jeudi, 09 février 2012

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

C. -10 000 à l’an 0

La toute première date d’une fin du monde annoncée

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13 août 3114 avant notre ère

Les tout débuts de la fin ?  

 

Pour les Mayas, le 11 août 3114 avant J.-C. marque le commencement d’une période qui va s’achever en décembre 2012. Cela correspond à l’un de leur système de datation : le Cycle long ou « Compte long » . Ce jour là, la planète Vénus s’est invitée  au-dessus de l’horizon de notre bonne vieille planète, marquant ainsi une ère nouvelle qui va durer plus de 5000 ans, selon leurs calculs. Pour la toute première fois, une fin de cycle, certains diront, la fin d’un monde, pour ne pas dire la « fin du monde » est annoncée de manière précise que l’on pourra dater. Pour les Millénaristes et autres prophètes de l’Apocalypse, c’est une occasion inespérée d’affuter leurs prédictions catastrophistes.   

Une conception cyclique du temps

Que signifie « ce compte long » ? Il s’agit de l’un des nombreux calendriers ou cycles qui mesurent le temps dans la civilisation Maya. Ce calendrier dénombre les jours sur une période de 5 000 ans (environ 5125 ans), pour le Cycle couvrant notre époque. Ce cycle succède à un précédent cycle et devrait être suivi d’un autre, comme on le verra ensuite.   

D’autres calendriers, plus d’une quinzaine, rythment la vie du peuple Maya. Prévoir le destin des individus, les risques naturels, l’alternance des saisons, les mouvements de l’univers, telles seraient les fonctions de ces calendriers. Ils révèlent aussi une conception cyclique du temps et une excellente connaissance du cosmos…pour leur époque. Pour preuve, les Mayas ont évalué la naissance de l’univers, à 16,7 milliards d’années, ce qui n’est pas si éloigné de la datation contemporaine qui a fluctué entre 13 et 16 milliards d’années.(source Wikipedia) ; cependant, ils imaginaient la Terre était plate et carrée   

Un feuillet du Codex de Dresde

Parmi les calendriers Mayas les plus connus, citons, le tzolk’in [1] qui affiche une durée annuelle de 260 jours, dont la portée est surtout religieuse et prophétique, tandis que le calendrier civil haab propose un cycle de 365 jours, en phase avec les saisons. Ces deux calendriers restent encore en usage dans certaines populations Mayas.   

La combinaison du calendrier rituel de 260 jours, qui d’ailleurs correspond à la durée d’une gestation humaine et du calendrier solaire de 365 jours met en valeur un cycle de 52 ans. A quoi correspond-il ? On l’ignore. On peut juste constater qu’il dépasse largement la durée de vie moyenne de l’époque, comme le souligne Eric Taladoire, spécialiste des civilisations précolombiennes [2].   

Une précision à couper le souffle

Ce qui est remarquable, c’est que l’ensemble du dispositif calendaire Maya est totalement synchronisé. Surtout, il apparait très proche des calculs actuels comme en témoigne leur évaluation de la période de Vénus estimée à 584 jours, pour 583,92 jours établi aujourd’hui. En outre, le « compte long » Maya ne se base pas uniquement sur ce cycle régulier de la Terre autour de Vénus mais aussi à son cycle complet (par rapport à la rotation de l’axe de la Terre), qui lui se calcule en millions d’années.   

Sans aucun doute, l’astronomie Maya était-elle en avance sur son temps. Elle est parvenue à calculer la longueur d’une année à 17 secondes près ou d’un cycle lunaire à 29,5308 jours en accord presque parfait avec la valeur actuelle qui est de 29,53058 jours !   

Le culte de Vénus

Incontestablement Vénus, considérée à l’époque comme une étoile -baptisée « Chac ek », l’étoile rouge ou encore « sastal ek », l’étoile brillante -, est au cœur du système astronomique Maya. Visible le matin et le soir, selon un cycle spécifique appelé cycle synodique de Vénus qui dure 8 ans(3), les mayas seront séduits par « cette étoile » qui leur semble danser autour du Soleil.   

Grâce à un système de tables très complexe figurant dans le codex de Dresde (4), les prêtres-astronomes mayas sont parvenus à prévoir correctement les levers et couchers de Vénus jusqu’en 2007, avec une petite erreur de 8 jours sur le lever héliaque de Vénus, autrement dit le moment où elle devient visible au dessus de l’horizon. Une paille !   

Les cinq soleils

Les Mayas subjugués par Vénus vont associer « ces morts » cycliques de Vénus, c’est à dire sa disparition de notre ciel, à des événements majeurs. Ces cycles s’étalent sur plus de 20 000 ans et sont connus sous la terminologie un peu ésotérique des 5 soleils, ou de 5 mondes. Le cycle long qui devrait s’achever le 21 décembre 2012 évoqué plus haut, appartient au cinquième soleil. Les autres soleils étant :   

  • le premier soleil, d’une durée de 4000 ans environ se serait soldé par un déluge ;
  • le deuxième soleil, d’une durée à peu près équivalente, aurait connu des bouleversements climatiques pouvant résulter d’irruptions volcaniques ;
  • à l’issue du troisième soleil, le monde aurait péri par le feu, peut-être là aussi la conséquence d’irruptions volcaniques ou de la chute d’une météorite ;
  • le quatrième soleil qui aurait duré plus de 5000 ans n’aurait pas eu un sort plus enviable puisqu’il fait référence à un déluge de sang et de feu ;
  • quant au cinquième soleil, celui qui nous concerne, certains évoquent un mouvement de la Terre, entraînant une fin tragique pour l’humanité.

