Si selon la Bible, Adam revendique le titre de tout premier homme, Adam Nash peut revendiquer celui de tout premier humainconçu pour soigner.Cette innovation absolument unique dans le monde du vivant peut-être considéré, soit comme une instrumentalisation de l’être humain, d’où le nom de Bébé-médicament ou de Bébé-instrument, ou comme une avancée sans équivalent pour le bien-être de l’humanité : une toute, toute première fois…de tout premier ordre !
Né pour sauver sa soeur
Tout a commencé aux Etats-Unis, à l’aube du troisième millénaire. Molly, la future sœur aînée d’Adam Nash, âgée de 6 ans, est atteinte d’une maladie « l’anémie de Fanconi, une affection sanguine héréditaire très grave. Seul remède possible : la greffe de cellules souches hématopoïétiques. La solution proposée par Yuri Verlinsky, du département de génétique et de procréation de l’Université de Chicago, fut de sélectionner à partir d’un panel d’embryons conçus par les parents, dans une fécondation in vitro classique, ceux qui ne portaient pas le gêne défectueux. Procédé complété par une recherche de compatibilité immunologique, de type HLA (Human leucocyte antigens ) entre les futurs frères et sœurs.
Ainsi, l’embryon exempt de la maladie affectant Molly et qui était immuno-compatible a été réimplanté dans l’utérus de la mère et donna naissance le 29 août 2000, à Denver dans le Colorado, à Adam Nash, le tout premier bébé à visée thérapeutique de l’histoire. Un bébé comme les autres, si ce n’est que l’objectif initial du projet parental était de disposer de cellules souches histocompatibles en vue de soigner un autre être humain, en l’occurrence de régénérer la moelle osseuse de sa sœur, Molly. , cette première médicale pose de nombreuses questions d’ordre moral, religieux et éthique. Car, pour la toute première fois, la procréation humaine n’est pas uniquement orientée vers la naissance mais chargée « d’une mission », thérapeutique qui finalement n’a rien de naturelle. Depuis, ce procédé est repris à travers le monde, avec évidemment une charge émotionnelle et d’espérance immense.
« Notre espoir », le bébé du double espoir français
L'équipe de l'hopital Antoine-Béclère de Clamart ayant contribué à la naissance d'Umut-Talha, "notre espoir" en turc, avec les professeurs René Frydman et Arnold Munnich. Photo AFP
Le 26 janvier 2011, le petit Umut-Talha ouvre la voie française des bébés-médicament, baptisés plus élégamment, « bébés-docteur » ou « bébés du double espoir » pour reprendre la formule des spécialistes. Comme pour Molly, Umut-Talha est né par fécondation in-vitro après un double diagnostic pré-implantatoire (DPI). Comme pour Molly, celui-ci visait à garantir que le futur nouveau-né serait indemne de la maladie génétique très invalidante (bêta-thalassémie, causant des anémies) dont souffraient les autres enfants de la famille et compatible en tant que donneur.
Cependant, les parents d’Umut-Talha ont laissé la nature effectuer l’ultime choix. En effet, comme l’explique le Professeur René Frydman (voir la seonde vidéo, en fin d’article), parmi les 2 embryons sains sélectionnés, l’un était compatible et l’autre pas pour jouer le rôle de »bébé-médicament ». Les parents de l’enfant s’en sont remis au hasard ou au doigt de Dieu, comme on voudra. Celui-ci a opté pour l’embryon compatible Ainsi, le cordon ombilical de ce bébé sauveur, prélevé à sa naissance, pourra servir ultérieurement pour une greffe de sang salvatrice.
Nul ne doute que ces enfants d’un genre nouveau sont conçus avec d’autant plus d’amour que l’on attend beaucoup d’eux. Cela dit, le généticien Axel Khan rappelle [1] que cette approche n’est pas si nouvelle que cela car, auparavant, les parents ayant été affligés par des enfants handicapés ou gravement malade recourraient souvent à faire d’autres enfants « en espérant que le hasard leur serait favorable ».
Avec ces embryons « sur mesure », dans certaine famille on pourra dire : « un sauveur nous est né… » Est-ce un bien pour un mal ou le contraire ? Seule l’Histoire nous le dira.
1 – Interview du professeur Axel Kahn sur Europe 1, 7 février 2011
Cette année là, une page d’histoire se tourne. Cette page est celle d’une page imprimée qui porteles tout premiers « bullets points »entourés d’un cadre que l’on retrouvera plus tard sur les présentations Power Point. Cette page façon « story-board » est, pour la toute première fois, conçue sur ordinateur à l’aide d’un petit programme. Son inventeur Whitfield Diffie, celui-là même qui a conçu le cryptage SSL.
Cette année là, la planète économique est à l’aube d’une révolution qui va transformer le quotidien de centaines de millions de cols blancs à travers le monde et qui va éclairer, du moins est-ce l’objectif affiché, les prises de décisions des élites de tout poils (businness men, hommes politiques, militaires et même quelques ecclésiastiques) grâce à l’adage : une image vaut mille mots.
Une image vaut mille mots
En réalité, cet adage était déjà connu et certains, notamment dans l’enseignement, avait eu recours depuis les années 40, à ce que l’on peut qualifier d’aides visuelles : les fameux transparents projectés à l’aide de non moins célèbres rétro-projecteurs.
Mais l’idée révolutionnaire, issue du concept de Diffie, c’est Bob Daskins qu’il la mettra en pratique en créant en 1987 la toute première version de PowerPoint. Cette idée reposait sur la notion de « WYSIWYG » permettant ainsi au commun des mortels de créer, de manière presque ludique, ses propres présentations sans être un as du développement. Cette première version ne fonctionnait que sur Mac d’Apple, en pointe en matière d’ergonomie. En juillet 1987, Microsoft rachète la technologie Power Point et sortira la version windows 2 ans et demi plus tard.
