dimanche, 25 septembre 2022

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

D. De 1960 à 2000+

Le tout premier « Bébé-médicament »

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29 août 2000

Bébé médicament

« Un sauveur est né… »

Si selon la Bible, Adam revendique le titre de tout premier homme, Adam Nash peut revendiquer celui de tout premier humain conçu pour soigner. Cette innovation absolument unique dans le monde du vivant peut-être considéré, soit comme une instrumentalisation de l’être humain, d’où le nom de Bébé-médicament ou de Bébé-instrument, ou comme une avancée sans équivalent pour le bien-être de l’humanité : une toute, toute première fois…de tout premier ordre !

Né pour sauver sa soeur

Tout a commencé aux Etats-Unis, à l’aube du troisième millénaire. Molly, la future sœur aînée d’Adam Nash, âgée de 6 ans, est atteinte d’une maladie « l’anémie de Fanconi, une affection sanguine héréditaire très grave. Seul remède possible : la greffe de cellules souches hématopoïétiques. La solution proposée par Yuri Verlinsky, du département de génétique et de procréation de l’Université de Chicago, fut de sélectionner à partir d’un panel d’embryons conçus par les parents, dans une fécondation in vitro classique, ceux qui ne portaient pas le gêne défectueux. Procédé complété par une recherche de compatibilité immunologique, de type HLA (Human leucocyte antigens ) entre les futurs frères et sœurs.

Ainsi, l’embryon exempt de la maladie affectant Molly et qui était immuno-compatible a été réimplanté dans l’utérus de la mère et donna naissance le 29 août 2000, à Denver dans le Colorado, à Adam Nash, le tout premier bébé à visée thérapeutique de l’histoire. Un bébé comme les autres, si ce n’est que l’objectif initial du projet parental était de disposer de cellules souches histocompatibles en vue de soigner un autre être humain, en l’occurrence de régénérer la moelle osseuse de sa sœur, Molly. , cette première médicale pose de nombreuses questions d’ordre moral, religieux et éthique. Car, pour la toute première fois, la procréation humaine n’est pas uniquement orientée vers la naissance mais chargée « d’une mission », thérapeutique qui finalement n’a rien de naturelle. Depuis, ce procédé est repris à travers le monde, avec évidemment une charge émotionnelle et d’espérance immense.

« Notre espoir », le bébé du double espoir français

L’équipe de l’hopital Antoine-Béclère de Clamart ayant contribué à la naissance d’Umut-Talha, « notre espoir » en turc, avec les professeurs René Frydman et Arnold Munnich. Photo AFP

Le 26 janvier 2011, le petit Umut-Talha ouvre la voie française des bébés-médicament, baptisés plus élégamment, « bébés-docteur » ou « bébés du double espoir » pour reprendre la formule des spécialistes. Comme pour Molly, Umut-Talha est né par fécondation in-vitro après un double diagnostic pré-implantatoire (DPI). Comme pour Molly, celui-ci visait à garantir que le futur nouveau-né serait indemne de la maladie génétique très invalidante (bêta-thalassémie, causant des anémies) dont souffraient les autres enfants de la famille et compatible en tant que donneur.

Cependant, les parents d’Umut-Talha ont laissé la nature effectuer l’ultime choix. En effet, comme l’explique le Professeur René Frydman (voir la seonde vidéo, en fin d’article), parmi les 2 embryons sains sélectionnés, l’un était compatible et l’autre pas pour jouer le rôle de « bébé-médicament ». Les parents de l’enfant s’en sont remis au hasard ou au doigt de Dieu, comme on voudra. Celui-ci a opté pour l’embryon compatible  Ainsi, le cordon ombilical de ce bébé sauveur, prélevé à sa naissance, pourra servir ultérieurement pour une greffe de sang salvatrice.

Nul ne doute que ces enfants d’un genre nouveau sont conçus avec d’autant plus d’amour que l’on attend beaucoup d’eux. Cela dit, le généticien Axel Khan rappelle [1] que cette approche n’est pas si nouvelle que cela car, auparavant, les parents ayant été affligés par des enfants handicapés ou gravement malade recourraient souvent à faire d’autres enfants « en espérant que le hasard leur serait favorable ».

Avec ces embryons « sur mesure », dans certaine famille on pourra dire : « un sauveur nous est né… » Est-ce un bien pour un mal ou le contraire ? Seule l’Histoire nous le dira.


Né sous « temps X » ou, bientôt, la première « culture » de bébés !

Aujourd’hui, dans certaines situations, des bébés prématurés peuvent déjà bénéficier d’un utérus artificiel qui fournit au fœtus l’essentiel pour sa survie : oxygène, nourriture, hydratation, une chaleur et une humidité optimale…

 

 

Ce dispositif demeure toutefois transitoire car le bébé est ensuite replacé dans le ventre de sa mère porteuse.

Bientôt, l’évolution du fœtus pourra s’effectuer dans un environnement totalement extérieur au corps humain, c’est-à-dire sans passer par l’intermédiaire de la mère-porteuse.

Une grande première pour la science, mais un vrai cas de conscience pour l’humanité.

Pour y parvenir, les scientifiques devront disposer d’une maitrise totale des méthodes de surveillance, grâce notamment à des outils informatiques et faire en sorte que l’utérus artificiel et le placenta se rapprochent  au plus près de l’original.

C’est la piste sur laquelle travaillent actuellement les chercheurs.  Chercheurs ou plutôt apprentis sorciers ??

Pour en savoir plus,  lire l’article : « Il sera bientôt possible de cultiver un bébé entièrement en dehors du corps humain »

 Mis à jour le 4 mai 2013

1 – Interview du professeur Axel Kahn sur Europe 1, 7 février 2011


A visionner pour mieux comprendre :


Le 1er bébé-médicament français est né par BFMTV


Les tout premiers pas de la finance…en terre inconnue !

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27 octobre 1986

Le Bling-Bling Bang !

L’Univers a eu son Big Bang, la finance connaitra le sien, le 27 octobre 1986. Il donne le coup d’envoi à la finance moderne et à son cortège de démesures. Ce voyage de la finance en terre inconnue va déboucher sur toute une panoplie de produits financiers, dits exotiques de plus en plus éloignés de la sphère réelle qui aboutira à la crise de 2008. Aujourd’hui, les produits financiers représentent 6 fois (600 %) l’ensemble de l’économie réelle !

