vendredi, 19 mars 2010

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

D. De 1960 à 2000+

La toute première épidémie numérique

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2 septembre 1988

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D’ ram…en ligne


Tout a commencé le 2 novembre 1988. Nous sommes au beau milieu de l’automne, or la saison n’est pas assez avancée pour une épidémie de grippe saisonnière. Pourtant, le monde va connaître bel et bien une épidémie;  une épidémie d’un genre totalement nouveau : la toute première épidémie non biologique, le virus informatique proliférant grâce à internet.

L’appellation de virus n’est pas usurpée car, à l’instar de son cousin biologique, le virus informatique utilise un hôte, en l’occurrence l’ordinateur, qu’il infecte pour se reproduire. Et si l’on évoque la notion d’épidémie, c’est qu’il se répand comme une traînée de poudre via le réseau internet balbutiant.

Ce virus se révèle très contagieux, presque autant que le virus grippal H1N1 ! Il va infecter 6 000 ordinateurs [1] sur les 60 000 environ que compte alors internet (moins de 100 000 internautes).

Ce jour là l’humanité rentre dans une phase totalement inédite de son évolution : pour la toute première fois, elle engendre un instrument autonome dont elle perd tout contrôle.

Un virus qui n’aurait pas fait de mal à une souris…

Robert Morris, le premier hacker malgré lui
Robert Morris, le premier hacker malgré lui

L’auteur de cette agression numérique “on-line” est un étudiant de l’Université de Cornell : Robert Morris Jr, baptisé par la suite Morris Worm. Son intention n’est pas malveillante. Féru d’informatique, il développe un programme capable de se propager et de se répliquer de manière autonome. Et cela indéfiniment. C’est ce que l’on appelle un ver. A cet effet, il exploite les failles de sécurité du système d’exploitation Unix (système d’exploitation très utilisé sur Internet notamment dans le domaine des serveurs).

Mais voilà, suite à une erreur de programmation, son programme comporte lui aussi une faille. Lorsque Morris lâche « sa créature » sur le réseau, celle-ci se répand à travers le réseau en se dupliquant à une vitesse folle. Bien que dépourvu de fonctions agressives, le ver  infecte une bonne partie des ordinateurs américains qui sont connectés au réseau qu’il va saturer. Non préparées à une telle intrusion totalement incongrue pour l’époque, ces machines se révèlent particulièrement vulnérables. En moins de 24 heures, le seuil de 3 ou 4 % de machines contaminées est atteint. Le réseau devient alors totalement paralysé pendant plusieurs jours. Nous venons d’assister à la toute première offensive numérique sur le réseau.

Le jeu du chat et de la souris.

Après l’attaque, l’heure est à la réparation des dégâts commis. Des experts notamment du MIT sont appelés à la rescousse. Ils vont jouer au chat et à la souris durant des semaines. Car, si la solution paraît simple dans son principe –il suffit d’éteindre simultanément tous les ordinateurs infectés-, elle se révèle néanmoins inapplicable pour des ordinateurs distants et en réseau. L’antidote passa donc par une analyse de « l’ADN » du virus, puis son recodage en vue d’un redéploiement sur le réseau. La situation fut débloquée qu’au bout de plusieurs semaines et pour un coût évalué entre 150 000 et 1 million de dollars.

Depuis cet incident de nombreuses mesures ont été prises : création d’une structure permanente le CERT Coordination Center (CERT/CC) et politique sécuritaire qui a ouvert un boulevard à  l’industrie de la sécurité sur Internet. Avec les millions d’ordinateurs connectés en permanence à travers le monde et les enjeux économiques, les sources d’agressions se sont multipliées.

Plus nombreux, plus sophistiqués, plus virulents que leurs ancêtres, les malwares, spywares et autres adwares procurent des sueurs froides aux internautes, donnent des cheveux blancs aux DSI et font les choux gras des dizaines de sociétés spécialisés dans l’antivirus. Le marché mondial de l’antivirus représentait 4 milliards de dollars, en 2005. On estime en effet à 100 000 environ le nombre de programmes malveillants (225 en 1990 et 2350 en 1993) mais « seuls » quelques milliers seraient en circulation et actifs [2].

Ram…dam dans les ordis dès 1982

“Il s’installera sur tous vos disques, il infiltrera tous vos processeurs, oui, c’est Cloner!”[3] Voici ceux qu’ont vu apparaître sur leurs écrans d’Apple II, à partir de juillet 1982, les toutes premières victimes ébahies de virus informatiques. Elk Cloner est probablement le tout premier virus informatique connu.

La différence avec celui de Morris cécrit plus haut tient au mode de transmission. Tandis que ce dernier s’appuie sur le réseau internet pour se propager, Elk Cloner utilise un vecteur non connecté, la disquette. La transmission est évidement moins rapide et moins étendue puisque dépendante du moyen de locomotion du porteur de la disquette infectée ! Il ne s’agit donc pas d’épidémie.

Son auteur, Richard Skrenta, un lycéen américain de 15 ans, va concevoir son propre « contrepoison » qui deviendra le tout premier antivirus numérique.

Tout cela était prévisible et, d’une certaine manière, prévu. Dès 1949, le célèbre physicien et mathématicien Von Neumann, l’un des fondateurs de l’informatique, conçoit une structure autoreproductible. Il s’agit d’automates cellulaires [4], connue sous le vocable de “constructeur universel”. Il ouvre la voie à un monde cybernétique capable de voler de ses propres ailes…et peut-être de faire battre de l’aile le genre humain.

Les pirates de l’ère…numérique

Même si le terme de virus informatique date officiellement de 1983, la pratique du piratage électronique est en réalité bien antérieure. Elle s’est nourrie de la montée en puissance des télécommunications et de l’informatique. Elle a profité des possibilités d’opérations illicites (appels gratuits) sur les réseaux téléphoniques. Pirates et auteurs de virus sont cousins germains. Ces protagonistes n’ont pas à l’origine les mêmes objectifs : cupidité pour les uns, recherche de performance technique pour les autres et pour les deux, la même volonté de voir ce qu’il a dans le moteur et de se faire mousser auprès de ses pôtes ou de ses pairs !

Le jeu Core War, inventé par des informaticiens des laboratoires Bell dans les années 60, en est une illustration ludique. Le jeu consiste, sans aucune intervention humaine, à un combat à mort entre 2 programmes informatiques implémentés dans deux ordinateurs. Chacun dispose de la faculté de se dupliquer et de s’autoréparer.

