jeudi, 09 février 2012

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Le début de l’Histoire

La toute première date d’une fin du monde annoncée

(votes : 5)
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Posté par fabrice
 

13 août 3114 avant notre ère

Les tout débuts de la fin ?  

 

Pour les Mayas, le 11 août 3114 avant J.-C. marque le commencement d’une période qui va s’achever en décembre 2012. Cela correspond à l’un de leur système de datation : le Cycle long ou « Compte long » . Ce jour là, la planète Vénus s’est invitée  au-dessus de l’horizon de notre bonne vieille planète, marquant ainsi une ère nouvelle qui va durer plus de 5000 ans, selon leurs calculs. Pour la toute première fois, une fin de cycle, certains diront, la fin d’un monde, pour ne pas dire la « fin du monde » est annoncée de manière précise que l’on pourra dater. Pour les Millénaristes et autres prophètes de l’Apocalypse, c’est une occasion inespérée d’affuter leurs prédictions catastrophistes.   

Une conception cyclique du temps

Que signifie « ce compte long » ? Il s’agit de l’un des nombreux calendriers ou cycles qui mesurent le temps dans la civilisation Maya. Ce calendrier dénombre les jours sur une période de 5 000 ans (environ 5125 ans), pour le Cycle couvrant notre époque. Ce cycle succède à un précédent cycle et devrait être suivi d’un autre, comme on le verra ensuite.   

D’autres calendriers, plus d’une quinzaine, rythment la vie du peuple Maya. Prévoir le destin des individus, les risques naturels, l’alternance des saisons, les mouvements de l’univers, telles seraient les fonctions de ces calendriers. Ils révèlent aussi une conception cyclique du temps et une excellente connaissance du cosmos…pour leur époque. Pour preuve, les Mayas ont évalué la naissance de l’univers, à 16,7 milliards d’années, ce qui n’est pas si éloigné de la datation contemporaine qui a fluctué entre 13 et 16 milliards d’années.(source Wikipedia) ; cependant, ils imaginaient la Terre était plate et carrée   

Un feuillet du Codex de Dresde

Parmi les calendriers Mayas les plus connus, citons, le tzolk’in [1] qui affiche une durée annuelle de 260 jours, dont la portée est surtout religieuse et prophétique, tandis que le calendrier civil haab propose un cycle de 365 jours, en phase avec les saisons. Ces deux calendriers restent encore en usage dans certaines populations Mayas.   

La combinaison du calendrier rituel de 260 jours, qui d’ailleurs correspond à la durée d’une gestation humaine et du calendrier solaire de 365 jours met en valeur un cycle de 52 ans. A quoi correspond-il ? On l’ignore. On peut juste constater qu’il dépasse largement la durée de vie moyenne de l’époque, comme le souligne Eric Taladoire, spécialiste des civilisations précolombiennes [2].   

Une précision à couper le souffle

Ce qui est remarquable, c’est que l’ensemble du dispositif calendaire Maya est totalement synchronisé. Surtout, il apparait très proche des calculs actuels comme en témoigne leur évaluation de la période de Vénus estimée à 584 jours, pour 583,92 jours établi aujourd’hui. En outre, le « compte long » Maya ne se base pas uniquement sur ce cycle régulier de la Terre autour de Vénus mais aussi à son cycle complet (par rapport à la rotation de l’axe de la Terre), qui lui se calcule en millions d’années.   

Sans aucun doute, l’astronomie Maya était-elle en avance sur son temps. Elle est parvenue à calculer la longueur d’une année à 17 secondes près ou d’un cycle lunaire à 29,5308 jours en accord presque parfait avec la valeur actuelle qui est de 29,53058 jours !   

Le culte de Vénus

Incontestablement Vénus, considérée à l’époque comme une étoile -baptisée « Chac ek », l’étoile rouge ou encore « sastal ek », l’étoile brillante -, est au cœur du système astronomique Maya. Visible le matin et le soir, selon un cycle spécifique appelé cycle synodique de Vénus qui dure 8 ans(3), les mayas seront séduits par « cette étoile » qui leur semble danser autour du Soleil.   

Grâce à un système de tables très complexe figurant dans le codex de Dresde (4), les prêtres-astronomes mayas sont parvenus à prévoir correctement les levers et couchers de Vénus jusqu’en 2007, avec une petite erreur de 8 jours sur le lever héliaque de Vénus, autrement dit le moment où elle devient visible au dessus de l’horizon. Une paille !   

