dimanche, 28 mai 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

C. Vers 1ers milliards

Les tout premiers pas de la Voie lactée

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- 12 milliards d’années

Qu’on est bien dans ce bras là…

 

 

Enfin, la voilà, la Voie Lactée, notre galaxie, notre mobile-home, notre « premier chez-soi »  en quelque sorte. Sans elle, pas de système solaire, pas de Terre, pas d’Humains…pas de blogueurs !

Un des objets les plus vieux de l’univers

La Voie lactée est née de parents inconnus, il y a environ 12 milliards d’années [certains situent sa naissance à 13 milliards 200 millions d'années, soit 500 millions d'années après le Big Bang]. Cela en fait l’un des objets célestes les plus vieux de l’Univers. Au moment de sa formation, notre Galaxie est très différente de celle d’aujourd’hui. Elle est beaucoup moins colorée car les étoiles qui, à l’époque, la composent manquent d’éléments lourds.  Il faudra attendre des milliards d’années pour que ces éléments lourds soient fabriqués par les étoiles. Outre le fait de donner « bonne mine » à notre Voie lactée, ces éléments lours seront déterminants pour que la Vie apparaisse.   

Mais revenons aux « géniteurs » de notre Voie lactée. On ne sait rien d’eux. Tout au plus, qu’on a probablement à faire à plusieurs protogalaxies qui ont fusionné. Ce mariage est l’occasion de faire la fête. Une fête comme l’univers sait les organiser : gerbes de feu, cotillons et explosion de joie. Autrement dit, étoiles qui s’embrasent, explosions de supernovae et expulsion de gaz et de plasmas, nutriments dont va se nourrir notre galaxie pour assurer sa croissance.

Une ambiance agitée

La Voie Lactée est enfantée dans cette ambiance festive et agitée. Aux alentours, d’autres agapes sont organisées par des ogres cosmiques. Les hôtes se nomment quasars. Ils viennent tout juste de rejoindre le bestiaire des corps célestes. Objets terrifiants qui cachent des trous noirs supermassifs à l’appétit féroce capable d’engloutir l’équivalent de 1000 soleils en une seule année.

Autant les trous noirs savent se rendre discret, autant les quasars n’hésitent pas à faire état de leur présence en illuminant tel un phare des dizaines d’années-lumière à la ronde. Leur éclat déroute les scientifiques car certains d’entre eux sont 1000 fois plus lumineux qu’une galaxie entière. A cette époque reculée, on pense que des millions de quasars primordiaux inondaient le ciel cosmique un peu à la manière des projecteurs DCA signalant les clubs lors des saturday nigths.

C’est donc dans cet univers très rock and roll que va se former notre galaxie, notre futur lieu d’habitation. Aujourd’hui, elle mesure près de 100 000 années-lumière de diamètre, soit mille millions de milliards de kilomètres.  Ce disque, renflé en son centre, contient entre 200 et 400 milliards d’étoiles, dont 8000 visibles à l’oeil nu [1].  Son cœur est chaud comme la braise, habité de monstres cosmiques et notamment d’innombrables trous noirs dont le plus massif, situé au centre de la Galaxie, correspond à plusieurs millions de fois notre Soleil.

Les bras de Shiva

 

Vue d'artiste de la Voie lactée et du positionnement du Soleil

 

Nous, terriens, sommes des banlieusards qui vivront, en temps voulu – la Terre apparaît il y a 4,5 milliards d’années-, en périphérie sur l’un des bras spiralés de la Voie Lacté, le plus excentré et le moins peuplé. Le bras d’Orion, situé entre les bras Sagittaire-Carène et de Persée. C’est en effet là,  que le système solaire choisira de poser ses valises,  à environ 26 000 années-lumière du centre de la Voie Lactée.

Mais tout cela appartient à un futur lointain. 7 milliards d’années séparent, en effet, les premiers pas de la Voie Lactée de ceux de notre système solaire. On imagine le chemin parcouru. Depuis, le Soleil et son cortège de planètes aura eu le loisir d’effectuer une vingtaine de tours complet autour de la Galaxie, c’est à dire une orbite en 225 millions d’années.

