mercredi, 20 septembre 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

E. -1Ma à -100 Ka

Les toutes premières scènes underground

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- 176 500 ans

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Men in black !

Victimes de préjugés et d’une réputation de brute épaisse qu’il ne mérite pas, Neandertal, contre toute attente, a fait preuve de maitrises que l’on pensait être l’apanage des vrais hommes, l’homo sapiens ! Parmi ces maitrises, Neandertal s’est montré capable de s’aventurer dans le fin fond des grottes obscures 140 000 ans avant notre espèce. Essayons d’y voir plus clair !

Les spécialistes en restent coi ! Et il y a de quoi : jamais, ils auraient imaginé l’homme de Neandertal (-300 000 à – 28 000 ans) capable d’autant d’audaces et de maitrises.

Grotte-Bruniquel-resizeNeandertal : déjà une grande maîtrise

Maitrise de soi pour commencer, car s’aventurer dans les profondeurs d’une grotte, loin de la lumière naturelle est déjà une prouesse en soi pour l’époque. A cela, il faut ajouter la capacité de revenir sur ses pas pour retourner à l’air libre, ce qui implique la création d’une image mentale de la topographie des lieux.

Maitrise du flambeau ensuite, car pour partir à la découverte des galeries souterraines, il fallait que ces individus fassent reculer l’obscurité et qu’ils utilisent des torches dont il fallait gérer la flamme.

Maitrise « d’ingénierie » enfin, si l’on se réfère aux structures circulaires de stalagmites construites par ces hommes. Pour y parvenir, il aura fallu qu’ils s’aventurent profondément et découvrent une salle « ornées » de ces stalagmites, qu’ils les brisent par centaine et qu’ils les assemblent pour former des petits enclos circulaires.

Tout cela s’est passé, il y a plus de 176 000 ans dans la grotte de Bruniquel dans le Tarn & Garonne, à plus de 300 mètres de l’entrée de la grotte. Il s’agit de la plus ancienne pour ne pas dire la toute première construction découverte loin de lumière du jour et l’une des toutes premières explorations primitives.

Est-il étonnant que ce grand gaillard de Neandertal qui affrontait les bêtes et inhumait ses morts et taillait déjà ses outils, n’ait pas peur du noir ?

Oui et non, car comme le souligne Jacques Jaubert(1) « encore aujourd’hui, tous les peuples ne vont pas dans les mondes souterrains ; ils sont parfois tabous, ignorés ou effraient »

Publié le 17 juin 2016

Les hommes de cavernes préféraient le grand-air !

Lorsqu’on se référe aux hommes préhistoriques, on a coutume de parler d’hommes des cavernes.

neandertal-grotte_0Eh bien, c’est une idée reçue qui est fausse. Les hommes du paléolithique, vaste période qui couvre de – 3 millions d’années à – 12 000 ans, ne vivaient pas dans les cavernes et les grottes, du moins pas régulièrement.

S’ils s’installaient parfois à l’entrée des grottes pour pouvoir bénéficier de la lumière du jour, ils n’élisaient pas domicile au fin fond des cavernes pour de simples raisons de salubrité. Humidité, obscurité, mauvaise aération, difficile d’accès, autant de raisons qui n’incitaient pas les hommes préhistoriques à s’y installer sauf de manière ponctuelle pour y déployer leurs talents d’artistes ou pour se protéger.

Les hommes des cavernes préféraient les surplombs rocheux ou construire des campements en plein air, en dehors donc des cavernes !

Sur la fin des cette période, l’homme de Cro-Magnon étaient capables d’édifier des huttes comportant des toitures faites de peaux de bêtes soutenus par des piquets comme en témoigne le site de la Vigne-Brun [Loire] (2) vieux de 23 000 ans.

 


Nous avons tous un peu de Neandertal en nous !

Neandertal jusqu’à récemment n’avait pas une bonne image. Tandis que Cro-magnon, c’est à dire nous, était vu comme l’homme idéal, son cousin, Neandertal était considéré comme une brute épaisse.

Neandertal-adn2

Mais ça c’était avant ! Depuis une bonne décennie, Neandertal est devenu plus fréquentable. Neandertal a arpenté la planète durant 200 000 ans (entre 300 000 ans et 28 000 ans environ) et a côtoyé l’Homo Sapiens, l’homme moderne, durant 8000 ans avant de disparaître, victime probablement de ce dernier.

