jeudi, 23 mars 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Quand les urbains deviennent majoritaires, pour la première fois

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Posté par fabrice
 

2007

Urbi & Orbi

 

 

2007 est une année charnière sur le plan de l’habitat humain; elle marque une rupture sans précédent après des dizaines de millénaires de vie à la campagne.

En effet, selon les données de l’ONU, pour la toute première fois dans l’histoire de l’humanité, plus de la moitié de la population mondiale vit désormais dans des villes ou en zone urbaine. Il s’agit souvent de vastes méga-métropoles qui pour certaines dépassent les 10 millions d’habitants.

Cette situation est plus marquée dans les pays du Nord où déjà les ¾ de la population est urbaine. Le sud va désormais prendre le relais avec, d’ici à 2050, un accroissement très fort des urbains, notamment en Afrique et en Asie.

Rat des villes et rat des champs, ni rose ni noir !

Cette urbanisation irrémédiable n’est pas sans poser de problème. Parmi les 3,5 milliards de personnes qui vivent en milieu urbain, une sur trois vit dans des conditions déplorables. Les habitations sont insalubres avec des égouts à ciel ouverts sur des sols souvent contaminés ou à proximité de décharges ne disposant pas d’eau potable. Bref des taudis.

En revanche, parmi les effets positifs, on observe une montée en puissance du cosmopolitisme.  Cela développe les principes de tolérance et de vivre-ensemble, aboutissant in fine à un accroissement de l’empathie. Pour Jeremy Rifkin, «les grandes cités commerçantes de l’histoire – Istanbul, Alexandrie, Le Caire et Rome, pour en nommer quelques unes- ont toujours été les lieux de l’épanouissement de l’empathie. Les gens de diverses cultures qui se rencontrent pour commercer ont une expérience directe de « l’autre , et ce constat approfondit non seulement les liens commerciaux mais aussi les liens empathiques. » (1)

Villes d'un million d'habitants et plus (2006)

 Une humanité presque exclusivement rurale

Si l’on regarde dans « le rétroviseur », on s’aperçoit que durant l’essentiel de l’humanité, c’est-à-dire en remontant aux premiers hommes, ceux que l’on dénomme les chasseurs-cueilleurs, l’habitat était temporaire. Les membres de la communauté, de trente à une centaine de personnes, se rassemblaient pour partager ensemble des cycles liés aux saisons. N’oublions pas que ce statut de chasseurs-cueilleurs – ou plutôt de cueilleurs -chasseurs, si l’on replace les choses dans le bon ordre - a occupé 93 % de la vie de l’humanité (2), celle-ci ayant commencé voici 175 000 à 200 000 ans.

Puis, sont apparus les tout premiers habitats sédentaires et les embryons de villages, voici 11 000 ans. 4000 ans avant J.-C., les premières sociétés urbaines, fruit de l’agriculture « hydraulique », se constituent au Moyen-Orient, dans l’ouest et le sud-ouest de l’Asie. Comme le rappelle J. Rifkin, la toute première société urbaine hydraulique a été créée par les Sumériens en Mésopotamie, le long du Tigre et de l’Euphrate. Les premières cités vont alors sortir de terre : Lagash, Nippour, Our, Ourouk, Eridou.

Cependant, les capitales des Empires (Chine, Inde, Egypte…) qui paraissent importantes pour l’époque ne dépassent pas 100 000 habitants ; Athènes et Sparte sont dans cet ordre de grandeur. Il faudra attendre, l’apogée de Rome (aux Ier et IIème siècles après J.-C.)  pour qu’une cité dépasse pour la première fois le million d’âmes.

L’urbanisation plus généralisée est donc un phénomène très récent dont les premiers frémissements réels datent de deux siècles. Il est directement induit par la révolution énergétique du charbon puis du pétrole modifiant radicalement notre manière de nous déplacer.

Les nouvelles tours de Babel

En 1820, apparaît en Grande Bretagne la toute première ville industrielle comptant plus d’un million d’habitants. En 1950, on compte 75 métropoles de plus d’un million de personnes et aujourd’hui plus de 400. Cette urbanisation s’accompagne d’une métamorphose de l’habitat qui est passé des huttes aux gratte-ciel démesurés.

Pour se faire une idée, la Willis Tower de Chicago, un des grattes-ciel les plus haut au monde, consomme quotidiennement plus d’électricité qu’une ville de 35 000 habitants, comme Conflans Sainte Honorine, dans les Yvelines (3).

Les 2/3 des citadins du monde proviennent des pays du sud

Depuis le XIX ème siècle, l’urbanisation n’a cessé de croître. Elle représente, 71% en Europe, 79% en Amérique du Nord et 65% au Japon. L’Amérique du Sud n’est pas en reste. Chili, Venezuela et Argentine se distinguent avec des taux d’urbanisation supérieur à 85%.

Evidement, l’Afrique avec 36 % d’urbanisation reste très rurale. Cependant, on estime qu’en 2050, ce taux sera de 62 %, proche de celui de l’Asie (66 %).

700 millions de citadins chinois, et moi, et moi, et moi !

Plus surprenant, la Chine dont le seuil d’urbanisation a dépassé les 50% depuis 2011 (4). Autrement dit, pour la première fois dans son histoire, la Chine compte davantage d’urbains que de ruraux. D’ailleurs, les projections fournissent un chiffre ahurissant de citadins chinois en 2015 : 700 millions.

