mardi, 21 mai 2013

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

C. -10 000 à l’an 0

La toute première date d’une fin du monde annoncée

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13 août 3114 avant notre ère

Les tout débuts de la fin ?

 

Pour les Mayas, le 11 août 3114 avant J.-C. marque le commencement d’une période qui va s’achever en décembre 2012. Cela correspond à l’un de leur système de datation : le Cycle long ou « Compte long » . Ce jour là, la planète Vénus s’est invitée  au-dessus de l’horizon de notre bonne vieille planète, marquant ainsi une ère nouvelle qui va durer plus de 5000 ans, selon leurs calculs. Il s’achève en 2012…

Pour la toute première fois, une fin de cycle, certains diront, la fin d’un monde, pour ne pas dire la « fin du monde » est annoncée de manière précise que l’on pourra dater. Pour les Millénaristes et autres prophètes de l’Apocalypse, c’est une occasion inespérée d’affuter leurs prédictions catastrophistes.

Une conception cyclique du temps

Que signifie « ce compte long » ? Il s’agit de l’un des nombreux calendriers ou cycles qui mesurent le temps dans la civilisation Maya. Ce calendrier dénombre les jours sur une période de 5 000 ans (environ 5125 ans), pour le Cycle couvrant notre époque. Ce cycle succède à un précédent cycle et devrait être suivi d’un autre, comme on le verra ensuite.

D’autres calendriers, plus d’une quinzaine, rythment la vie du peuple Maya. Prévoir le destin des individus, les risques naturels, l’alternance des saisons, les mouvements de l’univers, telles seraient les fonctions de ces calendriers. Ils révèlent aussi une conception cyclique du temps et une excellente connaissance du cosmos…pour leur époque. Pour preuve, les Mayas ont évalué la naissance de l’univers, à 16,7 milliards d’années, ce qui n’est pas si éloigné de la datation contemporaine qui a fluctué entre 13 et 16 milliards d’années.(source Wikipedia) ; cependant, ils imaginaient la Terre était plate et carrée

Un feuillet du Codex de Dresde

Parmi les calendriers Mayas les plus connus, citons, le tzolk’in [1] qui affiche une durée annuelle de 260 jours, dont la portée est surtout religieuse et prophétique, tandis que le calendrier civil haab propose un cycle de 365 jours, en phase avec les saisons. Ces deux calendriers restent encore en usage dans certaines populations Mayas.

La combinaison du calendrier rituel de 260 jours, qui d’ailleurs correspond à la durée d’une gestation humaine et du calendrier solaire de 365 jours met en valeur un cycle de 52 ans. A quoi correspond-il ? On l’ignore. On peut juste constater qu’il dépasse largement la durée de vie moyenne de l’époque, comme le souligne Eric Taladoire, spécialiste des civilisations précolombiennes [2].

Une précision à couper le souffle

Ce qui est remarquable, c’est que l’ensemble du dispositif calendaire Maya est totalement synchronisé. Surtout, il apparait très proche des calculs actuels comme en témoigne leur évaluation de la période de Vénus estimée à 584 jours, pour 583,92 jours établi aujourd’hui. En outre, le « compte long » Maya ne se base pas uniquement sur ce cycle régulier de la Terre autour de Vénus mais aussi à son cycle complet (par rapport à la rotation de l’axe de la Terre), qui lui se calcule en millions d’années.

Sans aucun doute, l’astronomie Maya était-elle en avance sur son temps. Elle est parvenue à calculer la longueur d’une année à 17 secondes près ou d’un cycle lunaire à 29,5308 jours en accord presque parfait avec la valeur actuelle qui est de 29,53058 jours !

Le culte de Vénus

Incontestablement Vénus, considérée à l’époque comme une étoile -baptisée « Chac ek », l’étoile rouge ou encore « sastal ek », l’étoile brillante -, est au cœur du système astronomique Maya. Visible le matin et le soir, selon un cycle spécifique appelé cycle synodique de Vénus qui dure 8 ans(3), les mayas seront séduits par « cette étoile » qui leur semble danser autour du Soleil.

Grâce à un système de tables très complexe figurant dans le codex de Dresde (4), les prêtres-astronomes mayas sont parvenus à prévoir correctement les levers et couchers de Vénus jusqu’en 2007, avec une petite erreur de 8 jours sur le lever héliaque de Vénus, autrement dit le moment où elle devient visible au dessus de l’horizon. Une paille !

Les cinq soleils

Les Mayas subjugués par Vénus vont associer « ces morts » cycliques de Vénus, c’est à dire sa disparition de notre ciel, à des événements majeurs. Ces cycles s’étalent sur plus de 20 000 ans et sont connus sous la terminologie un peu ésotérique des 5 soleils, ou de 5 mondes. Le cycle long qui devrait s’achever le 21 décembre 2012 évoqué plus haut, appartient au cinquième soleil. Les autres soleils étant :

  • le premier soleil, d’une durée de 4000 ans environ se serait soldé par un déluge ;
  • le deuxième soleil, d’une durée à peu près équivalente, aurait connu des bouleversements climatiques pouvant résulter d’irruptions volcaniques ;
  • à l’issue du troisième soleil, le monde aurait péri par le feu, peut-être là aussi la conséquence d’irruptions volcaniques ou de la chute d’une météorite ;
  • le quatrième soleil qui aurait duré plus de 5000 ans n’aurait pas eu un sort plus enviable puisqu’il fait référence à un déluge de sang et de feu ;
  • quant au cinquième soleil, celui qui nous concerne, certains évoquent un mouvement de la Terre, entraînant une fin tragique pour l’humanité.

