni même identifié bien que la Metropolitan Police –Scotland Yard- envisagea plusieurs suspects mais aucun n’apparaîtra comme crédible.

A défaut de coupable authentifié, reste la question « à qui profite le crime ? ». Il y a au moins une réponse : à la presse à sensation.


Les victimes reconnues de Jack l’Eventreur

  • Mary Ann Nichols, la nuit du 31 Aout 1888
  • Annie Chapman, 7 Septembre
  • Elizabeth Stride, 29 Septembre
  • Catharine Eddowes, le 29 également
  • Mary Jane Kelly, le 9 Novembre.

Les suspects

  • Prince Albert Victor, le Prince de Galles, héritier de la Couronne de l’Angleterre. Thèse du complot qui expliquerait aux yeux de certains l’échec de la Police.
  • Sir William Gull , un chirurgien qui permet d’expliquer les actes chirurgicaux du meurtrier vis-à-vis de ses victimes.
  • Montague John Druitt, le seul dont la mort concorde avec la fin des crimes.
  • Dr Roslyn Dontsan, médecin sataniste
  • Aaron Kosminski, identifié par un témoin mais sans témoignage.
  • James Maybrick, selon le journal intime de Jack l’éventreur qui hélas a les attributs d’un faux
  • Walter Sickert, peintre accusé par la romancière Patricia Cornell en octobre 2002

 


A regarder pour mieux comprendre :


A voir et à lire pour aller plus loin :

  • The Lodger d’Hitchcock pour la première fois à l’écran – Troisième film d’Alfred Hitchcock, tourné en Grande Bretagne, « The lodger, a story of London fog » (1926) n’avait jamais été projeté dans les salles en France. Les fans du maître se précipiteront pour voir cette variation muette et irrésistible de Jack l’éventreur !
  • Jack l’Eventreur démasqué – Cent vingt ans après, l’enquête menée par Sophie Herfort est sans appel : Jack l’Eventreur a désormais un nom. Sophie Herfort est professeur de français à l’Alliance française, licenciée de philosophie et formée à la psychopédagogie et à la neuropsychiatrie. Elle a travaillé pendant vingt ans à la résolution de l’énigme Jack l’Eventreur, épluchant les rapports de police de l’époque, les articles de journaux et les lettres écrites par l’assassin présumé.
  • Le livre rouge de Jack l’éventreur – Un livre de fond sur la vie de cet ancêtre de nos serial killers, sur lequel tant de légendes et de mythes erronés se sont greffés. Stéphane Bourgoin reprend l’enquête à zéro. Il reconstitue l’atmosphère misérable et sombre de l’East End londonien de 1888. Il nous fait revivre chacun de ces meurtres effroyables, comme celui de Annie Chapman et de Mary Jane Kelly… Il examine les différentes théories, plus ou moins classiques, qui font successivement de Jack l’Eventreur un étrangleur, un magicien, un étranger, un membre de la famille royale : déjà un mythe ! Stéphane Bourgoin nous livre les archives secrètes de Scotland Yard. Il a eu également accès aux dossiers de la FBI National Academy. Ce texte est donc un panorama complet, scientifique et fascinant, du destin de l’Eventreur. Le récit est suivi d’un certain nombre de documents décisifs autour du personnage : des nouvelles anglaises inédites, une bibliographie et une filmographie exhaustives.
  • From Hell en DVD – En 1888, à Londres, dans les rues mal famées du quartier de Whitechapel, un tueur en série, surnommé Jack l’Eventreur, rôde. La nuit tombée, ce mystérieux personnage éventre des prostituées. L’inspecteur Frederick Abberline, de Scotland Yard, est engagé pour enquêter. Il comprend rapidement que ces crimes procèdent d’une mise en scène élaborée et suppose un sang-froid à toute épreuve et de solides connaissances en anatomie. Le policier, intuitif et visionnaire, dresse patiemment le profil de ce meurtrier hors normes. Un film de 2002 avec Johnny Depp, Heather Graham, Ian Holm …

Voir l’intérieur du corps sans l’ouvrir, pour la première fois

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22 décembre 1895

Temps X

Le 22 décembre 1895 au soir,  Berta Röntgen, l’épouse du physicien Wilhem du même nom, tend sa main à l’histoire. Cette main tendue –durant près de 20 minutes, durée de l’exposition aux rayons X – marque un tournant inouïe dans l’histoire de l’humanité : pour la première fois, il est possible d’observer ce que contient l’intérieur du corps, en l’occurrence la main de Berta, sans pratiquer une ouverture ou une incision. Le Père Noël, en cette fin d’année 1895, a dans sa hotte un bien beau cadeau pour l’humanité : la radiographie.