L'article publié par American Scientific, de A.K. Dewdney
L’article publié par American Scientific, de A.K. Dewdney

Cette application révolutionnaire sur le principe restera confidentielle durant près de 20 ans. Or, ironie de l’histoire, en 1984 (rappellez-vous 1984 d’Orwell) la revue grand-public Scientific Américan publia un article décrivant la méthodologie pour créer un programme s’inspirant de Core War. Ni plus, ni moins qu’un guide pour fabriquer ses propres virus. Par sécurité, son action se limitait à la mémoire vive (RAM) et devenait inopérant après le redémarrage de l’ordinateur.

Cette nouvelle fît grand bruit, car elle s’adressait pour la première fois à un public non averti. En devenant acteur, celui-ci s’aventurait tout doucement sur le chemin du piratage qui allait bouleverser l’économie dématérialisée. On connaît la…musique !

Une plaie économique

Pour la seule année 2008, « la criminalité informatique » aurait coûté, au niveau mondial, près de 760 milliards d’euros de préjudice aux entreprises [5]. Marché juteux où des informations relatives au code d’accès à une carte bancaire se revendent, au marché noir, plus de 700 euros. Notons néanmoins que le gros du butin des pirates informatiques ne provient pas de ces larcins liés aux cartes bancaires. A titre d’exemple, en 2007, leurs montants n’atteignaient pas en Belgique 300 000 euros.

Parallèlement à ces méthodes que l’on peut qualifier d’effraction immatérielle, se développe également une forme de rackettage  technologique vis à vis d’entreprises ayant une présence plus ou moins importante sur la web. Le mode opératoire est simple.  Soit l’entreprise paie une “rançon” ou achète une technologie, soit elle se voit la proie des cyberbrigands qui vont (si ce n’est déjà fait), s’inflitrer dans son réseau ou rendre son site inopérant. La vidéo en consultation à la fin de l’article évoque une entreprise victime de ces pratiques ayant perdu 20 000 euros de chiffres d’affaire en une semaine.

En marge de cette cybercriminalité organisée, il y a nos petits larcins quotidiens; autrement dit nos propres téléchargements. Au-delà des polémiques et si l’on se place  d’un point de vue purement économique, L’IPI (Institute for Policy Innovation) a publié en 2007 une évaluation du manque à gagner pour l’économie américaine du piratage de musique. Pour la première fois, ce coût est assorti d’une modération estimant que seuls 20% des titres téléchargés auraient été effectivement achetés.  Le montant s’élève à 12.5 milliards de dollars et correspond à plus de 70 000 emplois.

On estime qu’une réduction d’un tiers du taux de piratage informatique tout secteurs confondus injecterait 400 milliard de dollars dans l’économie mondiale et engendrerait un million cinq cents mille emplois supplémentaires à travers le monde[6].

On le voit,  virus et pirates (ou piratage) sont dans le même bateau. Un bateau qui sillonnent  les méandres du web, plaçant l’internaute dans une situation schizophrène où il apparaît autant victime que complice. “Alors, avant les virus, c’était comment le numérique ?  Tais-toi et ram…”

Les dates clés à retenir :

  • 1939 : Von Neumann publie un article sur la prise de contrôle d’un programme par un autre;
  • 15 février 1946 : premier “gros” ordinateurs, dit de 1ère génération;
  • 1949 : le même Von Neumann élabore les principes de base des logiciels autorepliqués;
  • 15 février 1946 : premier “gros” ordinateurs, dit de 1ère génération;
  • 1960 : apparition des boucles “auto-réplicantes”, appelées “lièvres”, incapable encore de sauter d’une machine à une autre;
  • 1960 (années)  : création du jeu Core War (ou Core Warrior), programme visant à bloquer l’ordinateur de son adversaire;
  • 1972 : Un utilitaire “the creeper” est capable de sauter d’une machine à l’autre; première utilisation du terme virus dans un ouvrage;
  • 1982 : Elk cloner, un programme d’autoréplication pour Apple II
  • 1984 : l’article “Computer recreations in the game call Core War hostile programs engage in a batle of bits” est un guide pour créer ses propres virus, publié par American Scientific et tranduit en français par le magazine Pour la Science;
  • 1988 : Robert Morris est arrêté pour fraude informatique pour le premier virus internet;
  • 1989: la France prend conscience du risque des virus informatiques;
  • 1995 : premiers virus macros destructeurs;
  • 1999 : le virus Mélissa infecte 300 000 ordianteurs;
  • 2000 : c’est le tour au virus I love you
  • 2003 : le virus MyDoom se répand par les pièces jointes de la messagerie : 1 million d’ordinateurs infectés. Microsoft offre une prime  à quiconque trouve son auteur.
    Publié le 15 septembre 2009

1 - ce chiffre varie de 2000 à 6000 selon les sources
2 - Sophos, éditeur de logiciel de sécurité avance le chiffre de 95 000, quand aux virus en circulation, les données sont fournies par la Wildlist organisation.
3 - It will get on all your disks, It will infiltrate your chips, Yes it’s Cloner!
4 -  Le jeu de la vie est le plus célèbre d’entre eux ; il a été conçu en 1970 par John Horton Conway en 1970
5 -  Étude de la société Mcaffe, spécialisée dans la sécurité informatique
6-  Etude commandée par la Business Software Alliance, en 2003


A consulter pour mieux comprendre :

 


A voir, à lire et à installer pour aller plus loin avec votre ordinateur :  

  • Virus, troyens, dialers, pirates… Ces mots ne vous disent peut-être rien, mais ce sont de réels dangers pour votre ordinateur. Vous trouverez sur Inoculer.com de quoi en apprendre plus sur ces menaces et surtout de quoi vous en protéger gratuitement. Si ça c’est pas une bonne nouvelle !
  • Cybercriminalité : Les mafias envahissent le web - Les temps sont révolus où les menaces informatiques se limitaient aux virus créés par des étudiants isolés. Cet ouvrage est d’abord une mise en garde contre toutes les escroqueries qui menacent aujourd’hui tant les particuliers que les entreprises. Il vous fournira toutes les informations utiles sur le phishing, le spam, les virus, l’ingénierie sociale, les vols de données bancaires, l’espionnage industriel, la prise de contrôle de machines à distance, etc. Les derniers chapitres constituent un cri d’alerte sur les nouvelles formes de criminalité (voire de terrorisme) qui émergent aujourd’hui et vont se répandre sur le Net dans les prochaines années.
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Tout premiers pas sur la Lune

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21 juillet 1969

Un petit pas pour une grande première fois

Illustration adressé par Hergé à Amstrong en 1969 - © Hergé - Moulinsart SA
Illustration adressée par Hergé à Armstrong en 1969 - © Hergé - Moulinsart SA
“Un petit pas pour l’homme, un  bond de géant pour l’humanité”

Mon père me réveille au beau milieu de la nuit. C’est ce que nous avions convenu. Je viens juste de fêter mes 12 ans. Encore embrumé de sommeil, on s’installe, mon père et moi, devant le téléviseur Ducretet Thomson. L’image noir & blanc est constellée de tâches blanches comme pour nous rappeler que nous sommes en direct des étoiles. Malgré l’insouciance de ma jeunesse, j’ai vraiment conscience de vivre un moment extraordinaire.

