jeudi, 30 mars 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Le tout premier pic pétrolier ou « peak oil »

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Posté par fabrice
 

1979

Depuis 1979,  quelle mouche nous « peak »!?

Si l’on répartissait le pétrole de manière équitable entre tous les habitants de la planète, c’est-à-dire 7 milliards d’individus, il y en aurait moins aujourd’hui par personne qu’en 1979, d’où la tension sur les prix depuis cette période. C’est le tout premier « peak oil ». Mais, avec les nouveaux gisements, le pic pétrolier en valeur absolue fait-il encore peur ?

Qui n’a pas entendu parler du « peak oil » ou si vous préférez du pic pétrolier, (1), c’est-à-dire l’année à partir de laquelle la production de pétrole dans le monde va commencer à décroitre ?

Certains l’entrevoient depuis des années, d’autres le prévoient pour 2020 ou 2040, d’autres encore estiment qu’avec la montée en puissance du pétrole non conventionnel (huile de schiste), ce n’est plus d’actualité. Tous, autant que nous sommes, le redoutons comme les cavaliers de l’apocalypse annonçant la fin du monde. Cette notion qui n’est pas nouvelle a été évoqué pour la toute première fois en 1956. C’est le géo-physicien américain Marion King Hubbert qui en est l’auteur.

En réalité, un peak oil, – le vrai et le seul qui vaille pour certains experts – est déjà intervenu. Et ce n’est pas tout récent : c’était en 1979.

Cette année-là, pour la toute première fois, la quantité de pétrole disponible par habitant a atteint son maximum au niveau mondial: le peak oil par habitant était donc franchi.

C’est la conclusion à laquelle est parvenue une étude de la compagnie BP (2) confirmée depuis par de nombreux autres travaux. Il faut s’en faire une raison, à partir de cette date, le pétrole disponible par habitant de la Terre ne sera plus jamais aussi élevé; sauf miracle !

Les nouvelles huiles essentielles !

Pourtant, depuis de nombreux gisements ont été découverts, surtout dans les domaines dits non-conventionnels, comme l’huile de schiste, et les réserves maintes fois réévaluées. Mais la population mondiale s’est accrue proportionnellement encore davantage. Et ce n’est pas fini, celle-ci devrait atteindre les 9 milliards à horizon 2050.

A cela, il faut ajouter, la fabuleuse croissance des pays dits émergents dont principalement l’Inde et la Chine avec des taux de croissance respectivement de 9,7 % et 14,2, en 2007.  Autrement dit, ce que l’on gagne d’un côté, on le perd plus largement de l’autre.

Bref, le décollage démographique couplé au décollage économique a fait entrer un tiers de l’humanité dans l’âge du pétrole. Conséquence immédiate et mécanique : le pétrole a atteint un pic économique en juillet 2008 de 147 dollars le baril ; rappelons qu’il était en dessous des 24 dollars le baril sept ans plus tôt. Un déséquilibre d’un tout petit pour cent entre l’offre et la demande (3) suffit à en faire doubler le prix ou presque !

Peak oil ou pic pétrolier

Est-ce un cap, une péninsule, un peak ?

Quant au pic mondial de production de pétrole brut, selon l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), il aurait probablement été atteint en 2006, avec une production de 70 millions de barils/jour, déclaration qui reste cependant controversée.

En effet, la montée en puissance de ces fameux hydrocarbures dits non conventionnels comme le pétrole de schiste (voir encarté) rebattent totalement les cartes(7). Les  avis divergent plus que jamais.

Certains spécialistes estiment encore que le peak oil (en données brutes, sans la répartition par habitant) sera atteint aux environ de 2020, lorsque la production plafonnera à 100 millions de barils/jour (4). Beaucoup désormais tablent plutôt sur un plateau que sur un pic. Si les nouveaux gisements auront du mal à compenser le déclin des anciens, les rendements des puits augmentent constamment grâce à l’évolution de la technologie. Le taux de récupération aujourd’hui de 30 % pourrait atteindre les 50 % à l’avenir.

Cependant, toujours selon l’AIE, il faudrait investir la somme ahurissante de 8 000 milliards de dollars dans les 25 prochaines années pour maintenir le niveau de production au moins équivalent à celui de 2007.

Evidemment, tout cela n’est que spéculation car les facteurs à prendre en compte sont tellement nombreux : nouveaux gisements dont les huiles de schiste, taux de croissance, niveau de vie, développement des énergies alternatives ; autant lire dans le marc de café ou dans les schistes bitumineux !!

Actualisé,  le 02 mars 2013

 Pétrole de schiste : le nouvel eldorado

De quoi s’agit-il ? De pétrole qui se présente sous forme de gouttelettes dispersées dans la roche mère. D’où l’expression d’hydrocarbures de roche mère ou d’huile de schiste, tight oil, en anglais(5).

