vendredi, 15 décembre 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

A. -100 Ka à -36 Ka

Nos tout premiers rires

(votes : 6)
Loading ... Loading ...
Posté par fabrice
 

- 99 000 ans !

rire-pano-prehistoire

Rira bien qui rira le premier

Même si le rire n’est pas totalement une exclusivité humaine, certains singes ont des rictus de rire par exemple, il est incontestablement une des marques de fabrique de la lignée humaine.  Son émergence est probablement liée à celle de la conscience, surtout pour ce qui est de l’humour.  Et comme le soulignait Alphonse Allais : « le rire est à l’homme ce que la bière est à la pression » !

 

Ne nous racontons pas d’histoire, celui qui est capable de fournir avec précision la date des tout premiers rires de l’humanité est un imposteur…ou un humoriste.

Et si l’on parlait sérieusement du rire…

Plus sérieusement, il est probable que la pratique sociale du rire émerge en même temps que la conscience de soi, une aptitude qui engendre d’autres formes d’expression comme l’art rupestre ou les sépultures.

Encore faut-il s’entendre sur la notion de rire qui va du rire émotionnel au simple rictus, en passant par le fou rire ou une forme beaucoup évoluée que représente l’humour.

D’un point de vue physiologique, le rire nécessite une certaine maîtrise du langage articulé. Selon certains scientifiques, le rire aurait pu même précéder le langage et donc prétendre à être la première forme de communication orale.

Si l’on va au-delà de la définition de Bergson « le rire : du mécanique appliqué sur du vivant », en prenant une conception plus sophistiquée, il est possible de situer les premières tranches de vraie rigolade entre 200 000 et 40 000 ans.

Le syndrome de la « vache qui rit » !

On dit communément que le rire est le propre de l’homme, pour citer la célèbre formule de Rabelais. Si l’on en croit les éthologues, cette assertion serait fausse. On sait que le rat –lorsqu’on le chatouille ou plutôt le ratouille- ainsi que certains singes sont rieurs.

Récemment, des enregistrements ont été réalisés à l’université de Portsmouth (Royaume-Uni) sur des jeunes singes (orangs-outangs, chimpanzés, bonobos et gorilles)[1]. On leur prodiguait des chatouilles. L’analyse acoustique prouve qu’il s’agit bien de rires : éclats de rire assez brefs mais sonores pour les orangs-outangs, plus longs pour les autres. mort_de_rire

Les bonobos par exemple ont la capacité de rire en expirant pendant plus de dix secondes. Cette faculté de prolonger la phase d’expiration en vocalisant n’est donc pas spécifique à l’homme comme on le croyait jusqu’à présent. Il n’y a donc plus de doute, le rire n’est pas l’apanage de l’homme, même s’il s’agit de rires « mécaniques »,  non intentionnels.

Rassurons-nous « la vache qui rit » reste une exception !

Soyons sérieux ! Pascal Picq, paléoanthropologue, considère que le rire fait partie du bagage ancestral commun aux singes et à l’homme, au même titre que la bipédie, la conscience, l’empathie ou les systèmes sociaux.

En cela il rejoint l’analyse de Darwin en 1872. Pour lui, l’ensemble des émotions s’exprime de manière assez comparable chez l’homme et les grands singes. Ces aptitudes potentielles remontent à notre ancêtre commun, Toumaï, apparu il y a environ 7 millions d’années.

De ce fait, on pourrait presque dire « rira bien qui rira le premier… »

 


Le rire : une histoire qui n’a pas toujours été drôle

Les premiers rires civilisés ont plutôt connu des grincements de dents. Car le rire et son compère plus caustique, l’humour, n’ont été vus avec bienveillance qu’à partir du XIIIème siècle, grâce à un chirurgien, Henri de Mondeville. Il prit le parti du rire en expliquant «que le corps se fortifie par la joie et s’affaiblit par la tristesse ».

Rire dans la société

Jusque-là : bonjour tristesse !

Qu’il s’agisse des philosophes grecs, Aristote, Platon, et même Socrate, le rire n’était pas leur tasse de thé. Il le trouvait laid, dégradant, autrement dit indigne des hommes car les détournant de la vérité. Le père de l’Eglise grecque, St Jean Chrysostome, estimait que le rire conduisait au péché.

Cette théorie fit son petit bonhomme de chemin jusqu’au Moyen Age, où les savants de l’époque vont qualifier le rire de diabolique. La preuve, selon eux : aucun rire de Jésus relaté dans les évangiles.

