jeudi, 30 mars 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Le tout premier « Bébé-médicament »

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Posté par fabrice
 

29 août 2000

Bébé médicament

« Un sauveur est né… »

Si selon la Bible, Adam revendique le titre de tout premier homme, Adam Nash peut revendiquer celui de tout premier humain conçu pour soigner. Cette innovation absolument unique dans le monde du vivant peut-être considéré, soit comme une instrumentalisation de l’être humain, d’où le nom de Bébé-médicament ou de Bébé-instrument, ou comme une avancée sans équivalent pour le bien-être de l’humanité : une toute, toute première fois…de tout premier ordre !

Né pour sauver sa soeur

Tout a commencé aux Etats-Unis, à l’aube du troisième millénaire. Molly, la future sœur aînée d’Adam Nash, âgée de 6 ans, est atteinte d’une maladie « l’anémie de Fanconi, une affection sanguine héréditaire très grave. Seul remède possible : la greffe de cellules souches hématopoïétiques. La solution proposée par Yuri Verlinsky, du département de génétique et de procréation de l’Université de Chicago, fut de sélectionner à partir d’un panel d’embryons conçus par les parents, dans une fécondation in vitro classique, ceux qui ne portaient pas le gêne défectueux. Procédé complété par une recherche de compatibilité immunologique, de type HLA (Human leucocyte antigens ) entre les futurs frères et sœurs.

Ainsi, l’embryon exempt de la maladie affectant Molly et qui était immuno-compatible a été réimplanté dans l’utérus de la mère et donna naissance le 29 août 2000, à Denver dans le Colorado, à Adam Nash, le tout premier bébé à visée thérapeutique de l’histoire. Un bébé comme les autres, si ce n’est que l’objectif initial du projet parental était de disposer de cellules souches histocompatibles en vue de soigner un autre être humain, en l’occurrence de régénérer la moelle osseuse de sa sœur, Molly. , cette première médicale pose de nombreuses questions d’ordre moral, religieux et éthique. Car, pour la toute première fois, la procréation humaine n’est pas uniquement orientée vers la naissance mais chargée « d’une mission », thérapeutique qui finalement n’a rien de naturelle. Depuis, ce procédé est repris à travers le monde, avec évidemment une charge émotionnelle et d’espérance immense.

« Notre espoir », le bébé du double espoir français

L’équipe de l’hopital Antoine-Béclère de Clamart ayant contribué à la naissance d’Umut-Talha, « notre espoir » en turc, avec les professeurs René Frydman et Arnold Munnich. Photo AFP

Le 26 janvier 2011, le petit Umut-Talha ouvre la voie française des bébés-médicament, baptisés plus élégamment, « bébés-docteur » ou « bébés du double espoir » pour reprendre la formule des spécialistes. Comme pour Molly, Umut-Talha est né par fécondation in-vitro après un double diagnostic pré-implantatoire (DPI). Comme pour Molly, celui-ci visait à garantir que le futur nouveau-né serait indemne de la maladie génétique très invalidante (bêta-thalassémie, causant des anémies) dont souffraient les autres enfants de la famille et compatible en tant que donneur.

Cependant, les parents d’Umut-Talha ont laissé la nature effectuer l’ultime choix. En effet, comme l’explique le Professeur René Frydman (voir la seonde vidéo, en fin d’article), parmi les 2 embryons sains sélectionnés, l’un était compatible et l’autre pas pour jouer le rôle de « bébé-médicament ». Les parents de l’enfant s’en sont remis au hasard ou au doigt de Dieu, comme on voudra. Celui-ci a opté pour l’embryon compatible  Ainsi, le cordon ombilical de ce bébé sauveur, prélevé à sa naissance, pourra servir ultérieurement pour une greffe de sang salvatrice.

Nul ne doute que ces enfants d’un genre nouveau sont conçus avec d’autant plus d’amour que l’on attend beaucoup d’eux. Cela dit, le généticien Axel Khan rappelle [1] que cette approche n’est pas si nouvelle que cela car, auparavant, les parents ayant été affligés par des enfants handicapés ou gravement malade recourraient souvent à faire d’autres enfants « en espérant que le hasard leur serait favorable ».

Avec ces embryons « sur mesure », dans certaine famille on pourra dire : « un sauveur nous est né… » Est-ce un bien pour un mal ou le contraire ? Seule l’Histoire nous le dira.


Né sous « temps X » ou, bientôt, la première « culture » de bébés !

Aujourd’hui, dans certaines situations, des bébés prématurés peuvent déjà bénéficier d’un utérus artificiel qui fournit au fœtus l’essentiel pour sa survie : oxygène, nourriture, hydratation, une chaleur et une humidité optimale…

 

 

Ce dispositif demeure toutefois transitoire car le bébé est ensuite replacé dans le ventre de sa mère porteuse.

Bientôt, l’évolution du fœtus pourra s’effectuer dans un environnement totalement extérieur au corps humain, c’est-à-dire sans passer par l’intermédiaire de la mère-porteuse.

Une grande première pour la science, mais un vrai cas de conscience pour l’humanité.

Pour y parvenir, les scientifiques devront disposer d’une maitrise totale des méthodes de surveillance, grâce notamment à des outils informatiques et faire en sorte que l’utérus artificiel et le placenta se rapprochent  au plus près de l’original.

C’est la piste sur laquelle travaillent actuellement les chercheurs.  Chercheurs ou plutôt apprentis sorciers ??

Pour en savoir plus,  lire l’article : « Il sera bientôt possible de cultiver un bébé entièrement en dehors du corps humain »

 Mis à jour le 4 mai 2013

1 – Interview du professeur Axel Kahn sur Europe 1, 7 février 2011


A visionner pour mieux comprendre :


Le 1er bébé-médicament français est né par BFMTV





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