mercredi, 10 mars 2010

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

A. -5 Mds à -3 Mds

Les tout premiers rayons de soleil

1 Etoile2 Etoiles3 Etoiles4 Etoiles5 Etoiles (votes : 0)
Loading ... Loading ...
Posté par fabrice
 

-4 milliards 600 millions d’années

Lever de rideau

L’histoire de notre système solaire a commencé dans un nuage. Un nuage sans pluie mais rempli à 99% de gaz (hydrogène et, en quantité moindre, hélium), parsemé de grains de poussières. C’est ce qu’on appelle un nuage interstellaire. Celui-ci  contient en puissance un véritable trésor : notre système solaire, avec son étoile, le Soleil et plus tard ses planètes. Ce nuage qui à l’allure d’une nébuleuse multicolore est en rotation,  comme engagé dans un ballet cosmique majestueux et éternel, ou presque.

Un beau jour, hélas pas encore ensoleillé puisque le Soleil n’est pas encore né, le nuage s’effondre sous sa propre masse. En s’effondrant, une partie importante de la matière se condense, au point d’accroître sa température jusqu’à déclencher une réaction nucléaire en son centre. Résultat : un rayonnement qui sera visible sur des dizaines de millions de km à la ronde.

Au bout de quelques millions d’années, une étoile est née ! Notre soleil.  Et depuis, c’est le jour…et la nuit.

Pour profiter de ces premiers rayons de soleil, qui sont plus lumineux mais moins chauds qu’aujourd’hui, inutile de chercher un bon emplacement sur une planète voisine. Aucune n’a encore vu le jour. Notre étoile règne sur un empire immense mais quasiment vide.

Rassurons-nous, cette sensation de désolation n’est que provisoire…


A voir et à lire pour aller plus loin :

6.2.5 NOUVEAUTES LIVRES

Première nuit, premier jour : les tout débuts de la Terre

1 Etoile2 Etoiles3 Etoiles4 Etoiles5 Etoiles (votes : 0)
Loading ... Loading ...
Posté par fabrice
 

-4 milliards 567 millions d’années

Le jour et la nuit

« […] Dieu sépara la lumière et les ténèbres. Dieu appela la lumière « jour » et les ténèbres « nuit ». Il y eut un soir et il y eut un matin : premier jour ». Selon la Genèse (premier livre de l’ancien testament), en jouant de l’alternance Jour et nuit, Dieu crée le premier jour.

D’un point de vue scientifique, il est clair que le début du système solaire ne connaît ni nuit, ni jour mais une immense fournaise dont va émerger notre Soleil, puis l’ensemble du système solaire avec son cortège de planètes.

Entourant ce chaudron, évoluent un amas de particules diverses, désigné sous le terme de disque protoplanétaire. Constitué de gaz et de poussières qui ne seront autres que les restes du festin du Roi Soleil, il s’étend sur plusieurs milliards de km autour de sa majesté.

Heureusement pour nous, la Nature est passée maître dans l’art d’accommoder les restes. Bien que la gourmandise du Soleil le pousse à « absorber» 99,87% du gâteau, il restera toujours suffisamment de miettes pour fabriquer les planètes.

Donc, dans ces temps-là, poussières et gaz s’agglutinent pour former des blocs de matière, se cognant les uns aux autres. Les blocs se font de l’ombre mutuellement mais toujours pas d’alternance de jour et de nuit.

Au bout de quelques dizaines de milliers d’années d’agrégation et de collisions, leur taille va atteindre, pour certains, le kilomètre. Ils pourront alors revendiquer le titre de planétésimaux, bébés planètes, en quelque sorte.

Vers dix millions d’années, les planètes non telluriques (géantes gazeuses ou glacées) sont formées, tandis que dans le système solaire interne (où nous nous situons), le stade de la gestation planétaire n’est pas dépassé. On décompte alors une douzaine d’embryons de planètes. Notre planète en fait partie.

De forme encore très irrégulière, notre futur globe va commencer à tourner sur lui-même pour présenter alternativement une face puis l’autre.