Quelle époque merveilleuse où l’histoire de nos origines se racontait autour d’une bonne flambée d’étoiles …

 


 D’où vient le nom de Voie lactée ?

La création de la Voie lactée par Rubens

L’origine de ce terme remonte à la mythologie Grecque (il existe d’autres mythologies sur ce sujet [2]). Zeus, qui est marié à Héra, a un enfant avec l’une de ses 12 maîtresses, Alcmène. Cet enfant s’appelle Héraclès, plus connu sous le nom d’Hercule qui provient de la mythologie romaine.

Comme chacun sait, Hercule est doté d’une force formidable, surhumaine. Mais, étant un fils illégitime né d’une mortelle, il n’est pas immortel. Zeus souhaite le rendre immortel. Pour cela, il conçoit un stratagème.

Un soir, il fait chercher Hercule et le met aux côtés de son épouse Héra endormie. Le nourrisson va instinctivement chercher les seins d’Héra pour les têter. Hercule boit ainsi le « lait de l’immortalité ». Héra ressentant une douleur à la poitrine se réveille. Elle réalise qu’elle donne, à son insue, son précieux lait à cet enfant illégitime. Elle souhaite mettre un terme à cette mascardade.  Hercule s’agrippe au sein rendant veines les 2 premières tentatives.

A la troisième tentative, Héra parvient à arracher Hercule de son sein. C’est alors qu’une giclée de lait se répand dans le firmament formant une trainée blanchâtre. La Voie Lactée est née !           


La Voie lactée ne manque pas d’appetit !

Une équipe américaine du Sloan Digital Sky Survey (SDSS) a découvert en 2007 que le halo de la galaxie, son enveloppe externe, est beaucoup plus grand que ce que les scientifiques supposaient jusqu’ici. Il s’étend sur 600 000 années-lumière. En outre ce halo présente en fait deux halos, un peu à la manière de courants marins ou de flux, mais en l’espèce constitués d’étoiles, chacun tournant en sens inverse par rapport au noyau galactique.  

Ceci est la marque, selon les scientifiques, d’une collision entre la Voie lactée et une autre galaxie, collision qui se serait produite il y a plusieurs milliards d’années et qui aurait permis à la Voie lactée d’absorber cette autre galaxie.  

Ce genre de collision ne semble pas rare et signerait les galaxies spirales dont la formation serait souvent issue de collisions successives. Ainsi, des simulations numériques réalisées par des chercheurs du CNRS associés à l’Académie des Sciences de Chine (*), semblent démontrer qu’une fusion de deux galaxies auraient eu lieu il y a 6 milliards d’années donnant naissance à la spirale d’Andromède, une des rares galaxies visibles à l’oeil nu et aux deux nuages de Magellan.

Andromède, située selon les estimations entre 2,4 et 2,9 millions d’années-lumière de la Voie lactée, se rapproche de nous à la vitesse de 300 km/s. Il est probable qu’une nouvelle collision se produise dans quelques milliards d’années.  

*Communiqué de presse du CNRS du 22 novembre 2012    


 La Voie Lactée regorgerait de planètes habitables !

Notre Galaxie compte des milliards de planètes rocheuses dont beaucoup pourraient être habitables. C’est du moins l’avis de l’Observatoire Européen Austral (ESO)  qui s’appuie sur des travaux récemment publiés par une équipe internationale (France, Suisse, Portugal, Belgique)[3].
Beaucoup de ces planètes orbitent autour de Naines rouges.

Gliese 581, une Naine rouge

Les Naines rouges sont des étoiles une centaine de fois moins lumineuse que notre Soleil. Peu lumineuses mais très nombreuses. Elles forment en effet 80 % du bataillon des étoiles de notre Galaxie. Mais surtout, 40 % des Naines Rouges disposeraient, selon ces travaux, d’une super-Terre orbitant au sein de ce que les scientifiques nomment la zone habitable, c’est-à-dire là où l’eau liquide peut être présente à la surface de la planète.