A partir de là, les slides vont s’incruster dans les réunions puis sur le web avec des variantes humoristiques. Ils pénétreront jusqu’à l’enceinte de l’ONU où Colin Powel tentra de convaincre son assemblée de la présence d’armes de destructions massives en Irak à l’aide d’une série de slides.
« Quand nous aurons compris ce slide, nous aurons gagné la guerre », dixit le Général McChrystal à propos de l’Afghanistan.
Et si une image valait mille maux !
Aujourd’hui, au moins 500 millions de personnes utilisent ce logiciel qui mêle texte, graphique, animation, vidéo ou sons, le tout de manière intuitive et ludique. Chaque jour, 30 millions de présentations sont réalisées (données 2007). Au point, – on devrait dire au power point – que certaines voix s’élèvent pour nous alerter sur le formatage de la pensée. Car le slide a ses propres codes : la règle de 7 ; 7 puces par page, 7 mots par lignes, 7 à 10 pages de présentation, 7 à 10 minutes de présentation.
Le discours est donc réduit, simplifié à l’extrême tout en permettant d’éluder les points délicats. En 2006, un expert en communication graphique, Edward Tufte, a démontré que, en occultant certaines informations essentielles, l’usage de PowerPoint avait sa part de responsabilité dans l’explosion de la navette Columbia de la NASA. Plus récemment, James Mattis, général des Marines soupçonnait PowerPoint de nous rendre stupide tandis que son collègue le général McChrystal a même accusé PowerPoint d’être le principal ennemi de l’armée américaine.
A « bullets » rouges…
Ennemi ou ami, les aides visuelles ont envahi les salles de réunions ou de conférences du monde entier et personne n’imagine désormais une démonstration de quoi que ce soit sans cet outil si populaire qui rassure autant le conférencier que l’assistance dont l’attention ne sera pas trop sollicitée. Comme Check Point Charlie, le Power Point est le passage obligé d’un monde qui prend ses décisions à coups de « bullets ». Que celui qui n’a jamais senti le vent du « Bullet » lève le doigt…de la souris !
Etapes clés, en moins de 7 bullets !
1980 : Les laboratoire Bell achète la première imprimante Laser Canon controlée par ordinateur pour un coût de l’ordre du million de dollars;
1981, première utilisation d’un programme informatique pour réaliser une présentation ;
1987 : version 1.0 de Power Point, sur Mac ;
25 février 1992 : première utilisation publique d’une présentation Power Point via un ordinateur portable a eu lieu à l’hotel Regina à Paris;
2001 : Le New Yorker consacre un article à PowerPoint : Comment un logiciel édicte nos pensées ?
A regarder pour mieux comprendre :
A voir et à lire pour aller plus loin qu’une présentation PowerPoint:
Devez beau, riche et intelligent, avec PowerPoint, Excel et Word – Prenant la suite Microsoft Office comme prétexte, avec le recul de l’expérience, un humour féroce et une mauvaise foi assumée, Rafi Haladjian dénonce la Certitude élevée au rang de vertu cardinale. Il rend surtout grâce à cette Incertitude paisible et décomplexée qui permet de s’adapter en toutes circonstances. Acheteurs et vendeurs de certitudes, personne n’est épargné investisseurs, financiers, commerciaux, consultants, entrepreneurs naïfs ou malhonnêtes… « Beau, riche et intelligent », Rafi Haladjian l’est déjà. En 1994, il fut l’un des pionniers de l’Internet en France. Il est l’un des acteurs les plus visionnaires et les plus iconoclastes du paysage technologique français. (Livre gratuit à télécharger au format PDF)
La pensée PowerPoint : Enquête sur ce logiciel qui rend stupide – Qui est aujourd’hui l’ennemi numéro un de l’armée américaine ? Les Talibans ? Al-Qaida ? L’Iran ? Non, l’ennemi, c’est PowerPoint, comme l’a affirmé, en avril 2010, le général des Marines James N. Mattis, selon lequel « PowerPoint nous rend stupides ». Franck Frommer présente la première enquête sur ce logiciel devenu incontournable. L’auteur, qui évolue depuis des années dans la « culture ppt » a visionné des centaines de présentations et analysé en profondeur la « pensée » PowerPoint, avec ses listes à puces, ses formules creuses et sa culture du visuel à tout prix. Où il apparaît que PowerPoint se révèle une puissante machine de falsification et de manipulation du discours, transformant souvent la prise de parole en un spectacle total où la raison et la rigueur n’ont plus aucune place.
La scène se déroule dans le Michigan (USA), au sein de l’usine Ford de Flat Rock. Nous sommes le 25 janvier 1979. Robert Williams est un des employés de l’usine, usine qui emploie également des robots.
L’un d’entre eux, pesant une tonne, dont l’histoire ne fournit ni le nom, ni le matricule, est chargé de collecter des pièces dans un des entrepôts. Est-ce par lassitude, par paresse ou plus vraisemblablement en raison d’un dysfonctionnement technique, le robot, ce jour-là, est particulièrement lent. Du moins, c’est la perception qu’en a Robert. Agacé par cette nonchalance, Robert, tournant le dos à son « collègue » robot, se saisit d’une pièce afin d’accélérer la cadence. Erreur fatale.
Le bras métallique du robot percute violemment Robert entre le cou et sa tête au niveau de l’occiput. Le robot, avait-il repris de la vigueur se sentant atteint dans son amour-propre ? Quoi qu’il en soit le choc va tuer sur le champ le pauvre ouvrier dévoué. Celui-ci s’effondrera sur le sol et son corps inanimé sera découvert par ses collègues une demi-heure plus tard. Le robot sera mis immédiatement hors d’état de nuire, c’est-à-dire débranché !
Pour la toute première fois, un humain est victime d’un robot (1) dans un homicide que l’on peut qualifier d’involontaire bien qu’aucun témoin ne puisse confirmer ou infirmer cette thèse !!