Les cinq soleils

Les Mayas subjugués par Vénus vont associer « ces morts » cycliques de Vénus, c’est à dire sa disparition de notre ciel, à des événements majeurs. Ces cycles s’étalent sur plus de 20 000 ans et sont connus sous la terminologie un peu ésotérique des 5 soleils, ou de 5 mondes. Le cycle long qui devrait s’achever le 21 décembre 2012 évoqué plus haut, appartient au cinquième soleil. Les autres soleils étant :   

  • le premier soleil, d’une durée de 4000 ans environ se serait soldé par un déluge ;
  • le deuxième soleil, d’une durée à peu près équivalente, aurait connu des bouleversements climatiques pouvant résulter d’irruptions volcaniques ;
  • à l’issue du troisième soleil, le monde aurait péri par le feu, peut-être là aussi la conséquence d’irruptions volcaniques ou de la chute d’une météorite ;
  • le quatrième soleil qui aurait duré plus de 5000 ans n’aurait pas eu un sort plus enviable puisqu’il fait référence à un déluge de sang et de feu ;
  • quant au cinquième soleil, celui qui nous concerne, certains évoquent un mouvement de la Terre, entraînant une fin tragique pour l’humanité.

 Rassurons-nous, d’autres cycles succèdent à ce cinquième soleil qui nous préoccupe tant, surtout depuis qu’est apparu internet ! 

Alors que se passera t-il le 21 décembre 2012 ? Vénus disparaîtra tranquillement sous l’horizon occidental ; au grand dam des Mayas, le cycle de Vénus sera remplacé par celui des Pléiades. De là, à envisager l’Apocalypse…   

Publié le 20 novembre 2011

On reste sur sa fin…du monde !

La 183ème annonce de « Fin du monde » depuis la chute de l’Empire romain, sera-t-elle la bonne ? 

  • 500 millions de pages Web, des livres par centaines, des théories par dizaines ;
  • Des prédictions qui mélangent l’Apocalypse de Saint Jean, Saint Malachie, les secrets de Fatima, le Kalachakra, Nostradamus, les prévisions  du I-Ching (astrologie chinoise), les calculs astronomiques des Sumériens, l’arrivée d’extraterrestres sur le Pic de Bugarach, une des rares montagnes inversées du monde, situé dans les Corbières même Merlin l’Enchanteur et bien sûr le calendrier Maya ;
  •  Des thèses qui mentionnent, Nibiru, une mystérieuse planète évoquée par les Sumériens (-4000 à -1750 av. J.-C), une inversion des pôles magnétiques, des irruptions volcaniques ou de particules solaires, un astéroïde, la fonte totale de l’Arctique, une tempête solaire et enfin l’alignement des planètes ;
  • Le projet Web Bot qui prétend, en analysant le web, anticiper certains événements futurs ;
  • Des « marchands du temple » qui profitent de ce déchaînement webomédiatique ;
  • Des scientifiques, avec l’appui de la NASA, qui réfutent totalement toutes ces rumeurs;
  • D’autres estiment que l’interprétation de la date est erronée est que celle-ci nous renverrait à  2200. Ouf !
 
 


1 – L’origine de ce calendrier reste mal déterminé ; Il y est fait référence à partir de -650 av. J.-C.
2- « L’éternel retour de la culture maya », Interview d’Eric Taladoire, professeur d’archéologie préocolombienne à l’université Paris I-Panthéon-Sorbonne, recueillis par Florence Quentin – Le Monde des Religions – Novembre-Décembre 2011
3- 263/50/263/8 : Vénus apparaît le matin durant 263 jours, puis devient invisible durant 50 jours, revient le soir pendant 263 jours et de nouveau invisible pendant 8 jours. 
4- Le Codex de Dresde est un manuscrit Maya comportant 39 feuillets de papier végétal qui présente le calendriers et les rituels associés. Il a été acheté en 1739 à un collectionneur privé par le Directeur de la bibliothèque Royale de Dresde.
 


A visionner pour mieux comprendre :




A lire pour aller plus loin :

  • Le Temps Fractal – Le secret de 2012 et d’une nouvelle ère mondiale : Voici le nouveau Gregg Braden ! 5ème au palmarès du New York Times ! Il nous démontre à nouveau que la clé de notre avenir réside dans la sagesse de notre passé ! Appliquant le concept du temps fractal à l’histoire du monde et de la vie, Gregg Braden propose l’idée selon laquelle toute chose, depuis la guerre et la paix entre les nations jusqu’aux relations humaines, reflète les cycles récurrents du passé. Chaque fois qu’un cycle se répète, il entraîne la manifestation d’une version amplifiée de lui-même.