Vision très développée, alimentation diversifiée contrairement aux idées reçues, capable d’innovations et sans doute déjà artiste dans l’âme, Neandertal se montre finalement très proche de nous.

Mais il avait des points faibles qui lui ont été fatal : moins à l’aise en matière de relations sociales et des capacités cognitives moins performantes et surtout un taux de fécondité inférieur à celui de l’Homo Sapiens.

Neandertal ayant fricoté avec l’homme moderne, il a laissé son empreinte génétique avant de disparaître.

Neandertal a « distribué » plus de 20 % de son génome à l’Homo Sapiens, répartis certes de manière inégale. On estime ainsi que les Eurasiens intègrent entre 1 et 3 % de gènes néandertaliens dans leur propre ADN. Parmi la vingtaine de gènes actifs de ce génome, on trouve ceux qui codent la production de kératine (4), -protéine des cheveux ou de la peau- ou d’autres qui jouent un rôle dans le système immunitaire entraînant aussi certaines réactions allergiques.


1 – Professeur de Préhistoire – Université de Bordeaux
2- Science & Avenir N° Hors série – Septembre-octobre 2015 – La Grande Histoire de l’humanité- P. 61
3- Science, 29 janvier 2014
4- Céline Bon, chercheuse au Muséum d’Histoire Naturelle, citée dans Science & Avenir N° Hors série – Septembre-octobre 2015 – La Grande Histoire de l’humanité- P. 59


A voir et à lire pour aller plus loin :

Les tout premiers vêtements

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Posté par fabrice
 

- 170 000 ans

Poux dans la tête et puce à l’oreille !

 

A force de tirer les vers du nez aux moindres fossiles et de chercher les poux là jusque dans l’ADN, eh bien, on finit par avoir la puce à l’oreille…quant à l’apparition des vêtements.

C’est effectivement en déterminant la date de scission entre les poux de la tête (pediculus humanus capitis) et ceux du corps (pediculus humanus corporis), que les scientifiques sont parvenus, indirectement, à évaluer la date d’apparition des tout premiers vêtements.

Cette scission entre les deux types de parasites se serait produite, il y a environ 190 000 ans. Elle est la marque d’une différentiation écologique liée à l’usage fréquent des premiers vêtements. Ceux-ci seraient donc apparus entre 190 000 et 170 000 ans. C’est-à-dire, dès le début de l’apparition de l’Homo sapiens dont la naissance est fixée entre 160 000 et 200 000 ans.

Car les poux de tête n’auraient, selon les spécialistes, aucune prédisposition à se nicher dans les vêtements, et en seraient mêmes incapables; tandis que ceux du corps prendraient un malin plaisir à se lover dans les plis des vêtements.

Cette mutation entre les deux espèces de poux se serait opérée en quelques générations seulement. Elle témoigne ainsi d’un changement de mode de vie clé chez nos ancêtres, troquant leur « tenue vestimentaire native» basée jusqu’ alors exclusivement sur les poils pour les tout premiers habits de l’histoire.

L’Homo sapiens partagera probablement avec son concurrent, l’homme de Néandertal, ce nouvel équipement.

Ainsi dotés d’une nouvelle parure, nos ancêtres vont pouvoir quitter le sol africain, leur berceau, pour migrer vers des contrées au climat moins clément. Si l’habit ne fait pas le moine, il fera, en revanche, le bonheur du voyageur.



 
Une avancée de près de 100 000 ans

En 2003, une première analyse, reposant sur l’ADN mitochondrial, réalisée par des chercheurs allemands du Max Planck Institut for Evolutionary Anthropology de Leipzig (Allemagne) avait démontrait, grâce à une investigation génétique sur des variétés de poux, que l’invention des vêtements était une innovation africaine datant de 70 000 ans environ ; donc relativement récente. Les nouvelles révélations abordées ici, basées cette fois sur des prélèvements d’ADN nucléaire, avancent cette date de 100 000 ans.


A visionner pour mieux comprendre : l’homme de Néandertal, qui était-il ?
 