Le plus ancien calendrier Maya dément la fin du monde

Rassurons-nous, d’autres cycles succèdent à ce cinquième soleil qui nous préoccupe tant ! Une équipe d’archéologues américains a découvert en 2010 (5) une fresque située au Guatemala. Cette fresque vieille de 1200 ans représente des tables de calculs astronomiques dont certains décrivent des cycles lunaires. Certains de ce cycles évoquent des événements qui se dérouleront…dans 7000 ans.

Alors que se passera t-il le 21 décembre 2012 ? Vénus disparaîtra tranquillement sous l’horizon occidental ; au grand dam des Mayas, le cycle de Vénus sera remplacé par celui des Pléiades. Et un nouveau cycle devrait débuter.

Apocalypse now or not now ?

Actualisé le 21 novembre 2012

On reste sur sa fin…du monde !

La 183ème annonce de « Fin du monde » depuis la chute de l’Empire romain, sera-t-elle la bonne ?

  • 500 millions de pages Web, des livres par centaines, des théories par dizaines ;
  • Le point de départ de cette psychose collective est sans doute l’ouvrage du poète mexicain et historien d’art mais aussi passionné d’ésotérisme, José Argüelles (décédé en 2011) : « The Mayan factor ». Dans son livre paru en 1987, après avoir épluché le calendrier Maya, il annonce la fin du monde pour le 21 décembre 2012;
  • Des prédictions qui mélangent l’Apocalypse de Saint Jean, Saint Malachie, les secrets de Fatima, le Kalachakra, Nostradamus, les prévisions  du I-Ching (astrologie chinoise), les calculs astronomiques des Sumériens, l’arrivée d’extraterrestres sur le Pic de Bugarach, une des rares montagnes inversées du monde, situé dans les Corbières même Merlin l’Enchanteur et bien sûr le calendrier Maya ;
  •  Des thèses qui mentionnent, Nibiru, une mystérieuse planète évoquée par les Sumériens (-4000 à -1750 av. J.-C), une inversion des pôles magnétiques, des irruptions volcaniques ou de particules solaires, un astéroïde, la fonte totale de l’Arctique, une tempête solaire et enfin l’alignement des planètes ;
  • Le projet Web Bot qui prétend, en analysant le web, anticiper certains événements futurs ;
  • Des « marchands du temple » qui profitent de ce déchaînement webomédiatique ;
  • Des scientifiques, avec l’appui de la NASA, qui réfutent totalement toutes ces rumeurs;
  • D’autres estiment que l’interprétation de la date est erronée est que celle-ci nous renverrait à  2200. Ouf !
  • Enfin, certains pensent que Bugarach dans l’Aude, avec sa montagne « inversée », sera le seul endroit épargné par l’Apocalypse. 
  • Prochaine date de fin du monde annoncée : 6 avril 2014, selon la Kabbale;
  • Quoi qu’il en soit, un jour ou l’autre, l’espèce humaine disparaitra, aucune espèce vivant n’ayant vécu plus de 400 millions d’années (les mammifères existent depuis plus de 200 millions d’années) et le Soleil ne sera plus là dans 5 milliards d’années. C’est sûr, le compte à rebours a commencé…
 


1 – L’origine de ce calendrier reste mal déterminé ; Il y est fait référence à partir de -650 av. J.-C.
2- « L’éternel retour de la culture maya », Interview d’Eric Taladoire, professeur d’archéologie préocolombienne à l’université Paris I-Panthéon-Sorbonne, recueillis par Florence Quentin – Le Monde des Religions – Novembre-Décembre 2011
3- 263/50/263/8 : Vénus apparaît le matin durant 263 jours, puis devient invisible durant 50 jours, revient le soir pendant 263 jours et de nouveau invisible pendant 8 jours.
4- Le Codex de Dresde est un manuscrit Maya comportant 39 feuillets de papier végétal qui présente le calendriers et les rituels associés. Il a été acheté en 1739 à un collectionneur privé par le Directeur de la bibliothèque Royale de Dresde.

5 – Travaux sous la direction de l’archéologue William Saturno de l’Université de Boston (USA) publiés dans la revue Science, du 11 mai 2012


A visionner pour mieux comprendre :

 

 


A lire pour aller plus loin :

    • Le Temps Fractal – Le secret de 2012 et d’une nouvelle ère mondiale : Voici le nouveau Gregg Braden ! 5ème au palmarès du New York Times ! Il nous démontre à nouveau que la clé de notre avenir réside dans la sagesse de notre passé ! Appliquant le concept du temps fractal à l’histoire du monde et de la vie, Gregg Braden propose l’idée selon laquelle toute chose, depuis la guerre et la paix entre les nations jusqu’aux relations humaines, reflète les cycles récurrents du passé. Chaque fois qu’un cycle se répète, il entraîne la manifestation d’une version amplifiée de lui-même.