  • Le Code Maya – 2012 la fin d’un monde : Les Mayas ont inventé le système de calcul mathématique le plus sophistiqué de la culture humaine. Leur calendrier raconte l’évolution de l’humanité et de la planète. Ce calendrier maya s’achève le 21 décembre 2012. Beaucoup y voient un signe de la fin du monde. Doit-on l’interpréter ainsi ? Pour Barbara Hand Clow, chamane et spécialiste des Mayas, un cycle majeur a débuté en 1999 et culminera en 2012. Notre civilisation moderne traverse une étape cruciale et doit entendre le message spirituel qui se cache derrière les bouleversements actuels. Le Code Maya, un livre optimiste, nous révèle avec une précision surprenante ce qui nous attend chaque année jusqu’en 2012 et au-delà, et nous montre comment contribuer à l’éveil de la conscience.

  • La fin du monde : 21 décembre 2012 : Dans plusieurs cultures anciennes, comme chez les Mayas avec leurs mystérieux calendriers, et dans plusieurs écrits religieux, comme dans la Bible, il y a de nombreuses annonces de la fin des Temps. Les prophètes de toutes sortes se succèdent régulièrement pour dire que la fin du monde approche. Doit-on prendre ces prophéties au sérieux? L’auteur nous fait part de l’obsession des Mayas pour le décompte du temps. Ils annoncent la fin d’un cycle temporel et évolutif selon des calculs astronomiques d’une incomparable complexité et d’une justesse inégalée jusqu’à aujourd’hui. La date indiquée par les Mayas pour la fin de l’âge actuel est le 21 décembre 2012. A cette date, la Terre aura accompli une rotation complète de son axe de rotation, ce qui se produit tous les 26 000 ans et cela coïncidera avec la fin du décompte du temps au calendrier maya. Le compte à rebours a-t-il déjà commencé pour que survienne un changement majeur? Est-ce que ce sera la fin du monde ou la fin d’un monde? Y aura-t-il une catastrophe ou est-ce que la race humaine évoluera vers un autre niveau de conscience? L’auteur explore les différents scénarios et les courants de pensée qui suscitent de plus en plus de passion partout dans le monde. La race humaine est-elle en danger? Sommes-nous à un point tournant de notre évolution? Oui, répond l’auteur. C’est maintenant indiscutable que nous atteindrons bientôt un point de rupture où tout basculera.

Bonnes lectures !

La toute première langue

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- 50 000 ans

Langue maternelle

Une bise glaciale parcourt une steppe arpentée par une horde de caribous et de mammouths à la fourrure parsemée de givre. Elle s’aventure sur une nouvelle terre qui vient d’émerger et qui forme un pont naturel entre l’Alaska et la Sibérie, la Béringie. Cette situation est la conséquence d’une baisse d’une centaine de mètres du niveau des océans. Nous sommes au cœur de la dernière glaciation ; la glaciation dite de Würm. Plus au sud, le Sahara connaît des épisodes pluvieux inhabituels.

Quelque part dans ces contrées survit depuis quelques milliers d’années (peut-être plus, – 100 000 ans), tant bien que mal, un groupe réduit d’individus. Ce petit groupe est réparti sur un périmètre assez restreint. Cet isolement et cette proximité auraient engendré une langue originelle qui va ensuite essaimer à travers le monde. C’est du moins une hypothèse qui repose sur une analyse approfondie des langues actuelles (Merritt Ruhlen). Celle-ci démontre que, parmi plus de 6000 langues dénombrées dans le monde aujourd’hui, on observe une trentaine de racines communes, par la suite déclinées.

Ainsi toutes les langues dériveraient d’une langue « mère » balbutiée par une poignée d’individus, il y a plus de 50 000 ans. De cette matrice vont naître les familles de langues dont le proto-indo-européen. Sanscrit, grec, latin et ses déclinaisons, dont le français, les langues germaniques, dont l’anglais, les langues slaves et d’autres encore. Une seule famille, qui remonte à 6000 ans, pour toutes ces langues si familières mais aux apparences si différentes.

