vendredi, 18 août 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

C. -10 000 à l’an 0

Les tout premiers baisers

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- 3800 ans

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Bons baisers de Lucy !

On le dit inné, vieux comme le monde, multiformes, multiculturel, multi-générationnel, capable de faire battre la chamade au plus endurci, de réaliser un échange de millions de bactéries le temps…d’un baiser. Quand, comment et pourquoi a-t-on embrassé pour la première fois ?

La toute première évocation du baiser est indienne et remonte à 1500 ans avant notre ère. Elle est rapportée dans les textes sanskrits védiques évoquant l’idée de « se renifler avec la bouche » (1), car aucun terme à l’époque ne permet de désigner le baiser.

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Cependant, les toutes premières représentations de baisers, des couples s’embrassant sur la bouche, figurent sur des fresques égyptiennes remontant à plus de 3800 ans (2).

S’il s’agit là de traces avérées et datées ; à l’évidence la pratique du baiser est bien antérieure et de surcroit n’est pas l’apanage de l’espèce humaine ; elle ne se résume pas non plus au baiser amoureux ou romantique. Il y a le baiser amical, affectueux, social, maternel, rituel, protocolaire, langoureux; bref plein de bisous !

Le baiser : un langage ancestral et presque universel

Dans le monde animal, chez les primates, les oiseaux mais aussi chez certains insectes, on note de nombreuses pratiques de baiser labial ou intrabuccal qui visent à nourrir les petits sous une forme de becquée, avec une pré-mastication des aliments.

Ce comportement, très courant chez les singes, peut prendre une forme affective comme chez les bonobos qui n’hésitent pas à jouer avec leur langue.

Pour certains anthropologues, « les hommes préhistoriques » ont employé les mêmes pratiques de mastication pour nourrir leurs bébés. Ils estiment également que les humains de cette époque se léchaient probablement le visage entre eux pour en absorber le sel ce qui favorisait leur survie.  Etait-ce déjà le cas de la célèbre Lucy, l’Australopithèque âgée de plus de 3 millions d’années ? On le saura vraisemblablement jamais.

Le baiser : le couteau suisse de la communication

Les premiers baisers remplissaient donc plusieurs fonctions, liées à la fois à la sexualité à l’instar d’une parade sexuelle, à une manière de fraterniser mais également à des mesures d’hygiène, issues de rites de toilettage.

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Des ethnologues, observant des cultures ancestrales notamment de tribus africaines, voient dans la pratique du baiser un dérivé l’inspiration mutuelle de l’haleine symbolisant l’union ou la fusion des âmes (3).

Mais ne nous y trompons pas, jusqu’au XIXème siècle (et même encore aujourd’hui), le baiser dit amoureux n’était pas si répandu que cela à travers la planète. De nombreuses civilisations, en Afrique, en Asie et Australie, en ignoraient tout de ces pratiques au point de les redouter comme cette princesse africaine qui pensait que son amoureux voulait la dévorer en cherchant à l’embrasser (5) (8).

Bref, même s’il est loin d’être adopté par toutes les cultures, le baiser apparait si l’on prend toutes ses formes comme le bisous que l’on fait à son bébé un langage quasi universel pratiqué depuis la nuit des temps (6).

« Le baiser est la plus sûre façon de se taire en disant tout », si l’on reprend la formule de Maupassant (7)

Les bisous et la science

Les études scientifiques démontrent que le baiser sur la bouche, en échangeant haleine et salive, permet aux partenaires de collecter des informations chimiques et biologiques.

Le psychologue évolutionniste Gordon Gallup de l’Université d’Albany (U.S.A) va plus loin. Pour lui, le baiser amoureux nous fournit des informations olfactives sur l’ADN du partenaire et son statut reproductif.

Mieux, les endocrinologues ont constaté que les femmes, via le baiser, testaient inconsciemment le système immunitaire de leur partenaire, ou du moins une partie appelé « complexe majeur d’histocompatibilité » (CMH) et qu’elles étaient attirées par les hommes possédant un CMH différent du leur, gage de vitalité de leur future progéniture !

Ceci explique, en partie, que 59% des hommes et 66% des femmes mettent fin à une relation à cause d’un baiser trop décevant (4).

Un baiser pour la vie

Le baiser est aussi un marqueur universel et impérissable de notre vécu. Des études soulignent que nous souvenons plus précisément de notre tout premier baiser que de n’importe quelle autre première fois de notre vie, même sexuelle ! (1)

Pour les neuroscientifiques comme pour Darwin, pour qui se picorer les lèvres était un acte inné, encodé dans nos gènes, nous sommes programmés dès le plus jeune âge pour associer ces émotions positives avec le contact labial.

Bien que nous ignorerons toujours quand et où se sont produits les tout premiers baisers de l’humanité, cela crève les yeux que la plupart des humains ont une envie irrépressible et instinctive de se lier de cette manière, selon des styles et des manières inhérentes à nos cultures et à nos expériences.

Grâce au baiser, nous embrassons le monde, notre monde !