La réhabilitation du rire au XIIIème siècle durera le temps d’un soupir. Les siècles suivant ne seront en effet pas une partie de rigolade. On ne plaisante pas avec la Bible ! L’Angleterre protestante et la France catholique vont rivaliser pour diaboliser le rire. La reine Victoria ira même jusqu’à l’interdire dans les salons.

De l’autre coté de la Manche, au pays de la guillotine, on ne badine pas non plus avec le rire. Au lendemain de la révolution, il est admis qu’un « républicain ne rit pas ». Autre époque, autre révolution, mais même combat contre l’humour : pour Staline, « un peuple heureux n’a pas besoin d’humour ». Autrement dit, faites la guerre, pas l’humour !

Enfin, arrive le XIXème siècle. Les zygomatiques vont enfin pouvoir s’exprimer, pour le meilleur et…pour le rire !

Quoique, même si la tendance générale est à l’humour et à la dérision, rappelons-nous qu’un certain Staline considérait « qu’un peuple heureux n’a pas besoin d’humour », conception sans doute partagée par les assassins de Charlie-Hebdo.

Alors pour faire baisser la pression, laissons le mot de la fin à Alphonse Allais : « le rire est à l’homme ce que la bière est à la pression » :-) .

actualisé,  le 29 mars 2015

1 – Etude réalisée par Marina Davila Ross de l’Université de Portsmouth, primatologue à partir de 800 enregistrements de jeunes singes subissant des chatouilles sur le cou, sous les bras ou sous les pieds.


Pourquoi je n’ai pas mangé mon père de Jamel Debbouze  :

 


A lire pour aller plus loin :

  • Les bienfaits du rire sur Doctissimo. L’humour aurait un effet bénéfique sur notre corps ! Au point que les blagues constitueraient une véritable drogue dont nous ne pouvons pas nous passer ! Aucune chance de mourir de rire, au contraire !
  • Le Rire, sa vie, son oeuvre : Le plus humain des comportements expliqué par la science. Vous voulez tout savoir du rire ? Lisez ce livre. Robert Provine, le seul neurobiologiste au monde à étudier expérimentalement le rire depuis dix ans, répondra à toutes vos questions.
  • Le rire de Eric Smadja. Alors que l’on vante ses bienfaits – la valeur des thérapies par le rire, par exemple -, les préjugés attachés à cet acte essentiel semblent demeurer intacts. Qu’est-ce que le rire ? Pourquoi rit-on ? Et de quoi ? À travers la psychanalyse, la physiologie, l’éthologie, la littérature, la philosophie, l’anthropologie, cet ouvrage analyse toutes les facettes du rire. Pour rire en connaissance de cause !

 

Les tout premiers commérages

(votes : 3)
Loading ... Loading ...
Posté par fabrice
 

- 70 000 ans

pano bavardage-saturation2

Le roi du bavardage !

Il y a 70 000 ans, l’homo Sapiens, une des 6 espèces hominidés présentes alors sur Terre, se distingue par son commérage qui lui confère une capacité à créer du lien et à prendre du recul face à la réalité objective. A partir de là, Sapiens va prendre ses désirs pour des réalités !

Il n’y avait pas de véritables raisons face à ces concurrents, une demi-douzaine d’espèces, comme l’homme de Néandertal, très costaud, ou l’Homo erectus, à ce que l’Homo-sapiens parviennent à tirer les marrons du feu au point de les supplanter tous et de rester le dernier représentant des Homos.

Et pourtant, bien que cela puisse paraitre une futilité, il y eut un petit rien qui fit toute la différence : l’Homo sapiens avait la langue bien pendue.

Neandertal vs Sapiens

Neandertal vs Sapiens

Fédérer des communautés

Contrairement à ses condisciples, l’Homo sapiens, voici 70 000 ans, commence à parler de tout et de rien, à jacasser, à bavarder. Sans le savoir, pour la première fois, il tisse de liens fondés non pas sur une communication utilitaire comme la pratique d’autres espèces pré-humaines et mêmes certains animaux mais sur communication imaginaire.

Autrement dit, selon la thèse de l’historien Yuval Noah Harari(1), pour la première fois, une espèce vivante à la capacité à créer de la fiction, ce que n’est probablement pas en mesure de faire  Néandertal qui se limite à décrire la réalité.

Si vous rassemblez 10 000 chimpanzé au stade de France, il peut probable qu’il en ressorte autre chose que le chaos ; en revanche, avec le même nombre d’homo sapiens, une organisation va se mettre en place avec un but commun, même s’il s’agit d’hooligans !