Premier pas, premiers mots

3 heures 56 (heure française, -2 heures 56 GMT-nuit du 20 au 21 juillet 1969), l’émotion se lit dans le regard de mon père. Neil Armstrong descend du module lunaire « Eagle »[1] et pose son pied gauche sur la surface lunaire.  Le premier pas d’un Homo sapiens sur un autre sol que celui de notre bonne vieille planète. Ça plane pour moi comme probablement pour les quelques 600 millions de téléspectateurs témoins de ce moment historique.

On mesure d’autant plus l’exploit aujourd’hui lorsqu’on sait que le module lunaire appelé LEM était doté d’un ordinateur de bord qui ne disposait que de 4 Kb de mémoire vive (RAM) et de 74 kb de capacité de disque dur. Autant dire moins que le plus petit des smartphones de 2009 et sans aucune mesure avec nos PC domestiques.

Avec un brin d’ironie on pourrait comparer la modestie de la mémoire de l’ordinateur à la faiblesse des dialogues qui  s’engagèrent ensuite entre Armstong et Buzz Aldrin venant le rejoindre : “C’est quelque chose, n’est-ce pas ? Une magnifique vue”, s’enthousiasme  Armtrong. Auquel répond Aldrin :  “Une magnifique désolation”.   Formules lapidaires compte tenu de l’évènement mais qui n’en demeure pas moins le tout premier dialogue prononcé hors de notre planète !

Apollo 11 : les premiers pas sur la Lune - Archives de l’Ina

“Ce programme est important pour des raisons politiques internationales”

7 ans plus tôt, en 1962, un autre dialogue, qui a lieu cette fois dans le bureau ovale de la Maison Blanche, donne une vision moins idylique de cette aventure spatiale. “Ce programme est important pour des raisons politiques, des raisons de politique internationale, et qu’on le veuille ou non, il s’agit d’un énorme défi à relever” Le président Kennedy s’adresse ainsi au patron de la Nasa de l’époque, James Webb. Il ajoute : “sans quoi, on aurait pas besoin de dépenser tout cet argent”. D’ailleurs, la population américaine reste très partagée sur l’intérêt de cette mission et ne sera véritablement conquise qu’un après la mission Apollo 11.

De nombreux petits pas pour un grand bond pour l’humanité

Ces premiers pas historiques ont été précédés des premières pattes dans l’espace. Laïka a été la première chienne mise sur orbite à bord de Spoutnik 2. Elle vécut un enfer qui heureusement ne dura que quelques heures. Victime d’un manque de préparation et probablement de la désinvolture des techniciens chargés de préparer le dispositif, elle mourut par manque d’oxygène, dans une température invivable. Strelka, une femelle Husky eut plus de chance en revenant saine et sauve d’un vol sur Spoutnik 5. Sans le savoir, elle participa au réchauffement de la guerre froide, en mettant au monde une chienne, Puchinka, qui sera offerte par Khrouchtchev à Kennedy. Cette dernière ira fricoter avec le terrier des Kennedy et leur donna quatre beaux chiots.

Celui qui a véritablement l’étoffe d’un héros, s’appelle Ham. C’est un chimpanzé de 3 ans et 7 mois. Il est propulsé le 31 janvier 1961 dans la stratosphère par une fusée Mercury. Résistant aux fortes pressions et à des températures élevées, on le récupéra dans l’Atlantique. Il sera le tout premier « terrien » à quitter la Terre et à y revenir vivant.

Mais évidemment, le premier véritable pas de la conquête spatiale est une petite boule ronde dotée de 4 longues antennes et qui fait bip-bip, son nom : Spoutnik. Lancé de Baïkonour le 4 octobre 1957, il pèse un peu moins de 84 kilos et mesure 58 cm de diamètre. C’est la toute première fois qu’en engin construit de la main de l’homme tourne autour de la Terre.

La face cachée de la Lune…

“We choose to go to the moon.” Cette déclaration de John F. Kennedy fixe un nouveau cap dans cette course aux étoiles dont  le point d’orgue sera le premier pas sur la Lune. Cet événement unique dans l’histoire de l’humanité a aussi ses détracteurs. Il s’agit d’adeptes de la thèse du moon hoax ou canular lunaire.  Ses partisans contestent la théorie officielle de la Nasa estimant que l’alunissage n’est qu’une reconstitution en studio.  Le tout aurait été réalisé au sein d’une base militaire secrète située dans le désert du Nevada.

En 1974, un auteur, Bill Kaysing, relève dans son livre de nombreuses “bizarreries” comme l’absence d’étoiles dans le ciel, de cratère dans le sol où se pose l’engin spatial, ou  le fait que le drapeau flotte alors que sans atmosphère pas de vent…  Bref, une série d’observations et de déductions qui sème le trouble dans certains esprits et parvint à convaincre 6 % des américains (sondage Galupp, 1999).

Depuis cette idée “du complot”  fait son chemin réactivée par certains médias et surtout par internet. Les sceptiques sont désormais près de 20 %.  La Nasa conteste preuves à l’appui ces théories qu’elle considère aussi farfelues que le professeur Tournesol.

“Bonne chance Monsieur Gorsky” ou la fesse cachée de la Lune !

Neil Armstrong ne se contenta pas de prononcer  l’une des phrases les plus célèbres de l’histoire en posant son pied sur la Lune.  Au cours de la mission d’Apollo 11, il ajouta une interjection très énigmatique : “Bonne chance Monsieur Gorsky !”.

Journalistes, la Nasa et bien d’autres tentèrent de découvrir l’identité de cet énigmatique Monsieur Gorsky. En vain. Aucun astronaute ni cosmonaute soviétique ne portait ce nom, ni aucune personnalité étant susceptible de retenir l’attention d’Armstrong. Interrogé sur ce point, ce dernier garda le silence durant 30 ans.

Puis, un jour de 1995 à la suite d’une réunion en Floride, il aurait enfin accepté d’éclaircir cette zone d’ombre :

“Monsieur Gorsky est mort maintenant. Je vais pouvoir répondre a votre question : lorsque j’étais gosse, j’avais l’habitude de jouer au basket dans le jardin. Un jour, la balle atterrit dans le jardin du voisin. Au moment ou j’allais la ramasser dans leur jardin, je suis passe devant la fenêtre de la chambre a coucher de M et Mme Gorsky, nos voisins. Et là, j’ai pu entendre madame Gorsky qui disait a monsieur Gorsky :

- Une fellation ? Tu veux que je te fasse une fellation ? Je t’en ferai une le jour ou le gosse du voisin marchera sur la lune… “

Moralité de cette histoire (vraie ?) : on a beau avoir la tête en l’air, lorsqu’il s’agit de parties de jambes en l’air, les paroles en l’air finissent toujours par retomber sur Terre !