 Rassurons-nous, d’autres cycles succèdent à ce cinquième soleil qui nous préoccupe tant, surtout depuis qu’est apparu internet ! 

Alors que se passera t-il le 21 décembre 2012 ? Vénus disparaîtra tranquillement sous l’horizon occidental ; au grand dam des Mayas, le cycle de Vénus sera remplacé par celui des Pléiades. De là, à envisager l’Apocalypse…   

Publié le 20 novembre 2011

On reste sur sa fin…du monde !

La 183ème annonce de « Fin du monde » depuis la chute de l’Empire romain, sera-t-elle la bonne ? 

  • 500 millions de pages Web, des livres par centaines, des théories par dizaines ;
  • Des prédictions qui mélangent l’Apocalypse de Saint Jean, Saint Malachie, les secrets de Fatima, le Kalachakra, Nostradamus, les prévisions  du I-Ching (astrologie chinoise), les calculs astronomiques des Sumériens, l’arrivée d’extraterrestres sur le Pic de Bugarach, une des rares montagnes inversées du monde, situé dans les Corbières même Merlin l’Enchanteur et bien sûr le calendrier Maya ;
  •  Des thèses qui mentionnent, Nibiru, une mystérieuse planète évoquée par les Sumériens (-4000 à -1750 av. J.-C), une inversion des pôles magnétiques, des irruptions volcaniques ou de particules solaires, un astéroïde, la fonte totale de l’Arctique, une tempête solaire et enfin l’alignement des planètes ;
  • Le projet Web Bot qui prétend, en analysant le web, anticiper certains événements futurs ;
  • Des « marchands du temple » qui profitent de ce déchaînement webomédiatique ;
  • Des scientifiques, avec l’appui de la NASA, qui réfutent totalement toutes ces rumeurs;
  • D’autres estiment que l’interprétation de la date est erronée est que celle-ci nous renverrait à  2200. Ouf !
 
 


1 – L’origine de ce calendrier reste mal déterminé ; Il y est fait référence à partir de -650 av. J.-C.
2- « L’éternel retour de la culture maya », Interview d’Eric Taladoire, professeur d’archéologie préocolombienne à l’université Paris I-Panthéon-Sorbonne, recueillis par Florence Quentin – Le Monde des Religions – Novembre-Décembre 2011
3- 263/50/263/8 : Vénus apparaît le matin durant 263 jours, puis devient invisible durant 50 jours, revient le soir pendant 263 jours et de nouveau invisible pendant 8 jours. 
4- Le Codex de Dresde est un manuscrit Maya comportant 39 feuillets de papier végétal qui présente le calendriers et les rituels associés. Il a été acheté en 1739 à un collectionneur privé par le Directeur de la bibliothèque Royale de Dresde.
 


A visionner pour mieux comprendre :




A lire pour aller plus loin :

  • Le Temps Fractal – Le secret de 2012 et d’une nouvelle ère mondiale : Voici le nouveau Gregg Braden ! 5ème au palmarès du New York Times ! Il nous démontre à nouveau que la clé de notre avenir réside dans la sagesse de notre passé ! Appliquant le concept du temps fractal à l’histoire du monde et de la vie, Gregg Braden propose l’idée selon laquelle toute chose, depuis la guerre et la paix entre les nations jusqu’aux relations humaines, reflète les cycles récurrents du passé. Chaque fois qu’un cycle se répète, il entraîne la manifestation d’une version amplifiée de lui-même.

  • Le Code Maya – 2012 la fin d’un monde : Les Mayas ont inventé le système de calcul mathématique le plus sophistiqué de la culture humaine. Leur calendrier raconte l’évolution de l’humanité et de la planète. Ce calendrier maya s’achève le 21 décembre 2012. Beaucoup y voient un signe de la fin du monde. Doit-on l’interpréter ainsi ? Pour Barbara Hand Clow, chamane et spécialiste des Mayas, un cycle majeur a débuté en 1999 et culminera en 2012. Notre civilisation moderne traverse une étape cruciale et doit entendre le message spirituel qui se cache derrière les bouleversements actuels. Le Code Maya, un livre optimiste, nous révèle avec une précision surprenante ce qui nous attend chaque année jusqu’en 2012 et au-delà, et nous montre comment contribuer à l’éveil de la conscience.

