jeudi, 23 mars 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Les toutes premières divinités

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Posté par fabrice
 

- 15 000 ans

La Divine comédie

A la faveur d’un réchauffement qui met fin à près de 100 000 ans de frimas (le dernier âge glaciaire), la nature devient plus généreuse. Douceur et humidité favorisent une certaine abondance de nourriture sauvage. L’homme va enfin pouvoir commencer à s’affranchir du carcan de son environnement.

Plus disponible pour laisser libre court à son imagination, il invente, sans relâche, outils et méthodes pour faire face aux aléas. Il se hisse ainsi au-dessus du panier de ses congénères, cousins plus ou moins éloignés, tout en ayant le souci d’améliorer ledit panier de la ménagère de l’époque. Autrement dit, il s’extrait de la pure contingence.

Cet homme plus libre commence à prendre conscience que, bien que fruit de la nature, il peut envisager de la dominer. Mais, si lui peut la dominer, c’est que probablement, il existe au-dessus quelque chose de plus fort, de plus grand qui peut aussi le dominer. Dominus vobiscum…

Jusqu’à présent, et depuis plus de 20 000 ans, l’homme avait probablement une relation « sacrée » avec des esprits issus de la nature : le vent, les animaux, les montagnes…comme en témoignent les innombrables peintures des grottes. Cette relation était d’ordre « win/win » je te donne cela et tu m’accordes çà. Bien loin donc de la notion de transcendante.

Cette fois, l’homme, réalisant sa supériorité face à son entourage – comme les singes -, ne s’accommode plus d’une relation avec des esprits sans esprit. Il vise plus haut, au minimum des entités qui lui ressemblent, avec un ego, des désirs, des colères. Autrement dit, une intelligence mais en plus fort, une intelligence supérieure. Le divin est né.

Déesse enfantant soutenue par des félins (publié dans le site  www.dinosoria.com)
Déesse enfantant soutenue par des félins (publié dans le site www.dinosoria.com)

Cette divinité commence sous le signe de la féminité. Les nombreux vestiges retrouvés au Moyen-Orient, il y a plus de 12000 ans représentent en effet des déesses affirmant fortement leur féminité. Porteuses de vie et veillant sur la fécondité des hommes comme celle des champs, les déesses sont un recours précieux pour des hommes qui entrevoient les premiers résultats de leur labeur.

Comme on le dira plus tard, Dieu a fait l’homme à son image. Cette image va se viriliser au fur et à mesure que la société se hiérarchise et que le commerce se développe. Après plusieurs milliers d’années de bons et loyaux services, les déesses devront donc laisser la place à des dieux viriles et protecteurs, capables de protéger récoltes et habitats.

Pour les dieux mâles, le pouvoir, pour les déesses, le devoir. Enfin, tout rentre dans l’ordre, et cela bien avant qu’on rentre dans les ordres !


A voir et à lire pour aller plus loin :
  • Petit traité d’histoire des religions. Des premiers rituels funéraires des hommes préhistoriques aux grandes religions actuelles, Frédéric Lenoir explore de manière limpide l’univers foisonnant du sacré. Une question parcourt ce livre : à quoi servent les religions et pourquoi accompagnent-elles l’aventure humaine depuis l’aube des temps ?



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