 

 

Le tout premier homme moderne

(votes : 21)
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Posté par fabrice
 

- 200 000 ou 300 000 ans

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« Tu seras un homme, mon fils »

« Qu’est-ce que l’homme dans la nature ?, s’interroge Blaise Pascal, un néant à l’égard de l’infini, un tout à l’égard du néant, un milieu entre rien et tout. ».

Ce « juste milieu » qui hélas ne se révélera pas toujours le Juste du milieu, fait ses tout premiers pas il y au moins 200 000 ans, peut-être même 300 000 selon une découverte récente qui bouleverse l’histoire « d’Homo sapiens »(1). Il sera baptisé bien plus tard par ses pairs, dotés comme lui d’un cerveau de 1400 cm3, d’Homo sapiens (3) ce qui signifie « homme sage ».

Mais en quoi se distingue cet homme qualifié de moderne de ses ancêtres et autres congénères ?

C’est la question que se pose Ivory, l’un des protagonistes du roman « Le Premier Jour » de Marc Lévy : « Le premier homme est-il vraiment celui qui s’est dressé pour marcher debout ? Est-il celui qui a décidé de tailler le bois et la pierre pour s’en faire des outils ? Le premier qui a pleuré la mort d’un proche, prenant conscience que sa propre fin était inéluctable ? Le premier à croire en une force qui lui était supérieure ou, peut-être, le premier à exprimer ses sentiments ? … »

Un long parcours qui a commencé il y a 25 millions d’années

Une chose est sûre, pour acquérir le titre d’homme moderne –et celui d’homme sage-, cela n’a pas été un parcours de santé !

Tout a commencé, il y a 25 millions d’années lorsqu’un groupe de singes se distingue des autres avec une différenciation au niveau du crâne et des mains qui préfigurent les nôtres.

Cependant les choses sérieuses débutent vraiment il y a 7 millions d’années, au Tchad, avec Toumaï, puis Orrorin (-6 millions d’années), les plus anciens hominidés connus (voir encadré).

Evolution du volume du cerveau depuis l'Homo habilis

Evolution du volume du cerveau depuis l’Homo habilis

Le genre Homo apparait il y a environ 2, 5 millions d’années, avec l’Homo habilis. C’est le début d’une longue lignée qui mènera jusqu’à nous.

A l’Homo habilis lui succéderont l’Homo ergaster (-2,3 millions d’années), originaire d’Afrique, l’Homo erectus (-1,8 millions d’années en Asie), l’Homo heidelbergensis (-700 000 ans), l’Homme de Neandertal (-250 000 ans) et enfin, le fameux Homo sapiens dont la date de naissance était jusqu’ici estimée entre -160 000 et – 200 000 ans mais dont la découverte du site de Djebel Irhoud pourrait repousser sa naissance de 100 000 ans la propulsant à 300 000 ans.

En réalité, cette notion de succession n’est pas exacte car les espèces ont cohabité, comme par exemple l’Homo habilis et l’Homo ergaster ou l’homme de Néandertal et l’Homo sapiens. Sans parler de l’Australopithèque – dont fait partie la célèbre Lucy-, à mi-chemin entre le singe et l’homme, qui a partagé les sorts de l’Homo habilis à celui d’Homo erectus avant disparaitre corps et biens.

Un bien bel équipement !

L’Homo sapiens des origines dispose d’un cerveau  comparable en volume au nôtre (environ 1400 cm3), bien plus performant que celui des autres primates. Il ne fait pas encore de distinction entre les objets inanimés et la nature. Il considère que tout est vivant, avec comme corollaire, une prise de conscience de la mort qui va le conduire jusqu’à enterrer les siens. Le chien est déjà son meilleur ami et il n’hésite pas à jouer avec. C’est un compagnon de voyage qui l’accompagnera au cours de ses périples, en Europe ou au Moyen Orient.

Ces premiers humains ont donc beaucoup de points de ressemblance avec nous. « Leur visage n’était pas très différent de celui de n’importe qui dans le métro » affirme Jean-Jacques Hublin (2) de l’Institut Max-Planck d’anthropologie évolutionniste de Leipzig et Collège de France et découvreur des fossiles du site marocain repoussant l’âge d’Homo Sapiens à 300 000 ans (cf encadré ci-dessous).