Publié le 30 Janvier 2016

Le baiser à travers les âges

  • Au commencement était le « Baiser » de la bible : « Alors Yahvé Dieu modela l’homme avec la glaise du sol, il insuffla dans ses narines une haleine de vie et l’homme devint un être vivant »;
  • 1200 avant notre ère : Selon Plutarque, s’embrasser sur la Bouche remonterait à la guerre de Troie et serait une initiative des femmes  pour calmer la colère des hommes après avoir incendiés leurs bateaux ;
  • 1er siècle avant notre ère : les Romains pratiquent allégrement le baiser, en privé comme en public, en couple hétérosexuel mais surtout homosexuel ;
  • Premiers siècles de notre ère : le bisou chrétien est un bisou de paix qui a aussi pour vocation d’être un signe de reconnaissance, c’est l’oscuium pacis qui perdurera au Moyen-Age ;
  • Au Moyen-Age, le baiser se répand sous différentes formes. Il y a l’osculum, un bisou entre seigneurs et vassaux qui permet de sceller le pacte de protection contre soumission par un baiser sur la bouche ; il y a aussi le baiser des chevaliers (2) qui est une preuve d’amitié et d’attachement tout comme le fait de dormir dans le même lit;
  • La Renaissance marque un tournant dans la pratique du baiser. Fini le baiser féodo-vassalique ou celui des chevaliers, terminés aussi les baisers public, à la fois coupables et victimes des épidémies, place aux baisers mondains comme le baisemain ou aux baisers érotiques qui préfigure la montée en puissance du libertinage ;
  • Au XIXème siècle, l’époque est à la chasteté ou du moins à l’intimité ; le bisou ne s’extériorise pas, enfin pas encore; C’est aussi l’époque du baisemain, l’une des rares formes de baiser asymétrique (7)
  • Le XXème siècle, verra peu à peu le baiser se libérer de toute entrave ; d’abord au cinéma avec le baiser hollywoodien puis à partir de 1968, le baiser partout et maintenant avant de perdre son article : baiser partout et maintenant !
  • Au XXI ème siècle, sur 168 culture étudiées, seules 77 % pratiquent le baiser amoureux.

Des expressions à la pelle pour évoquer le baiser !

Baiser protocolaire entre Brejnev et Honecker

Baiser protocolaire entre Brejnev et Honecker

Rouler une pelle, c’est l’allusion au mouvement de la langue mais c’est aussi l’évolution du mot pelle qui est dérivé du mot ploter  (on roulait un pélot ou un palot ou un pelot), qui lui-même  vient de patiner : on disait patiner au lieu de dire peloter (XIX ème siècle) : « caresser avec insistance ».

Quant au French Kiss, l’expression vient de la Libération;  les américains ont découvert à travers les Françaises des mœurs qui étaient plus libres que dans leur pays.

A l’époque Romaine, il y avait 3 expressions pour évoquer le baiser : l’osculum, ce qui correspond à la bise d’aujourd’hui, le basium, un bisou d’affection pratiqué entre époux ou membres de la famille, le savium, qui correspond au bisou amoureux ou romantique d’aujourd’hui, avec insertion de la langue.

Parmi les baisers célèbres, on trouve également le fameux baiser nez à nez de l’esquimau ou  le baiser slave qui revêt plusieurs aspects dont le plus connu est le baiser protocolaire, entre dignitaires par exemple (8).

Terminons par  un  extrait  de la  chanson de Pierre Perret intitulée Les Baisers (1968) :
« Y a dans mon dictionnaire usé / La définition du baiser / […] Braves gens je vais vous dire la mienne / Car un baiser c’est du fuego / […] Et les vieux schnoks de l’Académie / Devaient encore être endormis. »


Quand on aime, on ne compte pas !

Quand on aime, on ne compte pas, il faut malgré tout savoir qu’au cours d’un baiser, d’une dizaine de secondes :

  • On échange en moyenne 40 000 parasites,
  • et 80 millions de bactéries,
  • de 250 types différents,
  • 9 mg d’eau,
  • Et 0,45 mg de sel.
  • On consomme, 4 calories par minutes.
  • Le baiser sollicite 34 muscles du visage

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1 -  http://www.courrierinternational.com – 14 février 2012 – tout-tout-tout-vous-saurez-tout-sur-le-baiser
2 –
 http://www.atlantico.fr/decryptage/surprenante-histoire-baiser-bouche-travers-ages-et-civilisations-2256738.html
3 – Zorica Tomić, Le baiser en voie de disparition ?, L’Âge d’homme,‎ 214, p. 14, cité dans Wikipédia (https://fr.wikipedia.org/wiki/Baiser);
4 - www.terrafemina.com
5 - Savage Africa, – 1864- de l’explorateur britannique William Winwood Reade, mentionné dans le Courrier International du 14 février 2014
6 -  http://passeurdesciences
7- « Le Baiser Peut-être » – Belinda Cannone – Ed. Alma Pabloïd – rapporté dans Libération 20 septembre 2011
8 – « Les fonctions rituelles et mythologiques du baiser chez les slaves de l’est » – Andrei Toporkov


A visionner , le baiser au cinéma :

Les tout premiers exploits sportifs

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- 3000 ans

Il va y avoir du sport !

En faire ou ne pas en faire, that is the question !  À la question d’un journaliste sur les secrets de son étonnante santé, Churchill, alors âgé de plus de 90 ans, répondit : « no sport ».

N’en déplaise à Winston Churchill, la pratique du sport ne remonte pas à la dernière guerre mondiale.  Les premiers hommes, chasseurs-cueilleurs de métiers, pratiquaient l’activité physique comme Monsieur Jourdain faisait de la prose.