Au total, on estime à plus de 30 000, les langues pratiquées au cours de notre histoire. Leur disparition s’effectue actuellement au rythme d’une par semaine. L’Unesco a récemment recensé 2500 langues en péril ou du moins vulnérables pour un total de 6912 langues actuellement en vigueur, selon l’Ethnologue, l’index officiel.  Quant à notre pays, on dénombre pas moins de 26 langues (le basque, le breton, le corse mais aussi le picard ou encore le poitevin-saintongeais) en majorité « sérieusement en danger ».

Dans cette quête de la mère de toutes les langues, le dernier mot revient à l’historien Hérodote qui raconte que le roi Egyptien Psamtik au 7ème siècle avant notre ère aurait enfermé deux enfants dès leur naissance en interdisant toute communication extérieure, afin de savoir, une bonne fois pour toute, quelle était la langue originelle. A l’époque, on hésitait entre l’égyptien et le phrygien. Autrement dit, blanc bonnet et bonnet blanc.


A voir, à lire pour aller plus loin

Les toutes premières chaussures

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- 30 000 ans

Dans les coulisses du pied

scarpe

Énoncé du problème : combien de paires de chaussures ont été consommées par l’humanité ? Trop d’inconnues pour résoudre sérieusement ce problème mais on progresse…à petits pas.

On sait qu’environ 80 milliards de personnes ont vécu sur Terre (si l’on arrête le décompte à l’an 2000). On pense désormais que les premières chaussures remontent à 30 000 ans (peut-être même à 40 000 ans).

Cette estimation s’appuie sur l’analyse de l’anatomie des premiers humains et notamment des os des pieds. On a remarqué une réduction de la force du plus petit orteil. Les os des porteurs de chaussures sont plus graciles ! Et cela remonte à plus de 30 000 ans. Depuis, les chaussures ont fait leur chemin.

La plus vieille  chaussure en cuir connue date de 5500 ans. Confectionnée en cuir, lacée et fourrée d’herbe, elle a été retrouvée dans une grotte en Arménie (Science & Vie /Août 2010), bien conservée grâce à des excréments de moutons. Elle chaussait un pied droit d’une pointure correspondant au 37 actuel.  

Quant au problème, il ne reste plus qu’à connaître la consommation moyenne de chaussures selon les différentes époques. Et là, pas besoin de pied…à coulisse.

Actualisé : le 18 septembre 2010

Autres points de vue à découvrir :

  • Histoires de chaussure : 100 photographies pour Handicap International, de Amel et Frédérique Liénart. Cent photographes mettent en scène une histoire de chaussures. Leurs images traduisent la diversité des rapports parfois contrastés que chacun entretient avec ses pompes, une relation amusée, capricieuse ou compulsive, parfois douloureuse…
  • La Chaussure sous toutes ses coutures Découvrir la chaussure sous toutes ses coutures, connaître son histoire, comprendre sa conception et sa fabrication, tout savoir sur le confort, la qualité, son essayage, son entretien, son vocabulaire… « La Chaussure sous toutes ses coutures » est un livre à mettre entre toutes les mains.
  • Catalogue des chaussures de l’antiquité égyptienne. Les collections archéologiques du musée du Louvre recèlent des séries insolites. Pour la première fois, un musée consacre un catalogue scientifique à une collection de chaussures égyptiennes.

Les tout premiers grands-parents

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- 30 000 ans environ

Papy fait de la résistance !

 

Dans la Famille « Homo-Sapiens », je recherche : les Grands-Parents !!

Incongrue, lors de l’apparition des premiers humains, il y a environ 200 000 ans, cette annonce devient envisageable à l’époque de l’homme de Cro-Magnon, voici 30 000 ans. Avec l’apparition des Grand-parents, qui est la conséquence de l’allongement de la durée de vie, la civilisation est en marche.

Pourquoi cette situation a-elle évolué et en quoi ce changement va-t-il être un élément-clé de l’évolution ?

Dans les populations anciennes, la proportion d’adultes qui vivaient assez vieux pour devenir grands-parents, c’est-à-dire des parents d’adultes en âge de procréer est extrêmement réduite. Par exemple, sur le site d’Atapuerca, en Espagne datant de 600 000 ans, tous les individus mouraient avant l’âge de 35 ans et très peu atteignaient cet âge.

Or chez les hommes préhistoriques, l’âge de procréation est estimé à 15 ans, on devient donc au mieux grands-parents à partir de 30 ans. Mais, comme on vient de le voir, la chance d’atteindre cet âge est restée très faible parmi les populations archaïques (1).