Si « l’auteur » du Big bang cosmologique nous reste inconnu, en revanche, la signature de l’acte de naissance de la finance moderne est bien identifié : Margaret Thatcher, Premier ministre ultralibéral du Royaume-Uni de 1979 à 1990.

Que s’est-il passé ce 27 octobre 1986 pour qu’on lui attribue le titre hautement symbolique de Big Bang ?

Fin de la vente à la criée…

Ce jour-là, et en seule journée, toutes les transactions des actions du marché londonien qui, jusqu’ici étaient réalisées de manière physique, - la fameuse salle des marchés à la criée -, sont remplacées par des transactions électroniques. Désormais, tout sera géré par des ordinateurs.

En réalité, ce 26 octobre s’inscrit dans un train de mesures de dérégulation, le Financial Services Act. Ces mesures sont conduites par l’administration de Margaret Thatcher durant l’année 1986 : possibilité pour une entreprise étrangère d’acquérir 100 % du capital d’une entreprise britannique, suppression des commissions fixes, cotation en continu, suppression du monopole des agents de change…

… et naissance des goldens boys

Ce Big bang marque le vrai début de la dérèglementation financière en mettant un terme aux pratiques en vigueur à la City depuis plus de deux siècles (1)

Les agents de change exclusifs et sociétés de placements boursiers sont désormais logés à la même enseigne. Pour la toute première fois, les banquiers traditionnels vont devoir s’effacer au profit des Golden boys. L’activité artisanale des courtiers, une sorte de monde à part, vivant en vase clos, se transforme en véritable industrie. Pour la toute première fois, l’argent devient un produit comme un autre.

Résultat : en vingt ans, le volume des transactions financières de Londres va augmenter de 1500 % ! Londres, en 2006 traitera 34 % du marché des changes et plus de 40 % des produits dérivés mondiaux (2).

La vertu de l’égoïsme !

Au-delà de cette mutation vers le monde virtuel, c’est un monde de « l’argent » totalement nouveau qui émerge. Il repose sur trois piliers.

En premier lieu, celui de la doctrine du fondamentalisme du marché. Il postule que les marchés assureraient de manière naturelle la meilleure répartition des richesses si l’Etat n’intervenait pas (3). En cela, il s’appuie sur une longue tradition anglo-saxonne : le concept de « vertu de l’égoïsme ».

Doctrine développée par le tout premier économiste moderne Adam Smith : « ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du brasseur ou du boulanger qu’il faut espérer diner mais de leur propre intérêt » (4).

Le second pilier, c’est la mondialisation « moderne » qui entreprend ses tout premiers pas sur la scène internationale. Celle-ci se nourrit, dans le monde réel, des avancées sans précédent en matière d’intercommunication avec l’explosion des transports internationaux. Dans le monde virtuel, elle profite d’une évolution inouïe des télécommunications portée par les progrès de l’informatique et de l’émergence d’Internet.

Le troisième correspond au « mariage » entre le monde de la finance et celui des scientifiques ou plutôt des mathématiciens. Les flambeurs et les matheux ! Percée conceptuelle qui a pris ses racines dès 1900 avec les travaux de Louis Bachelier (5). Elle connaît son heure de gloire avec le trio Robert Milton, Fisher Black et Myrton Scholes. Leur « théorie de la finance », sera LA référence absolue dans le milieu des apprentis sorciers de la bourse.

Une martingale financière ?

Grâce à eux, et leur formule prédictive magique, tout type de produit financier peut se voir fixer un prix. LTCM, l’un des premiers Hedge Fonds à appliquer la recette, présentera des rendements astronomiques (40 % la première année) avant de faire faillite quelques années plus tard.

Le Big Bang de la finance est donc à la fois la conséquence d’une révolution technologique et conceptuelle et le déclencheur d’une révolution dans le financement de l’économie mondiale…qui enfantera, in fine,  la crise des Subprimes. Ou du moins, en sera un des facteurs aggravant.

Cette situation inédite contient en germe le principe de « shareholder’s value », la valeur pour l’actionnaire. Avec comme corollaire, la règle des 15 % de rendement. Autrement dit, une société cotée doit rapporter 15 % annuel de retour sur capitaux investis.

Fort de ce diktat, pour la première fois, le monde de l’entreprise ne raisonne plus sur le moyen ou le long terme mais presque exclusivement sur le court terme. L’illustration de cette nouvelle tendance est l’apparition des bilans trimestriels des entreprises venant compléter les bilans annuels.

Pour inciter les dirigeants des entreprises à être les bons élèves de cette politique du chiffre et de la création de valeur pour l’actionnaire, apparaissent dans les années 90, les stock-options(6).

La finance nous fait tourner la tête…

Alors si le capitalisme est aujourd’hui en crise, celle-ci a-t-elle été enfantée ce 26 octobre 1986 ?
Ce n’est probablement pas le seul facteur mais, sans ce 26 octobre 1986, le monde de la Finance tournerait autrement.

On sait désormais que les marchés livrés à eux-mêmes ne tendent pas à l’équilibre car l’histoire démontre (voir encart) que les marchés financiers ont toujours donné lieu à des crises financières, et cela depuis la nuit des temps. Le problème, selon l’économiste George Soros, c’est que le fonctionnement des autorités financières est encore plus imparfait que celui des marchés !

L’ennuyeux avec les Big Bang, c’est qu’on sait comment ça commence, mais on ne sait jamais comment cela finit !

 