Ces données expliquent pourquoi  les pays pauvres du sud, bien que plus ruraux, alimentent les 2/3 des citadins du monde en raison de leur poids démographique. Cette situation engendre pour les pays pauvres d’énormes difficultés de logements et d’équipements. Demain, près d’un milliard d’humains vivront dans des bidonvilles, tandis, qu’en dehors des métropoles,  des zones immenses seront totalement désertées.  

Bref, le monde sera plus urbain que jamais !

Publié le 6 avril 2012

Une France de plus en plus urbaine.

Les ¾ de la population française vit désormais en ville. En 2010, 77.5 % de la population française est établi en zone urbaine, selon l’INSEE, et les villes occupent près de 22% du territoire. Ce qui représente, en 10 ans,  une progression de près de 20 %. Cette progression est plus importante que celle constatée lors des décennies précédentes tout en se rapprochant du rythme des années 50/60 (5).

Entre 1999 et 2010, 1368 communes rurales sont devenues urbaines. Cela se produit en général par une intégration à une agglomération.

Cette urbanisation progresse principalement sur le littoral atlantique et méditerranéen mais aussi dans les régions alpines. Ce phénomène est particulièrement prégnant en Bretagne, en Loire Atlantique et en Vendée ainsi que dans certains départements du sud comme les Pyrénées-Orientales ou le Vaucluse. Cela se traduit par une sorte de « banane » qui s’étend de Nice à Rennes.

Ile de France (96.4%), Provence-Alpes-Côte d’Azur (94.3%), Nord-Pas-de-Calais (88%), Rhône-Alpes (81.5%) et Languedoc-Roussillon (80%) demeurent les régions les plus urbaines de France.

Du point de vue de la densité urbaine, celle-ci a augmenté en moyenne passant de 107.6 en 1999 à 113.6 habitants par km2. En revanche, elle a tendance à diminuer dans les zones fortement urbanisées en raison de l’étalement urbain, c’est-à-dire des constructions qui s’étendent sur des périmètres de plus en plus étendus. Cet attrait pour les espaces péri-urbains, qui se développent depuis une bonne décennie, favorise le recours accru à l’automobile et participe au « mitage » des milieux naturels et agricoles jusqu’ici épargnés (6). 

Parmi les grandes unités urbaines, certaines connaissent un accroissement spectaculaire comme Avignon qui englobe désormais Orange Cavaillon et l’Isle sur Sorgue ou Saint-Etienne, d’autres au contraire ne s’étendent plus  comme Nice, Toulon, Toulouse ou Douai-Lens.

Finalement, 80 % de la population est rassemblé au sein de 240 aires urbaines qui occupent un tiers du territoire contre 20 %, il y a 10 ans. Sur le territoire métropolitain, on dénombre 28 entités urbaines situées entre 200 000 et moins d’un million d’habitants, tandis que l’Ile de France rassemble à elle seule 12 millions d’habitants !  


La ville réponse aux problèmes d’environnement ?

Un constat : les zones urbaines, qui désormais abritent la moitié des habitants de la planète, consomment les 2/3 de l’énergie utilisée au niveau mondial et sont reponsables des 3/4 des émissions de gaz à effet de serre. Bref, la ville apparait actuellement plus comme un en problème que comme une solution.

 

Pourtant, aux yeux de nombreux spécialistes, la ville serait une solution, voire même LA solution, pour se diriger vers une société « décarbonée » ou « postcarbones ». Reconnaissons que le défi des villes est désormais de satisfaire aux nouvelles exigences environnementales : être plus économe, modifer les usages de ses habitants, réduire les transports individuels…

A l’évidence, les résultats sont très disparates. C’est dans les métropoles les plus denses que l’on observe la consommation énergétique proportionnelement la plus faible. De ce point de vue, les villes asiatiques à forte densité sont mieux placées que les villes américaines très étalées.

Bref, le regard sur les villes changent. Il devient positif car on prend concsience qu’elles offrent des gisements d’économie importants mais qu’en plus, elles représentent un véritable vivier d’innovations. Optimisation des flux et des habitations, expérimentation en matière d’économies d’énergie en tout genre (comme les trottoirs récupérateurs d’énergie), nouveaux comportements et modes de vie.

Les villes (re) deviennent The place to be, à la fois pour le business mais aussi pour la culture et les échanges. Cependant les aspirations grimpent presque aussi haut que les gratte-ciel. La ville doit être harmonieuse et répondre à toute une série de critères (environnement, qualité et coûts de la vie, transport, santé, sécurité, vie culturelle et sportive, climat…).

Car les villes sont plus que jamais en compétition. Reste une inconnue : de quelle manière les nouvelles technologies facilitant par exemple le télétravail ou les visioconférences influenceront l’urbanisation de demain ?
 


1 – «Une nouvelle conscience pour un monde en crise” Jeremy Rifkin – Ed LLL (Les liens qui libèrent) – 2011 –
2- Op. cit. p. 180
3. Op. cit. p. 403
4- Source : Contrepoints – 20/12/2011, cité dans GéoPopulation 

5- Sources : actu-Environnement.com et Insee 
6 – Les Echos – Supplément spécial « Audit de la France » – 3 avril 2012 


A visionner pour mieux comprendre :

 

Les villes du futur par euronews-fr


Les villes en 2057 Part 1 par alexis250




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