  • La fin du monde : 21 décembre 2012 : Dans plusieurs cultures anciennes, comme chez les Mayas avec leurs mystérieux calendriers, et dans plusieurs écrits religieux, comme dans la Bible, il y a de nombreuses annonces de la fin des Temps. Les prophètes de toutes sortes se succèdent régulièrement pour dire que la fin du monde approche. Doit-on prendre ces prophéties au sérieux? L’auteur nous fait part de l’obsession des Mayas pour le décompte du temps. Ils annoncent la fin d’un cycle temporel et évolutif selon des calculs astronomiques d’une incomparable complexité et d’une justesse inégalée jusqu’à aujourd’hui. La date indiquée par les Mayas pour la fin de l’âge actuel est le 21 décembre 2012. A cette date, la Terre aura accompli une rotation complète de son axe de rotation, ce qui se produit tous les 26 000 ans et cela coïncidera avec la fin du décompte du temps au calendrier maya. Le compte à rebours a-t-il déjà commencé pour que survienne un changement majeur? Est-ce que ce sera la fin du monde ou la fin d’un monde? Y aura-t-il une catastrophe ou est-ce que la race humaine évoluera vers un autre niveau de conscience? L’auteur explore les différents scénarios et les courants de pensée qui suscitent de plus en plus de passion partout dans le monde. La race humaine est-elle en danger? Sommes-nous à un point tournant de notre évolution? Oui, répond l’auteur. C’est maintenant indiscutable que nous atteindrons bientôt un point de rupture où tout basculera.

Bonnes lectures !

Première tragédie familiale

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- 4 600 ans (avant notre ère)

Petits meurtres en famille


Un père, une mère et leurs deux fils âgés d’environ 5 et 9 ans sont les victimes d’un des tous premiers massacres familiaux de notre histoire. Une tragédie meurtrière au sein d’une même famille comme le démontrent les analyses ADN confirmant les liens de parentés. C’est du moins la thèse des scientifiques[1] qui ont étudiés les cadavres, 13 au total, répartis dans 4 tombes.

Que faisiez-vous le soir de la seconde lune de l’année -4600 ?

Il y a similitude entre la position des corps et leur proximité génétique (Image : courtesy of The National Academies).
Il y a similitude entre la position des corps et leur proximité génétique (Image : courtesy of The National Academies).

Retournons sur la scène du crime. Celle-ci se situe dans la fertile vallée de la Saale (située dans l’ancienne Allemagne de l’est), sur le bord de la rivière du même nom.  Les traces de blessures témoignent de la violence de l’agression. L’une des victimes a été « poignardée » dans le dos par une flèche en silex plantée dans une vertèbre, tandis que d’autres ont le crâne enfoncé. Malgré la proximité de la rivière, la vie de l’époque ne ressemble apparemment pas  à un long fleuve tranquille, mais qui en doutait !

Parmi les victimes, aucun adolescents ni jeunes adultes. L’absence de ces derniers semble prouver qu’ils ont échappé, d’une manière ou d’un autre, à l’attaque.  Seuls survivants du massacre,  il est probable que ces jeunes adultes se chargeront d’enterrer leurs proches en respectant les liens de parentés et sociaux.

Une famille traditionnelle à l’âge de pierre

Cette famille massacrée du Néolithique prouve que la famille dite nucléaire existait déjà à cette époque reculée. Au jour d’aujourd’hui, cette scène tragique est aussi la plus ancienne preuve de l’existence de la structure familiale même si rien ne prouve qu’il s’agit là d’un modèle répandu.  Pour l’auteur de l’étude, Wolfgang Haak,  de l’université d’Adelaïde (Australie), au-delà de la preuve par l’ADN, l’union dans la mort de ce couple suggère l’union dans la vie.

Un peu de douceur dans ce monde de brutes

Face aux aléas de la vie, la famille jouait probablement un rôle protecteur et dispensateur d’amour.

La façon dont les morts furent enterrés semble confirmer cette relation d’amour. Contrairement aux habitudes de l’époque qui voulaient que les cadavres soient ensevelis systématiquement face vers le sud, ici les morts se retrouvent face à face avec souvent bras et mains entrelacés.

Poussant plus loin leur investigation, les chercheurs ont découvert que femmes et hommes de cette communauté étaient issues de régions différentes avant de se « marier » et de procréer ensemble. Il s’agissait probablement  d’éviter des alliances consanguines et peut être aussi d’assurer des alliances entre communautés.

Un drame familial qui en rappelle un autre

Jusqu’à présent le premier drame familial recensé dans les annales juridiques de l’Histoire était à la fois mythique et allégorique. Fils aîné du premier couple de l’humanité, Adam et d’Eve, Caïn tua son frère cadet Abel, par jalousie.

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Cain tuant son frère Abel. Toile du Titien, basilique Santa Maria della Salute

Évidemment, il n’y a aucune relation entre la famille décimée de la vallée de la Saal et le plus célèbre fratricide de la Bible, en dehors d’une coïncidence de calendrier évoquée ici pour l’anecdote.

Le mythe de Caïn et d’Abel découle de la vision allégorique de l’apparition de l’homme sur Terre, le 6ème jour de la Création de Dieu.

Selon les Créationnistes, cette toute première famille de l’humanité serait apparue sur Terre 4000 ans environ avant Jésus Christ.