La toute première radiographie : la main de Berta Röntgen

Cette découverte est presque le fruit du hasard. Wilhem Röntgen (1845-1923), scientifique allemand mais également féru de photographie, effectue des recherches sur les tubes cathodiques. Un jour, il s’apperçoit que des plaques photographiques protégées et enfermées dans un tiroir sont voilées.  Il réalise que celles-ci étaient situées à proximité d’un tube cathodique émettant des rayonnements. C’est ainsi qu »il découvre un type de rayonnement jusque alors inconnu. Un rayonnement qui traverse différents matériaux comme le verre, le papier et donc la peau mais en revanche, qui est stoppé par d’autres comme le plomb. Ce rayonnement, Röntgen le baptisera, rayonx X, en référence au symbole de l’inconnu en mathématique.

Rarement découverte aura une application aussi rapide. Dès le début de l’année suivante, en 1896, les tout premiers services d’imagerie médicale voient le jour. Quant à Röntgen, il reçut le tout premier prix Nobel de physique en 1901 et ne souhaita pas, pour des raisons humanitaires, déposer de brevet.

A partir des années 70, le principe des rayons X connaît un nouveau « rayonnement » grâce aux scanners. Depuis une vingtaine d’années, les outils de diagnostic médical deviennent de plus en plus puissants et précis. Aujourd’hui, on s’oriente vers la possibilité de découvrir le mal avant même qu’il se déclare. Ce n’est plus de la vision, cela devient presque de la voyance !

Les outils de l’imagerie médicale :

IRM : Imagerie par résonance magnétique excelle dans les images anatomiques
TEP : tomographie par émission de positrons (précurseur scintigraphie) montre l’activité des organes
PET-SCAN : combine la TEP et les scanner à rayons X
Fluorescence : permet de débusquer les cellules malignes grâce à leur « gourmandise » pour le glucose…


A regarder pour mieux comprendre :


A voir et à lire pour aller plus loin :

  • La 3D révolutionne la médecine – La 3D n’est pas l’apanage du cinéma ou de la télévision. En médecine, elle permet aujourd’hui d’améliorer très concrètement le geste du chirurgien. A l’avenir, notre dossier médical pourrait ressembler à un fichier numérique, comprenant le clone en 3D de notre corps et de nos organes… Un reportage et des vidéos publiés sur Nouvo.ch
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  • OsiriX – Des Genevois dessinent la médecine du futur. C’est aux Hôpitaux Universitaires de Genève que l’équipe du Pr. Osman Ratib affine le plus fin outil d’imagerie médicale, conçu en open source. Des chirurgiens du monde entier l’utilisent déjà pour repousser les frontières du possible. Le programme se décline même sur iPhone… Un article publié par le quotidien suisse « Le Matin »
  •  

  • Le corps et son image : du diagnostic à l’esthétisme de l’imagerie médicale – L’évolution formidable des techniques d’imagerie médicale ces dernières années a changé fondamentalement la pratique de la médecine moderne. Des scanners de plus en plus performants permettent d’explorer le corps humain dans tous ses détails. Les performances des nouvelles techniques d’imagerie sont renforcées par de nouveaux outils informatiques de visualisation et de navigation en trois dimensions. A partir des images obtenues des scanners (CT, ultrasonographie, IRM ou PET), il est ainsi possible aujourd’hui, grâce à ces nouvelles techniques d’imagerie 3D, de reconstituer les organes et les structures internes du corps, en couleur et avec des degrés de transparence pour chaque différent niveau de tissus, avec un résultat d’un réalisme jamais atteint auparavant. Un livre passionnant et richement illustré que nous devons également au Pr. Osman Ratib. (à paraître le 4 novembre 2010)
  •  

  • Voyage à l’intérieur du corps humain – Une équipe de recherche de l’Ecole polytechnique féférale de Lausanne a réalisé un calculateur extrêmement performant par interconnexion de simples PC. L’application la plus spectaculaire de ce système est sans doute l’ « homme de verre », qui permet de faire un voyage sur Internet à la découverte du corps humain.

 

Les tout premiers adolescents

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Vers 1890

La fureur de vivre !