L’instinct grégaire !

Et cela fait toute la différence. Car pour fédérer des groupes importants de personnes, au-delà de la centaine d’individus, les faire coopérer, les faire adhérer à un projet, il est nécessaire de partager des mythes communs qui sont le fruit de notre imagination.

L’histoire le démontrera que pour souder une communauté, il faut un idéal à partager et des ennemis communs. C’est l’instinct grégaire.

gregaire_resize

Ainsi vont voir le jour les croyances en Dieu, à la Nation, à l’argent, à des valeurs communes et même plus tard aux droits de l’homme…Bref, tout ce qui crée du lien et de l’espoir.

Plus tard, cela prendra la forme de ce qu’Harari nomme « le mythe du consumérisme romantique » qui dépassera les frontières et les religions. C’est le plus puissant mythe, selon l’auteur, que l’homme n’ait jamais créé.

Cette toute nouvelle façon de penser a peut-être vu le jour au coin du feu, une sorte de Caméra-café de la préhistoire. Lors de ces « soirées entre amis », cette nouvelle « race » d’hommes commence à tirer des plans sur la comète. l’Homo sapiens ne se contente plus de la description de la réalité, il veut la façonner selon ses désirs et créer ses propres histoires. Ainsi, naissent les premiers story-telling, qui deviendront la Comédie humaine.

D’une vision objective à une vision subjective

Comment sommes-nous passés d’une description objective des faits à une vision subjective qui ouvre la voie à la fiction ? Face cette question, aucune certitude. Il est possible qu’il s’agisse d’une mutation génétique accidentelle qui, en modifiant quelque peu le câblage interne du cerveau, a engendrer de nouveaux modes de pensée conduisant à une forme nouvelle de communication.

Tous les animaux vivent dans une réalité objective, tandis que l’homme, grâce à cette nouvelle capacité cognitive, est capable de vivre dans une double réalité, factuelle et conceptuelle et d’inventer sa propre « réalité ». C’est ce qu’on appelle l’intelligence.


Publié le 16 novembre 2015


Les  étapes clés de l’aventure humaine

  • Selon Yuval Noah Harari(1), 3 grandes révolutions ont marqué l’histoire de notre espèce:
    La révolution cognitive : Il y a 70.000 ans, comme on vient de le voir, Sapiens a commencé à avoir des comportements plus ingénieux qui lui permettent de créer du lien et de faire preuve d’abstraction.
  • La révolution agricole : il y a 11.000 ans. C’est le moment où l’on a commencé à faire de la nature ce qu’on voulait.
  • La révolution scientifique – Il y a 500 ans, Sapiens devient un apprenti sorcier. C’est le moment où il commence  à devenir dangereux pour la planète et pour lui-même.
  • On peut y ajouter une autre révolution :
    celle de la révolution économique qui a débuté il y a 300 ans environ. Sapiens imagine une des formes d’organisations les plus ingénieuses : la société à responsabilité limitée dont les bases sont posées en 1893 en Allemagne.

1 - Sapiens, une brève histoire de l’humanité, Yuval Noah Harari, professeur à l’université hébraïque de Jérusalem, Ed. Albin Michel


A visionner pour aller plus loin :

La toute première langue

(votes : 19)
Loading ... Loading ...
Posté par fabrice
 

Entre – 70 000 et – 55 000 ans

 Le logo des Rolling stone

Au bout de la langue

Issu d’une évolution qui a commencé il y a 2,5 millions d’années, le langage est devenu une nécessité pour mener à bien des opérations complexes comme les traversées maritimes. Si les « balbutiements » des premières pratiques du langage restent encore nébuleux, il est plus que probable que le langage, avec l’apparition de premières langues, était au rendez-vous des premières grandes expéditions humaines.

Une bise glaciale parcourt une steppe arpentée par une horde de caribous et de mammouths à la fourrure parsemée de givre. Derrière, à bonne distance, suit un petit groupe d’individus une douzaine, sans doute les éclaireurs d’une cohorte plus importe.

Voyage en langue inconnue

Tout ce petit monde s’aventure sur une nouvelle terre qui vient d’émerger. Elle forme un pont naturel entre l’Alaska et la Sibérie : la Béringie. Cette situation est la conséquence d’une baisse d’une centaine de mètres du niveau des océans.