Certains, comme John Lightfoot (1735-1788) de l’université de Cambridge, calculèrent même avec une précision d’horloger la date de ce 6ème jour de la Création : 23 octobre 4004 à 9 heures, avant J.-C. Quant à Kepler, après de savants calculs, il s’arrêta sur la date du 27 avril 4977.

Considérant que la datation des scientifiques correspond à une approximation, il est amusant, messieurs les jurés !, de relever entre ces tragédies familiales une coïncidence de calendrier, pour ne pas dire d’agenda.

Quoi qu’il en soit, drame familial du néolithique ou biblique,  il y a, de toute façon,  prescription !


1 – Travaux publiés dans les annales de l’Académie nationale américaine des sciences (PNAS), en novembre 2008 , suite aux découvertes d’archéologues en 2005, sur le site d’Eulau, en Saxe-Anhalt (Allemagne).


A consulter par curiosité :
Une vision très biblique du premier meurtre de l’humanité.


A voir et à lire pour aller plus loin :

  • La Bible-L’Ancien Testament, Tome 1 : La Genèse. Cette adaptation fidèle et œcuménique des 31 premiers chapitres de la Genèse retranscrit successivement la création du monde, Adam et Eve, Abel et Caïn, le Déluge, la tour de Babel, la destruction de Sodome, le sacrifice d’Abraham et le rêve de Jacob.
  • Petits meurtres en famille – Edition 2 DVD. Un mystère digne des plus grands romans d’Agatha Christie, où le mystère s’épaissit au fur et à mesure que les crimes se succèdent.
  • Meurtres en famille. Secrets enfouis, jalousies, vieilles rancunes et vengeances sanglantes : la famille n’est pas toujours un havre de paix… mais parfois le plus insoupçonnable des ennemis. Douze nouvelles de suspense inédites, par les plus grands maîtres du genre, réunis autour de Mary Higgins Clark.

Les toutes premières prostituées

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Vers – 3 500 ans avant notre ère

L’amour à tout prix

En amour, plus que pour toute autre chose, c’est souvent le premier pas qui coûte.

De ce point de vue, les premiers pas d’amour tarifé, ou autrement dit les premières formes de prostitution commerciale avérées voient le jour au VIème siècle avant notre ère, en Grèce.

Courtisane et son client -   430 av. J.-C., Musée national archéologique d'Athènes
Courtisane et son client – 430 av. J.-C., Musée national archéologique d’Athènes

Face aux succès rencontrés, un deuxième pas sera franchi vers les années 600 avant J.-C avec l’ouverture des premières maisons closes ! Il s’agit de maisons d’Etat (les dictérions), qui emploient différentes classes de prostituées pour répondre à la structuration hiérarchiques de la société. De même, les homosexuels disposeront de leurs propres établissements.

Chacun y trouve donc son plaisir, même l’Etat qui se fait des « c…les » en or.

Mais, avant le culte de la femme facile, il y eut celui de la femme fertile. En effet, comme l’atteste l’historien grec Hérodote, les premières formes de prostitution « non commerciales » sont liées au sacré et aux cultes de la fécondité. Afin de rendre les terres fertiles, prêtresses et prêtres devaient alors s’accoupler.

Chez les Babyloniens, pour honorer la déesse de la fertilité, on faisait appel à des femmes stériles qui devenaient en quelque sorte l’épouse de tous pour servir la déesse.

Loin d’être née de la dernière pluie, la prostitution titillait déjà les groupes primitifs. Pendant la préhistoire, elle était pratiquée soit comme monnaie d’échanges (produit de la chasse contre quelques faveurs sexuelles), soit comme gage d’hospitalité.

Aujourd’hui, la prostitution s’est introduite dans notre quotidien, presque à notre insu. Le terme « marque » a pour origine une ancienne pratique des prostituées. Celles-ci « imprimaient » leurs initiales sur leurs talons de chaussures. Ensuite, grâce à une poudre déposée sur les talons, elles laissaient leur empreinte sur la chaussée, permettant ainsi à leurs habitués de les retrouver facilement dans leur périmètre. Elles appelaient ces initiales inscrites sur leur talon, leur marque. Quel talon !

On le voit, l’amour du métier, surtout au service du plus vieux métier du monde, recèle des trésors…d’imagination.


Les tout premiers documents écrits

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- 3 500 ans

C’était écrit

Les tout premiers écrits de l’humanité vont faire couler beaucoup d’encre, quoi de moins naturel me direz-vous. Il y a, comme on va le voir, les positions officielles et celles soumises à controverse.

Officiellement donc, l’écriture fait son apparition, il y a plus de 5000 ans, en différents endroits du globe, en Mésopotamie, Égypte, Chine et Amérique. On s’appuie sur des traces indubitables, reposant sur des matériaux dont la robustesse de conservation a permis de perdurer jusqu’à nous.

Il n’est donc pas impossible que l’apparition de l’écriture, sur des rouleaux d’écorces par exemple, soit nettement plus ancienne, pourquoi pas 20 000 ans ? Hélas, ces supports n’ont pas la même qualité de conservation.