Comme on dénombre environ 160 milliards de Naines Rouges dans la Voie Lactée, le calcul est vite fait : les planètes rocheuses évoluant dans une zone habitable se compteraient par dizaines de milliards ! Attention, se trouver dans une zone habitable ne veux pas dire qu’elles sont toutes habitables et évidemment, encore moins habitées !

Cependant, les zones habitables des Naines Rouges qui, jusqu’alors n’avaient pas bonne presse comme candidates pour chaperonner la vie, et cela pour différentes raisons dont un bombardement cosmique intense, reviennent sérieusement sur le devant de la scène.

Dans notre proche banlieue, à moins de  30 années-lumière, une distance accessible à nos observations, une trentaine de planètes évolueraient ainsi autour de ces étoiles Naines Rouges. Il ne reste plus qu’à y détecter des signes de vie comme de l’oxygène en abondance dans l’atmosphère. Et le tour est joué.

Alors, des milliards de planètes habitables et peut-être même certaines hébergeant la vie dans notre propre Galaxie ?  On peut rêver ! 

  • Pour en savoir plus sur les naines rouges et leur zone habitable :

http://youtu.be/EnLFl6gpWz0


 

1 – L’essentiel de la matière interstellaire qui constitue la galaxie s’étend sur 70 000 années-lumières. C’est ce qu’on appelle le disque stellaire; celui-ci est entouré de gaz, prolongant ce disque, qui s’étend jusqu’à 100 000 années-lumières. 
2- Les modèles de la Voie lactée, de l’antiquité aux années trente, une émission  de « Ciel & Espace » avec Frédéric Chaberlot Docteur en Histoire et Philosophie des sciences
3 – Equipe internationale conduite par Michel Mayor (Université de Genève) le premier découvreur d’une exoplanète en 1995 dont les travaux se fonde sur une approche statistique publiée dans la revue Astronomy & Astrophysics le 28 mars 2012.


A visionner pour mieux comprendre :

    • Pour tout savoir de la Voie lactée, « Au coeur de la Voie lactée », sujet diffusé sur ARTE (en 7 parties) :

http://youtu.be/wiX6ymMOWl4

    • Hubert Reeves nous parle de la Voie Lactée :

    • La Voie lactée comme vous ne l’avez jamais vue :


Et à lire pour aller plus loin :

  • Guide du ciel : Les secrets de la Voie lactéede Régine Quéva.Saviez-vous que la Lune est née d’une collision entre la Terre et une autre planète ? que la lumière d’une étoile met parfois plus de cinq mille ans pour parvenir jusqu’à nous ? Celle que vous contemplez a peut-être disparu depuis longtemps… Avez-vous entendu parler de ces horloges qui retardent après un voyage dans l’espace ? Entrez dans l’Univers. Découvrez comment naissent, vivent et meurent les astres, comment l’infiniment grand influence nos vies. Au fil des pages, partez à la découverte de plus de trente notions essentielles actualisées. Grâce à des illustrations et des définitions claires, mettez les étoiles à votre portée et décrochez la lune !

Les toutes premières étoiles

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Posté par fabrice
 

Première centaine de millions d’années après le Big-Bang

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Star is born

Les toutes premières étoiles sont apparues peu de temps après le Big Bang. Plus massives que la majorité des étoiles des générations suivantes, elles auront aussi une durée de vie sensiblement plus courte. Ont-elles cotoyé des planètes déjà habitables comme le suggère une théorie audacieuse publiée début 2014 ?

Sans elles où Arthur Rimbaud aurait-il trouvé refuge à ses visions hallucinatoires, comment le Petit Prince aurait-il pu faire rire son ami ?

Elles, se sont les étoiles. Les étoiles, quand elles apparaissent, l’univers est encore tout jeune, un peu plus d’une centaine de millions d’années, peut être moins comme l’indiquent les dernières observations.