Nous sommes au cœur de la dernière glaciation, il y a 50 000 ans environ ; la glaciation dite de Würm qui s’est installée entre -115 000 ans et -10 000, avec un maximum, il y a 20 000 ans.

A l’opposé de là, au niveau de l’Océanie, d’autres individus s’apprêtent à réaliser un voyage… maritime cette fois. Sans doute, l’un des tout premiers. Bénéficiant eux aussi de la baisse du niveau de la mer dans les mêmes proportions provoquée par la glaciation, ils s’engagent dans un voyage en haute mer d’une centaine de kms seulement. Ils envisagent, avec bravoure, de relier les îles de l’Océanie à l’Australie. Une semaine de traversée environ, une épopée sans précédent pour l’époque.

Des projets qui vont faire parler !

Les deux expéditions sont confrontées à la même problématique : COMMUNIQUER.

En effet, pour mener à bien de telles expéditions, et c’est surtout vrai pour les traversées maritimes, il faut parvenir à concevoir un projet, l’expliquer et le partager afin d’obtenir une « motivation partagée ».

Cela nécessite de se projeter dans l’avenir, penser à l’intendance, l’eau, la nourriture, le nombre de passagers, envisager différents itinéraires. Bref, la complexité d’une telle expédition requiert selon les spécialistes (1) un système de communication élaboré qui repose sur le langage articulé et sur une langue comprise et partagée grâce à une ébauche de syntaxe. La toute première manifestation sociale du langage.

Sur l’origine des langues : au moins deux théories.

La première théorie relève d’une nécessité conjoncturelle, comme on vient de le voir, en l’occurrence un projet fédérateur commun, comme une aventure maritime. Cette hypothèse postule que le langage élaboré aurait pu apparaître en différents endroits et à différentes périodes, comme l’agriculture plus tard, en fonction d’événements et de la nécessité.

Cela se serait produit après l’exode de nos ancêtres du continent Africain, il y a 70 000 ans. C’est la théorie de la polygénèse du langage.

Une seconde théorie, appelée monogénèse, soutient que le langage aurait émergé de populations d’Homo sapiens africains, à partir de 100 000 ans. Ensuite seulement, ce langage originel aurait essaimé sur tout le globe à la faveur des migrations vers d’autres continents.

La mère de toutes les langues

Cette idée de monogénèse, stipulant que toutes les langues auraient une origine commune, n’est pas une idée neuve. En 1994, Merritt Rhulen milite pour une langue universelle issue des populations d’Homo Sapiens vivant en Afrique entre 100 000 ans et 50 000 ans.

Selon ses travaux, qui sont loin de faire l’unanimité à l’époque, il identifie 27 racines mondiales comme « aq’wa » (eau) ou « tik » (doigt) qui appartiendraient à une langue mère originelle. Racines communes qui seront ensuite déclinées. (Voir encart).

Depuis, la génétique est venue appuyer cette thèse d’unicité originelle des langues. Il ne faut pas oublier qu’entre -100 000 ans et – 50 000 ans, la population d’Homo sapiens est extrêmement réduite, entre dix mille et trente mille individus. Pour André Langaney, généticien, cela n’est pas compatible avec un nombre élevé de langues. Toutefois, il est encore trop tôt pour trancher entre ces deux hypothèses.

Des langues difficiles à délier

Quoi qu’il en soit le langage, au sens « système de communication s’appuyant sur une syntaxe compliquée (2) », serait donc apparu il y a au moins 70 000 ans, au terme d’une évolution très lente du système de communication de l’homme qui a commencé il y a 2,5 million d’années avec la fabrication des outils.

Dans cette quête de la mère de toutes les langues, on pourrait laisser le « dernier mot » à l’historien Hérodote. Celui-ci raconte que le roi Egyptien Psamtik, au VII ème siècle avant notre ère, aurait enfermé deux enfants dès leur naissance. En leur interdisant toute communication extérieure, il cherchait à savoir, une bonne fois pour toute, quelle était la langue originelle. A l’époque, on hésitait entre l’égyptien et le phrygien.


Histoires avec paroles 

Au total, on estime à plus de 30 000, les langues qui ont été pratiquées au cours de notre histoire. Actuellement, il en reste un peu plus de 6500 environ, selon l’Ethnologue, l’index officiel. 4 % des langues sont parlées par 96 % de la population ; ce qui signifie que l’immense majorité des langues ne sont parlées que par une poignée d’individus. Ainsi, la diversité la plus importante de langues provient de peuples de la forêt et se situe sur le continent américain.