Tablette d'Ourouk, une des premières traces d'écriture. Signes gravés avec la pointe d'un roseau sur des tablettes d'argile. Ces signes sont en forme de clous ou de coins d où le qualificatif de cunéiforme.
Tablette d’Ourouk, une des premières traces d’écriture. Signes gravés avec la pointe d’un roseau sur des tablettes d’argile. Ces signes sont en forme de clous ou de coins d’où le qualificatif de cunéiforme.

Revenons donc aux plus anciennes traces scientifiquement reconnues. Elles proviennent du sud de l’Irak actuel. Elles sont datées aux environs de 3500 ans avant notre ère, tandis que celles d’Egypte remontent à 3300 ans. Il s’agit de tablettes sumériennes recourant à une écriture pictographique sous forme de dessins très stylisés. Par exemple, une tête de bœuf pour représenter cet animal ou un triangle pubien avec le trait d’une vulve pour désigner une femme.
L’origine de l’écriture correspond avant tout à un besoin commercial qui permet de conserver une trace des échanges comme les produits laitiers ou céréaliers ou de procéder à l’inventaire de troupeaux. Assez rapidement, apparaitra un besoin voisin qui vise à fixer de manière écrite les règles de la vie en société. Le premier recueil de lois –qui nous est parvenu- est redigé vers 2000 avant J.-C., c’est le code Hammourabi. Il contient déjà 285 lois, d’une clarté remarquable.

Heureusement, l’écriture ne va pas se cantonner aux seules règles, qu’elles soient de calculs ou de droit, mais va, peu à peu, permettre de représenter des préceptes religieux et des idées. On va donc passer des comptes aux contes, car désormais le document « administratif » va côtoyer les écrits poétiques ou littéraires (cf. – 2600 ans). L’une des formes les plus abouties seront les Alexandrins, vers de 12 syllabes, qui seront utilisés pour la première fois dans le Roman d’Alexandre, (Alexandre Le Grand, d’où leur nom), au XII/ XIIIème siècle avant J.-C.

Cette évolution va s’amorcer vers le milieu du IIIème millénaire grâce à la notion de phonogrammes, c’est-à-dire des signes correspondant cette fois à des sons (et non plus à des images), sur le principe d’un signe pour une syllabe.

Pour représenter ces « signes-son », l’écriture va devenir cunéiforme (du latin cuneus= clou, ressemblant à des petits clous). Le premier alphabet de l’humanité sera basé sur cette technique et comportera 32 signes. Il sera phénicien (nord de la Syrie). Curieusement, dans l’empire des idéogrammes qu’est la Chine, on retrouvera des traces de cette écriture.

Dans cette rivalité pour obtenir la paternité de l’invention de l’écriture, face aux Phéniciens ou autres chinois, il y a un village gaulois qui fait de la résistance : Glozel, dans l’Allier. Et cela depuis le 1er mars 1924.

Ce jour-là, un jeune agriculteur en labourant le champ de son père met au grand jour de curieux objets comme des aiguilles taillées dans l’os, des galets gravés de rennes ayant disparu de ces contrées depuis plus de 10 000 ans. Parmi ces vestiges, des tablettes d’argile frappées d’un alphabet inconnu. Différentes méthodes de datation vont être appliquées jusqu’aux années 80 donnant des résultats très hétéroclites allant jusqu’à dater certaines pièces de 17 000 ans.

Difficulté de datation, doutes de l’authenticité des objets, terrain peu favorable à la conservation, alimentent la polémique, dont certains pensent qu’on a essayé de « fabriquer » une civilisation. La controverse continue de faire rage entre pro-glozéliens et anti-glozéliens avec, comme enjeu, une Europe qui reprendrait ses « lettres de noblesse » face aux peuples du Proche-Orient pour une invention de l’écriture remontant à plus de 10 000 ans. Un écrit du cœur !


A visiter et à découvrir pour aller plus loin :

  • Le musée des écritures du monde de Figeac : c’est dans la maison natale de celui qui a su traduire la pierre de Rosette que le musée est installé. A l’origine axé sur les hiéroglyphes, le musée est maintenant étendu aux 5300 ans qui ont fait l’écriture.
  • Naissance de l’écriture: Cunéiformes et hiéroglyphes : [exposition], Galeries nationales du Grand Palais, 7 mai-9 août 1982 L’écriture, représentation de la pensée et du langage humain, est un moyen durable et privilégié de communication entre les hommes. Les plus anciens témoignages écrits qui nous soient parvenus proviennent du Proche-Orient : deux pays, deux civilisations différentes, la Mésopotamie et l’Egypte, ont inventé l’écriture presque simultanément, voilà plus de 5 000 ans. L’écriture fait revivre ces civilisations disparues. Elle nous informe sur leur vie quotidienne, leurs grandes inquiétudes, leur histoire ainsi que leur science. Leur littérature constitue le plus vieux patrimoine culturel qu’ait hérité la pensée occidentale.
  • Histoire et art de l’écriture Les amoureux des alphabets, pictogrammes, idéogrammes et calligrammes retrouveront le peuple immense des LETTRES dans cette somme qui rassemble le corps et l’esprit des écritures. Quelque quatre cents écritures, vecteurs d’environ six mille
    langues et/ou dialectes, sont resituées dans leurs origines, leur histoire et leur contexte.
  • La naissance des écritures: Du cunéiforme à l’alphabet

Les tout premiers jeux de société

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- 3 000 ans (avant notre ère)

Quand la MISE fut venue

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En 1997, un cerveau électronique met en terme à des siècles d’hégémonie de cervelles humaines : Deep blue d’IBM bat pour la première fois un champion du monde d’Echec (dans le cadre d’une partie d’échec avec contrôle du temps traditionnel). Pour l’intelligence humaine, championne de la « phosphoration » toutes catégories, c’est à la fois une terrible humiliation et une formidable victoire.