Quelques dates qui ont tracé le chemin de la Lune   :

  • 4 janvier 1959, premier survol de la Lune par la sonde Luna 1;
  • puis les premières images de la face cachée de la Lune (Luna 3, 18 octobre 1959);
  • Premier homme dans l’espace, Youri Gagarine (12 avril 1961);
  • Premier survol d’une planète autre que la Terre, Vénus par la sonde Mariner 2 (14 décembre 1962)…
  • première femme dans le cosmos, Valentina Terechkova (16 juin 1963);
  • Alexeï Leonov, premier homme à effectuer une sortie dans l’espace (18 mars 1965);
  • première sonde à se poser sur la Lune (3 février 1966);
  • …2019, une petite colonie pourrait s’établir sur la Lune (annonce faite par la Nasa), base permanente destinée à préparer les premiers voyages vers Mars.
Actualisé le 20 juillet 2009

1 - Ces premiers pas dureront 2 heures environ et parcourront 60 mètres.


A découvrir pour mieux comprendre :

Emission de France 2 : Un jour, un destin


A lire ou à relire avec plaisir :

  • “À la conquête de la Lune”, un web documentaire de France 24 et RFI.
  • A l’occasion de l’anniversaire du lancement d’Apollo 11, le 16 juillet 1969, le blog «Big Picture» présente quarante clichés commémorant l’événement: des photos de la navette, des astronautes Neil A. Armstrong, Michael Collins et Edwin E. «Buzz» Aldrin Junior, de la lune, des réactions de l’époque.
  • «Le plus fort, c’est quand Armstrong est descendu de son échelle» Le 21 juillet 1969, Neil Armstrong a été le premier homme à marcher sur la lune. Spécialiste scientifique à l’époque, Alain Schärlig, 73 ans aujourd’hui, a commenté, en direct sur la TSR (un autre exploit pour l’époque!) ce moment historique. Il se souvient dans une interview de l’édition suisse de 20 Minutes.
  • On a marché sur la lune Les aventures de Tintin - Hergé. Ca y est, la fusée a bel et bien décollé ! A son bord, Tintin, le Capitaine Haddock, le Professeur Tournesol et son assistant s’apprêtent à un long voyage dont les moindres détails ont été minutieusement préparés. Mais le décollage est à peine achevé que surviennent les premières surprises !
  • Apollo en route vers les étoiles Retrouvez la fantastique histoire du Programme Apollo à travers un document fascinant de 80 minutes: un panorama complet et chronologique de l’extraordinaire aventure du programme américain d’exploration de l’espace de la 1ère mission en 1961 à la fin du programme en 1972.
6.2.5 NOUVEAUTES LIVRES

Le tout premier courrier électronique

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Octobre 1971

Quand la technologie s’en mail !


Qwertyuiop :  peu romantique ce premier message électronique préfigure une nouvelle manière de communiquer qui bouleversera autant la sphère privée que professionnelle; pour la toute première fois le courrier s’affranchit du papier et du temps. Plus qu’une invention, c’est une révolution sociétale.  Alors, quel en a été le facteur déclenchant, hein ?!

En ce début d’automne 1971[1], personne n’imagine encore la révolution « épistolaire » qui se fomente quelque part en Angleterre, à Cambridge pour être précis. Ce qui se joue à cet instant, c’est une manière totalement inédite de correspondre par écrit, d’une personne à une autre, sans intermédiaire, sans délai, sans affranchissement, et cela quelle que soit la distance.

Ray Tomlinson, l'inventeur de l'E-Mail
Ray Tomlinson, l’inventeur de l’E-Mail

Comme beaucoup de révolutions, celle-ci débute discrètement dans les locaux de la société BBN collaborant, pour le compte du gouvernement américain, au projet Arpanet, l’ancêtre d’Internet. Là, un ingénieur, Ray Tomlinson, a l’idée d’associer deux programmes d’ordinateurs existants (SNDMSG / READMAIL) : l’un permettant de partager des messages entre plusieurs utilisateurs d’un même ordinateur et l’autre conçu pour copier simultanément le même fichier sur les 15 ordinateurs que compte le réseau Arpanet, balbutiant.

200 lignes de code plus tard, il crée les 2 premières boites de messagerie de l’histoire sur 2 ordinateurs voisins et adoptent le fameux arobase [@] afin d’identifier les adresses de ces boites, en séparant le nom de l’utilisateur de celui de l’ordinateur. Pourquoi l’arobase ? Parce que l’arobase [2] a du caractère, il ne figure dans aucun des noms propres ou figurés et de surcroît se prononce « at » en anglais ce qui signifie « chez ».

Et voici le résultat, avec la toute première adresse électronique : tomlinson@bbn-tenexa et le tout premier message : qwertyuiop, qui correspond aux premières lettres du clavier, version anglo-saxonne.

Ce programme et ses versions plus élaborées (programme MSG conçu par John Vittal en 1975) vont être adoptés d’abord par la petite communauté d’ingénieurs (15 puis 23 ordinateurs reliés entre-eux) avant de se développer bien au-delà de cette communauté. En 1978, un rapport de l’ARPA (Advenced Research Projects Agency) annonce le raz de marée que l’on connaît : plus de 200 milliards de mails échangés quotidiennement dans le monde dont plus des deux tiers sont des spams.

Et nous y voilà, car la technologie du courrier en réseau, selon l’appellation de l’ARPA, est à des années-lumière de la valeur littéraire des échanges de correspondances qui animait l’intelligentsia européenne à l’époque de Voltaire, de Madame Sévigné ou de Flaubert. Goethe, qui s’inquiétait déjà de la rapidité des échanges par correspondance en Europe, en qualifiant l’époque de “vélocifère”, serait abasourdi par « le temps réel » et surtout la médiocrité pour ne pas dire vulgarité de la plupart des contenus.

arobaze

Avec les spams, nous atteignons le niveau zéro de la correspondance auquel Goethe n’aurait probablement pas survécu. Pourtant, il n’aura pas fallu longtemps pour que ce type de messages, dit pourriels, apparaissent : 7 ans, après le premier e-mail. C’était le 3 mai
1978.  Un commercial de la société informatique DEC adressait un mail à 393 personnes pour les inviter à découvrir son nouvel ordinateur. Le message indésirable était né, né pour encombrer le réseau et les esprits. Quatre ans plus tard, en 1982, un chercheur américain,  Scott Fahlman) crée une nouvelle forme de langage, les smileys.