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Les premières stars sportives

Les toutes premières traces avérées de pratique du sport, sous forme de représentations de lutteurs sur des stèles d’argiles, datent de près de 5 000 ans (entre 3000 et 2500 avant Jésus-Christ). Des tablettes de terre cuite datées de 2000 avant notre ère représentent des boxeurs, tandis que l’on retrouve des évocations du tir à l’arc et de l’équitation dans l’Égypte antique.

D’ailleurs, certains pharaons comme Amenhotep II vont se distinguer par leurs exploits sportifs. Plus tard, d’autres dirigeants s’illustreront, comme le futur empereur Tibère qui sera consacré champion olympique de quadrige (course de chars), en l’an 4 avant J.-C.

L’esprit olympique a germé dans les esprits bien avant Tibère. Comme chacun sait, c’est à Olympie en Grèce qu’il commence à rayonner. La légende le fait remonter en 884 avant J.-C., époque où sévissent de terribles guerres. Rien de tel que des joutes sportives pour apaiser les esprits.  Les premiers Jeux olympiques auraient eu donc cette mission apaisante.

Cependant, les premières vraies olympiades de l’histoire, dans le sens de compétitions périodiques, se déroulent en 776 avant notre ère et ne comportent que des courses à pieds.

Bref, la course, la marche, la nage, la lutte, c’est quelque chose que l’on pratique de père en fils depuis l’aube de l’humanité et plus récemment de mère en fille. Notons, que les Jeux Olympiques de Londres de 2012 sont les tout premiers à accueillir des équipes totalement mixtes, c’est à dire où  l’ensemble des nations participantes présente des formations composées de garçons et de filles.

Bougez, éliminez  : les vertus du sport

Il faudra attendre le milieu du XVIIIe siècle pour que l’activité sportive soit associée à la notion de bien-être et de préservation de sa santé. On découvre les vertus des « éducations physiques » en même temps que progressent la médecine et la science.

C’est probablement dans les collèges anglais de l’époque victorienne que le sport moderne connaît ses tout premiers échauffements. Le football séduit au début du XIXe siècle les élites anglaises avant d’être récupéré par les ouvriers dans les années 1880, au moment où il pénètre les pelouses françaises.

Qui aurait imaginé à ce moment que deux siècles plus tard, sur les mêmes pelouses anglaises ou ailleurs, on jouerait à califourchon sur des manches à balai en pratiquant le Quidditch(1). Ce sport, inventé en 2006 par J.K. Rowling, inspiré des aventures d’Harry Potter et qui, fort de 700 équipes à travers le monde, vise, excusez du peu,  les Jeux Olympiques. A cheval sur un balai, les pieds sur terre mais la tête dans les nuages : vive le sport !

Santé, bien être & performance : une équipe gagnante

Le héros sportif auquel chacun d’entre nous veut désormais s’identifier, représentant le rêve d’une réussite sociale, est encore plus récent. Il date probablement des années 1930. Époque où sport, politique, patriotisme, émergence des loisirs et communication font pour la toute première fois équipe, pour le meilleur et pour le pire, comme en témoignent les Jeux de Berlin de 1936. La culture du sport occupe désormais une grande partie du terrain de jeu de l’humanité.


Le « streaking » : un match d’exhibition

Si chaque sport dispose de sa tenue, un dress code qui participe autant à la performance qu’à l’image de marque de la discipline, il y a une exception, et de taille, à la règle : le streaking (1).

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Mark Roberts en tenue sportive !

Là, pas de tenue, bien au contraire : cette activité, très sportive, consiste à se dévêtir totalement lors des grands événements médiatiques de la planète, sportifs ou non. S’ensuit le plus souvent une course poursuite avec les services de l’ordre, sous la clameur du public. A l’évidence, cette discipline exige un niveau de préparation élevé et une parfaite condition physique.

L’initiateur de cette pratique est un courtier de la City qui, en 1799, pour la toute première fois, releva le défi de courir nu à travers Londres.

C’est en 1974 pendant le match de rugby France-Angleterre que Michael O’Brien, expert-comptable de profession, reprendra le flambeau et deviendra le premier streaker de l’ère moderne.

Mais, la médaille d’or revient s’en conteste au britannique Mark Roberts, 47 ans, qui aligne 507 streaking. Premier streaking réussi en 1993, Super Bowl de 2004, coupe du monde de rugby à VII, en 2006, en passant par le British Open de Golf de 1995, il s’invite aux jeux olympiques d’hiver de Turin en 2006, puis ceux de Pékin, en 2008. Restera-t-il à l’écart des jeux de Londres comme il l’a promis ?

Toujours plus haut, toujours plus fort, son prochain défi : un streaking de masse avec une centaine de streakers. L’important, n’est plus uniquement de participer… c’est aussi de se désaper !