Dans cette histoire, reconnaissons-le, l’homme a été beau joueur. En premier lieu, saluons sa patiente : 5000 ans avant que n’émerge le concept de jeu de société à partir de premiers balbutiements de la civilisation. Puis, de cette étape, attente identique pour transmettre le goût du jeu à des cerveaux cybernétiques. En second, reconnaissons sa mansuétude : il consacrera, sans rechigner, toute son intelligence dans l’unique but de se faire battre par une de ses propres inventions.

Quand la société se prend au jeu

Mais revenons à la case Départ. Nous sommes en Égypte, 3000 ans avant notre ère. Pour la toute première fois, la société se prend au jeu en concevant le tout premier jeu de société connu. Il consistait à déplacer des pions sur 3 rangées de 6 cases. Bien plus tard, vers le Ve siècle (après J.-C), les Perses en complexifient le principe : Ils introduisent un principe de hiérarchisation des pièces. D’une certaine manière, les bases du jeu d’échec[1] étaient posées. Il prend le nom de Chatrang.

Cependant, l’origine du jeu d’échec est encore controversé et les seules traces tangibles datent des années 600. Il s’agit de textes transcrits qui mentionnent l’existence de joueurs d’échecs. C’est d’ailleurs de cette période que remonte le véritable ancêtre officiel : le jeu indien Chaturanga.  Rançon du succès, les échecs multiplient les légendes à leur égard.

A partir de l’invasion de la Perse par les arabes (en 637) , les échecs vont connaître un essor considérable. Au cours des IXè et Xème siècle, on évoque les premiers traités sur le sujet et les premiers champions. Puis vers l’an mil, le jeu est introduit en Europe via l’Espagne alors musulmane.

Quand les égyptiens étaient beaux joueurs

Décidément, les Égyptiens ont l’esprit joueur. A la même époque, ils imaginent un autre jeu : le Mehen ou jeu du serpent. Un serpent enroulé sur lui même est représenté sur une tablette. Les joueurs doivent progresser sur ce parcours, en utilisant des figurines, 3 lionnes et 3 lions et 36 billes. Un jeu de l’ Oie en quelque sorte.

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Le jeu de Senet, une forme de damier de 30 cases réparties en 3 rangées.

Un peu plus tard, ces mêmes Égyptiens conçoivent le jeu de Senet (jeu de passage se jouant à deux), considéré comme l’ancêtre du Backgammon. Les premières représentations, datées– 2650 ans avant J.-C., apparaissent en peinture sur les tombes de pharaons. Les égyptologues exhumeront une quarantaine de jeux dans un état de conservation exceptionnelle. Apparu au moment de l’âge d’or de la civilisation égyptienne (Ancien Empire), ce jeu est sans doute devenu le plus populaire de l’Egypte lors du Nouvel Empire (-1500 à -1000 ans).

Quand le jeu n’en valait pas encore la chandelle

Cette volonté d’animer nos longues nuits d’hiver ne datent probablement pas d’hier. L’historien néerlandais Johan Huizinga[2] considèrent que les sociétés humaines sont profondément façonnées par le « su specie ludi », l’élément ludique. Guerre et paix, art, justice, langue philosophie, tout ne serait que jeu.

Bien que nos aïeux d’il y a 30 000 ans de nous aient laissés aucune trace de jouets, leurs enfants s’amusaient vraisemblablement avec des objets dénichés ici ou là, comme le font encore aujourd’hui certains tribus primitives.

A partir du moment où le nomade devient paysan (à partir de 10 000 av- J.-C.), on découvre des objets miniaturisés d’outils, d’armes, des statuettes et des figurines représentant notamment des animaux. Peut-on parler de jouet ? On l’ignore bien évidemment.

Quand « Alea jacta est« 

Cette fois les dés sont lancés. Apparus chez les Égyptiens, les dès faisaient largement partis du paysage ludiques dans les couches populaires romaines comme dans les hautes sphères. On rapporte que l’empereur Néron n’hésitait pas à jouer sur un coup de dés la somme de 400 000 sesterces, soit l’équivalent de la solde de 400 soldats

Plus généralement, Grecs et Romains prisaient particulièrement les jeux de sociétés stratégiques, comme le « jeu de poilis » (jeu de la ville) ou le jeu romain à caractère militaire « Latroncules ».