Le ratio vieux/jeunes, dénommé OY ratio (old-young ratio) par les paléo-démographes n’a guère évolué entre 3 millions d’années et 35 000 ans. Les jeunes représentant une écrasante majorité par rapport aux « adultes âgés », c’est-à-dire les individus dépassant les 30 ans;

Les vieux : un vrai coup de jeune pour l’évolution !

Miracle ! Subitement, au moment de l’apparition des premiers Européens modernes, il y a un peu plus de 30 000 ans (paléolithique supérieur), ce ratio vieux-jeunes connaît un véritable bouleversement. Il est multiplié par 5 ! Mieux, 65 % des adultes sont grands-parents. Il devient donc courant qu’un jeune soit accompagné par 2 adultes assez âgés pour être ses grands-parents, situation qui jusqu’alors tenait de l’exception.

On assiste donc pour la toute première fois dans l’histoire de l’humanité à l’avènement des grands-parents. Et c’est un véritable événement !

Cette longévité qui est restée quasiment stable et faible durant des centaines de milliers d’années, si l’on remonte à l’époque de Australopithèques (3 millions d’années), s’est donc accélérée soudainement.

Quelle en est la raison ? Cela résulte-t-il d’une évolution génétique, anatomique ou bien d’une évolution culturelle ? Selon Rachel Caspari, professeur d’anthropologie à l’Université de Central Michigan (Mount Pleasant, USA) Le phénomène semble avant tout culturel.

Les avantages de la multigénération

Quelles que soient les époques, les familles multi-générationnelles favorisent la transmission à leurs descendants de règles, de savoir-faire et génèrent de l’entraide. Par exemple, les grands-parents « préhistoriques » étaient probablement en mesure d’identifier les cousins éloignés ou de dire qui appartenait à la famille. Tout cela était bénéfique pour la lignée, la survie et donc l’allongement de la vie. Au final, cet allongement de la vie conduira à renforcer la cohabitation de différentes générations et à la densité des populations.

Avoir un papy ou une mamy pour s’occuper des enfants permettait aux parents de se libérer des tâches parentales. Lorsqu’on est pêcheur/cueilleur, ce n’est pas négligeable. Comme le souligne Mme Caspari « chez les premiers humains, les groupes qui avaient une forte proportion de grands-parents avaient un avantage du point de vue de l’évolution ».  Autrement dit, les grands-parents ont été un facteur positif pour l’évolution et notamment pour les hommes anatomiquement modernes.

L’hypothèse de la « grand-mère »

Cette théorie connue sous l’expression « L’hypothèse de la grand-mère » défend donc l’idée qu’avec l’accroissement sensible de la proportion des grands-parents dans la cellule familiale, les sociétés humaines vont devenir plus productives tout en renforçant le lien social. Autrement dit, on assiste à l’émergence des sociétés tribales et bientôt de la civilisation. Il s’agit donc d’un cercle vertueux qui va agir à la fois sur la démographie, la complexité culturelle et, plus tard, le développement commercial.

En effet, les aînés transmettent oralement des informations dans de nombreux domaines, culturels, techniques, familial. Grâce à cela les liens de parenté vont se développer ainsi que les principes d’entraide particulièrement nécessaires lors des coups durs qui ne manquent pas dans ces temps reculés !

Désormais, pour le plus grand bonheur des petits et des grands, papy va faire de la résistance !


Les grands-parents, pivots de la société.

Les grands-parents jouent un rôle clé dans la famille et représentent un point d’ancrage dans les familles recomposées. Ils sont plus de 80 % à garder plus ou moins régulièrement leurs petits-enfants (2). Cet îlot d’équilibre apparaît pour certains si important, qu’une association (3) propose de « prêter » des grands-parents à des enfants qui en sont « dépourvus ». Ainsi, en décembre 1998, Annick et Guy Righès ont été les premiers « grands-parents » d’adoption. Sans lien légal, ils sont devenus papy et mamy de Maxime et Matthieu, âgé respectivement de 4 et 5 ans à l’époque.

Papy et mamy « gâteau » ont été gâtés !


(1) Source : Pour la Science N° 410 – décembre 2011 – « Les grands-parents : un moteur de l’Evolution ».
(2) Enquête réalisée de 1992 à 1996, par Claudine Attias-Donfut, directrice de recherche à la Caisse Nationale d’assurance Vieillesse.
(3) Association créée en 1998 par Rémi et Michelle Joyaux.