Le rythme de disparition des langues est aujourd’hui de 3 à 4 par mois et, selon l’Unesco, 2500 langues seraient actuellement en péril.

Quant à notre pays, on dénombre pas moins de 26 langues (le basque, le breton, le corse mais aussi le picard ou encore le poitevin-saintongeais) en majorité « sérieusement en danger ».


 L’indo Européen

Langue indo-Européeene, l'expansion

Il s’agit de la famille linguistique la plus importante du monde avec 3 milliards de locuteurs. Le proto-indo-européen va donner naissance au sanscrit, grec, latin et ses déclinaisons, dont le français, les langues germaniques, dont l’anglais, les langues slaves et d’autres encore. Une seule famille, qui remonte à 6000 ans, pour toutes ces langues si familières mais aux apparences si différentes.

L’origine sur le foyer d’émergence de cette langue reste encore très nébuleuse. Certains la verraient bien apparaître au Turkestan, ou bien encore en Allemagne ou près de la mer Noire. Les thèses les plus sérieuses évoquent l’Anatolie avec éventuellement un apport Kourgane ultérieur (3), en provenance du bassin de DNiepr et de la Volga.


Les tout premiers mots de l’histoire

Tout comme le bébé babille « mama » ou « papa » comme premiers mots, les premiers mots exprimés par l’humanité seraient « Mère », « main », « feu » et quelques autres.

C’est du moins le résultat d’une analyse de chercheurs anglais (4) qui ont découvert que le sens et la prononciation d’une vingtaine de mots se retrouvent dans de langues européennes et asiatiques.

Ainsi depuis 15 000 ans, ces mots proviendraient d’une langue commune.

Publié le 21 juillet 2013

1 – « Les origines des langues » – Les cahiers de  Science & Vie. N° 118 – Août/ septembre 2010
2- Caractéristiques communes à toutes les langues existant aujourd’hui, selon Jean-Marie Hombert, auteur du livre « Aux origines des langes et du langage » Ed. Fayard, 2005;
3- Article sur l’hypothèse « Kourgane » de l’Indo-européen
4 - Etude de l’université de Reading (Royaume-Uni) – source : Ca m’intéresse Histoire – N°19 – Juillet – Août 2013


 

A visionner pour mieux comprendre :


A lire pour aller plus loin

Les toutes premières exterminations

(votes : 3)
Loading ... Loading ...
Posté par fabrice
 

Vers – 50 000 ans

 

A la conquête du monde…

 

Il y a près de 70 000 ans  l’homme s’apprête à quitter l’Afrique son berceau. Il part à la conquête du monde, pour la toute première fois. Selon les généticiens, cette première migration, hors de l’Afrique passant par la péninsule arabique, débute il y a 70 000 ans.

Migration de l'Homo sapiens depuis l'Afrique

Il atteint l’Australie, il y a 55 000 ans, le Moyen-Orient et l’Extrême Orient, il y a 50 000 ans, l’Europe, dont la France, 5 000 ans plus tard, la Sibérie à la même période. Il va même s’aventurer en Amérique, à la faveur de la dernière glaciation – dite de Wurm - lui offrant l’opportunité de traverser le Détroit de Béring alors en proie aux glaces , il y a près de 20 000 ans. Il atteindra « Ushuaia », 14 600 ans avant notre ère.

Au rythme d’un dizaine de kms par génération ou 40 km par siècle(1), l’homme est devenu un globe-trotter incorrigible. Mais son goût pour les voyages-découvertes ne fait pas que des heureux, loin s’en faut. Il semblerait même que dès que l’homme foule le sol d’un nouveau territoire ou d’un continent, cela n’est pas de bonne augure pour les espèces locales qu’il s’agissent d’espèces animales, végétale ou autres espèces d’homo.

L’homme : un loup pour l’homme et pour les autres espèces !

On ne compte plus les disparitions qui se produisent après son arrivée : les kangourous, autruches et marsupiaux géants d’Australie, les mammouths d’Asie et d’Amérique, les ours européens, les grands paresseux qui pouvaient atteindre 6 tonnes, les grands carnivores comme le Tigre à dents de sabre. 

A cela s’ajoutent les autres espèces d’Homo qu’il côtoie : l’homme de Denisova et de Flores en Asie et, en Europe, le célèbre et malheureux homme de Neandertal qui disparaîtra il y a un peu plus de 30 000 ans.

Faut-il y voir une coïncidence ? Peut-on parler de tout premiers crimes en série ou du moins des toutes premières exterminations ? 