Quand on abat une nouvelle carte

Dans cette panoplie des jeux traditionnels, il reste une carte à jouer. Le jeu de cartes fera son apparition pour la toute première fois en 1370. Les jeux de cartes inondent l’Europe grâce à l’essor de l’imprimerie. A la fin du XIXe siècle, les cartes adopteront des décors spécifiques, plus proches du réel. La voie est ouverte pour de nouveaux types de jeux, comme le Monopoly dont le premier lancé de dés date de 1930.

En 1971, l’univers ludique connaît une nouvelle aventure avec les tout premiers jeux de rôle, signe avant-coureurs d’une société en pleine transformation tendant à allier performance individuelle et plaisirs partagés. Gary Gigax et son ami Dave Arneson conçoivent un jeu d’un genre nouveau : « Chainmail ». Bien qu’il s’agisse d’un jeu de guerre, des créatures fantastiques y sont incluses, ainsi que de la magie, et surtout la possibilité de jouer à « un contre un ».

Aujourd’hui, 700 nouveaux jeux sont mis sur le marché chaque année et compte tenu de la progression des ventes (+ 35% en 2005), le jeu en vaut apparemment la chandelle.

Quand le jeu devient vidéo

1972 marque une nouvelle ère dans le monde du jeu. Pong, le tout premier jeu vidéo ayant un succès commercial, rentre dans la grande famille des jeux par la petite lucarne, en se connectant au téléviseur familial. 40 ans plus tard l’industrie du jeu est particulièrement florissante tandis que leurs auteurs restent pratiquement inconnus du grand public, du moins pour leur activité lié aux jeux. Qui se souvient que Steve Jobs, le fondateur d’Apple, a été programmeur chez Atari ou que l’un des tout premiers jeux vidéo Tetris est l’œuvre d’un chercheur soviétique, Alexei Pajitnov ?

Avec Tetris (1985), SimCity (1990), Myst (1993) ou World of warcraft (2004), le jeu est devenu une véritable industrie où la mise se compte en millions de dollars. En 2006, rien qu’aux Etats-Unis, l’industrie du jeu vidéo générait un chiffre d’affaires de 12, 5 milliards de dollars. De quoi se prendre au jeu !

De la gestion des dominos tombant du ciel de plus en vite (Tetris), à celle d’une ville (SimCity) , jeu qui séduira bon nombres d’organismes jusqu’à la CIA, le jeu devient pluridisciplinaire. Il apparaît tantôt comme une œuvre d’art (Myst), comme un outil de formation (serious games), ou de simulation, une oeuvre de fantaisies ou encore une méthode d’introspection. Avec Word of warcraft qui mobilisent plus de 10 millions d’internautes mais surtout avec la Wii qui devient un coach personnel, sans aucun doute, un cran supplémentaire est encore atteint.

En 5000 ans, le jeu a beaucoup rebattu les cartes au point de devenir un véritable empire au service ou au détriment de la société, à vous de juger. Il devient un enjeu de société tant du point de vue éducatif : 5 millions d’enfants américains seraient devenus addicts- qu’en terme écologique : les trois principales consoles (Wii, Xbox 360 et Playstation) consomment 16 milliards de kwh par an, rien qu’aux USA, selon le Natural Resources Defense Council (NRDC).

Face à une avidité de virtualité, les maîtres du jeu deviendront-ils les maîtres du monde ? Du moins, deviendront-ils les maîtres d’un monde qui, comme le pense le sociologue Michel Maffesoli, est en train de changer de paradigme : aujourd’hui et encore plus demain, place au présent et au carpe diem. Tout l’univers des jeux en somme.

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Le jeu en quelques dates :

  • Vers 3000 ans Av-J.-C : premières toupies & premiers jeux de sociétés
  • 700 ans Av-J.-C : premières poupées avec membres articulées ;
  • 500 ans Av-J.-C : jeu de la Marelle;
  • 600 ans ap J.-C : premiers joueurs d’échecs
  • Du temps des croisades : précurseur du poker, variante du jeu iranien Asnas ;
  • 1890 : le Bridge, issu du Whist mais avec la possibilité de choisir son atout ;
  • 1900 (vers) : Invention de jeu de Belotte par F. Belot.
  • 1930 : Premier Monopoly ;
  • 1950 : Apparition du Scrabble ;
  • 1952 : Oxo, 1er jeu vidéo, basé sur le principe d’alignement ;
  • 1954 : jeu des 1000 bornes ;
  • 1957 : précurseur des wargames et des jeux de simulation ;
  • 1958 : Tennis for two, jeu vidéo sur ordinateur relié à un oscilloscope ;
  • 1971 : précurseur des jeux de rôle, le jeu de guerre Chainmail qui introduit des créatures fantastiques ;
  • 1974 : premiers jeu de rôles : Donjons et Dragons ;
  • 1984 : premiers jeux de connaissance « prêts à jouer, sans apprentissages de règles, comme le Trivial Poursuit ;
  • 2003 : premiers avatars sur Second Life (SL), un monde virtuel en 3 D

1 – Peu d’inventions n’auront fait l’objet d’autant de mystères et de légendes que la naissance du jeu d’échec. Parmi elles, citons celle du roi Belkib (- 3000 ans ) qui cherche à tromper son ennui. Il promet une forte récompense à celui qui y parviendra. Sissa, un sage du royaume, lui présente le jeu d’échec. Il lui demande en échange, un cadeau qui parait anodin : lui verser 1 grain de blé sur la première case, puis 2 sur la seconde, 4 sur la troisième, 8 sur la quatrième et ainsi de suite. Bien conseillé, le roi Belkib refusa le marché qui aurait mené le royaume à la catastrophe. Toutes les récoltes de l’année n’auraient pas suffi. Sur la 64ème et dernière case du jeu, le roi aurait dû déposer 18 446 744 073 709 551 615 grains de blé. Loin d’être une paille !