Des premières étoiles massives et éphémères

A cette époque, l’univers est alors composé essentiellement d’un gaz dense d’hydrogène et d’hélium.

Image d’artiste / Nasa

On suppose que les étoiles émergent  à partir de ce gaz primordial qui se condense sous l’effet de la gravitation et allume, çà et là, les toutes premières étoiles de l’univers.

On suppose en effet, car les scientifiques hésitent quant au scénario : les étoiles ont-elles précédé les galaxies ou bien ont-elles été enfantées par celles-ci ? Poule ou l’œuf, qui précède qui, l’éternelle question.

Autre interrogation :  ces toutes premières étoiles sont-elles frappées de surcharge pondérale ?

Selon les récentes théories, la première génération d’étoiles a produit des astres très massifs :  plus de 100 fois plus massifs que notre Soleil.

Compte tenu de leur composition et de cette masse importante leur durée de vie est, en revanche, courte, très courte. 3 ou 4 millions d’années, guère plus, contre près de 10 milliards d’années pour le Soleil !

Bientôt une nouvelle génération d’étoiles

Quoi qu’il en soit, elles brillent, ces premières étoiles et elles vont bientôt engendrer une nouvelle génération d’étoiles, dite de type 2, plus riche en éléments lourds et en métaux. Avec à la clé, potentiellement des planètes telluriques (2) semblables à la Terre (voir encart ci-dessous).

Mais cela est une autre histoire !

Mis à jour le 28 février 2014


Elles vont nous faire tourner la tête…

Une étude publiée en mai 2011 vient de démontrer que les premières étoiles tournaient vite, très vite; 250 fois plus vite que notre soleil. Cette vitesse de rotation élevée a favorisé la « fabrication » d’éléments lourds comme le strontium et l’ yttrium.

Autre découverte, issue cette fois du nouveau télescope spatial Herschel :  les étoiles en gestation nichent au sein de filaments de matière qui se forment dans les nuages interstellaires. Curieusement, ces filaments présentent tous la même largeur : 0,3 année-lumière. Cette régularité provient de la vitesse des turbulences qui animent ces filaments, vitesse qui correspond à la vitesse du son (700 km/h) dans ces nuages.

Autrement dit, au sein de nuages interstellaires, des turbulences se créent qui s’organisent en filaments qui, eux-mêmes, vont engendrer les étoiles. Ainsi, pour la première fois, grâce au télescope Herschel, les pouponnières d’étoiles commencent à se laisser observer et à livrer leurs secrets.


Des planètes habitables avant même les premières étoiles ?

Et si quelques millions d’années seulement après le Big Bang l’Univers était déjà peuplé de planètes habitables, voire habitées  ?

C’est à dire, 10 milliards d’années plus tôt que les premiers pas de la vie sur Terre ! Comment est-ce possible ?

15 millions d’années après le Big Bang  – qui, rappelons-le remonte à 13 milliards 820 millions d’années – la température ambiante du jeune univers était de 30° C. Une douceur digne de nos paradis tropicaux.

Il faut dire que l’on revient de loin. Au moment du Big Bang, la température ambiante était, selon les calculs, de 100 000 milliards de milliards de milliards de degrés (3). Une température qui défie l’imagination.

Il donc sensé de dire que l’univers s’est refroidi assez rapidement et qu’à une période de ce refroidissement, la température ambiante était somme tout agréable.

Aujourd’hui, cette température, issue du rayonnement cosmologique originelle, n’est plus que de – 270 ° C (3°k), ce qui n’est pas la même chose !

6a00d8341bf7f753ef01901b6113b1970b-500wiDonc, durant la toute première jeunesse de l’Univers, selon la théorie défendue par Abraham Loeb, cosmologue à Harvard (1), l’Univers aurait connu une période habitable durant au moins quelques millions d’années.

« Des planètes rocheuses plongées dans ce bain pouvaient posséder de l’eau liquide où qu’elles se trouvent dans l’Univers, même loin de toute étoile » explique Loeb.