A partir de cet instant, quiconque sur cette planète pourra assister quotidiennement au lever et au coucher de sa bonne étoile. Bon prince, le Soleil ne cherchera pas à préserver son intimité et certains iront jusqu’à contempler en une seule journée quarante quatre couchers de soleil . Mais là, c’est une autre histoire.


A voir pour mieux comprendre :


Et à lire aussi :

vente flash 468x60

Le tout premier clair de Lune

1 Etoile2 Etoiles3 Etoiles4 Etoiles5 Etoiles (votes : 0)
Loading ... Loading ...
Posté par fabrice
 

- 4 milliards 453 millions d’années

De la Terre à la Lune

Alors que la Terre commence à peine à sortir des limbes du système solaire, lui-même naissant, notre planète va subir son premier véritable assaut. Il sera d’une violence inouïe, le pire vraisemblablement de son histoire.

Le système solaire affiche moins de 200 millions d’années au compteur. Quant à la jeune Terre, (moins de 50 millions d’années d’existence), elle est en voie d’achever sa  croissance, avec 90% de sa taille actuelle.

C’est ce moment que choisit un intrus de la taille de la planète Mars pour  percuter la Terre.

Le bolide s’enfonce dans le globe à la vitesse de 11.8km/heure. Aussitôt, la surface en cours de formation de la planète se craquelle et fait place à un océan de lave, de plusieurs centaines de kilomètres de profondeur. La température monte à plus de 2 000°C à la surface et 5000°C dans ses entrailles.

Le cœur ferreux du bolide fusionne littéralement avec la Terre tout en arrachant une partie importante du manteau de silicate terrestre qui va se mettre en orbite autour de la Terre.

Fait extraordinaire, en 24 heures, à partir de ce « rejeton » on assistera à la naissance de la Lune.  Bien entendu, il faudra attendre encore quelques dizaines de millions d’années pour que notre satellite parvienne à sa physionomie actuelle (une masse 83 fois inférieure à celle de la Terre).

De son coté, la Terre retrouvera ses esprits au bout de quelques millions d’années. Mais les agressions de météorites continueront à un rythme soutenu jusqu’à 3 milliards 850 millions d’années. Au cours de cette période,  on dénombrera près d’une demi-douzaine d’impacts violents, provoquant l’évaporation des océans naissants.

Heureusement, tout est bien qui finira bien !


A voir et à lire pour aller plus loin :

  • Ces bolides qui menacent notre monde ? Impacts météoritiques et cailloux ravageurs, de Christian Koeberl. Des centaines d’astéroïdes, comètes, météorites et autres planétoïdes voyagent dans le cosmos. Que sont ces objets ? D’où viennent-ils ? De quoi sont-ils constitués ? Que nous apprennent les impacts qu’ils laissent sur le sol des planètes ? L’auteur nous emmène à la découverte de ces phénomènes fascinants.
  • Les Météorites et leurs impacts, de Alain Carion. LE spécialiste français des météorites nous présente dans un langage clair et accessible les météorites, leur origine, leur composition, leur classification… LA référence et LE livre à posséder pour découvrir le monde fascinant de ces pierres tombées du ciel.

Les tout débuts de la vie

1 Etoile2 Etoiles3 Etoiles4 Etoiles5 Etoiles (votes : 0)
Loading ... Loading ...
Posté par fabrice
 

- 3 milliards 800 millions d’années

Viva la vie

Nous sommes à l’aube de la vie. Pourtant, rien dans le paysage ne suggère une si prometteuse naissance.

Un vent violent souffle depuis des millions d’années, sans répit. Hélas, il ne nettoie pas le ciel qui est encombré de couches nuageuses épaisses (au moins 10 km d’épaisseur), de couleur brunâtre, traversées d’éclairs démesurés. Il pleut, toujours et encore. L’atmosphère est suffocante. Gaz carbonique, méthane et ammoniac composent cet air chaud qui ne descend pas sous les 50°c, la nuit. Le paysage est exclusivement minéral, pas un soupçon de verdure, et cela pour plus de 3 milliards d’années. Par bonheur, une journée de cet enfer ne dure qu’une dizaine d’heures car la Terre tourne plus vite qu’aujourd’hui !