Responsables de l’usine et le fabricant du robot furent condamné à payer 10 millions de dollars à la famille, considérant qu’aucun mécanisme n’avait été prévu pour éviter ce genre de drame.
Le facteur « malchance » sonne toujours deux fois
Hélas ce drame ne restera pas isolé. Deux ans et demi plus tard, un second meurtre se produit, cette fois au Japon. La victime, Kenji Urada, est un ingénieur de 37 ans travaillant dans une usine Kawasaki. Constatant une panne sur un des robots de l’usine Kenji, chargé de la maintenance de ces ouvriers somme toute capricieux, accoure à son chevet pour établir un diagnostic et tenter de le rétablir.
Las ! Sans doute, sans mauvaise intention aucune, le bras hydraulique se remet en marche spontanément. Le pauvre Kenji est alors poussé vers une broyeuse qui va en faire de la charpie. De mémoire de robots, il s’agit là du second meurtre répertorié.
Si les robots ne sont pas foncièrement méchants, ils n’en sont pas moins dangereux !
Publié le 4 février 2012
De la machine aux robots : une longue histoire
- 3500 avant notre ère : premières machines-outils ; des tours de potiers transforment des boulent d’argile en vase ;
Egypte ancienne (-1085 -950) : Anubis, tête de chien avec une mâchoire articulée ;
-380, Archytas de Tarente, ami de Platon, construit un pigeon mécanique en bois ;
- 270 , premiers automates hydrauliques et pneumatiques à Alexandrie ;
en 809, Charlemagne aurait reçu du grand calife Haroun al-Rachid une pendule animée , qui serait le premier automate mécanique reposant sur une horlogerie interne ;
1 er siècle après J.-C, premier traité des automates de Héron d’Alexandrie
XIIème siècle : Roger Bacon met au point une tête parlante ;
XIVème siècle : Les horloges animées des cathédrales mettent en mouvement des personnages ;
XVIème siècle : Léonard de Vinci perfectionne les tours à bois, conçoit des oiseaux volants et un lion articulé doté d’engrenages ;
1642, Pascal ( 1623-1662 ) élabore le premier automate logique, comportant un principe de programmation : c’est la Pascaline, considéré comme l’ancêtre de l’ordinateur ;
1760 environ : la machine à aléser permet de calibrer les canons ;
vers 1775 : la machine-outil commence à utiliser la vapeur comme force motrice ;
1803 : première chaîne de montage comprenant 45 machines est installée à Portsmouth pour le compte de la Marine anglaise ;
A partir de 1830 : les machines-outils deviennent de véritables machines industrielles ;
1942 : le romancier Isaac Asimov introduit pour la première fois le terme robotique dans son livre Runaround ;
1961 : le premier robot industriel, Unimate, conçu par la société Unimation intègre les chaînes de montage de General Motors ;
Années 1970 : les machines-outils à commandes numériques font leur apparition ;
1997 : Deep Blue, un ordinateur d’IBM, bat aux échecs le champion du monde Garry Kasparov ;
2008 : Kevin Warwick, chercheur britannique, est devenu le premier cyborg en procédant à des greffes électroniques sur son propre corps ;
Le jour où les machines s’éveilleront !
Raymond Kurzweil, informaticien américain, futurologue, inventeur dans le domaine de l’intelligence artificielle, reprend à son compte la théorie de la « singularité technologique », notion introduite par John Von Neumann, dans les années 1950. Celle-ci postule qu’au-delà d’un certain niveau de développement technologique, le progrès serait l’œuvre uniquement de l’intelligence artificielle.
Sur ce principe, Raymond Kurzweil, en observant l’accroissement de la puissance de calculs des ordinateurs qui est exponentielle, prévoit deux phases qui marqueront un tournant majeur pour l’humanité. 2029 : année où un ordinateur réussira le test de Turing et 2045, lorsque, selon lui, la quantité d’intelligence artificielle présente sur l’ensemble de la planète sera un milliard de fois supérieure à la totalité de l’intelligence humaine, c’est-à-dire de l’ensemble des cerveaux de la planète.
Raymond Kurzweill ajoute « Nous entrerons alors dans l’ère de la Singularité, stade où il ne sera plus possible d’effectuer raisonnablement des prévisions. Ce sera l’explosion de l’intelligence artificielle qui, obéissant plus que jamais aux lois exponentielles, dépassera l’intelligence biologique et sera en mesure de procéder elle-même à ses propres améliorations. » (2)
Le test de Turing
Il consiste à mettre en concurrence interlocuteurs humains et ordinateur dans un test portant sur la capacité à dialoguer de manière intelligente et humaine.
Concrètement, 5 interlocuteurs, 4 humains et une machine, dialoguent par écrit pendant une durée de 3 heures. Si au terme de ces 3 heures, la personne chargée de l’expérience est incapable de déterminer lequel des interlocuteurs n’est pas humain, le test est réussi.
L’oeuvre d’Isaac Asimov sur les robots regroupe de très nombreuses nouvelles et plusieurs romans. L’ensemble forme une seule grande histoire, le cycle des Robots, qui s’étale sur plusieurs millénaires. Toutes les nouvelles de robotique publiées par l’auteur ont été regroupées dans ces deux grands recueils.
Asimov renouvelle complètement ce thème en inventant des « robots positroniques » gouvernés par trois lois protégeant les êtres humains et, a priori, parfaites et inviolables. Le jeu d’Asimov consiste à imaginer des situations révélant des failles de ces lois (exemple : un robot peut-il, restant passif, laisser un humain fumer une cigarette ?) et des bizarreries de comportement de robots qui semblent les enfreindre, puis à faire découvrir au lecteur comment cela est possible, à la manière d’une enquête policière.