 Publié le 23 septembre 2012

 2000 ans de tumultes financiers

  •  33 ap J.-C., toute première crise bancaire référencée qui se traduira par l’injection par l’Empereur Tibère d’un million de pièces d’or ;
  • Au moyen âge : invention des lettres de change simultanément en Europe, en dans le nord de la Chine;
  • 1637, lors de la crise des tulipes à Amsterdam, invention des techniques de Swap, principe de couverture en devises du commerce, précurseurs des produits dérivés;
  • 1792 : premier krach de Wall Street, les autres grandes crises financières : 1873, 1907, 1929, 1971, 2001, 2008;
  • 15 août 1971 : la convertibilité du Dollar en or est suspendu ; c’est la fin des changes fixes. Une toute nouvelle ère monétaire s’ouvre ;
  • 1933 : avec le Glass-Steagall Act,  Wall Street est sous contrôle poussant les banques américaines à se réfugier à Londres;
  • 1981 : première véritable opération de Swap entre IBM et la Banque moniale pilotée par Salomon Brothers ;
  • 27 octobre 1986 : Big Bang de la City de Londres marquant le véritable coup d’envoi de la dérégulation ;
  • 1993 : L’administration Clinton incite les banques à prêter aux ménages pauvres puis lance la Taxpayer Relief Act  favorisant fiscalement les placements immobiliers. C’est ici que prend racine la future crise des subprimes !
  • 1994 : création par Salomon Brothers du premier fonds à haut rendement sur des bases scientifiques : LTCM ; le monde de la Finance et des matheux s’associent ! LTCM fera faillite en 1998 ;
  • 1995 : création des CDS (credit default swaps) permettant, pour la première fois, à un organisme financier de se débarrasser  des risques de crédit ;
  • A partir de 1997, la technique du VAR (value at risk) permet d’évaluer tous les risques pris par une banque avec une certitude de 95 % ; cela va marquer le vrai début des produits financiers exotiques ;
  • 6 avril 1998 : première banque universelle, Citigroup, banque de dépôts et de banque d’affaires ;
  • 12 novembre 1999, le Glass-Steagall Act est définitivement enterré et remplacé par une loi ultralibérale ;
  • 2006 : la part des crédits destinés aux plus pauvres, les subprimes, représentent désormais 25 % des crédits immobiliers ; Au second semestre, le prix des transactions s’effondre : -10 % ;
  • 2 avril 2007 : faillite de la première banque victime des subprimes : New Century ;
  • 15 septembre 2008 : Lehman Brothers est déclarée en banqueroute marquant le vrai début de la crise des subprimes puis la crise de l’Euro.

1 – Live2times : Big Bang à la bourse de Londres 
2- « L’incroyable Histoire de Wall Street » – Jacques Gravereau & Jacques Trauman – Ed. Albin Michel
3- Le chaos financier mondial – George Soros – Ed. Presses de la Cité
4 – Citation de « La richesse des nations », écrit en 1776 par Adam Smith, professeur de Philosophie morale à Glasgow et célèbre économiste et auteur de la notion de « main invisible » du marché.
5 – « Théorie de la Spéculation » qui fournit les bases de la finance quantitative, travaux développés ensuite par Paul Samuelson qui aura le prix Nobel en 1970
6- Droit d’acheter à terme des actions de l’entreprise à un prix fixé au moment de l’attribution. En cas de baisse du cours, le bénéficiaire ne fait pas jouer ce droit et en cas de hausse, il engrange le bénéfice.


A visionner pour mieux comprendre :


Goldman Sachs La banque qui dirige le monde (1/2)par SCHOUM1


Pour aller plus loin :

Les tout premiers « slides » : l’avènement de l’image

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1981

West Slide Story

Cette année là, une page d’histoire se tourne. Cette page est celle d’une page imprimée qui porte les tout premiers « bullets points » entourés d’un cadre que l’on retrouvera plus tard sur les présentations Power Point. Cette page façon « story-board » est, pour la toute première fois, conçue sur ordinateur à l’aide d’un petit programme. Son inventeur Whitfield Diffie, celui-là même qui a conçu le cryptage SSL.

Cette année là, la planète économique est à l’aube d’une révolution qui va transformer le quotidien de centaines de millions de cols blancs à travers le monde et qui va éclairer, du moins est-ce l’objectif affiché, les prises de décisions des élites de tout poils (businness men, hommes politiques, militaires et même quelques ecclésiastiques) grâce à l’adage : une image vaut mille mots.

Une image vaut mille mots

En réalité, cet adage était déjà connu et certains, notamment dans l’enseignement, avait eu recours depuis les années 40, à ce que l’on peut qualifier d’aides visuelles : les fameux transparents projectés à l’aide de non moins célèbres rétro-projecteurs.
Mais l’idée révolutionnaire, issue du concept de Diffie, c’est Bob Daskins qu’il la mettra en pratique en créant en 1987 la toute première version de PowerPoint. Cette idée reposait sur la notion de « WYSIWYG » permettant ainsi au commun des mortels de créer, de manière presque ludique, ses propres présentations sans être un as du développement. Cette première version ne fonctionnait que sur Mac d’Apple, en pointe en matière d’ergonomie. En juillet 1987, Microsoft rachète la technologie Power Point et sortira la version windows 2 ans et demi plus tard.
A partir de là, les slides vont s’incruster dans les réunions puis sur le web avec des variantes humoristiques. Ils pénétreront jusqu’à l’enceinte de l’ONU où Colin Powel tentra de convaincre son assemblée de la présence d’armes de destructions massives en Irak à l’aide d’une série de slides. 

 

« Quand nous aurons compris ce slide, nous aurons gagné la guerre », dixit le Général McChrystal à propos de l’Afghanistan.

Et si une image valait mille maux !

Aujourd’hui, au moins 500 millions de personnes utilisent ce logiciel qui mêle texte, graphique, animation, vidéo ou sons, le tout de manière intuitive et ludique. Chaque jour, 30 millions de présentations sont réalisées (données 2007). Au point, – on devrait dire au power point – que certaines voix s’élèvent pour nous alerter sur le formatage de la pensée. Car le slide a ses propres codes : la règle de 7 ; 7 puces par page, 7 mots par lignes, 7 à 10 pages de présentation, 7 à 10 minutes de présentation.
Le discours est donc réduit, simplifié à l’extrême tout en permettant d’éluder les points délicats. En 2006, un expert en communication graphique, Edward Tufte, a démontré que, en occultant certaines informations essentielles, l’usage de PowerPoint avait sa part de responsabilité dans l’explosion de la navette Columbia de la NASA. Plus récemment, James Mattis, général des Marines soupçonnait PowerPoint de nous rendre stupide tandis que son collègue le général McChrystal a même accusé PowerPoint d’être le principal ennemi de l’armée américaine.

A « bullets » rouges…

Ennemi ou ami, les aides visuelles ont envahi les salles de réunions ou de conférences du monde entier et personne n’imagine désormais une démonstration de quoi que ce soit sans cet outil si populaire qui rassure autant le conférencier que l’assistance dont l’attention ne sera pas trop sollicitée. Comme Check Point Charlie, le Power Point est le passage obligé d’un monde qui prend ses décisions à coups de « bullets ».  Que celui qui n’a jamais senti le vent du « Bullet » lève le doigt…de la souris !


Etapes clés, en moins de 7 bullets !