Selon beaucoup de scientifiques, il n’y a pas de doute. L’extinction par exemple des grands marsupiaux coïncident avec l’arrivée de l’homo sapiens. Cette hypothèse est connue sous le label de théorie du Blitzkrieg. Elle vient d’être récemment renforcée.

L’auteur d’une étude récente établit (2), en effet, le scénario : les chasseurs de l’époque utilisent le feu pour rabattre les animaux qu’ils tuent grâce à leur équipement relativement sophistiqué : lances, haches, arcs, boomerangs en Australie…

Résultat la faune est exterminée et les incendies de forêt se multiplient car celle-ci est moins nettoyée par ces animaux. Les sols s’appauvrissent et les territoires deviennent des déserts.

Des disparitions inexpliquées…à moins que…

« Même si c’est politiquement incorrect de le dire, disons-le : quand les hommes sont arrivés, surtout dans les régions où il n’y avait pas eu de peuplement humain auparavant, comme en Australie et en Amérique, ils ont eu un impact énorme sur l’environnement et sur la faune. C’est un fantasme d’intello de la fin du XXème siècle que de vouloir croire que le monde du passé est un monde pacifique et bienfaisant. » estime Jean-Jacques Hublin, directeur du laboratoire de l’Evolution humaine de l’Institut Max Planck d’anthropologie évolutionnaire à Leipzig.

Neandertal victime de l’homme  « serial killer »?

Tandis que dans nos contrées gambades aurochs, lions, panthères et autres rhinocéros, Neandertal apparaît voici près de 300 000 ans ; devant lui 270 000 ans de tranquillité avant que Cro-magnon ne pointe le bout de son nez !

Après 5 000 ou 6 000 ans de cohabitions avec Cro-magnon, Neandertal disparaît mystérieusement, Il y a 30 000 ans environ. Pourtant, il est loin d’être aussi primitif que l’image que l’on a bien voulu lui donner.

On a ainsi retrouvé dans le Nord de la France, à Saint Amand (3), un atelier de taille de silex, placé aux côté d’un site de boucherie. Cet atelier produisait des objets de découpe destinés à préparer le gibier de manière optimisée afin de séparer les différents morceaux : viande, peau, os, tendons…

De même, on pense que les premières œuvres pariétales connues (grotte d’El Castillo, Espagne) pourraient attribuées non pas à l’homo sapiens mais à Neandertal. Il aurait été le tout premier artiste de l’Histoire. Bref, Neandertal n’a pas à rougir face à l’Homo sapiens.

Curieusement, Neandertal, malgré ses qualités qu’on lui reconnaît désormais, ne survivra donc pas longtemps après l’arrivée de Cro-magnon. Faut-il y voir la main de l’homme…moderne ?

Homo sapiens, héros ou bourreau ?

Penser que Cro-Magnon ait été responsable de son extermination est allé malgré tout un peu vite en besogne. Il est probable que les confrontations furent limitées du simple fait de la taille réduite des populations concernées, quelques milliers d’individus(4). En effet, sur des centaines de squelettes analysés, seuls 2 montrent des blessures, qui plus est non mortelles.

Laissons le mot de la fin au paléoanthropologue Pascal Picq : « Par delà les controverses, on recense pas moins de quatre espèces d’hommes (5) sur l’Ancien Monde autour de 100 000 ans, une petite planète d’hommes. Aujourd’hui, il n’en reste qu’une seule répartie sur toute la Terre, la nôtre. Alors triomphe ou fin annoncée ? ».


 L’extinction de l’Holocène : premier génocide de l’humanité ?

Elle s’est manifestée entre 12 000 ans et 9 000 ans avant notre ère. Cette extinction va toucher surtout les grands animaux et notamment les grands-mammifères, ce que l’on nomme la mégafaune. 80 % des  animaux de plus d’1 tonne seront éradiqués, comme le mammouth laineux.

L’holocène est la période qui s’étend sur les 10 000 dernières années, elle correspond à un âge interglaciaire qui débute avec la fin de la dernière glaciation, la glaciation de Würm. Elle se poursuit aujourd’hui bien que certains évoquent une novelle période : l’anthropocène, une période modelée par les activités humaines.

Le taux d’extinction actuel des espèces est de 100 à 1 000 fois supérieurs au taux moyen naturel constaté dans l’histoire de l’évolution de la planète. En 2007, l’UICN a évalué qu’une espèce d’oiseaux sur huit, un mammifère sur quatre, un amphibien sur trois et 70 % de toutes les plantes sont en péril(6).

