dimanche, 19 mai 2013

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Le début de l’Histoire

La toute première date d’une fin du monde annoncée

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Posté par fabrice
 

13 août 3114 avant notre ère

Les tout débuts de la fin ?

 

Pour les Mayas, le 11 août 3114 avant J.-C. marque le commencement d’une période qui va s’achever en décembre 2012. Cela correspond à l’un de leur système de datation : le Cycle long ou « Compte long » . Ce jour là, la planète Vénus s’est invitée  au-dessus de l’horizon de notre bonne vieille planète, marquant ainsi une ère nouvelle qui va durer plus de 5000 ans, selon leurs calculs. Il s’achève en 2012…

Pour la toute première fois, une fin de cycle, certains diront, la fin d’un monde, pour ne pas dire la « fin du monde » est annoncée de manière précise que l’on pourra dater. Pour les Millénaristes et autres prophètes de l’Apocalypse, c’est une occasion inespérée d’affuter leurs prédictions catastrophistes.

Une conception cyclique du temps

Que signifie « ce compte long » ? Il s’agit de l’un des nombreux calendriers ou cycles qui mesurent le temps dans la civilisation Maya. Ce calendrier dénombre les jours sur une période de 5 000 ans (environ 5125 ans), pour le Cycle couvrant notre époque. Ce cycle succède à un précédent cycle et devrait être suivi d’un autre, comme on le verra ensuite.

D’autres calendriers, plus d’une quinzaine, rythment la vie du peuple Maya. Prévoir le destin des individus, les risques naturels, l’alternance des saisons, les mouvements de l’univers, telles seraient les fonctions de ces calendriers. Ils révèlent aussi une conception cyclique du temps et une excellente connaissance du cosmos…pour leur époque. Pour preuve, les Mayas ont évalué la naissance de l’univers, à 16,7 milliards d’années, ce qui n’est pas si éloigné de la datation contemporaine qui a fluctué entre 13 et 16 milliards d’années.(source Wikipedia) ; cependant, ils imaginaient la Terre était plate et carrée

Un feuillet du Codex de Dresde

Parmi les calendriers Mayas les plus connus, citons, le tzolk’in [1] qui affiche une durée annuelle de 260 jours, dont la portée est surtout religieuse et prophétique, tandis que le calendrier civil haab propose un cycle de 365 jours, en phase avec les saisons. Ces deux calendriers restent encore en usage dans certaines populations Mayas.

La combinaison du calendrier rituel de 260 jours, qui d’ailleurs correspond à la durée d’une gestation humaine et du calendrier solaire de 365 jours met en valeur un cycle de 52 ans. A quoi correspond-il ? On l’ignore. On peut juste constater qu’il dépasse largement la durée de vie moyenne de l’époque, comme le souligne Eric Taladoire, spécialiste des civilisations précolombiennes [2].

Une précision à couper le souffle

Ce qui est remarquable, c’est que l’ensemble du dispositif calendaire Maya est totalement synchronisé. Surtout, il apparait très proche des calculs actuels comme en témoigne leur évaluation de la période de Vénus estimée à 584 jours, pour 583,92 jours établi aujourd’hui. En outre, le « compte long » Maya ne se base pas uniquement sur ce cycle régulier de la Terre autour de Vénus mais aussi à son cycle complet (par rapport à la rotation de l’axe de la Terre), qui lui se calcule en millions d’années.

Sans aucun doute, l’astronomie Maya était-elle en avance sur son temps. Elle est parvenue à calculer la longueur d’une année à 17 secondes près ou d’un cycle lunaire à 29,5308 jours en accord presque parfait avec la valeur actuelle qui est de 29,53058 jours !

Le culte de Vénus

Incontestablement Vénus, considérée à l’époque comme une étoile -baptisée « Chac ek », l’étoile rouge ou encore « sastal ek », l’étoile brillante -, est au cœur du système astronomique Maya. Visible le matin et le soir, selon un cycle spécifique appelé cycle synodique de Vénus qui dure 8 ans(3), les mayas seront séduits par « cette étoile » qui leur semble danser autour du Soleil.

Grâce à un système de tables très complexe figurant dans le codex de Dresde (4), les prêtres-astronomes mayas sont parvenus à prévoir correctement les levers et couchers de Vénus jusqu’en 2007, avec une petite erreur de 8 jours sur le lever héliaque de Vénus, autrement dit le moment où elle devient visible au dessus de l’horizon. Une paille !

Les cinq soleils

Les Mayas subjugués par Vénus vont associer « ces morts » cycliques de Vénus, c’est à dire sa disparition de notre ciel, à des événements majeurs. Ces cycles s’étalent sur plus de 20 000 ans et sont connus sous la terminologie un peu ésotérique des 5 soleils, ou de 5 mondes. Le cycle long qui devrait s’achever le 21 décembre 2012 évoqué plus haut, appartient au cinquième soleil. Les autres soleils étant :

  • le premier soleil, d’une durée de 4000 ans environ se serait soldé par un déluge ;
  • le deuxième soleil, d’une durée à peu près équivalente, aurait connu des bouleversements climatiques pouvant résulter d’irruptions volcaniques ;
  • à l’issue du troisième soleil, le monde aurait péri par le feu, peut-être là aussi la conséquence d’irruptions volcaniques ou de la chute d’une météorite ;
  • le quatrième soleil qui aurait duré plus de 5000 ans n’aurait pas eu un sort plus enviable puisqu’il fait référence à un déluge de sang et de feu ;
  • quant au cinquième soleil, celui qui nous concerne, certains évoquent un mouvement de la Terre, entraînant une fin tragique pour l’humanité.

Le plus ancien calendrier Maya dément la fin du monde

Rassurons-nous, d’autres cycles succèdent à ce cinquième soleil qui nous préoccupe tant ! Une équipe d’archéologues américains a découvert en 2010 (5) une fresque située au Guatemala. Cette fresque vieille de 1200 ans représente des tables de calculs astronomiques dont certains décrivent des cycles lunaires. Certains de ce cycles évoquent des événements qui se dérouleront…dans 7000 ans.

Alors que se passera t-il le 21 décembre 2012 ? Vénus disparaîtra tranquillement sous l’horizon occidental ; au grand dam des Mayas, le cycle de Vénus sera remplacé par celui des Pléiades. Et un nouveau cycle devrait débuter.

Apocalypse now or not now ?