Ils arrivent… Soyez prêts ! Comment démasquer un robot qui imite un humain ? Comment désactiver un robot ménager qui se rebelle ? Comment fuir un essaim de mouches électroniques en maraude ? Dans cet indispensable guide de survie, le spécialiste Daniel H. Wilson livre tous les secrets pour réprimer une mutinerie de robots. Remèdes contre les blessures au laser, reconnaissance des faux visages et discours, combat main contre pince… SURVIVRE à une invasion Robot couvre tous les scénarios possibles qui menacent l’espèce la plus en voie de disparition aujourd’hui : l’homme. Fondé sur des interviews pointues avec d’éminents scientifiques, et incluant de nombreuses images de prototypes actuels, SURVIVRE à une invasion Robot est aussi une introduction parfaite à la robotique contemporaine. N’attendez pas qu’il soit trop tard ! Découvrez toutes les astuces pour vous défendre contre l’invasion imminente !
L’auteur, Daniel H. Wilson, est docteur en robotique de l’université Carnegie Mellon
« Un petit pas pour l’homme, un bond de géant pour l’humanité »
Mon père me réveille au beau milieu de la nuit. C’est ce que nous avions convenu. Je viens juste de fêter mes 12 ans. Encore embrumé de sommeil, on s’installe, mon père et moi, devant le téléviseur Ducretet Thomson. L’image noir & blanc est constellée de tâches blanches comme pour nous rappeler que nous sommes en direct des étoiles. Malgré l’insouciance de ma jeunesse, j’ai vraiment conscience de vivre un moment extraordinaire.
Premier pas, premiers mots
3 heures 56 (heure française, -2 heures 56 GMT-nuit du 20 au 21 juillet 1969), l’émotion se lit dans le regard de mon père. Neil Armstrong descend du module lunaire « Eagle »[1] et pose son pied gauche sur la surface lunaire. Le premier pas d’un Homo sapiens sur un autre sol que celui de notre bonne vieille planète. Ça plane pour moi comme probablement pour les quelques 600 millions de téléspectateurs témoins de ce moment historique.
On mesure d’autant plus l’exploit aujourd’hui lorsqu’on sait que le module lunaire appelé LEM était doté d’un ordinateur de bord qui ne disposait que de 4 Kb de mémoire vive (RAM) et de 74 kb de capacité de disque dur. Autant dire moins que le plus petit des smartphones de 2009 et sans aucune mesure avec nos PC domestiques.
Avec un brin d’ironie on pourrait comparer la modestie de la mémoire de l’ordinateur à la faiblesse des dialogues qui s’engagèrent ensuite entre Armstong et Buzz Aldrin venant le rejoindre : « C’est quelque chose, n’est-ce pas ? Une magnifique vue », s’enthousiasme Armtrong. Auquel répond Aldrin : « Une magnifique désolation ». Formules lapidaires compte tenu de l’évènement mais qui n’en demeure pas moins le tout premier dialogue prononcé hors de notre planète !
« Ce programme est important pour des raisons politiques internationales »
7 ans plus tôt, en 1962, un autre dialogue, qui a lieu cette fois dans le bureau ovale de la Maison Blanche, donne une vision moins idylique de cette aventure spatiale. « Ce programme est important pour des raisons politiques, des raisons de politique internationale, et qu’on le veuille ou non, il s’agit d’un énorme défi à relever » Le président Kennedy s’adresse ainsi au patron de la Nasa de l’époque, James Webb. Il ajoute : « sans quoi, on aurait pas besoin de dépenser tout cet argent ». D’ailleurs, la population américaine reste très partagée sur l’intérêt de cette mission et ne sera véritablement conquise qu’un après la mission Apollo 11.
De nombreux petits pas pour un grand bond pour l’humanité
Ces premiers pas historiques ont été précédés des premières pattes dans l’espace. Laïka a été la première chienne mise sur orbite à bord de Spoutnik 2. Elle vécut un enfer qui heureusement ne dura que quelques heures. Victime d’un manque de préparation et probablement de la désinvolture des techniciens chargés de préparer le dispositif, elle mourut par manque d’oxygène, dans une température invivable. Strelka, une femelle Husky eut plus de chance en revenant saine et sauve d’un vol sur Spoutnik 5. Sans le savoir, elle participa au réchauffement de la guerre froide, en mettant au monde une chienne, Puchinka, qui sera offerte par Khrouchtchev à Kennedy. Cette dernière ira fricoter avec le terrier des Kennedy et leur donna quatre beaux chiots.
Celui qui a véritablement l’étoffe d’un héros, s’appelle Ham. C’est un chimpanzé de 3 ans et 7 mois. Il est propulsé le 31 janvier 1961 dans la stratosphère par une fusée Mercury. Résistant aux fortes pressions et à des températures élevées, on le récupéra dans l’Atlantique. Il sera le tout premier « terrien » à quitter la Terre et à y revenir vivant.
Mais évidemment, le premier véritable pas de la conquête spatiale est une petite boule ronde dotée de 4 longues antennes et qui fait bip-bip, son nom : Spoutnik. Lancé de Baïkonour le 4 octobre 1957, il pèse un peu moins de 84 kilos et mesure 58 cm de diamètre. C’est la toute première fois qu’en engin construit de la main de l’homme tourne autour de la Terre.
La face cachée de la Lune…
« We choose to go to the moon. » Cette déclaration de John F. Kennedy fixe un nouveau cap dans cette course aux étoiles dont le point d’orgue sera le premier pas sur la Lune. Cet événement unique dans l’histoire de l’humanité a aussi ses détracteurs. Il s’agit d’adeptes de la thèse du moon hoax ou canular lunaire. Ses partisans contestent la théorie officielle de la Nasa estimant que l’alunissage n’est qu’une reconstitution en studio. Le tout aurait été réalisé au sein d’une base militaire secrète située dans le désert du Nevada.
En 1974, un auteur, Bill Kaysing, relève dans son livre de nombreuses « bizarreries » comme l’absence d’étoiles dans le ciel, de cratère dans le sol où se pose l’engin spatial, ou le fait que le drapeau flotte alors que sans atmosphère pas de vent… Bref, une série d’observations et de déductions qui sème le trouble dans certains esprits et parvint à convaincre 6 % des américains (sondage Galupp, 1999).