  • 1980 : Les laboratoire Bell achète la première imprimante Laser Canon controlée par ordinateur pour un coût de l’ordre du million de dollars;
  • 1981, première utilisation d’un programme informatique pour réaliser une présentation ;
  • 1987 : version 1.0 de Power Point, sur Mac ;
  • 25 février 1992 : première utilisation publique d’une présentation Power Point via un ordinateur portable a eu lieu à l’hotel Regina à Paris;
  • 2001 : Le New Yorker consacre un article à PowerPoint : Comment un logiciel édicte nos pensées ?

A regarder pour mieux comprendre :


A voir et à lire pour aller plus loin qu’une présentation PowerPoint:
 

  • Du danger des présentations PowerPoint – un article de Frédéric Pisani, journaliste indépendant, sur son blog « Transnet » du journal Le Monde.
  • Devez beau, riche et intelligent, avec PowerPoint, Excel et Word – Prenant la suite Microsoft Office comme prétexte, avec le recul de l’expérience, un humour féroce et une mauvaise foi assumée, Rafi Haladjian dénonce la Certitude élevée au rang de vertu cardinale. Il rend surtout grâce à cette Incertitude paisible et décomplexée qui permet de s’adapter en toutes circonstances. Acheteurs et vendeurs de certitudes, personne n’est épargné investisseurs, financiers, commerciaux, consultants, entrepreneurs naïfs ou malhonnêtes… « Beau, riche et intelligent », Rafi Haladjian l’est déjà. En 1994, il fut l’un des pionniers de l’Internet en France. Il est l’un des acteurs les plus visionnaires et les plus iconoclastes du paysage technologique français. (Livre gratuit à télécharger au format PDF)
  • La pensée PowerPoint : Enquête sur ce logiciel qui rend stupide – Qui est aujourd’hui l’ennemi numéro un de l’armée américaine ? Les Talibans ? Al-Qaida ? L’Iran ? Non, l’ennemi, c’est PowerPoint, comme l’a affirmé, en avril 2010, le général des Marines James N. Mattis, selon lequel « PowerPoint nous rend stupides ». Franck Frommer présente la première enquête sur ce logiciel devenu incontournable. L’auteur, qui évolue depuis des années dans la « culture ppt » a visionné des centaines de présentations et analysé en profondeur la « pensée » PowerPoint, avec ses listes à puces, ses formules creuses et sa culture du visuel à tout prix. Où il apparaît que PowerPoint se révèle une puissante machine de falsification et de manipulation du discours, transformant souvent la prise de parole en un spectacle total où la raison et la rigueur n’ont plus aucune place.

 

 

Le tout premier pic pétrolier ou « peak oil »

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1979

Depuis 1979,  quelle mouche nous « peak »!?

Si l’on répartissait le pétrole de manière équitable entre tous les habitants de la planète, c’est-à-dire 7 milliards d’individus, il y en aurait moins aujourd’hui par personne qu’en 1979, d’où la tension sur les prix depuis cette période. C’est le tout premier « peak oil ». Mais, avec les nouveaux gisements, le pic pétrolier en valeur absolue fait-il encore peur ?

Qui n’a pas entendu parler du « peak oil » ou si vous préférez du pic pétrolier, (1), c’est-à-dire l’année à partir de laquelle la production de pétrole dans le monde va commencer à décroitre ?

Certains l’entrevoient depuis des années, d’autres le prévoient pour 2020 ou 2040, d’autres encore estiment qu’avec la montée en puissance du pétrole non conventionnel (huile de schiste), ce n’est plus d’actualité. Tous, autant que nous sommes, le redoutons comme les cavaliers de l’apocalypse annonçant la fin du monde. Cette notion qui n’est pas nouvelle a été évoqué pour la toute première fois en 1956. C’est le géo-physicien américain Marion King Hubbert qui en est l’auteur.

En réalité, un peak oil, – le vrai et le seul qui vaille pour certains experts – est déjà intervenu. Et ce n’est pas tout récent : c’était en 1979.

Cette année-là, pour la toute première fois, la quantité de pétrole disponible par habitant a atteint son maximum au niveau mondial: le peak oil par habitant était donc franchi.

C’est la conclusion à laquelle est parvenue une étude de la compagnie BP (2) confirmée depuis par de nombreux autres travaux. Il faut s’en faire une raison, à partir de cette date, le pétrole disponible par habitant de la Terre ne sera plus jamais aussi élevé; sauf miracle !

Les nouvelles huiles essentielles !

Pourtant, depuis de nombreux gisements ont été découverts, surtout dans les domaines dits non-conventionnels, comme l’huile de schiste, et les réserves maintes fois réévaluées. Mais la population mondiale s’est accrue proportionnellement encore davantage. Et ce n’est pas fini, celle-ci devrait atteindre les 9 milliards à horizon 2050.

A cela, il faut ajouter, la fabuleuse croissance des pays dits émergents dont principalement l’Inde et la Chine avec des taux de croissance respectivement de 9,7 % et 14,2, en 2007.  Autrement dit, ce que l’on gagne d’un côté, on le perd plus largement de l’autre.

Bref, le décollage démographique couplé au décollage économique a fait entrer un tiers de l’humanité dans l’âge du pétrole. Conséquence immédiate et mécanique : le pétrole a atteint un pic économique en juillet 2008 de 147 dollars le baril ; rappelons qu’il était en dessous des 24 dollars le baril sept ans plus tôt. Un déséquilibre d’un tout petit pour cent entre l’offre et la demande (3) suffit à en faire doubler le prix ou presque !

Peak oil ou pic pétrolier

Est-ce un cap, une péninsule, un peak ?

Quant au pic mondial de production de pétrole brut, selon l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), il aurait probablement été atteint en 2006, avec une production de 70 millions de barils/jour, déclaration qui reste cependant controversée.

En effet, la montée en puissance de ces fameux hydrocarbures dits non conventionnels comme le pétrole de schiste (voir encarté) rebattent totalement les cartes(7). Les  avis divergent plus que jamais.

Certains spécialistes estiment encore que le peak oil (en données brutes, sans la répartition par habitant) sera atteint aux environ de 2020, lorsque la production plafonnera à 100 millions de barils/jour (4). Beaucoup désormais tablent plutôt sur un plateau que sur un pic. Si les nouveaux gisements auront du mal à compenser le déclin des anciens, les rendements des puits augmentent constamment grâce à l’évolution de la technologie. Le taux de récupération aujourd’hui de 30 % pourrait atteindre les 50 % à l’avenir.

Cependant, toujours selon l’AIE, il faudrait investir la somme ahurissante de 8 000 milliards de dollars dans les 25 prochaines années pour maintenir le niveau de production au moins équivalent à celui de 2007.