Actualisé le 21 novembre 2012

On reste sur sa fin…du monde !

La 183ème annonce de « Fin du monde » depuis la chute de l’Empire romain, sera-t-elle la bonne ?

  • 500 millions de pages Web, des livres par centaines, des théories par dizaines ;
  • Le point de départ de cette psychose collective est sans doute l’ouvrage du poète mexicain et historien d’art mais aussi passionné d’ésotérisme, José Argüelles (décédé en 2011) : « The Mayan factor ». Dans son livre paru en 1987, après avoir épluché le calendrier Maya, il annonce la fin du monde pour le 21 décembre 2012;
  • Des prédictions qui mélangent l’Apocalypse de Saint Jean, Saint Malachie, les secrets de Fatima, le Kalachakra, Nostradamus, les prévisions  du I-Ching (astrologie chinoise), les calculs astronomiques des Sumériens, l’arrivée d’extraterrestres sur le Pic de Bugarach, une des rares montagnes inversées du monde, situé dans les Corbières même Merlin l’Enchanteur et bien sûr le calendrier Maya ;
  •  Des thèses qui mentionnent, Nibiru, une mystérieuse planète évoquée par les Sumériens (-4000 à -1750 av. J.-C), une inversion des pôles magnétiques, des irruptions volcaniques ou de particules solaires, un astéroïde, la fonte totale de l’Arctique, une tempête solaire et enfin l’alignement des planètes ;
  • Le projet Web Bot qui prétend, en analysant le web, anticiper certains événements futurs ;
  • Des « marchands du temple » qui profitent de ce déchaînement webomédiatique ;
  • Des scientifiques, avec l’appui de la NASA, qui réfutent totalement toutes ces rumeurs;
  • D’autres estiment que l’interprétation de la date est erronée est que celle-ci nous renverrait à  2200. Ouf !
  • Enfin, certains pensent que Bugarach dans l’Aude, avec sa montagne « inversée », sera le seul endroit épargné par l’Apocalypse. 
  • Prochaine date de fin du monde annoncée : 6 avril 2014, selon la Kabbale;
  • Quoi qu’il en soit, un jour ou l’autre, l’espèce humaine disparaitra, aucune espèce vivant n’ayant vécu plus de 400 millions d’années (les mammifères existent depuis plus de 200 millions d’années) et le Soleil ne sera plus là dans 5 milliards d’années. C’est sûr, le compte à rebours a commencé…
 


1 – L’origine de ce calendrier reste mal déterminé ; Il y est fait référence à partir de -650 av. J.-C.
2- « L’éternel retour de la culture maya », Interview d’Eric Taladoire, professeur d’archéologie préocolombienne à l’université Paris I-Panthéon-Sorbonne, recueillis par Florence Quentin – Le Monde des Religions – Novembre-Décembre 2011
3- 263/50/263/8 : Vénus apparaît le matin durant 263 jours, puis devient invisible durant 50 jours, revient le soir pendant 263 jours et de nouveau invisible pendant 8 jours.
4- Le Codex de Dresde est un manuscrit Maya comportant 39 feuillets de papier végétal qui présente le calendriers et les rituels associés. Il a été acheté en 1739 à un collectionneur privé par le Directeur de la bibliothèque Royale de Dresde.

5 – Travaux sous la direction de l’archéologue William Saturno de l’Université de Boston (USA) publiés dans la revue Science, du 11 mai 2012


A visionner pour mieux comprendre :

 

 


A lire pour aller plus loin :

    • Le Temps Fractal – Le secret de 2012 et d’une nouvelle ère mondiale : Voici le nouveau Gregg Braden ! 5ème au palmarès du New York Times ! Il nous démontre à nouveau que la clé de notre avenir réside dans la sagesse de notre passé ! Appliquant le concept du temps fractal à l’histoire du monde et de la vie, Gregg Braden propose l’idée selon laquelle toute chose, depuis la guerre et la paix entre les nations jusqu’aux relations humaines, reflète les cycles récurrents du passé. Chaque fois qu’un cycle se répète, il entraîne la manifestation d’une version amplifiée de lui-même.

 

    • Le Code Maya – 2012 la fin d’un monde : Les Mayas ont inventé le système de calcul mathématique le plus sophistiqué de la culture humaine. Leur calendrier raconte l’évolution de l’humanité et de la planète. Ce calendrier maya s’achève le 21 décembre 2012. Beaucoup y voient un signe de la fin du monde. Doit-on l’interpréter ainsi ? Pour Barbara Hand Clow, chamane et spécialiste des Mayas, un cycle majeur a débuté en 1999 et culminera en 2012. Notre civilisation moderne traverse une étape cruciale et doit entendre le message spirituel qui se cache derrière les bouleversements actuels. Le Code Maya, un livre optimiste, nous révèle avec une précision surprenante ce qui nous attend chaque année jusqu’en 2012 et au-delà, et nous montre comment contribuer à l’éveil de la conscience.

 

  • La fin du monde : 21 décembre 2012 : Dans plusieurs cultures anciennes, comme chez les Mayas avec leurs mystérieux calendriers, et dans plusieurs écrits religieux, comme dans la Bible, il y a de nombreuses annonces de la fin des Temps. Les prophètes de toutes sortes se succèdent régulièrement pour dire que la fin du monde approche. Doit-on prendre ces prophéties au sérieux? L’auteur nous fait part de l’obsession des Mayas pour le décompte du temps. Ils annoncent la fin d’un cycle temporel et évolutif selon des calculs astronomiques d’une incomparable complexité et d’une justesse inégalée jusqu’à aujourd’hui. La date indiquée par les Mayas pour la fin de l’âge actuel est le 21 décembre 2012. A cette date, la Terre aura accompli une rotation complète de son axe de rotation, ce qui se produit tous les 26 000 ans et cela coïncidera avec la fin du décompte du temps au calendrier maya. Le compte à rebours a-t-il déjà commencé pour que survienne un changement majeur? Est-ce que ce sera la fin du monde ou la fin d’un monde? Y aura-t-il une catastrophe ou est-ce que la race humaine évoluera vers un autre niveau de conscience? L’auteur explore les différents scénarios et les courants de pensée qui suscitent de plus en plus de passion partout dans le monde. La race humaine est-elle en danger? Sommes-nous à un point tournant de notre évolution? Oui, répond l’auteur. C’est maintenant indiscutable que nous atteindrons bientôt un point de rupture où tout basculera.