 

Nos ados vivent aujourd’hui un âge d’or qui non seulement n’avait pas cours il y a seulement un siècle mais dont l’idée même était inconcevable à nos grands aïeux. N’en déplaise aux « Tanguy » en herbe, depuis que l’homo sapiens arpente notre bonne vieille terre et jusqu’à la proximité du XXème siècle, le rejeton de l’homme passait directement de l’enfance à l’adulte, sans passer par la case « ado ».

Il faudra attendre la fin du XIXème siècle pour que le concept d’adolescence pointe, pour la toute première fois, le bout de son nez. A partir de 1880/1890 et durant les trois premières décennies du XXème siècle, à l’instar de l’adolescent qu’il caractérise, ce concept cherchera sa place !

Cette période charnière de la vie a donc longtemps était ignorée parce que l’enfant, une fois acquis sa maturité sexuelle, devait accéder aux responsabilités et ne plus être une charge pour les parents.

Au Moyen-Âge, les enfants sont presque considérés adultes dès l’age de 7 ans mais restent toutefois sous l’autorité du père jusqu’à 12 ans. Pour les filles la majorité est fixée à 15 ans. Dans les sociétés primitives, l’adolescence n’existe pas. A travers des rites initiatiques, souvent à caractère sexuel, il est question de « tuer » l’enfant pour donner naissance à l’adulte. L’adolescence est carrément escamotée !

 L’adolescence : fille de la bourgeoisie et de l’industrialisation

La naissance de l’adolescence est le fruit d’une double mutation : celle de la scolarisation qui touche, dans un premier temps, les enfants de bourgeois et l’industrialisation qui modifie les traditions familiales. La transmission de père en fils d’un savoir-faire ancestral et souvent accompagnée de celle des terres des ancêtres ne devient plus systématique. Le jeune, attiré par les sirènes des usines, au sens propre comme au sens figuré, commence à remettre en cause cette trajectoire quasi automatique.

Développer se personnalité, son propre parcours commence sérieusement à démanger le jeune ado. Bref, « se créer une identité personnelle. C’était une idée entièrement nouvelle », comme l’indique Jeremy Rikkin(1). Il ajoute : « ce phénomène […] a eu sur les filles comme sur les garçons un impact de portée historique, et des effets qui allaient changer la conscience. »

Crise d’identité

Ce refus du statu quo révèle une crise d’identité dont l’expression ne sera pourtant inventée que dans les années 40 par Erik Erikson. Cette volonté d’exister autrement et de manière indépendante conduira autant à cette crise d’identité qu’à la construction même d’une identité.

Ainsi, pour la toute première fois, au cours de cette fin de XIXème siècle, apparaît la notion de crise adolescence. Médecins, enseignants, religieux, militaires, tous redoutent cette « altérité critique »(2). Ils y voient un âge bâtard, ingrat, potentiellement dangereux pour l’individu comme pour la société, comme le souligne l’historienne Michelle Perrot. Autrement dit, l’adolescent est raisonneur, il n’est pas raisonnable !(3).

Cela suscite des inquiétudes. Certains dénoncent une « criminalité adolescente effrayante », dont l’origine, pour des psychologues étiquetés « sociaux » comme Gabriel Tarde, provient d’un environnement défavorable où la jeunesse est livrée à elle-même. Cette situation anxiogène relayée par la presse conduit à la création, en 1906, d’une pénalisation spécifique pour les jeunes de 13 à 18 ans. Pour les jeunes de 18 ans de l’époque, la peine de mort est loin d’être une exception comme en témoigne les registres des condamnés à mort de l’année 1901, 11 mineurs sur 18 !

Parallèlement à ces mesures punitives, les initiatives, tant laïques que religieuses, ne manquent pas. La République instaure la gratuité pour la scolarité (1881), des programmes pour les apprentis et les jeunes ouvriers, des cours du soir, créée des maisons de l’adolescence qui deviendront plus tard les fameuses MJC. Tandis que les institutions religieuses développent le patronage, le scoutisme…

Age tendre et tête de bois !

Les perceptions de la notion d’adolescence, négatives dans un premier temps, vont évoluer jusqu’à celles beaucoup plus nuancées d’aujourd’hui.

Bienheureux ces grands enfants qui, après des millénaires de régime sec vont enfin pouvoir manger leur pain blanc en restant sous l’aile protectrice des parents avant de se « friter » à la dure réalité de la vie. Comme le souligne Jeremy Rifkin « « la prolongation de ce statut de protégé a rendu les jeunes plus dépendants et les a même infantilisés. De l’autre, ils sont devenus plus introspectifs, et même de bon connaisseurs de la vie ».