Ces premiers hommes n’ont pas encore la notion de possession. Lors de leurs déplacements qui les conduits, il y a 60 000 ans, vers l’Europe et l’Asie occidentale, ils s’encombrent du strict nécessaire : des outils, des armes, des vêtements. Auxquels s’ajouteront, comme l’écrit Jacques Attali, des connaissances, des langues, des rites, des histoires, bref toute une culture.

Quand j’entends le mot culture, je tire…ma révérence !

Un bardât qui deviendra de plus en lourd à porter mais indispensable pour résister à une nature qui, elle, au contraire des humains, continuera à ne faire aucun sentiment.

Homo habilis versus homo sapiens

Portrait à qq millions d’années d’intervalle ! (voir « A lire et tester »)

C’est peut-être ce bagage culturel qui fera la différence face à d’autres espèces d’hommes comme l’Homme de Neandertal qui, lui, finira par s’éteindre au moment où apparait l’homme de Cro-Magnon.

Celui-ci pointe son nez, il y a 35000 ans. Tout dernier modèle de la « série Homo », il se voit équiper des toutes dernières innovations que l’on va retrouver chez nous !

L’évolution vers l’homme actuel n’a pas été un long fleuve tranquille. Comprendre comment ont évolué les espèces d’Homo les unes vers les autres demeure encore à bien des égards mystérieux.

En revanche, nous avons la certitude que depuis 30 000 ans, pour la toute première fois, une seule espèce d’Homo peuple la Terre : la nôtre.

 

actualisé le 11 juin 2017

Etes-vous plutôt Arche de Noé ou Chandelier ?

Actuellement, deux théories s’affrontent pour expliquer l’évolution humaine. Celle dite du « chandelier » qui avance que l’homme moderne serait le fruit d’évolutions picorées à la fois chez l’Homo ergaster en Europe et l’Homo erectus en Asie ; et la théorie davantage étayée, dite « de l’arche de Noé » qui fait de l’Afrique l’unique berceau de l’humanité, avant une migration sur l’ensemble de la planète.


Vous avez dit Hominidé ?

Brève explication pour ne pas se perdre dans la jungle des désignations de nos ancêtres qui ont jalonné ce que l’on nomme la préhistoire :

  • Les hominidés comprennent l’homme actuel, ses ancêtres mais aussi les gorilles et les chimpanzés Il s’agit des mammifères de la famille des primates en mesure de se mouvoir entièrement ou en partie grâce à leurs 2 jambes, de pratiquer une vie sociale et d’être capable de fabriquer des outils;
  • les homininés représentent une sous famille de la précédente. Elle inclut la lignée qui conduit à l’homme actuel depuis l’australopithèque apparu il y a 4 millions d’années, dont la célèbre Lucy (3,2 millions d’années) ;
  • Le genre Homo désigne toutes les espèces de la lignée humaine dont la première est l’Homo habilis apparu, il y a 2,5 millions d’années, environ et la dernière l’Homo sapiens, le premier homme moderne apparu en Afrique, il y a donc 200 000 ans.

 Connaissez-vous bien la famille ?

homo-sapiens-et-neandertal_la famillle

  • Homo habilis signifie homme habile. Il a vécu en Afrique de l’Est et du sud entre 2,5 millions d’années et 1,5 million d’années (Ma);
  • Homo ergaster (homme qui se déplace) apparait en Afrique, il y a plus de 2 millions d’années. Il va migrer vers l’Asie. Il évoluera en Homo erectus (homme debout) vers 1,8 million d’années pour s’éteindre 300 000 ans avant notre ère. Omnivore, on lui attribue la maîtrise du feu;
  • Homo heidelbergensis pourrait être selon certains scientifiques l’ancêtre commun à l’Homo sapiens et à l’Homme de Neandertal. Il vit en Afrique et en Europe entre 700 000 ans et 200 000 ans avant notre ère; 
  • Homme de Neandertal fait son apparition il y a 250 000 ans pour disparaitre il y a 30 000 ans. Il cohabitera donc avec l’Homo sapiens . Il vivra en Europe et au Moyen-Orient et sera le tout premier à enterrer ses morts.
  • Homo sapiens entre en scène il y a sans doute 300 000 ans  en Afrique, voyagera et atteindra l’Europe, il y a près de 40 000 ans. Il sera alors connu sous le nom de l’homme de Cro-Magnon.
  • et homo floresiensis, ou Homme de Florès, espèce (spécifique ?)  de petite taille découverte en 2003 en Indonésie, ayant vécu entre – 95 000 ans et – 12 000.

