mercredi, 10 mars 2010

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

A. -500 à -400 Ma

La première grande extinction

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Posté par fabrice
 

- 440 millions d’années

Trois petits pas et puis s’en vont

Il est probable que, parmi les 30 milliards d’espèces ayant vécu sur Terre depuis l’explosion du Cambrien, il y a 530 millions d’années, 99,9 % ont été éradiqués. Vous noterez que nous figurons dans le club très fermé des 0,01% de survivants.

Parmi les raisons de cette hécatombe, on va évidemment trouver les extinctions massives. La Terre en a connu cinq ; cinq grandes extinctions qui ont détruit jusqu’à 95 % des espèces (440 millions d’années, 360 MA, 250 MA, 210 MA, 65 MA). La plus célèbre d’entre elles, celle survenue il y a 65 millions d’années, a mis un terme, comme chacun sait, au règne des dinosaures.

La toute première extinction de masse remonte, quant à elle, à 440 millions d’années. Elle provoque la disparition de nombreuses familles d’animaux marins issues de la « faune de Burgess »[1]. Avant l’extinction, il n’était pas question pour la vie de pointer le « bout de son nez » en dehors des océans. Après, plantes puis animaux vont dépasser cette ligne bleue pour une aventure tout terrain.

La morale de l’histoire : ces catastrophes naturelles, que l’on attribue souvent à des collisions de météorites, se révèlent être, en fait, une chance pour l’évolution de la vie. A chaque fois, on assiste à un sursaut d’inventivité. Preuve en est, la catastrophe, qui élimina les dinosaures, profitera aux mammifères.

Toutefois, le risque est à la hauteur des gains potentiels car, à chaque épisode cataclysmique, la biodiversité plonge vers des minima dangereux. De ce point de vue, la plus destructrice fut la troisième extinction, celle de la fin du Permien, vers 250 millions d’années. 96 % des espèces marines et probablement autant des animaux terrestres disparaissent. De multiples facteurs concourent à ce drame de l’évolution : le rassemblement des continents en un supercontinent, la Pangée qui s’étend d’un pôle à l’autre, réduisant d’autant l’espace vital des animaux marins, des éruptions gigantesques de lave en Sibérie, une baisse du niveau des mers.

D’ailleurs, d’une manière générale, les scientifiques ont constaté qu’à chacune des extinctions coïncide une baisse très sensible du niveau des mers.

Leakey Lewin, un paléoanthropologue de renommée internationale, compare l’histoire de la vie a une pièce de théâtre où, après chaque entracte, la distribution est complètement changée. Certains personnages disparaissent ou passent de rôles majeurs à des seconds rôles, et vice versa.

Malgré ces accidents de la vie récurrents, la biodiversité ne cesse de progresser et atteint probablement actuellement son plus haut niveau. Avec l’arrivée de l’homme, est-ce le champ du cygne ? On sait qu’une espèce animale a une espérance de vie d’environ 3 à 4 millions d’années. Le processus naturel élimine donc 1 à 2 espèces par million par an. L’homme a pris les choses en main : désormais, on assiste à 500, voire 1000 extinctions d’espèces par an sur un million !

Sommes-nous à l’aube de la sixième extinction ?

1 - La faune dite de Burgess (vers - 525 millions d’années) correspond à l’apparition de la vie moderne, avec la mise en place de tous les grands embranchements du monde animal.


A voir pour mieux comprendre :


A lire pour aller plus loin :

- « Tu as mauvaise mine. Que se passe-t-il ? »
- « Je ne me sens pas très bien, répond la planète blanche. J’ai attrapé une maladie : l’humanité. »
- « L’humanité ? Oh, ne t’inquiète pas. Je l’ai déjà eue, ça part tout seul… »
Cette histoire, Hubert Reeves la raconte de plus en plus souvent. Moins pour faire sourire que pour nous inciter à réfléchir sur les conséquences de nos actes. L’astrophysicien franco-canadien prévient : « Si nous ne faisons rien, notre espèce est menacée de disparition. » L’Homme sera peut-être la victime de la sixième extinction.

  • La sixieme extinction - evolution et catastrophes, de Leakey / Lewin. L’histoire de la Terre est ponctuée d’extinctions de masse qui, par cinq fois, ont détruit jusqu’à 95% des espèces vivantes. Au moment où la croissance de la population et l’exploitation frénétique des ressources naturelles risquent de provoquer la sixième extinction de masse, les deux auteurs nous rappellent que l’aptitude proprement humaine à admirer la nature devrait avoir pour corollaire le souci d’en protéger la diversité, fruit de quatre milliards d’années.
  • Effondrement : Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie, de Jared Diamond. La question : « Comment des sociétés ont-elles disparu dans le passé ? » peut aussi se formuler : « Au rythme actuel de la croissance démographique, et particulièrement de l’augmentation des besoins économiques, de santé et en énergie, les sociétés contemporaines pourront-elles survivre demain ? » La réponse se formule à partir d’un tour du monde dans l’espace et dans le temps.
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