Depuis cette idée « du complot » fait son chemin réactivée par certains médias et surtout par internet. Les sceptiques sont désormais près de 20 %. La Nasa conteste preuves à l’appui ces théories qu’elle considère aussi farfelues que le professeur Tournesol.
« Bonne chance Monsieur Gorsky » ou la fesse cachée de la Lune !
Neil Armstrong ne se contenta pas de prononcer l’une des phrases les plus célèbres de l’histoire en posant son pied sur la Lune. Au cours de la mission d’Apollo 11, il ajouta une interjection très énigmatique : « Bonne chance Monsieur Gorsky ! ».
Journalistes, la Nasa et bien d’autres tentèrent de découvrir l’identité de cet énigmatique Monsieur Gorsky. En vain. Aucun astronaute ni cosmonaute soviétique ne portait ce nom, ni aucune personnalité étant susceptible de retenir l’attention d’Armstrong. Interrogé sur ce point, ce dernier garda le silence durant 30 ans.
Puis, un jour de 1995 à la suite d’une réunion en Floride, il aurait enfin accepté d’éclaircir cette zone d’ombre :
« Monsieur Gorsky est mort maintenant. Je vais pouvoir répondre a votre question : lorsque j’étais gosse, j’avais l’habitude de jouer au basket dans le jardin. Un jour, la balle atterrit dans le jardin du voisin. Au moment ou j’allais la ramasser dans leur jardin, je suis passe devant la fenêtre de la chambre a coucher de M et Mme Gorsky, nos voisins. Et là, j’ai pu entendre madame Gorsky qui disait a monsieur Gorsky :
- Une fellation ? Tu veux que je te fasse une fellation ? Je t’en ferai une le jour ou le gosse du voisin marchera sur la lune… «
Moralité de cette histoire (vraie ?) : on a beau avoir la tête en l’air, lorsqu’il s’agit de parties de jambes en l’air, les paroles en l’air finissent toujours par retomber sur Terre !
Quelques dates qui ont tracé le chemin de la Lune :
4 janvier 1959, premier survol de la Lune par la sonde Luna 1;
puis les premières images de la face cachée de la Lune (Luna 3, 18 octobre 1959);
Premier homme dans l’espace, Youri Gagarine (12 avril 1961);
Premier survol d’une planète autre que la Terre, Vénus par la sonde Mariner 2 (14 décembre 1962)…
première femme dans le cosmos, Valentina Terechkova (16 juin 1963);
Alexeï Leonov, premier homme à effectuer une sortie dans l’espace (18 mars 1965);
première sonde à se poser sur la Lune (3 février 1966);
…2019, une petite colonie pourrait s’établir sur la Lune (annonce faite par la Nasa), base permanente destinée à préparer les premiers voyages vers Mars.
Actualisé le 20 juillet 2009
1 – Ces premiers pas dureront 2 heures environ et parcourront 60 mètres.
A l’occasion de l’anniversaire du lancement d’Apollo 11, le 16 juillet 1969, le blog «Big Picture» présente quarante clichés commémorant l’événement: des photos de la navette, des astronautes Neil A. Armstrong, Michael Collins et Edwin E. «Buzz» Aldrin Junior, de la lune, des réactions de l’époque.
«Le plus fort, c’est quand Armstrong est descendu de son échelle» Le 21 juillet 1969, Neil Armstrong a été le premier homme à marcher sur la lune. Spécialiste scientifique à l’époque, Alain Schärlig, 73 ans aujourd’hui, a commenté, en direct sur la TSR (un autre exploit pour l’époque!) ce moment historique. Il se souvient dans une interview de l’édition suisse de 20 Minutes.
On a marché sur la lune Les aventures de Tintin – Hergé. Ca y est, la fusée a bel et bien décollé ! A son bord, Tintin, le Capitaine Haddock, le Professeur Tournesol et son assistant s’apprêtent à un long voyage dont les moindres détails ont été minutieusement préparés. Mais le décollage est à peine achevé que surviennent les premières surprises !
Apollo en route vers les étoiles Retrouvez la fantastique histoire du Programme Apollo à travers un document fascinant de 80 minutes: un panorama complet et chronologique de l’extraordinaire aventure du programme américain d’exploration de l’espace de la 1ère mission en 1961 à la fin du programme en 1972.
Qwertyuiop : peu romantique ce premier message électronique préfigure une nouvelle manière de communiquer qui bouleversera autant la sphère privée que professionnelle; pour la toute première fois le courrier s’affranchit du papier et du temps. Plus qu’une invention, c’est une révolution sociétale. Alors, quel en a été le facteur déclenchant, hein ?!
En ce début d’automne 1971[1], personne n’imagine encore la révolution « épistolaire » qui se fomente quelque part en Angleterre, à Cambridge pour être précis. Ce qui se joue à cet instant, c’est une manière totalement inédite de correspondre par écrit, d’une personne à une autre, sans intermédiaire, sans délai, sans affranchissement, et cela quelle que soit la distance.
Ray Tomlinson, l’inventeur de l’E-Mail
Comme beaucoup de révolutions, celle-ci débute discrètement dans les locaux de la société BBN collaborant, pour le compte du gouvernement américain, au projet Arpanet, l’ancêtre d’Internet. Là, un ingénieur, Ray Tomlinson, a l’idée d’associer deux programmes d’ordinateurs existants (SNDMSG / READMAIL) : l’un permettant de partager des messages entre plusieurs utilisateurs d’un même ordinateur et l’autre conçu pour copier simultanément le même fichier sur les 15 ordinateurs que compte le réseau Arpanet, balbutiant.
