jeudi, 30 mars 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Les tout premiers seins

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Posté par fabrice
 

Vers – 2 millions d’années

Les seins, quels pieds !

Célébritès posant pour le calendrier Pirelli

Il ne faut pas confondre seins et glandes mammaires. Rendons-nous à l’évidence, les seins sont une spécificité du genre humain. En effet, hormis quelques singes comme les bonobos, parmi les mammifères qui sont tous dotés des glandes mammaires, les humains, – et en l’espèce les humaines – sont les seuls à arborer une belle poitrine.

Alors pourquoi ce traitement de faveur ?

Tout d’abord, une petite leçon de choses : les glandes mammaires remplissent une fonctionnalité d’allaitement. Elles sont donc gonflées uniquement durant la période d’allaitement. En dehors de celle-ci, elles apparaissent parfaitement plates. D’ailleurs, chez les primates les glandes mammaires ne se développent jamais avant la première fécondation sauf chez la femme. En revanche, le sein, dont la fonction primaire est identique, est composé de graisse. C’est à cette graisse, englobant la glande mammaire, que l’on doit cette forme ronde qui fait tourner tant de têtes, n’en déplaise à Simone de Beauvoir qui affirme[1] : « les seins, les fesses, la femme peut en faire l’ablation sans inconvénient à n’importe quelle période de sa vie. »

Grâce à cette plastique si particulière et à son positionnement « haut perché », ce sein serait chargé d’une autre mission : stimuler l’appétit sexuel des mâles. C’est ici qu’intervient une autre notion, la bipédie.

Mais quel rapport entre les pieds et les seins ?

Théophile Gautier a écrit : « les seins, deux mappemondes que l’on porte devant soi comme un second fessier ». Et voilà, nous y sommes. Les seins et les fesses seraient donc unis comme frère et sœur pour accrocher le cœur des hommes.

Tout cela ne date pas d’hier. Pour les mammifères lambda qui se déplacent à 4 pattes, leur ligne d’horizon sont les fesses de leur partenaires situées devant eux. Durant la période de fertilité, la vulve de certaines femelles affiche même des signes extérieures pour aguicher le mâle.

Il n’en va pas de même pour ceux qui pratiquent presque exclusivement la bipédie. Les fesses sont situées bien trop bas pour les émoustiller. D’où progressivement la mise en valeur des seins, par la sélection naturelle, plus à même d’accrocher le regard du futur compagnon et d’assurer ainsi la pérennité de l’espèce. De même, pour mieux arborer leurs atours naturels, les femelles deviennent moins poilues, mettant en évidence, seins, bouche (disparition de la barbe) et même les yeux. Le zoologue et éthologue Desmond Morris [2], très décrié par les féministes, observe que les seins de femmes sont bien moins efficaces pour donner la tétée que comme stimulant sexuel[3].

Ainsi, cette transformation, qui va aboutir à une sexualité permanente, ne serait, selon certains spécialistes, que la conséquence d’autres transformations : augmentation de certaines hormones et la fameuse bipédie.

Les seins, le choix de la date !

C’est là que le bas blesse. Actuellement, on ne peut avancer aucune date précise sur l’apparition des seins. On sait cependant que la bipédie est apparue voici probablement 6 millions d’années avec Orrorin, un hominidé découvert en 2000 au Kenya. Elle devient un moyen de locomotion usuel vers 4 millions d’années, comme l’atteste la plus ancienne trace de bipédie : des empreintes d’un adulte accompagné d’un enfant qui marche sur ses pas (3,6 millions d’années, Laetoli/Tanzanie)[2]. Mais, c’est à partir de l’ l’Homo Ergsaster, apparu il y a 1,9 million d’années, que pour la toute première fois la bipédie semble maitrisée.

Si la démarche prend de l’assurance, permettant même, pour la toute première fois, de passer du mode marche au mode course !, rien ne dit que les seins en profitent pour prendre de la consistance…et sauver les apparences.

La déesse (Judée - 750-620 av. JC.) exhibe fièrement ses seins, symbole de fécondité et d'attrait sexuel.

A quels seins se vouer ?

