mardi, 17 octobre 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

La toute première crise mondiale due aux paradis artificiels

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Posté par fabrice
 

2008

 

Alerte blanche pour jeudis noirs !

L’une des plus importantes crises financières de l’Histoire, la crise de 2008, est la résultante de la mégalomanie et des excès en tout genres des hommes. La quête de paradis artificiels -mondes virtuels, multiplicité des drogues, éveil 24/24 -, désormais à portée de mains,  risque de nous cacher la réalité et de nous réserver des réveils difficiles. Les traders cocaïnomanes sont-ils les  « pionniers » de ce nouveau monde ?

 

En avril 2013, le magazine Le Point titrait : « Une overdose de cocaïne à l’origine de la crise financière ? ».

Cette interrogation qui ressemble fort à une alerte, non pas rouge, mais blanche fait suite à une annonce d’un certain David Nutt,  titulaire de la chaire de neuropsychopharmacologie de l’Imperial College de Londres. Autrement dit un « ponte ».

Il déclarait au Sunday Time (1) : « Ce sont les banquiers cocaïnomanes qui ont plongé la planète dans ce terrible bazar. C’était la culture de l’excès, du toujours plus »

Le docteur Chris Luke de l’hôpital universitaire de Cork renchérit « dans les milieux financiers, des traders ont pris des décisions irrationnelles à la suite de la mégalomanie provoquée par l’usage de la cocaïne »(2)

Et Jacques Attali, écrivain, ancien conseiller du Président Mitterrand,  de reprendre à son compte cette analyse en l’affublant d’une dimension de prospective sociétale :

«  La crise financière est ainsi l’annonce de ce que serait le monde sous cocaïne : un cauchemar d’irréalité euphorique, inconsciente et suicidaire. »

Un monde enivré par le « hors piste »

Alors, le monde de la finance a-t-il basculé dans une sorte de glissade enivrante, tout schuss dans la poudre ?  Est-ce l’origine essentielle de la plus grave crise financière de l’après-guerre provoquant l’avalanche de faillites et drames personnels que l’on connaît ?

Pis, cela est-il annonciateur d’une évolution beaucoup plus profonde de la société en quête d’invincibilité et de virtualité, comme le redoute Jacques Attali ?

Concernant la crise de 2008, un ex-homme de terrain, comme Geraint Anderson, 8 ans de salles de marché à son actif, en est convaincu : « Absence de peur de la sanction sont liées à la cocaïne. Vous êtes indestructible, et tout cela nourrit »

Cela vous nourrit tellement que les bonus d’Anderson dépassent les sommets, là où la neige est éternelle !  140 000 livres, soit près de 120 000 euros pour certaines années.  Mais, revers de la médaille son nez n’est pas un pic indestructible comme le Mont Blanc. Un jour, en pleine conférence devant plusieurs dizaines de personnes son nez se met à saigner et il doit quitter la salle…avant de se résigner à quitter la scène.

D’autres golden boys connaîtront aussi des passages à vide, si l’on peut oser cette expression. Ce sera le cas de McCormick, 36 ans, patron des produits dérivés de la zone Asie pour la banque suisse UBS qui se jettera du 3ème étage après avoir passé une journée dans la poudreuse.

La vie du rail

La poudreuse ?  Le célèbre Bernard Madoff (l’escroc de haut vol de la Finance qui a écopé en 2009 d’une peine de 150 ans), il connaît !  Au point que l’on surnomme son bureau : « le pôle Nord », tellement, il y avait de cocaïne dans ses tiroirs de son bureau.

Modoff

De la City à Wall Street, les témoignages de traders se sont multipliés ces dernières années. Chaque soir, et encore plus le jeudi, les rails de coke filent bon train dans les pubs de la City selon nombre de témoignages d’habitués des salles de marchés.

Officiellement, un rapport daté de 2010 souligne que certaines professions « sont plus touchées que d’autres » face à la prise de drogue (3). Evidemment la Finance, comme la Musique et l’Internet, en fait partie !

L’exubérance des marchés

« L’exubérance des marchés », pour reprendre la célèbre expression d’Alan Greenspan (patron de la Banque Centrale Américaine de 1987 à 2006) serait ainsi la dernière station avant le krach boursier.

Si cette exubérance  est alimentée par un délire addictif et collectif de la « tribu » des traders comme beaucoup le pensent,  certains considèrent que c’est exagéré.  Selon eux, les traders sont régulièrement soumis à des tests urinaires et sanguins, et cela depuis longtemps. Soulignons que depuis 2008, le milieu est toutefois beaucoup plus encadré.

Alors sommes-nous pour autant rentrés dans les rails ou bien, cela annonce-t-il vraiment un nouveau monde ?

Un monde virtuel à la recherche des paradis artificiels mais aussi en proie à l’excès en tout genre (4): excès de dettes, de reconnaissances sociales, d’égo, de concurrence…

Un monde en éveil permanent comme si le « somnambulisme euphorique », pour reprendre l’expression d’Attali, allait devenir la règle.

La crise de 2008 est peut-être vraiment la préfiguration de ce nouveau monde où tout semble possible…jusqu’au jour où l’on se réveille avec la gueule de bois !

Publié le 6 octobre 2013

L’exubérance des marchés : testostérone vs cocaïne

Si la consommation de cocaïne, comme on l’a vu, ne semble pas étrangère à la crise financière, il est probable qu’elle ne soit pas le seul facteur « biologique ».

Les hormones joueraient aussi un rôle non négligeable. Les scientifiques ont mis  en évidence (5) que le taux de testostérone augmentait sensiblement chez les traders lorsque que ceux-ci réalisaient de forts bénéfices.

Selon l’un des auteurs d’une des études « les emballements boursiers seraient probablement réduits si le profil endocrinien des traders était plus diversifié : des hommes d’âge mûr et des femmes, moins soumis à de forts écarts de testostérone…

 


Irrationalité des marchés : les effets de la cocaïne

On le sait la cocaïne agit sur le cerveau en hyperactivant 3 neurotransmetteurs : la dopamine qui donne un sentiment d’euphorie, la sérotonine qui renforce la confiance et la noradrénaline fournissant un vrai coup de fouet.

Connue en Europe depuis 5 siècles, la cocaïne permet d’échapper à la réalité en croyant son jugement et ses capacités physiques et intellectuelles invincibles.

La cocaïne n’est évidemment pas la seule drogue utilisée dans ces milieux. On y trouve aussi  l’Adderall, une combinaison de 4 amphétamines prescrites par les médecins, mais aussi le Crack, la kétamine et la MDMA

Le succès de la cocaïne s’amplifie notamment chez les jeunes. Les prix se sont effondrés tandis que les profits explosent. On estime le chiffre d’affaires mondiale de cette drogue supérieur à celui du pétrole pour seulement 1000 tonnes produites.

Tandis que certains s’en mettent plein le nez, d’autres s’en mettent plein les poches !

 


1 -  « Sunday Time »,  avril 2013;
2- Atlantico.fr – Feu à la poudre;
3- Le Point.fr 23/04/2013 ;
4-  Blog de Jacques Attali ;
5- Etude de l’Université de Cambridge et un Compte rendu de l’Académie nationale des sciences américaine (Pnas) publiés en avril 2008 – Le Figaro.fr – 3 mai 2008


A visionner pour mieux comprendre :




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