Rapide parcours sportif

Discobole-Lancellotti

  • – 1500 : premier stade érigé par les Crétois à Olympie, selon certains historiens ;
  • – 776 : premiers jeux Olympiques de l’Histoire ;
  • – 388 : pour lutter contre le dopage et la tricherie, institution du serment aux jeux Olympiques;
  • – 264 : premiers combats de gladiateurs à Rome d’origine étrusque ;
  • 392 : interdiction des jeux Olympiques par l’empereur Théodose Ier, converti au christianisme ;
  • Moyen Âge : jeux de quilles, boules, paume, maillets, soule, tournoi, joute sur l’eau ;
  • 1559 : interdiction des joutes suite au décès d’Henri II, qui en fut victime ;
  • 1785 : première école de natation, créée à Paris, près du pont des Tournelles ;
  • 1820 : premier gymnase créé à Paris ;
  • 1823 : selon la légende, invention du rugby par le jeune William Webb Ellis ; quant au premier Tournoi des cinq-nations, il eut lieu en 1910 ;
  • 1840 : première régate à voile en France ; première coupe de l’America en 1851 ;
  • 1868 : première course cycliste, dans le parc de Saint-Cloud ;
  • 1877 : premier tournoi de lawn-tennis à Wimbledon ;
  • 1879 : naissance du Paris football-club ;
  • 1887 : véritable naissance du sport en France, avec la création de l’Union des sociétés françaises de sports athlétiques ;
  • 1892 : première partie de basket, au collège YMCA de Springfield aux États-Unis ;
  • 1894 : première course automobile en France, entre Paris et Rouen ; les premières 24 heures du Mans ont lieu en 1923 et le premier Grand Prix de Formule 1, en 1950 ;
  • 1896 : premiers jeux Olympique de l’époque moderne s’ouvrent à Athènes en présence de 241 athlètes venus de 14 pays;
  • 1903 : premier Tour de France, avec 60 coureurs dont 20 à l’arrivée ;
  • 1930 : première Coupe du monde de football en Uruguay ;
  • 1936 : jeux olympiques de Berlin sonnent le glas du salut olympique, trop proche du salut Nazi;
  • 1960 : premiers jeux Paralympiques à Rome ;
  • 1968 : pour la première fois un homme court le 100 mètres en moins de 10 secondes : Jim Hines
  • 1978 : départ, le 26 décembre, du premier Paris-Dakar ;
  • 1993 : premier trophée Jules-Verne, remporté par Bruno Peyron;
  • 2007 : première traversée à la voile de l’Atlantique nord sous les 100 jours, par Franck Cammas sur Groupama 3;
  • 2013 : le 6 novembre 2013 une fusée Soyouz a décollé de Baïkonour avec parmi les missions faire une sortie dans l’Espace à la flamme olympique; sortie prévue le 7 novembre et retour de la flamme sur Terre le 11 novembre.

1- Courrier International – 26 mai 2011 – Accrochez-vous à votre balai !
2- Le Monde – Londres 2012 – 29 juillet 2012.


A visionner pour mieux comprendre :


Jeux Olympiques: L’origine des JO par Pratiks

 


A voir et à lire pour aller plus loin :

Les premières monnaies ou l’essor de la confiance

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- 3000 ans

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« Par ici la monnaie ! »

Avant il y avait le troc, mais c’était avant ! Il y a 5000 ans, alors que l’écriture fourbissait ses premiers signes, une invention va révolutionner les échanges entre les hommes : la monnaie. La première d’entre elle était comestible puis apparurent les monnaies fiduciaires, les pièces ou les billets et bien plus tard la monnaie scripturale, comme les chèques et enfin la monnaie digitale dont le dernier avatar est le bitcoin.  Retour sur les premiers pas de cette monnaie sonnante et trébuchante… un rien alléchante…

Aujourd’hui, pour nous la monnaie est devenue monnaie courante, si l’on peut dire. On jongle allègrement avec les pièces, les chèques, les cartes bancaires, les taux de change, Paypal ou la conversion entre le Franc et l’Euro et pour les plus téméraires d’entre nous avec le bitcoin. Le porte-monnaie est presque notre porte-bonheur tant il facilite, à un point dont on n’a même plus conscience, les échanges et les relations entre les individus et les peuples.

Il y a plus de 5000 ans, point de tout cela. L’époque ne faisait pas crédit, il fallait payer cash et surtout avoir du répondant. « Tu me donnes 1kg de bœuf contre une douzaine d’œufs et 2 litres de lait ». « Ah, tu as déjà des œufs, bon, bah des salades alors, c’est bon les salades ! » Et des salades, pour se mettre d’accord, ils devaient en avoir.

La toute première monnaie était comestible

Et puis un beau jour (un jour où le ciel était probablement bleu) tout a basculé, quelque part dans le sud de la Mésopotamie, vous savez une région bénie des Dieux que l’on appelle le Croissant Fertile, aujourd’hui l’Irak. C’était 3000 ans avant notre ère et c’était à Sumer, là même où l’on a inventé l’écriture.

Pour la toute première fois, on échangea de la monnaie. Plus qu’une monnaie sonnante et trébuchante, c’était une monnaie comestible. Le grain d’orge (1).

Oui, la toute première monnaie était un grain d’orge, pas un sucre d’orge, un grain d’orge !

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Sicle d’argent, 500 ans av J.-C. environ

Le principe était à la fois simple et une vraie révolution : des quantités fixes d’orge servaient de mesures. Pour cela, les Sumériens eurent l’idée de fabriquer en série des coupes standardisées qui donnèrent l’unité de mesure le silà. Acheter et vendre devinrent un jeu d’enfant : il suffisait de mesurer la quantité.

Dès lors, les salaires furent versés en silà d’orge : 60 silà par mois pour un ouvrier moitié moins pour une ouvrière (on voit d’où provient l’inégalité entre le salaire des hommes et des femmes), entre 1500 et 5000 silà pour un contremaitre (2).