Créer du lien malgré les distances géographiques et culturelles, c’est la fonction du courrier depuis toujours. Entre 1820 et 1914, 280 millions de lettres seront expédiés par les immigrants allemands, des Etats-Unis vers l’Allemagne ; mais aujourd’hui, grâce à cette mise en relation instantanée, cela dépasse l’entendement : 80 000 milliards de mails par an, 1 milliard 200 millions de destinataires potentiels. Comparativement, les lettres expédiées de manière traditionnelle dans le monde atteignent à peine les 500 milliards annuellement.

Signe Arobase dans une lettre de marchands vénétiens datant de plus de 500 ans
Signe Arobase dans une lettre de marchands vénitiens datant de plus de 500 ans

Lorsque l’empereur romain Auguste, en l’an 22 av J.-C instaure le premier service de courrier régulier (Cursus publicus) destiné à acheminer des messages à travers tout l’Empire, il ne pouvait imaginer que 2000 ans plus tard la transmission de messages deviendrait une des principales occupations du velgum pecus. Il ne pouvait encore moins concevoir que le temps de transmission serait, dans 91 % des cas, bien inférieur à 5 minutes, alors qu’il y a 200 ans seulement une lettre expédiée de Paris mettait plus de 4 jours pour atteindre Marseille.

Sans aucun doute, en ce jour d’automne 1971, en matière de correspondance, l’humanité s’est affranchie de tout ou presque…même de l’affranchissement.
L’histoire au pied de la lettre, en quelques dates :

  • 500 ans, avant J.-C., le roi perse Cyrus installe les premiers relais sur les routes de son vaste empire;
  • 22 avant J.-C., l’empereur romain Auguste créée le premier réseau de courrier;
  • 745, premier véritable service postal, en Chine;
  • 1477, créations des premiers relais de poste par Louis XI, uniquement destiné à la correspondance du roi, relais espacé de 7 lieues, soit 28 Km, d’où l’expression des bottes de 7 lieues, bottes très lourdes dont étaient dotés les postillons;
  • 1630, Descartes expédie un dessin non protégé par une enveloppe, et d’une certaine manière inaugure la carte postale;
  • 1653, première boite à lettre, à Paris;
  • 1760, Les tout premiers facteurs, dans un premier temps de ville;
  • 1796, la célèbre attaque du courrier de Lyon;
  • 1830, les facteurs arrivent dans les campagnes;
  • 1840, premier timbre, en Angleterre;
  • 1849, premier timbre français;
  • 1870, première véritable carte postale (cartes postales illustrées en 1889).

1 -   Certaines sources mentionnent la date de mars 1972
2-  L’origine du signe correspondrait à une fusion de deux caractères consécutifs (une ligature), le a et le d, qu’auraient utilisés des moines copistes au VIème siècle.  L’@ ressurgit chez les marchands florentins du XIIème siècle, comme unité de mesure et son usage devient assez répandu aux Etats-Unis, au XIXème, sous la forme : « 2 objets@$ 10 » qui signifie : deux objets à 10 dollars pièce.


A voir pour mieux comprendre :

  • Le terme Spam viendrait d’un sketch des Monty Python, où le mot spam, marque d’un jambon en boîte, est sans cesse répété.

  • Une histoire de l’internet (en anglais)

A lire, à voir ou à visiter :

  • Internet pour les Nuls - Vous n’avez pas de diplôme d’informatique et vous rêvez de surfer sur la toile comme un pro ? Sans jargon informatique inutile mais avec des explications claires et simples agrémentées d’une bonne dose d’humour, ce livre a été spécialement conçu pour guider vos premiers pas dans le monde merveilleux d’Internet jusqu’à une maîtrise totale, sans stress, avec le sourire !
  • Les dix plaies d’Internet : Les dangers d’un outil fabuleux. Avez-vous déjà réfléchi aux questions suivantes : Lorsque vous consultez un moteur de recherche, savez-vous comment se ” calculent ” les résultats ? Peut-on faire confiance à Wikipedia ? Nos enfants collégiens ou lycéens recourent-ils massivement au copier-coller ? Est-ce ainsi que nous leur apprendrons à penser par eux-mêmes ? Avez-vous vraiment envie d’une société où tout le monde peut s’exprimer tout le temps sur tous les sujets ? À vous de réfléchir…
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  • Le Musée de la Poste - Le Musée de La Poste de Paris retrace l’histoire du transport du message écrit, de la tablette d’argile à l’aéropostale en passant par les boules de Moulins, la malle-poste et les ballons montés, les timbres-poste sans oublier les personnages emblématiques tels le postillon ou le facteur.
6.2.5 NOUVEAUTES LIVRES

Woodstock : toutes premières notes pour nouvelle ère…

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1967

J’ai rêvé d’un autre monde…

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Dès 1860, Baudelaire avait flairé qu’à défaut de paradis terrestre, on se tournerait de plus en plus vers les paradis artificiels[1]. Rimbaud, Hermann Hesse, Henry Miller, Aldous Huxley et quelques autres ont, sur son chemin, entrouvert les portes d’une nouvelle perception[1] où l’imaginaire se substituerait de plus en plus au réel.

Nouvelles perceptions pour nouvelles aspirations mais surtout nouvelles partitions. A partir des années 60 (le mouvement est même amorcé dès le milieu des années 50 avec les Hispter et les Beatnick) les musicos –et quels musicos !- vont prendre le relais des écrivains et poètes pour promouvoir un nouveau mode de vie. Le mouvement va donc changer de rythme ! Ainsi malgré des ingrédients vieux comme le monde : musique, littérature, philosophie et drogue plus ou moins hallucinogène, un air nouveau se met à souffler sur les champs en fleur de la contre-culture. Ceux-ci sont irrigués par une jeunesse éprise de liberté et d’égalité. Pour la toute première fois ce n’est plus l’appartenance à une classe sociale qui compte mais à une classe d’âge [2]. Les barrières conventionnelles sautent pour un voyage vers l’inconnu.

« Nous sommes les primitifs d’une culture inconnue »

Tout a vraiment commencé le 14 janvier 1967 en Californie. Ce jour-là, les adeptes de cette contre-culture, du psychédélisme et de la musique rock, se donnent rendez-vous dans le Golden Gate Park de San Francisco, l’épicentre du mouvement hippie et de la jeunesse contestataire. Ils sont 30 000 et vont participer à ce que certains appelleront le tout premier Be-In de l’humanité.

Tous les ingrédients des futurs grands concerts sont déjà là : improvisions musicales, sandwichs cette fois distribués gratuitement, circulation de drogue, en l’occurrence de LSD (encore légal), enfants perdus dans la foule, service d’ordre assuré par les Hell’s Angels, levée de fonds contre la guerre du Vietnam et déclamation de la caution poétique de la manifestation : Gary Snyder. Celui-ci ouvre l’événement en affirmant : « nous sommes les primitifs d’une culture inconnue ». Le ton est donné et, qu’on le veuille ou non, cela va changer de note.