La jeunesse acquiert progressivement ses lettres de noblesses et devient une catégorie sociale à part entière qui commence à l’adolescence et se prolonge désormais jusqu’à ce qu’on appelle l’adulescence. Son image sera à jamais associée à celle de James Dean qui, grâce à la « Fureur de Vivre », est devenu le symbole et l’idole d’une jeunesse en mal d’identité qui veut vivre à 100 à l’heure.

Elle donne lieu à des chocs de culture qui irradient la société sur deux strates : celle des couches populaires dont sortira le phénomène des « blousons noirs » puis des crises de banlieues et celle des classes moyennes qui connaitra son apogée lors de Mai 68 et de la contre-culture..

En un petit siècle d’existence -face à près de 200 000 ans pour l’espèce humaine, excusez du peu ! -, l’adolescence est parvenue à bouleverser l’ensemble de la société. Culture et langages spécifiques, remise en cause de la société, de l’autorité, désir de libéralisation des mœurs, recherche de nouvelles valeurs, de nouvelles frayeurs, accrocs aux signes d’identification propres, addiction à la technologie et aux substances illicites, l’adolescence est devenue un tout nouveau terrain de jeu, une sorte de cocon soumis à d’immenses tensions internes d’où sortiront les nouveaux maîtres du monde : Bill Gates (cofondateur de Microsoft), Steve Jobs (Apple), Mark Zuckerberg (Facebook)…

L’adolescent tient désormais dans la société une place de choix que l’on pourrait résumer à cette formule de Pagnol (4) : « il est grand ce petit » !


Via mobile et blogs, les ados se mettent à nu !

Les ados d’aujourd’hui n’ont plus grand-chose en commun avec ceux qui ouvert la voie à cette période intermédiaire d’une vie qu’est l’adolescence, il y a plus de 100 ans. Il n’en demeure pas moins qu’aujourd’hui comme hier, les adolescents ont comme deuxième nature le fait de douter de soi et de rechercher la transgression.

Les pratiques récentes connues sous le vocable de « dedipix » et de « sexting », favorisées par la connexion entre les nouveaux moyens de communication des réseaux sociaux, des sites de partage vidéos (Youtube / Dailymotion) et des mobiles, qui consistent à exhiber une partie de son corps ou à se mettre en scène dans des situations plus qu’intimes pour ne pas dire scabreuses répondent à ce besoin.

Pour le psychanalyste et spécialiste des mondes virtuels, Yann Leroux(*) : « mettre en ligne des images partielles de son corps via le “dedipix” permet aux adolescentes de voir ce qui peut susciter de l’intérêt chez le sexe opposé, sans trop se dévoiler non plus puisqu’elles cachent souvent leur visage ».

En effet, le « Dedipix » consiste, pour une adolescente à écrire une dédicace sur une partie plus ou moins intime de son corps et de diffuser cette photo sur leur site personnel. Cela est souvent assorti d’un dispositif de points (dénommés « coms ») variables selon l’endroit du corps où se situe cette dédicace.

Le « teen Sexting » va encore plus loin dans l’exhibition puisqu’il s’agit cette fois de se montrer, via mobile et web, dans des situations érotiques pour ne pas dire pornographiques. Selon un sondage de la Sofres publié en octobre 2009, 14 % des 12-17 ans français auraient déjà reçu des messages à caractère sexuel de la part de leurs copains ou petite amie. Il arrive que des « minettes » de 13 ans diffusent leur toute première relation intime via leur mobile, parfois même sous la forme d’une série : leur première fellation, leur première relation sexuelle, leur première sodomie…

Relativisons cependant le succès de ce phénomène. Une étude américaine portant d’août 2010 à janvier 2011 révèle que seul 1% des jeunes de 10 à 17 ans ont envoyé des photos d’eux-même ou de leurs camarades nues sur internet ou sur leur mobile.

Néanmoins, c’est la rançon d’une société hyper-sexualisée ou tout doit être tenté. Pour paraphraser le publicitaire Seguela, si à 18 ans tu n’as pas tout connu du sexe, ton adolescence est ratée !

Quelques soient les époques, et au grand désarroi des parents, l’adolescence c’est les premiers pas vers la sexualité. Premiers émois, premiers amours, premières expériences sexuelles… et maintenant, premières « exhib » !

* Pour en savoir plus : http://www.psychologies.com/Famille/Ados/Sexualite-des-ados


« Pouponnière » d’entreprises

Evita Nuh du haut de ses 12 ans vient de créer –fin 2011- sa marque de vêtements, Little Nuh.
Evita est loin d’être une exception.