Bonnes lectures !

Les tout premiers exploits sportifs

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- 3000 ans

Il va y avoir du sport !

En faire ou ne pas en faire, that is the question !  À la question d’un journaliste sur les secrets de son étonnante santé, Churchill, alors âgé de plus de 90 ans, répondit : « no sport ».

N’en déplaise à Winston Churchill, la pratique du sport ne remonte pas à la dernière guerre mondiale.  Les premiers hommes, chasseurs-cueilleurs de métiers, pratiquaient l’activité physique comme Monsieur Jourdain faisait de la prose.

jeux-olympiques

Les premières stars sportives

Les toutes premières traces avérées de pratique du sport, sous forme de représentations de lutteurs sur des stèles d’argiles, datent de près de 5 000 ans (entre 3000 et 2500 avant Jésus-Christ). Des tablettes de terre cuite datées de 2000 avant notre ère représentent des boxeurs, tandis que l’on retrouve des évocations du tir à l’arc et de l’équitation dans l’Égypte antique.

D’ailleurs, certains pharaons comme Amenhotep II vont se distinguer par leurs exploits sportifs. Plus tard, d’autres dirigeants s’illustreront, comme le futur empereur Tibère qui sera consacré champion olympique de quadrige (course de chars), en l’an 4 avant J.-C.

L’esprit olympique a germé dans les esprits bien avant Tibère. Comme chacun sait, c’est à Olympie en Grèce qu’il commence à rayonner. La légende le fait remonter en 884 avant J.-C., époque où sévissent de terribles guerres. Rien de tel que des joutes sportives pour apaiser les esprits.  Les premiers Jeux olympiques auraient eu donc cette mission apaisante.

Cependant, les premières vraies olympiades de l’histoire, dans le sens de compétitions périodiques, se déroulent en 776 avant notre ère et ne comportent que des courses à pieds.

Bref, la course, la marche, la nage, la lutte, c’est quelque chose que l’on pratique de père en fils depuis l’aube de l’humanité et plus récemment de mère en fille. Notons, que les Jeux Olympiques de Londres de 2012 sont les tout premiers à accueillir des équipes totalement mixtes, c’est à dire où  l’ensemble des nations participantes présente des formations composées de garçons et de filles.

Bougez, éliminez  : les vertus du sport

Il faudra attendre le milieu du XVIIIe siècle pour que l’activité sportive soit associée à la notion de bien-être et de préservation de sa santé. On découvre les vertus des « éducations physiques » en même temps que progressent la médecine et la science.

C’est probablement dans les collèges anglais de l’époque victorienne que le sport moderne connaît ses tout premiers échauffements. Le football séduit au début du XIXe siècle les élites anglaises avant d’être récupéré par les ouvriers dans les années 1880, au moment où il pénètre les pelouses françaises.

Qui aurait imaginé à ce moment que deux siècles plus tard, sur les mêmes pelouses anglaises ou ailleurs, on jouerait à califourchon sur des manches à balai en pratiquant le Quidditch(1). Ce sport, inventé en 2006 par J.K. Rowling, inspiré des aventures d’Harry Potter et qui, fort de 700 équipes à travers le monde, vise, excusez du peu,  les Jeux Olympiques. A cheval sur un balai, les pieds sur terre mais la tête dans les nuages : vive le sport !

Santé, bien être & performance : une équipe gagnante

Le héros sportif auquel chacun d’entre nous veut désormais s’identifier, représentant le rêve d’une réussite sociale, est encore plus récent. Il date probablement des années 1930. Époque où sport, politique, patriotisme, émergence des loisirs et communication font pour la toute première fois équipe, pour le meilleur et pour le pire, comme en témoignent les Jeux de Berlin de 1936. La culture du sport occupe désormais une grande partie du terrain de jeu de l’humanité.


Le « streaking » : un match d’exhibition

Si chaque sport dispose de sa tenue, un dress code qui participe autant à la performance qu’à l’image de marque de la discipline, il y a une exception, et de taille, à la règle : le streaking (1).

Mark Roberts

Mark Roberts en tenue sportive !

Là, pas de tenue, bien au contraire : cette activité, très sportive, consiste à se dévêtir totalement lors des grands événements médiatiques de la planète, sportifs ou non. S’ensuit le plus souvent une course poursuite avec les services de l’ordre, sous la clameur du public. A l’évidence, cette discipline exige un niveau de préparation élevé et une parfaite condition physique.

L’initiateur de cette pratique est un courtier de la City qui, en 1799, pour la toute première fois, releva le défi de courir nu à travers Londres.

C’est en 1974 pendant le match de rugby France-Angleterre que Michael O’Brien, expert-comptable de profession, reprendra le flambeau et deviendra le premier streaker de l’ère moderne.

Mais, la médaille d’or revient s’en conteste au britannique Mark Roberts, 47 ans, qui aligne 507 streaking. Premier streaking réussi en 1993, Super Bowl de 2004, coupe du monde de rugby à VII, en 2006, en passant par le British Open de Golf de 1995, il s’invite aux jeux olympiques d’hiver de Turin en 2006, puis ceux de Pékin, en 2008. Restera-t-il à l’écart des jeux de Londres comme il l’a promis ?

Toujours plus haut, toujours plus fort, son prochain défi : un streaking de masse avec une centaine de streakers. L’important, n’est plus uniquement de participer… c’est aussi de se désaper !