 

    • Le Code Maya – 2012 la fin d’un monde : Les Mayas ont inventé le système de calcul mathématique le plus sophistiqué de la culture humaine. Leur calendrier raconte l’évolution de l’humanité et de la planète. Ce calendrier maya s’achève le 21 décembre 2012. Beaucoup y voient un signe de la fin du monde. Doit-on l’interpréter ainsi ? Pour Barbara Hand Clow, chamane et spécialiste des Mayas, un cycle majeur a débuté en 1999 et culminera en 2012. Notre civilisation moderne traverse une étape cruciale et doit entendre le message spirituel qui se cache derrière les bouleversements actuels. Le Code Maya, un livre optimiste, nous révèle avec une précision surprenante ce qui nous attend chaque année jusqu’en 2012 et au-delà, et nous montre comment contribuer à l’éveil de la conscience.

 

  • La fin du monde : 21 décembre 2012 : Dans plusieurs cultures anciennes, comme chez les Mayas avec leurs mystérieux calendriers, et dans plusieurs écrits religieux, comme dans la Bible, il y a de nombreuses annonces de la fin des Temps. Les prophètes de toutes sortes se succèdent régulièrement pour dire que la fin du monde approche. Doit-on prendre ces prophéties au sérieux? L’auteur nous fait part de l’obsession des Mayas pour le décompte du temps. Ils annoncent la fin d’un cycle temporel et évolutif selon des calculs astronomiques d’une incomparable complexité et d’une justesse inégalée jusqu’à aujourd’hui. La date indiquée par les Mayas pour la fin de l’âge actuel est le 21 décembre 2012. A cette date, la Terre aura accompli une rotation complète de son axe de rotation, ce qui se produit tous les 26 000 ans et cela coïncidera avec la fin du décompte du temps au calendrier maya. Le compte à rebours a-t-il déjà commencé pour que survienne un changement majeur? Est-ce que ce sera la fin du monde ou la fin d’un monde? Y aura-t-il une catastrophe ou est-ce que la race humaine évoluera vers un autre niveau de conscience? L’auteur explore les différents scénarios et les courants de pensée qui suscitent de plus en plus de passion partout dans le monde. La race humaine est-elle en danger? Sommes-nous à un point tournant de notre évolution? Oui, répond l’auteur. C’est maintenant indiscutable que nous atteindrons bientôt un point de rupture où tout basculera.

Bonnes lectures !

Les tout premiers exploits sportifs

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- 3000 ans

Il va y avoir du sport !

En faire ou ne pas en faire, that is the question !  À la question d’un journaliste sur les secrets de son étonnante santé, Churchill, alors âgé de plus de 90 ans, répondit : « no sport ».

N’en déplaise à Winston Churchill, la pratique du sport ne remonte pas à la dernière guerre mondiale.  Les premiers hommes, chasseurs-cueilleurs de métiers, pratiquaient l’activité physique comme Monsieur Jourdain faisait de la prose.

jeux-olympiques

Les premières stars sportives

Les toutes premières traces avérées de pratique du sport, sous forme de représentations de lutteurs sur des stèles d’argiles, datent de près de 5 000 ans (entre 3000 et 2500 avant Jésus-Christ). Des tablettes de terre cuite datées de 2000 avant notre ère représentent des boxeurs, tandis que l’on retrouve des évocations du tir à l’arc et de l’équitation dans l’Égypte antique.

D’ailleurs, certains pharaons comme Amenhotep II vont se distinguer par leurs exploits sportifs. Plus tard, d’autres dirigeants s’illustreront, comme le futur empereur Tibère qui sera consacré champion olympique de quadrige (course de chars), en l’an 4 avant J.-C.

L’esprit olympique a germé dans les esprits bien avant Tibère. Comme chacun sait, c’est à Olympie en Grèce qu’il commence à rayonner. La légende le fait remonter en 884 avant J.-C., époque où sévissent de terribles guerres. Rien de tel que des joutes sportives pour apaiser les esprits.  Les premiers Jeux olympiques auraient eu donc cette mission apaisante.

Cependant, les premières vraies olympiades de l’histoire, dans le sens de compétitions périodiques, se déroulent en 776 avant notre ère et ne comportent que des courses à pieds.

Bref, la course, la marche, la nage, la lutte, c’est quelque chose que l’on pratique de père en fils depuis l’aube de l’humanité et plus récemment de mère en fille. Notons, que les Jeux Olympiques de Londres de 2012 sont les tout premiers à accueillir des équipes totalement mixtes, c’est à dire où  l’ensemble des nations participantes présente des formations composées de garçons et de filles.

Bougez, éliminez  : les vertus du sport

Il faudra attendre le milieu du XVIIIe siècle pour que l’activité sportive soit associée à la notion de bien-être et de préservation de sa santé. On découvre les vertus des « éducations physiques » en même temps que progressent la médecine et la science.

C’est probablement dans les collèges anglais de l’époque victorienne que le sport moderne connaît ses tout premiers échauffements. Le football séduit au début du XIXe siècle les élites anglaises avant d’être récupéré par les ouvriers dans les années 1880, au moment où il pénètre les pelouses françaises.

Qui aurait imaginé à ce moment que deux siècles plus tard, sur les mêmes pelouses anglaises ou ailleurs, on jouerait à califourchon sur des manches à balai en pratiquant le Quidditch(1). Ce sport, inventé en 2006 par J.K. Rowling, inspiré des aventures d’Harry Potter et qui, fort de 700 équipes à travers le monde, vise, excusez du peu,  les Jeux Olympiques. A cheval sur un balai, les pieds sur terre mais la tête dans les nuages : vive le sport !

