mercredi, 20 septembre 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Le tout premier lien du nouveau monde virtuel

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Posté par fabrice
 

21 novembre 1969

Carte des connexions de 10 millions d'amis de Facebook

Un tout petit lien mais un grand « dé…clic » pour l’humanité !

4 mois, jour pour jour après le premier pas historique sur la Lune, premier lien physique entre l’humanité et un monde extérieur, un autre lien, cette fois virtuel, engage une nouvelle ère qui va bouleverser les relations entre les humains comme jamais dans l’Histoire.

Ce tout premier lien permanent est établi le 21 novembre 1969, entre l’Université de Californie à Los Angeles (Ucla) et le Stanford Research Institute à Santa Barbara (au nord de la Californie).

Première liaison Arpanet entre Ucla Stanford Institute et Université de l'Utah

L’ARPA, une réponse au défi spatial Soviétique

Tout a commencé en octobre 1957 (1). En apprenant que les Soviétiques viennent de lancer avec succès le tout premier satellite dans l’espace, l’Amérique du président Eisenhower prend peur. Comment se protéger d’une attaque de missiles des Russes et comment rattraper le retard par rapport aux Soviétiques ?

La réponse viendra l’année suivante, avec la création de l’Advenced Research Project Agency, autrement dit l’ARPA. Dotée d’un budget de plusieurs millions de dollars, l’Agence a vocation à explorer toutes pistes, notamment spatiales, permettant de mettre les Etats-Unis à l’abri d’une hypothétique attaque nucléaire.

Mais c’est un jour de 1961, lorsque l’ARPA s’équipe, à la demande de l’US Air Force, d’un super-ordinateur d’IBM, le Q-32, une bête de calculs pour l’époque, que les choses sérieuses commencent vraiment.

L’année suivante, Joseph Carl Robnett (J.C.R.) Licklider, un docteur en psycho-acoustique de l’université de Rochester, ainsi que Fred Frick, un petit génie de l’informatique, qui a travaillé au Lincoln Lab, tout comme Licklider, sont recrutés par l’ARPA.

Mutualisation des ressources : une idée qui va faire son chemin

Leur idée repose sur le concept nouveau du « time-sharing », inventé par des chercheurs du MIT (2]. Ce dispositif vise le partage des ressources d’un même ordinateur via de simples terminaux qu’utiliseraient plusieurs utilisateurs.

Si l’idée est séduisante, elle a toutefois ses limites : les capacités d’utilisation sont très restreintes en nombre d’utilisateurs et en ressources disponibles.

Qu’à cela ne tienne, il convient donc de repousser ces limites ! C’est le job auquel vont s’atteler nos deux comparses. En août 1962, J.C.R. Licklider baptise son projet, en toute modestie mais surtout avec beaucoup d’humour : « Le réseau informatique intergalactique » !

Contrairement aux idées recçues, le projet ne présente pas, à ce stade, de spécificités militaires puisque qu’il agit avant tout dans l’esprit de Licklider d’améliorer les échanges entre chercheurs et d’éviter les « doublons ».

Un terminal capable de communiquer avec n’importe quel ordinateur : le rêve !

Premier ordinateur fonctionnant en temps réel

Premier ordinateur fonctionnant en temps réel – History of computer

En 1964, Licklider à la tête du « Bureau des techniques de traitement de l’information (IPTO, en anglais) », va s’adjoindre deux experts en informatique. Fort de ces nouvelles recrues, Ivan Sutherland et Robert Taylor, incontestablement, le projet prend un nouveau virage.

Le problème auquel est confronté Robert Taylor est simple : dans ses locaux de l’ARPA à Washington, Bob dispose de 3 terminaux reliés respectivement à l’ordinateur central d’un des 3 centres de recherches concernés. Pour communiquer avec chacun des centres, Bob devait donc changer de terminal.

Un terminal unique capable de communiquer avec n’importe quel ordinateur central, quel que soit l’endroit et le constructeur, un rêve qui va devenir réalité. C’est le projet ARPANET.

Un troisième larron, Larry Roberts, qui lui aussi vient du Lincoln Lab, va apporter main forte et décisive à la conception de ce fameux réseau informatique. Nous sommes en 1966.

Un réseau à l’image du Pentagone

2 ans plus tard, en 1968, Roberts élabore enfin le réseau informatique dont sera issu quelques années plus tard le Web. Ce réseau présente une topographie en étoiles ressemblant à celle du Pentagone (ministère de la Défense américain), dont Larry est familier.  Des centaines de points représentant des ordinateurs reliés entre eux, tout comme les chemins les plus courts reliant les bureaux et salles de réunion du Pentagone.

D’un point de vue technique, nous trouvons déjà les principes de base de l’internet d’aujourd’hui : à savoir, le recours au réseau téléphonique pour les échanges de données qui elles-mêmes sont gérées non pas par un seul ordinateur central mais par des petits ordinateurs intermédiaires (1).

