vendredi, 21 juillet 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Le premier jour du début de la fin de la vie privée

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Posté par fabrice
 

19 janvier 1953

Aux frontières du réel


19 janvier 1953 : le premier jour du reste de notre vie…cathodique !

Ce jour-là est à marquer d’une croix blanche dans le carnet rose de la télévision noir et blanc naissante.

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Pour la toute première fois dans l’histoire du divertissement, le réel se confond à la fiction et donne naissance au précurseur de la télé-réalité[1]. Cet heureux événement est celui d’une naissance qui a lieu à la fois dans le monde réel et dans un monde imaginaire, celui de la première série télévisée : I love Lucy.

I love les séries TV…

Mais rembobinons le film. Le 15 octobre 1951, la chaine de télévision CBS diffuse le premier épisode de ce qui est considérée comme le tout premier sitcom, I Love Lucy. Durant 6 ans, 180 épisodes, tournés en public, seront diffusés, avec un succès audience –en données relatives- presque inégalé encore aujourd’hui.

Au cours de la seconde saison de la série, comme on dit aujourd’hui, Lucille Ball, l’actrice principale de la série qui incarne Lucy Ricardo, – une femme quelque peu extravagante qui rêve de troquer sa vie de ménagère pour celle d’artiste-, se retrouve enceinte. Les scénaristes ont alors l’idée d’intégrer cette grossesse au scénario. Trouvaille d’autant moins fortuite que c’est son mari dans la vie réelle, Desi Arnaz, qui joue son conjoint. Plus fort, ils vont jusqu’à faire coïncider la naissance télévisuelle de l’enfant de la série, Little Ricky, avec le jour où l’actrice donne naissance à son bébé. Succès au-delà des espérances puisque 72 % des foyers américains (42 millions de téléspectateurs) dotés d’une télévision assistèrent à l’épisode mémorable.

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Ce jour là, on assistera à la mort d’un tabou et à deux naissances : celle du second enfant de la star de la première série tv et celle du concept de la télé-réalité , ultime avatar des sitcoms.

Quant au tabou, il faut réaliser qu’à l’époque, aux Etats Unis, le terme même de grossesse était banni des médias. L’épisode sera donc baptisé « Lucy is enceinte », in french, pour brouiller le décodage de l’américain moyen !

Le début de la fin des directs !

Mais cette naissance simultanée on-air et « on the table », comment était-ce possible ? C’est là qu’interviennent la technique…et la ténacité de l’actrice Lucille Ball.

Jusqu’alors, les émissions étaient toutes diffusées en direct pour des raisons techniques. Mais sous l’impulsion de l’actrice, la production accepta de tourner dans des conditions proches du cinéma, avec 3 caméras, en différé, en 35 mm et à Hollywood.

Résultat : Lucille et lucy, le personnage qu’elle incarnait, accouchaient conjointement des premiers faux-jumeaux de l’ère médiatique.

Comme un bonheur ne vient jamais seul, I love lucy, permit aussi à la télévision d’entrer dans l’ère industrielle. Les principes techniques utilisés, et notamment l’enregistrement, ont rendu possible le montage mais aussi les rediffusions puis la commercialisation à travers le monde.

Une nouvelle naissance était donc annoncée, celle du média de masse.

Des sitcoms à la Télé-réalité

Depuis, la famille des sitcoms, telenovela et autres soap-opéra, s’est agrandie. Si l’on s’en tient au dernier rejeton, la télé-réalité, au delà d’I Love Lucy que l’on pourrait qualifier de pilote, le premier véritable programme de ce registre a été diffusé en 1973 : « An American Family ».

Il s’agissait de suivre la vraie vie de vrais gens sur des longues périodes. 25 ans plus tard, apparaît une nouvelle génération de divertissement avec « Expedition Robinson », une sorte de Koh Lanta à la sauce suédoise. Mais c’est le 26 avril 2001 que vole vraiment en éclats la frontière entre la vie publique et la vie privée : Loft Story envahit les esprits, les médias et les écrans.