Rapide parcours sportif

Discobole-Lancellotti

  • – 1500 : premier stade érigé par les Crétois à Olympie, selon certains historiens ;
  • – 776 : premiers jeux Olympiques de l’Histoire ;
  • – 388 : pour lutter contre le dopage et la tricherie, institution du serment aux jeux Olympiques;
  • – 264 : premiers combats de gladiateurs à Rome d’origine étrusque ;
  • 392 : interdiction des jeux Olympiques par l’empereur Théodose Ier, converti au christianisme ;
  • Moyen Âge : jeux de quilles, boules, paume, maillets, soule, tournoi, joute sur l’eau ;
  • 1559 : interdiction des joutes suite au décès d’Henri II, qui en fut victime ;
  • 1785 : première école de natation, créée à Paris, près du pont des Tournelles ;
  • 1820 : premier gymnase créé à Paris ;
  • 1823 : selon la légende, invention du rugby par le jeune William Webb Ellis ; quant au premier Tournoi des cinq-nations, il eut lieu en 1910 ;
  • 1840 : première régate à voile en France ; première coupe de l’America en 1851 ;
  • 1868 : première course cycliste, dans le parc de Saint-Cloud ;
  • 1877 : premier tournoi de lawn-tennis à Wimbledon ;
  • 1879 : naissance du Paris football-club ;
  • 1887 : véritable naissance du sport en France, avec la création de l’Union des sociétés françaises de sports athlétiques ;
  • 1892 : première partie de basket, au collège YMCA de Springfield aux États-Unis ;
  • 1894 : première course automobile en France, entre Paris et Rouen ; les premières 24 heures du Mans ont lieu en 1923 et le premier Grand Prix de Formule 1, en 1950 ;
  • 1896 : premiers jeux Olympique de l’époque moderne s’ouvrent à Athènes en présence de 241 athlètes venus de 14 pays;
  • 1903 : premier Tour de France, avec 60 coureurs dont 20 à l’arrivée ;
  • 1930 : première Coupe du monde de football en Uruguay ;
  • 1936 : jeux olympiques de Berlin sonnent le glas du salut olympique, trop proche du salut Nazi;
  • 1960 : premiers jeux Paralympiques à Rome ;
  • 1968 : pour la première fois un homme court le 100 mètres en moins de 10 secondes : Jim Hines
  • 1978 : départ, le 26 décembre, du premier Paris-Dakar ;
  • 1993 : premier trophée Jules-Verne, remporté par Bruno Peyron;
  • 2007 : première traversée à la voile de l’Atlantique nord sous les 100 jours, par Franck Cammas sur Groupama 3;

1- Courrier International – 26 mai 2011 – Accrochez-vous à votre balai !
2- Le Monde – Londres 2012 – 29 juillet 2012.


A visionner pour mieux comprendre :


Jeux Olympiques: L’origine des JO par Pratiks

 


A voir et à lire pour aller plus loin :

La toute première langue

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Entre – 70 000 et – 55 000 ans

 Le logo des Rolling stone

Au bout de la langue

Issu d’une évolution qui a commencé il y a 2,5 millions d’années, le langage est devenu une nécessité pour mener à bien des opérations complexes comme les traversées maritimes. Si les « balbutiements » des premières pratiques du langage restent encore nébuleux, il est plus que probable que le langage, avec l’apparition de premières langues, était au rendez-vous des premières grandes expéditions humaines.   

Une bise glaciale parcourt une steppe arpentée par une horde de caribous et de mammouths à la fourrure parsemée de givre. Derrière, à bonne distance, suit un petit groupe d’individus une douzaine, sans doute les éclaireurs d’une cohorte plus importe.

Voyage en langue inconnue

Tout ce petit monde s’aventure sur une nouvelle terre qui vient d’émerger. Elle forme un pont naturel entre l’Alaska et la Sibérie : la Béringie. Cette situation est la conséquence d’une baisse d’une centaine de mètres du niveau des océans.

Nous sommes au cœur de la dernière glaciation, il y a 50 000 ans environ ; la glaciation dite de Würm qui s’est installée entre -115 000 ans et -10 000, avec un maximum, il y a 20 000 ans.

A l’opposé de là, au niveau de l’Océanie, d’autres individus s’apprêtent à réaliser un voyage… maritime cette fois. Sans doute, l’un des tout premiers. Bénéficiant eux aussi de la baisse du niveau de la mer dans les mêmes proportions provoquée par la glaciation, ils s’engagent dans un voyage en haute mer d’une centaine de kms seulement. Ils envisagent, avec bravoure, de relier les îles de l’Océanie à l’Australie. Une semaine de traversée environ, une épopée sans précédent pour l’époque.

Des projets qui vont faire parler !

Les deux expéditions sont confrontées à la même problématique : COMMUNIQUER.

En effet, pour mener à bien de telles expéditions, et c’est surtout vrai pour les traversées maritimes, il faut parvenir à concevoir un projet, l’expliquer et le partager afin d’obtenir une « motivation partagée ».

Cela nécessite de se projeter dans l’avenir, penser à l’intendance, l’eau, la nourriture, le nombre de passagers, envisager différents itinéraires. Bref, la complexité d’une telle expédition requiert selon les spécialistes (1) un système de communication élaboré qui repose sur le langage articulé et sur une langue comprise et partagée grâce à une ébauche de syntaxe. La toute première manifestation sociale du langage.

Sur l’origine des langues : au moins deux théories.

La première théorie relève d’une nécessité conjoncturelle, comme on vient de le voir, en l’occurrence un projet fédérateur commun, comme une aventure maritime. Cette hypothèse postule que le langage élaboré aurait pu apparaître en différents endroits et à différentes périodes, comme l’agriculture plus tard, en fonction d’événements et de la nécessité.

Cela se serait produit après l’exode de nos ancêtres du continent Africain, il y a 70 000 ans. C’est la théorie de la polygénèse du langage.

Une seconde théorie, appelée monogénèse, soutient que le langage aurait émergé de populations d’Homo sapiens africains, à partir de 100 000 ans. Ensuite seulement, ce langage originel aurait essaimé sur tout le globe à la faveur des migrations vers d’autres continents.

La mère de toutes les langues

Cette idée de monogénèse, stipulant que toutes les langues auraient une origine commune, n’est pas une idée neuve. En 1994, Merritt Rhulen milite pour une langue universelle issue des populations d’Homo Sapiens vivant en Afrique entre 100 000 ans et 50 000 ans.

Selon ses travaux, qui sont loin de faire l’unanimité à l’époque, il identifie 27 racines mondiales comme « aq’wa » (eau) ou « tik » (doigt) qui appartiendraient à une langue mère originelle. Racines communes qui seront ensuite déclinées.

Depuis, la génétique est venue appuyer cette thèse d’unicité originelle des langues. Il ne faut pas oublier qu’entre -100 000 ans et – 50 000 ans, la population d’Homo sapiens est extrêmement réduite, entre dix mille et trente mille individus. Pour André Langaney, généticien, cela n’est pas compatible avec un nombre élevé de langues. Toutefois, il est encore trop tôt pour trancher entre ces deux hypothèses.