Le plus triste exemple de cette extermination est celle du Dodo, oiseau de l’Ile Maurice peu agile mais qui jusqu’à l’arrivée des européens n’avait aucun prédateur. Le dodo  disparaitra au XVIIIème victime de l’homme pour qui il était un gibier facile mais aussi victime des animaux importés par l’homme qui vont piétiner ses nids construits au sol.

Alors, Neandertal  tout comme le Dodo et probablement d’autres espèces comme Erectus et Floresiensis,  simples gibiers pour l’homme moderne ? C’est la thèse du paléontologue Bienvenido Martinez-Navarro et du biologiste Policarp Hortola qui ouvertement dans la revue scientifique  Quaternary International accusent l’homme de génocide(7).


 Pâques : l’ile de la désolation

Devant nous, l’océan Pacifique à perte de vue. La première terre habitée est à 2 300 km, le premier continent à 3 700 km. L’endroit est volcanique et aride. Là, se dressent plusieurs centaines de statues, au total près de 900, dont plus de la moitié inachevées.

Le premier Européen à y poser le pied est l’amiral hollandais Roggeveen, le dimanche de Pâques 1722. L’île de Pâques, aujourd’hui Rapa Nui, est l’une des terres les plus isolées du monde. Bienvenue sur l’île de la désolation. Elle est sans conteste le triste exemple de la capacité d’extermination et de dévastation de l’homme.

On ignore aujourd’hui encore l’enchaînement réel des événements. La première présence humaine sur l’île, datée entre 400 et 800 après J.-C., a récemment été mise en cause par de nouvelles analyses, fondées sur une datation au carbone 14, qui laissent à penser que l’arrivée des premiers habitants pourrait être beaucoup plus récente, entre l’an 1000 et l’an 1200.

Les toutes premières exterminations - Ile de Pâques

Est-ce par croyance et pour dresser leurs célébres statues que les habitants vont procéder à la coupe en règle des arbres de l’île ? Une chose est sûre,  à cette déforestation aveugle s’ajoute une exploitation des ressources naturelles par nécessité due à l’augmentation de la population, jusqu’à près de 15 000 personnes selon certaines sources (8).

Tout cela finit par engloutir tout espoir même de survie  Plus de pirogue pour la pêche, impossibilité de se chauffer, de faire la cuisine ou de construire de nouvelles habitations. On ose imaginer ce qui traversa l’esprit à celui qui abattit le dernier arbre de l’île . Bref, après la fête, la gueule de bois.  

A partir du milieu des années 1600, le bois finit par manquer totalement. La population se rabat alors dans des grottes. Faute de couverture forestière, le sol s’appauvrit entraînant baisse des rendements agricoles et érosion. La descente aux enfers est en marche.

L’île sombre dans la misère, la famine…et dans le cannibalisme. De 7000 personnes,  la population va décliner jusqu’à atteindre 111 personnes en 1877, suite à une épidémie. Une autodestruction pour non assistance à nature en danger.


1 – source : http://www.normalesup.org/~adanchin/histoire/antiquite.html
2- Etude publiée en mars 2012 dans le magazine « Science », Susan Rule – Université de Canberra (Australie)
3-  Le nouvel Observateur : 9 août 2012 – n°2492
4- Bruno Maureille, directeur de recherche au CNRS –
Le point – 19 juillet 2012 N°2079
5- « Neandertal, en Europe, en Asie et dans une partie du Proche-Orient ; Denisoviens (homo Denisoviensis  en Asie ; les hommes de Flores (Homo florensiensis) ; les hommes de Solo à Java (Homo soloensis) et enfin nous, Homo sapiens.  « L’homme est-il un grand singe politique ? » – Pascal Picq- Ed. Odile Jacob – Novembre 20115 -  
6-
Site Ideeneo.fr
7 – Le point – 19 juillet 2012 N°2079
8- « Les guerres du climat, pourquoi on tue au XXI ème siècle » – Harald Welzer – Ed. Gallimard


A visionner pour mieux comprendre :

  • L’homme de Neandertal : une autre espèce humaine :

A voir et à lire pour aller plus loin :

Le tout premier million d’humains

(votes : 4)
Loading ... Loading ...
Posté par fabrice
 

- 40 000 ans

La-démographie-Pano

Le million, le million !

Il y a 40 000 ans, le cap du million d’humains vient d’être franchi. la partie était loin d’être gagnée et le risque d’une extinction naturelle de l’espèce humaine était réel. Voyons comment quelques milliers d’individus seulement vont donner naissance à plusieurs milliards aujourd’hui !