A visionner pour mieux comprendre :


L'aventure des premiers hommes – Ep01 – L'afrique par alxka


A  lire par curiosité :

  • Pourquoi j’ai mangé mon père: Roy Lewis  – Pocket

    Utilisant avec réussite le principe ancien qui consiste à transposer dans une époque (la préhistoire), la pensée d’une autre (la nôtre), Roy Lewis nous conte les efforts de nos ancêtres les demi-singes dans leur lutte acharnée pour la survie et la prospérité de l’espèce. Voilà que nos ancêtres sont à la croisée des chemins, face à une nature hostile et à une foule de prédateur. Un tournant de l’évolution qu’il est crucial de négocier en douceur, sous peine d’extinction. Or, voilà qu’Edouard, hominien à l’esprit éclairé, découvre le feu. Une trouvaille qui sauve la famille certes, mais déplaît fort à son frère Vania, qui prédit la fin du monde, milite pour la viande crue et le retour dans les arbres… Roy Lewis fait ici de l’anachronisme sa seule loi et revisite avec brio les grands thèmes de société : l’éducation, le rôle de la femme ou l’éternel combat entre progressistes et réactionnaires. Il aborde également l’écologie, la famille et pose la question cruciale de la maîtrise du progrès technique par le biais de cette fresque grandiose, hilarante et moderne.

  • Histoire des grands-parents de Vincent Gourdon, diplômé de l’Institut d’études politiques de Paris, agrégé et docteur en histoire, chargé de recherche au CNRS et rédacteur en chef adjoint des Annales de démographie historique.

    Les grands-parents sont aujourd’hui des personnages essentiels dans la famille française. Nombreux, actifs, prêts à aider leurs enfants et petits-enfants, telle est l’image des « nouveaux grands-parents ». Mais jusqu’où peut-on parler de nouveauté ? Les générations passées ne profitaient-elles pas de la présence des aïeuls ? Etaient-ils des vieillards dépendants ou de solennels et distants patriarches ? A l’aide de nombreuses archives inédites – registres paroissiaux, recensement, autobiographies, codes de savoir-vivre – Vincent Gourdon remet en cause ces simplifications et retrace pour la première fois la longue histoire des grands-parents en France.

Les tout premiers calculs

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- 22 000 ans (environ)

Premiers en math

Tout a probablement commencé il y a 25 000 ans (entre 22 000 et 25 000 ans avant notre ère). Nous sommes en Afrique sur les bords d’un lac, le lac Edouard de l’actuel République démocratique du Congo.

A l’aide d’un objet tranchant, deux hommes agenouillés entaillent chacun un os de la taille d’une main à peine. Que signifient ces stries ? Le nombre d’animaux tués au cours d’une période donnée, un calendrier lunaire, une règle à calcul ?

On l’ignore mais il y à fort à parier qu’il s’agit des toutes premières pratiques mathématiques de l’humanité. Cette scène imaginaire s’appuie sur une découverte qui remonte aux années 50 : les os d’Ishingo.

Un os à compter

Que nos chères têtes blondes que les maths font tant souffrir se rassurent ; d’autres bien avant eux seraient donc tombés sur un os. Un os au pouvoir bien étrange : faciliter le calcul en formalisant des nombres.

Grâce à cela, les pécheurs du lac Edouard font-ils partie des premiers « matheux » de l’histoire de l’humanité ?

Nombres premiers ou premiers des nombres

Les os d’Ishingo sont au nombre de 2. L’un provient d’un lion, l’autre est d’origine humaine. Ils mesurent respectivement 10 et 14 cm. Ils comportent des encochent transversales regroupées en série, selon des règles qui semblent mathématiques (10+1, 20+1, 20-1, 10-1, etc..).

Science Museum of Brussels
Science Museum of Brussels

Si les os d’Ishingo convoitent le titre d’objets arithmétiques les plus anciens, à quoi, diable, pouvaient-ils servir ? Les hypothèses sont nombreuses et évoluent avec le temps. Calendrier lunaire, dans les années 70 ou tout premier instrument de calcul, thèse datant d’une dizaine d’année. On a même identifié sur l’un des os une suite des nombres premiers compris entre 10 et 20.

L’hypothèse de règle à calcul et de table de conversion utilisant conjointement les bases 10 et 12 tient aujourd’hui la corde. D’autant que les systèmes de calcul en base 12 sont encore utilisés dans certaines régions d’Afrique. Bref, les experts ont encore un os à ronger avant d’en tirer des conclusions fiables.