Santé, bien être & performance : une équipe gagnante

Le héros sportif auquel chacun d’entre nous veut désormais s’identifier, représentant le rêve d’une réussite sociale, est encore plus récent. Il date probablement des années 1930. Époque où sport, politique, patriotisme, émergence des loisirs et communication font pour la toute première fois équipe, pour le meilleur et pour le pire, comme en témoignent les Jeux de Berlin de 1936. La culture du sport occupe désormais une grande partie du terrain de jeu de l’humanité.


Le « streaking » : un match d’exhibition

Si chaque sport dispose de sa tenue, un dress code qui participe autant à la performance qu’à l’image de marque de la discipline, il y a une exception, et de taille, à la règle : le streaking (1).

Mark Roberts

Mark Roberts en tenue sportive !

Là, pas de tenue, bien au contraire : cette activité, très sportive, consiste à se dévêtir totalement lors des grands événements médiatiques de la planète, sportifs ou non. S’ensuit le plus souvent une course poursuite avec les services de l’ordre, sous la clameur du public. A l’évidence, cette discipline exige un niveau de préparation élevé et une parfaite condition physique.

L’initiateur de cette pratique est un courtier de la City qui, en 1799, pour la toute première fois, releva le défi de courir nu à travers Londres.

C’est en 1974 pendant le match de rugby France-Angleterre que Michael O’Brien, expert-comptable de profession, reprendra le flambeau et deviendra le premier streaker de l’ère moderne.

Mais, la médaille d’or revient s’en conteste au britannique Mark Roberts, 47 ans, qui aligne 507 streaking. Premier streaking réussi en 1993, Super Bowl de 2004, coupe du monde de rugby à VII, en 2006, en passant par le British Open de Golf de 1995, il s’invite aux jeux olympiques d’hiver de Turin en 2006, puis ceux de Pékin, en 2008. Restera-t-il à l’écart des jeux de Londres comme il l’a promis ?

Toujours plus haut, toujours plus fort, son prochain défi : un streaking de masse avec une centaine de streakers. L’important, n’est plus uniquement de participer… c’est aussi de se désaper !


Rapide parcours sportif

Discobole-Lancellotti

  • – 1500 : premier stade érigé par les Crétois à Olympie, selon certains historiens ;
  • – 776 : premiers jeux Olympiques de l’Histoire ;
  • – 388 : pour lutter contre le dopage et la tricherie, institution du serment aux jeux Olympiques;
  • – 264 : premiers combats de gladiateurs à Rome d’origine étrusque ;
  • 392 : interdiction des jeux Olympiques par l’empereur Théodose Ier, converti au christianisme ;
  • Moyen Âge : jeux de quilles, boules, paume, maillets, soule, tournoi, joute sur l’eau ;
  • 1559 : interdiction des joutes suite au décès d’Henri II, qui en fut victime ;
  • 1785 : première école de natation, créée à Paris, près du pont des Tournelles ;
  • 1820 : premier gymnase créé à Paris ;
  • 1823 : selon la légende, invention du rugby par le jeune William Webb Ellis ; quant au premier Tournoi des cinq-nations, il eut lieu en 1910 ;
  • 1840 : première régate à voile en France ; première coupe de l’America en 1851 ;
  • 1868 : première course cycliste, dans le parc de Saint-Cloud ;
  • 1877 : premier tournoi de lawn-tennis à Wimbledon ;
  • 1879 : naissance du Paris football-club ;
  • 1887 : véritable naissance du sport en France, avec la création de l’Union des sociétés françaises de sports athlétiques ;
  • 1892 : première partie de basket, au collège YMCA de Springfield aux États-Unis ;
  • 1894 : première course automobile en France, entre Paris et Rouen ; les premières 24 heures du Mans ont lieu en 1923 et le premier Grand Prix de Formule 1, en 1950 ;
  • 1896 : premiers jeux Olympique de l’époque moderne s’ouvrent à Athènes en présence de 241 athlètes venus de 14 pays;
  • 1903 : premier Tour de France, avec 60 coureurs dont 20 à l’arrivée ;
  • 1930 : première Coupe du monde de football en Uruguay ;
  • 1936 : jeux olympiques de Berlin sonnent le glas du salut olympique, trop proche du salut Nazi;
  • 1960 : premiers jeux Paralympiques à Rome ;
  • 1968 : pour la première fois un homme court le 100 mètres en moins de 10 secondes : Jim Hines
  • 1978 : départ, le 26 décembre, du premier Paris-Dakar ;
  • 1993 : premier trophée Jules-Verne, remporté par Bruno Peyron;
  • 2007 : première traversée à la voile de l’Atlantique nord sous les 100 jours, par Franck Cammas sur Groupama 3;

1- Courrier International – 26 mai 2011 – Accrochez-vous à votre balai !
2- Le Monde – Londres 2012 – 29 juillet 2012.


A visionner pour mieux comprendre :


Jeux Olympiques: L’origine des JO par Pratiks

 


A voir et à lire pour aller plus loin :

Les toutes premières récoltes

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- 8 500 ans avant notre ère

Semer à tout vent

 

Il y a plus de 10 000 ans, l’homme va enfin dompter son environnement. En observant qu’une graine tombée à terre peut engendrer une nouvelle plante, une idée va finir par germer. C’est une révolution des cultures, celle des champs comme celle des esprits.