Evidemment, tout cela n’est que spéculation car les facteurs à prendre en compte sont tellement nombreux : nouveaux gisements dont les huiles de schiste, taux de croissance, niveau de vie, développement des énergies alternatives ; autant lire dans le marc de café ou dans les schistes bitumineux !!

Actualisé,  le 02 mars 2013

 Pétrole de schiste : le nouvel eldorado

De quoi s’agit-il ? De pétrole qui se présente sous forme de gouttelettes dispersées dans la roche mère. D’où l’expression d’hydrocarbures de roche mère ou d’huile de schiste, tight oil, en anglais(5).

Ces gisements sont situés dans des grandes profondeurs, entre 2000 et 3000 mètres et sont difficiles à extraire du moins par les méthodes classiques. D’où leur appellation de pétrole non-conventionnels.

Les évolutions technologiques, dont la technique de la fracturation hydraulique, ont rendu depuis une dizaine d’année leur exploitation possible, mais à quel prix.

Outre le risque écologique, des études récentes, portant sur l’exploitation du gaz de schiste aux Etats-Unis, semblent  démontrer aussi un vrai risque économique; car actuellement l’extraction est loin d’être rentable car son coût grimpe jusqu’à 90 dollars le barils, au Canada par exemple.  Ce qui fait craindre à certains une bulle comparable à la bulle internet.

Quoi qu’il en soit, cela bouleverse aujourd’hui la donne énergétique. Les Etats-Unis pourraient ainsi devenir le premier producteur mondial de pétrole en 2020, devant l’Arabie Saoudite ! (8). En 2012, la production de pétrole américain est déjà l’équivalent du sultanat d’Oman. A ce rythme, les Etats-Unis seront exportateurs nets de pétrole en 2030, du jamais vu depuis la seconde guerre mondiale.

D’autres régions du monde pourraient aussi se couvrir de derricks. L’Amérique du sud, l’Afrique et que dire de la Chine dont les réserves pourraient être considérables.

La France ne serait pas en reste, grâce principalement à un fabuleux gisement sous le bassin parisien (6) accumulé depuis 200 millions d’années. Au total (sans jeu de mot ou référence à une célèbre compagnie), l’hexagone pourrait prétendre à concurrencer le Koweit en tant que pays producteur de pétrole.

Malgré cela, compte tenu de la forte augmentation de la demande, le peak oil au sens strict ne serait reculé que de quelques années, quatre ou cinq (4).

Alors faut-il ou non avoir peur du pic pétrolier ??


 La toute première société pétrolière est française

N’en déplaise aux américains, la toute première compagnie pétrolière du monde est née en France ! Et elle ne date pas d’hier. Elle fut créée en 1740 à Pechelbronn, en Alsace.

De ses galeries minières, on extrayait du bitume huileux servant à la lubrification de toute sorte d’outils. L’exploitation du pétrole de Pechelbronn s’est poursuivie jusqu’en 1970 et donna naissance à des compagnies de réputation mondiale comme Schlumberger et Antar.


1-  Le pic mondial de la production pétrolière, le peak oil, expression utilisée par les pétro-géologues pour indiquer le moment où la production pétrolière aura atteint son maximum. Le plus haut niveau sur la courbe de Hubbert. Cela correspond au moment où la moitié des réserves pétrolières récupérables a été utilisée. A partir de ce point, l’extraction de pétrole va inexorablement baisser.
2- « La troisième révolution industrielle » – Jeremy Rifkin – Edition LLL, les liens qui libèrent, 2011 ; p. 30
3-  Article « Peak Oil : le pic de production de pétrole » Agora Vox – 22 Juin 2005
4- Article «  Nouvelles découvertes et gaz de schiste retarderont à peine le pic pétrolier » – Le monde online
5-  Il existe 3 types de gaz non conventionnels : ceux extraits du schiste, les gaz de houille extraits dans les mines de charbon et les « tight gas » (littéralement gaz serrés ou enfermés) obtenus, comme le gaz de schiste, par fracturation hydraulique (source : la croix.com )
6-  Science et vie – N°471 – Juillet 2012 – Dossier « Pétrole, le sous-sol français en regorge ».
7- Article « sera-t-on noyé par le pétrole ? » – Nouvel Observateur N° 2520 du 21 février 2013
8- Rapport annuel sur l’énergie publié en novembre 2012 – Agence internationale de l’Energie.  


A visionner pour mieux comprendre :


Le dessous des cartes – Vers le pic pétrolier… par abolibibelot1980


A lire pour poursuivre la réflexion  :

  • « La troisième révolution industrielle » -de Jeremy Rifkin – Edition LLL, les liens qui libèrent, 2011. Ce livre développe la thèse d’une troisième révolution industrielle – que l’auteur appelle de ses vœux -, un nouveau paradigme économique qui va ouvrir l’ère post-carbone, basée notamment sur l’observation que les grandes révolutions économiques ont lieu lorsque de nouvelles technologies de communication apparaissent en même temps que des nouveaux systèmes énergétiques (hier imprimerie, charbon ou ordinateur ; aujourd’hui Internet & les énergies renouvelables).  

Tout premier homicide commis par un robot

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25 janvier 1979

Partie de bras de fer…

 

La scène se déroule dans le Michigan (USA), au sein de l’usine Ford de Flat Rock. Nous sommes le 25 janvier 1979. Robert Williams est un des employés de l’usine, usine qui emploie également des robots.

L’un d’entre eux, pesant une tonne, dont l’histoire ne fournit ni le nom, ni le matricule, est chargé de collecter des pièces dans un des entrepôts. Est-ce par lassitude, par paresse ou plus vraisemblablement en raison d’un dysfonctionnement technique, le robot, ce jour-là, est particulièrement lent. Du moins, c’est la perception qu’en a Robert. Agacé par cette nonchalance, Robert, tournant le dos à son « collègue » robot, se saisit d’une pièce afin d’accélérer la cadence. Erreur fatale.

 

Le bras métallique du robot percute violemment Robert entre le cou et sa tête au niveau de l’occiput. Le robot, avait-il repris de la vigueur se sentant atteint dans son amour-propre ? Quoi qu’il en soit le choc va tuer sur le champ le pauvre ouvrier dévoué. Celui-ci s’effondrera sur le sol et son corps inanimé sera découvert par ses collègues une demi-heure plus tard. Le robot sera mis immédiatement hors d’état de nuire, c’est-à-dire débranché !