200 lignes de code plus tard, il crée les 2 premières boites de messagerie de l’histoire sur 2 ordinateurs voisins et adoptent le fameux arobase [@] afin d’identifier les adresses de ces boites, en séparant le nom de l’utilisateur de celui de l’ordinateur. Pourquoi l’arobase ? Parce que l’arobase [2] a du caractère, il ne figure dans aucun des noms propres ou figurés et de surcroît se prononce « at » en anglais ce qui signifie « chez ».
Et voici le résultat, avec la toute première adresse électronique : tomlinson@bbn-tenexa et le tout premier message : qwertyuiop, qui correspond aux premières lettres du clavier, version anglo-saxonne.
Ce programme et ses versions plus élaborées (programme MSG conçu par John Vittal en 1975) vont être adoptés d’abord par la petite communauté d’ingénieurs (15 puis 23 ordinateurs reliés entre-eux) avant de se développer bien au-delà de cette communauté. En 1978, un rapport de l’ARPA (Advenced Research Projects Agency) annonce le raz de marée que l’on connaît : plus de 200 milliards de mails échangés quotidiennement dans le monde dont plus des deux tiers sont des spams.
Et nous y voilà, car la technologie du courrier en réseau, selon l’appellation de l’ARPA, est à des années-lumière de la valeur littéraire des échanges de correspondances qui animait l’intelligentsia européenne à l’époque de Voltaire, de Madame Sévigné ou de Flaubert. Goethe, qui s’inquiétait déjà de la rapidité des échanges par correspondance en Europe, en qualifiant l’époque de « vélocifère », serait abasourdi par « le temps réel » et surtout la médiocrité pour ne pas dire vulgarité de la plupart des contenus.
Avec les spams, nous atteignons le niveau zéro de la correspondance auquel Goethe n’aurait probablement pas survécu. Pourtant, il n’aura pas fallu longtemps pour que ce type de messages, dit pourriels, apparaissent : 7 ans, après le premier e-mail. C’était le 3 mai
1978. Un commercial de la société informatique DEC adressait un mail à 393 personnes pour les inviter à découvrir son nouvel ordinateur. Le message indésirable était né, né pour encombrer le réseau et les esprits. Quatre ans plus tard, en 1982, un chercheur américain, Scott Fahlman) crée une nouvelle forme de langage, les smileys.
Créer du lien malgré les distances géographiques et culturelles, c’est la fonction du courrier depuis toujours. Entre 1820 et 1914, 280 millions de lettres seront expédiés par les immigrants allemands, des Etats-Unis vers l’Allemagne ; mais aujourd’hui, grâce à cette mise en relation instantanée, cela dépasse l’entendement : 80 000 milliards de mails par an, 1 milliard 200 millions de destinataires potentiels. Comparativement, les lettres expédiées de manière traditionnelle dans le monde atteignent à peine les 500 milliards annuellement.
Signe Arobase dans une lettre de marchands vénitiens datant de plus de 500 ans
Lorsque l’empereur romain Auguste, en l’an 22 av J.-C instaure le premier service de courrier régulier (Cursus publicus) destiné à acheminer des messages à travers tout l’Empire, il ne pouvait imaginer que 2000 ans plus tard la transmission de messages deviendrait une des principales occupations du velgum pecus. Il ne pouvait encore moins concevoir que le temps de transmission serait, dans 91 % des cas, bien inférieur à 5 minutes, alors qu’il y a 200 ans seulement une lettre expédiée de Paris mettait plus de 4 jours pour atteindre Marseille.
Sans aucun doute, en ce jour d’automne 1971, en matière de correspondance, l’humanité s’est affranchie de tout ou presque…même de l’affranchissement. L’histoire au pied de la lettre, en quelques dates :
500 ans, avant J.-C., le roi perse Cyrus installe les premiers relais sur les routes de son vaste empire;
22 avant J.-C., l’empereur romain Auguste créée le premier réseau de courrier;
745, premier véritable service postal, en Chine;
1477, créations des premiers relais de poste par Louis XI, uniquement destiné à la correspondance du roi, relais espacé de 7 lieues, soit 28 Km, d’où l’expression des bottes de 7 lieues, bottes très lourdes dont étaient dotés les postillons;
1630, Descartes expédie un dessin non protégé par une enveloppe, et d’une certaine manière inaugure la carte postale;
1653, première boite à lettre, à Paris;
1760, Les tout premiers facteurs, dans un premier temps de ville;
1796, la célèbre attaque du courrier de Lyon;
1830, les facteurs arrivent dans les campagnes;
1840, premier timbre, en Angleterre;
1849, premier timbre français;
1870, première véritable carte postale (cartes postales illustrées en 1889).
1 – Certaines sources mentionnent la date de mars 1972
2- L’origine du signe correspondrait à une fusion de deux caractères consécutifs (une ligature), le a et le d, qu’auraient utilisés des moines copistes au VIème siècle. L’@ ressurgit chez les marchands florentins du XIIème siècle, comme unité de mesure et son usage devient assez répandu aux Etats-Unis, au XIXème, sous la forme : « 2 objets@$ 10 » qui signifie : deux objets à 10 dollars pièce.
A voir pour mieux comprendre :
Le terme Spam viendrait d’un sketch des Monty Python, où le mot spam, marque d’un jambon en boîte, est sans cesse répété.
Internet pour les Nuls – Vous n’avez pas de diplôme d’informatique et vous rêvez de surfer sur la toile comme un pro ? Sans jargon informatique inutile mais avec des explications claires et simples agrémentées d’une bonne dose d’humour, ce livre a été spécialement conçu pour guider vos premiers pas dans le monde merveilleux d’Internet jusqu’à une maîtrise totale, sans stress, avec le sourire !
