jeudi, 30 mars 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Le tout premier Serial Killer médiatique

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Posté par fabrice
 

27 septembre 1888

Feuille de choux et choux gras

Le 27 septembre 1888, l’agence de presse London Central News Agency reçoit une lettre signée « Jack The Ripper ». Le surnom de Jack l’éventreur est né et avec lui, pour la toute première fois, la sur-médiatisation des faits divers.

Le mythe de Jack l’éventreur est donc en train de surgir, porté par une presse en expansion, avide de sensationnel et de scoop. A n’importe quel prix, d’ailleurs car il est probable que cette lettre -et celles qui suivront- soit le fruit d’un journaliste du journal Star, né cette même année, nommé Bert et non pas du meurtrier lui-même. D’autres lettres suivront signées à l’encre rouge « votre humble serviteur, Jack l’Eventreur ».

Pour la première fois, la notion de « Serial Killer » pénètre, presque par effraction, dans l’imaginaire des gens avec en arrière plan tous les ingrédients du genre qui fera les choux gras des feuilles de choux et plus tard d’Hollywood. Crime odieux, personnes de petites vertus, atmosphère malsaine d’un quartier misérable de Londres sur fonds de révolution industrielle. Le tout mis en scène par une presse assoiffée de manchettes à sensation. Il faut dire que la presse, qui existe depuis le XVII ème siècle,  est en train de touner une page et son économie connaît un bouleversement.  Grâce à Emile Girardin, la publicité a fait irruption depuis 1836,  an 1 de l’ère médiatique selon certains observateurs ; en Angleterre, la suppression des « taxes sur le savoir » remonte aux années 1850. Résultat : les prix des journaux baissent, leur nombre et leur audience s’accroissent.

Et pour cette nouvelle presse à sensation, tout a vraiment commencé, la nuit du 31 août 1888. Nous sommes dans l’un des quartiers les plus pauvres de Londres, Whitechapel (East End). La police londonienne découvre le cadavre d’une prostituée dont le corps a été atrocement mutilé, égorgé et éventré mais non éviscérée comme le seront les autres victimes.

Sur un mode opératoire similaire mais cette fois vidés de leurs viscères (intestins, utérus, reins), quatre autres cadavres, toutes prostituées, seront découverts les semaines suivantes. La dernière victime, la plus jeune, 25 ans, contre un quarantaine d’années pour les autres, subira le traitement le plus atroce : ses viscères furent éparpillées aux quatre coins de son appartement à l’exception de son cœur qui ne fut pas retrouvé.

Cette série de meurtres, au moins 5 au total, s’achève le 9 novembre 1888, soit 3 mois presque jour pour jour après la découverte de la première victime. Le meurtrier ne sera jamais arrêté ni même identifié bien que la Metropolitan Police –Scotland Yard- envisagea plusieurs suspects mais aucun n’apparaîtra comme crédible.

A défaut de coupable authentifié, reste la question « à qui profite le crime ? ». Il y a au moins une réponse : à la presse à sensation.


Les victimes reconnues de Jack l’Eventreur

  • Mary Ann Nichols, la nuit du 31 Aout 1888
  • Annie Chapman, 7 Septembre
  • Elizabeth Stride, 29 Septembre
  • Catharine Eddowes, le 29 également
  • Mary Jane Kelly, le 9 Novembre.

Les suspects

  • Prince Albert Victor, le Prince de Galles, héritier de la Couronne de l’Angleterre. Thèse du complot qui expliquerait aux yeux de certains l’échec de la Police.
  • Sir William Gull , un chirurgien qui permet d’expliquer les actes chirurgicaux du meurtrier vis-à-vis de ses victimes.
  • Montague John Druitt, le seul dont la mort concorde avec la fin des crimes.
  • Dr Roslyn Dontsan, médecin sataniste
  • Aaron Kosminski, identifié par un témoin mais sans témoignage.
  • James Maybrick, selon le journal intime de Jack l’éventreur qui hélas a les attributs d’un faux
  • Walter Sickert, peintre accusé par la romancière Patricia Cornell en octobre 2002

 


A regarder pour mieux comprendre :


A voir et à lire pour aller plus loin :

  • The Lodger d’Hitchcock pour la première fois à l’écran – Troisième film d’Alfred Hitchcock, tourné en Grande Bretagne, « The lodger, a story of London fog » (1926) n’avait jamais été projeté dans les salles en France. Les fans du maître se précipiteront pour voir cette variation muette et irrésistible de Jack l’éventreur !
  • Jack l’Eventreur démasqué – Cent vingt ans après, l’enquête menée par Sophie Herfort est sans appel : Jack l’Eventreur a désormais un nom. Sophie Herfort est professeur de français à l’Alliance française, licenciée de philosophie et formée à la psychopédagogie et à la neuropsychiatrie. Elle a travaillé pendant vingt ans à la résolution de l’énigme Jack l’Eventreur, épluchant les rapports de police de l’époque, les articles de journaux et les lettres écrites par l’assassin présumé.
  • Le livre rouge de Jack l’éventreur – Un livre de fond sur la vie de cet ancêtre de nos serial killers, sur lequel tant de légendes et de mythes erronés se sont greffés. Stéphane Bourgoin reprend l’enquête à zéro. Il reconstitue l’atmosphère misérable et sombre de l’East End londonien de 1888. Il nous fait revivre chacun de ces meurtres effroyables, comme celui de Annie Chapman et de Mary Jane Kelly… Il examine les différentes théories, plus ou moins classiques, qui font successivement de Jack l’Eventreur un étrangleur, un magicien, un étranger, un membre de la famille royale : déjà un mythe ! Stéphane Bourgoin nous livre les archives secrètes de Scotland Yard. Il a eu également accès aux dossiers de la FBI National Academy. Ce texte est donc un panorama complet, scientifique et fascinant, du destin de l’Eventreur. Le récit est suivi d’un certain nombre de documents décisifs autour du personnage : des nouvelles anglaises inédites, une bibliographie et une filmographie exhaustives.
  • From Hell en DVD – En 1888, à Londres, dans les rues mal famées du quartier de Whitechapel, un tueur en série, surnommé Jack l’Eventreur, rôde. La nuit tombée, ce mystérieux personnage éventre des prostituées. L’inspecteur Frederick Abberline, de Scotland Yard, est engagé pour enquêter. Il comprend rapidement que ces crimes procèdent d’une mise en scène élaborée et suppose un sang-froid à toute épreuve et de solides connaissances en anatomie. Le policier, intuitif et visionnaire, dresse patiemment le profil de ce meurtrier hors normes. Un film de 2002 avec Johnny Depp, Heather Graham, Ian Holm …



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