Pour la toute première fois, un humain est victime d’un robot (1) dans un homicide que l’on peut qualifier d’involontaire bien qu’aucun témoin ne puisse confirmer ou infirmer cette thèse !!

Responsables de l’usine et le fabricant du robot furent condamné à payer 10 millions de dollars à la famille, considérant qu’aucun mécanisme n’avait été prévu pour éviter ce genre de drame.

 

Le facteur « malchance » sonne toujours deux fois

Hélas ce drame ne restera pas isolé. Deux ans et demi plus tard, un second meurtre se produit, cette fois au Japon. La victime, Kenji Urada, est un ingénieur de 37 ans travaillant dans une usine Kawasaki. Constatant une panne sur un des robots de l’usine Kenji, chargé de la maintenance de ces ouvriers somme toute capricieux, accoure à son chevet pour établir un diagnostic et tenter de le rétablir.

Las ! Sans doute, sans mauvaise intention aucune, le bras hydraulique se remet en marche spontanément. Le pauvre Kenji est alors poussé vers une broyeuse qui va en faire de la charpie. De mémoire de robots, il s’agit là du second meurtre répertorié.

Si les robots ne sont pas foncièrement méchants, ils n’en sont pas moins dangereux !

 Publié le 4 février 2012

De la machine aux robots : une longue histoire

  •  - 3500 avant notre ère : premières machines-outils ; des tours de potiers transforment des boulent d’argile en vase ;
  • Egypte ancienne (-1085 -950) : Anubis, tête de chien avec une mâchoire articulée ;
  • -380, Archytas de Tarente, ami de Platon, construit un pigeon mécanique en bois ;
  • - 270 , premiers automates hydrauliques et pneumatiques à Alexandrie ;
  • en 809, Charlemagne aurait reçu du grand calife Haroun al-Rachid une pendule animée , qui serait le premier automate mécanique reposant sur une horlogerie interne ;
  • 1 er siècle après J.-C, premier traité des automates de Héron d’Alexandrie
  • XIIème siècle : Roger Bacon met au point une tête parlante ;
  • XIVème siècle : Les horloges animées des cathédrales mettent en mouvement des personnages ;
  •  XVIème siècle : Léonard de Vinci perfectionne les tours à bois, conçoit des oiseaux volants et un lion articulé doté d’engrenages ;
  • 1642, Pascal ( 1623-1662 ) élabore le premier automate logique, comportant un principe de programmation : c’est la Pascaline, considéré comme l’ancêtre de l’ordinateur ;
  • 1760 environ : la machine à aléser permet de calibrer les canons ;
  • vers 1775 : la machine-outil commence à utiliser la vapeur comme force motrice ;
  • 1803 : première chaîne de montage comprenant 45 machines est installée à Portsmouth pour le compte de la Marine anglaise ;
  • A partir de 1830 : les machines-outils deviennent de véritables machines industrielles ;
  • 1942 : le romancier Isaac Asimov introduit pour la première fois le terme robotique dans son livre Runaround ;
  • 1961 : le premier robot industriel, Unimate, conçu par la société Unimation intègre les chaînes de montage de General Motors ;
  • Années 1970 : les machines-outils à commandes numériques font leur apparition ;
  • 1997 : Deep Blue, un ordinateur d’IBM, bat aux échecs le champion du monde Garry Kasparov ;
  • 2008 : Kevin Warwick, chercheur britannique, est devenu le premier cyborg en procédant à des greffes électroniques sur son propre corps ;

Le jour où les machines s’éveilleront !

Raymond Kurzweil, informaticien américain, futurologue, inventeur dans le domaine de l’intelligence artificielle, reprend à son compte la théorie de la « singularité technologique », notion introduite par John Von Neumann, dans les années 1950. Celle-ci postule qu’au-delà d’un certain niveau de développement technologique, le progrès serait l’œuvre uniquement de l’intelligence artificielle.

Sur ce principe, Raymond Kurzweil, en observant l’accroissement de la puissance de calculs des ordinateurs qui est exponentielle, prévoit deux phases qui marqueront un tournant majeur pour l’humanité. 2029 : année où un ordinateur réussira le test de Turing et 2045, lorsque, selon lui, la quantité d’intelligence artificielle présente sur l’ensemble de la planète sera un milliard de fois supérieure à la totalité de l’intelligence humaine, c’est-à-dire de l’ensemble des cerveaux de la planète.

Raymond Kurzweill ajoute « Nous entrerons alors dans l’ère de la Singularité, stade où il ne sera plus possible d’effectuer raisonnablement des prévisions. Ce sera l’explosion de l’intelligence artificielle qui, obéissant plus que jamais aux lois exponentielles, dépassera l’intelligence biologique et sera en mesure de procéder elle-même à ses propres améliorations. » (2)


Le test de Turing

Il consiste à mettre en concurrence interlocuteurs humains et ordinateur dans un test portant sur la capacité à dialoguer de manière intelligente et humaine.

Concrètement, 5 interlocuteurs, 4 humains et une machine, dialoguent par écrit pendant une durée de 3 heures. Si au terme de ces 3 heures, la personne chargée de l’expérience est incapable de déterminer lequel des interlocuteurs n’est pas humain, le test est réussi.


1 – Le Point.fr – Pour la toute première fois, un être humain est tué par un robot – Publié le 25 janvier 2012
2- Cité dans Paris Match, N° 3271, 26 janvier 2012, par Roman Clergeat.
A télécharger : Histoire de la Robotique de A à Z par Agnès Guillot (Futura-sciences)


A visionner pour mieux comprendre :




A lire par curiosité :

  • Le Grand Livre des robots, tome 1 : Prélude à Trantor de Isaac Asimov.
  • Le Grand Livre des robots, tome 2 : La gloire de Trantor de Isaac Asimov.
  • L’oeuvre d’Isaac Asimov sur les robots regroupe de très nombreuses nouvelles et plusieurs romans. L’ensemble forme une seule grande histoire, le cycle des Robots, qui s’étale sur plusieurs millénaires. Toutes les nouvelles de robotique publiées par l’auteur ont été regroupées dans ces deux grands recueils.
    Asimov renouvelle complètement ce thème en inventant des « robots positroniques » gouvernés par trois lois protégeant les êtres humains et, a priori, parfaites et inviolables. Le jeu d’Asimov consiste à imaginer des situations révélant des failles de ces lois (exemple : un robot peut-il, restant passif, laisser un humain fumer une cigarette ?) et des bizarreries de comportement de robots qui semblent les enfreindre, puis à faire découvrir au lecteur comment cela est possible, à la manière d’une enquête policière.

