dimanche, 28 mai 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Les tout premiers navigateurs

(votes : 7)
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Posté par fabrice
 

- 130 000 ans

Odyssée d’une espèce en voie d’apparition

 

 

Bravant les mers sur des embarcations de fortune constituées probablement de bois ou de végétaux, des hommes débarquent dans une baie balayée par les vents sur la côte sud de la Crète. Endroit qui deviendra, 130 000 ans plus tard, la station balnéaire de Plakias.  

Le début de la conquête des mers

Ces hommes téméraires sont considérés actuellement comme les tout premiers navigateurs de l’histoire et aussi les premiers colonisateurs insulaires. Plus de 100 000 ans plus tôt que les dates évoquées jusqu’à présent par les historiens.

Les outils des premiers navigateurs

Cette nouvelle, qui bouleverse autant « l’histoire de la marine » que celle du peuplement des îles de la Méditerranée, est le fruit de campagnes de fouilles conduites en 2008 et 2009 par une équipe américano-grecque[1]sur la côte sud de la Crête. Elle va conduire à la découverte d’outils, – bifaces, hâches, racloirs, burins… – dont la datation indirecte, grâce aux couches sédimentaires où reposaient ces outils, fait remonter leur origine à 130 000 ans, voire plus, et même, peut-être beaucoup plus.

Entre mers et terre

Qui sont ces tout premiers navigateurs ? Des Hommes de Neandertal, des Homo sapiens ? En tout cas des hominidés, mais ensuite le mystère demeure. D’autant que, s’il s’agissait de Sapiens, cela nécessiterait de revoir les théories actuelles qui voient l’Homo Sapiens quitter le berceau Africain, où il est né il y a un peu moins de 200 000 ans, il y a seulement 60 000 ans pour migrer vers l’Europe et l’Asie. Cela remet également en question, le peuplement de l’Europe qui aurait peut-être emprunté une voie maritime alors qu’on l’imaginait exclusivement terrestre.

S’il s’avérait, comme certains le supposent, que ces objets soient encore plus anciens en remontant à plusieurs centaines de milliers d’années, dans ce cas, il faudrait se tourner vers des ancêtres plus lointains comme l’Homo erectus. Cela signifierait que ces ancêtres éloignés avaient déjà le pied marin ! En effet, comme la Crète s’est séparée du continent voici plus de 5 millions d’années et qu’aucune baisse suffisante du niveau des mers [2] depuis n’ait permis de rejoindre cette île les pieds secs, seuls des navigateurs capables de voguer sur des dizaines de km en haute mer - et même sur 200 km s’ils étaient partis des côtes Libyennes, scénario improbable - pourraient expliquer cette situation.

Les premiers loups de mer

Jusqu’ici, le titre de Premiers navigateurs avérés était attribué à des Sapiens qui ont accosté l’Australie, voici 60 000 ans, au moment même de l’émergence du langage. Car, en effet, au-delà de la prouesse technique, ces traversées témoignent d’un niveau d’organisation sociale et de communication déjà élaborée, sans parler de la capacité de se projeter vers l’inconnu.

Pour Jean-Marie Hombert du laboratoire dynamique du langage, au CNRS-Université de Lyon, les premières traversées maritimes figurent comme un marqueur du niveau de sophistication de la langue [3]. Cependant, avec ces navigateurs très précoces, il y a « un loup » tant dans le raisonnement  que dans la chronologie et, ce n’est  pas uniquement un vieux loup de mer !

Quoi qu’il en soit, entre ces conquérants des mers qui ont parcouru leurs premiers kilomètres en haute mer et ceux de Groupama 3 qui en ont avalé plus de 45 000 km en réalisant le tout premier tour du monde en moins de 50 jours [4], il y a  un point commun malgré les milliers d’années qui les séparent : le même goût de l’aventure et de l’appel irrépréssible du large.


(1) Equipe menée par Thomas Straser du Providence College du Rhode Island des Etats-Unis et Eleni Panagopoulou, directrice de la paléoanthropologie et de la spéléologie de la Grèce du sud.
(2) Il y a 21 000 ans, le dernier maximum glaciaire n’a engendré qu’une baisse de 100 mètres du niveau de la mer.
(3) Cité dans Le Monde du 22 janvier 2011, article de Pierre Le Hir.
(4) Trophée Jules Verne remporté par Franck Cammas et ses 9 co-équipiers sur Groupama 3, le 20 mars 2010 après 48 jours, 7 heures 44 minutes, 52 secondes de mers à la vitesse moyenne de près de 19 nœuds.


 
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1 commentaire

  1. Taha Belkhiri a écrit,

    Pas mal mais il manque un peu les commentaires :D

    Posté le 25 décembre, 2011 à 13 h 54 min

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