La différence entre cette première monnaie et celles qui nous est familière, c’est que celle-ci avait une valeur intrinsèque : autrement dit, elle se mangeait. La contrepartie de cet avantage, c’était sa difficulté à être stockée et à être transportée. De plus, même pour les plus voraces, il était difficile d’avaler plus de 5000 litres d’orge par mois. L’idée de la monnaie était bonne mais elle pouvait être encore améliorée.

La monnaie devient un bien culturel

Pourquoi alors se limiter à une monnaie « comestible » et ne pas passer à une monnaie symbolique. L’idée semblait séduisante, à condition de disposer d’une valeur encore peu partagée : la confiance.

Cette tout nouvelle forme de monnaie vit le jour toujours en Mésopotamie, vers 2500 ans avant notre ère (2). Un sicle d’argent correspondait à un peu plus de 8 grammes. A l’époque du code Hammourabi (-1760 avant J.-C.), avec 2 sicles d’argent on pouvait s’acheter…un mouton et il en fallait 10 fois plus pour qu’un homme libre paye sa dette en cas d’assassinat d’un esclave !

Ce n’est donc pas encore une pièce de monnaie, qui sera inventé 1000 ans plus tard, mais ce n’est plus une valeur directement exploitable comme un grain d’orge…avec lequel on pouvait se nourrir.  Il est même trop tendre pour manufacturer des outils. Non, avec le sicle d’argent, on peut fabriquer des bijoux ou l’afficher pour témoigner de son rang social, mais rien de plus. Pour la première fois, on donne de la valeur à quelque chose de culturel. C’est une révolution.

La pièce de monnaie, la vraie, celle qui porte une indication de sa valeur et une marque qui atteste de l’autorité qui l’a frappée, arrive sur « le marché » vers l’an 640 avant J.-C. Son auteur : le roi Alyatte de Lydie, en Anatolie Occidentale.

La monnaie : une histoire de confiance

Quant à la confiance, petit à petit, elle s’installait dans les esprits dès lors que le régime politique inspirait confiance. Au moment de l’apogée de  l’Empire romain, la confiance était si forte que même hors des frontières de l’Empire, jusqu’en Indes et même au Japon (5), les gens acceptaient d’être payés en deniers romains.

A partir de ce moment, tout est en place pour que la monnaie accompagne notre quotidien et devienne la maîtresse irremplaçable des épiciers de tout poils.

publié le 24 septembre 2016

Les dates clés de la monnaie

  • 3000 ans av J.-C. : le grain d’orge sert de monnaie d’échange
  •  Vers 2500 ans av J.-C. : le Mina d’argent ou d’or correspond à 500 grammes environ en usage en Mésopotamie
  • Vers 2000 ans av J.-C. : la Chine utilise des coquilles Kauris
  • 640 ans av J.-C. : le roi Alyatte de Lydie frappe la première monnaie, constituée d’un alliage d’or et d’argent, l’electrum (2)
  • 290 ans av J.-C. : première officine de frappe des monnaies, à Rome
  • III ème siècle : l’empereur Romain Constantin impose le monométallisme, l’or avec une pièce le solidus
  • XIème siècle : La Chine utilise les premiers billets
  • 1287 : première planche à billets connue (Chine)
  • XVIème siècle, Copernic théorise sur le lien entre la quantité de monnaie en circulation et sa valeur
  • 1609 : première banque de dépôt créée à Amsterdam
  • 1695, pour la première fois une institution totalement indépendante, la Bank of Scotland émet des billets selon ses propres règles de prudence
  • Vers 1750, première monnaie moderne de portée internationale voit le jour en Autriche : le Maria Theresien Thaler (MTT)
  • 4 avril 1792 : les Etats Unis créent le Dollar, déformation phonétique du Thaler (2)
  • 15 aoüt1971 : fin de la convertibilité du dollar en or mise en place par les accords de Bretton Woods
  • Mars 1973 : instauration du système des changes flottant
  • 1990 : un mathématicien, David Chaum, invente la première monnaie digitale, le Digicash
  • 2002 : introduction de l’Euro après une période de transition qui a commencé en 1999.
  • 12 janvier 2009 : première transaction de Bitcoin monnaie électronique dont la valeur lors de sa première cotation vaut 0,001 USD

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 La monnaie, côté face

L’origine du terme « monnaie » vient du nom de la déesse romaine Juno Moneta. C’est en effet dans les dépendances de son temple, situé au Capitole à Rome, que les Romains avaient installé un atelier pour frapper les deniers de l’Empire.

L’origine du mot salaire provient de « salarium » la ration de sel versée dans les armées Romaines. A la fin de l’empire romain, les fonctionnaires étaient payés en ration de sel considéré comme une denrée rare.

Aristote (384-322 avant J.-C.) définit les trois fonctions la monnaie remplit dans un système économique : être un intermédiaire dans les échanges, être un instrument de mesure de la valeur et être un instrument de réserve de valeur.

L’origine des expressions « riche comme Crésus et  » toucher le Pactole » provient de Lydie, royaume de Crésus où coule le fleuve Pactole, riche en électrum, minerai d’or et d’argent qui servit à frapper les premières monnaies (4).

A l’origine du terme « monnaie », la moneta qui vient du latin monere avertir. Des oies consacrées à la déeesse Junon dont le temple était situé au Capitole, là où se trouvait les ateliers monétaires, auraient par leur cris averti les romains d’une invasion de la cité par les gaulois. La déesse fut alors appelée Junon Moneta. Et pour finir, fiduciaire provient du latin « fiducia », la confiance ! Eh oui, la monnaie repose avant tout sur la confiance.


