mardi, 17 octobre 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Les tout premiers « slides » : l’avènement de l’image

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Posté par fabrice
 

1981

West Slide Story

Cette année là, une page d’histoire se tourne. Cette page est celle d’une page imprimée qui porte les tout premiers « bullets points » entourés d’un cadre que l’on retrouvera plus tard sur les présentations Power Point. Cette page façon « story-board » est, pour la toute première fois, conçue sur ordinateur à l’aide d’un petit programme. Son inventeur Whitfield Diffie, celui-là même qui a conçu le cryptage SSL.

Cette année là, la planète économique est à l’aube d’une révolution qui va transformer le quotidien de centaines de millions de cols blancs à travers le monde et qui va éclairer, du moins est-ce l’objectif affiché, les prises de décisions des élites de tout poils (businness men, hommes politiques, militaires et même quelques ecclésiastiques) grâce à l’adage : une image vaut mille mots.

Une image vaut mille mots

En réalité, cet adage était déjà connu et certains, notamment dans l’enseignement, avait eu recours depuis les années 40, à ce que l’on peut qualifier d’aides visuelles : les fameux transparents projectés à l’aide de non moins célèbres rétro-projecteurs.
Mais l’idée révolutionnaire, issue du concept de Diffie, c’est Bob Daskins qu’il la mettra en pratique en créant en 1987 la toute première version de PowerPoint. Cette idée reposait sur la notion de « WYSIWYG » permettant ainsi au commun des mortels de créer, de manière presque ludique, ses propres présentations sans être un as du développement. Cette première version ne fonctionnait que sur Mac d’Apple, en pointe en matière d’ergonomie. En juillet 1987, Microsoft rachète la technologie Power Point et sortira la version windows 2 ans et demi plus tard.
A partir de là, les slides vont s’incruster dans les réunions puis sur le web avec des variantes humoristiques. Ils pénétreront jusqu’à l’enceinte de l’ONU où Colin Powel tentra de convaincre son assemblée de la présence d’armes de destructions massives en Irak à l’aide d’une série de slides. 

 

« Quand nous aurons compris ce slide, nous aurons gagné la guerre », dixit le Général McChrystal à propos de l’Afghanistan.

Et si une image valait mille maux !

Aujourd’hui, au moins 500 millions de personnes utilisent ce logiciel qui mêle texte, graphique, animation, vidéo ou sons, le tout de manière intuitive et ludique. Chaque jour, 30 millions de présentations sont réalisées (données 2007). Au point, – on devrait dire au power point – que certaines voix s’élèvent pour nous alerter sur le formatage de la pensée. Car le slide a ses propres codes : la règle de 7 ; 7 puces par page, 7 mots par lignes, 7 à 10 pages de présentation, 7 à 10 minutes de présentation.
Le discours est donc réduit, simplifié à l’extrême tout en permettant d’éluder les points délicats. En 2006, un expert en communication graphique, Edward Tufte, a démontré que, en occultant certaines informations essentielles, l’usage de PowerPoint avait sa part de responsabilité dans l’explosion de la navette Columbia de la NASA. Plus récemment, James Mattis, général des Marines soupçonnait PowerPoint de nous rendre stupide tandis que son collègue le général McChrystal a même accusé PowerPoint d’être le principal ennemi de l’armée américaine.

A « bullets » rouges…

Ennemi ou ami, les aides visuelles ont envahi les salles de réunions ou de conférences du monde entier et personne n’imagine désormais une démonstration de quoi que ce soit sans cet outil si populaire qui rassure autant le conférencier que l’assistance dont l’attention ne sera pas trop sollicitée. Comme Check Point Charlie, le Power Point est le passage obligé d’un monde qui prend ses décisions à coups de « bullets ».  Que celui qui n’a jamais senti le vent du « Bullet » lève le doigt…de la souris !


Etapes clés, en moins de 7 bullets !

  • 1980 : Les laboratoire Bell achète la première imprimante Laser Canon controlée par ordinateur pour un coût de l’ordre du million de dollars;
  • 1981, première utilisation d’un programme informatique pour réaliser une présentation ;
  • 1987 : version 1.0 de Power Point, sur Mac ;
  • 25 février 1992 : première utilisation publique d’une présentation Power Point via un ordinateur portable a eu lieu à l’hotel Regina à Paris;
  • 2001 : Le New Yorker consacre un article à PowerPoint : Comment un logiciel édicte nos pensées ?