Les hobbits sont-ils des hommes de Florès ?

Bilbo, le Hobbit, a-t-il un lien de parenté avec l'homme de Florès ?

Bilbo, le Hobbit (4) ressemble par sa petite taille à l’homme de Florès, découvert en 2003 sur l’ile de Florès en Indonésie.

Nous avons à faire à des individus de petit gabarit, 1 mètre environ et une trentaine de kilos, connus que sur cette île. Cette espèce, s’il s’agit bien d’une espèce en tant que telle,  descendrait directement de l’homo habilis, voire de l’homo erectus.

Malgré un cerveau de la taille d’un pamplemousse, l’Homme de Florès n’en a pas moins fabriqué des outils et maitrisé le feu.

De là à lui conférer des pouvoirs et un destin exceptionnels à la Bilbon Sacquet, le Hobbit de Tolkien, cela revient à nous compter « florès »…


Coup de vieux pour le premier jeune homme !

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Le Maroc pourrait être le berceau de l’humanité.

La découverte du site de Djebel Irhoud déplace nos origines vers le Nord-Ouest du continent africain (jusqu’ici situé en Afrique du sud et de l’est) et surtout repousse de 100 000 ans les tout premiers pas de nos ancêtres directs. Même si, comme le souligne l’anthropologue Jean-Jacques Hublin « bien malin qui pourrait donner un point d’origine » (2) à notre espèce.

Le site Djebel Irhoud  est situé entre Marrakech et l’océan Atlantique. Là, vont être exhumés, année après année, au total 5 individus dont un ado et un enfant de 7 à 8 ans.

Les datations laissent penser que l’ensemble des fossiles remonte à environ 315 000 ans (avec une marge d’erreur de 10 %) même si certains scientifiques réfutent cette datation.

Pour Yves Coppens « C’est une très belle découverte qui semble confirmer un foyer africain pour l’origine humaine » (2).

 


1 – Découverte par l’équipe de Jean-Jacques Hublin de 5 fossiles sur le site marocain de Djebel Irhoud.
2 – Citation dans « Le Monde » du 7 juin 2017, article par Hervé Morin.
3-
Depuis 2003, l’homme de Neandertal et l’Homo sapiens sont considérés comme deux espèces différentes, il n’y a donc plus de raison de parler de l’homo sapiens sapiens. En revanche, le terme d’Homo sapiens archaïque est parfois utilisé pour désigner les premiers homo sapiens, avant – 35 000 ans.
4 – Référence au Film sorti fin 2012 « Le hobbit : un voyage inattendu », premier volet d’une trilogie issue de l’oeuvre de J.R.R Tolkien.


A visionner pour mieux comprendre :

 

 


A lire ou à tester pour aller plus loin :

  • L’Homme premier. Préhistoire, évolution, culture de Henry de Lumley, directeur du Muséum d’Histoire Naturelle et du Musée de l’Homme. Il a une connaissance passionnée de la préhistoire et sait mettre tout son enthousiasme à la faire partager. Simple, richement illustré, ce livre permet de découvrir la préhistoire et offre une vision inattendue d’un passé si lointain, de lieux si différents, et pourtant si proches.
  • La Grande Histoire des premiers hommes européens De site en site, de la Géorgie à l’Italie et à l’Espagne, de la France méridionale à celle du Nord, voici une invitation à marcher sur les traces des premiers Européens. À chaque pas, c’est une étape de l’évolution que l’on découvre.
  • L’homme, cet étrange animal de Jean-François Dortier, sociologue et fondateur du magazine Sciences Humaines.  Un étrange animal est apparu sur terre il y a deux millions d’années, avec l’Homo habilis. Il s’est mis à parler, à fabriquer des outils, à produire des oeœuvres d’’art, à enterrer ses morts et à inventer des dieux. Comment expliquer l’’émergence de ces comportements nouveaux ?  Les recherches sur les cultures animales, l’’émergence du langage, l’’évolution du cerveau, les origines de l’art et de la religion renouvellent constamment la question du « propre de l’homme ».
  • Un portrait de vous, comme si vous étiez un Homo habilis, cela vous tente ? Rendez-vous sur le photomaton de l’époque!