1 – Refael Benvenisti, Economic Institutions of AncientAssyrian Trade in the Twentieth to Eighteenth centuries BC, Université de Jerusalem, 2001
2 –  « Sapiens, une brève histoire de l’humanité »  Yuval Noah Harari – Ed. Albin Michel, 2015
3 – http://www.larousse.fr/encyclopedie/divers/monnaie
4- Musée monétaire de Lausanne (Suisse)
5 – Des pièces de Monnaie de l’empereur Constantin (272-337) ont été retrouvées en septembre 2016 dans le château médiéval japonais de Katsuren. Les spécialistes  pensent que ces pièces ont pu arriver via la Chine, des commerçants chinois  ayant pu les obtenir de marchands musulmans


A visionner pour mieux comprendre :

Les toutes premières récoltes

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- 8 500 ans avant notre ère

Semer à tout vent

 

Il y a plus de 10 000 ans, l’homme va enfin dompter son environnement. En observant qu’une graine tombée à terre peut engendrer une nouvelle plante, une idée va finir par germer. C’est une révolution des cultures, celle des champs comme celle des esprits.

Ce n’est qu’une enfant, 15 ans maximum. Ses jambes sont robustes, équipées de sorte de jambières, le haut des cuisses est protégé par un lourd manteau d’herbes tressées. Dessous, elle porte un mélimélo de peaux de bêtes cousues à l’aide de lanières de cuir.

Les germes d’un monde nouveau

Elle sort d’une belle forêt peuplée d’aurochs, de cerfs, de chevreuils et de sangliers, signature d’un réchauffement climatique sensible (fin de la dernière glaciation).  Avec son bébé qu’elle porte sur son dos emmitouflé dans une peau de bête, elle se penche sur un épis. Celui-ci frémit au vent comme pour signaler qu’il s’agit de l’un des tout premiers épis cultivés par la main de l’homme.

Elle ne le sait pas encore mais la vie de son enfant, et surtout des enfants de son enfant, n’aura rien de comparable à la sienne. Ils vont vivre la plus importante transformation du mode de vie qu’ait connue l’humanité. C’est ce que les spécialistes appellent la révolution néolithique.

Les cultivateurs en herbe !

L’homme jusqu’ici subissait son environnement. Il va enfin le dompter. Comment ? En mettant à profit une observation aussi vieille que le monde : une graine tombée à terre peut engendrer une nouvelle plante.

Dès lors, les cultivateurs en herbe vont tenter pour la première fois une action inédite : récolter des graines de blé et les semer près de leurs habitations. Cela a dû se faire par étapes : au début, lorsqu’on ramassait des céréales sauvages, on abandonnait quelques graines sur place en espérant que ce geste serait récompensé lors de la saison suivante. On avait donc compris le principe germinatif des graines.  

La germination était, sans aucun doute, déjà connue des chasseurs /cueilleurs mais le passage à l’étape de culture n’avait pas encore germé dans leur esprit. Alors pourquoi, partout à travers le globe, en Amérique, en Chine, au Moyen-Orient, en Europe, l’agriculture prend racine presque simultanément (1) ?

Une révolution autant culturelle que de l’agriculture

Plus que l’évolution des techniques, c’est celle des mentalités qui est à l’oeuvre. Et la première d’entre elles, l’acceptation de se sédentariser.

L’agriculture, cette innovation qui  ensemence l’ensemble du globe, ne résulte donc pas d’une pénurie car l’époque est à l’abondance. Il s’agit, à l’origine, d’une révolution socio-culturelle visant à créer de nouveaux rapports sociaux résultant d’un accroissement démographique des groupes humains. Groupes qui vont connaitre davantage la promiscuité du fait de la sédentarisation.

Cette situation nouvelle va donner naissance aux toutes premières obligations sociales comme offrir des graines ou les produits de la récolte. Éviter les tensions au sein de groupes trop importants, en empéchant leur scission, telles seraient les vertus premières des plantes cultivées !

La domestication : une innovation capitale, foi d’animal !

Le végétal, c’est bien mais n’oublions pas l’animal. 500 ans plus tard, la chèvre et le mouton feront partie du premier lot de domestication, suivront le cochon, vers – 7000 ans avant notre ère et la vache vers – 6000 ans.

Quant au chien, il a bénéficié d’un traitement de faveur, en ayant été domestiqué le premier, il y a 12 000 ans. Meilleur ami de l’homme oblige ! Alain Testard (1) y décèle même la « toute première invention virtuelle ». En effet, le chien est d’abord « utilisé » comme un animal d’agrément bien avant de l’affecter à des fonctions utiles comme la chasse ou le gardiennage des troupeaux.

Après l’âge de la pierre taillée, le Paléolithique et l’âge de la pierre polie, le Néolithique, l’humanité se prépare à connaître l’âge des saisons qui va rythmer la vie des hommes durant dix millénaires.

Leçon de l’histoire : « L’âge de pierre ne s’est pas arrêté par manque de pierres », comme le soulignait Cheikh Yamani, ancien ministre saoudien du pétrole.


 Avec l’avènement de l’agriculture, la matière grise a-t-elle mangé son pain blanc ?

Avec l’apparition de l’agriculture, pour la toute première fois, les performances du cerveau humain seraient en déclin. Culture et agriculture ne feraient-elles pas bon ménage ?   