Pourtant, de cet environnement « à ne pas mettre un chat dehors » va éclore la vie. Cela semble relever du miracle. Le secret de ce miracle est tapi au fond des océans.

Vers 3 milliards 800 millions d’années, les fonds sous-marins connaissent une forte activité volcanique. De très nombreuses failles sous-marines laissent pénétrer l’eau de mer qui va s’infiltrer, grâce à ces crevasses, dans les entrailles de la Terre. Là, au contact du magma de plus de 1000 degrés et des roches en fusion, l’eau de mer plus froide provoque des perturbations chimiques avant d’être expulsée vers la surface, chargée de ces nouveaux ingrédients. Parmi ces ingrédients, les fameux acides aminés qui seraient alors les toutes premières briques de la vie.

Ces cheminées des profondeurs, on les appelle les « fumeurs noirs »[1] . Ils seraient ainsi le creuset où la chimie minérale passe le relais à la chimie organique. Dieu ne serait donc pas un fumeur de havane, comme l’annonce la chanson mais « un fumeur noir » !

Pour être tout à fait honnête, d’autres hypothèses sont avancées par les scientifiques pour expliquer l’apparition de la vie. Certains la voient apparaître, à la faveur de l’atmosphère primitive qui s’est rafraîchie, à la surface de certains minéraux, dans des zones marécageuses ; d’autres soutiennent que la Terre aurait été ensemencée lors d’impact de météorites abritant déjà des bactéries.

Tandis que certains ont la tête dans les étoiles, d’autres, biologistes ou biochimistes, gardent les pieds sur Terre et nous concoctent des nouvelles approches surprenantes pour ne pas dire subversives d’un point de vue théologique. Leur travaux réduisent à une peau de chagrin la frontière entre l’inanimé et l’animé et par la même le périmètre du Créateur. Dans certaines conditions de déséquilibre ou de chaos, ils observent des phénomènes qui produisent, à partir d’éléments inertes, des structures organisées aux propriétés proches d’organismes vivants. Il devient possible d’imaginer que ces processus, appelés auto-organisation , génèrent « spontanément » de la matière vivante. La magie de ce pouvoir créatif réside dans le fait que la complexité d’un ensemble d’éléments en interaction dépasse l’addition des propriétés individuelles. Selon les modèles d’auto-organisation, la vie biologique ne serait qu’un prolongement naturel et presque inévitable de la non-vie, bien éloignée de la vision de Monod qui considérait l’émergence de celle-ci comme « hautement improbable ». Du vivant qui se fabrique tout seul, voilà de quoi interpeller Lamartine : Objets inanimés avez-vous donc une âme ?

Appuyant cette thèse, des chercheurs ont récemment été surpris par le comportement de poussières interstellaires inorganiques et désordonnées soumis à certaines conditions (plasma). Elles s’organisent de manière très structurée, en hélice ou en tire-bouchon. Mieux, ces structures se divisent, se transforment et se multiplient. Rappelons que les caractéristiques de la vie sont l’autonomie, la reproduction et l’évolution…et que nous sommes poussière et que notre destin est de redevenir poussière !

Quoi qu’il en soit, il y a 3 milliards 800 millions d’années, la vie est là, sous forme de micro-organismes. Tout en proliférant, elle gardera cette physionomie, pour ne pas dire simplicité, durant des centaines de millions d’années.

« Dieu dit que les eaux grouillent de bestioles vivantes(…) Dieu vit que cela était bon ». Et La Genèse poursuit : « Il y eut un soir, il y eut un matin ».

1 - L’environnement des fumeurs noirs est très chargé en hydrogène et en méthane, comme si l’eau était débarrassée de son oxygène, situation propice à la vie embryonnaire qui, à ce stade, fuit l’oxygène comme la peste. Aujourd’hui encore, se développent, autour des sources hydrothermales des grandes profondeurs, des colonies de bactéries adaptées à ces conditions extrêmes.


A voir et à lire pour aller plus loin :

6.2.3 DVD Promo 468-60