jeudi, 30 mars 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Pour la première fois, « l’entertainment » tisse sa toile

(votes : 4)
Loading ... Loading ...
Posté par fabrice
 

1er septembre 1902

Avant-Première

« Le voyage dans la Lune » de George Méliès peut être vu comme un lever de rideau sur une nouvelle ère : l’ère de l’image, de la mise en scène et des trucages. Autrement dit, sur un monde d’illusion qui grâce au procédé d’images animées, le cinématographe, terme déposé en 1892, prend l’apparence de la réalité pour mieux la dépasser. Pour la première fois, la société du divertissement entre en scène.

Méliès, né à Paris en 1861, est un magicien et un « touche à tout ». A la fois manuel, artiste, créatif, inventeur, entrepreneur, producteur, il trouve dans le cinéma naissant le moyen d’exprimer ses talents. Le 7ème art, dont l’expression ne sera inventée qu’en 1911 par le critique italien Roberto Canudo, rassemble, selon lui, une palette de disciplines incroyablement large qu’il entend déployer à sa guise.

Inspiré du roman de Jules Verne, De la Terre à la Lune, Le voyage dans la Lune, met en scène de manière baroque, en trente tableaux, un aller-retour Terre-Lune vécu par 6 astronautes. Ce sera l’occasion, pour Méliès, de marier ses compétences de prestidigitateur et son expérience théâtrale à son envie de donner corps à son imagination. Il ouvre ainsi la voie à un genre nouveau appelé la Féérie, qui préfigure la science-fiction.

Pour la toute première fois, le spectateur est projeté dans une véritable histoire ne nécessitant aucun intertitre pour la compréhension de « l’intrigue », portée par des effets spéciaux et des trucages qui servent le scénario, le tout pour ce que l’on pourrait qualifier de long métrage pour l’époque, c’est-à-dire au-delà de 5 minutes.

Le vrai cinéma est né et avec lui la société de l’image et une nouvelle manière de raconter les histoires, à des années-lumières des traditions des conteurs oraux ou écrits et à quelques bobines des réalisations des frères lumières et de quelques autres qui s’inscrivent davantage dans le documentaire.



Coup de projecteurs sur les premières lumières du Cinéma

Alice Guy, première réalisatrice de fiction

Le 28 décembre 1895, les Frères lumières inaugurent la première séance publique de Cinéma en projetant au salon Indien du Grand Café, à Paris, la Sortie de l’usine Lumière à Lyon (une première représentation du film en privé a eu lieu l’année précédente). Cet événement marque la naissance officielle du cinéma. Ce film s’apparente à un documentaire.

Cependant, en 1896, Alice Guy réalise ce que l’on considère comme la toute première œuvre cinématographique de fiction : « La fée au choux ». Quant au premier film monté, c’est-à-dire ne se limitant pas à une succession de scènes mises bout à bout, est réalisé à l’occasion du couronnement du tsar Nicolas II, tandis que le premier long métrage (+ de 60 minutes), The story of the Kelly Gang date de 1906. Quant au tout premier studio, situé à Montreuil, on le doit à Méliès. Silence, la roue tourne.



A voir « Le voyage dans la Lune » de Georges Méliès (La bande son n’est évidemment pas de l’époque):



A voir, à lire pour aller plus loin :

  • Europa Film Treasures cette bibliothèque numérique, qui devrait s’enrichir chaque année d’une cinquantaine de nouveaux films, est l’œuvre d’un Français fou de cinéma, Serge Bromberg. C’est à ce collectionneur et restaurateur de films anciens que l’on doit notamment la découverte, il y a quelques années, de dix-sept films de Georges Méliès réputés perdus. Grâce à Serge Bromberg, les pépites des cinémathèques européennes sont désormais visibles gratuitement sur le Web.
  • La Magie Melies : un documentaire époustouflant qui retrace, à l’aide de documents inédits et de nombreux extraits de films, la vie et l’œuvre de Georges Méliès
  • Georges Méliès – Le premier magicien du cinéma Coffret évènement 6 DVD !!! 200 films, 15h de programme, un livret de 40 pages préfacé par Norman McLaren, édition définitive avec les plus belles restaurations
  • L’Oeuvre de Georges Méliès Publié à l’occasion de l’exposition Georges Méliès organisée par la Cinémathèque française, cet ouvrage reproduisant plus de 400 illustrations provenant de deux fonds prestigieux (photographies de plateaux, projets de décor et de costumes, caricatures…), est un hommage à l’une des figures les plus étonnantes du cinéma naissant, un artiste complet, un  » prestidigitateur qui mit le cinématographe dans un chapeau pour en faire sortir le cinéma « , selon les mots d’Edgar Morin.



Sur le même thème :

1 commentaire

  1. Luc a écrit,

    Serait-ce la fin du cinéma tel que nous le connaissons ? Avec tous les films en 3D qui sortent en ce moment serait-ce la fin du cinéma actuel en 2 dimensions, comme le cinéma en noir et blanc et les films muets?

    Posté le 13 octobre, 2010 à 20 h 50 min

Ajouter un commentaire