Cette fois, les individus, en quête de toujours plus de transparence et de sensationnel, acceptent de livrer à la petite lucarne ce qu’ils ont de plus intime . Le téléspectateur vient peut-être de franchir pour la première fois le rubicon de l’omni-surveillance.

Désormais, le phénomène tisse sa toile sur le web. Avec des sites comme Twitter -site de microblogging permettant de publier des messages de type SMS-, certaines stars jouent leur propre paparazzi en postant elles-même leurs photos ou messages intimes. C’est le cas de Demi Moore ou de Britney Spears qui n’hésitent pas à communiquer à leurs adeptes ou suiveurs, comme on dit sur la Twittosphère, des photos très personnelles,en petite culotte par exemple, ou des reflexions… très impersonnelles : je suis en train de regarder un DVD.

Microblogging mais maxi suiveurs, plus de 600 000 fans de la twittophile Demi Moore, restent ainsi connectés en permanence à leurs idôles, qu’il s’agisse de la montée des marches à Cannes ou de leurs faux pas quotidiens.

Autant rendre public ce qui ne restera pas privé pour éviter de se priver du public : tel semble être le mot d’ordre, en 83 caractères, de la nouvelle vague du web participatif. Du postérieur à la postérité, il n’y a finalement qu’un post.


Lorsque la télé-réalité fait tomber un tabou absolu

Le 21 décembre 2011, la chaîne publique néerlandaise Nederland 3 a prévu de diffuser une émission où le cannibalisme aura le droit de cité ! Ce soir là, deux présentateurs, Dennis Storme et Valerio Zeno, mangeront chacun un morceau (tout petit morceau) de chair de l’autre, en référence à la catastrophe aérienne survenue dans les Andes en 1972. Catastrophe au cours de laquelle les rescapés ont procédé à des actes de cannibalisme pour survivre.
Pour mener à bien cette toute première douteuse, un chirurgien prélèvera un morceau de chair à chacun des protagonistes, qui sera ensuite cuit par un cuisinier. Désormais, on ne se prive plus de rien même du plus mauvais gout; le premier jour du début de la fin des derniers tabous !

Publié le 28 décembre 2011


Un os à regarder

Dog TV est la toute première chaîne de télévision destinée aux chiens de tous poils ! Elle a été inaugurée fin février 2012 à San Diego (Californie), paradis terrestre des toutous.

Lancée par la société israélienne Jasmine Group, cette chaîne consultable sur le cable, s’adresse bien aux chiens et non pas à leur maître. En revanche, l’abonnement, d’environ 5 dollars, lui est bien réglé par leur maître !

La chaîne dispose en portefeuille de 800 sujets de 3 à 5 minutes spécialement conçus pour le meilleur ami de l’homme. Rien n’ a été laissé au hasard : les images sont colorisées pour une meilleure perception de l’animal, le son est amplifié pour attirer son attention et le tournage est en caméra « subjective », d’un point de vue animal s’entend !

La technique joue également un rôle non négligeable, grâce à l’avénement des écrans sans tube cathodique qui, en évitant le scintillement, convient bien mieux à nos amis les bêtes.

Ron Levi, le concepteur de ce projet, est parti d’une intuition et d’un constat : d’une part, les chiens supportent mieux la solitude grâce à ces programmes spécialement conçus et d’autre part, le marché était vierge de ce type de programmes.

Mais Ron ne se lance pas dans l’aventure tête baissée. Il s’est entouré d’experts comme Nicholas Dodman, un comportementaliste de la race canine ou de Victoria Stilwell, une dresseuse de chiens. Il a réalisé une batterie de tests qui démontrent par exemple que les chiens détestent entendre les aboiements à la télé. Il peut alors construire sa programmation autour de 3 catégories : les sujets relaxants, ceux au contraire stimulants et enfin, ceux qui incitent le chien à se comporter correctement.

