jeudi, 30 mars 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

Les tout premiers bruissements de feuilles

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Posté par fabrice
 

- 385 millions d’années

L’arbre qui cache la forêt

 

Vous entendez ce léger sifflement ponctué de frottements plus rauques. C’est la première mélodie du vent qui joue avec les feuilles du premier arbre dignes de ce nom. Son nom justement : l’arbre de Gilboa. Déployant son « panache vert »,  il y a 385 millions d’années, c’est le plus vieux fossile d’arbre connu.

wattieza, arbre primitif - Reconstitution
wattieza, arbre primitif Reconstitution

Cet arbre primitif a l’allure des fougères arborescentes actuelles, on est donc loin des feuilles de chêne. D’une hauteur d’une dizaine de mètres, sa cîme est couronnée de branches ressemblant à l’arbre du voyageur. La photosynthèse, une technique performante, ne fonctionne que sur les extrémités de ses branches.

A peu près à la même époque, prend racine une autre variété plus connue, l’Archaeopteris, appelé aussi « Fougère arbre », à mi-chemin entre la fougère et le sapin. Plus avancé que l’arbre de Gilboa, l’Archaeopteris disposent de racines et de branches plus développés.

 

Le roi de la forêt

Il va dominer à la fois en nombre mais surtout en hauteur, les toutes premières forêts de la Terre. Il atteindra jusqu’à 30 voire 40 mètres de hauteur pour un mètre de diamètre. En comparaison, quelques dizaines de millions d’années plus tôt (vers –400 millions), la végétation était au raz des pâquerettes ne dépassant guère la vingtaine de centimètres.

Aucun doute, dans la période des 370 millions d’années, l’Archaeopteris sera le seigneur des premières forêts, avec un taux d’occupation de 90 %. Celles-ci se développent dans les zones humides et notamment dans les régions équatoriales de l’Arctique canadien d’aujourd’hui où se produisent de grandes crues inondant tout le continent nord-américain.

Reconstitution d'une forêt il y a 350 millions d'années
Reconstitution d’une forêt, il y a 350 millions d’années

L’hégémonie de l’Archaeopteris ne durant qu’un temps, 25 millions d’années. Durant son règne sans partage, il aura bouleversé l’atmosphère de la planète, en favorisant l’oxygène au « mépris » du C02. Peut-être trop, car ce dernier va tomber à un taux si bas qu’il ne pourra plus servir de « couette norvégienne » à la planète. Il s’en suivra une période de glaciation, une de plus, – voir encart ci-dessous sur les premières plantes-  qui sera fatale à notre roi des forêts.

Mais tout n’est pas si noir. Car avec ce géant vert qu’est l’arbre, vent et Soleil vont disposer d’un compagnon de jeux fantasque. Jeu musical et jeu d’ombres vivantes, jusqu’ici inconnues, pour la plus grande joie des futurs amoureux de la nature.

Profitant de cette nouvelle donne favorable, taux d’oxygène en augmentation et nouveau combustible que sont les arbres, un nouveau joueur intervient, le feu qui, à l’aide de la foudre va allumer les premiers incendies de forêt.

 

 


Les plantes savent souffler le chaud et froid !

Si  les plantes savent donner des couleurs à la Terre, du goût à la vie et nous bercer par le bruit du vent dans leur feuillage,  elles peuvent aussi souffler le chaud et le froid !

Il y a 460 millions d’années, selon une étude conduite par Tim Lenton, géologue à l’université d’Exeter en Grande-Bretagne(*),  le développement des toutes premières plantes terrestres aurait déclenché une des  glaciations majeures que la Terre ait connue.

A l’époque de l’Ordovicien, période située entre -488 millions et -444 millions d’années, la température de la Terre était supérieure de 5° environ à celle d’aujourd’hui. Curieusement, cette température a chuté très sensiblement durant une dizaine de millions d’années, sans que l’on en comprenne vraiment la raison. Une partie importante du supercontinent Gondwana, qui à l’époque occupait une grande partie de l’hémisphère sud, se couvre alors de glace.

Selon les chercheurs, les fautifs sont les premières plantes terrestres, ancêtres des mousses qui, en se développant, ont provoqué un double processus  modifiant le cycle du carbone et par voie de conséquence le climat.

D’un part, les plantes, en secrétant des acides, ont provoqué une altération chimique des roches, comme le granite et le basalte. Cela a favorisé le pompage du CO2 atmosphérique et donc a conduit à une diminution sensible de l’effet de serre. 

D’autre part, les plantes auraient extrait le phosphore et le fer des roches qui se seraient retrouvés in fine dans l’océan. Le plancton se serait alors littéralement « goinfré » de cet apport nutritif inespéré avec comme effet, une croissance effrénée.

Hélas, le bonheur des uns fait souvent le malheur des autres. Le plancton, qui stocke en mourant le carbone dans les fonds marins, sous forme de roche, d’où il restera prisonnier, va indirectement  bouleverser l’atmosphère. Doublement atteinte, comme on vient de le voir, l’atmosphère va donc connaître une chute de la concentration de CO2 de 8.4 fois. Ce qui correspond au seuil critique pour enclencher une glaciation.

Morale de l’histoire : hier comme aujourd’hui, les plantes jouent un rôle majeur dans la régulation climatique.   

* Etude publiée le 1er février 2012 par la revue Nature Geoscience

Mis à jour le 3 mars 2012

 

A visionner pour mieux comprendre :

http://youtu.be/klVSVNiCtcs


A voir et à lire pour aller plus loin :

  • Le plus vieil arbre fossile du monde vient de parler : Site : Futura-Sciences
  • Encyclopédie des arbres Plus de 1 890 espèces et variétés d’arbres du monde entier – arbres des forêts, des campagnes, des jardins, des vergers… – font de ce livre le plus complet et le plus abondamment illustré sur le sujet, source de découvertes passionnantes.
  • Rencontre avec des arbres remarquables Historien, auteur d’ouvrages qui ont fait date, Thomas Pakenham est aussi propriétaire terrien. Sur son domaine irlandais poussent plus de deux cents variétés d’arbres et il est président de The Irish Tree Society. C’est un arboriculteur passionné. Il nous parle ici de soixante arbres remarquables,…



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