mercredi, 10 mars 2010

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

B. Vers 1ers millions

La toute première lueur de l’univers

1 Etoile2 Etoiles3 Etoiles4 Etoiles5 Etoiles (votes : 0)
Loading ... Loading ...
Posté par fabrice
 

380 000 ans après le Big-Bang

Une lueur d’espoir

En dehors de 1515, s’il fallait retenir une seule date historique, c’est celle-ci !

C’est à ce moment, pour la toute, toute première fois que la matière ordinaire, celle qui nous est familière, entre dans la danse avec les tout premiers atomes.

C’est aussi la toute première lueur de l’univers. La lumière, qui parvient enfin à se libérer de la soupe primordiale des particules, peut enfin inonder de son rayonnement l’univers jusqu’alors opaque.

Que s’est-il passé ? La température est tombée à un niveau presque supportable : 4000°.  Supportable, du moins pour les atomes. Les noyaux d’hydrogène et d’hélium qui errent depuis plus de 300 000 ans vont capturer tous les électrons. Ces derniers traînent savates dans le brouillard incandescent et opaque de l’époque, tuant le temps en prenant en otage les photons (particules de lumière) qui sont prisonniers de ces particules de matière, comme l’électron.

Cette rafle va avoir le mérite d’éclaircir la situation. Désormais, électrons et protons sont trop occupés à consolider leur vie commune pour chercher des noises aux photons qui vont enfin pouvoir se propager librement dans l’espace.

L’espace peut briller de ses mille feux, l’univers devient pour la première fois visible et le restera.  C’est la phase de découplage entre la matière et le rayonnement.

Aujourd’hui, cette toute première image de l’univers nous parvient encore. On l’appelle « le fond diffus cosmologique » ou « rayonnement fossile ». Elle a perdu beaucoup de sa vigueur, rien d’étonnant après un voyage de plus de 13 milliards d’années-lumière. Sa température est de 2,73° K, soit à peine 3 degrés au-dessus du zéro absolu.

Cette image est pourtant terriblement riche d’enseignement. Elle révèle quelques infimes différences de température (de l’ordre de 0,00001%) dont les conséquences sont en revanche incommensurables.

Ces variations témoignent en effet de la présence de « grumeaux » au sein de la matière primitive, grumeaux qui seraient à l’origine de la formation des premières galaxies.

Alors, peut commencer une bien belle histoire…notre histoire.


A voir et à lire pour aller plus loin :

  • Un dossier SagaScience du CNRS : Big Bang, des origines de l’Univers aux origines de la vie.
  • L’incroyable défi : recréer le “Big-Bang” ! C’est l’objectif du “grand collisionneur d’hadrons” (LHC).
  • La plus belle histoire du monde : les secrets de nos origines, par Hubert Reeves, Yves Coppens, Joël de Rosnay et Dominique Simmonet.
  • Avant le big bang : un livre de Igor et Grichka Bogdanov qui raconte une histoire, pose une question et esquisse une réponse. L’histoire ? C’est, tout simplement, celle de l’origine du monde. Qu’y avait-il ” Avant le Big-bang ” ? La seconde partie du livre pose une question : est-il possible de ” remonter au-delà ? C’est alors que les Bogdanov proposent dans la troisième partie de leur ouvrage, une hypothèse dont la complexité interdit l’exposé succinct.
vente flash 468x60

Les tout premiers “cris”

1 Etoile2 Etoiles3 Etoiles4 Etoiles5 Etoiles (votes : 0)
Loading ... Loading ...
Posté par fabrice
 

13 milliards 700 millions d’années

Accords et à cris

Silence absolu, puis gémissement sourd, se transformant en rugissement qui devient un crissement assourdissant. Mais curieusement pas de bang. L’univers vient de produire ses tout premiers cris. Sons majestueux et sidérants : bienvenue dans le big band du Big Bang !