Si « l’audience » est au rendez-vous, la couverture sera étendue à l’ensemble des Etats-Unis puis probablement tester au Japon, autre grand marché des animaux de compagnie. Enfin, le concept pourrait étendu à d’autres animaux. Car quand on aime, on ne compte pas…le nombre de pattes.

Publié le 28 mars 2012


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Quelques dates à retenir :

  • 1923, l’anglais John Baird réalise le premier téléviseur digne de ce nom qui porte à ce stade que sur l’image… Le son viendra plus tard;
  • 11 septembre 1928, diffusion de la première dramatique aux Etats-Unis, en simultanée à la radio pour le son;
  • A partir du 30 septembre 1929, une émission quotidienne est diffusée de Londres;
  • 26 avril 1935, première émission de la télévision française;
  • 9 octobre 1950, le tout premier feuilleton de la télévision française, L’Agence Nostradamus réalisée par Claude Barma;
  • 1954, premier magnétoscope professionnel;
  • 1959, L’homme invisible ouvre la voie, au Royaume-Uni, au genre de la Science-fiction ;
  • 1978, Dallas inaugure le concept du Soap-Opéra, principe du feuilleton fleuve.
  • 6 novembre 2001 (14 septembre 2002, en France), 24 heures chrono introduit la notion de temps réel.

1 – La télé-réalité repose essentiellement sur deux fondements : montrer la vie privée et réelle, en la scénarisant pour la rendre plus croustillante et, d’autre part, ne plus recourir à des comédiens mais simplement à des acteurs de leur propre vie à qui l’on promet, grâce à leur participation, notoriété et une vie meilleure. A sa manière, I love Lucy développe le premier volet mais pas encore le second.



A visionner :

Quand la téléréalité se met à nu…


A lire et à consulter pour aller plus loin :
  • Lucille Ball – I Love Lucy [Import anglais] – 5 DVD, 16 épisodes, le tout premier sitcom ! L’immense succès de I love Lucy incita de grands acteurs de l’époque à participer à certains épisodes, parmi lesquels : William Holden, Bob Hope, Rock Hudson, Harpo Marx ou encore Orson Welles.
  • Dictionnaire des séries télévisées – L’ambition de ce Dictionnaire des séries télévisées est avant tout de répondre à une demande, à une curiosité, et de le faire avec un maximum de rigueur scientifique d’une part, et un vrai commentaire critique d’autre part. Chaque notice présente les informations techniques indispensables (créateur, acteurs, production, diffusion…), une note entre 0 et 4, un « pitch » de départ dressant les grandes lignes de la série, et l’opinion de l’auteur – toujours personnelle. Plus de 3 200 entrées traitent de la totalité des séries diffusées en France depuis l’origine de la télévision et de quelques séries étrangères (une trentaine) jamais programmées à la télévision française mais considérées par les auteurs comme particulièrement importantes.
  • Séries On Air, le site de l’actualité des séries TV.



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1 commentaire

  1. couffin a écrit,

    Il y a qq jours on fêtait les 10 ans de Loft Story (le 26 janvier 2001), la première téléréalité française.
    Genre nouveau qui interpellait autant les spectateurs que les sociologues et autres intellectuels. Le journal le Monde y alla d’ailleurs de son analyse : 20 ans après l’alternance [la gauche au pouvoir], la France est toujours divisée en deux, les « télévoyeurs » et les autres.
    10 ans après, la baudruche s’est dégonflée mais la soif de people atteint au contraire des summums. Il suffit de voir le nombre de téléspecteurs qui ont regardé le mariage royal britannique ce vendredi.
    Oui, la vie privée est bel et bien finie; c’est parce que nous le valons bien et surtout nous le voulons bien.

    Posté le 30 avril, 2011 à 8 h 52 min

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