dimanche, 28 mai 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Toute première « touche » de la révolution sexuelle

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Posté par fabrice
 

1956

Une pilule qui change la vie !

Gregory Pincus (1903-1967), biologiste américain, le père de la pilule contraceptive.
Gregory Pincus (1903-1967), biologiste américain, le père de la pilule contraceptive.

 

 

1956 marque un tournant absolument majeur dans l’histoire de l’humanité. Ce que l’on désignera  comme la toute première révolution sexuelle. 

Une pilule d’un genre nouveau qui ne cherche pas à soulager la vie mais à la contrôler est testée par son inventeur américain, le Dr Gregory Pincus (qui codirige la Fondation  Workcenter de Boston pour la biologie expérimentale) sur 250 jeunes femmes d’une banlieue de Porto-Rico.  

Désormais l’humanité va jouir d’un droit de regard sur les naissances couplé à un droit au plaisir. Les tout premiers de la gente animale à disposer d’un tel  pouvoir ! Désormais, il n’y aura plus de mal à se faire du bien.

 Contrôler les naissances : un rêve qui devient réalité

Faut dire que l’attente remonte à la nuit des temps. Jusqu’ici les rapports amoureux restaient une activité à haut risque.  Pourtant, ce n’est pas faute d’avoir accompli moult acrobaties pour les réduire : introduction de miel dans le vagin, pommade à base d’excréments de crocodile égyptiens, huiles de racines de mandragore mélangées à la pulpe de grenade, douche vaginale d’eau froide pour tuer le sperme vivant, tampons occlusif en laine. On retrouvera même une sorte de stérilet dans une momie égyptienne !

A cela s’ajoute les efforts côté sexe fort avec l’introduction en 1870 du tout premier préservatif en latex. Bref, toute une panoplie de méthodes dont la plus célèbre reste  la fameuse méthode Ogino, mise au point en 1924 par un médecin japonais, Kiasuku Ogino. Las, des milliers de bébé naîtront de la suite des échecs (40%) de cette méthode.

La progestérone : le pouvoir de dire non !

Depuis, la science à progressé : ici la première pilule supprimant totalement le cycle mensuel.
Depuis, la science à progressé : ici la première pilule supprimant totalement le cycle mensuel.

 Cette fois, Gregory Pincus tient le bon bout ou plutôt la bonne formule. Il est aidé en cela  par la volonté inébranlable de 2 femmes : Margaret Sanger qui est infirmière et leader féministe et Katharine McCormik, biologiste qui propose, dès 1950, de financer ses recherches grâce à son  immense fortune. 

Pincus est persuadé que la solution consiste à stopper l’ovulation durant la grossesse en mettant la femme sous progestérone.  Le principe ainsi défini, il faudra 6 années pour en ajuster l’élaboration qui passera par un composé de progestérone et d’estradiol (l’Enovid) puis  qui se tournera vers un allégement de la concentration hormonale.  
Après en avoir réglé les effets secondaires, la pilule contraceptive(1) arrive sur le marché des Etats-Unis en 1959 où elle rencontre un vif succès mais aussi beaucoup d’hostilités.

Dès 1965, plus de 25% des américaines de moins de 45 ans lui fera confiance.  Elle sera adoptée rapidement en Chine pour les raisons que l’on imagine. Il faudra attendre la loi Neuwirth fin 1967, pour qu’elle fasse son apparition en France, et seulement pour les couples mariés, jusqu’ici sous le joug de la loi de 1920 prohibant la contraception. 
69 n’est plus qu’à une encablure. 

L’aventure humaine part déjà sur un nouveau pied qui annonce une révolution des mœurs sans précédent. « Prendre son pied » et garder  l’esprit libre, pour la toute première fois, le rêve devient réalité.


 Petite histoire des premiers pas de la seconde révolution sexuelle !

Nous sommes en 1983 à Las Vegas où se tient un congrès d’urologie. Un chercheur britannique Giles Brindley doit y présenter ce qui est considéré comme le tout premier traitement vraiment efficace contre le dysfonctionnement érectile (DE), autrement dit, l’impuissance. Personne à l’époque ne parle de Viagra car celui-ci ne fera son apparition qu’une quinzaine d’années plus tard. Ce traitement, que Brindley va annoncer, fait donc figure de découverte historique pour la prise en charge de l’impuissance.

Lors de son exposé dans l’auditorium de l’hôtel, Giles Brindley aborde, bien entendu, ses travaux de recherche dont le principe consiste à une injection dans le pénis de substances améliorant la circulation sanguine. Il explique qu’en l’absence de modèle animal adéquat, il a auto-expérimenté son traitement, avec preuve à l’appui sous forme d’une série de photographies  plus évocatrices les unes que les autres.

Conscient que ces photos qui auraient pû être prises dans un contexte de simulation érotique autre que médicamenteuse ne constituaient pas vraiment une preuve aux yeux de l’assemblée réunie ce jour-là dans la salle, il décida d’appuyer sa démonstration autrement.

A la stupeur du public, il baissa son pantalon et son caleçon, en expliquant qu’il s’était préalablement injecté dans sa chambre d’hôtel le fameux produit. Son pénis était manifestement en érection. Mais Brindley ne s’arrêta pas là. Pour convaincre définitivement son assemblée, il descendit de l’estrade, ses attributs aux vents, et alla à la rencontre du public en tenue de soirée.  « J’aimerais donner à certains membres de l’assistance l’occasion de confirmer le degré de tumescence, » dit-il le plus sérieusement du monde.

Inutile de préciser les réactions de l’assistance, surtout pour sa partie féminine, qui hésita entre stupeur et tremblement ! Au final, les résultats furent publiés fin 1983. L’un des membres de l’assistance à qui l’on doit ce récit, félicita en 2005 dans un article (2) le professeur Brindley pour « l’énorme contribution » aux troubles de l’érection.  Sic !

 


(1) Le terme usuel de « Pilule » aurait comme auteur Aldous Huxley qui emploi le mot « the pill » dans « le Meilleur des mondes » en 1958.
(2) L’urologue Laurence Klotz dans le British journal of Urology International.

 


A visionner pour mieux comprendre :


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