Ce n’est qu’une enfant, 15 ans maximum. Ses jambes sont robustes, équipées de sorte de jambières, le haut des cuisses est protégé par un lourd manteau d’herbes tressées. Dessous, elle porte un mélimélo de peaux de bêtes cousues à l’aide de lanières de cuir.

Les germes d’un monde nouveau

Elle sort d’une belle forêt peuplée d’aurochs, de cerfs, de chevreuils et de sangliers, signature d’un réchauffement climatique sensible (fin de la dernière glaciation).  Avec son bébé qu’elle porte sur son dos emmitouflé dans une peau de bête, elle se penche sur un épis. Celui-ci frémit au vent comme pour signaler qu’il s’agit de l’un des tout premiers épis cultivés par la main de l’homme.

Elle ne le sait pas encore mais la vie de son enfant, et surtout des enfants de son enfant, n’aura rien de comparable à la sienne. Ils vont vivre la plus importante transformation du mode de vie qu’ait connue l’humanité. C’est ce que les spécialistes appellent la révolution néolithique.

Les cultivateurs en herbe !

L’homme jusqu’ici subissait son environnement. Il va enfin le dompter. Comment ? En mettant à profit une observation aussi vieille que le monde : une graine tombée à terre peut engendrer une nouvelle plante.

Dès lors, les cultivateurs en herbe vont tenter pour la première fois une action inédite : récolter des graines de blé et les semer près de leurs habitations. Cela a dû se faire par étapes : au début, lorsqu’on ramassait des céréales sauvages, on abandonnait quelques graines sur place en espérant que ce geste serait récompensé lors de la saison suivante. On avait donc compris le principe germinatif des graines.  

La germination était, sans aucun doute, déjà connue des chasseurs /cueilleurs mais le passage à l’étape de culture n’avait pas encore germé dans leur esprit. Alors pourquoi, partout à travers le globe, en Amérique, en Chine, au Moyen-Orient, en Europe, l’agriculture prend racine presque simultanément (1) ?

Une révolution autant culturelle que de l’agriculture

Plus que l’évolution des techniques, c’est celle des mentalités qui est à l’oeuvre. Et la première d’entre elles, l’acceptation de se sédentariser.

L’agriculture, cette innovation qui  ensemence l’ensemble du globe, ne résulte donc pas d’une pénurie car l’époque est à l’abondance. Il s’agit, à l’origine, d’une révolution socio-culturelle visant à créer de nouveaux rapports sociaux résultant d’un accroissement démographique des groupes humains. Groupes qui vont connaitre davantage la promiscuité du fait de la sédentarisation.

Cette situation nouvelle va donner naissance aux toutes premières obligations sociales comme offrir des graines ou les produits de la récolte. Éviter les tensions au sein de groupes trop importants, en empéchant leur scission, telles seraient les vertus premières des plantes cultivées !

La domestication : une innovation capitale, foi d’animal !

Le végétal, c’est bien mais n’oublions pas l’animal. 500 ans plus tard, la chèvre et le mouton feront partie du premier lot de domestication, suivront le cochon, vers – 7000 ans avant notre ère et la vache vers – 6000 ans.

Quant au chien, il a bénéficié d’un traitement de faveur, en ayant été domestiqué le premier, il y a 12 000 ans. Meilleur ami de l’homme oblige ! Alain Testard (1) y décèle même la « toute première invention virtuelle ». En effet, le chien est d’abord « utilisé » comme un animal d’agrément bien avant de l’affecter à des fonctions utiles comme la chasse ou le gardiennage des troupeaux.

Après l’âge de la pierre taillée, le Paléolithique et l’âge de la pierre polie, le Néolithique, l’humanité se prépare à connaître l’âge des saisons qui va rythmer la vie des hommes durant dix millénaires.

Leçon de l’histoire : « L’âge de pierre ne s’est pas arrêté par manque de pierres », comme le soulignait Cheikh Yamani, ancien ministre saoudien du pétrole.


 Avec l’avènement de l’agriculture, la matière grise a-t-elle mangé son pain blanc ?

Avec l’apparition de l’agriculture, pour la toute première fois, les performances du cerveau humain seraient en déclin. Culture et agriculture ne feraient-elles pas bon ménage ?   

Il s’agit d’une thèse surprenante défendue par Gerald Crabtree, professeur de biologie du développement à l’université californienne de Stanford. Celle-ci est fondée sur les dernières données en matière de génétique, anthropologie et de neurobiologie.

Depuis l'avènement de l'agriculture, les capacités intellectuelles de l'homme sont-elles en baisse ?

Parmi les 2000 à 5000 gènes impliqués dans les facultés intellectuelles, le chercheur estime qu’au fil des générations (120 en 3000 ans), les mutations génétiques n’ont pût qu’avoir un effet néfaste sur notre qualité intellectuelle.

Avant la sortie d’Afrique de l’homo sapiens (il y a 50 000 ans environ), l’intelligence a été un facteur clé pour sa survie. Avec la densification de la population conséquence de l’apparition de l’agriculture, la sélection naturelle a changé de nature. Celle-ci s’est focalisée davantage sur la résistance aux maladies, effet collatéral de l’urbanisation, au détriment du développement intellectuel. 