Summer of love ou l’été de tous les possibles

Mais il ne s’agit que d’une répétition. Le tout premier véritable festival de rock se tient en effet mi-juin de la même année, à 150 km de San Francisco, au Monterey County Fairground. Au programme plus de 30 artistes, dont les Who, Jimi Hendrix, The Jefferson Airplane, The Gratefuk Dead, Simon & Garfunkel. La fine fleur du mouvement hippie est là ; bon enfant, dès lors qu’on lui donne de l’amour et de l’herbe.

ashbury

San Francisco et son quartier phare d’une jeunesse gorgée d’espoir et d’utopie, Haight-Ashbury (parfois désigné Hashbury) devient ainsi dès le printemps 67 le centre d’un nouveau monde en marche. En marche, oui…mais en sandalettes. Attirés par ces manifestations dont la presse en fait peu ou prou la publicité selon ses affinités, 100 000 jeunes du monde entier affluent. Haight-Ashbury et les environs deviennent les premiers lieux underground de l’histoire. Tout y est libre et presque gratuit : la nourriture, la drogue, l’amour…et même la santé. Et il faut en avoir, car la liberté n’est pas de tout repos et les accidents d’overdoses ne sont pas rares.

Étudiants, fugueurs, aficionados du rock, dealers, hippies de la première fleur, activiste politiques, tous veulent vivre cette aventure sociale sans précédent. Pourtant, la renommée provient essentiellement du bouche à oreille. Là aussi, il s’agit d’une première : le tout premier buzz, en quelque sorte.

Cet happening durera le temps d’un été et deviendra célèbre sous le label : Summer of love.

Quand la musique modifie les mœurs

La musique sert de vecteur à cette clameur provenant d’une jeunesse aspirant à une nouvelle ère portée par de nouveaux airs. La chanson San Francisco et celle des Beatles « All you Need Is love » en seront les symboles.

N’étant plus à une contradiction près, la musique vise à se libérer de toutes entraves culturelles tout en s’appuyant sur un héritage musical cosmopolites –blues et rythm and blues issues le plus souvent des minorités. Finis les vieux rock’n roll bien sages avec 3 accords de guitare, place au rock psychédélique et autre acid-rock. L’heure est à l’improvisation et aux variations électro-acoustique qui irriguent encore aujourd’hui notre univers musical.

Voulant réécrire les règles du monde, finalement le mouvement hippie va surtout réécrire de nouvelles partitions qui connaîtront leur heure de gloire avec le festival de Woodstock.

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Woodstock : Three days of peace and music

Pour ces trois jours de paix et de musique, slogan de Woodstock, ils sont tous là ou presque : Jimi Hendrix, les Who, Santana, Jefferson Airplane, Crosby, Stills and Nash, Joe Cooker, Janis Joplin, Richie Havens, John Baez, Grateful Dead et bien d’autres.

Du vendredi 15 au lundi 18 août 1969, dans la petite ville de Béthel, à quelques 100 km au nord de New York, Woodstock construit sa légende. Quatre jours qui deviendront le plus grand moment de l’histoire de la musique populaire. Un baptême collectif où convergent plus de 400 000 adeptes du pacifisme de la sexualité libérée, et du mysticisme oriental ; le tout inondé à la fois de musique rock and folk, de boue et de pluie.

L’ampleur du succès engendrera des difficultés d’accès à la fois pour les participants (plus du double que prévu avec de gigantesque embouteillages) comme pour les artistes qui furent, pour certains, acheminés par hélicoptère. En revanche, contre toute attente, pas de drame à déplorer en dehors d’un décès par overdose et d’une personne écrasée par un tracteur.

En dépit du fiasco économique, impossible de faire payer comme prévu les “festivaliers” (John Roberts, l’un des 4 initiateurs du projet perdit dans l’affaire plus de 2 millions de dollars) et logistique (vivres, sanitaires, sono tout était sous dimensionné), Woodstock restera dans les esprits comme le tout premier événement musical communautaire et planétaire.

De la contre-culture à la culture du profit

Ironie de l’histoire, à partir de cet instant anti-conventionnel s’il en est, la musique va rentrer dans le droit chemin de l’industrialisation et du business, notamment celui tout nouveau des produits dérivés. Pour Pierre Delannoy[2], ” Woodstock c’est le début de la fin : la récupération et la marchandisation de l’idéologie hippie”.  Jusqu’ici libre et spontanée, la production musicale va interesser les maisons de disques dont les Majors seront présentes sur le festival. Dès lors, l’innovation marquera le pas au profit du business, avec comme objectifs maximiser hits et disques de platine.

La plupart des festivals héritiers de Woodstock poursuivront donc cette logique commerciale tandis que le mouvement hippie va connaître un atterrissage en douceur.

Néanmoins le Peace and love est entré irrémédiablement dans les mœurs avec le concours d’une musique sensée les adoucir…quoi que !

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Le T-shirt devient à partir des années 60, l’objet fétiche des fans, ouvrant la voie aux tout premiers produits dérivés.

Principales dates à retenir :

  • 1959, création de l’émission Salut les Copains;
  • 1963 : premier grand concert en France (place de la Nation) avec les vedettes de l’époque, rassemblant 100 000 personnes;
  • 1963 : Festival de Newport;
  • 1967 : festival de Monterey et le Summer Of love de San Francisco;
  • 6 octobre 1967 : fin du Summer of love, symbolisé par des funérailles;
  • 1969 : Festival de Woodstock…et premiers seins nus sur les plages de Saint Tropez ;
  • 1970 : Festival de l’Ile de Wight;
  • 1970 : sortie du documentaire « Woodstock » de Michael Wadleigh et morts liées à la drogue de Jimi Hendrix et de Janis Joplin;
  • 1971 : mort de Jim Morisson d’une overdose;
  • 1975 : sortie « Tommy » de Ken Russel, d’après l’œuvre des Who;
  • 1980 : assassinat de John Lennon;
  • 1982 : sortie de « Pink Floyd The Wall » d’Alan Parker;
  • 1991 : Au cinéma, sortie de « The Doors », d’Oliver Stone, retraçant l’histoire du groupe;
  • 1994 : nouveau festival Woodstock;
  • 1996 : début de la vague post-rock;
  • 1999 : Woodstock fête les 30 ans de Woodstock;

1 -Charles Baudelaire publie “les Paradis artificiels” en 1860, ouvrage dans le lequel il étudie l’influence des drogues hallucinogènes sur l’inspiration poétique; Aldous Huxley publie en 1954 “Les portes de la perception”, influencé par le modern jazz, musique en rupture avec l’univers musical de l’époque et déjà largement marquée par la drogue.