En juillet 1968, l’ARPA veut expérimenter ce dispositif de réseau. Son objectif : relier plusieurs centres de recherche entre eux : l »université  de Los Angeles (Ucla),  celles de Santa Barbara et de l’Utah et le centre de recherche de Stanford. ; Elle lance à cet effet une consultation auprès de tous les grands acteurs de l’informatique de l’époque.

Tous, dont IBM, sauf deux déclineront l’offre. Au final, c’est une firme méconnue de consultants informatiques, Bolt Beranek and Newman, qui remportera le marché.

Entrée en scène d’ARPANET, réseau précurseur d’internet

Le temps d’une gestation humaine, l’équipe de cette petite firme du Massachusetts, qui se compte sur les doigts de deux mains, accouchera de manière opérationnelle de ce concept de Réseau.

Tout est là, ou presque : le dispositif de routeurs, dénommés à l’époque IMP pour « interface message processors », chargés d’assurer la liaison entre les ordinateurs (clients et ceux qui délivrent les données) et la communication par paquets. Seule la vitesse de transmission n’est pas encore au rendez-vous : 50 kilobits par seconde.

L’Automne 1969 voit ainsi bourgeonner pour la toute première fois ARPANET, le réseau qui deviendra par la suite  Internet. Le 2 septembre 1969 (certains évoquent le 20 octobre) l’équipe de Leonard Kleinrock de l’Ucla parviennent à mettre en relation un ordinateur, ou plutôt un énorme calculateur électronique avec un routeur.

Le lien qui va changer la vie

Pour la première fois de l’histoire, des données par paquets sont échangées au travers d’un simple cable cuivré (3). Le 20 octobre la même équipe établit une connexion entre un ordinateur d’Ucla et un ordinateur de Stanford.

Puis, ce fut le tout premier lien du tout nouveau monde virtuel, le 21 novembre 1969, comme on vient de le voir.

Tim Berners Lee, le fondateur du Web

En 1980, Arpanet se divisera en deux branches distinctes : le Milnet, un réseau exclusivement militaire et le NFSnet, le réseau universitaire. En 1982, le terme Internet qui signifie Internetting est officialisé.  

Internet tisse sa toile

Le 1er janvier 1983, Arpanet bascule totalement sur le protocole TCP-IP, le principe de base des échanges sur la toile, développé par Vinton Cerf de l’université de Stanford et Robert Khan. A partir de ce jour, Arpanet adopte pour le terme d’arpa-internet. Pour la toute première fois, le vocable internet s’affiche au grand jour.  30 ans plus tard, Internet véhiculera quotidiennement l’équivalent de 170 millions de DVD ! 

En 1985, le réseau compte déjà –ou seulement – mille ordinateurs reliés. Il faudra attendre 1992 pour voir apparaitre les tout premiers sites et  disposer de la toute première photo cliquable ! et 1993 pour pouvoir utiliser le tout premier navigateur : Mosaic.

Entre temps, Tim Berners Lee du CERN, futur fondateur du W3C (6),  sera passé par là: . En 1980, il invente la navigation hypertexte, puis le protocole HTTP (Hyper Text Transfer Protocol). Cette fois, le World Wide Web (www)  est vraiment né. Le web peut étendre sa toile et bientôt relier pour la toute première fois un tiers de l’humanité.

500 ans après la découverte d’un nouveau monde physique, un nouveau monde virtuel est donc à portée de clics pour un monde qui est aujourd’hui totalement interconnecté (4) :

  • 2 milliards 100 millions d’internautes dans le monde (décebre 2011), dont 485 millions de chinois ;
  • 555 millions de sites web dans le monde (*), dont 70 millions de blogs WordPress
  • plus de 3 milliards de comptes de messageries et près de 300 milliards de mails par jour (chiffre 2010), dont 89 % de spams***;
  • plus de 900 millions d’utilisateurs actifs de Facebook , dont 526 millions d’utilisateurs quotidiens **;
  • 225 millions de comptes Twitter (octobre 2011) , dont 27 millions de followers pour Lady Gaga, en tête du « box office » de Twitter (7);
  • 1 000 milliards de vidéos visionnées sur Youtube ;
  • 100 milliards de photos publiées sur Facebook (mi 2011)
  • 667 millions de milliards d’adresses internet, c’est ce que permet le nouveau dispositif d’adressage internet ipv6, le précédent ipv4 ayant fourni la dernière adresse disponible le 3 février 2011

Big Data ou comment tirer profit des liens internet !

Selon Eric Schmidt, patron de Google (5), nous produisons aujourd’hui autant d’informations en 2 jours qu’en a produit l’humanité entre ses début et 2003, soit 5 pétaoctets !

Nous sommes donc entrés dans l’ère du Big data, autrement dit, les données massives. Un véritable déluge d’informations qui envahit notre quotidien. Il y a 60 ans l’ordinateur a rendu l’information lisible, il y a 30 ans, l’internet l’a rendu accessible maintenant, les outils de recherche la rendent compréhensible.