Pour la toute première fois, l’homme aurait entamé son avancée vers l’abêtissement.

Cette théorie reste toutefois très controversée. Ces détracteurs mettent en avant les facteurs non génétiques comme la culture, l’éducation, les interactions sociales, dont le poids est probablement considérable. D’autant, que ces  éléments épi génétiques, se renforcent au fil de l’évolution et joue un rôle bien plus important aujourd’hui qu’à l’époque des chasseurs-cueilleurs.

Alors l’intelligence a-t-elle atteint son apogée, il y a près de 10 000 ans ou au contraire est-elle en train de récolter les fruits issus du développement de la société commencé à cette époque ?   

Bien malin qui peut le dire !


 1 – Concept d’invention virtuelle développé par Alain Testard, anthropologue au Collège de France, dans le livre  »Avant l’histoire »


A visionner pour mieux comprendre :


Le sacre de l’homme (1/9)


A voir et à lire pour aller plus loin :

  • Une théorie lie débuts de l’agriculture et réchauffement. Et si, en réalité, l’homme façonnait le climat de la planète depuis bien longtemps ? C’est la surprenante théorie du paléoclimatologue William Ruddiman. Selon le chercheur, l’influence de l’homme sur le climat a commencé avec les débuts de l’agriculture, il y a quelque 8 000 ans.
  • Agriculteurs du monde : Du Néolithique à nos jours. Sur 6 milliards d’humains, près de la moitié sont agriculteurs. Ils cultivent des plantes et élèvent des animaux domestiques, produisant presque toute la nourriture de l’humanité. Dans quels foyers, à quelle époque, de quelle façon certains humains sont-ils devenus agriculteurs ?

Première tragédie familiale

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- 4 600 ans (avant notre ère)

Petits meurtres en famille


Un père, une mère et leurs deux fils âgés d’environ 5 et 9 ans sont les victimes d’un des tous premiers massacres familiaux de notre histoire. Une tragédie meurtrière au sein d’une même famille comme le démontrent les analyses ADN confirmant les liens de parentés. C’est du moins la thèse des scientifiques[1] qui ont étudiés les cadavres, 13 au total, répartis dans 4 tombes.

Que faisiez-vous le soir de la seconde lune de l’année -4600 ?

Il y a similitude entre la position des corps et leur proximité génétique (Image : courtesy of The National Academies).
Il y a similitude entre la position des corps et leur proximité génétique (Image : courtesy of The National Academies).

Retournons sur la scène du crime. Celle-ci se situe dans la fertile vallée de la Saale (située dans l’ancienne Allemagne de l’est), sur le bord de la rivière du même nom.  Les traces de blessures témoignent de la violence de l’agression. L’une des victimes a été « poignardée » dans le dos par une flèche en silex plantée dans une vertèbre, tandis que d’autres ont le crâne enfoncé. Malgré la proximité de la rivière, la vie de l’époque ne ressemble apparemment pas  à un long fleuve tranquille, mais qui en doutait !

Parmi les victimes, aucun adolescents ni jeunes adultes. L’absence de ces derniers semble prouver qu’ils ont échappé, d’une manière ou d’un autre, à l’attaque.  Seuls survivants du massacre,  il est probable que ces jeunes adultes se chargeront d’enterrer leurs proches en respectant les liens de parentés et sociaux.

Une famille traditionnelle à l’âge de pierre

Cette famille massacrée du Néolithique prouve que la famille dite nucléaire existait déjà à cette époque reculée. Au jour d’aujourd’hui, cette scène tragique est aussi la plus ancienne preuve de l’existence de la structure familiale même si rien ne prouve qu’il s’agit là d’un modèle répandu.  Pour l’auteur de l’étude, Wolfgang Haak,  de l’université d’Adelaïde (Australie), au-delà de la preuve par l’ADN, l’union dans la mort de ce couple suggère l’union dans la vie.

Un peu de douceur dans ce monde de brutes

Face aux aléas de la vie, la famille jouait probablement un rôle protecteur et dispensateur d’amour.

La façon dont les morts furent enterrés semble confirmer cette relation d’amour. Contrairement aux habitudes de l’époque qui voulaient que les cadavres soient ensevelis systématiquement face vers le sud, ici les morts se retrouvent face à face avec souvent bras et mains entrelacés.

Poussant plus loin leur investigation, les chercheurs ont découvert que femmes et hommes de cette communauté étaient issues de régions différentes avant de se « marier » et de procréer ensemble. Il s’agissait probablement  d’éviter des alliances consanguines et peut être aussi d’assurer des alliances entre communautés.

Un drame familial qui en rappelle un autre

Jusqu’à présent le premier drame familial recensé dans les annales juridiques de l’Histoire était à la fois mythique et allégorique. Fils aîné du premier couple de l’humanité, Adam et d’Eve, Caïn tua son frère cadet Abel, par jalousie.

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Cain tuant son frère Abel. Toile du Titien, basilique Santa Maria della Salute

Évidemment, il n’y a aucune relation entre la famille décimée de la vallée de la Saal et le plus célèbre fratricide de la Bible, en dehors d’une coïncidence de calendrier évoquée ici pour l’anecdote.

Le mythe de Caïn et d’Abel découle de la vision allégorique de l’apparition de l’homme sur Terre, le 6ème jour de la Création de Dieu.