Et qui dit eau liquide + température douce, permet d’entrevoir une chimie de la vie à l’oeuvre .

Abraham Loeb va plus loin. Il estime qu’une forme de vie complexe aurait pu voir le jour au cours du tout premier milliard d’années d’existence de l’Univers (2).

Cette vie se serait développée au sein de planètes telluriques semblables à la Terre. Ces planètes auraient été nourries de matériaux lourds, riches en métaux issus de l’explosion des toutes premières étoiles dont la vie était très brève (3 millions d’années en moyenne).

Bref, une hypothèse totalement révolutionnaire et iconoclaste de nature à bouleverser l’histoire de l’Univers et celle de la Vie !


1 – Abraham (Avi) Loeb, professeur au département d’astronomie de Harward et membre de l’Académie des arts et des sciences américaine.
2 – Publication proposée à la revue Astropbiology en décembre 2013
3 – Le mystère du satellite Planck – Igor et Grichka Bogdanov – Ed. Eyrolles – juin 2013 


A découvrir pour mieux comprendre :

Réalisation : Jean-Christophe Monferran
Montage : Michel Castre
Crédit images : Institut d’Astrophysique de Paris (CNRS)
© CSI


A voir et à lire pour aller plus loin :

  • Un dossier SagaScience du CNRS : Big Bang, des origines de l’Univers aux origines de la vie.
  • L’incroyable défi : recréer le « Big-Bang » ! C’est l’objectif du « grand collisionneur d’hadrons » (LHC).
  • Vie et mort des étoiles Entrez, avec ce livre, dans un monde fascinant où l’on apprend, entre autres, que la matière dont nous sommes faits est directement liée au destin des étoiles !
  • La plus belle histoire du monde : les secrets de nos origines, par Hubert Reeves, Yves Coppens, Joël de Rosnay et Dominique Simmonet.
  • Simulation de la création des étoiles et des galaxies, (La science enquête, Cité des Sciences et de l’Industrie). Comment l’Univers a-t-il évolué depuis le Big Bang ? Où nous trouvons-nous dans cette immensité spatiale ? Quelques éléments de réponse…
  • Poussières d’étoiles Grand maître dans l’art d’expliquer simplement des choses difficiles, Hubert Reeves a donné de nombreux livres de vulgarisation. Celui-là est sans doute le plus accessible, ne serait-ce que parce qu’il est très illustré. On y voit bien sûr des étoiles et des galaxies, mais aussi des foetus humains, des fleurs et des insectes. La vision universelle de Reeves, en effet, ne se limite pas aux équations de la physique. Elle donne toute sa signification à la grande idée qui émerge de la cosmologie contemporaine : l’unicité de la matière fait que le moindre de nos atomes a, un jour, été créé au sein d’une étoile, et qu’il y retournera un jour.

les toutes premières galaxies

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- 13 milliards 300 millions d’années (environ)

La renaissance cosmique

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La petite enfance de l’univers est plutôt sombre ; après les fracas du Big Bang, durant au moins les premières 200 millions d’années, pas une lueur à l’horizon. Aucune étoile, aucune planète n’a investie le firmament. C’est l’âge sombre de l’univers.

Celui-ci a débuté au moment où l’univers a émis ses premiers rayonnements, 380 000 ans après le Big Bang. Sortant d’un plasma extrêmement chaud et dense, il est devenu à cet instant enfin transparent. Autrement dit observable. Transparent, oui mais d’une composition (matière noire, énergie et gaz neutre) qui n’a rien de tendance, d’autant que les sunlights que sont les étoiles ne font pas encore partie du paysage.

Flambées d’étoiles réchauffent la longue nuit de l’univers

Malicieux comme un enfant, l’univers fait ses coups en douce; il prépare son entrée sous les sunlights. Grâce aux légères différences de densité de matière disséminée au sein du jeune univers (situation vérifiée par le satellite américain Cobe), la matière commence à s’agréger. Par endroits, elle forme des grumeaux. Peu à peu, se mettent en place des structures de matières : là, en filament, ici sous forme d’amas ou de feuillets. Le look de cet univers adolescent est à peu près celui d’une éponge.