  • Survivre à une invasion robot: Ils arrivent, soyez prêts, de Daniel H. Wilson.
    (à paraître le 22 février 2012)

    Ils arrivent… Soyez prêts ! Comment démasquer un robot qui imite un humain ? Comment désactiver un robot ménager qui se rebelle ? Comment fuir un essaim de mouches électroniques en maraude ? Dans cet indispensable guide de survie, le spécialiste Daniel H. Wilson livre tous les secrets pour réprimer une mutinerie de robots. Remèdes contre les blessures au laser, reconnaissance des faux visages et discours, combat main contre pince… SURVIVRE à une invasion Robot couvre tous les scénarios possibles qui menacent l’espèce la plus en voie de disparition aujourd’hui : l’homme. Fondé sur des interviews pointues avec d’éminents scientifiques, et incluant de nombreuses images de prototypes actuels, SURVIVRE à une invasion Robot est aussi une introduction parfaite à la robotique contemporaine. N’attendez pas qu’il soit trop tard ! Découvrez toutes les astuces pour vous défendre contre l’invasion imminente !
    L’auteur, Daniel H. Wilson, est docteur en robotique de l’université Carnegie Mellon

Tout premiers pas sur la Lune

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Posté par fabrice
 

21 juillet 1969

Un petit pas pour une immense première fois

 

 

« Un petit pas pour l’homme, un  bond de géant pour l’humanité »

Mon père me réveille au beau milieu de la nuit. C’est ce que nous avions convenu. Je viens juste de fêter mes 12 ans. Encore embrumé de sommeil, on s’installe, mon père et moi, devant le téléviseur Ducretet Thomson. L’image noir & blanc est constellée de tâches blanches comme pour nous rappeler que nous sommes en direct des étoiles. Malgré l’insouciance de ma jeunesse, j’ai vraiment conscience de vivre un moment extraordinaire.

Les premiers mots du tout premier « extraterrestre »[1]

3 heures 56 (heure française, -2 heures 56 GMT-nuit du 20 au 21 juillet 1969), l’émotion se lit dans le regard de mon père. Neil Armstrong descend du module lunaire « Eagle »[2] et pose son pied gauche sur la surface lunaire.  Le premier pas d’un Homo sapiens sur un autre sol que celui de notre bonne vieille planète [3]. Ça plane pour moi comme probablement pour les quelques 600 millions de téléspectateurs témoins de ce moment historique.

On mesure d’autant plus l’exploit aujourd’hui lorsqu’on sait que le module lunaire appelé LEM était doté d’un ordinateur de bord qui ne disposait que de 4 Kb de mémoire vive (RAM) et de 74 kb de capacité de disque dur. Autant dire moins que le plus petit des smartphones de 2009 et sans aucune mesure avec nos PC domestiques.

Avec un brin d’ironie on pourrait comparer la modestie de la mémoire de l’ordinateur à la faiblesse des dialogues qui  s’engagèrent ensuite entre Armstong et Buzz Aldrin venant le rejoindre : « C’est quelque chose, n’est-ce pas ? Une magnifique vue », s’enthousiasme  Armtrong. Auquel répond Aldrin :  « Une magnifique désolation ».   Formules lapidaires compte tenu de l’évènement mais qui n’en demeure pas moins le tout premier dialogue prononcé hors de notre planète !

Illustration adressé par Hergé à Amstrong en 1969 - © Hergé - Moulinsart SA

Dessin offert par Hergé à Neil Armstrong

Apollo 11 : les premiers pas sur la Lune – Archives de l’Ina

« Ce programme est important pour des raisons politiques internationales »

7 ans plus tôt, en 1962, un autre dialogue, qui a lieu cette fois dans le bureau ovale de la Maison Blanche, donne une vision moins idylique de cette aventure spatiale. « Ce programme est important pour des raisons politiques, des raisons de politique internationale, et qu’on le veuille ou non, il s’agit d’un énorme défi à relever »;  le président Kennedy s’adresse ainsi au patron de la Nasa de l’époque, James Webb.

Il ajoute : « sans quoi, on aurait pas besoin de dépenser tout cet argent ». D’ailleurs, la population américaine reste très partagée sur l’intérêt de cette mission et ne sera véritablement conquise qu’un après la mission Apollo 11.

La face cachée de la Lune…

« We choose to go to the moon. » Cette déclaration de John F. Kennedy fixe un nouveau cap dans cette course aux étoiles dont  le point d’orgue sera le premier pas sur la Lune.

Cet événement unique dans l’histoire de l’humanité a aussi ses détracteurs. Il s’agit d’adeptes de la thèse du moon hoax ou canular lunaire.  Ses partisans contestent la théorie officielle de la Nasa estimant que l’alunissage n’est qu’une reconstitution en studio.  Le tout aurait été réalisé au sein d’une base militaire secrète située dans le désert du Nevada.

En 1974, un auteur, Bill Kaysing, relève dans son livre de nombreuses « bizarreries » comme l’absence d’étoiles dans le ciel, de cratère dans le sol où se pose l’engin spatial, ou  le fait que le drapeau flotte alors que sans atmosphère pas de vent…  Bref, une série d’observations et de déductions qui sème le trouble dans certains esprits et parvint à convaincre 6 % des américains (sondage Galupp, 1999).

Depuis cette idée « du complot »  fait son chemin réactivée par certains médias et surtout par internet. Les sceptiques sont désormais près de 20 %.  La Nasa conteste preuves à l’appui ces théories qu’elle considère aussi farfelues que le professeur Tournesol.


De nombreux petits pas pour un grand bond pour l’humanité

Ces premiers pas historiques sur notre satellite naturel  ont été précédés des premières pattes dans l’espace. Laïka a été la première chienne mise sur orbite à bord de Spoutnik 2. Elle vécut un enfer qui heureusement ne dura que quelques heures. Victime d’un manque de préparation et probablement de la désinvolture des techniciens chargés de préparer le dispositif, elle mourut par manque d’oxygène, dans une température invivable.