Selon les Créationnistes, cette toute première famille de l’humanité serait apparue sur Terre 4000 ans environ avant Jésus Christ.

Certains, comme John Lightfoot (1735-1788) de l’université de Cambridge, calculèrent même avec une précision d’horloger la date de ce 6ème jour de la Création : 23 octobre 4004 à 9 heures, avant J.-C. Quant à Kepler, après de savants calculs, il s’arrêta sur la date du 27 avril 4977.

Considérant que la datation des scientifiques correspond à une approximation, il est amusant, messieurs les jurés !, de relever entre ces tragédies familiales une coïncidence de calendrier, pour ne pas dire d’agenda.

Quoi qu’il en soit, drame familial du néolithique ou biblique,  il y a, de toute façon,  prescription !


1 – Travaux publiés dans les annales de l’Académie nationale américaine des sciences (PNAS), en novembre 2008 , suite aux découvertes d’archéologues en 2005, sur le site d’Eulau, en Saxe-Anhalt (Allemagne).


A consulter par curiosité :
Une vision très biblique du premier meurtre de l’humanité.


A voir et à lire pour aller plus loin :

  • La Bible-L’Ancien Testament, Tome 1 : La Genèse. Cette adaptation fidèle et œcuménique des 31 premiers chapitres de la Genèse retranscrit successivement la création du monde, Adam et Eve, Abel et Caïn, le Déluge, la tour de Babel, la destruction de Sodome, le sacrifice d’Abraham et le rêve de Jacob.
  • Petits meurtres en famille – Edition 2 DVD. Un mystère digne des plus grands romans d’Agatha Christie, où le mystère s’épaissit au fur et à mesure que les crimes se succèdent.
  • Meurtres en famille. Secrets enfouis, jalousies, vieilles rancunes et vengeances sanglantes : la famille n’est pas toujours un havre de paix… mais parfois le plus insoupçonnable des ennemis. Douze nouvelles de suspense inédites, par les plus grands maîtres du genre, réunis autour de Mary Higgins Clark.

Les toutes premières prostituées

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Vers – 3 500 ans avant notre ère

L’amour à tout prix

En amour, plus que pour toute autre chose, c’est souvent le premier pas qui coûte.

De ce point de vue, les premiers pas d’amour tarifé, ou autrement dit les premières formes de prostitution commerciale avérées voient le jour au VIème siècle avant notre ère, en Grèce.

Courtisane et son client -   430 av. J.-C., Musée national archéologique d'Athènes
Courtisane et son client – 430 av. J.-C., Musée national archéologique d’Athènes

Face aux succès rencontrés, un deuxième pas sera franchi vers les années 600 avant J.-C avec l’ouverture des premières maisons closes ! Il s’agit de maisons d’Etat (les dictérions), qui emploient différentes classes de prostituées pour répondre à la structuration hiérarchiques de la société. De même, les homosexuels disposeront de leurs propres établissements.

Chacun y trouve donc son plaisir, même l’Etat qui se fait des « c…les » en or.

Mais, avant le culte de la femme facile, il y eut celui de la femme fertile. En effet, comme l’atteste l’historien grec Hérodote, les premières formes de prostitution « non commerciales » sont liées au sacré et aux cultes de la fécondité. Afin de rendre les terres fertiles, prêtresses et prêtres devaient alors s’accoupler.

Chez les Babyloniens, pour honorer la déesse de la fertilité, on faisait appel à des femmes stériles qui devenaient en quelque sorte l’épouse de tous pour servir la déesse.

Loin d’être née de la dernière pluie, la prostitution titillait déjà les groupes primitifs. Pendant la préhistoire, elle était pratiquée soit comme monnaie d’échanges (produit de la chasse contre quelques faveurs sexuelles), soit comme gage d’hospitalité.

Aujourd’hui, la prostitution s’est introduite dans notre quotidien, presque à notre insu. Le terme « marque » a pour origine une ancienne pratique des prostituées. Celles-ci « imprimaient » leurs initiales sur leurs talons de chaussures. Ensuite, grâce à une poudre déposée sur les talons, elles laissaient leur empreinte sur la chaussée, permettant ainsi à leurs habitués de les retrouver facilement dans leur périmètre. Elles appelaient ces initiales inscrites sur leur talon, leur marque. Quel talon !

On le voit, l’amour du métier, surtout au service du plus vieux métier du monde, recèle des trésors…d’imagination.


Les tout premiers documents écrits

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- 3 500 ans

C’était écrit

Les tout premiers écrits de l’humanité vont faire couler beaucoup d’encre, quoi de moins naturel me direz-vous. Il y a, comme on va le voir, les positions officielles et celles soumises à controverse.

Officiellement donc, l’écriture fait son apparition, il y a plus de 5000 ans, en différents endroits du globe, en Mésopotamie, Égypte, Chine et Amérique. On s’appuie sur des traces indubitables, reposant sur des matériaux dont la robustesse de conservation a permis de perdurer jusqu’à nous.

Il n’est donc pas impossible que l’apparition de l’écriture, sur des rouleaux d’écorces par exemple, soit nettement plus ancienne, pourquoi pas 20 000 ans ? Hélas, ces supports n’ont pas la même qualité de conservation.