Il s’agit d’une thèse surprenante défendue par Gerald Crabtree, professeur de biologie du développement à l’université californienne de Stanford. Celle-ci est fondée sur les dernières données en matière de génétique, anthropologie et de neurobiologie.

Depuis l'avènement de l'agriculture, les capacités intellectuelles de l'homme sont-elles en baisse ?

Parmi les 2000 à 5000 gènes impliqués dans les facultés intellectuelles, le chercheur estime qu’au fil des générations (120 en 3000 ans), les mutations génétiques n’ont pût qu’avoir un effet néfaste sur notre qualité intellectuelle.

Avant la sortie d’Afrique de l’homo sapiens (il y a 50 000 ans environ), l’intelligence a été un facteur clé pour sa survie. Avec la densification de la population conséquence de l’apparition de l’agriculture, la sélection naturelle a changé de nature. Celle-ci s’est focalisée davantage sur la résistance aux maladies, effet collatéral de l’urbanisation, au détriment du développement intellectuel. 

Pour la toute première fois, l’homme aurait entamé son avancée vers l’abêtissement.

Cette théorie reste toutefois très controversée. Ces détracteurs mettent en avant les facteurs non génétiques comme la culture, l’éducation, les interactions sociales, dont le poids est probablement considérable. D’autant, que ces  éléments épi génétiques, se renforcent au fil de l’évolution et joue un rôle bien plus important aujourd’hui qu’à l’époque des chasseurs-cueilleurs.

Alors l’intelligence a-t-elle atteint son apogée, il y a près de 10 000 ans ou au contraire est-elle en train de récolter les fruits issus du développement de la société commencé à cette époque ?   

Bien malin qui peut le dire !


 1 – Concept d’invention virtuelle développé par Alain Testard, anthropologue au Collège de France, dans le livre « Avant l’histoire »


A visionner pour mieux comprendre :


Le sacre de l’homme (1/9)


A voir et à lire pour aller plus loin :

  • Une théorie lie débuts de l’agriculture et réchauffement. Et si, en réalité, l’homme façonnait le climat de la planète depuis bien longtemps ? C’est la surprenante théorie du paléoclimatologue William Ruddiman. Selon le chercheur, l’influence de l’homme sur le climat a commencé avec les débuts de l’agriculture, il y a quelque 8 000 ans.
  • Agriculteurs du monde : Du Néolithique à nos jours. Sur 6 milliards d’humains, près de la moitié sont agriculteurs. Ils cultivent des plantes et élèvent des animaux domestiques, produisant presque toute la nourriture de l’humanité. Dans quels foyers, à quelle époque, de quelle façon certains humains sont-ils devenus agriculteurs ?

Première tragédie familiale

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- 4 600 ans (avant notre ère)

Petits meurtres en famille


Un père, une mère et leurs deux fils âgés d’environ 5 et 9 ans sont les victimes d’un des tous premiers massacres familiaux de notre histoire. Une tragédie meurtrière au sein d’une même famille comme le démontrent les analyses ADN confirmant les liens de parentés. C’est du moins la thèse des scientifiques[1] qui ont étudiés les cadavres, 13 au total, répartis dans 4 tombes.

Que faisiez-vous le soir de la seconde lune de l’année -4600 ?

Il y a similitude entre la position des corps et leur proximité génétique (Image : courtesy of The National Academies).
Il y a similitude entre la position des corps et leur proximité génétique (Image : courtesy of The National Academies).

Retournons sur la scène du crime. Celle-ci se situe dans la fertile vallée de la Saale (située dans l’ancienne Allemagne de l’est), sur le bord de la rivière du même nom.  Les traces de blessures témoignent de la violence de l’agression. L’une des victimes a été « poignardée » dans le dos par une flèche en silex plantée dans une vertèbre, tandis que d’autres ont le crâne enfoncé. Malgré la proximité de la rivière, la vie de l’époque ne ressemble apparemment pas  à un long fleuve tranquille, mais qui en doutait !

Parmi les victimes, aucun adolescents ni jeunes adultes. L’absence de ces derniers semble prouver qu’ils ont échappé, d’une manière ou d’un autre, à l’attaque.  Seuls survivants du massacre,  il est probable que ces jeunes adultes se chargeront d’enterrer leurs proches en respectant les liens de parentés et sociaux.

Une famille traditionnelle à l’âge de pierre

Cette famille massacrée du Néolithique prouve que la famille dite nucléaire existait déjà à cette époque reculée. Au jour d’aujourd’hui, cette scène tragique est aussi la plus ancienne preuve de l’existence de la structure familiale même si rien ne prouve qu’il s’agit là d’un modèle répandu.  Pour l’auteur de l’étude, Wolfgang Haak,  de l’université d’Adelaïde (Australie), au-delà de la preuve par l’ADN, l’union dans la mort de ce couple suggère l’union dans la vie.

Un peu de douceur dans ce monde de brutes

Face aux aléas de la vie, la famille jouait probablement un rôle protecteur et dispensateur d’amour.

La façon dont les morts furent enterrés semble confirmer cette relation d’amour. Contrairement aux habitudes de l’époque qui voulaient que les cadavres soient ensevelis systématiquement face vers le sud, ici les morts se retrouvent face à face avec souvent bras et mains entrelacés.