Le premier calcul digital

En remontant quelques milliers d’années auparavant, on pourrait dire, d’une manière grossièrement imagée que l’os à calcul était alors entouré de chair. C’était le doigt. Oui, il y a 29 000 ans (27 000 avant notre ère), l’homme du paléolithique « calculait » probablement déjà sur ses doigts.

Cette théorie n’est pas faite au doigt mouillé, si l’on peut dire, mais relève d’une étude très sérieuse. Celle-ci se fonde sur l’analyse combinatoire de 49 mains représentées dans la grotte Cosquer[1]. Bien que controversées, cette étude concluent, qu’au regard du faible nombre de combinaisons de doigts utilisés sur les fresques (5 sur 32 possibles), il peut s’agir d’une méthode de calcul.

Quoi qu’il en soit, beaucoup de spécialistes comme Georges Ifrah[2] estime que la main, avec ses doigts, est la toute première machine à calculer.

La bosse des maths

Les os d’Ishango témoignent au moins d’une chose : la capacité cognitive des hommes de l’époque était très élevée. Mieux, elle l’était déjà, il y a près de100 000 ans. C’est ce qu’indiquent les récentes découvertes [3] qui mettent en scène des objets de parure façonnés sur des coquillages. Ils prouvent là encore la capacité de manier des symboles. Équipés d’un cerveau, doté de la bosse des maths, nos ancêtres, les premiers homo sapiens, calculaient probablement d’une manière intuitive, sans se poser de problème, comme le célèbre M. Jourdain dans une discipline plus littéraire.

Le calcul assisté

S’il y a bien une aventure humaine collective, c’est celle de l’invention des nombres et des mathématiques et, ensuite de sa boite à outils. Comme on vient de le voir, le maniement des symboles et des chiffres est probablement intrinsèque à la nature humaine. Ce qui explique son caractère intuitif.

Mais le calcul mental a dû trouver rapidement ses limites d’où le recours à des moyens pour faciliter sa mémorisation ou son traitement. Les doigts, les os, les tablettes, les calculettes….

C’est justement avec les tablettes que commence officiellement l’histoire des mathématiques. On les appelle les tablettes d’Uruk. Elles proviennent de Mésopotamie et remontent au quatrième millénaire avant notre ère Sur ces tablettes d’argile retrouvées près de Bagdad sont consignés les tout premiers registres de comptes de l’histoire. Ces premières pratiques comptables notifiaient des données utilitaires (sacs de blé, têtes de bétail…). Elles signent les premières utilisations de nombres et ceci dans un but commercial.

Tout comptes faits

Il apparaît nécessaire de dissocier la pratique intuitive et ancestrale des mathématiques, d’une utilisation instrumentalisée en vue de quantifier et d’ordonner pour un objectif précis.

Et si le sens des nombres remonte donc à la nuit des temps, c’est que cette disposition serait encodée dans notre cerveau (et dans celui des animaux), indépendamment de toute forme d’apprentissage.

Reste à résoudre un autre problème : les mathématiques sont-elles une création de notre esprit ou bien ont-elles une existence indépendante, voire, l’essence du monde est-elle de nature mathématique ?
Cette fois, nous quittons la rive abrupte des mathématiques pour atteindre celle embrumée de la métaphysique. E là, comme l’évoquait le philosophe et écrivain Robert Pirsig [4], c’est comme si nous étions dans un restaurant qui propose un menu de 30 000 pages et rien à manger. Heureusement, il nous reste un os à ronger !

Principales étapes à retenir

  • – 22 000 ans (avant notre ère) : entailles sur les os ayant probablement un caractère « mathématique » ;
  • – 7 000 ans : premières tables à calcul, les « Abaques » en Mésopotamie ;
  • – 6 000 ans : petits jetons d’argile servant à calculer ;
  • - 3 350 : tablettes d’Uruk, premiers registres de calculs écrits ;
  • - 3000 : L’Egypte développe une numération sous forme de hiéroglyphe ;
  • - 2700 : Apparition des chiffres cunéiformes sumériens ;
  • – 1300 : la Chine développe son système de numération ;
  • Entre IVe et Ve siècle : numération de position indienne ;
  • Entre le Ve et IXe siècle : Numération de position maya ;
  • XII ème siècle : invention du boulier en Chine ;
  • Entre le XIIe et XVe siècle : Les chiffres arabes se stabilisent ;
  • 1617 : les bâtons de Neper, bâtons mobiles facilitant  la multiplication ;
  • 1620 : perfectionnement du système par Gunter qui en fait la première règle à calcul ;
  • Vers 1650 : la Pascaline offre un embryon de programmation de règles opératoires ;
  • 1694 : Leibniz expose la première calculatrice capable de réaliser toutes les opérations arithmétiques élémentaires ;
  • 1820 : apparition des machines à calculer « à la portée de tous » ;
  • 1880 : machine à calculer numérique fait son apparition dans l’administration américaine ;
  • 1945 : L’ENIAC, première machine à calculer conçue pour calculer les trajectoires de tir ;
  • 1946 : début des travaux du premier ordinateur doté d’une mémoire interne, le Manchester Mark 1 ;
  • 1972 : mise au point de la première calculatrice de poche ;
  • 1976 : commercialisation du premier supercalculateur, le Cray 1 ;
Mis à jour le 29 septembre 2009