Enfin, on peut respirer. L’espèce humaine vient de franchir pour la première fois le seuil du million d’habitants. C’était, il y a 40 000 ans.

10 000 reproducteurs…et moi, et moi, et moi !

La partie n’était pas gagnée. A ses débuts, l’espèce humaine ne se comptait que par dizaines de milliers d’individus ; tout au plus quelques centaines de milliers, vraisemblablement moins.

Certains estiment à 30 000 le nombre de représentants de notre famille lors de la période la plus critique, dont 10 000 reproducteurs. Moins de 10 000, cette population n’aurait pas été viable et leurs descendants n’auraient pas fait parler d’eux. Dommage, leurs descendants, c’est nous.

migration-homo-sapiens

A partir de -40 000 ans, le progrès technique va devenir un facteur de croissance démographique, notamment en Europe.

Ce phénomène va être amplifié par la glaciation qui, en abaissant le niveau des mers, favorise les mouvements migratoires et donc le peuplement de nouvelles contrées, comme les Canaries, l’Egypte et même l’Arabie.

Bref, en quelques milliers d’années, entre –10 000 et – 8000 ans, la population va probablement décuplée, en atteignant, par exemple au Proche-Orient, 5 millions d’habitants et en Europe, près de 400 000 habitants.

A cela s’ajoutent bien sûr les autres populations (Chine, Inde, Mexique…).

250 millions de Terriens, au début de notre ère

Du coup, à l’époque de Jésus-Christ on dénombre 250 millions d’hommes ; 250 millions d’âmes à sauver, si l’on se place du point de vue du Fils de Dieu !

Cet effectif restera quasiment stable (avec une légère baisse vers 500 ans) jusqu’au premier millénaire. Puis au début des années 1800, le nombre d’âmes aura quadruplé : le premier milliard d’êtres humains vivant simultanément sur la Terre est atteint. C’est à cette époque que Malthus publie (en 1798) son essai prédisant une pénurie probable de ressources pour faire face à cet afflux de population.

demographie

Répartition de la population en 2050

On connaît la suite : 2 milliards d’êtres humains en 1925, 3 milliards en 1959, 4 milliards en 1975 et vraisemblablement 9 milliards en 2050. On est toutefois loin des prévisions des années 60 annonçant une population mondiale pouvant atteindre les 50 milliards d’habitants.

Il a fallu 10 000 générations pour atteindre les 2 milliards d’habitants, une seule suffit désormais pour ajouter 2 milliards supplémentaires.

En répartissant de manière uniforme l’ensemble de la population sur la Terre, la distance moyenne entre deux « voisins » est ainsi passée de 52 mètres en l’an 500 à 23 mètres en 1950.

Plus que jamais les rapports de voisinage sont à préserver !

Publié le 23 août 2015


Haut et bas de la croissance démographique

L’augmentation rapide de la population mondiale débute vraiment en 1800, à partir du moment où les conditions de vie commencent à s’amlériorer dans les pays « riches » ou en phase d’industrialisation.

CALVI_n159

Une seconde phase apparait à partir des années 50, cette fois dans les pays en voie de développement.

Depuis, on observe une diminution du rythme de la croissance démographique. Cependant, ce phénomène ne suffit pas enrayer l’accroissement démographique global.

En effet, le nombre de Terriens augmente encore très rapidement car la population est grande, de sorte que même si le taux de natalité est bas, le nombre de naissances annuelles reste élevé.

De plus, la pyramide des âges dans les pays du Sud est caractérisée par une large fraction de jeunes hommes et de jeunes femmes qui auront bientôt des enfants, contribuant ainsi à une forte augmentation de la population à l’avenir.

.

 


A voir pour mieux comprendre :

A lire pour aller plus loin :

  • Origine et évolution des populations humaines, de Bernard Vandermeersch, Olivier Dutour et Jean-Jacques Hublin. Cet ouvrage présente l’évolution de l’humanité depuis les premiers primates hominoïdes de l’Oligocène jusqu’aux temps historiques.
  • La population du monde : 6,5 milliards, et demain ? de Catherine Rollet. En moins de deux siècles, la population mondiale est passée de 1 à 6,5 milliards. S’agit-il d’un phénomène transitoire ou doit-on craindre une explosion démographique ? Et si tel était le cas, quelles en seraient les conséquences sur l’équilibre mondial ?