2- “Woodstock marque le début de la récupération de l’idéologie hippie” - Pierre Delannoy, auteur de l’Aventure hippie (Poche 10/18) - Le Monde; interview conduite par Mael Inizan- 14 août 2009


A visionner avec plaisir : Le film complet de Woodstock en plusieurs parties, avec ici la première partie :

Bande annonce du film Taking Woodstock, ou comment se faire du blé avec de l’herbe et du son…

Actualisé le 16 août 2009


A voir et à lire pour aller plus loin :

  • Woodstock 1969-2009 : les quarante ans du mythique festival de Woodstock qui fut, du 15 au 18 août 1969, le symbole de la mouvance hippie et de la contre-culture amériacaine. Le dossier anniversaire du Nouvel Observateur !
  • Woodstock : 3 jours de musique et de paix - coffret 4 DVD Ils vinrent des quatre coins du monde. Ils étaient presque un demi million rassemblé sur un champs du comté de Sullivan, dans l’état de New York. Pendant 3 jours, ils vécurent, mangèrent, dormirent côté à côte. Mais surtout ils écoutèrent de la musique et quelle musique ! Michael Wadleigh et son équipe de 12 cameramen ont capturé les meilleurs moments du plus grand concert jamais organisé.
  • Woodstock vu par 10 artistes 40 ans après, 10 artistes évoquent Woodstock en vidéo. Les Beastie Boys, Esser, Little Boots, Chris Garneau… Ils ont tous en commun de ne pas avoir assisté au festival de Woodstock du 15 au 17 août 1969, pour cause ils étaient trop jeunes. Ils ont tous en commun d’avoir eu quelque chose à dire sur cet événement. Pour fêter les 40 ans de Woodstock, 10 artistes qui ont marqué l’année 2009 évoquent devant les caméras de Fluctuat.net le festival en souvenirs, images et titres et s’improvisent programmateurs d’un jour… pour un potentiel et rêvé Woodstock en 2009.
  • En route vers Woodstock : De Kerouac à Dylan, la longue marche des babyboomers Tandis que cinq cent mille jeunes Américains sont perdus dans le bourbier de la guerre du Vietnam, cinq cent mille autres se rassemblent à Woodstock pour trois jours de paix, de musique et d’amour, à la mi-août 1969. A travers l’histoire du festival, Jean-Marc Bel dresse le portrait de la génération des babyboomers.
6.2.5 NOUVEAUTES LIVRES

La toute première intrusion du sexe dans la grande conso

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1972

Sex and fun et vice versa

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Le 13 avril 2009 disparaissait, à l’age de 56 ans, Marilyn Chambers. Mais qui est cette Marilyn Chambers ?

Elle est la toute première “célébrité” à laisser son « empreinte pornographique » à la postérité. Argentique tout autant que pornographique, puisqu’il s’agit du tout premier film porno commercial, cette empreinte fera d’elle une icône du cinéma pornographique et va marquer un tournant dans la représentation du sexe qui sort de la clandestinité.

Marilyn Chamber
Marilyn posant pour une boite de lessive d’une marque de Procter & Gamble

Tout a commencé au début des années 70 tandis que Marilyn Chambers assurait la promotion d’un savon réputé pur à 99,44%. On lui propose alors le premier rôle dans le premier film pornographique commercial : Derrière la porte verte (Behind the green door). En acceptant, Marilyn prend le risque de ternir son image jusqu’alors immaculée qui habille les emballages de la savonnette. En contre partie, elle va rentrer dans les annales du cinéma, à l’instar d’une autre Marilyn, dans un genre évidemment très différent pour ne pas dire un drôle de genre.

Lorsque le film sort aux Etats-Unis, nous sommes en 1972 en pleine révolution des mœurs. Tous les ingrédients sont réunis pour que le cinéma porno « grand public » fasse son trou au sein de l’industrie cinématographique florissante. Pour la toute première fois la représentation de l’acte sexuel non simulé et animé va envahir de plus largement notre espace culturel et alimenter nos fantasmes.

Cette fois, un zeste d’impureté est bien introduit dans une production cinématographique jusqu’ici aseptisée. Comme une bulle de savon que l’on fait grossir, Marilyn aura amorcé le développement de cette bulle pornographique qui depuis ne cesse de croître.

De l’industrie cinématographique à l’industrie pornographique.

Avec ce premier film hard qui ose tout montrer de l’acte sexuel, les frères Mitchell, producteurs jusqu’à présent de petits films érotiques, ont gagné le jackpot. Tourné un 1 jour pour un budget inférieur à 60 000 dollars, ils récupéreront près de 1000 fois leur mise, dont près la moitié de cette somme en seulement 3 ans d’exploitation (20 millions de dollars). Marilyn, ayant négocié un interessement aux recettes, aura sa part du gâteau. Elle sera la première femme à vivre des revenus de films x.

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Qu’y a t-il donc derrière “Behind the green door” ?

Les recettes de ce success story ? Excellentes critiques dépassant le cadre d’un public spécialisé (le film fût projeté au festival du film de Deauville en 1975), un scénario de qualité mis en valeur par une actrice sensuelle, une longue scène mythique, proche du happening et un scandale. Car, pour la toute première fois dans l’histoire du cinéma, on assiste à des scènes d’amour interracial entre une actrice blanche et un acteur noir. Insupportable pour des mouvements d’extrême-droite qui menacèrent d’incendier les lieux de diffusion du film.

Dans la foulée, un autre film connut un succès retentissant. Gorge profonde (Deep Throat) qui sortit sur les écrans la même année. Cette fois l’actrice se nomme Linda Lovelace, le tournage dure 6 jours, le budget moins de 25 000 dollars…et le bénéfice est estimé à 600 millions de dollars. Avec de tels revenus, le film se place parmi les grandes réussites du cinéma américain.

Il n’y plus de doute : le porno devient vraiment un produit de grande consommation au même titre que les cornflakes …ou le savon.

Si l’on voit bien ce qu’est la pornographie, qu’entend-on par là ?

A ses débuts, la notion de pornographie est associée à l’étude de la prostitution comme en témoignent les écrits du célèbre écrivain réformateur et anti-conformiste Restif de La Bretonne (XVIIème siècle). Sur un plan plus médical, au XIXème siècle des objets comme le godemichet, aujourd’hui fortement connoté, servaient, en tout bien tout honneur, de massage pelvien ou parfois dans le traitement de l’hystérie.

