dimanche, 28 mai 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Les tout premiers pas de la diplomatie moderne

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Posté par fabrice
 

24 octobre 1648

Foutez-nous la paix !

 

L’art négociation ne date pas de la dernière pluie; il accompagne sans doute les conflits depuis toujours. Pharaons, Romains, barbares, tous avaient recours à des émissaires ou des messagers dont le rôle se limitait à transmettre des messages en vue de négocier une sortie de conflits ou pour nouer des alliances. Mais par esprit de conquête et de volonté de domination, la force avait toujours la primeur. Autrement dit, on combattait avant et on négociait après.

La paix en ligne de mire

 Le 24 octobre 1648 marque un tournant radical dans cette approche. Ce jour-là, les traités de Münster et d’Osnabrück, plus connus sous le terme de traités de Westphalie, mettent un terme à la guerre de trente ans qui est un conflit autant politique que religieux.

A partir de ce jour, la négociation prend les habits neufs de la diplomatie telle qu’on la connaît et tente de se mettre au service de la paix – avec plus ou moins de succès !- et non plus comme point d’aboutissement de la guerre.

Les rêves de domination universelle, qu’ils soient politiques comme pour ceux des Habsbourg ou religieux, comme ceux de la papauté et de la Chrétienté vont se heurter désormais aux Etats-Nations et au principe de souveraineté nationale. On assiste à l’émergence d’une autorité ultime, celle du législateur, qui surpasse pour la première fois, celle de l’ordre religieux et toute autre autorité intérieure ou extérieure. Ces nouvelles règles politiques s’inscrivent dans un courant visant à renforcer le « droit des gens « .

Entre équilibre et Raison d’Etat

Ce 24 octobre 1648 inaugure donc l’ère de l’équilibre entre les puissances -visant à limiter les effets désastreux des guerres incessantes-, grâce à la reconnaissance de la souveraineté des Etats. Ils pourront s’appuyer sur des traités bilatéraux ou multilatéraux qui forment les bases du droit international.

Pour la toute première fois, une diplomatie, destinée à prévenir les conflits et à garantir des intérêts communs émerge en Europe, tandis qu’au sein de cette même  Europe prend corps  la notion d’Etat-Nations.

La paternité de cette nouvelle situation qui « enfantera »  le Corps diplomatique au niveau international revient à des personnages illustres comme Hugo Grotius, Sully, Mazarin, Richelieu, sans oublier Nicolas Machiavel (1469-1527), grand négociateur, diplomate avant l’heure et « concepteur » d’une doctrine s’apparentant à la notion de Raison d’Etat. Concept qui sera appliqué pour la toute première fois par Richelieu, « le premier diplomate digne de ce nom« , comme le soulignera Henry Kissinger .

Si le mot Diplomatie s’impose qu’au XVIII ème siècle, il faudra attendre le XXème siècle pour qu’apparaisse la première véritable instance supranationale : la Société des Nations (SDN), créée en 1919 par le traité de Versailles. Cela,  un siècle après la création de la toute première organisation internationale, la Commission Centrale pour la Navigation du Rhin, constituée dans la foulée du Traité de Vienne de 1815. En 1993, on comptait 250 institutions internationales.

 

Internet « pète » les câbles…diplomatiques !

4 siècles après les traités de Westphalie, un simple soldat de l’armée américaine, Bradley Manning, avec l’appui de Julian Assange, fondateur du site Wikileaks, ébranle le système inauguré par Richelieu. Face au grand déballage des câbles diplomatiques, faut-il voir dans l’affaire Wikileaks une avancée majeure vers la paix au nom de la  transparence, ou au contraire, une « terrible naïveté », comme le défend Christian Makarian chroniqueur à l’Express, et une « formidable possibilité de régression » ?

L’histoire le dira. Elle nous dira aussi, si nous entrons dans une nouvelle ère de l’information, une ère où, puisque que tout se sait, tout se tait.  Mais l’important au final, n’est-il pas, qu’on nous foute la paix !


