jeudi, 30 mars 2017

Les toutes, toutes premières fois

Comment tout (ou presque) a commencé !

La toute première « charpente » ou le précurseur des vertébrés

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Posté par fabrice
 

- 505 millions d’années

Faunce de Burgess

Premiers de chordés !

Il y a 505 millions d’années, un petit animal effilé mesurant quelques centimètres seulement est doté d’un attribut que ses congénères n’ont pas. Une ébauche de colonne vertébrale dénommée chorde. Cela n’a l’air de rien mais c’est une révolution qui va bouleverser l’évolution des espèces, dont la nôtre !

Il ne ressemble à rien. En tout cas, ni à vous ni à moi. Pourtant, il faut s’en faire une raison, il est de la famille. Enfin, un parent, très, très, très éloigné mais un parent tout de même.

Il mesure 5 cm et c’est un vers aquatique qui a l’allure d’une petite anguille. Mais cet « individu » possède quelque chose que les autres n’ont pas, du moins pas encore. Une structure effilée cartilagineuse qui rigidifie son dos avec une symétrie bilatérale. Une ébauche de colonne vertébrale que les scientifiques nomment chorde.

Un être bien charpenté pour l’époque !

La chorde est une tige flexible s’étendant sur toute la longueur de l’animal. Celle-ci provient d’un tissu particulièrement concentré qui forme une sorte de charpente.

Cet être bien charpenté pour l’époque se nomme Pikaia (ou Pikaya ). Il a vécu y a plus de 500 millions d’années et fait partie de la faune dite de Burgess (voir encart).

Pikaia est probablement l’ancêtre des vertébrés, même si cela fait encore débat chez les spécialistes. Le tout premier spécimen d’une longue lignée (2) ; la lignée royale, comme le souligne Yves Paccalet (3), celle du phylum des cordés (ou chordés) qui mènera aux mammifères et donc à l’homme.

De ce point de vue, on peut dire qu’il était en avance sur son époque, Pikaia. Ce petit « vers » aquatique ou certains de ses cousins engendreront les précurseurs des poissons ou petits poissons des sables, comme les « lancelets » ou les « amphioxus ».

Une évolution ? Non, une révolution !

En réalité Pikaia donne le coup d’envoi à toute une série d’évolutions qui vont tout bouleverser : la façon de se mouvoir, de respirer, de se nourrir.

Il y a 488 millions d’années, plusieurs types de poissons primitifs évoluent dans les étendues aquatiques du globe. Ce sont des agnathes, des poissons dépourvus de mâchoire.

La respiration, à l’époque, s’effectue donc par les branchies. Ceci explique que notre trompe d’Eustache, qui fait communiquer l’oreille interne et la bouche, est un vestige de branchie. Cette curiosité remonte ainsi à cette époque.

De même, comme l’explique Alain Froment (1), nous avons hérité notre sacrum des poissons.

Il y a 375 millions d’années, pour la toute première fois, un gros poisson d’eau douce, le tiktaalik, s’aventure sur la terre ferme mue par des pattes. Il a troqué ses branchies pour des poumons et ses vertèbres se sont soudées pour renforcer les pattes postérieures. On a affaire à l’ancêtre des vertébrés terrestres, ou tétrapodes, un descendant du Pikaia.

Désormais, avec une charpente solide et une respiration à pleins poumons, la vie reprend son inspiration !

 » A partir d’un commencement aussi simple, un nombre infini de formes, toutes plus belles et plus merveilleuses les unes que les autres, se sont développer et continuent à évoluer »  s’étonna le célèbre naturaliste Charles Darwin (4) à propos de l’évolution des espèces. Cette remarque va comme un gant au Pikaia et à sa descendance, ne trouvez-vous pas ?

 Publié le 11 novembre 2013

Tout évolue

Tous les organismes, animaux et végétaux ont un ancêtre commun : LUCA. Luca signifie « Last Universal common ancestror ». Il n’en existe pas de fossile mais les indices de son existence découlent des liens de parenté entre les différents organismes vivants.

Comme on vient de le voir, les précurseurs des vertébrés apparaissent il y a 500 millions d’années, à l’époque de la Faune de Burgess. C’est à cette époque que se met en place tous les schémas d’organisation actuelle du vivant. C’est ce qu’on appelle l’explosion du Cambrien.

Il y a 125 millions d’années, apparaissent les placentaires, une sous classe des mammifères. L’embryon humain a une queue qui correspond au 6ème de son corps et qui disparait en laissant un résidu, le coccyx.

A partir du moment où l’homme découvre le feu, il y a  700 000 ans environ, son intestin va se modifie pour digérer ses nouveaux modes alimentaires. L’apport d’énergie que procure cette alimentation va permettre d’alimenter en énergie son cerveau en développement. De même que son cerveau s’est transformé, il y a deux millions et demi d’années, lorsqu’il s’est mis à tailler les premiers galets.

Sans aucun doute tout évolue et chaque être vivant de cette planète à une histoire qui finit à un moment ou un autre à nous rapprocher. Tout évolue et nous sommes tous « cousins » !

 


Le tout premier vertébré officiel

Si Pikaia annonce l’ère des vertébrés, le tout premier vertébré au sens strict du terme est un poisson blindé et édenté mais déjà doté d’un véritable squelette. Il remonte à 420 millions d’années. Son nom : Entelognathus primordialis.

Entelognathus primordialisSa tête et son corps étaient recouverts d’épaisses plaques tandis que sa queue portait des écailles. Ses mâchoires n’étaient pas encore dotés de dents, et ses petits yeux étaient enfouis dans de grandes et profondes orbites.

Cet ancêtre lointain de l’homme et de toutes les créatures équipées d’un squelette osseux (Ostéichtyiens) ne serait donc pas une sorte de requin primitif, poisson cartilagineux, comme on le croyait jusqu’à présent. Non, sa lignée provient de poissons caparaçonnés de plaques osseuses.

« Cette découverte étonnante porte un sérieux coup à de vieilles idées sur l’évolution des vertébrés », résume Brian Choo, de l’Institut de Paléontologie des Vertébrés de Pékin (ce fossile a été découvert en Chine en 2010), qui publie sa découverte dans la revue Nature.

A n’en pas douter, Entelognathus va rejoindre les quelques fossiles célèbres comme Lucy et quelques autres qui bouleversent notre vision de l’Evolution.

 

 


1 - Alain Froment, anthropologue, entretiens dans le magazine « Le point » N° 2133 du 1er août 2013, à propos de son ouvrage « Anatomie impertinente », publié chez Odile Jacob ;
2. Chez l’Homme, la chorde devient pleine au 18e jour du développement embryonnaire ;
3. « Le grand roman de la vie », P. 430 – Yves Paccalet – JCLattès – juillet 2009 ;
4- L’origine des Espèces – Charles Darwin – Ed. Garnier-Flammarion – 2008
5 – Reconstitution de Pikaia, en animation vidéo


A visionner :

 

 




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