dimanche, 25 octobre 2020

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Néolibéralisme : une idée pas si neuve.

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Posté par fabrice
 

 Années 30

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Ma petite entreprise ne connaît que les crises !

Le néolibéralisme est un programme économique mais également un projet de société qui vise à faire de chaque individu un entrepreneur au profit autant de la société que de lui-même. Une idée pas si neuve qui a connu plusieurs mutations depuis un siècle et dont l’ubérisation de la société pourrait en représenter une nouvelle facette.

C’est dans les années 30 que le terme « néolibéralisme » voit le jour avec des penseurs tels que Louis Rougier. La crise de 1929 est passée par là. Beaucoup y voient une crise à la fois du libéralisme mais aussi des démocraties parlementaires.

Fascisme et nazisme s’accordent pour évoquer la fin du libéralisme.

A l’époque, pour corriger les travers du libéralisme classique, la doctrine du néolibéralisme se propose de renforcer le rôle de l’état et d’ajouter une dose de social.

Le terme va ensuite être repris dans les années 50, pour désigner l’économie sociale de marché mise en place par le chancelier Ludwig Erhard. Un concept presque aux antipodes de l’acception d’aujourd’hui.

Milton Friedman mitonne le néo-libéralisme des années Reagan !

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Thatcher, Reagan et Friedman

La version actuelle du néolibéralisme prend son essor dans les années 1970. Elle désigne une politique économique ultra-libérale testée par les « Chicago Boys » de Pinochet (qui se sont installés à Santiago après le coup d’Etat) puis par Reagan et Thatcher. Elle est conçue par plusieurs théoriciens dont le plus célèbre est Milton Friedman avec sa thèse développée dans « Capitalisme et liberté ».

La doctrine néolibérale se fonde sur être humain intéressé et égoïste mais qui peut également être altruiste et coopérateur. D’ailleurs, certains comme Mises, considèrent que seule une société libérale peut créer les conditions de mode de vie de nature à engendrer des génies comme Van Gogh.

Dans la même logique, Milton Friedman considère que le libéralisme dans sa variante « ultra » est la seule voie compatible avec la liberté politique et la démocratie.

 Les « Chicago boys » préparent le terrain

Cependant, l’Histoire témoigne que les logiques de marché et régimes totalitaires peuvent faire bon ménage. L’exemple chilien avec les « Chicago boys » en est un bon exemple.

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Toutefois, reconnaissons que pour l’essentiel, l’ultra-libéralisme a été porté au pouvoir de manière démocratique avec souvent un bis repétitae de la part du peuple. Celui-ci y voit une manière de donner un bol d’air à une société asphyxiée par l’Etat-providence.

En réalité, comme le souligne le philosophe Serge Audier (1), « le néolibéralisme est compatible avec plusieurs types de régimes ». « Le néolibéralisme a beau affirmer sa croyance en l’ordre spontané de la société, il n’hésite pas à mettre au pas celle-ci de façon autoritaire. Pour imposer les logiques de marché (…) il faut casser les syndicats, les résistances locales, les contre-pouvoirs ».

Pour ses détracteurs, le néolibéralisme c’est avant tout la financiarisation, la concurrence exacerbée , les privatisations et les politiques fiscales des États redirigeant les richesses du bas vers le haut de la hiérarchie sociale.  Bien loin, selon eux, de l’idée qui voudrait faire du marché  le meilleur outil de satisfaction des besoins humains (2).

La transformation que connaît actuellement la société avec la perte de régime du salariat au profit des auto-entrepreneurs et autres « start-uper » représente probablement une nouvelle forme de néolibéralisme, un néo-néolibéralisme, ou un post-néolibéralisme, en quelque sorte qui pourrait structurer la société pour longtemps.

Publié le 12 juillet 2017


Le libéralisme originel : protéger l’individu de l’arbitraire  

Le libéralisme s’appuie sur 2 grandes idées : d’abord, le principe que les individus disposent de droits naturels. Ensuite, la notion d’utilitarisme qui fait le postulat que nous sommes tous des êtres rationnels et égoïstes cherchant à maximiser nos intérêts. Mais que la recherche des intérêts personnels finissent pas s’équilibrer au profit d’une harmonie censée produire, in fine, une prospérité à tous.

 

En 1690, Job_e93e6b_aff-pcf-camp-europe-3ohn Locke décrit la première notion dans « traité du gouvernement civil ». Selon lui, il faut protéger l’individu de l’arbitraire du monarque et pour cela affirmer que chacun d’entre nous dispose de droits fondamentaux. La propriété privée, fruit du travail de chacun, est l’un de ses droits.

Un siècle plus tard, Adam Smith dans son ouvrage « la Richesse des nations » publié en 1776, marquera les esprits avec sa célèbre formule :  » Ce n’est pas de la bienveillance du boucher, du brasseur ou de boulanger que nous attendons notre dîner, mais plutôt du soin qu’ils apportent à la recherche de leur propre intérêt. Nous ne nous en remettons pas à leur humanité, mais à leur égoïsme. »

Le concept de libéralisme est donc d’une certaine manière le rejet de l’absolutisme et la défense de la liberté pour le bien commun. C’est pourquoi, beaucoup fixent origine à l’époque des Lumières, voire un peu avant.

En réalité, le terme même de Libéralisme apparaît au début du XIXème siècle en Espagne et en France en opposition à la domination napoléonienne.


1 -  Article « Une brève histoire du néolibéralisme » L’Obs N° 2744, du 8 juin 2017
2 – Une brève histoire du néolibéralisme – David Harvey –


A visionner pour mieux comprendre :




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