jeudi, 29 juin 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

La révolution industrielle sonne les trois coups

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Posté par fabrice
 

1780

La révolution industrielle

Les temps modernes

Après 10 000 ans d’une société rurale pétrie de traditions, le monde rentre en effervescence porté par les découvertes scientifiques et par un vent de liberté intellectuelle. Finie la léthargie, exit la lithurgie, en avant vers la métallurgie ! C’est la révolution industrielle.

Sans aucun doute, depuis 3 siècles les années 80 marquent une rupture. Rien à voir avec la « rupture » musicale des  » années 80″ et de l’avènement du Disco, non. Le phénomène est bien plus profond, bien plus impactant et bien plus ancien : il s’agit de la première révolution industrielle et de celles qui ont suivi.

Les tubes des années 80

Un phénomène qui rythme le monde moderne depuis 3 siècles, avec des cycles étonnement réguliers de 100 ans : 1780, 1880, 1980 ! On pourrait presque parler de tubes des années 80. Et, en l’espèce, plutôt des tubes métalliques !

Un phénomène qui, à la fin du XVIII ème, marque pour la toute première fois l’éclosion du monde moderne. Un peu à la manière du courant alternatif, il va nous faire passer du rire avec Charlie Chaplin dans les Temps Modernes à la sueur et aux larmes avec Germinal de Zola.

Cette fabuleuse éclosion est « rendue possible par la transformation de la chaleur en énergie motrice et grâce à l’invention de l’entreprise personne morale pouvant accumuler du savoir et du capital », comme le souligne l’universitaire Christian Saint-Etienne (1).

A toute vapeur, le monde se mécanise

La toute première révolution industrielle prend donc son essor dans les années 1780. Elle tient à plusieurs facteurs : facteurs sociétaux, économiques mais surtout technologiques. L’invention en 1769 de la machine à vapeur par J. Watt en constituera l’élément déclencheur. Elle est précédée par un autre facteur important : la production massive de fer avec la découverte du coke en 1709.

A partir de là, la machine « infernale » ou plutôt la mécanisation du monde s’enclenche. A toute vapeur, se développent l’industrie textile, les chemins de fer à vapeur puis les bateaux également à vapeur.

La première véritable usine de textile est fondée à Cromford près de Nottingham (Grande-Bretagne) en 1765 ; vingt ans plus tard, elle s’équipe d’une machine à vapeur.

En un siècle, la société rurale se voit progressivement remplacée par l’industrie. Au-delà, c’est toute la société qui est bouleversée. La notion d’Etat de droit s’impose d’abord en Angleterre puis en France ainsi que celle de droits de propriété.

Le labeur se réorganise

La spinnning- Jenny

La spinnning- Jenny

Pour la toute première fois, se met en place dans les PME, ou plus exactement les entreprises familiales de l’époque, une division du travail. Cela constitue une innovation organisationnelle majeure. Le travail, qui jusqu’ici s’effectuait le plus souvent au domicile des gens, tend à se concentrer dans des unités de travail, des manufactures ou des usines, « mill », en anglais. A la clé, se profile l’augmentation de la productivité qui débouchera sur la production et la consommation de masse.

100 ans plus tard, en 1880, c’est au tour de la seconde révolution industrielle. Celle-ci donne un nouvel éclairage au progrès par la magie de la bonne fée électricité. Face à l’accroissement de la taille des entreprises et à la diversité des activités, les organisations se structurent et se hiérarchisent. Cela donne naissance aux toutes premières entreprises modernes dont la Railway Pacific (2) sera pionnière.

Le monde se numérise

Puis, un siècle tout juste après encore, la troisième révolution industrielle annonce l’ère numérique : décollage de l’informatique grand public, avec les premiers micro-ordinateurs en 1973, puis des réseaux numériques, d’abord le minitel et surtout Internet. Cette fois, il s’agit plutôt de déconcentrer et de décentraliser pour gagner en souplesse, en agilité afin de favoriser l’innovation.