Des langues difficiles à délier

Quoi qu’il en soit le langage, au sens « système de communication s’appuyant sur une syntaxe compliquée (2) », serait donc apparu il y a au moins 70 000 ans, au terme d’une évolution très lente du système de communication de l’homme qui a commencé il y a 2,5 million d’années avec la fabrication des outils.

Dans cette quête de la mère de toutes les langues, on pourrait laisser le « dernier mot » à l’historien Hérodote. Celui-ci raconte que le roi Egyptien Psamtik, au VII ème siècle avant notre ère, aurait enfermé deux enfants dès leur naissance. En leur interdisant toute communication extérieure, il cherchait à savoir, une bonne fois pour toute, quelle était la langue originelle. A l’époque, on hésitait entre l’égyptien et le phrygien. 


Histoires avec paroles 

Au total, on estime à plus de 30 000, les langues qui ont été pratiquées au cours de notre histoire. Actuellement, il en reste un peu plus de 6500 environ, selon l’Ethnologue, l’index officiel. 4 % des langues sont parlées par 96 % de la population ; ce qui signifie que l’immense majorité des langues ne sont parlées que par une poignée d’individus. Ainsi, la diversité la plus importante de langues provient de peuples de la forêt et se situe sur le continent américain.

Le rythme de disparition des langues est aujourd’hui de 3 à 4 par mois et, selon l’Unesco, 2500 langues seraient actuellement en péril.

Quant à notre pays, on dénombre pas moins de 26 langues (le basque, le breton, le corse mais aussi le picard ou encore le poitevin-saintongeais) en majorité « sérieusement en danger ».


 L’indo Européen

Langue indo-Européeene, l'expansion

Il s’agit de la famille linguistique la plus importante du monde avec 3 milliards de locuteurs. Le proto-indo-européen va donner naissance au sanscrit, grec, latin et ses déclinaisons, dont le français, les langues germaniques, dont l’anglais, les langues slaves et d’autres encore. Une seule famille, qui remonte à 6000 ans, pour toutes ces langues si familières mais aux apparences si différentes.

L’origine sur le foyer d’émergence de cette langue reste encore très nébuleuse. Certains la verraient bien apparaître au Turkestan, ou bien encore en Allemagne ou près de la mer Noire. Les thèses les plus sérieuses évoquent l’Anatolie avec éventuellement un apport Kourgane ultérieur (3), en provenance du bassin de DNiepr et de la Volga.


1 – « Les origines des langues » – Les cahiers de  Science & Vie. N° 118 – Août/ septembre 2010
2- Caractéristiques communes à toutes les langues existant aujourd’hui, selon Jean-Marie Hombert, auteur du livre « Aux origines des langes et du langage » Ed. Fayard, 2005;
3- Article sur l’hypothèse « Kourgane » de l’Indo-européen


 

A visionner pour mieux comprendre :


A lire pour aller plus loin

Les toutes premières exterminations

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Vers – 50 000 ans

 

A la conquête du monde…

 

Il y a près de 70 000 ans  l’homme s’apprête à quitter l’Afrique son berceau. Il part à la conquête du monde, pour la toute première fois. Selon les généticiens, cette première migration, hors de l’Afrique passant par la péninsule arabique, débute il y a 70 000 ans.

Migration de l'Homo sapiens depuis l'Afrique

Il atteint l’Australie, il y a 55 000 ans, le Moyen-Orient et l’Extrême Orient, il y a 50 000 ans, l’Europe, dont la France, 5 000 ans plus tard, la Sibérie à la même période. Il va même s’aventurer en Amérique, à la faveur de la dernière glaciation – dite de Wurm - lui offrant l’opportunité de traverser le Détroit de Béring alors en proie aux glaces , il y a près de 20 000 ans. Il atteindra « Ushuaia », 14 600 ans avant notre ère.

Au rythme d’un dizaine de kms par génération ou 40 km par siècle(1), l’homme est devenu un globe-trotter incorrigible. Mais son goût pour les voyages-découvertes ne fait pas que des heureux, loin s’en faut. Il semblerait même que dès que l’homme foule le sol d’un nouveau territoire ou d’un continent, cela n’est pas de bonne augure pour les espèces locales qu’il s’agissent d’espèces animales, végétale ou autres espèces d’homo.

L’homme : un loup pour l’homme et pour les autres espèces !

On ne compte plus les disparitions qui se produisent après son arrivée : les kangourous, autruches et marsupiaux géants d’Australie, les mammouths d’Asie et d’Amérique, les ours européens, les grands paresseux qui pouvaient atteindre 6 tonnes, les grands carnivores comme le Tigre à dents de sabre. 

A cela s’ajoutent les autres espèces d’Homo qu’il côtoie : l’homme de Denisova et de Flores en Asie et, en Europe, le célèbre et malheureux homme de Neandertal qui disparaîtra il y a un peu plus de 30 000 ans.

Faut-il y voir une coïncidence ? Peut-on parler de tout premiers crimes en série ou du moins des toutes premières exterminations ? 

Selon beaucoup de scientifiques, il n’y a pas de doute. L’extinction par exemple des grands marsupiaux coïncident avec l’arrivée de l’homo sapiens. Cette hypothèse est connue sous le label de théorie du Blitzkrieg. Elle vient d’être récemment renforcée.

L’auteur d’une étude récente établit (2), en effet, le scénario : les chasseurs de l’époque utilisent le feu pour rabattre les animaux qu’ils tuent grâce à leur équipement relativement sophistiqué : lances, haches, arcs, boomerangs en Australie…

Résultat la faune est exterminée et les incendies de forêt se multiplient car celle-ci est moins nettoyée par ces animaux. Les sols s’appauvrissent et les territoires deviennent des déserts.

Des disparitions inexpliquées…à moins que…

« Même si c’est politiquement incorrect de le dire, disons-le : quand les hommes sont arrivés, surtout dans les régions où il n’y avait pas eu de peuplement humain auparavant, comme en Australie et en Amérique, ils ont eu un impact énorme sur l’environnement et sur la faune. C’est un fantasme d’intello de la fin du XXème siècle que de vouloir croire que le monde du passé est un monde pacifique et bienfaisant. » estime Jean-Jacques Hublin, directeur du laboratoire de l’Evolution humaine de l’Institut Max Planck d’anthropologie évolutionnaire à Leipzig.

Neandertal victime de l’homme   »serial killer »?