Symphonie cosmique

L’instant est bouleversant; il s’agit ni plus ni moins des tous premiers sons à jamais émis. Une sorte de premier mouvement de la toute première symphonie d’un univers en train d’éclore -il y a près de 14 milliards d’années. A quoi ressemblent-t-ils ?  A un mix d’un grondement sourd et d’un sifflement tonitruant. Les deux harmoniques les plus bas du tout premier accord de notre histoire produisent une tierce majeure ou, si l’on veut, un accord majeur.

Le son à proximité du big bang s’apparenterait donc davantage à un cri qu’à une détonation. C’est ce que révèlent les travaux du Professeur Mark Whittle du Département d’Astronomie de l’Université de Virginie (USA) après avoir analysé et reconstitué les ondes du Cosmic Microwave Background Radiation (rayonnement électromagnétique qui remplit l’univers ou rayonnement fossile).

Basses fréquences

pianos
Illustration : site www.astro.virginia.edu

En réalité, les fréquences étudiées ne sont ni directement perceptibles par l’oreille humaine car beaucoup trop basses[1], ni exactement celles du tout début de l’univers puisqu’elles remontent à environ 380 000 ans après son avènement (au-delà rien n’est observable).

Pour pouvoir les rendre audibles, il a fallu les transposer au cinquantième octave supérieur. Ramené ainsi à l’échelle humaine, on estime que le son engendré équivaut à la pression sonore d’un concert de rock.

Le site Astro-virginia vous propose d’écouter cette première mélodie sous la forme  d’un medley résumant l’environnement sonore  du premier million d’années.  Chaque  seconde d’écoute correspond à 200 000 ans. Ensuite en se rapprochant de notre époque, le volume reste constant mais le son est de plus en plus grave. Cela est la conséquence du décalage spectral dû à l’expansion de l’univers.

Le son et l’espace

La transmission des ondes sonores s’effectue grâce à l’air ou du moins par l’intermédiaire de corps liquides ou solides. Dans le vide absolu donc pas de son.

Mais le vide intersidéral n’est pas totalement vide. Malgré l’infime densité de matière au sein de l’espace, celle-ci suffit à véhiculer les ondes sonores. Néanmoins, ces conditions ne sont pas propices à une écoute naturelle de ces sons qui demeurent très faibles et dans des fréquences très basses. Il est donc nécessaire de disposer d’appareils ultra sophistiqués pour les détectés et de les transposer afin de les rendre perceptibles à notre oreille.

Ainsi, le son le plus bas de l’univers a été détecté en 2003. Il se situe 57 octaves en dessous du do moyen. Il émane de la galaxie Perseus.

Autre exemple, la signature sonore d’une éruption solaire commence par un sifflement et se termine par le vrombissement d’un jet évoluant à basse altitude.

La space music

En écoutant les premiers babillages du bébé-univers, comment ne pas être ému par cette mélodie d’un autre âge  ? Bien avant Vangelis, Jean-Michel Jarre, Tangerine Dream ou Klaus Schulze, ce que les américains dénomment la space music, l’univers composait déjà sa petite musique de nuit…la musique de la nuit des temps.

Publié le 27 juillet 2009

1 – la fréquence est de l’ordre de 10^-16 à 10 ^-13 Hz, tandis que l’oreille humaine n’est sensible qu’aux fréquences situées entre 40 et 20 000 Hz


A lire et à écouter pour aller plus loin :

  • Les mondes sonores, de Denis Fortier. Le grondement d’une autoroute, une symphonie de Mozart des voix tamisées par une cloison, un chien qui aboie la nuit… Sans cesse présents autour de nous, les sons participent à tous les moments de notre vie quotidienne, ont sur elle une influence déterminante, et forment un paysage immense et familier dont nous n’avons pas toujours conscience.
  • Le son du jour : A chaque jour un son, un bruit, une ambiance sonore. Tout un paysage à entendre et à écouter.
4.5.3 High Tech 468-60