Âgé d’à peine quelques centaines de millions d’années, l’univers découvre la boite d’allumette qui va allumer le feu. Il s’agit en fait de gigantesques nuages d’hydrogènes. Ceux-ci rassemblent l’équivalent de plusieurs centaines de milliers de soleils qui vont s’effondrer sur eux mêmes. Pour la première fois le ciel s’embrase réellement et connaît une flambée d’étoiles [1]. Cela marque le fin de l’âge sombre et le début de ce que les scientifiques appellent « la renaissance cosmique ».

Hélas, l’univers n’a pas acquis l’expérience nécessaire et ses premières étoiles avides d’éclats brûleront comme un feu de paille. Après un parcours éphémère, elles exploseront comme le font les stars du ciel, en supernovæ.

Génération sacrifiée ? Peut-être, mais pas en vain. En explosant, ces supernovæ vont répandre dans l’univers les premiers éléments lourds (la série des atomes, du carbone jusqu’au fer dont nous sommes d’ailleurs constitués) fabriqués dans leur cœur. Se nourrissant de ces noyaux lourds, la seconde génération d’étoiles aura une espérance de vie plus longue. L’important n’est pas tant l’éclat que la durée.

Tops modèles pour divas du ciel

L’univers vient de fêter son demi milliard d’années d’existence et se prépare à devenir adulte. C’est probablement à cette époque que les toutes premières galaxies apparaissent; entre 13.3 et 12.9 milliards d’années, selon les observations, peut-être même avant. En fait, il y a encore beaucoup d’inconnus et on ne sait pas exactement, qui des étoiles ou des galaxies sont apparus les premiers, comme on le verra plus loin.

En effet,  les modèles des scientifiques divergent. L’observation devient délicate à ces distances extrêmes et ne corroborent pas toujours les modèles théoriques, ni sur l’âge, ni sur le scénario. De manière synthétique, deux scénarii cohabitent : soit les premières galaxies ou proto-galaxies étaient petites et par collision entre-elles ont grossi (modèle dit hiérarchique), soit, d’emblée, l’univers a créée des galaxies massives.

Pour corser l’affaire, les observations qui permettraient de départager ces options reposent également sur deux techniques différentes : la spectroscopie et la photométrie [1]. Aujourd’hui, la photométrie, mesure la plus précise, fournit 3 ou 4 galaxies candidates autour de 700 millions d’années après le Big Bang. L’autre méthode avait cru déceler la plus ancienne galaxie, 480 millions d’années après le Big Bang. Cet âge a ensuite dû être légèrement réévalué.

Crise de croissance

Actuellement, c’est le premier modèle qui tient la corde, celui dit de croissance hiérarchique. Selon cette théorie, les toutes premières galaxies avaient probablement beaucoup moins d’embonpoint que celles d’aujourd’hui. Tout indique qu’elles étaient jusqu’à 1000 fois moins massives que les galaxies actuelles et d’une dimension, au moins dix fois inférieur. En outre, elles connaissaient une promiscuité aujourd’hui oubliée. Normal, l’univers était aussi plus petit.

Ces premières galaxies n’étaient pas nécessairement porteuses d’étoiles mais pouvaient contenir uniquement des nuages de gaz . Leur principale « activité » était le cannibalisme. Autrement dit, elles absorbaient leur consœur. Ces collisions provoquaient des frictions entre les différents nuages de gaz qui déstabilisaient leur équilibre provoquant un effondrement local. C’est ainsi que s’allumaient presque simultanément des paquets d’étoiles.

La suite, on la connaît. Les galaxies avaient gros appétit. D’absorption en digestion, elles ont fini par ouvrir la voie aux galaxies de la taille de la Voie Lactée, avec leurs attributs –comme les bras spiraux – dont elles étaient, les pauvres, démunies au départ.