Big Data : un déluge d'informations

En effet, face à ce déluge d’informations hétéroclites, seuls les moteurs de recherche et les outils de traitement statistiques sont en mesure de découvrir des corrélations inattendues. Puis d’en faire émerger des découvertes exploitables qui, sans ces outils et sans internet, seraient restés masqués probablement pour longtemps, peut-être même pour l’éternité.

Qui, en dehors des logiciels de recherche comme Google, est en mesure de traiter efficacement l’équivalent de 20 fois les données stockées par la Bibliothèque Nationale de France (20 pétaoctects), en quelque centième de seconde ? Il faut se rendre à l’évidence, pour la première fois dans notre histoire, l’intelligence humaine est dépassée, du moins pour ce type de traitement.

Désormais, la recherche s’appuie sur des robots chercheurs algotithmiques qui balaient obstinément, à la façon de Google, les serveurs du monde entier. Ils partent à la recherche de la corrélation entre données en mettant en exergue les liens pertinents. Ces fameux liens inventés il y a plus de 40 ans et qui sont maintenant à l’origine d’une révolution sans précédent de la science.

Et parfois, à grand renfort de mots-clés (foie, cancer, alcool…), ils permettent des découvertes étonnantes. Ce fut le cas récemment avec la découverte de 4 gènes associés au cancer du foie ou encore l’origine probable de la migraine jusqu’ici passée inaperçue.

Toutes les disciplines et tous les domaines d’activités s’en voient bouleversés. Le marketing, bien sûr, la génétique, l’astronomie, la chimie, les neurosciences, la climatologie, sans parler des renseignements qui bientôt seront capable de traiter simultanément l’équivalent de 1000 milliards de disques durs ! Certains évoquent même une quatrième révolution industrielle.

Aujourd’hui, on est convaincu que les découvertes les plus accessibles sont déjà réalisées. Reste, celles qui se situent en haut de l’arbre de la connaissance. Mais, sont-elles encore à portée de mains -ou d’esprits-  humaines ?

Le traitement des liens entre données, via internet, est peut-être en train de casser le lien entre la notion de génie et celle d’humain. Dit autrement : cela sonne-t-il le glas du génie humain ?


 Le tout premier smiley aurait-il plus de 100 ans ?

Officiellement, l’émoticône, ou si vous préférez le smiley, a tout juste 30 ans, puisque le premier est daté de 1982. Mais, il se pourrait que le tout, tout premier smiley soit beaucoup plus ancien : 1862 !

le premier smiley d'Abraham Lincoln !

L’internet et le mail n’existaient évidement pas; alors comment est-ce possible ? Le New york Times (voir article) a découvert dans une retranscription d’un discours prononcé par Abraham Lincoln le 7 août 1862 un clin d’oeil «  ;)  » qui ressemble furieusement à nos smileys ;).

Ce signe devenu célébre un siècle plus tard apparait en effet dans un extrait du discours « imprimé » de l’époque. Il figure à la suite d’un passage où le président américain prévoit une réaction positive de son auditoire. Le fameux signe vient ponctuer deux mots (applause and laughter «  ;)  » .

Evidemment, ce qui vient à l’esprit, c’est qu’il s’agit d’une faute de frappe. Problème, les machines à écrire n’existent pas encore. Le texte a donc été imprimé à l’aide de caractère, un par un. Une erreur d’imprimeur, alors ? Pourquoi pas mais bizarrement, dans l’ensemble du texte ce type d’indication est signalée par des crochets et non pas par des parenthèses.

Alors, le 16 ème président américain aurait-il fait un crochet à ses habitudes en inventant le smiley ? Même pas en rêve…américain ou réalité ?


1- Récit inspiré de l’article de Tristant Gaston-Breton – Publié dans Les Echos – Vendredi 3 et samedi 4 août 2012
2 - Kleinrok du MIT est l’auteur du tout premier document traitant de la théorie de la transmission de données par paquets (information Flow in Large Communication Nets) ;
3- Reportage du National Geographic de 2009 « Internet’s 40 th « birthday » marked », raporté dans Le Figaro.fr, article « Il y a 40 ans naissait (presque) Internet » – 3 septembre 2009
4- Sources : * données 2011, publiées sur le site anglophone pingdom; **données du 1er trimestre 2012 publiées par Facebook (source « Etreintes dégitales, blog du Figaro); *** Le Mode informatique 14 janvier 2011;
5- Google : le nouvel Einstein – Science & vie N°1138 – Juillet 2012;
6 – Consortium chargé d’assurer la normalisation et la compatibilité des technologies du web ; le W3c est présidé depuis 1994 par Tim Berners Lee;
7- Le Figaro Economie – 21 août 2012


A visionner pour mieux comprendre :

  • Comment fonctionne internet et d’où vient-il ?  Une épopée qui débute dans les années 50 :


A voir et à lire pour aller plus loin :




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1 commentaire

  1. Empereur des pingouins a écrit,

    Je trouve ce site hypra interessent tres instructif on cherche des infos sur les ordianteurs et trouvent des russes ert fdes missiles ,
    On se captre la semaine prochaine en techno tchek mon pote ;)

    Posté le 5 décembre, 2012 à 10 h 50 min

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