Si l’on ignore encore à quel moment la poitrine commence vraiment à pointer, une chose est sûre, celle-ci figure dans des représentations picturales, il y a 30 000 au Gravettien. Depuis, les seins n’ont cesse de subjuguer nos esprits. Objet de toutes les convoitises, ils représentent souvent notre tout premier contact avec l’extérieur au moment de notre naissance et notre seul moyen de survie à cette période, du moins jusqu’à récemment. Comme le décrit si justement Elisabeth Badinter [4] : « le sein de la femme a appartenu successivement à l’enfant, à l’homme, à la famille, au politique, au psychanalyste, aux commerçants, au pornographe, au médecin, au chirurgien esthétique, avant que les féministes n’en reprennent le contrôle à la fin du siècle dernier. »


[1] « Le deuxième sexe » – Simone De Beauvoir – Edition Folio
[2] « Le singe nu » – Desmond Morris – Edition Livre de poche (1971) – Edition originale : Johathan Cape (1967)
[3] Thèse aussi défendue par Helen Fisher (The sex contract) qui fait du sein un attribut quasi exclusivement sexuel
[4] Préface d’Elisabeth Badinter : « Le sein, une histoire » – Marilyn Yalom – Edition Galaade – 2010


A visionner pour mieux comprendre :
  • « The human sexes » Desmond Morris (en anglais) :

  • Quand les seins envahissent notre quotidien :


A voir et à lire pour aller plus loin :

  • Le Singe nu
    Non, déclare le zoologiste Desmond Morris, nous ne sommes pas une espèce nouvelle née du processus de l’évolution, nous sommes toujours des singes. Et il le démontre. Eliminant les sociétés primitives encore existantes comme étant des « ratés de l’évolution », il observe le singe nu moderne, arboricole, sorti des forêts et devenu carnivore, sous l’angle de la sexualité, de l’éducation, de la combativité et de la recherche du confort (où il assimile hardiment la quête des poux chez les primates aux menus propos mondains dans un effet scientifico-comique irrésistible).Pour élaborer cette thèse originale, il lui a suffi d’étudier le comportement humain dans la même optique que celui des animaux, et en utilisant le même vocabulaire. Le résultat est extraordinaire de précision scientifique, de logique… et d’humour.Quand on se regarde dans une glace, après avoir lu ce livre, on ne se voit plus de la même façon.
  • La femme nue
    Le corps de la femme, source de fascination mais aussi d’angoisse, a depuis longtemps été soumis à toutes les transformations imaginables destinées à le rendre plus beau, c’est-à-dire plus conforme aux canons esthétiques du moment. Desmond Morris, explique comment chaque partie de l’anatomie féminine – des cheveux aux pieds, en passant par les joues, les épaules ou encore les hanches – est avant tout le résultat d’une longue évolution, remplissant une fonction biologique mais servant aussi, le plus souvent, de marqueur de l’identité sexuelle. Fort de sa grande expérience en tant qu’observateur de l’animal humain, Desmond Morris mêle les analyses scientifiques aux observations anthropologiques pour mieux déchiffrer le langage mystérieux du corps féminin.
  • Le sein, une histoire
    « Quoi de plus immuable que le sein féminin ? N’a-t-il pas toujours eu pour fonction de contenter l’homme et le bébé ? L’histoire qu’en trace Marilyn Yalom est infiniment plus complexe. Du sein divin du Moyen Âge au sein érotique d’Agnès Sorel, du sein domestique du XVIIe siècle au sein politique de Marianne, du sein commercialisé par l’industrie du soutien-gorge au sein rongé par le cancer ou torturé par le piercing du XXe siècle, le sein de la femme a appartenu successivement à l’enfant, à l’homme, au politique, au psychanalyste, au pornographe, au chirurgien esthétique, avant que les féministes n’en reprennent le contrôle à la fin du siècle dernier. Quelle femme aujourd’hui peut se jouer tout à la fois de la mode, de la séduction et de sa santé ? Histoire à suivre pour mieux comprendre le monde dans lequel on vit…  »



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1 commentaire

  1. Maximase a écrit,

    Promo sur les seins !
    Pour la toute première fois, un acte chrirugical fait l’objet de solde.
    En effet, le site d’achat groupé Groupon a proposé le 24 août 2011, de refaire sa poitrine pour moitiè prix, c’est à dire pour moins de 3000 euros…à condition de se rendre en Belgique. Deux seins pour le prix d’un, ça ne se refuse pas

    Posté le 25 août, 2011 à 19 h 52 min

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