Les dix plaies d’Internet : Les dangers d’un outil fabuleux. Avez-vous déjà réfléchi aux questions suivantes : Lorsque vous consultez un moteur de recherche, savez-vous comment se » calculent » les résultats ? Peut-on faire confiance à Wikipedia ? Nos enfants collégiens ou lycéens recourent-ils massivement au copier-coller ? Est-ce ainsi que nous leur apprendrons à penser par eux-mêmes ? Avez-vous vraiment envie d’une société où tout le monde peut s’exprimer tout le temps sur tous les sujets ? À vous de réfléchir…
Traque sur internet – DVD avec Sandra Bullock. Angela BENNETT brillante informaticienne passe son temps branchée sur son ordinateur, sa spécialité traquer les virus. Comme souvent, un de ses correspondants lui envoie un programme à étudier, Angela découvre que cette disquette contient des données top secret. Elle va rapidement comprendre que, pour sa sécurité, elle n’aurait jamais dû y avoir accès.
Le Musée de la Poste – Le Musée de La Poste de Paris retrace l’histoire du transport du message écrit, de la tablette d’argile à l’aéropostale en passant par les boules de Moulins, la malle-poste et les ballons montés, les timbres-poste sans oublier les personnages emblématiques tels le postillon ou le facteur.
Dès 1860, Baudelaire avait flairé qu’à défaut de paradis terrestre, on se tournerait de plus en plus vers les paradis artificiels[1]. Rimbaud, Hermann Hesse, Henry Miller, Aldous Huxley et quelques autres ont, sur son chemin, entrouvert les portes d’une nouvelle perception[1] où l’imaginaire se substituerait de plus en plus au réel.
Nouvelles perceptions pour nouvelles aspirations mais surtout nouvelles partitions. A partir des années 60 (le mouvement est même amorcé dès le milieu des années 50 avec les Hispter et les Beatnick) les musicos –et quels musicos !- vont prendre le relais des écrivains et poètes pour promouvoir un nouveau mode de vie. Le mouvement va donc changer de rythme ! Ainsi malgré des ingrédients vieux comme le monde : musique, littérature, philosophie et drogue plus ou moins hallucinogène, un air nouveau se met à souffler sur les champs en fleur de la contre-culture. Ceux-ci sont irrigués par une jeunesse éprise de liberté et d’égalité. Pour la toute première fois ce n’est plus l’appartenance à une classe sociale qui compte mais à une classe d’âge [2]. Les barrières conventionnelles sautent pour un voyage vers l’inconnu.
« Nous sommes les primitifs d’une culture inconnue »
Tout a vraiment commencé le 14 janvier 1967 en Californie. Ce jour-là, les adeptes de cette contre-culture, du psychédélisme et de la musique rock, se donnent rendez-vous dans le Golden Gate Park de San Francisco, l’épicentre du mouvement hippie et de la jeunesse contestataire. Ils sont 30 000 et vont participer à ce que certains appelleront le tout premier Be-In de l’humanité.
Tous les ingrédients des futurs grands concerts sont déjà là : improvisions musicales, sandwichs cette fois distribués gratuitement, circulation de drogue, en l’occurrence de LSD (encore légal), enfants perdus dans la foule, service d’ordre assuré par les Hell’s Angels, levée de fonds contre la guerre du Vietnam et déclamation de la caution poétique de la manifestation : Gary Snyder. Celui-ci ouvre l’événement en affirmant : « nous sommes les primitifs d’une culture inconnue ». Le ton est donné et, qu’on le veuille ou non, cela va changer de note.
Summer of love ou l’été de tous les possibles
Mais il ne s’agit que d’une répétition. Le tout premier véritable festival de rock se tient en effet mi-juin de la même année, à 150 km de San Francisco, au Monterey County Fairground. Au programme plus de 30 artistes, dont les Who, Jimi Hendrix, The Jefferson Airplane, The Gratefuk Dead, Simon & Garfunkel. La fine fleur du mouvement hippie est là ; bon enfant, dès lors qu’on lui donne de l’amour et de l’herbe.
San Francisco et son quartier phare d’une jeunesse gorgée d’espoir et d’utopie, Haight-Ashbury (parfois désigné Hashbury) devient ainsi dès le printemps 67 le centre d’un nouveau monde en marche. En marche, oui…mais en sandalettes. Attirés par ces manifestations dont la presse en fait peu ou prou la publicité selon ses affinités, 100 000 jeunes du monde entier affluent. Haight-Ashbury et les environs deviennent les premiers lieux underground de l’histoire. Tout y est libre et presque gratuit : la nourriture, la drogue, l’amour…et même la santé. Et il faut en avoir, car la liberté n’est pas de tout repos et les accidents d’overdoses ne sont pas rares.
Étudiants, fugueurs, aficionados du rock, dealers, hippies de la première fleur, activiste politiques, tous veulent vivre cette aventure sociale sans précédent. Pourtant, la renommée provient essentiellement du bouche à oreille. Là aussi, il s’agit d’une première : le tout premier buzz, en quelque sorte.
Cet happening durera le temps d’un été et deviendra célèbre sous le label : Summer of love.
Quand la musique modifie les mœurs
La musique sert de vecteur à cette clameur provenant d’une jeunesse aspirant à une nouvelle ère portée par de nouveaux airs. La chanson San Francisco et celle des Beatles « All you Need Is love » en seront les symboles.
N’étant plus à une contradiction près, la musique vise à se libérer de toutes entraves culturelles tout en s’appuyant sur un héritage musical cosmopolites –blues et rythm and blues issues le plus souvent des minorités. Finis les vieux rock’n roll bien sages avec 3 accords de guitare, place au rock psychédélique et autre acid-rock. L’heure est à l’improvisation et aux variations électro-acoustique qui irriguent encore aujourd’hui notre univers musical.
Voulant réécrire les règles du monde, finalement le mouvement hippie va surtout réécrire de nouvelles partitions qui connaîtront leur heure de gloire avec le festival de Woodstock.
Woodstock : Three days of peace and music
Pour ces trois jours de paix et de musique, slogan de Woodstock, ils sont tous là ou presque : Jimi Hendrix, les Who, Santana, Jefferson Airplane, Crosby, Stills and Nash, Joe Cooker, Janis Joplin, Richie Havens, John Baez, Grateful Dead et bien d’autres.