Tandis que dans nos contrées gambades aurochs, lions, panthères et autres rhinocéros, Neandertal apparaît voici près de 300 000 ans ; devant lui 270 000 ans de tranquillité avant que Cro-magnon ne pointe le bout de son nez !

Après 5 000 ou 6 000 ans de cohabitions avec Cro-magnon, Neandertal disparaît mystérieusement, Il y a 30 000 ans environ. Pourtant, il est loin d’être aussi primitif que l’image que l’on a bien voulu lui donner.

On a ainsi retrouvé dans le Nord de la France, à Saint Amand (3), un atelier de taille de silex, placé aux côté d’un site de boucherie. Cet atelier produisait des objets de découpe destinés à préparer le gibier de manière optimisée afin de séparer les différents morceaux : viande, peau, os, tendons…

De même, on pense que les premières œuvres pariétales connues (grotte d’El Castillo, Espagne) pourraient attribuées non pas à l’homo sapiens mais à Neandertal. Il aurait été le tout premier artiste de l’Histoire. Bref, Neandertal n’a pas à rougir face à l’Homo sapiens.

Curieusement, Neandertal, malgré ses qualités qu’on lui reconnaît désormais, ne survivra donc pas longtemps après l’arrivée de Cro-magnon. Faut-il y voir la main de l’homme…moderne ?

Homo sapiens, héros ou bourreau ?

Penser que Cro-Magnon ait été responsable de son extermination est allé malgré tout un peu vite en besogne. Il est probable que les confrontations furent limitées du simple fait de la taille réduite des populations concernées, quelques milliers d’individus(4). En effet, sur des centaines de squelettes analysés, seuls 2 montrent des blessures, qui plus est non mortelles.

Laissons le mot de la fin au paléoanthropologue Pascal Picq : « Par delà les controverses, on recense pas moins de quatre espèces d’hommes (5) sur l’Ancien Monde autour de 100 000 ans, une petite planète d’hommes. Aujourd’hui, il n’en reste qu’une seule répartie sur toute la Terre, la nôtre. Alors triomphe ou fin annoncée ? ».


 L’extinction de l’Holocène : premier génocide de l’humanité ?

Elle s’est manifestée entre 12 000 ans et 9 000 ans avant notre ère. Cette extinction va toucher surtout les grands animaux et notamment les grands-mammifères, ce que l’on nomme la mégafaune. 80 % des  animaux de plus d’1 tonne seront éradiqués, comme le mammouth laineux.

L’holocène est la période qui s’étend sur les 10 000 dernières années, elle correspond à un âge interglaciaire qui débute avec la fin de la dernière glaciation, la glaciation de Würm. Elle se poursuit aujourd’hui bien que certains évoquent une novelle période : l’anthropocène, une période modelée par les activités humaines.

Le taux d’extinction actuel des espèces est de 100 à 1 000 fois supérieurs au taux moyen naturel constaté dans l’histoire de l’évolution de la planète. En 2007, l’UICN a évalué qu’une espèce d’oiseaux sur huit, un mammifère sur quatre, un amphibien sur trois et 70 % de toutes les plantes sont en péril(6).

Le plus triste exemple de cette extermination est celle du Dodo, oiseau de l’Ile Maurice peu agile mais qui jusqu’à l’arrivée des européens n’avait aucun prédateur. Le dodo  disparaitra au XVIIIème victime de l’homme pour qui il était un gibier facile mais aussi victime des animaux importés par l’homme qui vont piétiner ses nids construits au sol.

Alors, Neandertal  tout comme le Dodo et probablement d’autres espèces comme Erectus et Floresiensis,  simples gibiers pour l’homme moderne ? C’est la thèse du paléontologue Bienvenido Martinez-Navarro et du biologiste Policarp Hortola qui ouvertement dans la revue scientifique  Quaternary International accusent l’homme de génocide(7).


 Pâques : l’ile de la désolation

Devant nous, l’océan Pacifique à perte de vue. La première terre habitée est à 2 300 km, le premier continent à 3 700 km. L’endroit est volcanique et aride. Là, se dressent plusieurs centaines de statues, au total près de 900, dont plus de la moitié inachevées.

Le premier Européen à y poser le pied est l’amiral hollandais Roggeveen, le dimanche de Pâques 1722. L’île de Pâques, aujourd’hui Rapa Nui, est l’une des terres les plus isolées du monde. Bienvenue sur l’île de la désolation. Elle est sans conteste le triste exemple de la capacité d’extermination et de dévastation de l’homme.

On ignore aujourd’hui encore l’enchaînement réel des événements. La première présence humaine sur l’île, datée entre 400 et 800 après J.-C., a récemment été mise en cause par de nouvelles analyses, fondées sur une datation au carbone 14, qui laissent à penser que l’arrivée des premiers habitants pourrait être beaucoup plus récente, entre l’an 1000 et l’an 1200.

Les toutes premières exterminations - Ile de Pâques

Est-ce par croyance et pour dresser leurs célébres statues que les habitants vont procéder à la coupe en règle des arbres de l’île ? Une chose est sûre,  à cette déforestation aveugle s’ajoute une exploitation des ressources naturelles par nécessité due à l’augmentation de la population, jusqu’à près de 15 000 personnes selon certaines sources (8).

Tout cela finit par engloutir tout espoir même de survie  Plus de pirogue pour la pêche, impossibilité de se chauffer, de faire la cuisine ou de construire de nouvelles habitations. On ose imaginer ce qui traversa l’esprit à celui qui abattit le dernier arbre de l’île . Bref, après la fête, la gueule de bois.  

A partir du milieu des années 1600, le bois finit par manquer totalement. La population se rabat alors dans des grottes. Faute de couverture forestière, le sol s’appauvrit entraînant baisse des rendements agricoles et érosion. La descente aux enfers est en marche.

L’île sombre dans la misère, la famine…et dans le cannibalisme. De 7000 personnes,  la population va décliner jusqu’à atteindre 111 personnes en 1877, suite à une épidémie. Une autodestruction pour non assistance à nature en danger.