Ces gisements sont situés dans des grandes profondeurs, entre 2000 et 3000 mètres et sont difficiles à extraire du moins par les méthodes classiques. D’où leur appellation de pétrole non-conventionnels.

Les évolutions technologiques, dont la technique de la fracturation hydraulique, ont rendu depuis une dizaine d’année leur exploitation possible, mais à quel prix.

Outre le risque écologique, des études récentes, portant sur l’exploitation du gaz de schiste aux Etats-Unis, semblent  démontrer aussi un vrai risque économique; car actuellement l’extraction est loin d’être rentable car son coût grimpe jusqu’à 90 dollars le barils, au Canada par exemple.  Ce qui fait craindre à certains une bulle comparable à la bulle internet.

Quoi qu’il en soit, cela bouleverse aujourd’hui la donne énergétique. Les Etats-Unis pourraient ainsi devenir le premier producteur mondial de pétrole en 2020, devant l’Arabie Saoudite ! (8). En 2012, la production de pétrole américain est déjà l’équivalent du sultanat d’Oman. A ce rythme, les Etats-Unis seront exportateurs nets de pétrole en 2030, du jamais vu depuis la seconde guerre mondiale.

D’autres régions du monde pourraient aussi se couvrir de derricks. L’Amérique du sud, l’Afrique et que dire de la Chine dont les réserves pourraient être considérables.

La France ne serait pas en reste, grâce principalement à un fabuleux gisement sous le bassin parisien (6) accumulé depuis 200 millions d’années. Au total (sans jeu de mot ou référence à une célèbre compagnie), l’hexagone pourrait prétendre à concurrencer le Koweit en tant que pays producteur de pétrole.

Malgré cela, compte tenu de la forte augmentation de la demande, le peak oil au sens strict ne serait reculé que de quelques années, quatre ou cinq (4).

Alors faut-il ou non avoir peur du pic pétrolier ??


 La toute première société pétrolière est française

N’en déplaise aux américains, la toute première compagnie pétrolière du monde est née en France ! Et elle ne date pas d’hier. Elle fut créée en 1740 à Pechelbronn, en Alsace.

De ses galeries minières, on extrayait du bitume huileux servant à la lubrification de toute sorte d’outils. L’exploitation du pétrole de Pechelbronn s’est poursuivie jusqu’en 1970 et donna naissance à des compagnies de réputation mondiale comme Schlumberger et Antar.


1-  Le pic mondial de la production pétrolière, le peak oil, expression utilisée par les pétro-géologues pour indiquer le moment où la production pétrolière aura atteint son maximum. Le plus haut niveau sur la courbe de Hubbert. Cela correspond au moment où la moitié des réserves pétrolières récupérables a été utilisée. A partir de ce point, l’extraction de pétrole va inexorablement baisser.
2- « La troisième révolution industrielle » – Jeremy Rifkin – Edition LLL, les liens qui libèrent, 2011 ; p. 30
3-  Article « Peak Oil : le pic de production de pétrole » Agora Vox – 22 Juin 2005
4- Article «  Nouvelles découvertes et gaz de schiste retarderont à peine le pic pétrolier » – Le monde online
5-  Il existe 3 types de gaz non conventionnels : ceux extraits du schiste, les gaz de houille extraits dans les mines de charbon et les « tight gas » (littéralement gaz serrés ou enfermés) obtenus, comme le gaz de schiste, par fracturation hydraulique (source : la croix.com )
6-  Science et vie – N°471 – Juillet 2012 – Dossier « Pétrole, le sous-sol français en regorge ».
7- Article « sera-t-on noyé par le pétrole ? » – Nouvel Observateur N° 2520 du 21 février 2013
8- Rapport annuel sur l’énergie publié en novembre 2012 – Agence internationale de l’Energie.  


A visionner pour mieux comprendre :


Le dessous des cartes – Vers le pic pétrolier… par abolibibelot1980


A lire pour poursuivre la réflexion  :

  • « La troisième révolution industrielle » -de Jeremy Rifkin – Edition LLL, les liens qui libèrent, 2011. Ce livre développe la thèse d’une troisième révolution industrielle – que l’auteur appelle de ses vœux -, un nouveau paradigme économique qui va ouvrir l’ère post-carbone, basée notamment sur l’observation que les grandes révolutions économiques ont lieu lorsque de nouvelles technologies de communication apparaissent en même temps que des nouveaux systèmes énergétiques (hier imprimerie, charbon ou ordinateur ; aujourd’hui Internet & les énergies renouvelables).  



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