Strelka, une femelle Husky, eut plus de chance en revenant saine et sauve d’un vol sur Spoutnik 5. Sans le savoir, elle participa au réchauffement de la guerre froide, en mettant au monde une chienne, Puchinka, qui sera offerte par Khrouchtchev à Kennedy. Cette dernière ira fricoter avec le terrier des Kennedy et leur donna quatre beaux chiots.

montgolfière-versailles-1783

Celui qui a véritablement l’étoffe d’un héros, s’appelle Ham. C’est un chimpanzé de 3 ans et 7 mois. Il est propulsé le 31 janvier 1961 dans la stratosphère par une fusée Mercury. Résistant aux fortes pressions et à des températures élevées, on le récupéra dans l’Atlantique. Il sera le tout premier « terrien » à quitter la Terre et à y revenir vivant.

Cependant, les tout premiers passagers aériens de l’histoire sont un canard, un coq et un mouton. C’était le 19 septembre 1783 à Versailles. Ils ont pris place dans un ballon des frères Montgolfier, firent une ascension de 500 mètres et se déplacèrent sur 1700 mètres pour un vol qui dura 8 minutes.

 


« Bonne chance Monsieur Gorsky » ou la fesse cachée de la Lune !

Neil Armstrong  ne se contenta pas de prononcer  l’une des phrases les plus célèbres de l’histoire en posant son pied sur la Lune.  Au cours de la mission d’Apollo 11, il ajouta une interjection très énigmatique : « Bonne chance Monsieur Gorsky ! ».

Journalistes, la Nasa et bien d’autres tentèrent de découvrir l’identité de cet énigmatique Monsieur Gorsky. En vain. Aucun astronaute ni cosmonaute soviétique ne portait ce nom, ni aucune personnalité étant susceptible de retenir l’attention d’Armstrong. Interrogé sur ce point, ce dernier garda le silence durant 30 ans.

Puis, un jour de 1995 à la suite d’une réunion en Floride, il aurait enfin accepté d’éclaircir cette zone d’ombre :

« Monsieur Gorsky est mort maintenant. Je vais pouvoir répondre a votre question : lorsque j’étais gosse, j’avais l’habitude de jouer au basket dans le jardin. Un jour, la balle atterrit dans le jardin du voisin. Au moment ou j’allais la ramasser dans leur jardin, je suis passe devant la fenêtre de la chambre a coucher de M et Mme Gorsky, nos voisins. Et là, j’ai pu entendre madame Gorsky qui disait a monsieur Gorsky :

- Une fellation ? Tu veux que je te fasse une fellation ? Je t’en ferai une le jour où le gosse du voisin marchera sur la lune… « 

Moralité de cette histoire (vraie ?) : tête en l’air ou pas,  les paroles en l’air, surtout lorsqu’il s’agit de parties de jambes en l’air,  finissent toujours par retomber sur Terre !!


 Quelques dates qui ont tracé le chemin de la Lune   :

  • 4 octobre 1957, l’URSS lance le tout premier satellite artificiel : Spoutnik. 4 antennes, 84 kilos et 58 cm de diamètre.
  • 4 janvier 1959, premier survol de la Lune par la sonde Luna 1;
  • puis les premières images de la face cachée de la Lune (Luna 3, 18 octobre 1959);
  • Premier homme dans l’espace, Youri Gagarine (12 avril 1961);
  • Premier survol d’une planète autre que la Terre, Vénus par la sonde Mariner 2 (14 décembre 1962)…
  • première femme dans le cosmos, Valentina Terechkova (16 juin 1963);
  • Alexeï Leonov, premier homme à effectuer une sortie dans l’espace (18 mars 1965);
  • première sonde à se poser sur la Lune (3 février 1966);
  • 1972, fin du programme Apollo
  • …2019, une petite colonie pourrait s’établir sur la Lune (annonce faite par la Nasa), base permanente destinée à préparer les premiers voyages vers Mars.
  • 25 août 2012, décès de Neil Armstrong, âgé de 82 ans, des suites d’une opération cardio-vasculaire;
  • 28 août 2012, pour la première fois, le lancement d’un nouveau single (du rappeur Will.I.Am), se fait d’une autre planète que la Terre (4)
Actualisé le 26 août 2012 

1 -  Avec beaucoup d’humour, Niel Armstrong se qualifiait de « tout premier extraterrestre ! »
2 - Ces premiers pas dureront près de 2 heures 30, au cours desquelles, seront parcourus 60 mètres et récoltés 21 kg de roches lunaires.
3 - Lors d’un salon du Bourget, Neil Armstrong, chercha à relativiser sa performance en expliquant que derrière cet exploit, il y avait 20 000 entreprises, 300 000 hommes et 3% du budget américain.
4 – Passionné de science, le rappeur américain Will. I.Am diffusera, le 28 août 2012, en avant première son single  » Reach for the star » via le robot Curiosity situé sur la planète Mars. Aucun haut parleur sur Mars, et pour cause, personne pour écouter, le morceau est diffusé sous forme d’ondes relayées par les antennes de la Nasa. Pour en savoir plus, cliquez ici


A découvrir pour mieux comprendre :

Emission de France 2 : Un jour, un destin


A lire ou à relire avec plaisir :

  • « À la conquête de la Lune », un web documentaire de France 24 et RFI.
  • A l’occasion de l’anniversaire du lancement d’Apollo 11, le 16 juillet 1969, le blog «Big Picture» présente quarante clichés commémorant l’événement: des photos de la navette, des astronautes Neil A. Armstrong, Michael Collins et Edwin E. «Buzz» Aldrin Junior, de la lune, des réactions de l’époque.
  • «Le plus fort, c’est quand Armstrong est descendu de son échelle» Le 21 juillet 1969, Neil Armstrong a été le premier homme à marcher sur la lune. Spécialiste scientifique à l’époque, Alain Schärlig, 73 ans aujourd’hui, a commenté, en direct sur la TSR (un autre exploit pour l’époque!) ce moment historique. Il se souvient dans une interview de l’édition suisse de 20 Minutes.
  • On a marché sur la lune Les aventures de Tintin – Hergé. Ca y est, la fusée a bel et bien décollé ! A son bord, Tintin, le Capitaine Haddock, le Professeur Tournesol et son assistant s’apprêtent à un long voyage dont les moindres détails ont été minutieusement préparés. Mais le décollage est à peine achevé que surviennent les premières surprises !
  • Apollo en route vers les étoiles Retrouvez la fantastique histoire du Programme Apollo à travers un document fascinant de 80 minutes: un panorama complet et chronologique de l’extraordinaire aventure du programme américain d’exploration de l’espace de la 1ère mission en 1961 à la fin du programme en 1972.