1 – source : http://www.normalesup.org/~adanchin/histoire/antiquite.html
2- Etude publiée en mars 2012 dans le magazine « Science », Susan Rule – Université de Canberra (Australie)
3-  Le nouvel Observateur : 9 août 2012 – n°2492
4- Bruno Maureille, directeur de recherche au CNRS –
Le point – 19 juillet 2012 N°2079
5- « Neandertal, en Europe, en Asie et dans une partie du Proche-Orient ; Denisoviens (homo Denisoviensis  en Asie ; les hommes de Flores (Homo florensiensis) ; les hommes de Solo à Java (Homo soloensis) et enfin nous, Homo sapiens.  « L’homme est-il un grand singe politique ? » – Pascal Picq- Ed. Odile Jacob – Novembre 20115 -  
6-
Site Ideeneo.fr
7 – Le point – 19 juillet 2012 N°2079
8- « Les guerres du climat, pourquoi on tue au XXI ème siècle » – Harald Welzer – Ed. Gallimard


A visionner pour mieux comprendre :

  • L’homme de Neandertal : une autre espèce humaine :

A voir et à lire pour aller plus loin :

Les tout premiers dessins animés…

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A partir de – 35 000 ans

La préhistoire fait son cinéma !

 

Panneaau des Lions de la grotte de Chauvet

Panneaau des Lions de la grotte de Chauvet

Et si les grottes préhistoriques de Dordogne renfermaient les tout premiers « studios de cinéma » de l’histoire ! Non, preuve à l’appui, ce n’est pas du cinéma. Moteur !

Scène 1 : le thaumatrope.

De quoi s’agit-il ? Un thaumatrope n’est ni une espèce de dinosaure ni une divinité préhistorique ni un traumatisme quelconque. Il s’agit tout simplement d’une sorte d’instrument optique qui exploite la persistante rétinienne pour produire l’illusion d’une image animée. Le terme vient du grec thauma qui signifie « prodige » et de tropion voulant dire « tourner ». Autrement dit : un « prodige tournant ».

Exemple de thaumatrope

Exemple de thaumatrope

 

La préhistoire du cinéma : un vrai prodige

Cet objet est considéré comme le tout premier jouet optique préfigurant, d’une certaine manière, la technique cinématographique. Jusqu’ici son invention, vers 1820, est attribuée à deux anglais : William Henri Fitton et à John Ayrton Paris à partir d’un concept issu de l’astronome John Herschel.

Mais voilà que des analyses récentes (1) pourraient nous conduire à faire un flash-back de 15 000 ans et nous porter à l’époque du magdalénien, donc de la préhistoire, la vraie.

 

La rondelle aux chamois avec sa cordelette

La rondelle aux chamois avec sa cordelette

On a en effet découvert sur le site de Laugerie-Basse en Dordogne une rondelle en os dite « aux chamois » perforée en son centre. Cet objet porte sur chacune des faces une position différente de l’animal, correspondant à des phases successives du mouvement de la bête.

Le chamois d’or !

Des expériences élémentaires ont permis de reproduire l’animation telle qu’elle pouvait se pratiquer à l’époque. Soit par simple manipulation de l’objet, soit en introduisant un fil de tendon naturel au sein du trou central. Le résultat produit une rotation rapide de la rondelle, avec pour effet d’animer le chamois.

D’autres objets, de factures et d’époque similaires, prouvent qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé. En témoigne la petite plaquette se schiste issue de la grotte d’Isturitz située dans les Pyrénées-Atlantiques. Celle-ci arbore deux dessins de renne, couché sur une face, debout sur l’autre.

Le principe exploitant la persistance rétinienne, qui est à l’origine de l’invention de la caméra et du cinéma, semblait, toute proportion gardée, connu de l’homme de Cro-Magnon !

Scène 2 – Le lion s’anime ce soir…

Mais remontons encore le temps jusqu’aux alentours de 30 000 ans. En examinant les œuvres pariétales de l’époque, on observe que bon nombre d’entre elles proposent des représentations dynamiques du mouvement. Technique graphique d’animation que l’on pensait être une invention récente de l’humanité. L’apanage du cinéma et des bandes dessinées.

Que nenni ! Les artistes de sites de Chauvet (-36 000 ans), et plus récemment de Lascaux (-17 000 ans), d’Altamira (-15 000 ans) de Niaux (- 13 000 ans) ou d’autres encore, en voulant « insuffler » la vie à leurs sujets, ont conçu des conventions graphiques proches de celles employées de nos jours.

Par exemple, la fresque des Lions de la grotte de Chauvet, peinte il y a 35 000 ans (voir image d’ouverture) illustre parfaitement cette narration graphique. Il s’agit d’une scène de chasse où figurent à la fois le mouvement de chaque lion mais aussi celui de la meute et du troupeau de bisons s’enfuyant.

Un autre exemple est la frise des Lions de la grotte de la Vache (Ariège) où l’on y voit une série de félins gravés sur une côte de bovidé. Il est probable que l’artiste ait voulu illustrer le même lion dans les différentes étapes de sa course.

Premiers documentaires animaliers…

Les peintres du paléolithique ont compris que mettre en scène les animaux en superposant plusieurs membres permettait de simuler le mouvement. Le trot du Cheval de la grotte de Lascaux est, sur ce principe, appuyé par le fait que le mouvement de sa tête est décomposé en 5 images illustrant des positions différentes.

Leurs intentions, à travers les tableaux successifs, étaient à l’évidence de raconter de manière illustrée et explicite les moments forts de leur existence. Tranches de vie marquées par des histoires naturelles où se mêlent accouplements, chasse et même la mort. Bref, les tout premiers medium visuels de l’histoire.

Les recherches conduites depuis une dizaine d’années démontrent que 40 % des animaux des œuvres pariétales sont représentés en mouvement. Et cela sans compter, les représentations à l’apparence plus statique mais qui s’animent sous l’effet d’un éclairage d’époque qui était constitué de torches ou de lampes à graisse.

Marc Azéma, préhistorien et réalisateur de films, en conclut « …que la plus grande partie du bestiaire pariétal devait être animée pour les artistes préhistoriques »(2).

Les tout premiers documentaires animaliers, en quelque sorte !

Mis à jour le 26 juillet 2012

La préhistoire en mouvement

Deux procédés sont employés par les artistes de la préhistoire pour animer leurs œuvres (2) et en restituer ainsi le côté vivant :
- La juxtaposition d’images, comme affubler 8 pattes à un bison (grotte de Chauvet);
- La représentation d’images successives, permettant de décomposer un cycle de mouvements tel le galop.

Intuitivement, ils utilisent la persistance rétinienne, l’une des propriétés spécifiques de l’œil qui consiste à conserver  en mémoire une image durant 50 millisecondes. Le cerveau recompose ensuite la succession d’image en une séquence donnant l’illusion d’un continuum.