WikiLeaks : la diplomatie n’a plus de secrets

  • 251287 documents confidentiels de la diplomatie américaine divulgés;
  • dont 16 000 portaient la mention « secret » mais aucun « top secret » ;
  • La période de rédaction de ces « câbles diplomatiques », essentiellement entre 2004et  2010;
  • mais certains datent de 1966 ;
  • Wikileaks a choisi, à travers le monde, 5 organes de presse pour relayer et filtrer la diffusion : « New York Times », « The Gardian », « El Pais », « Der Spiegel » et « Le Monde »;
  • 120 journalistes mobilisés pour vérifier et sélectionner les documents qu’ils publieront;
  • Un masquage des sources citées pouvant être mises en danger;
  • La mise en place, par des internautes, de nombreux serveurs miroirs pour palier tout blocage de Wikileaks;
  • Décembre 2010 : des organismes financiers, PayPal, Visa Europe, MasterCard,  « Bank Of América » décident de suspendre toutes transactions destinées à Wikileaks.

Les grandes étapes du nouvel ordre international :

  • 1648, traités de Westphalie;
  • 1815, Traité de Vienne, considéré comme la première manifestation du mulitlaréralisme;
  • 1816, Commission centrale pour la navigation du Rhin, plus ancienne organisation internationale;
  • 1863, création du CICR, Comité international de la Croix Rouge;
  • 1865, Union internationale du télégraphe;
  • 1874, Union générale des postes;
  • 1899, Cour permanente d’arbitrage, créée par la première conférence Internationale de la Paix;
  • 1916, Création de la Société des Nations (SDN);
  • 1919, le Bureau International du travail (BIT) voit le jour;
  • 1945, Organisation des Nations Unies (ONU) et Fonds Monétaire International (FMI)
    Mis à jour le 18 décembre 2010


A visionner pour mieux comprendre [interview de Julien Assange, fondateur du site Wikileaks, sous-titrage en Français] :

 

 

A voir et à lire pour aller plus loin :

  • Atlas militaire et stratégique : Menaces, conflits et forces armées dans le monde : Les menaces se diversifient, les acteurs se multiplient, les technologies progressent et les conflits « asymétriques », face à des groupes non étatiques, se font désormais de plus en plus nombreux. La guerre d’aujourd’hui n’a plus grand-chose à voir avec celle d’hier. Pour faire face aux nouveaux défis sécuritaires, les politiques de défense et les stratégies, notamment occidentales, doivent donc s’adapter. Pour la première fois, un atlas présente une expertise technique et géopolitique de ces questions, dressant l’état des lieux des forces, décodant les conflits en cours et augurant ceux à venir, tout en fournissant quelques notions essentielles de stratégie. Il aide ainsi à décrypter un monde sous tensions et à mieux lire l’actualité.
  • Diplomatie, par Henry Kissinger. La fin de la guerre froide semblait déboucher sur un monde simplifié: au centre, une Amérique victorieuse et sans rivale, seule superpuissance capable de dicter son ordre mondial et de diffuser partout son mode de vie et ses valeurs. La magistrale leçon d’histoire et de diplomatie d’Henry Kissinger détruit cette illusion: l’Amérique, prévient celui qui a inspiré pendant près de dix ans sa politique étrangère, va devoir réformer profondément sa vision du monde et ses méthodes d’action, sous peine de se réfugier à nouveau dans un isolationnisme aussi dangereux qu’illusoire. Il lui faudra évoluer dans un système complexe d’équilibre des forces, une notion avec laquelle elle est justement en « délicatesse ».
  • Diplomacy : Le jeu des intrigues internationales.
    Testez vos capacités de négociations dans un grand jeu d’intrigues et de stratégie. Dans le contexte du début du XXe siècle, jouez l’une des 7 grandes puissances européennes et plongez dans le réseau d’intrigues et de négociations qui vous amènera au sommet de la puissance … mais gardez toujours un œil sur vos alliés si vous voulez y rester.



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1 commentaire

  1. MUZABIBU a écrit,

    A l’heure actuelle l’Amérique ne peut plus se prévaloire le préstige d’etre une superpuissance compte tenu de l’émergence des Etats sur la scène internationale ainsique le rapport des forces que démontrent certains petits états qui jouent sur la psychologie americaine par rapport à certaines opérations ménées par celle-ci dans le monde. C’est en fait que les Etats comme la Somalie qui avait ridiculisé les américains et que dès lors certains Etats jadis reticents à s’opposer à l’Autorité americaine commence à le faire sans complexe.Exemple le Zimbabwé,l’Iran,la Somalie,les états du Monde arabe… d’autrepart les expoits économiques,technologiques et culturels des nouveaux états competissent favorablement aux USA.

    L’internationaliste MUZABIBU

    Posté le 31 août, 2011 à 19 h 09 min

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