Tablette d'Ourouk, une des premières traces d'écriture. Signes gravés avec la pointe d'un roseau sur des tablettes d'argile. Ces signes sont en forme de clous ou de coins d où le qualificatif de cunéiforme.
Tablette d’Ourouk, une des premières traces d’écriture. Signes gravés avec la pointe d’un roseau sur des tablettes d’argile. Ces signes sont en forme de clous ou de coins d’où le qualificatif de cunéiforme.

Revenons donc aux plus anciennes traces scientifiquement reconnues. Elles proviennent du sud de l’Irak actuel. Elles sont datées aux environs de 3500 ans avant notre ère, tandis que celles d’Egypte remontent à 3300 ans. Il s’agit de tablettes sumériennes recourant à une écriture pictographique sous forme de dessins très stylisés. Par exemple, une tête de bœuf pour représenter cet animal ou un triangle pubien avec le trait d’une vulve pour désigner une femme.
L’origine de l’écriture correspond avant tout à un besoin commercial qui permet de conserver une trace des échanges comme les produits laitiers ou céréaliers ou de procéder à l’inventaire de troupeaux. Assez rapidement, apparaitra un besoin voisin qui vise à fixer de manière écrite les règles de la vie en société. Le premier recueil de lois –qui nous est parvenu- est redigé vers 2000 avant J.-C., c’est le code Hammourabi. Il contient déjà 285 lois, d’une clarté remarquable.

Heureusement, l’écriture ne va pas se cantonner aux seules règles, qu’elles soient de calculs ou de droit, mais va, peu à peu, permettre de représenter des préceptes religieux et des idées. On va donc passer des comptes aux contes, car désormais le document « administratif » va côtoyer les écrits poétiques ou littéraires (cf. – 2600 ans). L’une des formes les plus abouties seront les Alexandrins, vers de 12 syllabes, qui seront utilisés pour la première fois dans le Roman d’Alexandre, (Alexandre Le Grand, d’où leur nom), au XII/ XIIIème siècle avant J.-C.

Cette évolution va s’amorcer vers le milieu du IIIème millénaire grâce à la notion de phonogrammes, c’est-à-dire des signes correspondant cette fois à des sons (et non plus à des images), sur le principe d’un signe pour une syllabe.

Pour représenter ces « signes-son », l’écriture va devenir cunéiforme (du latin cuneus= clou, ressemblant à des petits clous). Le premier alphabet de l’humanité sera basé sur cette technique et comportera 32 signes. Il sera phénicien (nord de la Syrie). Curieusement, dans l’empire des idéogrammes qu’est la Chine, on retrouvera des traces de cette écriture.

Dans cette rivalité pour obtenir la paternité de l’invention de l’écriture, face aux Phéniciens ou autres chinois, il y a un village gaulois qui fait de la résistance : Glozel, dans l’Allier. Et cela depuis le 1er mars 1924.

Ce jour-là, un jeune agriculteur en labourant le champ de son père met au grand jour de curieux objets comme des aiguilles taillées dans l’os, des galets gravés de rennes ayant disparu de ces contrées depuis plus de 10 000 ans. Parmi ces vestiges, des tablettes d’argile frappées d’un alphabet inconnu. Différentes méthodes de datation vont être appliquées jusqu’aux années 80 donnant des résultats très hétéroclites allant jusqu’à dater certaines pièces de 17 000 ans.

Difficulté de datation, doutes de l’authenticité des objets, terrain peu favorable à la conservation, alimentent la polémique, dont certains pensent qu’on a essayé de « fabriquer » une civilisation. La controverse continue de faire rage entre pro-glozéliens et anti-glozéliens avec, comme enjeu, une Europe qui reprendrait ses « lettres de noblesse » face aux peuples du Proche-Orient pour une invention de l’écriture remontant à plus de 10 000 ans. Un écrit du cœur !


A visiter et à découvrir pour aller plus loin :

 

  • Le musée des écritures du monde de Figeac : c’est dans la maison natale de celui qui a su traduire la pierre de Rosette que le musée est installé. A l’origine axé sur les hiéroglyphes, le musée est maintenant étendu aux 5300 ans qui ont fait l’écriture.
  • Naissance de l’écriture: Cunéiformes et hiéroglyphes : [exposition], Galeries nationales du Grand Palais, 7 mai-9 août 1982 L’écriture, représentation de la pensée et du langage humain, est un moyen durable et privilégié de communication entre les hommes. Les plus anciens témoignages écrits qui nous soient parvenus proviennent du Proche-Orient : deux pays, deux civilisations différentes, la Mésopotamie et l’Egypte, ont inventé l’écriture presque simultanément, voilà plus de 5 000 ans. L’écriture fait revivre ces civilisations disparues. Elle nous informe sur leur vie quotidienne, leurs grandes inquiétudes, leur histoire ainsi que leur science. Leur littérature constitue le plus vieux patrimoine culturel qu’ait hérité la pensée occidentale.
  • Histoire et art de l’écriture Les amoureux des alphabets, pictogrammes, idéogrammes et calligrammes retrouveront le peuple immense des LETTRES dans cette somme qui rassemble le corps et l’esprit des écritures. Quelque quatre cents écritures, vecteurs d’environ six mille
    langues et/ou dialectes, sont resituées dans leurs origines, leur histoire et leur contexte.
  • La naissance des écritures: Du cunéiforme à l’alphabet