Du vendredi 15 au lundi 18 août 1969, dans la petite ville de Béthel, à quelques 100 km au nord de New York, Woodstock construit sa légende. Quatre jours qui deviendront le plus grand moment de l’histoire de la musique populaire. Un baptême collectif où convergent plus de 400 000 adeptes du pacifisme de la sexualité libérée, et du mysticisme oriental ; le tout inondé à la fois de musique rock and folk, de boue et de pluie.
L’ampleur du succès engendrera des difficultés d’accès à la fois pour les participants (plus du double que prévu avec de gigantesque embouteillages) comme pour les artistes qui furent, pour certains, acheminés par hélicoptère. En revanche, contre toute attente, pas de drame à déplorer en dehors d’un décès par overdose et d’une personne écrasée par un tracteur.
En dépit du fiasco économique, impossible de faire payer comme prévu les « festivaliers » (John Roberts, l’un des 4 initiateurs du projet perdit dans l’affaire plus de 2 millions de dollars) et logistique (vivres, sanitaires, sono tout était sous dimensionné), Woodstock restera dans les esprits comme le tout premier événement musical communautaire et planétaire.
De la contre-culture à la culture du profit
Ironie de l’histoire, à partir de cet instant anti-conventionnel s’il en est, la musique va rentrer dans le droit chemin de l’industrialisation et du business, notamment celui tout nouveau des produits dérivés. Pour Pierre Delannoy[2], » Woodstock c’est le début de la fin : la récupération et la marchandisation de l’idéologie hippie ». Jusqu’ici libre et spontanée, la production musicale va interesser les maisons de disques dont les Majors seront présentes sur le festival. Dès lors, l’innovation marquera le pas au profit du business, avec comme objectifs maximiser hits et disques de platine.
La plupart des festivals héritiers de Woodstock poursuivront donc cette logique commerciale tandis que le mouvement hippie va connaître un atterrissage en douceur.
Néanmoins le Peace and love est entré irrémédiablement dans les mœurs avec le concours d’une musique sensée les adoucir…quoi que !
Le T-shirt devient à partir des années 60, l’objet fétiche des fans, ouvrant la voie aux tout premiers produits dérivés.
Principales dates à retenir :
1959, création de l’émission Salut les Copains;
1963 : premier grand concert en France (place de la Nation) avec les vedettes de l’époque, rassemblant 100 000 personnes;
1963 : Festival de Newport;
1967 : festival de Monterey et le Summer Of love de San Francisco;
6 octobre 1967 : fin du Summer of love, symbolisé par des funérailles;
1969 : Festival de Woodstock…et premiers seins nus sur les plages de Saint Tropez ;
1970 : Festival de l’Ile de Wight;
1970 : sortie du documentaire « Woodstock » de Michael Wadleigh et morts liées à la drogue de Jimi Hendrix et de Janis Joplin;
1971 : mort de Jim Morisson d’une overdose;
1975 : sortie « Tommy » de Ken Russel, d’après l’œuvre des Who;
1980 : assassinat de John Lennon;
1982 : sortie de « Pink Floyd The Wall » d’Alan Parker;
1991 : Au cinéma, sortie de « The Doors », d’Oliver Stone, retraçant l’histoire du groupe;
1994 : nouveau festival Woodstock;
1996 : début de la vague post-rock;
1999 : Woodstock fête les 30 ans de Woodstock;
1 -Charles Baudelaire publie « les Paradis artificiels » en 1860, ouvrage dans le lequel il étudie l’influence des drogues hallucinogènes sur l’inspiration poétique; Aldous Huxley publie en 1954 « Les portes de la perception », influencé par le modern jazz, musique en rupture avec l’univers musical de l’époque et déjà largement marquée par la drogue.
2- « Woodstock marque le début de la récupération de l’idéologie hippie » – Pierre Delannoy, auteur de l’Aventure hippie (Poche 10/18) – Le Monde; interview conduite par Mael Inizan- 14 août 2009
A visionner avec plaisir : Le film complet de Woodstock en plusieurs parties, avec ici la première partie :
Bande annonce du film Taking Woodstock, ou comment se faire du blé avec de l’herbe et du son…
Woodstock : 3 jours de musique et de paix – coffret 4 DVD Ils vinrent des quatre coins du monde. Ils étaient presque un demi million rassemblé sur un champs du comté de Sullivan, dans l’état de New York. Pendant 3 jours, ils vécurent, mangèrent, dormirent côté à côte. Mais surtout ils écoutèrent de la musique et quelle musique ! Michael Wadleigh et son équipe de 12 cameramen ont capturé les meilleurs moments du plus grand concert jamais organisé.
Woodstock vu par 10 artistes 40 ans après, 10 artistes évoquent Woodstock en vidéo. Les Beastie Boys, Esser, Little Boots, Chris Garneau… Ils ont tous en commun de ne pas avoir assisté au festival de Woodstock du 15 au 17 août 1969, pour cause ils étaient trop jeunes. Ils ont tous en commun d’avoir eu quelque chose à dire sur cet événement. Pour fêter les 40 ans de Woodstock, 10 artistes qui ont marqué l’année 2009 évoquent devant les caméras de Fluctuat.net le festival en souvenirs, images et titres et s’improvisent programmateurs d’un jour… pour un potentiel et rêvé Woodstock en 2009.
En route vers Woodstock : De Kerouac à Dylan, la longue marche des babyboomers Tandis que cinq cent mille jeunes Américains sont perdus dans le bourbier de la guerre du Vietnam, cinq cent mille autres se rassemblent à Woodstock pour trois jours de paix, de musique et d’amour, à la mi-août 1969. A travers l’histoire du festival, Jean-Marc Bel dresse le portrait de la génération des babyboomers.