Poussant plus loin leur investigation, les chercheurs ont découvert que femmes et hommes de cette communauté étaient issues de régions différentes avant de se « marier » et de procréer ensemble. Il s’agissait probablement  d’éviter des alliances consanguines et peut être aussi d’assurer des alliances entre communautés.

Un drame familial qui en rappelle un autre

Jusqu’à présent le premier drame familial recensé dans les annales juridiques de l’Histoire était à la fois mythique et allégorique. Fils aîné du premier couple de l’humanité, Adam et d’Eve, Caïn tua son frère cadet Abel, par jalousie.

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Cain tuant son frère Abel. Toile du Titien, basilique Santa Maria della Salute

Évidemment, il n’y a aucune relation entre la famille décimée de la vallée de la Saal et le plus célèbre fratricide de la Bible, en dehors d’une coïncidence de calendrier évoquée ici pour l’anecdote.

Le mythe de Caïn et d’Abel découle de la vision allégorique de l’apparition de l’homme sur Terre, le 6ème jour de la Création de Dieu.

Selon les Créationnistes, cette toute première famille de l’humanité serait apparue sur Terre 4000 ans environ avant Jésus Christ.

Certains, comme John Lightfoot (1735-1788) de l’université de Cambridge, calculèrent même avec une précision d’horloger la date de ce 6ème jour de la Création : 23 octobre 4004 à 9 heures, avant J.-C. Quant à Kepler, après de savants calculs, il s’arrêta sur la date du 27 avril 4977.

Considérant que la datation des scientifiques correspond à une approximation, il est amusant, messieurs les jurés !, de relever entre ces tragédies familiales une coïncidence de calendrier, pour ne pas dire d’agenda.

Quoi qu’il en soit, drame familial du néolithique ou biblique,  il y a, de toute façon,  prescription !


1 – Travaux publiés dans les annales de l’Académie nationale américaine des sciences (PNAS), en novembre 2008 , suite aux découvertes d’archéologues en 2005, sur le site d’Eulau, en Saxe-Anhalt (Allemagne).


A consulter par curiosité :
Une vision très biblique du premier meurtre de l’humanité.


A voir et à lire pour aller plus loin :

  • La Bible-L’Ancien Testament, Tome 1 : La Genèse. Cette adaptation fidèle et œcuménique des 31 premiers chapitres de la Genèse retranscrit successivement la création du monde, Adam et Eve, Abel et Caïn, le Déluge, la tour de Babel, la destruction de Sodome, le sacrifice d’Abraham et le rêve de Jacob.
  • Petits meurtres en famille – Edition 2 DVD. Un mystère digne des plus grands romans d’Agatha Christie, où le mystère s’épaissit au fur et à mesure que les crimes se succèdent.
  • Meurtres en famille. Secrets enfouis, jalousies, vieilles rancunes et vengeances sanglantes : la famille n’est pas toujours un havre de paix… mais parfois le plus insoupçonnable des ennemis. Douze nouvelles de suspense inédites, par les plus grands maîtres du genre, réunis autour de Mary Higgins Clark.

Les toutes premières prostituées

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Vers – 3 500 ans avant notre ère

L’amour à tout prix

En amour, plus que pour toute autre chose, c’est souvent le premier pas qui coûte.

De ce point de vue, les premiers pas d’amour tarifé, ou autrement dit les premières formes de prostitution commerciale avérées voient le jour au VIème siècle avant notre ère, en Grèce.

Courtisane et son client -   430 av. J.-C., Musée national archéologique d'Athènes
Courtisane et son client – 430 av. J.-C., Musée national archéologique d’Athènes

Face aux succès rencontrés, un deuxième pas sera franchi vers les années 600 avant J.-C avec l’ouverture des premières maisons closes ! Il s’agit de maisons d’Etat (les dictérions), qui emploient différentes classes de prostituées pour répondre à la structuration hiérarchiques de la société. De même, les homosexuels disposeront de leurs propres établissements.

Chacun y trouve donc son plaisir, même l’Etat qui se fait des « c…les » en or.

Mais, avant le culte de la femme facile, il y eut celui de la femme fertile. En effet, comme l’atteste l’historien grec Hérodote, les premières formes de prostitution « non commerciales » sont liées au sacré et aux cultes de la fécondité. Afin de rendre les terres fertiles, prêtresses et prêtres devaient alors s’accoupler.

Chez les Babyloniens, pour honorer la déesse de la fertilité, on faisait appel à des femmes stériles qui devenaient en quelque sorte l’épouse de tous pour servir la déesse.

Loin d’être née de la dernière pluie, la prostitution titillait déjà les groupes primitifs. Pendant la préhistoire, elle était pratiquée soit comme monnaie d’échanges (produit de la chasse contre quelques faveurs sexuelles), soit comme gage d’hospitalité.

Aujourd’hui, la prostitution s’est introduite dans notre quotidien, presque à notre insu. Le terme « marque » a pour origine une ancienne pratique des prostituées. Celles-ci « imprimaient » leurs initiales sur leurs talons de chaussures. Ensuite, grâce à une poudre déposée sur les talons, elles laissaient leur empreinte sur la chaussée, permettant ainsi à leurs habitués de les retrouver facilement dans leur périmètre. Elles appelaient ces initiales inscrites sur leur talon, leur marque. Quel talon !

On le voit, l’amour du métier, surtout au service du plus vieux métier du monde, recèle des trésors…d’imagination.