A visionner pour mieux comprendre :


A voir et à lire pour aller plus loin :

  • La saga des jeux vidéo : De Pong à Lara Croft ; Daniel Ichbiah –Ed. Vuibert. La saga des jeux vidéo raconte comment une poignée de créateurs a donné naissance à un langage universel. Fourmillant d’anecdotes et de témoignages, cet ouvrage relate la métamorphose de l’industrie du jeu vidéo durant trois décennies.
  • Homo ludens – Si le nom d’Homo sapiens ne convient pas très bien à notre espèce parce que nous ne sommes pas tellement raisonnables, si celui d’Homo faber nous définit encore moins bien, car faber peut qualifier maint animal, ne pourrait-on pas ajouter à ces termes celui d’Homo ludens,  » homme qui joue ?  » C’est ce que propose Johan Huizinga dans cet essai, où il montre que le jeu est facteur fondamental de tout ce qui se produit au monde.
  • Visitez Homo Ludens le site internet du Groupe de recherche sur la socialisation et la communication dans les jeux vidéo. Jouer est une fonction vitale pour le développement de l’humain. L’homme est un Homo Ludens!
  • LE jeu le plus dur au monde ! Le but est très très simple. Il suffit de déplacer un carré rouge d’une zone à une autre sans toucher les boules bleues et en attrapant les boules jaunes. Tout cela sans chrono donc vous avez tout votre temps !!!

Les tout premiers récits érotiques

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Posté par fabrice
 

- 1 800 ans avant notre ère

Désirs à lire

L’épopée de Gilgamesh fait figure d’un des tout premiers poèmes et des prémisses (pour ne pas dire préliminaires) de la littérature érotique. On y évoque la mort, l’amitié mais aussi l’amour physique, parfois de manière assez crue.

Si le désir y est abordé comme un des moteurs de l’Histoire, à plusieurs milliers de kilomètres de là, en Inde, d’autres écrits, les Upanishad, à contrario, pourfendent le désir dans une logique de refus.

Faut-il ou non succomber au désir ? Deux écoles ou deux visions du monde s’affrontent déjà.

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Et puisqu’on parle d’écoles, « L’école des filles » publiée en 1655 par un auteur inconnu est considéré comme l’un des tout premiers ouvrages libertins voire pornographiques en langue française, il sera suivi quelques années plus tard de « l’ Académie des dames ». A leurs risques et périls, les auteurs font surtout œuvre de pédagogie, à la manière de manuels d’éducation sexuelle présentant les étapes successives des plaisirs, de la masturbation à la défloration en passant par la sodomie, un incontournable de l’époque.

Comme l’explique Suzanne, l’héroïne mariée et émancipée de l’Ecole des filles, faisant l’éducation de sa cousine Fanchon « L’amour excuse tout : il n’y pas de paroles sales à dire entre deux amants qui se baisent et ont à se chevaucher l’un l’autre », et fait l’éloge, auprès de sa prude cousine, « des petites coyonneries qui plaisent toujours et ne laissent pas de chatouiller ».

En fait, l’idée d’éditer des livres érotiques « chatouille » quelques auteurs depuis le XVIème siécle comme celui qui fit scandale en Italie, en 1524, I Modi illustrant 16 positions et pratiques sexuelles. Le siècle suivant laissera encore davantage vagabonder la littérature érotique en Europe dont la plupart sortira des presses d’Amsterdam.

A ces livres qu’on ne lit que d’une main, pour reprendre la formule de Rousseau, succèderont une littérature romantique renouant davantage avec les sentiments, et plus tard, la presse pornographique dont on connaît le succès. L’inexorable dérive des sentiments !


A voir et à lire pour aller plus loin :

  • L’épopée de Gilgamesh, la plus ancienne épopée de l’humanité, aux Editions du Cerf, une immense œuvre poétique qui s’inspire de plusieurs récits sumériens composés vers la fin du IIIe millénaire avant J.-C.
  • Voici le chef d’oeuvre du libertinage : L’Ecole des filles, volume 1. Publié à Paris à l’époque où la guerre de la liberté d’expression faisait rage en France, il fut saisi avant d’être mis dans le commerce. Republié en Hollande un peu plus tard, il est resté très rare pendant longtemps.
  • Premières fois : dix histoires érotiques illustrées et racontées par un femme. Premières fois est un pari réussi. Celui de parler sexe à la première personne, au féminin, et aux premières personnes venues, au pluriel.