Leanna Archer, Haïtienne d’à peine 16 ans, PDG de Leanna’s inc, société qui commercialise des produits capillaires, affiche 100 000 dollars de chiffre d’affaires. Amber Atherton, top model britannique de 19 ans, repérée à l’âge de 12 ans, fait un tabac auprès des célébrités avec sa boutique en ligne, myflashtrash.com. Autre exemple, Tavi Gevinson une blogueuse de mode influente de 16 ans.

Et les garçons ne sont pas en reste : Greg Grossman, 15 ans seulement mais déjà chef cuisinier chez un traiteur. Plus fort, Blessing Maregere, 18 ans, a déjà à son palmarès la création et la revente de 5 entreprises ! Plus fort encore, Farrah Gray, le business dans la peau, est devenu millionnaire à 14 ans. A donf… ces ados !
Face à ces « bébés » entrepreneurs, tête de pont de la génération Z, la génération précédente, Y, semble déjà has been. Ce phénomène devient un vrai business aux Etats-Unis. Les entreprises spécialisées dans le conseil à ces très, très jeunes entrepreneurs se multiplient ainsi que les sites qui leur sont dédiés, comme teenentrepreneurblog.com.

En France, si le phénomène est moins répandu, depuis le 1er janvier 2011, il est néanmoins possible pour un ado de créer son entreprise, dès lors qu’il a atteint 16 ans.

Ces ados hypers-précoces, presque hors-d’âge, ambitieux, très sûr d’eux se sentent invincibles. Ils n’attendent pas grand-chose des autres ni de leurs aînés. « Comme la transmission générationnelle s’est affaiblie, ils ont l’illusion qu’ils n’ont pas besoin de l’expérience de leurs aînés pour s’accomplir », explique la psychologie Béatrice Copper-Royer dans son livre « Vos enfants ne sont pas des grandes personnes » (éd. Albin Michel).
Il n’y a pas à dire la valeur n’attend pas ou n’attend plus le nombre des années !

* Pour en savoir plus : Article « Les petits ambitieux » – Nouvel Observateur N° 2467 – 16 février 2012


(1) Une nouvelle conscience pour un monde en crise – Jeremy Rifkin – Ed. LLL (Les liens qui libèrent)
(2) Sciences Humaines – Martine Fournier . N°110 – Novembre 2011
(3) Histoire de l’adolescence, 1850-1914 ; Agnès Thiercé – Ed. Belin
(4) Réplique de Raimu dans la Trilogie de Pagnol


A visionner pour mieux comprendre :



Phénomène Dedi Pix blog par CyberPeople




A lire pour aller plus loin :

  • L’adolescence n’existe pas. Une histoire de la jeunesse, de Patrice Huerre, Martien Pagan Reymond et Jean-Michel Reymond.

    Pourquoi les jeunes prennent-ils leur indépendance de plus en plus tard ? Cette adolescence prolongée n’est-elle pas source de souffrance ? Comment expliquer l’augmentation des violences, des passages à l’acte, des dérives auto-initiatiques ? L’adolescence n’est qu’une création récente de notre société, un artifice pour signifier, autour de la puberté, le passage de l’enfance à l’âge adulte, qui, lui, a toujours existé. Autrefois, ce passage était célébré, délimité, à travers des rituels. Aujourd’hui, cette transition se dilue dans le temps. Pis, ce sont les adultes qui, par refus de vieillir et par souci de supprimer tous les risques, excluent les jeunes du monde des grands. Attention, l’adolescence est bien un artifice, un mythe qui nous empêche d’aider nos enfants à devenir adultes.

  • Histoire de l’adolescence, 1850-1914, de Agnès Thiercé.

    Le concept d’adolescence s’est forgé, puis inscrit dans la société, durant la seconde moitié du XIXe siècle. Ne prenant d’abord en compte qu’une minorité – les garçons pubères de la bourgeoisie, seuls à bénéficier, au sein des collèges et des lycées, d’un espace-temps de vie propre à leur âge -, la notion a peu à peu englobé celles et ceux qui d’abord en étaient exclus ; les classes populaires et les jeunes filles.
    Ce livre montre comment les nouvelles politiques d’encadrement mises en place par la Troisième République et les Églises dans les années 1880-1890 ont permis ce tournant. On voit naître une nouvelle science, la psychologie de l’adolescence.
    De la «crise de l’adolescence» à «l’âge de tous les possibles», notre perception contrastée de l’adolescence est très largement héritée des discours du XIXe siècle.