Coup de tonnerre sur les coups de « pinceaux » de la préhistoire

Le titre de tout premier artiste de l’humanité pourrait bien ne pas revenir à un homme, au sens Homo sapiens, mais à Neandertal, simple cousin malheureux de l’homme moderne, disparu de la circulation voici 30000 ans environ.

Cette révélation(5), s’il elle était confirmée, bouleverserait notre conception de l’évolution humaine. L’hypothèse repose sur les dernières datations d’œuvres pariétales peintes sur les parois de la grotte d’El Castillo (nord-ouest de l’Espagne). Datations dont les méthodes incitent toutefois à la prudence. Il s’agit d’un disque de pigment rouge daté de – 40 800 ans et d’une empreinte de main négative remontant à – 37 800 ans. 

Ces premières œuvres de l’histoire ne représentent pas d’animaux ce qui suggèrent également que les premiers traits artistiques pourraient être non figuratifs comme supposés jusqu’à présent(6).    

Evidemment, considérer Neandertal comme un artiste, et qui plus est, le tout premier artiste de l’histoire, remet en cause tout l’édifice sur lequel repose la spécificité, pour ne pas dire la suprématie de l’homme, le vrai, face à ses congénères. 

Car, reconnaître que la capacité de création n’est plus l’apanage de cet homme moderne et que Neandertal en est aussi doté, c’est franchir le Rubicon « cognitif » que beaucoup de spécialistes hésitent encore à franchir. Suite à la prochaine…datation.  


1 – Théorie défendue par Jean Azéma, préhistorien, chercheur au CNRS et membre de l’équipe scientifique de la grotte Chauvet,  expérimentée par Florent Rivère, illustrateur, paléo-expérimentateur, spécialiste de la préhistoire
2-  L’origine préhistorique du Cinéma – Jean Azéma – Pour la Science N° 417  Juillet 2012
3- http://www.f-river.fr/index.php 
4 – Pour en savoir plus sur la naissance du septième art : animage.org
5- Sources :  Sciences & Avenir – août 2012 / revue Science – 15 juin 201
6- Pour aller plus loin sur ce sujet, lire l’article sur le site Hominides.com


A visionner pour mieux comprendre :
    • Principes d’animation utilisés par les artistes du paléolithique :

    • L’origine préhistorique du cinéma, par Marc Azéma :

    • Premier film érotique ! Pour le plaisir :


Pour aller plus loin :
  • La Préhistoire du cinéma : Origines paléolithiques de la narration graphique et du cinématographe…, de Marc Azéma – Ed. Errance, 2011L’auteur part des images de la grotte Chauvet pour terminer par les premiers dessins animés et l’apparition du cinéma et les films de Méliès. Un voyage fascinant à travers l’art universel, sur tous les continents, pour démontrer que les techniques « cinématographiques » ont toujours été présentes et que « l’archéologie du cinéma » est bien plus ancienne qu’on ne le croit. Un DVD complète la démonstration, en animant des images de mouvements décomposés savamment par les artistes anciens.
  • La grotte Chauvet : L’art des origines, de Jean Clottes – Ed. Seuil, 2001Le plus ancien nu féminin tracé sur une paroi date de 33 000 ans. C’est l’une des découvertes exceptionnelles livrées par la grotte Chauvet (Ardèche). Fouillée depuis 1995 par une équipe pluridisciplinaire sous la direction de Jean Clottes, elle ne sera jamais ouverte au public. Cet ouvrage scientifique très accessible a donc été conçu comme une visite permettant à tous les amateurs de préhistoire d’apprécier la grande richesse d’un tel site rupestre. De nombreuses photographies des représentations animales répertoriées en révèlent la qualité impressionnante. Des relevés d’empreintes accompagnés de graphiques reconstituent les différentes périodes d’occupation de la grotte et leur datation. Des cartes permettent de localiser l’emplacement des salles par rapport à l’ensemble du lieu. Ainsi renaissent sous les yeux du lecteur les gestes des premiers peintres et l’émotion que suscite la découverte d’un univers vieux de tant de millénaires

Les toutes premières chaussures

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- 30 000 ans

Dans les coulisses du pied

scarpe

Énoncé du problème : combien de paires de chaussures ont été consommées par l’humanité ? Trop d’inconnues pour résoudre sérieusement ce problème mais on progresse…à petits pas.

On sait qu’environ 80 milliards de personnes ont vécu sur Terre (si l’on arrête le décompte à l’an 2000). On pense désormais que les premières chaussures remontent à 30 000 ans (peut-être même à 40 000 ans).

Cette estimation s’appuie sur l’analyse de l’anatomie des premiers humains et notamment des os des pieds. On a remarqué une réduction de la force du plus petit orteil. Les os des porteurs de chaussures sont plus graciles ! Et cela remonte à plus de 30 000 ans. Depuis, les chaussures ont fait leur chemin.

La plus vieille  chaussure en cuir connue date de 5500 ans. Confectionnée en cuir, lacée et fourrée d’herbe, elle a été retrouvée dans une grotte en Arménie (Science & Vie /Août 2010), bien conservée grâce à des excréments de moutons. Elle chaussait un pied droit d’une pointure correspondant au 37 actuel.  

Quant au problème, il ne reste plus qu’à connaître la consommation moyenne de chaussures selon les différentes époques. Et là, pas besoin de pied…à coulisse.

Actualisé : le 18 septembre 2010

Autres points de vue à découvrir :

  • Histoires de chaussure : 100 photographies pour Handicap International, de Amel et Frédérique Liénart. Cent photographes mettent en scène une histoire de chaussures. Leurs images traduisent la diversité des rapports parfois contrastés que chacun entretient avec ses pompes, une relation amusée, capricieuse ou compulsive, parfois douloureuse…
  • La Chaussure sous toutes ses coutures Découvrir la chaussure sous toutes ses coutures, connaître son histoire, comprendre sa conception et sa fabrication, tout savoir sur le confort, la qualité, son essayage, son entretien, son vocabulaire… « La Chaussure sous toutes ses coutures » est un livre à mettre entre toutes les mains.
  • Catalogue des chaussures de l’antiquité égyptienne. Les collections archéologiques du musée du Louvre recèlent des séries insolites. Pour la première fois, un musée consacre un catalogue scientifique à une collection de chaussures égyptiennes.