Aujourd’hui, le sens a radicalement changé. Il ne fait plus référence stricto sensu à la prostitution ni à la médecine mais désigne une représentation réelle de l’acte sexuel dans le but unique d’excitation. Cependant, cette réalité est en partie illusoire car elle repose sur une vision parcellaire et totalement irréaliste des situations : succession de gros plan, prises de vues acrobatique, performance phénoménale… Tout cela grâce aux concours de la médecine et de la technologie et notamment des moyens vidéo légers. On le voit, la pornographie de masse est donc le rejeton d’un besoin ancestral de jouissance, d’une libération des esprits et d’une technologie adaptée.

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Les temples de Khajuraho en Inde : célèbres pour leur sculptures érotiques explicites datant de l’an 1000 environ.

Faut-il le rappeler : les représentations d’actes sexuels ne datent pas d’hier. Depuis la préhistoire en passant par l’époque romaine, le Moyen âge ou la Renaissance, les références à la sexualité font partie de la vie quotidienne,  les tabous actuels en moins. Rabelais est d’ailleurs considéré par certains comme le précurseur de la pornographie même si le terme n’existait pas encore.

Comme on l’a vu, c’est le cinéma qui va lui donner « ses lettres de noblesse » car pour le pornographe, le cinématographe qui maîtrise le mouvement et l’acte sexuel semblent faits pour s’assembler. Très rapidement, quelques riches amateurs vont percevoir cette alliance naturelle. Les premiers tournages amateurs (de courte durée et muet) vont voir le jour au tout du début du siècle dernier.  Certains films deviendront des œuvres de collection et s’échangeront entre connaisseurs comme l’acteur Michel Simon ou le Shah de Perse.

Mais qu’il s’agisse de véritable pornographie ou plus « softement » d’érotisme dont l’objet est davantage de suggérer et de raconter des situations fictives ou simulées, le sexe n’était pas encore la pompe à fric qu’il est devenu.

Quand le marché devient juteux

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Que l’on considère ou non la pornographie -au même titre que la prostitution- comme une exploitation de la misère sexuelle engendrée par la monogamie (pas de prostitution, semble-t-il, dans les communautés primitives où la polygamie est la règle), nous conviendrons tous, que c’est surtout un moyen efficace de lutter contre la misère économique de ses producteurs !

Affaires d’autant plus juteuses, que l’imbrication, pour ne pas dire l’intrication,entre les filières pornographiques et celles de la prostitution restent la règle. Ce qu’on pourrait appeler un peu facilement une intégration horizontale.

Si l’on compare les chiffres d’affaires estimés de la prostitution (chiffres de 2002) de ceux de la pornographie, on constate des montants mirobolants et presque équivalents : 60 milliards d’euros pour la prostitution et 52 milliards pour la pornographie, dont 19 milliards relevant de la vidéo porno.

Plus surprenant encore, l’industrie de la pornographie représenterait la troisième industrie du Danemark et approchait en 2000, 10 % des ventes totales sur internet.

Plus inquiétant, la pornographie enfantine et pseudo-enfantine représenterait près de 50 % des téléchargements commerciaux pour adulte [1].

Et enfin, plus terrifiant, la vague des “snuff movies”, films clandestins qui montrent des actes de tortures, de viols et de meurtres principalement de femmes. Une version édulcorée sortit même sur les écrans en 1976, Slaughter,(Massacre) dont l’affiche du film soulignait qu’il s’agissait d’images dont on disait qu’elles ne seraient jamais montrées.

Baise moi de Virigine Despentes
“Baise-moi” de Virginie Despentes

Désormais, tout s’entremêle, l’argent, le porn-shooting, le porno chic, le porno crad, les stars et même le morbide. Qu’il parait loin le temps du porno clean où pouvait prendre son pied en même temps que sa douche rien qu’en admirant l’emballage de la savonnette.

De l’emballage au grand déballage, les passagers prêts au décollage vers le 7ème ciel sont chaque jour de plus en plus nombreux…

Le porno en quelques dates :

  • Il y a 106 000 ans, premier godemichet (Irlande) taillé dans un os de baleine;
  • 1904 : premier tournage  en 35 mm à Buenos Aires mettant en scène des prostituées;
  • 1908 : premier film français, “l’Ecu d’or“, aujourd’hui disparu;
  • 1915 : court métrage de 10 minutes, “A free ride” , considéré par certains comme le premier véritable film pornographique;
  • Milieu des années 60 : projection de films sur des visionneuses (appelées Loops) dans les premiers sex shop;
  • 1969 : projection à San Fransisco de “History of the blue movie” montage de bande muettes de Loops;
  • 1969 : exposition Sex 69 à Copenhague;
  • 1972 : premiers films pornographiques commerciaux (Derrière la porte verte et Gorge profonde)
  • 1974 : sortie d’Emmanuelle
  • 1975 : premier film français pornographique à sortir en salle : Exhibition
  • 31 octobre 1975 : décret réglementant le cinéma pornoen France et notamment financièrement
  • 31 août 1985 : première diffusion d’un film pornographique à la télévision française, sur Canal +
  • 1989 :  premier épisode du concept de vidéo porno amateur, Buttman; naissance d’un genre nouveau, le gonzo ou le caméraman prend part lui même aux scènes ;
  • 2000 : le porno prend le virage internet;
  • fin 2009 : sortie du premier film porno en 3 D 3D Sex & Zen” , d’un budget de 4 millions de dollars.
  • et…20 000 ans avant notre ère, “premier film porno de l’histoire”, pour le clin d’œil (ci-dessous)…

1 - Source Planète sexe


A consulter :


A voir et à lire pour aller plus loin :

  • Dictionnaire de la pornographie Ce premier Dictionnaire de la pornographie a pour unique ambition de mieux connaître, à partir de points de vue souvent opposés, une pratique culturelle qui reste privée et marginale mais qui, aujourd’hui, n’a jamais atteint un tel degré d’industrialisation et de médiatisation.
  • Planète sexe : Tourismes sexuels, marchandisation et déshumanisation des corps Entre le corps-capital de certaines prostituées ” de luxe ” des pays du Nord et le corps-marchandise des prostituées ” de la misère ” des pays du Sud et de l’Est, le risque de voir se développer un peu partout sur la planète un tourisme sexuel de masse n’a jamais été aussi grand.
  • Penser la pornographie Pourquoi est-il si difficile de définir la pornographie ? S’agit-il d’une ” invention ” moderne ? Est-elle une forme insidieuse de discrimination sexuelle ? Porte-t-elle atteinte à la ” dignité humaine ” ? Nuit-elle gravement à la jeunesse ? Qu’est-ce qui dérange, finalement, dans la pornographie ?
  • Le Souci des plaisirs : Construction d’une érotique solaire de Michel Onfray. Le Souci des plaisirs raconte l’obscurcissement chrétien de la chair, et propose une philosophie des Lumières sensuelles.
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