Les trois révolutions industrielles s’enchaînent donc presque mécaniquement comme dans une chaîne de montage qui assemble des éléments successifs. Pour aboutir à la société dans laquelle nous évoluons de plus en plus portée par l’innovation technologique.

1780, 1880, 1980, 3 périodes qui scandent les temps modernes. L’histoire tourne la page d’un monde qui, depuis l’invention de l’agriculture au néolithique, voici 10000 ans, avait très peu évolué. Surtout, l’activité de production n’avait pas connu de transformation majeure, malgré le recours à des énergies naturelles comme l’hydraulique ou le vent. Les mentalités et les modes d’organisation n’avaient pas suivis ne formant pas le terreau nécessaire à l’innovation.

Saluons nos ancêtres du XVIIIème siècle, qui ont su s’extraire d’une chape d’idées préconçues et ouvrir leurs esprits pour effectuer un grand saut vers…la Lumière !


Les Lumières au bout du tunnel

La première révolution industrielle est précédée par une révolution culturelle qui cherche à s’affranchir des préjugés et des superstitions de toutes natures. L’environnement devient porteur. C’est le siècle des Lumières.

Premier élément : l’esprit d’entreprise. Avant 1750, il n’existe pas vraiment de distinction entre l’entreprise et la famille. Les ouvriers, qui sont aussi paysans, travaillent le plus souvent chez eux, avec un rendement faible, essentiellement pour le compte de fabriques de cotonnades qui reste la seule entreprise privée de grande ampleur. Sinon, il s’agit de grandes entreprises d’Etat. C’est le cas en Grande-Bretagne avec l’arsenal naval de Chatham, par exemple, et en France avec les manufactures royales, les compagnies maritimes commerciales.

Grâce à la baisse du coût du transport et à la centralisation des sources d’énergies, conséquence de la machine à vapeur, l’activité va se rationaliser. En outre, l’avènement de la notion d’entreprise morale libéralise les entrepreneurs.

Second élément : l’esprit d’innovation et la liberté de penser. Le siècle des Lumières est avant tout une révolution culturelle sans précédent. Philosophes et scientifiques bouleversent les schémas de pensée. Comme le dit l’adage, c’est l’esprit libre qu’on avance !

Troisième élément : l’esprit d’organisation. C’est à partir de la fin de XIIIème siècle que l’on conçoit la possibilité de rassembler dans un même lieu les ouvriers travaillant pour un même donneur d’ordres. Apparaît donc une économie dans laquelle des usines rassemblent des centaines puis des milliers d’employés. Cela s’accompagne d’une concentration urbaine et la création de grandes métropoles.


La révolution des émergents et des innovants 

Une mutation industrielle majeure a lieu depuis trente ans, rejointe depuis 15 ans par un bouleversement des équilibres de la planète en raison de la montée en puissance des pays émergents. Cela s’est accentué depuis 2001 par l’entrée de la Chine dans l’OMC, l’Organisation mondiale du Commerce.

Il y a 30 ans, à l’aube de la  3ème révolution industrielle,  l’Amérique du Nord, l’Europe de l’Ouest et le Japon représentaient 60 % du PIB mondial, dans vingt ans, ces pays ne représenteront moins de 40 %, tandis que la part de la France, 4% en 1980, est en train de fondre comme neige au soleil.

Depuis 2009, pour la première fois, les pays émergents assurent plus de la moitié de la production industrielle.

En 2012, la production automobile des pays émergents a dépassé pour la première fois la production des pays dits développés.

A partir de 2014, ils assureront plus de la moitié de la production mondiale totale.

 


1 – « France : Etat d’urgence » – Christian Saint-Etienne – Ed. Odile Jacob – janvier 2013
2 – « La troisième révolution industrielle » – Jeremy Rifkin – Ed. LLL  - février 2012


A visionner pour mieux comprendre :

La Vapeur qui Révolutionna le Monde – Le… par alxka




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