Mais cette jeunesse galactique n’avait-elle pas les yeux plus gros que le ventre ? C’est toute la question. Car actuellement, ce modèle bute sur la capacité de « cannibalisme » de ces galaxies sur une durée très courte. En effet, pour être conforme au résultat actuel, il aurait fallut que des dizaines de milliers (peut-être 100 000) de protogalaxies se mélangent sur un laps de temps très court. D’où, le second scénario qui lui plaide en faveur de la formation de grosses galaxies, dès le départ.

Quoi qu’il en soit, quelle époque merveilleuse où l’Histoire se racontait et s’écrivait autour d’une bonne flambée d’étoiles …

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Cette illustration et celle en haut de l’article correspondent à une simulation numérique de formation des grandes structures. De gauche à droite, chaque image correspond à un agrandissement d’un facteur 4 par rapport à l’image précédente. En haut, la couleur correspond à la densité de gaz au sein de galaxies. Dans cette image (bas de l’article), il s’agit des étoiles des mêmes régions, bleues pour les jeunes et rouges pour les plus vieilles. Source CEA/SAP

1 – A la question, qui est arrivé en premier, les étoiles ou les galaxies ? Actuellement pas de réponse tranchée. Le satellite Herschel, lançé le 14 mai 2009, doté d’un télescope de 3.5 mètres de diamètre devrait permettre d’apporter la réponse en scrutant le ciel lointain dans l’infrarouge, là où personne n’est jamais allé.

2- La spectroscopie consiste à étudier l’ensemble du spectre de rayonnement d’un objet céleste, ici une galaxie. Cela se traduit par des raies spectrales; le décalage spectral entre le spectre de la galaxie et un spectre de référence détermine sa distance; plus ce décalage est situé vers le rouge plus la galaxie est lointaine et s’éloigne de nous. La photométrie repose sur l’analyse quantitative d’une partie du rayonnement ; moins précise que la première approche mais plus rapide, elle nécessite une confirmation par la première méthode.


A voir, à lire et à visiter pour aller plus loin :

  • Les dossiers de La Recherche  – Mai 2009 Le Big Bang : révélations sur l’origine de l’Univers.
  • Le parc aus étoiles – Musée d’Astronomie à Triel-sur-Seine dans les Yvelines. La visite comprend la découverte du Parc aux Étoiles où l’Univers a été reconstitué, en relief et en couleur, l’histoire de l’aventure spatiale, de Spoutnik aux futures stations planétaires, ainsi que la grande lunette avec observation du soleil.
  • La vie mouvementée des galaxies Elles sont aux étoiles ce que les ruches sont aux abeilles… Les galaxies qui, par centaines de milliards, peuplent le cosmos ont aussi une histoire… Un Podcast en 3 épisodes avec Pierre-Alain Duc, astrophysicien chargé de recherche au CNRS, au Service d’Astrophysique du CEA à Saclay.
  • Mystères de la formation des Galaxies : Vers une nouvelle physique? de Françoise Combes, astronome à l’Observatoire de Paris, membre de l’Académie des sciences. Devrons-nous remettre en cause les lois de la gravitation, un des piliers de la physique, pour expliquer la naissance des galaxies ?
  • Chroniques des atomes et des galaxies Issus des chroniques hebdomadaires de Hubert Reeves sur France Culture, ces textes brefs constituent un véritable tour de force par la simplicité avec laquelle l’auteur présente notre compréhension du cosmos sans pour autant masquer la subtilité des notions évoquées : le Big Bang, la courbure de l’Univers, la matière et l’énergie  » sombres « , les univers parallèles, le principe anthropique, les trous noirs, etc. Une remarquable mise à jour des plus récentes découvertes de l’astrophysique et de la cosmologie.
  • Le Grand Atlas de l’Univers Voici le plus grand atlas de l’Univers jamais publié ! Il vous propose un voyage stupéfiant, mettant à portée de vos mains les objets célestes les plus proches comme les galaxies les plus éloignées.