A regarder pour mieux comprendre :


A voir et à lire pour aller plus loin qu’une présentation PowerPoint:
 

  • Du danger des présentations PowerPoint – un article de Frédéric Pisani, journaliste indépendant, sur son blog « Transnet » du journal Le Monde.
  • Devez beau, riche et intelligent, avec PowerPoint, Excel et Word – Prenant la suite Microsoft Office comme prétexte, avec le recul de l’expérience, un humour féroce et une mauvaise foi assumée, Rafi Haladjian dénonce la Certitude élevée au rang de vertu cardinale. Il rend surtout grâce à cette Incertitude paisible et décomplexée qui permet de s’adapter en toutes circonstances. Acheteurs et vendeurs de certitudes, personne n’est épargné investisseurs, financiers, commerciaux, consultants, entrepreneurs naïfs ou malhonnêtes… « Beau, riche et intelligent », Rafi Haladjian l’est déjà. En 1994, il fut l’un des pionniers de l’Internet en France. Il est l’un des acteurs les plus visionnaires et les plus iconoclastes du paysage technologique français. (Livre gratuit à télécharger au format PDF)
  • La pensée PowerPoint : Enquête sur ce logiciel qui rend stupide – Qui est aujourd’hui l’ennemi numéro un de l’armée américaine ? Les Talibans ? Al-Qaida ? L’Iran ? Non, l’ennemi, c’est PowerPoint, comme l’a affirmé, en avril 2010, le général des Marines James N. Mattis, selon lequel « PowerPoint nous rend stupides ». Franck Frommer présente la première enquête sur ce logiciel devenu incontournable. L’auteur, qui évolue depuis des années dans la « culture ppt » a visionné des centaines de présentations et analysé en profondeur la « pensée » PowerPoint, avec ses listes à puces, ses formules creuses et sa culture du visuel à tout prix. Où il apparaît que PowerPoint se révèle une puissante machine de falsification et de manipulation du discours, transformant souvent la prise de parole en un spectacle total où la raison et la rigueur n’ont plus aucune place.

 

 




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1 commentaire

  1. JANCAP a écrit,

    POWERPOINT, stupide pour les gens déjà stupides !

    Evènement dans le Landerneau du management et de la communication ! Un certain Frank Frommer vient d’écrire un livre, « La pensée PowerPoint », qui n’est pas moins qu’une « enquête sur ce logiciel qui rend stupide ». Le management s’en relèvera-t-il ?

    Comme stupidité, il est difficile de faire mieux ! …en affirmant que PowerPoint rend stupide ! Comme si j’affirmais, dans un livre qui me rendrait peut-être célèbre, que le dictionnaire rend idiot. Un tel exercice de style est tout à fait défendable, la perversité n’ayant pas de limites dialectiques chez l’être humain.

    En fait, PowerPoint est un excellent OUTIL de présentation. On pourrait dire la même chose pour la langue et le langage parlé …ou le rétroprojecteur, le tableau papier ou noir, les pages imprimées ou, plus élaborés, le film, la vidéo, le diaporama. PowerPoint n’étant qu’un outil pour diaporamas très sommaires.

    Par contre, si l’on veut nous démontrer que PowerPoint FACILITE ET AMELIORE, parfois considérablement, LES TECHNIQUES DE MANIPULATION des publics à convaincre (« vaincre un con », excusez cette vulgarité mais c’est souvent le triste objectif de ceux qui ne s’en croient pas…), il est vrai que cet outil permet de réaliser plus facilement de très belles performances, en enfermant le public cible dans un spectacle passif, spécialement élaboré pour lui, dans le but d’obtenir les résultats que l’on escompte. Ce que les spécialistes nomment manipulation mentale par médias interposés, constatée quotidiennement avec la télévision dans les familles.

    Parfois, les résultats dépassent toutes les espérances. L’utilisation intensive de PowerPoint par le management chez France Télécom constitue un exemple flamboyant de réussite par l’utilisation de cet outil neutre, comme vecteur pour manipuler et contraindre …jusqu’à provoquer des suicides.
    On attend toujours que France Télécom porte plainte contre les concepteurs de PowerPoint…

    Plus sérieusement et de même qu’Esope disait que « la langue est la meilleure et le pire des choses », PowerPoint est un excellent outil de communication pouvant avoir les pires effets.
    Fallait-il un livre pour démontrer que PowerPoint est le miroir fidèle de la stupidité et de la perversité de certaines personnes ou organismes qui utilisent ce logiciel ?

    Posté le 29 octobre, 2010 à 20 h 00 min

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