1 – Théorie publiée en 2006 par André Rouillon dans la revue Anthropology.
2- Histoire universelle des chiffres .
3 – Coquillages percés exhumés en Afrique du sud (-75 000 ans) et d’autres encore plus anciens provenant d’Algérie (-90 000 ans) ou d’Israël (100 000 ans), témoignant d’une capacité d’abstraction et de maniement de symboles.
4 – Robert Pirsig a publié en 1974 le célèbre Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes.


A consulter pour mieux comprendre :


A voir ou à lire :

Les toutes premières divinités

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Posté par fabrice
 

- 15 000 ans

La Divine comédie

A la faveur d’un réchauffement qui met fin à près de 100 000 ans de frimas (le dernier âge glaciaire), la nature devient plus généreuse. Douceur et humidité favorisent une certaine abondance de nourriture sauvage. L’homme va enfin pouvoir commencer à s’affranchir du carcan de son environnement.

Plus disponible pour laisser libre court à son imagination, il invente, sans relâche, outils et méthodes pour faire face aux aléas. Il se hisse ainsi au-dessus du panier de ses congénères, cousins plus ou moins éloignés, tout en ayant le souci d’améliorer ledit panier de la ménagère de l’époque. Autrement dit, il s’extrait de la pure contingence.

Cet homme plus libre commence à prendre conscience que, bien que fruit de la nature, il peut envisager de la dominer. Mais, si lui peut la dominer, c’est que probablement, il existe au-dessus quelque chose de plus fort, de plus grand qui peut aussi le dominer. Dominus vobiscum…

Jusqu’à présent, et depuis plus de 20 000 ans, l’homme avait probablement une relation « sacrée » avec des esprits issus de la nature : le vent, les animaux, les montagnes…comme en témoignent les innombrables peintures des grottes. Cette relation était d’ordre « win/win » je te donne cela et tu m’accordes çà. Bien loin donc de la notion de transcendante.

Cette fois, l’homme, réalisant sa supériorité face à son entourage – comme les singes -, ne s’accommode plus d’une relation avec des esprits sans esprit. Il vise plus haut, au minimum des entités qui lui ressemblent, avec un ego, des désirs, des colères. Autrement dit, une intelligence mais en plus fort, une intelligence supérieure. Le divin est né.

Déesse enfantant soutenue par des félins (publié dans le site  www.dinosoria.com)
Déesse enfantant soutenue par des félins (publié dans le site www.dinosoria.com)

Cette divinité commence sous le signe de la féminité. Les nombreux vestiges retrouvés au Moyen-Orient, il y a plus de 12000 ans représentent en effet des déesses affirmant fortement leur féminité. Porteuses de vie et veillant sur la fécondité des hommes comme celle des champs, les déesses sont un recours précieux pour des hommes qui entrevoient les premiers résultats de leur labeur.

Comme on le dira plus tard, Dieu a fait l’homme à son image. Cette image va se viriliser au fur et à mesure que la société se hiérarchise et que le commerce se développe. Après plusieurs milliers d’années de bons et loyaux services, les déesses devront donc laisser la place à des dieux viriles et protecteurs, capables de protéger récoltes et habitats.

Pour les dieux mâles, le pouvoir, pour les déesses, le devoir. Enfin, tout rentre dans l’ordre, et cela bien avant qu’on rentre dans les ordres !


A voir et à lire pour aller plus loin :
  • Petit traité d’histoire des religions. Des premiers rituels funéraires des hommes préhistoriques aux grandes religions actuelles, Frédéric Lenoir explore de manière limpide l’univers foisonnant du sacré. Une question parcourt ce livre : à quoi servent les religions et pourquoi accompagnent-elles l’aventure humaine depuis l’aube des temps ?