La toute première scène de crime

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- 430 000 ans

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Petit meurtre entre amis !

Au paléolithique (1), les occasions et les motifs de conflits semblent plutôt rares. C’est pourquoi, il est probable que l’affrontement entre 2 individus, il y a 430 000 ans, ayant entrainé la mort de l’un deux, représente l’un des tout premiers meurtres commis sur Terre. Retour sur la scène de crime !

Que sait-on de ce meurtre et de la toute première scène de crime de l’Histoire ?

Un affrontement mortel

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On sait qu’il a eu lieu dans le nord de l’Espagne à Atapuerca, il y a plus de 400 000 ans (2). On sait aussi que la victime est un jeune adulte de l’espèce Homo heidelbergensis, espèce qui, selon toutes vraisemblances, a précédé l’homme de Néandertal.

On sait encore que le crâne de la victime présente des traces de fractures au-dessus de l’œil gauche témoignant de coups violents et répétés.

L’arme du crime devait être un objet contendant comme un biface ou une pointe de lance en pierre. Enfin, dans la mesure où les blessures ne se sont pas cicatrisées, on peut en déduire que les coups assénés ont dû être mortels.

En revanche, même si l’acte semble intentionnel, on ignore les circonstances réelles de cet affrontement entre ces 2 individus. C’est donc aller un peu vite en besogne que de parler de meurtre prémédité.

Encore peu de motifs de rivalités

D’autant que de tels comportements agressifs étaient très rares à cette époque. Sur une période de 2.5 millions d’années, on constate parmi les chasseurs-cueilleurs, qu’une demi-douzaine de marques de violence (3).

Faut dire que l’époque n’incitait pas à faire usage de la violence : pas de biens justifiant une quelconque convoitise, peu de proximité entre les groupes d’individus et une nourriture plutôt abondante.

Une époque encore peu propice aux conflits; autrement dit, le bon vieux temps.

Publié le 21 mai 2016

Les tout premiers guerriers

L’un des tout premiers conflits avérés de l’humanité a eu lieu il y a 13 000 ans sur le bord du Nil, au pied d’un massif montagneux (4).

biface-violence

Auparavant, on recense bien d’autres actes de violence comme l’atteste l’un des tout premiers meurtres évoqués plus haut ou encore avec le cannibalisme dont les premières traces remontent à 800 000 ans, en Espagne (5) et un peu plus tard en France, à Tautavel vers 450 000 ans.

Les motifs de se quereller ont toujours existé même s’ils n’étaient pas si nombreux et variés qu’aujourd’hui : convoitises de femmes, de ressources, de biens ou simple volonté de se faire respecter, l’être humain a sans doute toujours été bagarreur.

Mais c’est à partir du néolithique, c’est-à-dire 10 000 avant notre ère, que les choses se gâtent ! Avec la montée en puissance de l’agriculture, la démographie et les richesses explosent. On cherche à préserver ses biens ou à accaparer ceux de son voisin. Cela engendre des conflits jusqu’ici inconnus, en fréquence comme en importance.

Par exemple, il y a 7 000 ans, des traces importantes de massacres ont été relevés en Allemagne et en Autriche.

Bientôt va apparaitre la notion de pouvoir avec des leaders qui recherchent à la fois le prestige, la reconnaissance et la richesse. Ils vont assoir leur autorité sur une nouvelle classe d’individus : les guerriers et une nouvelle catégorie de « sur-hommes »: les héros.

Le sentier de la guerre est ouvert.


1 – Le paléolithique s’étend de -3 millions d’années à – 20 000 ans
2 – Analyse publiée le 27 mai 2015, par Plos One
3 – Marylène Patou-Mathis, préhistorienne au Muséum national d’histoire naturelle – Hors-série Science et avenir – Septembre/octobre 2015
4 – Selon Jean Guilaine, professeur émérite au Collège de France, sur ce lieu ont été exhumés les dépouilles de 59 individus.
5 – Vincent Vanderberg, historien à l’Université libre de Bruxelles


A visionner pour mieux comprendre :